Sam se dandinait sur son banc. Assis près de ses camarades de chambrée qui prenaient grand soin de l'ignorer, il sentait des picotements d'excitation.
Lorsqu'il la vit s'asseoir à la table des Serdaigles, il se leva d'un bond.
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Il se sentit rougir sous le regard interrogateur des serdaigles lorsqu'il s'approcha de leur table.
- Salut
Joan Becket Rosemberg lui sourit en lui adressant son regard le plus poliment curieux.
- Salut
- Je voudrais m'inscrire dans la fanfare.
Le sourir poli ne vacilla pas.
- Tu es en première année, c'est ça ? C'était l'autre serdaigle, Philippa Malfoy qui lui avait parlé en souriant aussi.
- Oui, Sam soulagé, Samuel Leviston, je viens d'arriver et j'ai été reparti chez serpentard. J'ai adoré ce que vous avez joué pendant la cérémonie de répartition !
Les sourires devinrent soudainement beaucoup plus chaleureux.
- Contente que ça t'ait plu. Tu joues de quel instrument ? lui demanda Joan.
- De la trompette !
- Ah oui ?
Sentant qu'on en attendait plus de lui, Sam se mit à parler très vite
- Oui, depuis une semaine ! J'arrive à faire presque toutes les notes du premier coup sans me tromper.
- Vraiment ? C'est tout à fait... Elle s'interrompit, cherchant un qualificatif adapté.
- Le professeur Boogie m'a même appris à jouer "Oh when the saints".
Philippa Malfoy étouffa un rire bienveillant.
- C'est un très joli morceau.
- Il te montrera surement d'autres morceaux de jazz dans pas longtemps. C'était le gryffondor de 4eme année, Nigel, qui s'était approché et lui parlait.
La chef sembla prendre sa décision
- Et bien c'est tout à fait ce qu'il manquait à la fanfare de Poudlard, nous recherchions désespérément une trompette sachant jouer "Oh, when the saint". Retrouve nous ce soir dans la salle avec des poufs du 3ème étage, près de la statue de pinson.
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En regardant un Sam débordant de bonheur s'éloigner, Nigel le gryffondor sourit.
- C'est charmant, il n'a même pas envisagé qu'on pourrait se moquer de lui.
- Oui, répondit Joan, en réunissant ses affaires pour sortir de la grande salle, une recrue très prometteuse.
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Dans la soirée, les notes torturées de "Oh when the saints" résonnaient dans le couloir. Elles étaient lancées une par une, parfois quelques intruses se glissaient, mais avec beaucoup d'enthousiasme.
Les membres de la fanfare retenait du mieux qu'ils pouvaient leur regards moqueurs.
- C'est parfait Sam, tu as parfaitement adopté notre crédo "Fort, faux et pas en place"
Joan avait écouté trés concentré et avait réussi, pendant les parties les moins justes, à ne pas se pincer le nez.
- Je pense qu'il serait néanmoins temps d'apporter une certaine rigueur à notre pratique. A cette fin, Octave aidera Sam à progresser en solfège et Nigel en culture musicale.
- Pourquoi moi en solfège ? Le 2eme année de Poufsouffle aux cheveux très frisés semblait scandalisé.
- C'est justement parce que tu es celui qui a le plus besoin de travailler son solfège, Joan lui lança un regard qui n'admettait aucune contestation, Je viendrai à vos séances.
Elle vida d'un trait sa tasse de thé, ce qui devait être un signal parce que tout le monde se hâta d'en faire autant.
- On va commencé par "tinkle tinkle little star"
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Pendant que les partitions s'installaient, Joan plissa les yeux
- Vous êtes prets ? Bien, alors, Paul mon cher, c'est la partition de "pomp and circumstances", Octave, la tienne est à l'envers.
On commence mesure 7.
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Sam n'ayant jamais assisté à des répétitions de fanfare ne s'étonna pas des méthodes de Joan. Ni quand elle les fit répéter en faisant des claquettes, ni quand elle les fit chanter les notes en rythme.
- Philippa mesure 56, ton sol est bécart, on reprend mesure 40 du coup.
Ses méthodes semblaient néanmoins fonctionner. Paul était une fois sur deux dans les temps avec sa lessiveuse, et on entendait parfois d'autres instruments que le tuba de Sigridur.
- Nigel, tu donneras un léger coup de coude à Philippa pendant le refrain, pour qu'elle n'oublie pas que son sol est bécart !
Après un splendide départ tous de concert, la fierté palpable auraient pu les accompagner au lit si Philippa, sursautant en recevant un coup de coude, n'avait pas coincé la coulisse de son trombone dans le banjo de Nigel.
- C'est charmant. On sera en place pour la sérénade le mois prochain, je pense. on évitera le gros des tomate.
- Dommage, ça aidait Paul et sa lessiveuse à garder le rythme.
Un son terriblement dissonant sorti du trombone quand Philippa parvint enfin à le décoincer.
-Ma chère, c'est délicat, mais je suis certaine que ça devrait être bécar, lui signala Sigridur.
