Thanksgiving

3


Bobby se leva à six heures, il fit son sac, et descendit les marches. Sa mère était déjà debout, il lui sourit et s'approcha d'elle.

- Bien dormis ? »
- Hum… »
- Il a fait un peu froid cette nuit… »

Elle lui envoya un sourire doux, tapotant la chevelure blonde de son fils. Elle arrivait à en plaisanter, oui, elle avait réfléchi tellement à cette situation, pendant tout ce temps. Comment une mère pouvait refuser son enfant ? Elle, elle ne pouvait pas le faire… alors…
En ce qui concernait les penchants de Bobby, elle avait un mois top chrono pour s'y faire, pour préparer son mari… Elle offrit un chocolat chaud à Bobby et l'accompagna à l'arrêt de bus. Son petit allait à nouveau partir, elle savait qu'elle ne devait pas pleurer, mais tout de même...

- A bientôt mon chéri… »

Bien maintenant, elle allait avoir du travail avec son mari…

Bobby descendit du taxi juste en face de l'école et il se précipita vers les dortoirs, Pyro devait s'inquiéter ! Il passa la porte de leur chambre sans faire de bruit et retrouva le châtain foncé endormi dans son lit. Bobby l'observa longuement, attendri par la scène. Il était… beau… Sa main glissa dans la toison caramelle dûe au décolorant et Bobby se pencha pour embrasser le front de son camarade.

- Je t'ai attendu toute la nuit… »

La voix était pâteuse, Pyro était tout juste réveillé, il soupira serrant l'oreiller du blond et se retourna avec autant de délicatesse qu'un pachyderme venant de finir son repas de l'après-midi…

- Pardon… mais bon, ça faisait plaisir à ma mère… »
- Mouai et pendant ce temps, moi j'attends, et je me prends trois heures de colles à cause… de la moto de Logan… »

Bobby lâcha son sac et se glissa sous les draps. Ils étaient chauds, il eut un frisson et se cala contre sa bouillotte géante, il était désolé, mais bon... ça faisait si longtemsp qu'il n'avait pas vu sa mère !

- T'es tout froid ! »
- Et toi t'es tout chaud, alors… et puis, t'es dans MON lit… »

Oui, c'était le lit de Bobby et alors, il essaya vainement de le jeter par terre, et laissa courir, alors que le blond l'embrassait dans le cou, le saisissant tout contre son corps. Pas qu'il aimait vraiment dormir avec quelqu'un colé contre son dos... l'était pas une maman koala !

Pyro ouvrit les yeux. Il était quelle heure ? En tout cas, il faisait sombre dehors… Il bailla, et se soustrayant à l'étreinte du blondinet, il s'extirpa du lit et glissa vers la fenêtre. Ah, il le savait ! Dormir à deux dans un lit simple et avec Bobby, c'était creuvant. Il avait mal partout ! Il ouvrit la fenêtre d'un coup sec, et regarda dehors, se grillant une cigarette. C'était calme... Il y en avait qui avait de la chance, et pouvaient rentrer chez eux pour ces cinq jours de vacances... Bobby gromela, sûrement à cause de la disparition de sa bouillote, Pyro détourna le regard, scrutant le bébé endormi devant lui.

- Humpf… ça pue Pyro ! »
- T'as jamais interdit… »
- Faudra que j'y pense… Oh euh…merci… je l'adore… »
- C'est rien… »

- Vous cherchez quelque chose, jeune homme ? »

Mais que faisait-il ici ? Hein ? Il était en train de marcher, sans but précis et dans la vitrine, il l'avait vu et il était entré ! Que faisait-il !!! Pyro avait du mal à se reconnaître, et à comprendre ce qu'il y avait en lui.

- Je… je voudrais… voir celle que vous avez en vitrine. »

La jeune femme lui posa devant les yeux, elle était belle. Mais pourquoi, pourquoi il la regardait ? Comme ça…

- J'achète ! »
- Puis-je… vous montrer la gourmette, elle va avec. »

Ouai il l'avait acheté aussi… Mais pour l'instant, il était incapable de lui donner...

