Bonjour à tous !

Voici le troisième chapitre de cette fic ! Je suis désolée de vous faire attendre si longtemps, j'aimerai avoir plus de temps à moi mais j'ai tellement de projets en cours que... Voilà :S

Un énooorme merci à Jane Doe51, I'm Jane Addict, Ju 4, Chou05, KatKitten4, Sssssy, La-petite-folle, et Guest pour leurs reviews qui me motivent énormément ! Je vous adore :D

Bonne lecture à vous tous :)


Chapitre 3

" L'amitié n'a de sens que si elle prête à se prouver par un sacrifice. "

Jane revint le soir même auprès de Lisbon, après le départ de ses frères et de sa nièce. Ceux-ci avaient promis de passer la voir le plus souvent possible. Kim Fisher et Abbott aussi étaient passés la voir.

Jane n'avait pas révélé à Lisbon qu'il allait lui donner son foie. Il lui avait apporté de quoi lire et ils avaient discuté pendant un moment, puis il était partit.

Le lendemain matin, il regagna l'hôpital. La main posée sur la poignée de la porte menant à la chambre de Lisbon, il fit de son mieux pour dissimuler son air anxieux, conscient que Lisbon n'avait certainement pas envie de le voir déprimé. Il entra donc avec une bonne mine qui se décomposa immédiatement lorsqu'il reçut une bouteille d'eau en plein visage. Par réflexe, il se baissa, ferma les yeux et se frotta le nez.

- Aïe !

- JANE ! cria Lisbon.

- Qu… Quoi ? demanda Jane en se redressant et en la regardant. Elle avait l'air totalement furieux.

- Non mais vous êtes MALADE ?!

Jane ne prit pas bien longtemps pour comprendre que quelqu'un lui avait dit, pour la greffe.

- Calmez-vous, Lisbon, dit-il en s'approchant du lit.

- NON ! Je ne veux pas de votre foie ! Je refuse ! Qu'est-ce qui vous a pris de prendre cette décision sans m'en parler avant ?! continua-t-elle de vociférer. Il est HORS DE QUESTION que cette opération ait lieu !

Les bips s'affolaient sous les nerfs de Lisbon, qui le regardait, rouge, les sourcils froncés, une étincelle de colère brillant dans ses yeux, visiblement prête à donner tous les arguments possibles pour que Jane revienne sur sa décision.

- Shhht, Lisbon, s'il-vous plaît, vous affolez les machines… répondit-il doucement en s'approchant encore d'un pas.

- Je n'en ai rien à faire ! Je préfère MOURIR que vous soyez mon donneur ! VOUS ETES COMPLETEMENT CINGLE !

Jane changea de technique, sa priorité étant qu'elle se calme avant qu'elle ne fasse une crise cardiaque. Il se figea, les bras croisés, la regardant sévèrement. Elle le regarda, sur la défensive.

- Lisbon, vous vous calmez maintenant, sinon je sors de cette chambre et on ne parlera pas de cette greffe, dit-il d'un air très sérieux.

Elle le regarda, toujours les sourcils froncés, les bras croisés elle aussi, et prit une grande inspiration. Les bips diminuèrent peu à peu.

- Bon, dit Jane.

Il s'assit au pied du lit de la jeune femme, pour qu'ils soient face à face.

- Je ne veux pas, répéta Lisbon d'un ton plus posé. Je ne veux pas…

- Je ne vais pas mourir à cause de cette opération.

- Il y a 80% de chances que ça entraîne des complications, Jane.

- Lorsque vous m'avez engagée au CBI et que vous avez décidé de m'aider pour John Le Rouge, il y avait 110% de chances que ça entraîne des complications.

Elle leva les yeux au ciel, sans sourire.

- Ce n'est pas du tout la même chose.

- Ecoutez-moi. Vous avez risqué votre vie pour moi plus d'une fois et vous êtes toujours, toujours restée de mon côté depuis le début. J'ai une dette énorme envers vous. Je vais la payer maintenant, de mon plein gré, parce-que c'est ce que je veux. Vous le rendre.

- Vous m'avez sauvé la vie aussi, on est quitte.

- Lisbon, est-ce que vous vous rendez-compte que vous…

- Allez mourir dans 6 jours ? Oui, ça j'ai bien compris ! dit-elle d'un ton sec. Ce n'est pas pour autant… Je ne veux pas continuer à vivre pour vous voir mourir à ma place.

- Moi non plus.

Ils se regardèrent dans les yeux. Ils étaient confrontés à un dilemme des plus atroces. Lequel allait accepter de rester en vie et subir la mort de l'autre ? C'était cauchemardesque. Lisbon détourna les yeux, chassa en quelques clignements les larmes qui lui montaient aux yeux. Jane soupira. Qu'était-il censé faire ? Il ne pouvait pas non plus l'obliger à souffrir encore, même si cela impliquait de rester envie. Pas si ce n'était pas ce qu'elle voulait. Mais il ne pouvait pas non plus la laisser mourir. Il n'avait aucune idée de quoi faire. Lisbon le regarda à nouveau.

- Il y aura peut-être un autre donneur, dit-elle.

- Je l'espère vraiment, répondit-il.

Il y eut un moment de silence, chacun réfléchissant aux mots qu'il allait prononcer. Ce fut Jane qui prit la parole.

- Teresa, je vous aie promis d'être là pour vous sauver. Je vous en prie, laissez-moi tenir ma promesse, murmura-t-il.

Elle rassembla tous ses efforts pour empêcher les sanglots s'emparer d'elle. Elle frôla la main de Jane du bout des doigts.

