Je ne possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.

Dans ce troisième chapitre Legolas découvre pour la première fois les cicatrices que camouflent son père grâce à sa magie.

En espérant que cela vous plaise.

Bonne lecture

PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.

NOTE 1 (D'après Tolkien) : ça aura de l'importance dans les premiers chapitres. La croissance des enfants elfes est beaucoup plus lente que celle des enfants humains. Ils sortent de l'adolescence et atteignent l'âge adulte entre 50 et 100 ans en moyenne. Ainsi un enfant qui donne l'air d'avoir 7 ans peut avoir en fait entre 20 et 25 ans. Toutefois même si son corps grandit plus lentement, son esprit se développe plus vite, permettant à des enfants d'un an de parler couramment...

NOTE 2 : j'aime bien le terme "elfing" même si c'est de l'anglais plutôt que le terme "enfant elfe" qui alourdirait un peu les phrases par moment donc je m'excuse pour ce petit anglicisme que j'emploi parfois ;)


L'HISTOIRE D'UN PRINCE

Chapitre 3 : Des marques sur ton visage

Legolas était un tout jeune elfe, espiègle et volontairement un peu rebelle, mais c'était encore un enfant… … Il avait à peine vingt ans et l'apparence d'un garçonnet humain de 7 ans. Idelwën trouvait son tempérament charmant, ce qui par contre, semblait un peu moins réjouir son père… Plusieurs fois Thranduil l'avait surprit en train de tenter de se faufiler hors de la cité. Une habitude qu'il avait prit très jeune à cause de son amour pour la nature, les arbres et les fleurs... Son père l'avait rattrapé de justesse à maintes fois lui expliquant qu'il était encore trop jeune pour se promener seul dans la forêt, trop jeune parce que des monstres effrayants s'y cachaient… C'était encore le cas aujourd'hui. Rattrapé par son père, lLe jeune elfing, un brin impétueux avait rétorqué qu'il était comme son père, qu'il ne craignait pas les monstres et qu'il les tuerait tous avant de disparaître dans les couloirs du palais. Thranduil avait soupiré, sursautant un peu lorsque sa tendre épouse lui posa une main sur le bras.

- Il te fait courir mon amour ?

- J'ai passé l'âge de courir derrière un elfing, murmura Thranduil à moitié sérieux.

Idelwën pouffa, entraînant un sourire sur le visage de son époux.

- As-tu fait beaucoup courir ton père ?

Thranduil s'assombrit immédiatement à la mention d'Oropher et Idelwën se mordit la langue. Il y avait des blessures qui n'étaient pas encore refermées, même après toutes ces années.

- Je n'avais pas le temps… Nous étions en guerre…

- Goheno nìn (pardonne-moi), je suis parfois maladroite.

- Non, ne change rien, dit Thranduil en la prenant par la taille. C'est cela qui me plaît tant chez toi…

La reine sourit et déposa la tête sur l'épaule de son époux.

- Ne devrait-on pas essayer de le retrouver ?

- La cité est fermée… Et Gohenlass garde un œil sur lui... Je commence à connaître uàn pîn sen (ce petit monstre), ajouta-t-il en souriant. Il déboulera à table ce soir lorsque la faim le fera sortir de sa cachette. Voilà au moins une différence entre nous… C'est de toi qu'il tient cet appétit…

Idelwën émit un petit rire amusé avant de se renfrogner.

- Et où est son frère ?

- Dans les forges, je crois qu'il voulait apprendre à se forger une épée.

Idelwën frémit… Arenor avait vingt et un ans de plus que Legolas. Il avait hérité de la haute stature et des épaules larges de son père comme de son côté déterminé et sombre. Il était encore jeune, mais sa mère savait qu'il ne tarderait pas à vouloir rentrer dans l'armée et cela l'inquiétait car, même si elle tentait de garder un côté optimiste, Idelwën sentait bien les ombres poindre à l'horizon…

...

Le repas s'était plutôt bien passé, Legolas ayant déboulé effectivement avec un solide appétit et Arenor en brandissant fièrement l'arme qu'il venait de se forger. Idelwën avait bien soupiré qu'elle ne voulait pas voir d'armes à table mais, au fond, elle était fière de la pièce réalisée par son fils. En revanche, un léger coup d'œil à son mari avait suffit pour l'inquiéter… Elle savait quels étaient les jours qui approchaient et elle ne pouvait s'empêcher d'être inquiète. Il commençait à être pâle et fatigué…

A la fin du repas, Idelwën emmena les deux garçons dans leurs chambres. Arenor s'étendit sur sa couche en rêvant de grandes batailles pendant que, dans l'autre pièce, Legolas attrapa le bras de sa mère.

- Nana (maman)… Pourquoi je ne peux pas dire bonne nuit à ada (papa) ce soir ?

- Je suis désole hên nìn (mon enfant), ada est fatigué ce soir… Tu le verras demain !

- C'est parce que je l'ai fais courir ?

- Non, il peut courir bien plus vite et plus longtemps que toi tu sais.

- Il n'est pas malade ?

