JE SUIS DE RETOUR ! ! ! Avouez-le, vous pensiez que je vous avais oubliés. Eh bien, non, c'est juste que ça fait un mois que je n'ai pas internet. Donc pour poster...
Merci pour vos coms ! PBG, loow, Pika, abbyrland, diamsley, Pline, love FMA, WJ, Ayahne, 1fan, MC : je vous adore ! J'espère vraiment que cette suite va vous plaire.
Pour l'actu : j'ai des OS en stock, des bonus de Modus Vivendi et des Tripl's ainsi qu'un OS sur demande. Et j'ai plein de fic en retard ! Bonne lecture !
08h34
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La bande s'est arrêtée sur la phrase effrayante de Tony. Ducky, assis près de Gibbs, se tourne vers lui inquiet.
- Jethro ?
- Je vais bien, répond-il d'une voix égale. Lance la suivante, Abby.
La jeune femme échange un regard avec Tim à ses côtés. Celui-ci lui fait comprendre qu'il faut qu'elle le fasse. La laborantine n'aime pas ce qui est en train de se passer. C'est pourtant ce qui doit se passer. Alors elle se lève et se réinstalle devant l'ordinateur. Elle tape longtemps sur les touches. Enfin, elle se lève, une souris identique à celle de son labo à la main. Elle se met face à Gibbs.
- Clic gauche pour lancer la vidéo suivante, annonce-t-elle, clic droit pour faire pause.
Il la remercie du regard. Elle retourne à sa place. Il lance le nouveau film.
Cette fois, c'est une chambre d'hôpital qui apparaît. Un lit entouré d'une sorte de rideau transparent, un patient, des machines qui l'entourent, des bips à la régularité de métronome, la couleur immaculée des draps, des murs, tout le prouve.
- Bonjour à vous, annonce la voix de Tony. Nous sommes le dimanche 10 mars. Après avoir longtemps hésité, j'ai décidé de vous montrer nos deux patientes. Je ne sais pas si c'est une bonne idée que vous les voyez dans cet état, mais je pense que c'est important.
Il s'approche du lit.
- Voici notre Jane Doe, dont j'ai hâte de connaître les nom et prénom. Je ne vais pas m'attarder dans sa chambre. Les médecins ont interdit toute visite. Il faut que je sois parti avant qu'une infirmière débarque.
Il fait un zoom sur son visage, puis descend le long de son corps.
- Je suppose que vous avez du mal à la reconnaître avec tous ces bandages et la tenture de plastique. Je ne peux pas la franchir. C'est une bulle stérile.
Il revient sur son visage et s'y attarde. Sous la cascade de cheveux roux, mangé par des bandages, son visage apparaît. Impossible de distinguer ses traits ou de s'en faire une idée précise. La femme semble toute fois apaisée.
- Je dois partir, annonce Tony avant de couper le film.
Une seconde l'écran devient noir puis une nouvelle chambre d'hôpital se découvre. Une enfant paraît dormir sur le lit en son centre. Au MTAC, Gibbs crispe ses mains sur les accoudoirs en reconnaissant sa fille.
- Mademoiselle joue les Belle au Bois Dormant, déclare Tony en gardant son objectif sur Kelly. Tout le monde attend son réveil. Cela risque de se produire quand je ne serai pas là. Je dois rentrer à New-York. Si je manque un jour de plus là-bas, je vais me faire virer de l'école. Je ne pourrais revenir que vendredi prochain, dans la nuit. Ça ne me plait pas de les laisser là, mais elles ne sont pas transportables pour l'instant.
Il s'approche du lit.
- Les docs ont mon numéro, au moindre changement ils m'appelleront. En attendant, j'ai de la route à faire.
Il coupe la caméra. C'est la fin de la deuxième vidéo. Gibbs ne perd pas de temps et lance la troisième.
Le visage épuisé de Tony apparaît dans le cadre.
- Salut, dit-il en se frottant les yeux. On est le jeudi 14 mars, il est deux heures du matin.
