Bonjour bonjour !
Edit du 20/04/2019 : Chapitre revu et corrigé !
Disclaimer : Ni One Piece, ni le monde de Tara Duncan ne m'appartient.
Allez, je vous laisse à votre lecture !
Lilith se colla contre la source de chaleur qu'elle sentait dans son dos avec un sourire bienheureux. Elle essayerait de remercier Marco d'avoir mis une bouillotte dans le lit, elle n'aimait pas avoir froid.
- Lilith, laisse-moi respirer, tu prends toute la place, yoi.
Elle ouvrit un œil, surprise, avant de comprendre qu'elle avait pris le commandant pour une bouillotte. Elle était idiote ! Elle se décala en rougissant, gênée, avant que le blond passe affectueusement sa main dans les cheveux noirs.
- Hé, c'est pas grave, yoi. Ça arrive à tout le monde.
Elle fit la moue. Pour elle, cela l'était. La Lancovienne finit par se lever en même temps que Marco, quand elle remarqua qu'il y avait une pile d'habits pour elle sur la chaise de la pièce.
- Lorelei a affirmé que tu devrais avoir des vêtements plus pratiques, yoi. Du coup j'ai pris tes mesures pendant que tu dormais et Izou a retravaillé des anciens vêtements. C'est sans doute encore un peu grand, mais on t'en achèteras d'autres à la prochaine île, yoi.
Lilith se sentit mal sur le coup. Elle cachait à ces gens, ces inconnus, qui elle était véritablement et pourtant ils n'hésitaient pas une seule seconde à prendre soin d'elle. Alors spontanément, elle fit un câlin à Marco, exprimant par des gestes ce qu'elle ne pouvait pas formuler. Il eut un sourire amusé qui illuminait son visage fatigué.
- Allez, va te laver avant de te changer, yoi.
Mais quand la demi-elfe rentra dans la salle d'eau attenant à la cabine du commandant, elle eut un regard dubitatif pour la douche. Marco remarqua son arrêt et lui demanda :
- Tu n'as jamais utilisé de douche, yoi ?
Pas vraiment, pensa-t-elle, mais elle était habituée aux douches autremondiennes, c'est-à-dire avec un Élémentaire d'Eau*, qu'elle ne voyait nulle part. Le message était facile à comprendre. Elle était totalement déphasé avec le monde dans lequel elle avait atterri, pour son plus grand malheur.
Mais heureusement, le commandant la rejoignit et lui montra comment cela fonctionnait, avec beaucoup de patience. Il ressortit pour la laisser se laver et celle-ci revint au bout d'une dizaine de minutes. Elle s'habilla en silence et comme l'avait prédit le blond, les vêtements étaient trop grands pour elle. Elle remonta les manches du T-shirt qui cachaient ses mains, puis retroussa le bas du pantalon qui traînait sur le sol. Mais ce dernier ne tenait pas sur ses hanches.
Le commandant la regarda se dépêtrer comme elle le pouvait, avant de venir à son aide. Il ouvrit son armoire et prit un de ses foulards qu'il utilisait comme ceinture. Il s'avança vers la petite et noua le bout de tissu orange pour que le pantalon tienne en place, s'attirant un sourire gêné. Il eut une moue attendrie, avant de l'asseoir sur le lit.
- Ne sors pas de la chambre. Je vais chercher quelque chose et je reviens, d'accord, yoi ?
Il attendit que l'enfant acquiesce avant de sortir de la cabine et d'aller dans le lieu le plus dangereux du Moby Dick. L'infirmerie. Il bénit Davy Jones de lui épargner Crystal dès le matin lorsqu'il vit l'infirmière de garde, aux cheveux bruns acajou.
- Lorelei, tu as ce que je t'ai demandé, yoi ?
Une paire d'yeux verts le fixèrent avec amusement. L'infirmière partit chercher une boîte et revint, l'ouvrant pour lui montrer ce qu'il y avait à l'intérieur.
- Et même plus, commandant ! J'ai une brosse à cheveux, des épingles, plusieurs élastiques et même des ciseaux si jamais votre petite protégée voudrait se couper les cheveux !
L'infirmière semblait enjouée, peut-être même trop, si on considérait les ciseaux pointus qu'elle avait pris entre les mains. Personne ne devrait laisser ce genre de matériel à portée de main de ce type de femme.
