Bonjour à tous et à toutes :)
tout d'abord merci, je vous remercie pour les réviews! Je n'ai pas eu le temps de répondre personnellement, j'ai eu beaucoup de chose à faire avec mes stages et tout et tout.. ^^
Bref, je suis contente de voir que cette histoire à quand même accrochée quelques personnes lol
Je m'excuse également pour les fautes qui continuent de m'échapper, et parfois même les mots que je zappe lol...pourtant je me relis, je vous promets!
Enfin, voici le second chapitre; j'espère qu'il vous plaira.
C'est toujours un peu tendu pour l'instant... j'essaye d'y aller en douceur, je fais toujours les scènes plus longues que ce que j'avais imaginé au départ.
J'ai plus plusieurs jours à rédiger celui-ci parce qu'il est découpé en différentes séquences, qui étaient cependant trop courtes selon moi pour faire des chapitres à elles seules, du coup, c'est un seul et unique chapitre qui se trouve plus « long » que prévu ^^
Je rappelle qu'il s'agit d'une histoire concernant « captaine america : le soldat de l'hiver »; contient donc des Spoilers sur ce film.
Sera un slash Bucky/Steve, même si ça n'est pas pour tout de suite.
Rien ne m'appartient, ni les personnages, ni le film bien sur :p
Bonne lecture, n'hésitez pas à me donner vos avis!
A bientôt
Uzu
Chapitre 2 : une cage dorée.
Toujours debout au milieu de la pièce qui lui servait désormais de prison selon lui, le Soldat aperçut la porte qui s'ouvrit à nouveau.
Il comprit directement qu'il ne s'agissait plus du capitaine; la démarche n'était pas la même, la respiration était moins nerveuse.
Il détourna légèrement les yeux, sans bouger pour autant.
Il devait rester sur ses gardes, déjà qu'il ne se trouvait pas à son avantage... cependant il doutait fortement que la personne qui venait de rentrer puisse faire le poids contre lui. A part l'autre grand blond, il n'y avait, à sa connaissance, aucun autre être humain réellement capable de le battre.
Mais ce n'était pas une raison pour baisser sa garde.
Son poignet saignait encore abondamment.
En se débattant, il s'était littéralement lacéré la peau fine qui était prisonnière de ses liens.
La douleur était piquante, mais il n'en laissait rien paraître, il avait bien d'autre chose à gérer pour l'instant qu'une bête blessure.
Il vit un homme, visiblement, de part sa stature, déposer un paquet sur une chaise qu'il ne se souvenait pas avoir vu là quelques secondes plus tôt.
Il entendit un bruit de papier déchiré, quelque chose que l'on dépose sur une table?
Il ne put s'empêcher de relever la tête, doucement, sans attirer l'attention.
Il observa la scène qui se déroulait devant lui; un homme, légèrement plus petit que lui, les cheveux noirs ébènes, se tenait à coté d'une petite tablette, face à lui.
Il s'affairait autour de ce qui lui sembla être un set à pansement stérile. Il y avait des compresses, une pince; une solution alcoolisée, s'il pouvait bien voir de là où il était, un désinfectant pour les mains aussi, un bandage?
Le capitaine était sorti de la pièce en lui disant qu'un ami allait venir pour son poignet... était-ce là une mauvaise blague? Depuis quand soigne t-on ses prisonniers?
Car le blond pourrait bien dire ce qu'il voulait, il était maintenu ici de force au nom d'une histoire invraisemblable. Alors, même si capitaine America lui prêchait la bonne parole, il n'y croyait pas.
Il tenta d'analyser la situation, suivant du regard chacun des mouvements précis de l'homme en face.
Quand celui-ci eu fini d'installer son matériel, il se retourna vers lui.
Impassible il planta son regard dans celui du Soldat qui ne cilla pas.
L'homme avait un regard doux bien qu'il eut l'air épuisé; de larges cernes noires entourant ses yeux noisettes.
Le geste qui suivi surpris légèrement le Soldat, qui bien sur, n'en montra rien. Mais qu'avaient donc ces gens?
Banner tendit la main vers son vis à vis, sans même l'ombre d'une crainte.
Celle-ci resta pendante dans le vide, l'autre n'ayant pas l'air décidé à s'en saisir.
Il dut insister:
- Enchanté Soldat.
