Dumati : attends : ca n'a pas fini de bien commencer !

Philippe Gryffondor : merci. Réponse à ta question plus bas.

Roukia : he oui, il est devenu fort riri

Dega : ou alors tu te trouveras quelques occasions en détournant les ordis du cdi ?

Ankou : non, tu n'est pas la première, mais pas loin. Je partage aussi tonpoint de vue sur jkr.

Wynzar : et oui, je fais les deux en parallèle. Je m'ennuie pas.

Mystikal : réponse tout de suite après !

Tristan123 : la suite c'est maintenant

Elava la louve : pour les réponses à ta question, cf. plus bas.

Onarluca : merci, c'est toi qui a posé la première review à cette fic.

Et maintenant, détails concernant la publication : ce sera tous les lundi, mercredi et vendredi, en alternant chapitre après chapitre soit sur la génération perdue, soit sur la prophétie du triangle. Bonne lecture à toutes et à tous.

Harry parla à Aberforth au téléphone après le petit déjeuner. Le lendemain, il devait être chez Mrs Figg à huit heures précises pour que Sam les conduise lui et Draco jusqu'au domaine où ils avaient planté les arbres l'été dernier. Ils faisaient des paysages plus élaborés sur le terrain, en construisant un bâtiment en forme de temple grec et en y mettant beaucoup de buis qui seraient ensuite soigneusement taillés. Il tardait à Harry de travailler. Il passa la journée à prendre le soleil dans le jardin et, quand il en avait marre, il arrachait quelques mauvaises herbes ou enlevait quelques roses, et notait que le banc avait besoin d'une nouvelle couche de peinture. Et puis il se souvint qu'avec la dispute sur le toit, il n'avait pas eu l'occasion de montrer son déplaisir avec l'ordre de sortir Dunkirk. Comme si ce chien allait faire quoique ce soit de ce qu'il voulait ! Il se demanda si tout du long, le but réel n'avait pas été de lui faire promener Dunkirk, le toit étant juste une diversion.

Quand il rentra pour prendre un sandwich pour le déjeuner, il entendit des voix venir d'en haut. Une était celle de tante Petunia, mais il ne savait pas trop à qui était l'autre comme elle était étouffée. Il rejoignit le couloir de devant, ne sachant pas ce qu'il allait trouver, et fut surpris quand son oncle descendit soudain les escaliers, un sourire content très peu naturel sur le visage, et une perceuse de la Grunnings dans une main. En voyant Harry, il tourna son sourire vers lui, et Harry lutta pour ne pas reculer.

« Salut toi ! Je faisais juste un bref passage à la maison. C'est tellement utile de travailler pour une usine qui fabrique de si bons produits ! Je dois rentrer au travail Elava la louve : maintenant ! » Et puis il était parti. Il sortit de la maison à grand pas, et par la vitre de la porte, Harry le vit monter dans sa voiture. Il avait pris la perceuse avec lui. C'était une très grosse perceuse. Harry avait remarqué que le forêt était aussi très gros, capable de percer un trou d'au moins un pouce de diamètre.

Il se tourna, à nouveau surpris quand sa tante descendit de l'escalier. Elle brossait de ses vêtements ce qui ressemblait à de la poudre blanche. Quand elle le vit, elle eut l'air encore plus méprisante que son oncle. Elle passa devant lui sans un mot et alla dans la cuisine. Harry secoua la tête. Il n'en pouvait simplement plus d'attendre le jour où il n'aurait plus à vivre avec ces deux fous. Son bref sentiment que Surrey lui manquait était très efficacement guéri.

Après avoir avalé son déjeuner, il décida d'aller chez Mrs Figg. Il l'avait repoussé, mais cela ne servait à rien de nier que Draco Malfoy devait savoir pour le sort d'Obéissance que Voldemort lui avait lancé dessus quand il était bébé. Il avait été distrait par la tente dans le parc ce matin, et n'avait pas pensé à lui dire. Et si Voldemort faisait avec Malfoy ce qu'il avait fait avec lui en septembre dernier ? Et s'il utilisait le sort de Tempus Fugit pour lui parler ? Et s'il lui donnait un ordre direct et que Malfoy refusait ? Malfoy tomberait raide mort. Et s'il acceptait, quoique ce soit, en mentant et en pensant 'Bien, je ne le ferai simplement pas.', il aurait le choc de sa vie en se sentant magiquement obligé de le faire quand même. Il ne pouvait pas le nier. Malfoy devait savoir.