Bobby se leva et se dirigea vers son camarade, tout en souriant. Il ficha ensuite ses mains, dans les poches arrières du jean de Pyro, calant son visage contre le cou du brun. Il était bien là, et puis Pyro était si chaud...

- Ils ont dit… ? Enfin… »
- Oh… que j'étais un fils indigne et blabla… par contre, tu vois, ma mère l'a plutôt bien pris. Bon, son fils est mutant, en plus il a l'air plus attiré par les gars que par les filles, mais… elle en fait pas un drame. Je crois qu'elle veut te connaître un peu plus… pour me faire plaisir, donc, tu es cordialement invité pour le repas de Noël ! »

John s'étouffa avec sa fumée. Il allait… chez… tout les deux… dans la maison des Drake ?! Il allait mourir ! Le père allait le castrer puis le lyncher, et enfin la maman récupèrerait son Bobby Jr, tout pour elle. Un cauchemar !

- Tu viendrais ? »
- Si ça peut te faire plaisir, mais je garantis pas… le résultat ! »
- T'as carte blanche, enfin pas avec ma mère quand même ! »
- Ok… je note pas faire griller maman Drake pendant le repas… »
- Merci… »
- Tu l'aimes à ce point ? »
- C'est ma mère… »
- Je sais pas ce que c'est… me souviens pas de sa tronche… »

Bobby serra compulsivement le petit brun et embrassa sa joue. Il n'aurait pas dû…

- Arrête ça… j'ai pas besoin d'une mère Bobby, sinon je sais pas, je ferais du gringue à Tornade, ou à ché pas qui. Je me suis fais tout seul, alors j'en ai pas besoin… Compris ? »

Oui, oui, mais il s'inquiétait ! Il attrapa la cigarette et après avoir tiré dessus, il la gela. C'était franchement dégueu !

- Bah ! »
- C'est pas pour les fillettes Drake ! »
- Interdit de fumer dans la chambre, ok ? Sinon je te fou dehors ! Ça va puer pendant trois ans ! »

Il n'exagérait pas un peu ? Bobby était en train de refaire son lit, c'était trop tentant, regarder le blond se baisser, regarder cette forme ronde se tortiller devant lui, l'appelant carrément… Pyro grimaça et faisant un vacarme de tout les diables, il sauta sur Bobby, lui faisant une prise de catch.

- Hey ! »
- Dis pas que tu as mal, le matelas t'as réceptionné ! »
- Barbare ! »
- M'invite pas… tes positions… sont… intéressantes, franchement ! »
- HEY ! »
- Puceau ! »
- Même pas vrai ! »

Le visage du brun s'ourla d'un sourire serrant son précieux glaçon contre lui. Nan il l'était pas, ou presque pas… il se chargerait du reste, en temps et en heure… enfin… ça faisait bizarre de penser à ça.

- Pas envie de voir des gens… »
- Je vais devoir aller chercher à manger et tout ramener ici ? »
- Hum… sinon je vais jeûner par ta faute… Et puis t'avais pas dit totale autarcie ? »
- Et merde ! »

Bobby se faisait toujours avoir. John pouvait avoir tout ce qu'il voulait… rien qu'avec un sourire, une intonation, un regard… Il connaissait trop Bobby et ses petites faiblesses. Il le regarda sortir et croisa les bras derrière sa tête fixant le plafond. Un mois, il avait un mois pour se préparer…

John se regarda dans la glace, il avait l'impression de ressembler à Angel, c'était tout dire !

- Laisse-moi faire le noeud de ta cravate… »
- Te fous pas de moi, je porte pas ça ! On croirait un pingouin ! »
- Mais… »
- Toute façon ils ne m'aiment pas, alors c'est T-shirt noir, blouson en cuir et jean déchiré ! »
- Noooooonnnn Pyro ! »
- C'est décidé ! »

Le brun retira son costume et renfila les affaires que Bobby lui avait presque arrachées de la peau, prétextant que ce n'était pas une tenue digne à ce genre d'occasion, blablabla… Il se sentait déjà assez stressé à l'idée de manger avec la famille de Robert Drake, mais en plus sortir déguisé en Golden Boy… jamais !!!
La clope au coin des lèvres, John gomina ses cheveux et descendit les marches, sous le regard des autres. Ouai, il sortait de l'école pour aller chez Drake ! Tss si en plus il avait été habillé en pingouin… tout le monde en aurait fait une attaque !