Il avait cru comprendre que le guerrier n'appréciait pas qu'on utilise son nom de naissance...
Et il ne voyait pas comment l'appeler d'autre honnêtement. Alors autant essayer de rester neutre.
Pas de « soldat de l'hiver », juste « soldat »; un titre qu'il avait d'ailleurs porté dans son passé aux côtés du capitaine. Un peu du passé et du présent en somme...
Le docteur vit le brun pencher la tête presque imperceptiblement. On aurait dit qu'il jaugeait la moindre de ses réactions; tentant de déceler toutes éventuelles traces d'un piège.
Il eut la pensée ridicule et presque hilarante que l'homme en face de lui aurait pu venir pour sentir sa main comme un chien prêt à mordre que cela ne l'aurait pas étonné.
- J'imagine que vous devez penser que je suis inconscient de tendre de la sorte la main à quelqu'un qui a votre tableau de chasse, je me trompe?
Banner souriait à présent. Très légèrement, juste pour avoir l'air encourageant.
Le brun en face de lui n'esquissa pas le moindre mouvement, ne laissa rien passer, bien qu'en réalité il pense exactement chaque mot qui venaient d'être prononcés.
Il était une machine de guerre; entrainé pour tuer. Comment ce simple médecin pouvait penser survivre s'il décidait de lui arracher le bras qu'il lui tendait?
D'ailleurs, s'il le tuait, Rogers comprendrait peut être enfin qu'il n'était rien de tout ce qu'il affirmait.
Alors qu'il se demandait à quel moment exactement il allait tenter d'arracher les membres de l'homme en face de lui, ce dernier poursuivit sa phrase
- Je manque à tous mes devoirs. Alors que je sais parfaitement qui vous êtes, vous ignorez tout de moi. Je me présente : Bruce Banner.
Son sourire s'élargit légèrement.
Le soldat réagit enfin; même si ce fut minime, il y eu sur son visage un éclair de stupeur.
Ok, le coté géant vert était en train de faire son effet.
- J'imagine, au vue de vos états de faits, que vous savez qui je suis?
Il tendit alors la main encore un peu plus vers l'autre.
Les pensées du brun fusèrent: Bruce Banner. Son cerveau reconnu directement cette information qu'on lui avait fait intégrer. Il était au courant de tout ce qu'il pouvait y avoir sur Hulk; et il comprit bien vite que lorsqu'il pensa, quelques minutes plus tôt, qu'à part captaine america, aucun autre homme ne pouvait entrer dans cette pièce et être capable de le battre... il s'était bien trompé.
Il remarqua également, surement en guise de défit, que Banner lui avait tendu la main droite, l'obligeant à la saisir de sa main gauche... sa main bionique.
Il hésita encore un court instant et finit par empoigner la main tendue, brièvement, fermement, pas assez que pour lui faire mal mais juste assez pour lui faire comprendre que c'était loin d'être gagné.
Cela ne signifiait rien. Il fallait juste qu'il trouve une autre issue. Une autre tactique, n'incluant pas un bonhomme vert lui broyant les os.
- Bien. Maintenant que les présentations sont faites, je vais m'occuper de cette vilaine blessure.
Le soldat ramena presque violemment son bras blessé vers lui.
- vous êtes ici pour un moment, je pense qu'il vaut mieux éviter que ceci s'infecte vous ne pensez pas?
Aucune réponse de nouveau, visiblement le soldat n'était bavard qu'avec Steve... et encore, bavard était un bien grand mot.
Cependant, Bruce n'attendit pas sa permission, il imbiba généreusement quelques compresses avec la solution alcoolisée puis se passa les mains au SHA.
Il en prit une entre la pince bleue prévue à cet effet et s'approcha à nouveau, sans hésitation.
Il s'abaissa légèrement pour être à hauteur de la plaie et tamponna doucement.
Un grognement sourd lui répondit. Loin de manifester une quelconque douleur, il était à peu près sur qu'il s'agissait plutôt d'un avertissement ne t'approche pas trop de moi.
Pourtant, il fallait bien que le soldat décolle sa main du long de son corps s'il voulait pouvoir le soigner correctement.