Il pensa à sa mère lui parlant du sort d'Obéissance dans la grotte, avant qu'elle n'essaye de tuer Ron. Pourquoi ne lui avait-elle pas dit avant son initiation ? Cela aurait été bien de savoir. Peut-être, que dans cette situation, elle s'attendait à ce qu'il ait le bon sens de faire ce qu'on lui disait. Heureusement, on ne lui avait pas dit de faire quelque chose comme du cannibalisme. Il réussit à ne pas penser au corps de Viktor Krum avant d'y arriver. Peut-être que c'était ce que Voldemort cherchait, pensa-t-il. Peut-être qu'il comptait sur mon refus de manger une partie d'humain, et Draco Malfoy aussi, et comme cela, nous serions tombés raides morts, et il n'aurait plus eu à se soucier de nous... Peut-être qu'il y avait plus à gagner avec cela qu'avec le pouvoir de Viktor en consommant son corps encore chaud...

Il frissonna, sentant son déjeuner bouger de manière inconfortable en lui comme il allait chez Mrs Figg dans ce chaud après-midi de juin. Malfoy devait savoir. Il aurait pu mourir à son initiation dans cette vie. Harry se souvenait de la façon dont il avait interrompu Voldemort pour lui suggérer d'utiliser le sort de Hara Kiri sur Karkaroff. (Heureusement, le sort d'Obéissance ne causait pas de dommage pour l'impolitesse.) Harry pensa que le père de Malfoy avait lancé le sort de Hara Kiri sur son fils, et il arrêta d'être surpris que Lucius Malfoy n'ait rien dit du sort d'Obéissance.

Quand il atteignit la maison, la voiture n'était pas dans l'allée, alors il pensa que Mrs Figg était sortie. Il frappa à la porte, ne recevant pas de réponse. Il attendit plusieurs minutes, puis alla à l'arrière. Personne n'était dans le jardin non plus. Malfoy était aussi parti à ce qu'il semblait. Pour ne pas rester sans rien faire pour attendre, il se mit au travail en arrachant les mauvaises herbes de la bordure de Mrs Figg, qui était ensevelie sous les pissenlits. Il savait qu'à sa manière sèche et bourrue, elle lui serait reconnaissante.

Harry perdit le cours du temps, et il entendit finalement le bruit de la vieille Ford marron de Mrs Figg remontant dans l'allée. Il leva le nez de ses mauvaises herbes et reçut un choc. Mrs Figg ne conduisait pas. C'était Draco qui était au volant. Il en resta bouche bée, tout étonné qu'il était.

Malfoy émergea du côté conducteur de la voiture, souriant et s'appuyant sur la portière, en disant. « Oh, c'est attirant, Potter. Continue et tu pourrais bien résoudre notre problème de parasites. »

Harry referma sa bouche. Il regarda la voiture, puis Mrs Figg, rétrécissant ses yeux suspicieusement. « Vous avez fait ça ! » déclara-t-il, la voyant blanchir sous le coup de l'accusation. Elle eut l'air énervée et mit sa main contre sa poitrine.

« Bien, tu vois, je, hum... oh mon Dieu... » fit sa voix tremblante.

Malfoy referma la portière. « Oh, calme-toi Potter. Ce papier rose moldu est ridicule. Qui n'a pas souhaité pouvoir faire bouger les choses, sauter les étapes comme avoir un permis provisoire... »

« Mais... Mais... » bégaya Harry, « On n'est pas supposé faire plus que le souhaiter ! On n'est pas sensé utiliser la magie pour... »

« Chut ! » déclara Mrs Figg, perdant soudain sa façade de vieille femme faible. D'un geste de la main, les lèvres de Harry furent scellées. Ou plutôt, elles disparurent. Il mit sa main à l'endroit où elles se trouvaient. Il y avait de la peau légèrement piquante mais ininterrompue du nez au menton. Plus d'orifice ou quoique ce soit.

« Mmm mmm MMM ! » cria Harry au meilleur de ses capacités. Il avait au moins ses cordes vocales dans sa gorge, d'après le bruit qu'il faisait. Draco Malfoy avait l'air à deux doigts de se rouler sur le sol, complètement mort de rire.

« Rentrez dans la maison ! » ordonna la vieille dame irritée. Les grognements gutturaux de Harry devenaient de plus en plus forts et indignés. « Bien, cela t'enseignera à fermer ton clapet en public, n'est-ce pas ? » Elle soupira et secoua la tête comme elle conduisait les garçons dans la maison. « L'éducation moldu, quel non-sens... » Draco Malfoy virait au pourpre en essayant de ne pas rire et en voyant Harry sans bouche et furieux.