- Grouille-toi ! »

John était encore plus nerveux… il ne dît d'ailleurs aucun mot pendant tout le trajet.

- Ca va aller ? »
- Je… crois… »

Une grande inspiration, et le bouquet de fleur dans les mains, John suivit Bobby, il voulait rentrer, rentrer dans cette fichue école…
La maman ouvrit la porte, serrant dans ses bras son filston. Ca y'était… pour le coup. Il était en enfer !

- Bonsoir… John… c'est pour moi ? Oh merci…. »

La maman attrapa le bouquet et fit entrer les deux jeunes hommes.

- Installez-vous… je vais les mettre dans un vase ! »

Elle avait l'air très heureuse… Bobby s'installa sur le canapé et regarda Pyro jouer nerveusement avec son briquet.

- Range-le… je pense que ça… enfin, ça va les mettre mal à l'aise… et dé-stress, ça va bien se passer, et si jamais… on va finir la nuit en boite, ok ? »

C'était facile pour lui de dire ça. Il devait s'en griller une, il devait sortir d'ici. Pyro se sentait asphyxier, sa main glissa dans sa chevelure décolorée et soupira. Il n'allait jamais s'en remettre. Un dîner… familial…

- Ha… les gays sont déjà-là… on devrait mieux s'en aller Cassandra… »

Pyro se retourna, dans un sang froid impertinent et dévisagea le petit frère, qui les avait vendu lors de l'assault de Stryker.

- Ca suffit ! Comment oses-tu dire ça de ton frère ! »
- Bah c'est que la stricte vérité ! Toute façon, les mutants n'ont qu'à forniquer entre eux… »

Bobby gela la chemise de Rony et tira Pyro vers lui dans un acte inconscient, le protéger, l'empêcher de faire feu, mais le protéger en premier !

- On te retient pas… »

Le petit frère prit un air hautin et regarda de haut en bas Pyro.

- Quoi ? T'as jamais vu un mec de près ? Rapproche-toi encore et je te crame la gueule… »
- Essaye ! Je n'aurai aucun scrupule à te vendre aux autorités anti-mutant ! Qu'il fasse de toi un de leur cobbaye ! Après tout tu le mérites bien ! »

La mère s'avança et gifla son cadet, lui montrant du doigt la porte.

- Bobby reste tout de même mon fils, alors sort, sort si tu n'arrives pas te faire à cette idée ! T'es bien comme ton père ! »

Rony grogna et après un dernier regard méprisant, il quitta la maison avec sa petite-amie.

- Ca va mon chéri ? »
- Hum, ça va aller… ça me touche plus. Je le savais… »

Pyro grogna et retourna s'asseoir. Il lui dirait à ce Drake, de pas le materner comme ça, il savait se défendre tout seul, et même sans ses flammes ! Ouai il faisait une tête de moins que le petit frère Drake mais tout de même !
Il s'installa, se mit à l'aise et cheville gauche appuyée sur le genou droit, il commença à marquer un tempo, signe de stress. Déjà sa main gauche avait été vidée de tout bout d'ongle qui aurait pu dépasser, il allait à présent attaquer la droite.

- Jeune… John ? Vous allez bien ? »
- Oui, oui… »

Sa main recommença à jouer avec son zippo et Bobby demanda à ce qu'on lui donne un cendrier. Il le sentait, Pyro allait exploser, autant qu'il fume comme un pompier au lieu de flamber un truc.

- Papa est pas là ? »
- Je ne sais pas s'il va rentrer à vrai dire… »
- Je vois… »
- Tu m'aides à mettre la table… et oh… John faites comme chez vous… cependant… ne brûlez rien… »

La maman fit un large sourire et se dirigea vers la cuisine, vraisemblablement, elle faisait un effort surhumain pour accueillir John pour le mieux. Bobby ricana dans ses moustaches –non existantes d'ailleurs- et rejoignit sa maman.
Pas cramer hein ? Oui, il saurait se contrôler. John regarda quelques photos de famille et s'avachit dans le canapé, alors qu'un homme passait la porte avec une considération plutôt négative sur la chose vautrée dans son canapé.