Idelwën perçu une réelle inquiétude dans la voix de son tout jeune fils et cela la troubla. Elle lui sourit en caressant doucement ses cheveux.

- Non, il n'est pas malade. Dors maintenant lass pîn nìn (ma petite feuille).

Elle déposa un baiser sur la joue de son fils avant de remonter la couverture pour le border. Puis, elle souffla sur la bougie et murmura.

- Mae daw Legolas (Bonne nuit Legolas).

- Mae daw nana

...

Un peu inquiète, Idelwën pénétra dans sa chambre et fut accueilli par un léger gémissement. Thranduil était assis sur le bord de son lit, une main plaquée sur son visage. La jeune femme courut vers lui.

- Est-ce que tout va bien ?

- Ce n'est rien, tu le sais bien… Chaque année à la même période la douleur revient et j'ai l'impression de me consumer de nouveau dans les flammes mais, cela finira par passer…

- Je sais… Mais je déteste te voir souffrir.

- Alors ne reste pas ici…

- Thranduil, l'appela doucement son épouse en posant une main sur sa cuisse. Je ne peux te laisser alors que tu souffres…

- Je ne veux pas que tu restes…

- Ne m'as-tu pas dît un jour que tu serais incapable de prononcer ces mots là pour moi.

- C'était différent…

- Non ça ne l'ait pas… Laisse-moi voir.

- Non ! S'exclama brutalement Thranduil.

- Meleth nin (Mon amour), laisse-moi voir, répéta Idelwën en glissant une main sous son menton.

Thranduil frémit et releva la tête. Il retira sa main et Idelwën frémit parce qu'il était incapable de maintenir l'illusion dans cet état… parce que les cicatrices sur la partie gauche de son visage étaient terribles… Elles lui rappelaient tant de mauvais souvenirs… Tant de douleur… Elle avait eu si peur de le perdre… Thranduil comprit sa gêne et tenta de remettre sa main dessus pour les cacher, mais Idelwën l'en empêcha.

- Non, laisse-moi voir si je peux faire quelque chose pour t'aider.

- Tu sais bien que rien tu ne peux m'aider… Il faut juste attendre que cela passe. Laisse-moi.

- Mais pourquoi t'obstines-tu à me repousser ?

- Je ne veux pas que tu me vois comme ça, répondit Thranduil…

- Meleth nìn, ces cicatrices ne me dérangent pas. Elles font parties de toi comme toutes les autres.

- Je suis un monstre…

- Non. Tu es l'homme que j'aime… Rien ne le changera… Surtout pas ça… J'ai ramené des racines apaisantes, je vais descendre en cuisine te faire une tisane. Tu devrais t'allonger…

Thranduil hocha doucement la tête et Idelwën lui déposa un baiser sur le front avant de sortir de la pièce.

- Je reviens vite.

...

Ecoutant son épouse, Thranduil s'était allongé dans son lit et tentait de s'endormir pour échapper à la douleur. Il somnolait à moitié lorsqu'il entendit un bruit étrange. Thranduil frémit et se redressa sur un coude, gémissant doucement malgré lui. Son regard perçant balaya la salle et il ne vit rien.

- C'est toi Idelwën ?

Mais la jeune femme n'était pas encore remontée des cuisines et la pièce était toujours plongée dans une pénombre qui permettait au roi de se dissimuler… Ces quelques jours l'affaiblissaient et le rendaient vulnérable. Thranduil avait horreur de cela… un vieux reste de l'éducation d'Oropher pour lequel émotion, faiblesse et vulnérabilité n'étaient pas concevables quand on était roi… Thranduil allait se rallonger de nouveau lorsqu'il perçut un mouvement sur la droite.

- Qui est là ?

Il n'obtint pas de réponse et ordonna à son corps fatigué de se lever. Le mouvement venait du rideau qui occultait la terrasse… Thranduil s'en rapprocha et le tira violemment. Il s'était attendu à bien des choses, mais pas à la petite silhouette à la longue chevelure blonde qui poussa un cri d'horreur en le découvrant. Thranduil recula d'un bond pour se mettre dans la pénombre.

- Legolas ! Qu'est ce que tu fais là ?

- Je voulais vous dire bonne nuit ada… D'habitude vous venez toujours me dire bonne nuit mais là vous n'êtes pas venu. Nana m'a dit que vous étiez fatigué. Vous venez toujours me dire bonne nuit quand je le suis alors, j'ai voulu faire pareil, ne me grondez pas ada

Le jeune elfe parlait vite ce qui montrait qu'il était apeuré et Thranduil sentit son cœur se briser… Qu'il détestait voir son enfant avoir peur de lui… Si seulement ce petit savait à quel point il pouvait l'aimer… Le roi lutta contre son envie de le prendre dans ses bras. Il était encore faible et il ne parvenait pas à dissimuler les marques sur son visage. S'approcher dans ces conditions ne ferait que renforcer sa peur.

- Je ne vais pas te gronder ion nìn (mon fils)… C'est une belle attention… Cela me touche, mais tu devrais regagner ta chambre avant que nana te vois ici.