Une fois qu'ils furent dans la cuisine, Mrs Figg fit à nouveau un signe de la main en direction de Harry et sa bouche réapparut. Il haleta et recommença immédiatement à crier. « Que diable était-ce ? Qu'allez-vous me faire ensuite ? Me transformer en furet bondissant, comme votre frère l'a fait ? »

Elle le regarda, étonnée. « Quoi ? »

« Quand elle a enlevé ta bouche, elle a aussi dû t'ôter quelques cellules grises, Potter. Ce n'était pas le vrai Maugrey, tu te souviens ? Et... » il baissa le ton « ne lui donne pas des idées. »

Harry se laissa tomber sur une chaise de la cuisine, grognon. « Montrez à quelqu'un qu'il a enfreint la loi, et la seconde d'après votre bouche a disparu. Ce n'est pas comme si j'avais fait de la délation... »

Elle se tenait près de la cuisinière, posant la bouilloire dessus, même s'il faisait très chaud. Il se souvint qu'elle ne trouvait jamais qu'il faisait trop chaud pour un petit thé. Elle passa sa main devant la bouilloire et elle commença presque immédiatement à siffler. Elle haussa ses sourcils en direction du placard, et trois tasses et sous-tasses volèrent jusqu'à la table, rejointes par trois cuillères s'échappant du tiroir à côté de la cuisinière. Avec un léger mouvement du doigt, la bouilloire versait l'eau dans la vieille théière brune, qui flotta ensuite jusqu'à la table, avec le sucrier et un pot de crème.

Mrs Figg s'assit en face de Harry et lui fit un signe de la tête. « Tu pourrais être maman. » lui dit-elle, et il grimaça, vexé qu'elle ne s'excuse même pas de son maléfice. Mais il prit la théière et servit le thé déjà parfaitement infusé dans leurs tasses respectives.

Comme ils se faisaient passer la crème et le sucre, Mrs Figg parla. « Maintenant, Harry, écoute moi et n'émet pas de jugement avant de pouvoir faire la part de chose. D'abord, je veux te poser une question. Comment exactement penses-tu qu'un sorcier ou une sorcière qui n'a pas grandi dans le monde moldu procède pour avoir un permis de conduire ? »

Harry haussa les épaules. « De la même façon que tout le monde. On va à la poste, on remplit le formulaire, on l'envoie au DVLA... »

« Et qu'est-ce qu'utilise le sorcier ou la sorcière pour s'identifier ? »

« Je ne sais pas. Un passeport. Un certificat de naissance. Cette sorte de chose habituelle. »

« Harry, en ce qui concerne le gouvernement britannique, nous n'existons pas. A moins de donner quelques coups de baguette, nous n'avons pas de certificat de naissance moldu ou de passeport. Et je voulais que Draco ait son permis avec un minimum d'attente et de bureaucratie, alors j'ai simplement... accéléré un peu les choses. »

« En plus de lui avoir créé une fausse identité. »

« Oh, son permis est au nom de Draco Malfoy. Cependant, cette adresse est sa résidence officielle, et il est né le sept juin, plutôt que le sept juillet. Et bien sûr, son permis provisoire remonte aussi au 7 juin... »

« Vous ne pouviez pas attendre une semaine de plus qu'il ait dix-sept ans ? Même s'il n'existe pas pour ce que sait le gouvernement, vous pourriez au moins lui générer un certificat de naissance avec la bonne date, déposer un dossier et attendre qu'il revienne par la poste comme tout le monde... »

Mrs Figg finit son thé et reposa sa tasse avec un petit bruit sec. « Toi, Harry Potter, ne sais pas de quoi tu parles. Comment penses-tu que ton ami Aberforth Dumbledore a fonctionné en affaire depuis toutes ces années ? Penses-tu qu'il explique à tous ses clients qu'il est en fait un sorcier et qu'il ne s'appelle pas Dick Abernathy ? Tu penses qu'il montre aux employés du gouvernement un certificat de naissance vieux de cent-quarante ans fourni par le ministère de la magie ? Grandis... Tu as vécu dans le monde moldu pendant des années. Le gouvernement de la reine crois que tu es quelqu'un. Ce n'était pas vrai avec Draco. J'ai des protections sur ma maison pour empêcher quiconque de transplaner dedans ou en dehors maintenant que Draco reste avec moi. Je ne peux pas vraiment décoller sur mon balai n'importe quand, pas que je le ferais à mon âge, et c'est un risque que d'avoir ma cheminée sur le réseau de cheminette. Je n'aime pas conduire. Mes réflexes et ma vision ne sont plus ce qu'ils étaient. Si tu avais le choix, tu préférerais que je sois derrière le volant ou bien que ce soit Draco ? »

