Toujours pas reçu de doloris, ni d'avada kedavra, du coup voici le chapitre 3.

Disclamer : Toujours égal à lui même.

En fait, je suis entrain de vous mettre plusieurs chapitres, parce que je ne peux pas vous donner goût à une histoire avec un seul chapitre.


Chapitre 3 : Entre haine et rêverie

Les élèves de quatrième année de Gryffondor et Serpentard chahutaient sans retenues, derrière la porte de la salle de Potion. A l'intérieur, Calypso terminait de débarrasser les paillasses salies par les premières années, une heure auparavant. Elle avait été mise en garde dès son arrivée à Poudlard, du manque de maturité de ces élèves qui depuis leur entrée à l'école étaient sans cesse rappelés à l'ordre. Ce premier cours promettait d'être bien moins calme que le précédent.

Elle réajusta ses manches, replaça ses cheveux et se mit sur le pas de la porte.

- Lorsque vous voulez entrer dans mon cours, cela se fait en rang et en silence, clama-t-elle aux élèves braillant dans le couloir. Allons, pressons !

Les élèves regardèrent le professeur de potion, d'un air hagard. Ils se calmèrent, tout en se rangeant. Le silence enfin présent, Calypso leur donna la permission d'entrer et de s'installer à leur paillasse.

Dès qu'ils furent tous assis, elle se positionna devant eux, droite comme un piquet.

- Bonjours à tous, commença-t-elle, je suis le professeur De Milliflore. J'ai la charge de vous enseigner l'art de la préparation des potions cette année, comme le fit mon prédécesseur avant moi. Bien sûr, ma pédagogie n'est peut-être pas similaire à celle que vous avez connu, mais vous apprendrez ce qu'il faut savoir.

Certains élèves sourirent à cette annonce.

- Vous ne pourrez pas faire pire que cette chauve-souris, lança un gryffondor au fond de la classe.

- Dans mon cours, jeune homme, nous levons la main lorsque nous voulons prendre la parole. Toutefois, nous essayons de la lever pour des paroles intelligentes et non vides de sens.

L'élève baissa la tête sous les effusions de rire de ses camarades, et notamment des serpentards, toujours ravis de voir le caquet des gryffondors rabaissé de la sorte.

- J'ai eu la joie d'apprendre que vous étiez une année particulièrement fournie en trublions. Sachez que je n'hésiterais pas à réprimander, ne tentez donc pas le diable avec moi, cela ne serait pas prudent. Très bien, ceci étant dit, nous allons passer directement à pratique, j'aimerais connaitre l'état de votre mémoire. Soit, qui peut me dire ce qu'est le philtre d'embrouille.

Elle balaya la salle du regard, à la recherche d'une main tendue, mais en vain. Les élèves avaient soit baissés la tête vers la paillasse, soit levés la tête vers le plafond, dans l'unique but d'échapper à l'interrogation.

- Mr Samson, nous vous écoutons.

L'élève de Serpentard déglutit tout en levant la tête.

- Je ne sais pas, professeur. répondit-il après quelques secondes de silence.

- Voyez-vous ça ?

- Madame, si je puis me permettre, le philtre d'embrouille est au programme de troisième année, hors nous sommes les quatrièmes années.

- Miss Lewis, je ne vous ais pas autorisée à prendre la parole. De toute évidence, votre mémoire fonctionne mal, que ce soit pour les règles dans ma classe, ou pour vos cours. Ouvrez vos manuels à la page 115, si vous n'êtes plus capable de parler de la théorie, je caresse encore l'espoir que vous soyez aptes à réaliser. Les ingrédients sont à dispositions sur mon bureau,. Maintenant au travail, et je veux entendre un Billywig voler.

Les élèves se mirent tous rapidement au travail, allumant le feu sous leur chaudron, tandis que Calypso fit venir d'un coup de baguette une quantité suffisante d'ingrédients pour les mettre sur son bureau. Tour à tour, ils passèrent au bureau chercher du cranson officinal, de la livèche et de l'achillée sternutatoire et se plongèrent dans la réalisation du philtre.

Dix minutes avant la fin du cours, Calypso se leva et passa entre les paillasses pour inspecter les chaudrons. Elle avait un air sévère, ce qui ne mettait pas ses élèves en confiance.

- Mr Calahan, pouvez-vous m'expliquer la couleur de votre philtre ?