Le brun avait déjà vécu ça des dizaines de fois... on le soignait toujours lorsqu'il revenait d'une mission, comme on fait l'entretien d'une voiture; comme on retape une carrosserie. Sans la moindre émotion. Il se laissait toujours faire, docilement, parfois un peu moins, tapant sur l'un ou l'autre de ses « réparateurs », mais au final, il les laissait toujours terminer leur travail, pour pouvoir repartir vers une autre mission.
Alors machinalement, il leva doucement la main vers le docteur, le regard dans le vide, froid et dur.
Des décennies de conditionnement, à agir machinalement sans la moindre volonté propre... alors il répéta se geste qu'il connaissait et qu'il avait appris. Tel un robot.
Banner ne prononça pas un mot, concentré sur sa tâche.
Il désinfecta la plaie, grimaça même légèrement en la voyant à vif, profonde par endroit.
Le soldat avait vraiment la force d'un boeuf, et si les liens n'avaient pas été spécialement conçus pour Hulk au départ; de simples contentions auraient cédées en quelques secondes.
Il plaça des compresses sèches puis vint bander le poignet, au cas où il faudrait le ré-attacher, autant que la blessure soit bien protégée.
Quant il eut refermé le tout; il se redressa et débarrassa la petite table; en la mettant juste à côté de la porte d'entrée, ou de sortie selon...
- Bien. Voila une bonne chose de faite.
Je sais que... je comprends que cela soit assez difficile à comprendre pour vous pour l'instant...mais tout ceci, Steve l'a mis en place pour votre bien.
Le soldat lui tourna le dos lentement, sans répondre et alla se placer à distance raisonnable, contre le mur en face.
Il se positionna comme un garde, bras le long du corps, le regard fixe.
Visiblement, il était fermé à toute discussion et ne voulait absolument pas entendre ce que Banner avait à lui dire.
Le docteur soupira doucement.
- Ca va prendre du temps mais sachez que du temps...on en a.
Et j'espère que vous aurez apprécié notre petite entrevue parce que nous allons nous revoir.
Steve n'est pas assez...objectif je dirai pour essayer de travailler avec vous réellement.
Travailler? Mais de quoi diable parlait-il?
Ces personnes étaient réellement stupides.
Il était une machine. Programmé, formaté. Pas besoin d'essayer de le faire parler, d'essayer de le faire travailler.
Il grinça des dents.
Rien ne le ferait dévier de sa mission. Certes il avait commis une erreur dans l'héliporteur, sa toute première erreur. Jamais il ne la reproduirait. Il tuerait Steve Rogers, quoi qu'il en coûte. Le soldat de l'hiver mène toujours ses missions à bien. Toujours.
- Je vous aie aussi amené ceci
Il désigna un tas qu'il déposa sur son lit.
- Ce sont des vêtements de rechange. Je pense que ceux que tu portes sont...enfin voila quoi.
La porte que tu vois à ta gauche...
Le brun tourna uniquement les yeux vers cette fameuse porte qu'il avait remarqué à son réveil mais qui depuis n'avait plus eu le temps d'éveiller son intérêt au vue des évènements.
- Elle vous ai accessible. Derrière il a une petite salle d'eau, avec douche, évier, Wc. Tout ce qu'il te faut.
Je vous fais un peu le topo sur les détails techniques... puis je vous laisserai digérer un peu tout ça...
Il lui lança un sourire presque contrit en haussant légèrement les épaules.
C'est vrai que cet endroit ressemblait un peu à une cage dorée.
Tout était disponible pour qu'il puisse y vivre mais il n'en restait pas moins enfermé.
Bruce savait que Steve détestait cet aspect de la chose... et pourtant ils n'avaient pas le choix.
Cependant il n'était même pas sur que tout ceci fonctionne... et que ferait-il si le soldat de l'hiver perdurait et que Bucky ne réapparaissait jamais? Il n'avait pas du tout envie d'envisager cette possibilité.
A mesure qu'il expliquait les choses, il sentait un poids lui tomber sur l'estomac.
- Bien sur, vous aurez à manger et de quoi vous changer régulièrement...
J'imagine que Steve passera un maximum de temps avec vous... mais nous nous verrons surement tous les jours, ou presque, on verra...
Il avait l'impression de parler pour lui même.
Le soldat ne le regardait pas, à dire vrai, il ne regardait rien du tout. Le vide. Aussi vide que ses yeux.
Il écoutait docilement ce qu'allait être sa vie pour les prochains jours.
Etait il en colère? S'en fichait il? Était il désespère?