Marco secoua la tête, puis fit signe à Lorelei de le suivre. Il ouvrit la porte de sa cabine et vit que Lilith n'avait effectivement pas bougé, assise sur le lit et balançant ses jambes. Elle releva la tête avec un air joyeux quand il entra, mais elle le perdit en voyant l'infirmière. Cette dernière ne s'en préoccupa pas plus que ça et se présenta avec un doux sourire.
- Bonjour, je suis Lorelei, enchantée de te rencontrer.
Lilith ne se détendit pour autant. Elle ressemblait à un lapin face à un prédateur, les poings serrés sur les draps. Marco s'assit à côté d'elle et elle lui jeta un regard paniqué, ce qui agaça la femme présente.
- Tch ! On peut dire que Crystal a bien fait son boulot ! Elle a déjà réussi à te traumatiser des infirmières en même pas une journée !
La demi-elfe la fixa avec étonnement, avant de sourire timidement à la remarque. L'infirmière s'installa derrière elle et commença à passer délicatement la brosse dans ses cheveux emmêlés. Elle parlait de tout et de rien pour détendre l'enfant, sous le regard protecteur de Marco, qui attendait que Lorelei finisse. Il avait hésité à lui demander ce service, mais c'était bien une des infirmières les plus gentilles du navire, une de celles qui risquaient le moins de braquer la plus petite. Et il lui sembla qu'il avait eu raison, quand il vit que Lilith n'essayait plus de s'éloigner de la jeune femme.
À vrai dire, l'Autremondienne se sentait plutôt à l'aise avec l'infirmière, qui se comportait comme si elle était quelqu'un qu'elle connaissait depuis longtemps, au contraire de la dame qui avait changé ses bandages hier. Et qui surtout, elle ne semblait pas être dérangé par ses yeux de chat. Puis la douceur qu'elle dégageait en la coiffant lui rappelait celle de Black, sa grande sœur...
Son cœur se serra à cette pensée. Si elle avait été plus méfiante, elle serait aujourd'hui avec Black, en train de rire et de s'amuser, comme après chaque mission de son aînée. Pas dans un monde qui n'était pas le sien.
Marco aperçut une ombre dans les yeux de l'enfant, mais il ne lui en fit pas la remarque. Il attendit que Lorelei termine, avant de prendre Lilith par la main et de l'emmener au réfectoire. Il espérait que ses frères sauraient faire preuve d'un minimum de savoir vivre pour ne pas effrayer la jeune fille.
En entrant dans la pièce, il poussa un grand soupir. Ce n'était pas gagné.
Tous les hommes se retournèrent vers l'enfant et la fixèrent avec curiosité. Elle se cacha à moitié derrière le commandant, avant de tirer la langue pour tenter de dissimuler son malaise.
Là, Marco ne s'y attendait pas, mais cela fit rire la plupart de ses frères qui reprirent ensuite leur repas sans plus se soucier de la petite. Cette dernière lui adressa un grand sourire, comme si elle l'avait fait exprès pour détourner l'attention.
Lilith observait avec attention toutes les personnes présentes. Il y en avait tant ! Mais celles qui retinrent le plus son intérêt étaient les quinze assises à une table à part, ainsi que le géant d'hier. Elle suivit en trottinant le blond jusqu'à cette table et elle en déduisit que cela devait être les autres commandants. C'est là qu'une question s'imposa à elle : Où était-elle tombée pour que les personnes autour d'elle utilise un jargon militaire comme ''commandant'' ?
Elle mit cette interrogation au fond de son esprit, se promettant d'y revenir plus tard. Pour le moment, tout ce qu'elle voulait, c'était manger. Marco l'installa à côté d'une dame avec un kimono, elle en avait vu sur des gravures que son parrain avait importé de la Terre. La dame en question se retourna et Lilith s'aperçut de sa bévue. Il s'agissait d'un homme. Elle détourna le regard, gênée, sous le rire des personnes attablées. Mais le travesti ne lui parut pas lui en vouloir. Il l'examina d'un œil critique, avant de grommeler.
- Il faut vraiment qu'on te trouve des vêtements à ta taille, je ne pouvais pas faire de miracle en une nuit...
Lilith en déduisit donc que c'était celui qui avait retouché les habits qu'elle portait, et avec quelques gestes malhabiles elle le remercia, ce qui tira un sourire au commandant. Elle déjeuna tranquillement, s'amusant de l'atmosphère bonne enfant qui régnait dans la pièce, tout en remarquant que tous les commandants la surveillaient du coin de l'œil. Elle ne se mit pas sur la défensive. Arès tout ils ne la connaissaient pas. Ils avaient déjà la gentillesse de l'aider, alors même s'ils étaient méfiants, elle ne pouvait pas leur en vouloir. C'était déjà un miracle qu'ils l'aient repêchée...