Le jeune homme secoua la tête de droite à gauche, tout en touillant son philtre de manière lasse. Calypso leva les yeux au ciel, et continua sa progression dans l'allée.

- Voilà un philtre qui me parait correctement réalisé, Miss Sweetlove. J'accorde 5 points à Gryffondor.

Il y a eu un râle de protestation du côté de la maison Serpentard, alors que les gryffondors souriaient fièrement de cette acquissions, une première en cours de potion car jamais ils n'eurent de récompense du temps de Severus. Calypso retourna à son bureau.

- Bien, dans les cinq minutes qu'il vous reste, je veux que vous m'apportiez une fiole de votre préparation, et que vous nettoyez vos paillasses.

Les élèves s'exécutèrent jusqu'à la sonnerie salvatrice. Après une inspection générale de sa salle de classe, Calypso prit ses affaires et quitta les lieux. C'était la fin des cours pour tout le monde, si bien que les couloirs bondés d'élèves l'obligeaient à zigzaguer entre eux pour avancer. Elle se retrouva derrière un petit groupe de serpentards qu'elle venait de d'avoir en classe, qui ne s'aperçut pas de sa présence.

- Mais quelle mégère, cette femme !

- Elle est aussi hautaine, et insupportable que le professeur Rogue, et en plus elle attribue des points aux gryffondors ! Surenchérit une élève.

- Moi qui pensais qu'on ne pouvait faire pire que le professeur Rogue, nous voilà biens ! Au moins, lui, il ne nous réprimandait pas pour nos manques de connaissances. Fit un troisième élève.

- Après la chauve-souris des cachots, voici la vieille mégère. Heureusement ce n'est que pour un an, conclut un dernier.

Calypso leva la tête fièrement, et les contourna par la droite de façon à ce qu'ils constatent par eux même que leur discussion n'était guère tomber dans l'oreille d'une sourde. Elle jeta un bref coup d'œil en arrière, et jubila intérieur en voyant la mine gênée de ses élèves prit en faute. Puis elle partit à droite, et disparut dans les entrailles de Poudlard.


Elle descendit les quelques marches de pierre blanche, respirant enfin loin du remue-ménage des élèves regagnant leur salle commune pour les heures d'études. Longeant le couloir qui allait l'amener à ses quartiers, elle aperçut une silhouette noire au niveau de la porte de bois cirée devant laquelle elle passait et repassait chaque fois qu'elle quittait ou regagnait son cocon. Habituellement, les élèves n'étaient pas autorisés à vagabonder dans les couloirs menant aux appartements des professeurs, sauf en cas d'urgence, dans la nuit par exemple.

- Vous n'avez pas l'autorisation de vous promener par ici, cria-t-elle de colère.

La silhouette se remit en marche dans sa direction, Calypso plissa des yeux pour reconnaître le visage de cet élève bien trop téméraire à son goût. De surprise, elle ouvrit de grands yeux, en découvrant que la silhouette n'était autre que Severus Rogue.

- Puis-je savoir ce que vous faîtes dans ces couloirs, professeur Rogue ? Elle insista sur le professeur rogue, comme lui avait-il demandé quelques jours auparavant.

- Je regagnais bien tranquillement mes appartements lorsque vous m'avez

imbécilement interpellé, cela vous pose-t-il un quelconque problème, Miss de Milliflore?

Calypso mordit l'intérieur de sa lèvre inférieur, un sentiment de stupidité l'envahie dans l'ignorance que cette porte de bois vernie menait tout droit à l'antre de cet infecte personnage.

- Inutile de me traiter d'imbécile, je ne suis pas votre élève. Traitez-les comme bon vous semble, mais avec moi, le respect est de rigueur, s'enquit-elle.

Severus eut un sourire en coin, bizarrement il ne la quittait pas des yeux. Par Merlin, quel joli bout de femme quand elle est en colère, pensa-t-il. Son caractère de feu reflétait sans mal la couleur de ses longs cheveux tombant sur la poitrine. Il se secoua la tête, pour chasser ses pensées inappropriées. Quelle mouche lui piquait-il soudainement ?

- J'ai eu vent de votre délicieux caractère avec les première, troisième et quatrième années, Miss. Je pense que dans l'art de la rigidité vous êtes aussi haut placée que moi.

Un tempérament à la couleur de vos cheveux. Le feu vous habite.