Personne ne pouvait le savoir, il était tellement fermé, impassible.
Banner soupira de nouveau, se pinçant l'arrête du nez.
- Je pense que je vais vous laisser tranquille pour aujourd'hui... vous avez été maintenu endormi durant 24h, votre corps doit surement encore ressentir les effets du sédatif malgré tout... je pense que vous devriez vous reposer. Profitez de prendre une douche peut être...On vous amènera à manger bientôt.
Il se leva et se dirigea vers la porte, emportant avec lui la tablette avec le matériel médical.
Toujours aucun mouvement de l'autre coté de la pièce, il eut presque l'impression que l'autre s'était mis sur pause pour ne plus rien entendre.
- Tout ceci n'est pas si terrible je vous assure... Souffla Bruce Banner en sortant.
Il rejoint Stark de l'autre coté de la vitre.
- Hé bah dis donc, pas bavard le mec...
- C'est un euphémisme... Bon sang, je ne sais pas dans quoi on s'est embarqué mais j'espère qu'on ne va pas merder.
- Que vous n'allez pas merder! Moi je n'ai rien à voir dans cette histoire
- Ah bon? Et qui a construit tout ça?
- Argument irrecevable. J'aurai pu construire ceci pour tout un tas d'autre chose. Et j'avais besoin de me divertir
- De te... de te divertir? Vraiment Tony? Dis moi que tu n'es pas sérieux;... Steve est effondré par ce qui se passe ici, tu en as conscience? Et ce mec, de l'autre coté de la vitre, tu sais comme moi qu'un jour il a été comme toi et moi, il a participé à la fin de la seconde guerre mondiale! Et HYDRA en a fait une machine... et pour l'instant je n'ai aucune idée de comment on va le faire revenir...
Tony Stark sourit doucement à son ami et lui tapa nonchalamment sur l'épaule, il le fixa intensément
- T'inquiète Bruce, moi je m'y connais en machine...
- Je pensais que tu n'étais pas mêler à tout ceci...
Mais il ne put s'empêcher de sourire à son tour.
- Ok...peut être un petit peu quand même.
Stark entoura l'autre homme de son bras autour de l'épaule.
- Allez viens, c'est beau de dire à tout le monde d'aller se reposer; mais nous, on dort quand au juste? Hein?
Banner rit légèrement.
Certes Tony pouvait être le mec le plus lourd de la terre mais l'air de rien, il savait les détendre, les aider à chasser leurs sombres pensées tout en ayant l'air de ne pas y toucher.
Il débarrassa le matériel usagé et sortit enfin de la pièce de surveillance.
Toute cette histoire le dépassait peut être un peu mais la vie de deux hommes était en jeu ici... celles de James Barnes et définitivement celle de son ami Steve Rogers... il savait que celui-ci ne survivrait pas à une seconde perte.
Il fallait qu'ils y arrivent.
Enfin, dans la tour Stark, les avengers encore présents étaient tous couché, éreintés.
Seul, Le soldat de l'hiver se tenait toujours dans cette pièce; contre le mur, il s'autorisa à fermer les yeux un instant.
Comment savoir si on l'observait à l'instant même?
Il tendit l'oreille mais ne perçu aucun son...y avait-il quelqu'un derrière ce miroir tinté?
Il se tapa légèrement la tête contre le mur derrière lui, jurant intérieurement; pourquoi n'avait il pas achevé Rogers ce jour là? Il n'en serait pas là à l'heure actuelle.. une seule erreur et voila ce qu'il lui en coutait...
Il jeta un regard à la porte à sa gauche; pourquoi pas...?
Quelques minutes plus tard, le brun se trouvait sous la douche, l'eau chaude parcourant ses muscles tendus.
Il soupira d'aise en posant son front contre le carrelage dont la fraicheur contrastait avec la chaleur ambiante.
Il se demanda un instant si on était en train de l'espionner alors qu'il prenait sa douche...il doutait fort qu'on l'ai laissé dans cet endroit sans être surveillé, et en même temps, vu le côté vieux jeu du capitaine, il l'imaginait assez mal être en train de se rincer l'oeil derrière la caméra.
De toute façon, quel que soit la vérité, il avait besoin de se détendre un moment. Cela faisait trois mois qu'il était sous tension absolument tout le temps.