- Vous êtes déjà là… »

John se passa une main sur le visage et s'installa mieux que ça. Il allait dire quoi ? Et cet enfoiré de Bobby qui parlait chiffon avec sa mère.
Mr Drake se dirigea vers le bar et s'attrapa un verre de scotch.

- Vous buvez ? »

Franc ou pas ? John hésita et répondit oui, en haussant les épaules d'un banalisme à faire pleurer. Oui, il buvait, et il adorait l'alcool. L'était pas comme Bobby !
Il fut surpris quand un scotch lui arriva sous le nez. Alors avec toute la bienséance expliquée par maître Robert Drake, il inclina la tête et balança un petit merci. Petit de peur qu'on ne l'entende !

- Vous… Bobby et vous… Dites-moi franchement… es-ce que vous avez touché à mon fils ?! »

Pyro avala son verre cul sec et le reposa sur la table. Il allait faire mariner le vieux un peu. Le temps qu'il s'attrape une autre cigarette et qu'il ne l'allume avec une flamme, un peu… phénoménale ! Ca choquait Drake senior ! Bon c'était pas fait volontairement, mais il avait bien rattrapé le coup, rien n'avait cramé !

- Vous vous faites du mal à demander ce genre de choses… mais je vais vous répondre avec toute ma franchise de gamin des rues… N.o.n. je ne l'ai pas touché. Pas que je ne le veuille pas. Mais bon, j'en vois pas l'utilité maintenant, en plus on avait des tonnes de révisions, et les missions suicidaires et tout un tas d'autres facteurs, qui font que, quand on rentre dans notre chambre on pense qu'à une chose… douche et lit. »

Oh ? Papa se décrispait, hein ? Ca lui faisait autant d'effet de savoir que pour l'instant… rien ne s'était passé ? Hé bah, il lui en fallait peu.

- On passe à table ! »

Bobby installa les couverts, heureux que sa mère ait fait simple, et pas avec tous ces couverts en argent que Pyro n'aurait pas su à quoi ils servaient. Il lui avait fait un cours succinct sur les différences entres les fourchettes à poisson etc etc etc… mais visiblement ça avait encore plus embrouillé son ami. Alors… Il avait espéré que sa mère ait pensé à ça !

Le repas se fit assez silencieux, ou presque. De temps en temps Mr Drake posait des questions pièges à John qui s'empressait de répondre avec le plus de franchise possible, même trop au goût de Bobby.

- Bobby est votre premier…? »
- Du tout, j'ai eut des tonnes de relations, avant. Rien de sérieux en faite, mais bon… je suis pas né avec un cuillère en or dans la bouche. Je me suis même prostitué quand j'étais plus jeune… »

Bobby lâcha sa fourchette. Jamais… John lui avait dit ça. Bon il ne lui avait jamais demandé non plus, mais quand même !

- Pourquoi t'as fait ça !!! »
- Fallait bien que je bouffe, Bobby ! Tu sais un corps, ça vaut beaucoup d'argent, du moment que tu te mets ton orgueil au cul… »

Hum ! Bon il parlait toujours aussi crûment, mais bon, Pyro était Pyro, en un mois il n'avait pas pu le changer autant que ça. Pourtant Bobby savait qu'il faisait des tonnes d'efforts.

- Pauvre petit… »

Hein ? Sa mère n'était pas en train de fondre pour John là… ? Nan mais… à croire que la sincérité du brun lui offrait la confiance de sa mère.

- Humpf… T'es sûr de pouvoir construire quelque chose avec ce… jeune homme... Bobby ? »

Ce ? Il avait pressenti le mot looser ou quelque chose du genre, bizarrement son père avait plissé les yeux, sa mère n'aurait-elle pas fichu un coup de pied discret sous la table ?