Harry grimaça et Draco Malfoy marmonna « Réaction typique de Griffondor... »

« Comportement typique de Serpentard, contourner les règles, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins... »

« Allons, allons. Tous les sorcier qui se retrouvent soudain à avoir besoin de vivre dans le monde moldu le font. Et ton cher Aberforth était à Poufsouffle. Alors voilà. » dit-elle, comme si cela mettait un terme au débat. Harry but son thé, encore vexé pour sa bouche.

« Et, » il jeta à Malfoy, « ta petite amie est une Griffondor, et tout le monde dans sa famille, que tu essayes d'impressionner, alors je ne te conseillerais pas de faire de trop nombreux commentaires sur les comportements 'typiquement Griffondor' avec les Weasley... »

« En parlant des Weasley, n'étais-tu pas celui qui a volé à l'école à bord de la voiture des Weasley au début de la deuxième année ? Tu n'enfreignais pas que quelques règles, pas vrai ? Si je m'en souviens bien, c'était dans la Gazette du Soir que cette nuit là, des tonnes de moldus vous avez vu, et puis il y avait eu une autre histoire quelques mois plus tard sur les problèmes du père Weasley au travail à cause de cela... »

« C'est aussi le père de Ginny, et tu ferais mieux d'arrêter d'être si méprisant à ce sujet si tu veux jamais qu'il te laisse t'approcher de sa fille. »

Mrs Figg soupira et fit un geste de la main. Les tasses, sous-tasses, et autres affaires du thé se précipitèrent dans l'évier qui commença à se remplir d'un mélange d'eau chaude et froide venant des robinets séparés. Harry se renfrogna. Il avait la tasse aux lèvres et buvait encore, et elle s'était enfuie de ses mains.

« Voilà qui est assez. » dit-elle. « Tu ne savais pas que nous étions allés à Swansea pour obtenir le permis de Draco, de toute évidence, alors tu dois être venu ici avec quelque autre raison que de nous accuser de crimes et de magouilles. »

Harry grimaça. Avec l'histoire sur les règles enfreintes par Mrs Figg, il avait presque oublié. Bien sûr, c'était ce qui semblait être arrivé virtuellement tous les jours depuis qu'il avait rétabli le cours du temps... quelque chose semblait tout le temps le distraire avant qu'il ne puisse trouver un moment pour parler à Malfoy du sort d'Obéissance.

« Bien, j'ai récemment découvert quelque chose que je pense que Malfoy... heu, Draco, devrait savoir. En fait, je suis surpris que vous ne lui ayez pas dit... Attendez. Peut-être que vous l'avez fait... »

Draco Malfoy regarda alternativement Harry et Mrs Figg. « D'accord. J'abandonne. De quoi parles-tu ? »

Mrs Figg s'énerva. « Oui Harry, de quoi parles-tu ? »

Harry se mordit les lèvres. « Ok, voilà ce que je sais. » Il se tourna vers Malfoy. « Quand tu avais environ un an, Voldemort est venu voir tes parents à cause de la Prophétie. Il leur a donné un choix : t'élever pour que tu sois son serviteur, ou te tuer. Ils ont choisi de coopérer, et il t'a lancé un sort en guise d'assurance. C'était un sort d'Obéissance ? »

Draco Malfoy regarda son ancienne nounou. « Vous le saviez ? »

Elle secoua vigoureusement la tête. « C'est nouveau pour moi. Comment as-tu découvert cela Harry ? »

Comment l'avait-il découvert ? Oh, pouvait-il dire, j'essayais d'empêcher ma mère de tuer Ron Weasley, et elle m'a expliqué qu'elle allait le faire afin que Voldemort ne m'en donne pas l'ordre, parce que si je refusais, je mourrais... Bien. Je vais encore devoir utiliser ce 'Je ne peux pas te le dire'.