Aussi longtemps qu'il puisse se souvenir, il n'avait jamais été tendu de cette manière. Il ressentait presque de l'angoisse . Ce qui était plutôt improbable pour quelqu'un comme lui...non?
Il avait passé ces derniers temps à éviter à peu près tout le monde. Autant les membres d'HYDRA encore en liberté, que l'autre grand blond et ses espions...
Visiblement il avait encore échoué dans sa tâche, mais il se surpris à penser qu'il valait mieux être tombé entre les mains du capitaine et de toute sa clique plutôt que dans celles de ses anciens patrons.
Enfin anciens... il n'était plus sur de rien. Il savait qu'avec son échec sur l'héliporteur, s'il retournait auprès de l'organisation, il serait loin d'être bien accueilli.
On lui apprendrait comment obéir. On verrait dans son geste auprès du capitaine une faiblesse.
Et pour HYDRA, les faiblesses se traitent à la manière forte.
Il n'avait jamais tenté d'échapper aux leçons de ses patrons, ni même aux reformatages qu'il subissait régulièrement...alors pourquoi cette fois-ci n'était il pas retourné auprès d'eux?
Il eu l'impression que sa tête allait exploser, il ne préférait pas y penser. Ca ne mènerait nulle part. Il avait juste besoin de repos et demain, il aurait les idées plus claires et il pourrait enfin mettre en place un réel plan pour mener à bien sa mission...
Le capitaine Steve Rogers était persuadé qu'on pouvait le qualifier d'optimiste.
Certes, on le qualifiait aussi de beaucoup d'autre chose ; mais pour l'instant, ce qui l'intéressait c'était ça: son optimisme. S'y accrocher et surtout en abuser.
Il avait l'impression que s'il prenait le temps, ne serait-ce qu'une minute, de voir le coté négatif de cette situation, que jamais il n'arriverait à remonter la pente et à retourner sur le chemin de la positivité.
Alors le lendemain de son premier contact avec Bucky, il s'était levé, s'était préparé, méthodiquement.
Il avait pris une douche bouillante, envahissant la salle de bain d'une vapeur épaisse.
Il s'était ensuite coiffé, soigneusement. Avait choisi une tenue sobre, naturelle. A son image.
Il avait avalé un petit déjeuné copieux, mais pas trop gras, quelque chose de sain, pour se sentir bien dans son corps. Il avait prévu d'aller voir son ami à 9h30; après avoir rangé un peu la cuisine et salué le docteur Banner, planqué derrière le journal du matin.
Une fois l'heure H, il se leva, lança un sourire confiant à Bruce, et sorti de la pièce d'un pas décidé.
Malgré ses nombreux efforts, cela paraissait tout sauf naturel. Il ressemblait à un automate, agissant sans réfléchir, et surtout, calmant ses angoisses par le biais de rituels. Une bonne planification lui permettait de ne pas penser à ce qui l'attendait.
Il se dirigea vers l'étage réservé au soldat; monta dans l'ascenseur.
L'endroit était désert, il faisait sombre et étonnamment calme. Banner était toujours au petit déjeuné et Stark surement encore dans les bras de morphée.
Il passa la première porte de sécurité et inspira bruyamment.
Il s'avança doucement vers la vitre face à l'entrée, dans la pièce de l'autre côté, son ami était toujours là.
Il expira fortement, en manquant presque de s'étouffer. Il ne s'était pas rendu compte que son souffle s'était bloqué quelque part dans sa gorge alors qu'il passait l'entrée.
Quelque part, au fond de lui, il était soulagé de voir que Bucky était toujours là... depuis qu'il était parti la veille au soir, il avait eu cette boule dans l'estomac et il comprit à cet instant que c'était l'angoisse; la peur que l'autre réussisse à s'enfuir et ne lui échappe à nouveau.
Il passa le sas et entra dans la pièce. Il referma doucement la porte derrière lui et s'avança quelque peu.
En face de lui, le soldat de l'hiver était assis sur ce qui lui servait de lit, le dos contre le mur, les jambes étendues devant lui.
Sur une petite table, un plateau avec un verre de lait, presque vide, et une assiette entamée.
Il constata également que son ami s'était changé et avait enfilé la tenue apportée par Bruce la veille.
Un t-shirt noir, à longue manche, un col rond, qui laissait parfaitement apparaître ses muscles au travers et cachant partiellement son bras mécanique.