- T'occupe… Pyro est quelqu'un de bien, si on s'en tient pas qu'à l'extérieur et ses sautes d'humeur, quelque peu… dévastatrices… »

Cette fois-ci la maman réquisitionna Pyro, pour soi-disant faire le café et servir les petits fours, Bobby devait se rendre à l'évidence... sa mère était folle de Pyro, de sa détresse cachée, de tout ce qui lui plaisait chez John. Il était vraiment son portrait craché !

- Bobby m'a dit que vous… enfin vos parents vous ont rejetés… à cause de vos pouvoirs ? »
- Ouai… j'ai mis le feu à la maison, sous leurs yeux… »
- Ac… cidentellement ? »
- J'avais dix ans, ouai, c'était accidentel, mon pouvoir était latent, elle a allumé la gazinière, et… tout ce que j'ai fait c'est de dire que le feu était beau. Et paf, y'avait un incendie. Après ça, j'ai créché dehors… »
- Ca a du être dur pour vous… j'en suis désolée… »
- Z'en faite pas… ce qui ne nous tue pas… nous rend plus fort… je peux ? »
- Allez-y… »

Finalement il était content d'être sorti de table, il pouvait enfin s'en griller une. Waaaa… ça faisait tellement de bien….

- Pyro ? C'est comme ça qu'on vous surnomme, non ? J'aimerais que vous me promettiez une chose… »
- Laquelle ? »
- Prenez soin de Bobby… »
- Je vous le promets… »
- Merci. Un petit four ? »
- Heu… non merci… les trucs sucrés c'est pas mon truc… »
- Juste un ! »
- Bon d'accord… »

La maman tendit le petit four à John, il se sentit bizarre quand la main de la mère le frôla. Cette sensation…. Il n'en fit rien paraître et détourna le regard rapidement.

- J'espère que vous aimez, je les ai préparé spécialement pour vous. »
- Très bon… merci beaucoup, de m'avoir accueilli ici… et désolé pour enfin… quand j'ai tout cramé la dernière fois. Je déteste l'autorité, les flics et tout ça. Je suis né mutant, certes, mais quand je me faisais tabasser par des bandes anti-mutant, alors même que j'avais que douze ans, je les voyais, avec leurs beaux insignes, passer devant moi, sans jamais m'aider. Je les hais, je les hais… »

Une flamme sortit de sa cigarette et Pyro la jeta dans l'évier à côté de lui, avant de l'arroser à grande eau ! Pas brûler un truc, chut, du calme !

- Pardon ! »
- Ce n'est rien… alors vous faites des flammes quand vous êtes en colère ? »
- Quand je le veux, pour être exacte, mais des fois c'est involontaire, sous l'effet des émotions. La haine, l'amour, la peur, des trucs du genre… »
- Mon Bobby… ? »
- Exactement pareil… j'aime à croire que Bobby est en faite mon contraire… Les flammes, la glace, la haine et l'amour… Je ne sais pas ce que je lui offre, mais lui, il me donne tout ce que j'ai pas eut… ce briquet a été mon seul ami pendant bien trop longtemps, et y'a des choses qu'il pouvait pas faire… me parler, me rassurer… Avec Bobby, j'ai pu enfin être ce que je suis réellement, j'ai pu me montrer fragile et vulnérable, j'ai pu enfin… pleurer. Bobby me fait tellement de bien… »

Sa main repoussa une mèche qui lui tombait devant les yeux. Il lui prenait quoi à déballer sa vie comme ça, devant elle. Parler de ces choses… qui ne le regardaient que lui !

- Enfin… vous devez vous dire que je suis qu'un poseur de problèmes, pourtant… »
- Je ne le pense pas… vous avez vos raisons, je ne dis pas que ça vous excuse de tout… mais de beaucoup. Vous avez obtenu ma confiance, alors ne la gâchez pas… d'accord ? »

La maman caressa la chevelure du brun et cavala avec sa cafetière et ses petits fours vers le salon.