« Je ne peux... bien, comment n'est pas vraiment la partie importante. La partie importante est comment fonctionne le sort. Si tu... » dit-il en montrant Draco de la tête, « ... reçois un ordre direct de Voldemort, tu dois soit l'accepter, quel qu'il soit, ou le refuser... »

Le garçon blond ricana. « Et en quoi est-ce différent de ne pas être sous le sort d'Obéissance ? »

« C'est ce qui arrive après qui est différent. Si tu acceptes de faire ce qu'on t'as dit, même si tu mentais et que tu n'avais pas l'intention de le faire, une fois que tu as accepté, tu le feras, ou tu mourras en tentant de le faire. Si c'est possible, bien sûr. Par exemple, si on te dit de tuer quelqu'un de déjà mort, cela n'a aucun effet. Cela ne peut pas être dominé comme l'Imperius. »

Draco Malfoy se renfrogna. « Bien cela ne semble définitivement pas bon. Je veux dire, je n'aurais pas pu mentir à l'initiation, comme il y avait tant de monde autour, mais c'est pour cela que j'ai suggéré d'utiliser le sort japonais, afin de ne pouvoir être envoyé en prison pour avoir lancé un sort impardonnable si quelqu'un du ministère avait jamais découvert... »

Harry frissonna. Il avait déjà lancé deux des trois sorts impardonnables. Il avait tenté de tuer Tom Jedusor avec l'un, et influencé sa mère avec l'Imperius quand il avait changé le cours du temps. Il n'avait cependant jamais lancé le cruciatus sur quiconque.

« Oui, » continua-t-il. « C'est pourquoi j'ai pensé que je devais te le dire. Mentir ne ferait rien de bon dans une telle situation. »

Draco Malfoy fixa la table.

Quand le silence inconfortable se fut assez longtemps étendu, Harry s'éclaircit la gorge. « Il.. Il y a autre chose. »

Mrs Figg leva les yeux. « Quoi d'autre ? »

« Bien... Si Voldemort te donne » dit-il en regardant Draco Malfoy, « un ordre direct et que tu refuses de le faire,... » Il s'arrêta. Il ne savait pas comment dire cela. Comment sa mère le lui avait annoncé ?

« Hé bien ? » éclata Malfoy. « Quoi ? »

« Tu tomberas raide mort. » réussit-il à dire. Malfoy le fixa.

« Quoi ? »

Harry acquiesça, se souvenant encore de la grotte, du regard affolé dans les yeux de sa mère...

« Mais » ajouta-t-il, « Il y a en fait une bonne chose. En quelque sorte. »

« En quelque sorte ? » couina presque Malfoy. « Quoi ? J'ai des vignettes de sorciers à échanger ? Qu'est-ce qui pourrait possiblement compenser ce que tu m'as dit ? »

« Je n'ai pas dit que cela compensait. J'ai dit qu'il y avait une bonne chose à tout cela. Ok, pas précisément une bonne chose... plus quelque chose qui n'est pas affreux. »

« Bien, ce n'est pas exactement la même chose, n'est-ce pas ? Que diable est-ce ?

« Bien... quand il a lancé ce sort, ou quand n'importe qui le lance... Il a abandonné une partie de son pouvoir, et tu l'as eu. L'idée est... comme il veut t'utiliser pour faire des choses, le pouvoir supplémentaire rend plus probable ton succès. Le pouvoir le quitte. C'est pour cela qu'il voulait que tes parents acceptent de t'élever pour que tu sois son serviteur. S'ils ne l'avaient pas fait, et qu'il t'avait lancé le sort d'Obéissance et commencé à te donner des ordres quand tu aurais été plus âgé... si tu n'avais pas su ce qui pouvait t'arriver en cas de refus de faire ce qu'il te disait, et que tu n'avais ressenti aucune loyauté envers lui... tu aurais simplement pu dire non, et mourir. Si cela devait arriver, tout le pouvoir qu'il avait mis en toi serait juste mort avec toi... il ne l'aurait pas récupéré. »

Malfoy avait l'air très grognon. « C'est pas vraiment quelque chose que je qualifierai de bien. »

« Bien, tu as un peu plus de pouvoir que la plupart des sorciers. Un peu de son pouvoir est aussi passé en moi quand il a essayé de me tuer et que le sort a rebondi. C'est pour cela que je suis Fourchelang. Mais mes parents n'ont pas voulu me promettre à lui, alors il ne m'a pas lancé le sort d'Obéissance dessus. Il a essayé de me tuer à la place. »

« Du pouvoir en plus. Je ne me sens pas vraiment puissant... »

Harry haussa les épaules. « Peut-être que tu découvriras que de la magie avancée que tu n'as pas essayée avant la septième année te vient naturellement. Qui sait ? Et tu sais déjà comment transplaner. Si tu as trouvé assez simple d'apprendre cela, le pouvoir supplémentaire qu'il t'a donné peut l'expliquer. » Mais ensuite, il se souvint encore d'une chose sur le sort d'Obéissance. « Oh, heu, il y a encore autre chose... »