Il avait également un jeans gris foncé, et des bottines noires.
Banner lui avait expliqué qu'il était important qu'il ne porte plus son « uniforme » , pour essayer de se détacher du soldat de l'hiver; et en même temps, il lui avait dit que la transition ne devait pas être trop brutale non plus. C'est pourquoi la tenue était sombre et simple mais au moins, de cette façon, il ressemblait un peu moins à un guerrier.
Le blond s'avança un peu pour être face à l'autre, à distance raisonnable.
L'autre ne daigna même pas lui adresser un regard. Sa tête était reposée contre le mur légèrement penchée vers la gauche, son regard dans le vide.
Rien ne laissait supposer qu'il avait remarqué la présence du capitaine.
Steve toussa de manière peu naturelle, se disant que, peut être, son ami était trop perdu dans ses pensées que pour le voir...ce qui en soit, était peu probable.
Evidemment, il n'obtint aucune réaction.
De toute façon, il avait l'intention de passer un petit moment avec lui, même s'il avait décidé de devenir muet soudainement. Il prit la chaise que Banner avait laissé la veille et s'y assit assez peu discrètement, la trainant sur un bon mètre pour la rapprocher.
Une fois assis, il se mit à se ronger les ongles et à secouer sa jambe bruyamment sur le sol, comme s'il était nerveux, son talon cognait frénétiquement sur le sol dans un son des plus agaçant.
Il fit mine de réajuster correctement sa chaise qui crissa à nouveau et poussa un soupir à vous fendre l'âme. Il ne pouvait pas faire moins subtil et plus irritant.
Il arriva à ses fins lorsque le soldat en face de lui finit par lui jeter un regard l'air de dire « tu le fais exprès ou quoi? », finalement, il n'avait pas autant de patience que ça le « terrible » criminel.
Lorsque son regard capta donc enfin les yeux bleus profond de l'autre, il lui adressa un petit sourire innocent et lança, un tout aussi innocent « bonjour, bien dormi? »
Il vit le thorax de l'autre se soulever lentement et fortement, comme s'il réprimait son agacement, ce qui devait d'ailleurs être le cas...
Il lui lança un regard qui se voulait encore plus noir que le précédent puis détourna la tête à nouveau.
Steve ne put s'empêcher de sourire. On aurait sincèrement dit qu'il boudait... et pourtant il s'agissait bien là, devant lui, d'un des plus grands meurtriers de ces dernières décennies... son sourire se fana aussitôt, il avait encore du mal à se faire à l'idée...
Il se mit à parler pour tenter de chasser son malaise :
- Bruce m'a dit qu'il t'avait soigné hier. Ca va? Tu n'as pas trop mal?
Il n'a pas voulu m'en dire plus... il dit que c'est comme une sorte de « secret professionnel », que si je lui ai demandé de s'occuper de toi, je dois le voir comme ton médecin ou quelque chose du genre... en gros ça ne me regarde pas. Donc bon...
Il vit le soldat fermer les yeux et inspirer profondément à nouveau.
Son débit de parole commençait à friser la démesure, il en était conscient, mais il ne savait pas trop comment réagir au silence de l'autre. Déja, il avait pu capter son attention, être sur qu'il avait conscience de sa présence dans la pièce; mais maintenant? Était il préférable de se taire et d'attendre que le brun n'entame la...la quoi? Discussion?
Mais à vrai dire, il ne se sentait pas capable de rester là sans un mot, à le fixer. Il était beaucoup trop mal à l'aise.
Alors il poursuivit son monologue:
- C'est bien que tu te sois changé aussi, ça te va bien d'être habillé comme. Pas que l'autre soit...enfin si elle est... enfin, c'est plus une tenue de combat, donc c'est moins approprié je suppose. Non? Mais ça me fait bizarre, je ne t'avais pas encore vu dans des vêtements de cette époque. Les autres me disent toujours que d'ailleurs, je n'ai pas vraiment évolué de ce côté là. Enfin, on voit qu'ils ne savent pas ce que je portais vraiment avant sinon...
Il se gratta la nuque en souriant nerveusement. Il était là, à évoquer quelque chose que l'homme en face de lui aurait du comprendre... sauf que ça n'était pas le cas. Il ne voyait pas de quoi il parlait, et peut être ne le saurait-il jamais. Merde. Il ne fallait pas commencer à penser à ça.