- Pardon, de vous avoir fait attendre ! On sort les cadeaux ? »
- Maman, je t'avais dit… »
- Tu connais ta mère ! Elle a fait tout les magasins y'a deux semaines pour acheter des tonnes de cadeaux ! »
- Chéri ! »
- Elle était complètement hystérique à votre venue, elle a passé même sa journée aux fourneaux et à tout décorer de partout ! »
- Comme d'habitude ! »

Pyro regarda la scène depuis la cuisine, il avait pas envie de les déranger… Il referma la porte alors que la maman sortait des tonnes de paquets de partout.

- Tiens mon petit chéri, ces deux là c'est pour toi… et ça c'est pour toi, parce que tu t'es bien tenu ce soir, je sais que ça a été pénible, hein mon amour… et… Pyro ? »

Bobby tomba de sa chaise. Elle venait de l'appeler comment ? Pyro ? Il s'était passé quoi dans cette cuisine ?

- Hein ? »
- Oh, je lui ai pris quelques cadeaux aussi ! John, venez donc nous rejoindre ! »

Pyro soupira, bon, ok, ok… Il retourna à sa place et resta dubitatif devant les deux paquets devant ses yeux.

- Pour vous ! »
- Heu… je ne sais pas quoi dire… »
- Merci suffira amplement ! Je ne savais pas trop vos goûts, enfin à part pour… alors, j'espère que ça vous plaira ! »

Bobby resta interloqué, sa mère avait acheté des trucs pour John ? Hé bé, il était dans la vingt-neuvième dimension ou quoi ? La surprise passée, il se jeta sur ses cadeaux et ouvrit son premier paquet, déchirant avec joie les rubans et autres trucs fanfreluchés.

- Ouai ! Des nouveaux patins à glace, maman je t'adore ! »

Le blondinet se rua sur le second et l'ouvrit tout aussi rapidement serrant dans ses bras un pull que sa mère avait dû tricoter elle-même, avec des dessins de flocons de neiges. Il sauta de sa chaise et alla embrasser sa mère, alors que son père déballait la nouvelle perceuse de ses rêves.

- Ho, tu n'aurais pas dû ! Je vais la tester de ce pas, et finir ce meuble que je t'avais promis ! »

Un baiser rapide, et il descendit dans le sous-sol.

- Pyro ? Tu les ouvres pas… ? »

Les mains de l'élémentaire de feu serrèrent les paquets. C'était la première fois qu'on lui offrait un cadeau, un vrai cadeau… avec du papier, des rubans… Une larme s'échappa de ses yeux et il tira sur le ruban avec douceur, comme s'il allait le briser.

- Alors… »

La curiosité de Bobby l'avait attiré tout près, en profitant par la même occasion à frotter les épaules de son ami. Ca devait… être assez bouleversant pour quelqu'un comme lui. Même s'il ne le dirait jamais. Il l'embrassa au creux du cou et inspecta le cadeau. Un album ? Imprimée façon flammes… wai pas mal la petite maman.

- Vous n'avez peut-être pas de bons souvenirs, jusqu'à aujourd'hui ; alors, maintenant, remplissez-le avec Robert… »

Sur ces mots la maman sortit un appareil photo et après un gros flash, elle attrapa l'instantané et le tendit à Pyro.

- J'espère qu'il se remplira vite, de tout ce qui vous a fait défaut avant… »

John eut un tendre sourire et cala la photo dans l'album. Hum… il le remplirait de futurs souvenirs. Il attrapa ensuite le second cadeau et l'ouvrit tout aussi délicatement, sortant le même pull que Bobby à une exception près… celui de Bobby était bleu avec des flocon blancs, le sien noir, avec des flammes orangées.

- J'espère qu'il vous plait, et qu'il ne sera pas trop grand ! Sinon je vous en referais un autre… »

Refaire ? Pyro détailla le vêtement et… un sanglot sortit de ses lèvres. Mme Drake l'avait tricoté pour lui… pour lui !

- Pyro… chut… ça va aller, c'est rien… »

Bobby était sincèrement heureux de ce qu'avait fait sa mère ce soir, vraiment, il lui fit signe de ne pas s'inquiéter alors qu'il berçait son ami, afin qu'il arrête de pleurer. Ses mains frottèrent le dos de Pyro, il se baissa vers lui.