- Je suis très touchée pour ça, mais… Ce n'est pas une solution. Il faut un autre donneur, ce n'est pas possible autrement.

Il entrelaça ses doigts aux siens, voyant que rien ne la ferait changer d'avis. Une fois de plus, le cœur de la jeune femme se serra.

- Jane, ajouta-t-elle d'une voix fragile, si ce sont mes derniers jours, je ne veux pas qu'ils soient déprimants, d'accord ? Et aussi… J'aimerai… que vous soyez là, demanda-t-elle les yeux brillants.

Il ne fallut pas plus d'explication à Jane pour comprendre qu'elle parlait d'être à ses côtés le long de cette étape pénible. Jane resserra leurs mains.

- Je serais toujours là, dit-il d'une voix qu'il eut bien du mal à ne pas briser.

Elle lui sourit tristement.

oOoOoOoOoOoOoOo

Le lendemain, Lisbon reçut de nouveau la visite des Rigsby, de Cho et de Tommy. Jane avait été absent lors de cette matinée. Tout ce qu'il souhaitait était de passer le maximum de temps avec elle mais il savait que les autres voulaient la voit aussi et il préférait lui parler seul. Il n'arrivait plus à dormir. La perspective de la mort de Lisbon le déchirait de l'intérieur, le dévastait à petits feux. Et il était totalement impuissant face à ça.
Il revint à l'hôpital lorsque le petit monde était partit, les croisant la tête baissée, la peur au ventre tout comme lui. Et il ne pouvait s'empêcher de sentir égoïste de se sentir terrifié alors que la seule qui avait vraiment le droit de l'être était Lisbon.
Il entra dans la chambre doucement, au cas où elle dormirait. Sa chambre était remplie de fleurs. Elle était allongée sur le côté droit, de telle sorte qu'il ne voyait pas son visage. Il s'approcha discrètement et contourna le lit. Elle avait effectivement les yeux fermés, sa poitrine se soulevant et s'abaissant au rythme de sa respiration paisible. Il s'accroupit pour scruter son visage. Son beau visage d'ange. Ses paupières délicates, son nez fin, ses lèvres qu'il avait tant de fois fait se pincer. Ses longs cheveux châtains foncés, coiffés en boucles parfaites. Il résista à l'envie de passer sa main sur sa joue en une caresse, de peur de la réveiller, et se concentra plutôt à essayer de faire disparaître la boule qui se nouait dans sa gorge. Il se força à tourner son regard autre part. Il ne voulait pas pleurer. Il devait être fort pour la soutenir. Il déposa un léger baiser sur sa tempe, puis se releva pour aller s'asseoir de l'autre côté.
Elle se réveilla environ une heure plus tard. Il était resté tout ce temps, réfléchissant à tout ce qu'il faudrait lui dire au cas où… Au cas où les chances de survie de Lisbon deviennent si minces qu'il devrait absolument lui dire ces choses.
Elle se tourna vers lui et sourit.

- Bonjour Lisbon.

- Bonjour.

- Comment vous sentez-vous ?

- Emprisonnée. Dans tous ces tuyaux…

Jane fit une petite moue, ne sachant pas comment l'aider.

- J'ai juste envie d'aller à cette fenêtre et de sentir l'air de dehors.

- Et bien allons-y, répondit Jane.

Elle le regarda d'un œil interrogateur. Il se leva et alla saisir le lit par derrière pour le pousser près de la fenêtre. Lisbon lâcha une exclamation de surprise. Heureusement, elle n'était pas trop loin et les tuyaux attachés à elle étaient assez longs. Une fois que le lit fut placé correctement, Jane retourna près de Lisbon.

- Vous pouvez vous asseoir ?

- Il y a intérêt, répondit la jeune femme.

Soutenue par Jane, elle se redressa et pivota pour se tourner vers la fenêtre. Le consultant l'ouvrit et une petite brise d'air tiède entra dans la pièce. II s'assit à côté de Lisbon. Elle avait fermé les yeux et respirait l'air à pleins poumons. La brise faisait légèrement voleter ses mèches de cheveux. Elle rouvrit les yeux, regarda Jane, lui sourit, puis porta de nouveau son regard vers la fenêtre ouverte. Il passa une main protectrice dans son dos, les yeux rivés sur l'extérieur lui aussi, puis il sentit la tête de Lisbon venir se poser timidement sur son épaule.

- Merci, dit-elle.

- A votre service.

Il remonta sa main jusqu'aux cheveux de l'agent pour les caresser avec douceur. Il l'entendit soupirer de quiétude. Ils restèrent ainsi un long moment, tellement bien ensemble, tellement sereins à cet instant, tellement loin de l'affairement des médecins et de l'inquiétude qui les rongeaient tous les deux. Puis Lisbon releva la tête.

- Il faut que je me recouche, expliqua-t-elle à contrecœur.

- D'accord.

Jane se releva et ferma la fenêtre, puis poussa de nouveau le lit contre le mur et les machines. Ensuite, il aida Lisbon à se recoucher. C'est alors qu'une infirmière entra dans la chambre. Jane se tourna vers elle.

- Monsieur Jane, je dois vous demander de partir. Nous devons nous occuper de votre amie.

Jane hocha la tête et regarda Lisbon. Elle avait une lueur un peu triste dans les yeux, mais Jane savait qu'elle devait se reposer.

- Je reviendrai demain, fit Jane.

Elle acquiesça et lui adressa un nouveau petit sourire auquel il répondit. Puis il quitta la chambre, laissant Lisbon aux mains de la médecine.