Il scruta la moindre réaction de la part de son ami, mais rien ne vint. Bucky, son Bucky l'aurait surement taquiné sur sa manière de s'habiller, l'aurait charrié sur le fait qu'il faisait sans doute vieux jeux comme avait tendance à confirmer Stark.
Mais le soldat ne fit qu'avoir l'air légèrement importuné par sa présence, et encore.
Il voyait bien que ses muscles se tendaient à chaque fois qu'il commençait à parler mais il ne savait pas exactement comment il devait l'interpréter.
Et aussi ridicule que cela puisse être, perdu tel qu'il l'était, il continua à parler, encore :
- Je me demande, toutes ces années, tu n'as porté que ça? Est ce que tu t'ai habitué à l'époque toi?
Le blond rit nerveusement:
Il y a tellement de chose auquel je dois encore jeter un oeil, tout le monde y va de son conseil sur ce que j'ai raté d'extraordinaire. C'est fou ce qu'il se passe en 70ans, quand on est congelé. Pas pratique hein? Et toi? Tu me conseillerais quoi Bucky?
Lentement, le soldat tourna la tête vers lui et planta son regard dans le sien, il avait l'air littéralement furieux, les arrêtes de son nez battaient rapidement, ses poings crispés si fort que le tissus qui recouvrait son bras bionique émit un bruit de craquement peu encourageant.
Un son grave et brutal sortit du fond de sa gorge.
- Ne m'appelle pas comme ça. Je te l'ai déjà dis et je n'ai pas pour habitude de me répéter.
Steve resta quoi un instant. Comme à chaque fois qu'il entendait son ami parler, il était pris entre deux sentiments: entendre à nouveau le son de sa voix remuait quelque chose d'indéfinissable en lui, et en même temps, les mots qui sortait étaient toujours si durs qu'il avait l'impression qu'on lui écrasait l'estomac.
Il sortit de sa stupeur:
- Je ne vois pas comment t'appeler d'autre Buck...
Lorsqu'il vit le soldat de l'hiver se jeter sur lui, il eut à peine le temps de se relever, en faisant tomber la chaise derrière lui. Il se retrouva plaqué contre le mur violemment, une main encerclant son cou avec force.
Par réflexe il porta les deux siennes autour du bras bionique pour tenter de s'en dégager, il sentait la pression sur sa peau entravant sa respiration.
- Tu parle trop Rogers. Tu ne sais pas la fermer n'est ce pas? Mes cibles ne parlent pas autant; je ne leur en laisse pas l'occasion. Tu m'agace prodigieusement. Tu n'aurais pas du m'enfermer ici et tu n'aurais pas du m'appeler comme ça.
Il commençait sérieusement à manquer d'air, sa tête se mit à tourner, il devait résister. D'ici quelques secondes, Tony et Bruce débarqueraient en grande pompe, surement déjà averti par JARVIS de la situation. Il devait gérer ça lui même
Il tenta de parler.
- Bucky...
La pression augmenta de plus belle lui arrachant un gémissement plaintif.
- tu ne comprends rien visiblement Capitaine. Je te pensais plus intelligent que ça.
Ses traits étaient déformés par la haine.
Les yeux bleus du capitaine commencèrent à battre doucement, ses paupières devenaient terriblement lourdes.
Il rassembla ses dernières force pour relever la main et effleurer la main humaine du brun, il tenta de croiser son regard
- S'il...te plait... Souffla t-il péniblement.
Alors qu'il se croyait presque mort, il sentit la pression autour de son cou de défaire doucement et en face de lui, les yeux du brun s'écarquillèrent soudainement, la bouche entre-ouverte, il le relâcha comme s'il venait de se brûler.
Le capitaine s'écrasa lourdement sur le sol en toussant avec force, au même moment, la porte du sas s'ouvrit avec fracas.
Ses amis débarquaient avec la ferme intention d'empêcher le soldat de nuire.
Steve gémit bruyamment, sa gorge ne pouvant émettre aucun autre son pour l'instant. Il leva la main vers eux en hochant la tête, espérant qu'il le remarquerait.
Ce fut Bruce qui retint Iron man de justesse alors qu'il s'apprêtait à balancer son poing sur le soldat de l'hiver; qui ne bougeait pas, fixant toujours sa main comme s'il elle était en train de se consumer.