Malfoy soupira. « Autre chose ? »

« Oui. Tu, hum... tu ne peux pas lancer sur Voldemort un sort qui pourrait le blesser. »

« Et c'est bien ? »

« Je n'ai pas dit que c'était bien. Tu ne peux pas lui lancer l'Avada Kedavra, ou le Cruciatus, ou le Hara Kiri. S'il y a un risque qu'il se fasse mal en tombant si tu veux l'assommer, tu ne pourras pas le faire non plus. »

« Que veux tu dire, je ne pourrai pas ? »

« Tu ne peux simplement pas. Si tu pointes ta baguette sur lui et essaye, elle déviera au dernier moment et le sort frappera quelque chose... Ou quelqu'un d'autre. Si une autre personne se tient à proximité, cela pourra être très dangereux. Si tu étais dans une situation où tu devais l'atteindre, tu devrais le faire indirectement, ou sans aucune magie. Si le sort ne risque pas de le blesser, tu peux lancer quelque chose sur lui comme le sort d'Impediment. Du moins tant que cela ne signifie pas l'arrêter au beau milieu d'une autoroute avec de gros camions fonçant sur lui. Auquel cas, cela ne fonctionnerait probablement pas non plus. »

Malfoy fixa à nouveau la table, puis releva les yeux vers Harry. « Est-ce tout ? »

Harry acquiesça. « Si mes parents avaient été d'accord pour faire ce qu'il voulait, j'aurais reçu le même sort. Mais, comme moi, tu as une partie de son pouvoir. »

Malfoy grimaça. « Tu as une partie de son pouvoir sans avoir le problème de ne pas pouvoir le blesser ou refuser un ordre. Et avec la possibilité de mentir si tu dois suivre un ordre. Oui. C'est pareil. » ajouta-t-il, sarcastique.

Mrs Figg haussa les sourcils. « Je viens de faire de la magie très compliquée sur les ordinateurs moldus et les registres papier pour te permettre de conduire ma voiture, et tu vas commencer à pleurnicher pour cela ? »

« Mais... Mais » bafouilla Malfoy.

Elle fit un geste de la main et Malfoy tressaillit, pensant peut-être qu'il allait être le suivant à perdre sa bouche. « Non. Tu dois juste faire avec. Tu as de la chance que Harry ait trouvé cela. Maintenant tu es averti et préparé. »

« La meilleure chose à faire serait d'être sur que Voldemort ne s'approche pas de lui. »

Draco Malfoy lui décocha un regard méprisant. « Et le gagnant de l'oscar du la Déclaration la Plus Évidente va à Harry Pot... »

« Écoute, Malfoy, je n'avais pas à dire quoique ce soit, n'est-ce pas ? »

« Et tu n'as toujours pas dit... comment as-tu découvert cela à mon sujet ? Et depuis combien de temps sais-tu ? »

« Ce sont mes affaires. Et comme je peux voir à quel point tu es reconnaissant, je pense que je vais simplement rentrer chez moi et prendre le thé ! »

« Bien ! » lui cracha Draco Malfoy.

« Et je te retrouve demain matin chez moi pour courir ! » dit-il en ouvrant la porte, toujours en mode grosse voix colérique, en dépit du fait que ce n'était plus approprié.

« Bien ! » répondit Malfoy, évidemment aussi coincé sur sa lancée.

Harry revint chez lui, son estomac en vrac à cause de l'émotion. Il aurait aimé pouvoir conduire avant son anniversaire, mais maintenant il allait le passer dans un château sur l'île de Bute, qui n'avait même pas de pont pour la relier à la terre. Le seul accès routier passait par un ferry. Il ne pouvait pas dire qu'il était légèrement jaloux que Mrs Figg n'ait pas enfreint la loi pour lui, alors sa réponse était venue comme une prise de position rigide sur le contournement de la loi en général. Il passa sa main dans ses cheveux en avançant. Oh, bien. S'il voyait Draco Malfoy conduire la voiture de Mrs Figg, il devrait juste faire de son mieux et ne pas admettre qu'il était vert de jalousie.

Il rentra par la porte de la cuisine et se lava les mains dans l'évier, puis s'installa à sa place habituelle pour le repas. Son oncle avait déjà pris ses saucisses et il lisait le journal du soir. Avant de se cacher derrière les pages bruissantes, Harry vit de nouveau un sourire suffisant sur son visage. Comme sa tante se servait une autre saucisse, elle avait aussi l'air d'avoir un sourire en coin contre lequel elle luttait sans succès.