Calypso haussa un sourcil, dans un mouvement de recul. Elle ne savait pas comment réagir et perdait ses moyens. Soudain, elle se rappela ce que la directrice lui avait conseillé pour pallier aux travaux de la boutique. Au diable sa volonté à ne pas lui demander de l'aide, elle devait trouver une échappatoire.

- A vrai dire, vous tombez bien. Je suis confrontée à un souci qui me sera quelque peu handicapant dans les prochains jours. La boutique de l'apothicaire étant fermé pour cause de travaux, je ne peux m'y rendre, et je ne fais pas importer mes produits de France.

- Et ?

- La Directrice m'a informé que vous possédiez une large réserve personnelle. Elle m'a dit que vous ne verriez aucun inconvénient à ce que je m'en serve parfois afin de compléter ce qui me manque.

- Naturellement.

Calypso haussa à nouveau un sourcil. Elle aurait presque voulu se gifler pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Severus Rogue, l'homme des cachots froids, l'image même de l'antipathie, avait accepté aussi facilement de partager ce qui lui appartenait. Elle planta son regard dans le sien, et fut prise d'une chaleur indomptable.

-Euh, et bien, je... euh, merci. Balbutia-t-elle.

Elle entreprit de reprendre sa marche pour rejoindre ses appartements, mais lorsqu'elle le contourna, il l'attrapa par le bras.

- Allons, où est passé cette femme sèche qui tient tête à tout le monde ? Vous mollissez ma chère, je ne suis qu'un homme.

- Vous n'êtes qu'un salaud, et vous le serez toute votre vie ! Cracha-t-elle soudainement en retirant son bras de son emprise.

D'un pas précipité, elle avança vers ses quartiers, sous le regard noir de Severus. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi elle avait laissé échapper instantanément cette bribe de jugement à haute voix, de plus ça ne ressemblait pas. Mépriser ses confrères, elle savait le faire, mais jamais, elle ne se permettait l'insulte. Elle murmura le mot de passe à la porte de son foyer, et allait entrer lorsqu'il l'apostropha :

- Demain 20h dans mes appartements. Vous récupérez ce dont vous avez besoin. Et soyez à l'heure, je n'ai guère de tolérance avec les retardataires.

La porte claqua. A l'intérieur de l'appartement, Calypso jeta ses affaires au sol, folle de rage, et prit la direction de la salle de bain.

A demi allongée dans le canapé, un plaid lui couvrant les pieds, elle essayait de lire un essai relatif à la théorie d'une potion de jouvence, mais qui n'a jamais atteint le stade de mise en pratique.

Elle fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas le dernier paragraphe du troisième chapitre. D'où venait cette importance d'ajouter trois plumes de jobarbille, à la deuxième étape, puisque c'était l'ingrédient destiné uniquement à la révélation ou à la mémoire ? Le but d'une potion de Jouvence était de garder une jeunesse, à moins que pour cela, il fallait perdre la mémoire des années passées.

Calypso leva les yeux de son livre, et les posa sur les flammes dansant dans l'âtre de la cheminée. Il ne fallut pas longtemps pour que son esprit aille se promener sur les souvenirs glissant de sa rencontre avec Severus Rogue, en fin d'après-midi. Pourquoi perdait-elle ses moyens, inébranlables habituellement, lorsqu'elle se trouvait en face de lui ?

Elle se surprit alors à redessiner mentalement sa carrure, de prime abord enveloppée, mais finalement fine et musclée lorsque l'on écartait les pans de sa robe. Ses yeux noirs et froids ne demandaient qu'à être mieux inspectés, pour découvrir un regard éperdument tendre. Que pouvait-elle dire de sa voix ? Tantôt caressante, légère comme une plume de Jobarbille, tantôt dure, profonde et vibrante.

Diaval, posé sur l'accoudoir, lui donna un coup de bec sur le crâne. Elle se secoua la tête pour sortir de ses pensées. Par merlin, elle frissonnait en repensant au son de sa voix. Son compagnon à plumes, pencha la tête sur le côté, et croassa.

- Ne te méprends pas Diaval, il me répugne. Mais quand même, il est devenu bel homme ! Enfin... il a quelques choses de très sensuel comparé à l'adolescent insipide qu'il était.

Diaval baissa la tête comme s'il soupirait profondément. Elle posa la tête sur le coussin, fermant les yeux, et repartit dans ses rêveries jusqu'à s'assoupir sur le canapé.


Et voilà pour le chapitre 3...

J'espère que au fur à mesure que l'histoire avance, elle ne vous donne pas envie de fuir à toutes jambes ;)