- John, arrête, chut… »

Il attrapa délicatement le visage qui restait baissé et le tourna vers lui. Il effaça les larmes et embrassa les lèvres de son compagnon. Ses pouces continuèrent à glisser sur les yeux humides jusqu'à ce qu'il ne les libère une fois pour toute de ses larmes.

- Ca va ? »

Un signe de tête positif et Pyro sortit une cigarette en repoussant les cadeaux assez froidement. Il pourrait pas dire merci, il ne pourrait pas sans à nouveau se mettre à chialer, et ça commençait à l'emmerder sérieux cette soirée familiale ! Il alluma le bâton de nicotine et laissa tomber sa tête en arrière, fouillant négligemment dans sa poche.

- J'ai pas eut le temps de faire un paquet… »

Il envoya une petite boite devant le nez de Bobby et s'expliqua.

- C'est ça que j'ai acheté en premier, et puis la vendeuse m'a suggéré la gourmette, mais je pouvais pas te donner ça… j'avais l'air d'un con… Enfin vu que ce soir me suis couvert de ridicule, un peu plus ou un peu moins… »

La tête du blondinet se secoua. Non, il ne s'était pas couvert de ridicule ! Mais bon, il ne dit rien. Pyro était en train de se protéger à sa manière de ce qui l'entourait. Il s'installa et regarda l'écrin. Sa mère savait déjà ce que ce genre d'écrin contenait, mais bon… Ice étant Ice… Il ouvrit la boite et la referma tout de suite. Il avait bien vu. Une… bague ? Y'avait une bague dans… l'écrin. Une bague ! Une bague toute… Il rouvrit la boite et la referma. En argent, et y'avait des flammes tout autour de l'anneau.

- Elle te plait pas ? »
- Heu… c'est une bague ! »
- Ouai, c'est une bague, quoi ? »
- Non, je voulais juste…. »

Bobby était tout rouge. Pyro s'engageait réellement ? Avec lui ? Mais il n'était pas prêt, pas encore ! La table fut recouverte de frimas, ensuite la boite qu'il tenait dans ses mains, et finalement il se mit à neiger dehors.

- Ice, t'emballe pas comme ça, on va se les geler ! »
- C'est que… c'est une… une bague, et je… je… »
- Ok… fais comme si je t'avais rien donné ! »
- C'est pas ça, je m'y attendais pas… c'est tout… »

La maman, dont Bobby avait dû hériter le caractère curieux, se déplaça, pour regarder l'objet. Elle la trouvait jolie, très jolie, et elle fit un grand sourire à Bobby.

- Tu en as de la chance… »
- Heu… »
- Je vais débarrasser la table, oui, oui, … je vous laisse ! »

Si tôt dit, si tôt fait ! La maman s'effaça rapidement, guettant tout de même derrière la porte ce qui allait se passer.

- Tu… me la mets ? »
- Quoi ? T'es malade ? Faut qu'en plus je te la passe au doigt ? Tu rêves ! C'est déjà beau que je l'ai acheté ! Tu t'en contenteras ! »
- Arrête de faire ton ronchon ! »
- La ferme Bobby ! »
- D'accord… mais si tu te la fermes aussi… et puis vient m'embrasser banane ! »

Pyro lâcha sa cigarette et attrapa Bobby par la chemise, sans aucun tact, il l'embrassa ensuite, avec vivacité, laissant enfin sa langue glisser de l'autre côté de la barrière d'émail de Bobby. Ouai… il lui avait dit quoi y'a un mois ? Pas puceau hein ? Et bien là… si c'était pas une première pour Robert Drake ça en serait jamais une !

- Je pensais au moins que t'avais déjà embrasser une fille de cette façon, peut-être pas Malicia pour cause de coma profond, mais… Kitty ! »
- Nan ! Je… heu… tu vois… »
- Quoi donc ? »
- Ben… merde tu le sais déjà, je suis coincé, ça te va ! Kitty n'a jamais osée, ce n'est pas moi qu'allait le faire ! »
- Hum… je vais me charger de toi ! »

Bobby se cala sur les cuisses de son compagnon et ferma les yeux, alors qu'ils échangeaient, -ou essayait du côté de Bobby- un autre baiser, chaud, et cette fois-ci tendre.
Le père fit irruption à ce moment-là, quel autre moment pouvait-il choisir, hein ? Et après quelques regards noirs entre les deux mâles dominants de la maisonnée, tout le monde alla se coucher, ou presque.