Harry déglutit en avalant sa nourriture, les regardant l'un et l'autre assez souvent, mais essayant principalement de faire mine de ne pas s'intéresser à eux. Pour avoir un ailleurs où regarder, il s'occupa à lire un article dans le journal que Vernon tenait devant sa tête.

Un orateur charismatique vient à Surrey

Rodney Jeffries, la nouvelle sensation dans le monde des orateurs inspirés et des guérisseurs apporte son spectacle à Surrey pour les quinze prochains jours. Mr Jeffries a frappé le pays comme un coup de tonnerre lors de la dernière Bonfire Night, quand il a parlé à un rassemblement à Blackpool, où il a convaincu un jeune homme qui s'était brûlé par inadvertance lors de la fête que non seulement il ne s'était pas brûlé, mais qu'il n'avait plus les brûlures que d'autres avaient vues sur sa peau ! Le mélange unique de Rodney Jeffries entre l'inspiration et le pouvoir de l'esprit sur la matière a fait de lui quelqu'un à ne pas manquer ! Entrée : 20 £

Harry secoua la tête. Qu'est-ce que les gens ne faisaient pas pour se divertir. Vingt livres étaient une belle somme en plus. Il préférait aller au cinéma. Il y était allé pour la première fois l'été précédent, quand il avait pris l'habitude d'aller voir un nouveau film toutes les semaines, un de ses jours libres. Comme Draco Malfoy travaillait ce jour là, il y allait seul, et il s'asseyait dans le noir, mangeant des barres chocolatées, souhaitant avoir pensé à prendre Hermione voir un film ou deux l'été d'avant, quand elle était restée à Privet Drive.

Maintenant, il souhaitait juste pouvoir à nouveau parler à Hermione comme à une amie. Il se demandait souvent comment ils passeraient sur le malaise qui avait résulté de leur rupture, et de son union (en quelque sorte) avec Ron. Ron lui manquait aussi. Depuis que Lupin l'avait mordu et transformé en loup-garou, il avait été à la fois distant d'Hermione et de lui, même si Harry l'avait accompagné toutes les nuits où il s'était transformé en loup jusqu'à présent.

Étrangement, il avait la meilleure possibilité de devenir bons amis avec Draco Malfoy, comme il restait encore à Surrey cet été. Le seul problème avec cela était le fait que Malfoy était le petit ami de Ginny Weasley, et, pour autant qu'il se dise cela, Harry était complètement et totalement amoureux de Ginny. Il savait que c'était sans espoir, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il rêvait d'elle le jour. Il rêvait d'elle la nuit aussi. Il avait été surpris par la nature de ces rêves. Ils marchaient juste main dans la main, ou elle volait sur son dos pendant qu'il planait au-dessus de la Forêt Interdite sous sa forme de griffon d'or. Il se sentait incroyablement paisible après ses rêves, avec seulement quelques exceptions. Parfois, le rêve agréable était interrompu par Draco Malfoy qui apparaissait et l'enlevait à Harry. Celui qui était vraiment dérangeant était quand Harry et Ginny rentraient dans l'une des serres, et que Draco Malfoy était là, allongé sur une robe sur le sol, avec sa chemise ouverte, disant « Merci beaucoup de me l'avoir amenée, Potter. » comme Ginny courait vers lui et commençait à embrasser le garçon blond avec passion...

Harry se secoua en montant les escaliers vers sa chambre. Soudain, un mur d'eau frappa la maison, les gouttes tapant bruyamment sur la fenêtre en haut des escaliers. Harry alla jusqu'à la fenêtre et regarda le ciel, fronçant les sourcils. Il était encore bleu pâle, le soleil n'était même pas encore près de se coucher comme c'était le début de l'été. D'où diable pouvait bien venir toute cette eau ?

Puis Harry regarda en bas. Son oncle était sortit après que Harry ait quitté la cuisine et il dirigeait le tuyau d'arrosage du jardin vers la maison, l'aspergeant comme si elle brûlait violemment. Harry pouvait entendre l'eau frapper le toit comme il descendait le couloir jusqu'à sa chambre. Puis il entendit un son différent provenant de cette pièce. Cela ressemblait... à de la pluie tombant dans sa chambre.