- Qu'est ce que tu fous Banner? Ragea l'homme de fer.
- Regarde Steve, répondit nerveusement le scientifique.
Et joignant le geste à la parole, il s'accroupit auprès de son ami qui reprenait péniblement sa respiration.
Le capitaine hocha de nouveau la tête; il ne voulait pas qu'on touche au soldat de l'hiver qui paraissait pris dans une soudaine stupeur.
Toujours sur ses gardes cependant, Iron man s'était placé devant les deux autres, pour faire barrage au cas ou le brun n'essaye à nouveau de les attaquer. Mais rien ne vint. Le soldat ne bougeait pas. Il laissa lentement tomber sa main qu'il fixait avidement quelques secondes auparavant; le visage fermé.
Banner attrapa Steve par dessous les aisselles et l'aida à se remettre debout; sans plus de cérémonie, tout trois sortirent de la pièce.
Le blond tenta de capter les yeux de son ami mais celui-ci restait figé.
Une fois dans la salle d'observation; Bruce fit asseoir le capitaine et l'examina rapidement.
Iron man ôta son casque, visiblement contrarié
- Bon sang Cap', qu'est ce qui t'as pris de nous arrêter? Il a failli te tuer merde!
Il soupira avec humeur.
Steve passa la main sur sa peau malmenée, Bruce l'observant avec sérieux.
Il ignora le commentaire de Stark
- Ca va Steve? Comment tu te sens? Pas de vertige?
L'autre lui répondit négativement; visiblement perturbé.
- En tout cas, c'était tout juste...Montre moi un peu ça...
Il écarta doucement la main du blond pour constater des traces violacées se former sur sa peau pâle. - on va mettre quelque chose la dessus, mais tu vas garder des marques pendant quelques jours je pense... il y a vraiment mis de la force; si tu n'avais pas été aussi résistant tu serais mort.
- hé oh les mecs! Vous m'ignorez ou quoi? Je peux savoir pourquoi on lui a pas mis une raclée pour lui faire comprendre qu'essayer d'étrangler quelqu'un c'est pas le top comme contact? Hm?
- Steve, c'était vraiment imprudent tu sais...pour l'instant, tu dois être plus méfiant quand tu es avec lui... peut être qu'avec le temps il n'y aura plus de risque, mais pour l'instant, il a l'air de te considérer toujours comme sa mission tu sais...
Tony brassa l'air avec ses bras, dans un geste dramatique
- c'est fou cette capacité à m'ignorer!
Bruce mon pote? Steve? Non mais sérieusement... je peux savoir ce qui s'est passé?
Le capitaine se décida à lui accorder un regard; il se racla la gorge et se mit à parler d'une voix enrouée
- regarde le...
Stark consentit à se tourner vers la vitre, Banner fit de même.
Le soldat s'était à nouveau appuyé contre le mur face à eux, la tête déposée dessus; le regard dans le vide, mais quelque chose était différent sur son visage... il avait l'air légèrement perdu; comme en train d'essayer de déchiffrer une énigme. Ses sourcils étaient froncés.
- Je ne comprends pas... Commença Bruce.
- Il m'a lâché tout d'un coup alors que j'étais sur le point de m'évanouir.
- ok, il a eu des remords ou quelque chose du genre? Tenta le milliardaire.
Steve se redressa lentement, se tenant au mur, il s'avança vers la vitre fixant intensément son ami.
- Non...je l'ai vu dans son regard... c'était comme sur l'héliporteur, quand il a arrêter de me frapper
- que...
- Aujourd'hui; le soldat de l'hiver s'est souvenu un peu de Bucky...
Et voila ^^
Un chapitre de plus qui est clôturé!
J'espère qu'il vous aura plus et que vous me donnerez votre avis; je prends du temps pour essayer de façonner cette histoire, et je pense que les auteurs sont toujours beaucoup plus motivés grâce aux Reviews.
Merci aux propositions de Bêta au fait, mais je préfère ne pas en avoir, même si du coup, je laisse plus de faute j'en ai conscience :s . Je ne sais pas du tout à quel rythme je compte écrire, ça vient quand ça vient lol
Et du coup, je préfère continuer comme ça ;) Mais ça me touche merci beaucoup =D
A bientôt
Uzu