- Vous croyez qu'elle va me gronder ?

- Non, personne ne va te gronder ma petite feuille mais il est tard, retourne te coucher.

- Je ne peux pas vous dire bonne nuit avant ?

La question était innocente et Thranduil frémit.

- Je ne pense pas que…

- Qu'est ce que vous avez sur le visage ada ?

Thranduil tressaillit, il s'était reculé rapidement mais, la lumière de la lune avait fait ressortir ses marques.

- Ce n'est rien, va te coucher.

- Je voudrais voir ada.

- Non… Va te coucher mon fils.

- Vous avez mal ?

Thranduil frémit une nouvelle fois et recula pendant que son petit garçon fit quelques pas pour se rapprocher.

- Reste où tu es Legolas.

Mais le petit garçon ne lui obéit pas et se planta devant son père. Même dans l'obscurité de la pièce, il pouvait voir d'en bas les profondes cicatrices qui défiguraient le visage de son père.

- Quelqu'un vous a fait mal ? Demanda-t-il en tendant le bras.

Thranduil soupira et céda. Il se mit à genoux pour être à la hauteur de son fils et le laissa le dévisager. Legolas ouvrit de grands yeux effrayés qui le touchèrent avant que sa petite main n'effleure sa joue.

- Oui… Vous devez avoir mal…

- Plus maintenant… Plus souvent en tous cas, répondit le roi.

- Qui vous a fait ça ada ? L'un des monstres qui vivent dehors ?

- Oui, répondit doucement Thranduil… L'un des monstres…

- Alors vous avez raison, je ne dois plus essayer de sortir de chez nous… Il faudra que je le dise à Gohenlass aussi !

Thranduil sourit doucement, touché par la naïveté désarmante de son petit garçon…

- Il ne faut pas non plus avoir peur ma petite feuille, toutes les choses de l'extérieur ne sont pas mauvaises… Le vent, les arbres, la pluie… Le grand nid que Gohenlass t'a montré dans le vieux chêne au dessus de la cascade...

- Les fleurs ?

- Oui… Les fleurs aussi…

Legolas plaqua un peu plus sa main sur la joue de son père.

- Vous êtes chaud. Vous êtes malade ?

- Pas vraiment… Ma blessure me fait mal à peu prés à chaque date anniversaire.

- Mais vous l'avez toujours ? Pourquoi on ne voit rien les autres jours ?

- Ma magie…

- Alors utilisez-là pour ne plus avoir mal.

Thranduil sourit une nouvelle fois…Par Eru, qu'il aimait la naïveté et la logique de cet enfant.

- Je suis trop fatigué pour ça ce soir…

- Alors, il faut vous coucher ! S'exclama Legolas en prenant son père par la main.

Il le força à se relever et l'attira vers son lit. Thranduil se coucha de bonne grâce et Legolas monta sur le lit pour déposer un baiser sur son autre joue.

- Mae daw ada !

- Hantale ion nìn (merci mon fils).

Thranduil ferma les yeux, essayant de contrôler sa douleur et attendant que Legolas ne retourne dans sa chambre, mais le petit garçon n'était pas décidé à laisser son père. Il monta à son tour sur le lit et se blottit dans ses bras, posant sa tête sur sa poitrine. Thranduil ouvrit les yeux.

- Que fais-tu ?

- Je reste vers vous ada, répondit Legolas comme si c'était logique. La dernière fois quand j'étais tombé et que je m'étais ouvert le genou, vous êtes resté avec moi jusqu'à ce que je m'endorme alors, je vais rester avec vous. Vous pouvez dormir ada.

Thranduil frémit.

- Ma petite feuille, c'est ce que dois faire un père tu…

- Je ne peux pas m'occuper de vous ? Demanda Legolas avec un air déçu…

- Si, bien sûr mon tout petit mais j'ai mal et…

- Je vois bien que vous avez mal ada… C'est pour cela qu'il faut que vous dormiez. Fermez les yeux…

Thranduil soupira. Tout paraissait si simple dans la bouche de son fils. Pour lui faire plaisir, il ferma quand même les yeux, cherchant à ignorer la douleur qui irradiait de son côté gauche. Il sentit Legolas bouger un peu et la tête du petit garçon qui se posa sur sa poitrine. Presque machinalement, Thranduil passa un bras autour de ses petites épaules et frémit…

...

En portant une coupe et un bol qu'elle avait disposé sur un plateau, Idelwën pénétra dans la chambre et s'immobilisa en découvrant la scène. Étendu sur son lit, Thranduil avait fini par trouver le sommeil. Legolas était là aussi, pelotonné contre le côté droit de son père, la tête sur sa poitrine, vaincu par le sommeil lui aussi. La jeune femme sourit et se rapprocha du lit. Les cicatrices de Thranduil étaient toujours visibles, preuves qu'il souffrait… Mais, au moins il avait trouvé le sommeil… Idelwën prit deux couvertures et les disposa sur le père et le fils puis, elle leur donna à chacun un baiser sur le front et murmura.

- Dormez mes amours…