Il ouvrit la porte et vit ce que son oncle avait prévu pour lui faire réparer le toit. Il avait utilisé la perceuse qu'il avait amenée à la maison pour déjeuner pour percer des trous dans le plafond de Harry, juste au-dessus de son lit. Voilà pourquoi tante Petunia était couverte de poussière de plâtre. Et il pensa que la voix de Vernon devait être étouffée parce qu'il faisait probablement cela depuis le grenier, faisant quelques trous au-dessus de sa tête, dans le toit lui-même, et d'autres dans le plafond de Harry, à travers le plancher des combles.

Harry avait été furieux durant sa courte vie. Il avait été assez furieux avec Marge, la sœur de Vernon, quand elle avait insulté ses parents pour qu'il l'ait transformée en un très gros ballon repoussant. Il avait été assez furieux avec Malfoy et ses deux imbéciles de Crabbe et Goyle pour leur lancer le sort de Furunculus sur tous les trois dans le Poudlard Express après la quatrième année. Il se souvenait avoir été très en colère aussi dans son autre vie, mais il ne pensait pas qu'il ait pu être plus furieux qu'il ne l'était en ce moment.

Il s'avança à grands pas vers son bureau et sortit sa baguette, prêt à lancer le sort de bouclier d'Aegis sur tout son plafond, et le sort de Dessicatio sur son lit pour le sécher. Il s'arrêta à la dernière seconde. Deux sorts, juste pour ne pas avoir une chambre détrempée, ne seraient pas si facilement ignorés par le ministère. Il était le nouveau préfet en chef de Poudlard. Graver le nom de Jamie sur la pierre tombale de ses parents était une chose, mais il aurait lancé ces sorts dans la maison du quatre Privet Drive. Ce serait assez difficile d'expliquer pourquoi il devait absolument faire cela. (Cela ne pouvait pas être expliqué comme de l'autodéfense, par exemple.) Il posa sa baguette à contrecœur, regardant l'eau tomber sur son matelas trempé, les flots coulant sur le sol le long des draps en désordre.

Il redescendit le couloir et les escaliers, puis sortit et alla directement au robinet qui contrôlait le tuyau, l'éteignant complètement. Il leva les yeux et vit son oncle regardant le bout de son tuyau qui gouttait, confus. Harry fut tenté de rallumer l'eau à plein débit alors que son oncle avait le tuyau pointé en plein sur le visage, mais il résista à la tentation. A la place, s'avança d'un pas déterminé vers son oncle et croisa ses bras, le foudroyant du regard.

« D'accord. Je remplacerai ce foutu toit... »

Son oncle leva le nez vers lui et eut un sourire béat, comme s'il ne venait pas de tenter de noyer toutes les possessions chères à Harry et de tremper le lit dans lequel il dormait. « Splendide, splendide. Je vais commander les fournitures... »

« ... mais je vais quand même travailler pour Aber... Je veux dire Mr Abernathy. Dick. Je travaillerai sur le toit après le boulot, et lors de mes jours libres. »

Son oncle considéra cela à travers la fente de ses yeux. « D'accord. Mais assure-toi que ce sera fini avant que tu partes. »

Harry accepta de finir le toit avant de partir pour l'île de Bute, et puis il retourna dans sa chambre pour évaluer les dégâts. Son lit était foutu, mais pour limiter la quantité d'eau qui passerait dans la maison, il jeta directement le matelas par la fenêtre, ainsi que le sommier. Puis il déménagea le sommier et le matelas de la chambre d'amis, la laissant sans endroit où des invités auraient pu dormir dans le cas où il y en aurait eu. Cependant, Harry avait assez confiance dans le fait que Hermione ne se pointerait pas à sa porte cette année. Sirius ne restait pas avec les Granger pendant les vacances, comme il l'avait fait l'été dernier, mais Hermione avait largement sous-entendu qu'un autre sorcier ou une autre sorcière allait être son hôte et qu'elle serait suffisamment protégée.

Quand il eut fini de remettre de l'ordre dans sa chambre et qu'elle ne sentit plus qu'un peu l'humidité, Harry s'effondra sur son nouveau matelas sans draps, épuisé, s'endormant presque aussitôt qu'il eut mis ses lunettes sur sa table de chevet et sa tête sur l'oreiller. Dans un mois, il aurait dix-sept ans. Il pouvait le faire, se dit-il en s'endormant. Il ne lancerait pas de maléfice sur le toit de son oncle et de sa tante afin qu'il fuie comme une passoire à la prochaine averse...

Mais ensuite, cette pensée le fit s'endormir avec un grand sourire sur le visage...