Il éloigne légèrement l'objectif de lui.
- Ce que vous voyez derrière moi, continue-t-il en montrant du doigt ce qui se trouve dans son dos, c'est une station essence. Ça fait six heures que je roule non stop.
Il étouffe un bâillement.
- Je me suis fait porter pâle pour quitter l'école. Pas sûr qu'on m'ait cru, mais je m'en fous. La moitié des instructeurs peut pas me voir et c'est réciproque. Je ne suis plus à un blâme et une corvée près.
Le plein de son véhicule est terminé. Tenant le caméscope d'une main, il remet tout en place en poursuivant ses explications.
- Le doc m'a appelé tout à l'heure, la petite s'est réveillée. Sauf qu'il y a un problème. Elle ne se souvient de rien. Je ne parle pas seulement de l'accident ou d'une simple amnésie rétrograde. Elle a perdu la totalité de la mémoire. Elle ignore qui elle est.
Il essuie sa main sur un chiffon et le jette sur la banquette arrière. Il attrape ensuite son portefeuille.
- Elle a fait une crise de panique à son réveil. Ce qui en soit n'a rien d'étonnant. Elle est sous sédatif pour l'instant. Elle devrait dormir toute la nuit. J'espère être arrivé pour son prochain réveil. Être entouré de blouses blanches a quelque chose de flippant, j'en sais quelque chose. Enfin, personnellement, ça m'insupporte. Je pars toujours plus tôt que ce que voudraient les médecins quand j'y suis.
Il regarde l'objectif.
- Je vous en dirai plus quand j'y serai.
Fondu noir de quelques secondes, puis la pièce au fauteuil chocolat apparaît. Tony est avachi dedans. Sa tête repose dans la paume de sa main. L'accoudoir supporte son coude. La caméra est posée sur la table en face de lui.
- Il est quinze heures et je reviens de l'hôpital, annonce-t-il. J'ai vu la petite, j'ai discuté avec elle. Comme annoncé, c'est le trou noir. Je lui ai expliqué l'accident. J'ai hésité, mais je lui ai dit qu'on avait tué le chauffeur de la voiture. Elle l'a relativement bien pris, mais ça ne l'a pas aidé à se souvenir. Quand elle sera d'attaque, je l'emmènerai voir sa mère. Parce que c'est elle, j'en ai la certitude.
Il ferme les yeux quelques instants.
- Elle ne connait pas son prénom, mais il lui en faut bien un.
Il ouvre ses paupières.
- On en a passé pas mal et son choix s'est finalement arrêté sur Emma, celui que lui ont donné les infirmières. Ce n'est pas le sien, c'est certain, mais en attendant qu'on le trouve, ce sera celui-là. J'ai parlé avec les médecins. Ils sont incapables de dire si elle retrouvera la mémoire. Je vais donc devoir m'occuper d'elle.
Un ange passe.
- J'ai l'impression de m'être embarqué dans quelque chose qui me dépasse, soupire-t-il. Plus j'y pense et plus je me dis que ce qui ne devait être que du provisoire va devenir définitif. Les quelques semaines que je prévoyais vont se transformer en mois. J'ai même le sentiment que ce sera des années. J'espère vraiment me tromper. Sinon, ça veut dire qu'une famille vivra avec la certitude qu'elles sont mortes pendant tout ce temps. Il y aura des conséquences, même si j'ignore lesquelles. Je ne peux pas non plus revenir en arrière et dire la vérité. Si j'avoue ce que j'ai fait, elles seront forcément en danger de mort. Je les préfère en vie sans identité que mortes avec. Ah oui, ça m'amènera des problèmes aussi. Enfin, ce n'est pas moi l'important, ce sont elles.
Il se redresse.
- J'irai à l'hôpital tout à l'heure. La petite vous parlera. Je crois que c'est d'autant plus important qu'elle le fasse que la situation risque de durer. Pour l'instant, dodo. Je suis vanné.
Fin de la vidéo.