Tout en mangeant elle fit le point sur ce qui l'avait amené dans ce monde. D'un, elle avait été prise en otage pendant une mission de sa sœur pour exercer du chantage sur celle-ci. De deux, sa sœur avait réussi à la libérer et avait incanté une Porte pour la mettre en sécurité. De trois, un sort avait touché la Porte au moment où Lilith prenait celle-ci, ce qui avait déréglé le , elle avait atterri dans un monde qui ne connaissait pas la magie et dont elle ignorait la langue.
Elle en concluait qu'elle était dans un nid de blurps*. Elle ne pouvait pas rentrer chez elle et elle mettrait sa main à couper que, dès que ses sauveteurs sauraient ce qu'elle était, ils la tueraient ou essayeraient d'exploiter ses pouvoirs.
Elle devait donc se faire discrète. Enfin, vu à quoi elle ressemblait, ce serait sans doute difficile. La demi-elfe avait bien remarqué que personne ne se rapprochait de son physique, de près ou de loin. Aucun n'avait la peau noir, les pupilles verticales, les sourcils arqués vers le haut ou tout autre attribut elfique. Au moins, elle avait échappé aux cheveux argentés à sa naissance. Mais ses veines la trahissaient plus sûrement que le reste. Autant elle pouvait cacher ses yeux, ses oreilles et ses sourcils, autant ses veines d'argent faisaient comme un panneau lumineux au-dessus de sa tête indiquant qu'elle était étrangère.
Saleté d'ascendance elfique. Ça lui pourrissait la vie plus sûrement que le Haut Mage dont elle était l'élève. Soudain, un sifflement retentit, et elle sentit toute la salle se tendre. Marco se leva, prit Lilith par les aisselles et la mit dans les bras d'un brun, qu'elle se souvenait avoir vu hier à l'infirmerie, celui qui avait la même aura que sa marraine.
- Fred, va mettre la gamine dans ma cabine, yoi.
- Eh, pourquoi c'est à moi de faire ça d'abord ! Tu pourrais refiler ça à ton vice-capitaine d'abord !
Le ''ça'' le foudroya du regard, mais le brun l'ignora. Le premier commandant haussa simplement un sourcil, le visage impassible.
- Fred, je serais plus rassuré de la savoir avec toi pendant un combat, tu la protégeras plus efficacement, yoi
- Marco, je suis le commandant de la deuxième division, pas une nounou ! s'énerva le brun.
Le blond souffla, encore loin d'être énervé. Frederick jouait souvent avec les limites de sa patience, mais il ne le faisait jamais juste avant un combat.
- Fred... soupira-t-il, avant que Shirohige ne coupe court à toute dispute.
- C'est bon, la petite restera ici.
Tout le monde se tourna vers le géant et Lilith se fit toute petite, tandis que le bond la reposait au sol.
- Vous êtes sûr Oyaji ? risqua l'un des commandants, que le pirate fit taire d'un regard, avant de s'adresser à la jeune fille.
- Tu ne bouges pas d'ici, d'accord ?
Lilith hocha la tête, puis regarda sortir tous les hommes de la pièce. Elle s'assit contre un mur et ramena ses genoux entre ses bras, pensive. Elle se demandait vraiment qui était ceux qui l'avaient recueillie. Elle entendit des bruits de combats au-dessus d'elle et croisa les doigts en espérant que ce serait bientôt terminé. Elle n'aimait particulièrement se battre, contrairement à ses congénères. Elle ressemblait à son père là-dessus, de ce que lui avait raconté Black. Elle voulait devenir Voleuse Patentée, pas un de ces innombrables elfes qui constituaient les armées du Lancovit ou d'Omois.
Les clameurs se turent finalement après une vingtaine de minutes et Lilith ne put s'empêcher d'être curieuse. Elle hésita, avant d'oser s'aventurer dans les coursives. Après y avoir erré pendant quelques minutes, elle finit par déboucher sur le pont, où toute trace des combats avait disparu, ou en tout cas n'était pas visible pour l'enfant. Les hommes la remarquèrent vite, mais elle ne les calcula même pas, les yeux levés vers le ciel.
Un immense oiseau d'or et d'azur déployait ses ailes dans le firmament et elle se sentait irrésistiblement attirée par lui. Elle courut sur le pont pour le suivre, émerveillée, avant qu'il n'atterrisse devant elle. Les yeux bleus de l'oiseau se posèrent sur elle, puis virèrent au doré et l'enfant saisit.