Pyro n'arrivait pas à dormir, et du coup, il sortit dans le jardin pour fumer. La petite maman qui veillait toujours au grain, en profita et alla le rejoindre, une fois correctement emmitouflée dans sa robe de chambre.

- Quelque chose ne va pas ? »
- Insomnie, ça m'arrive souvent… »
- Je vais vous faire une tisane, ça marche bien ! »

Il était pas vraiment sûr, mais pour ne pas chiffonner la mère, il accepta et le regard perdu dans son bol, il soupira.

- Merci… pour les cadeaux, c'est la première fois… qu'on… alors… »
- J'avais compris… buvez et allez rejoindre Bobby… »

Deux sourires, et une fois la tisane avalée Pyro hésita et attrapa la femme dans ses bras.

- Merci, pour ce que vous avez fait pour moi… »

Et au lieu d'aller se recoucher, Pyro s'endormit contre la mère de son ami, après avoir passé des heures entières à lui parler de tout ce qui lui pesait. Pyro finalement, s'était trouvé une mère, tout du moins pour la nuit. Le lendemain, après quelques photos de famille, le petit couple rentra enfin à l'école. Pyro n'avait jamais été aussi enthousiaste d'y revenir !

- Ta mère est gentille… »
- Je sais… mais la prochaine fois que tu dors dans ses bras, je te boude ! »

Pyro se raidit, il ne voulait pas vraiment aborder ce sujet là, et il passa de lui-même. Revenus dans leur chambre, leur calme et paisible chambre, enfin quand il n'y avait pas scène de ménage dans l'air… ils reprirent leur travail, leur devoir, compte rendu, disserte et autres trucs du genre…

Pyro avait changé, c'était un fait, et il passait au moins trente minutes au téléphone avec Mme Drake tout les deux/trois jours. Apparemment sa mère avait finalement fini par adorer le petit brun. Qui ne l'adorait pas ? A part Logan ?

- Alors tu me la mets cette bague ? »
- Va crever ! »
- Merci… ben je ne te donnerais pas celle que je t'ai achetée… »
- M'en fou ! »
- Sans blague ? »
- Qui voudrait d'un mec frigide dans son pieu ! »

Bobby grogna, et se détourna de John. Bon, il ne voulait pas, il allait le forcer !

- Fait ton sac, demain on va chez moi ! »
- Quoi ? »
- T'as bien entendu ! »
- Va voir tes parents seuls petit gars ! »
- Pas chez mes parents ! Chez moi ! Ma maison, ok ? »

Bobby avait une maison ? Hein ? Pyro n'en revenait pas. Pourquoi il restait dans cette école à la con si il avait un chez lui ?

- Maintenant, on dort, on partira demain de bonne heure, c'est pas tout proche, et on passera le nouvel an que tout les deux ! »

Tout les deux ? Rien que tout les deux ? Cool ! Pyro était plutôt content. Il fit son sac rapidement et s'allongea.

- Heyyyy viens dans mon lit… j'ai froid… »

Un soupire, c'était de mauvaise volonté. En faite, tout ce que redoutait aujourd'hui Pyro, c'était de finir par se laisser aller au sentimentalisme et de chialer comme devant la mère de Bobby, de se rendre compte qu'après toutes ces années de renfermement sur soi, s'ouvrir était la plus douloureuse des choses. Mais Bobby ne pouvait pas comprendre ça. Juste imaginer… et puis, il avait peur… peur que tout le monde le sache, qu'il découvre, ce Pyro tendre et amoureux, ce Pyro qui pleure, qui découvre… Il se sentait violé par tous ces regards, quand il avait le malheur de sourire réellement, de prendre la main de Bobby dans les couloirs. Alors il restait bloqué là. A avoir offert une bague, qu'il ne voulait obstinément pas mettre au doigt de celui qu'il aimait pourtant plus que tout….