Elle venait de se lier avec son Familier.
Des souvenirs déferlèrent alors dans son esprit, tourbillon vague dont elle n'arrivait pas à dissocier la moindre image, à part une. Elle se vit par l'esprit de son propre Familier dans le lit de l'infirmerie. Mais il n'y avait eu que Marco là-bas, alors comment ?
Et sous son regard horrifié le blond reprit sa forme humaine, menaçant. Elle rejeta alors le lien de toutes ses forces, fermant son esprit, mais trop tard. Elle venait de comprendre que sa magie, par un tour qu'elle n'expliquait pas, venait de la lier avec celui qui lui avait sauvé la vie.
L'équipage regardait tour à tour l'enfant terrifiée et le phénix qui la toisait, tous ayant vu les yeux du vice-capitaine changer de couleur sous sa forme animal sans en comprendre l'origine. Mais vu le regard glacial de Marco, ils devinaient que c'était dû à la repêchée.
- Qu'est-ce que tu m'as fait, yoi ?
Le blond était hors de lui, tandis que son phénix essayait en vain de le calmer. Le blond avait sentit l'esprit de l'enfant se lier au sien et y déverser les souvenirs qu'il avait amassé. Il ne savait pas comment elle avait fait, mais elle était dangereuse avec un pouvoir pareil.
- Je suis désolée, je ne sais pas comment c'est arrivée ! Je ne voulais pas !
Marco se stoppa et ouvrit de grands yeux. C'était lui ou Lilith venait de parler ? Il n'eut pas le temps de s'appesantir sur ce fait que l'enfant prit la fuite en pleurs. Il tenta de l'attraper, mais il s'aperçut qu'elle était rapide et agile. Elle échappa à tous ceux qui voulaient l'arrêter, puisqu'ils n'osaient pas prendre le risque de lui faire mal.
- Marco, qu'est-ce qu'il se passe ? voulut savoir Frederick.
- J'aimerai bien le savoir yoi, grogna le phénix. Mais la seule qui pourrait y répondre a un pouvoir dangereux, est muette et s'est cachée sur le navire, content, yoi ?
Le brun le dévisagea étrangement, avant de hausser les épaules. Le navigateur rassura sa famille avant de partir à la recherche de l'enfant. Il devait savoir ce qu'elle lui avait fait, et être sûr qu'elle ne pourrait pas recommencer.
Quitte à devoir la tuer.
À cette pensée son phénix s'insurgea. Lui, il voulait au contraire la protéger. Marco l'ignora tout bonnement. Si Lilith avait le pouvoir de lire dans les esprits... Il se pouvait bien qu'elle soit une espionne de la Marine.
Ou pire. Une expérience du Gouvernement Mondial.
Lilith pendant ce temps avait élu domicile au plus profond du navire. Elle incanta d'une voix rendue rauque par le silence deux sorts.
- Par le Camouflus qu'à leurs sens je disparaisse, et qu'ainsi ma tranquillité reste. Par l'Opacus éteins le son de ma voix, qu'ainsi ils ne me trouvent pas.
Les deux sorts s'imbriquèrent, la rendant invisible et inaudible au reste du navire, puis elle pleura. Sa magie venait d'enlever sa liberté à un être humain. Bien que Marco pouvait se transformer en oiseau, elle n'avait pas le droit de lui imposer ce lien. Elle se mordit la lèvre, rageuse.
Il n'y avait qu'un moyen de briser le lien. Que l'un d'entre eux meurt. Et elle savait qui elle choisirait. De toute façon, elle ne survivrait pas dans ce monde.
Toujours invisible, elle se glissa dans les couloirs et déroba à un des hommes son poignard, avant de revenir dans les cales. Elle inspira puis expira, calmant les battements de son cœur. Elle regarda la lame, puis son poignet.
Son choix était fait. D'un geste, elle abattit l'arme vers ses veines
Élémentaire d'Eau : Il existe plusieurs sortes d'élémentaires (feu, eau, air, terre). Ils sont en général amicaux et aident les Autremondiens dans leurs travaux ménagers quotidiens.
Blurps : plantes insectoïdes Autremondiennes. Dissimulées sous terre, semblables à de gros sacs de cuir brun, elles s'ouvrent pour avaler l'imprudent. '' S'égarer dans un nid de blurps'' désigne quelqu'un qui n'a aucune chance d'en sortir.
