Disclaimer : Square Enix, Disney

Note : je suis vraiment vraiment désolée pour le temps que j'ai mis à poster (à écrire, en fait, vu que j'ai fait 90% du chapitre aujourd'hui, haha). Cette fanfiction rechigne obstinément à se laisser écrire malgré mes multiples tentatives et le fait que les chapitres ne soient pas bien longs, et je ne comprends pas pourquooooi. Enfin bon, ça devrait aller plus vite pour la suite. (Dit-elle.)

Merci beaucoup pour vos reviews ! Bonne lecture :)


Lorsque Vanitas se réveilla ce matin-là, il eut la joie de trouver sa chambre vide. L'esprit un peu embrumé, il apprécia le silence un moment. Voilà un réveil comme il les aimait. Calme, tranquille, sans aucun imbécile pour lui secouer la tête ou arracher sa couverture.

Il se redressa et regarda autour de lui pour constater qu'il était bel et bien seul. Ventus n'était visible nulle part. La fenêtre était grande ouverte.

Il se leva pour regarder la cour mais n'y vit rien de particulier. Il fronça les sourcils.

Tout ça sentait le piège à plein nez. Si Ventus avait décidé de le laisser tranquille pour la matinée, cela voulait sans doute dire qu'il avait profité de son sommeil pour fomenter un complot contre lui – probablement en formant une alliance avec sa mère qui, il le savait, se serait fait une joie de lui pourrir la vie pour quelque jours encore.

Sur ses gardes, il quitta discrètement la chambre. Rien à signaler dans le couloir. Il laissa échapper un soupir de soulagement.

Bien.

C'est un peu décrispé qu'il descendit les escaliers. Comme il s'y attendait, Ventus était tranquillement installé sur le canapé, les yeux rivés sur la vieille télévision familiale, une cuillère dans la bouche. Il n'avait même pas tourné les yeux vers lui.

Vanitas se dirigea prudemment vers la cuisine sans le lâcher des yeux un instant. Il ne pouvait pas baisser sa garde. Le gamin était fourbe et cruel. Il avait tout prévu. Il était hors de question que son hôte se laisse avoir une fois encore.

Il tâta l'intérieur d'une des armoires de la cuisine jusqu'à mettre la main sur les horribles céréales que l'ordure avait acheté. Étrangement, le paquet était déjà ouvert ; il pensa que sa mère devait en avoir pris sur un coup de tête et se servit avec une grimace de dégoût.

Il hésita un instant à retourner dans sa chambre mais son tortionnaire – bien qu'il se soit tenu à carreau depuis la veille au soir – ne le lui en laissa pas l'occasion.

— Envie de commencer une partie de cache-cache ? dit Ven depuis le salon.

On pouvait presque entendre un sourire dans sa voix. Vanitas respira longuement : hors de question que la journée se passe comme celle de la veille. Il ne retomberait pas dans le piège, cette fois ; il resterait d'un calme à toute épreuve et n'aurait même pas l'audace d'avoir un mot plus haut que l'autre.

Le petit accident du jardin lui avait laissé un amer goût de défaite et il ne tenait pas à réitérer l'expérience.

Vanitas se rendit au salon et s'installa dans le canapé sans même regarder son nouveau colocataire. Il avait pris soin de créer une distance de sécurité, ce que ne manqua pas de remarquer Ven qui eut un petit sourire.

— Tu as raison, reprit-il en mangeant une cuillère de céréales. Je suis très bon, à ce jeu-là, de toute façon. Tu n'aurais eu aucune chance.

Il n'eut droit à aucune réponse et sembla s'en contenter. Le silence s'étira sur de longues minutes insupportables. Vanitas avait tout le mal du monde à ne pas regarder l'énergumène assis à côté de lui pour voir ce qu'il pouvait bien préparer. Un piège était toujours une possibilité, après tout.

— Éviter de m'accorder de l'attention revient à m'en offrir plus que je n'en mérite, déclara Ven. Je te l'ai dit hier : je ne ferai plus rien. On est quittes, alors faisons la paix.

— Va crever.

Ven gloussa.

— OK, la paix n'est peut-être pas encore pour tout de suite. Mais je garde espoir.

Il pouvait garder espoir aussi longtemps qu'il le voulait, tant que Vanitas était concerné, cette histoire ne serait pas terminée.

Il remarqua soudain quelque chose d'étrange dans la scène et fronça les sourcils.

— Je croyais que t'en bouffais pas, dit-il en désignant le bol vide du menton.

— J'ai menti. C'était juste pour te taper sur les nerfs.

Mais tu savais quand même que je les détestais. Quel hypocrite.

— T'as la mentalité d'un gosse de trois ans, siffla-t-il.

— Et pourtant je sais déjà faire mes lacets tout seul, répliqua joyeusement Ven. On a toujours dit que j'étais en avance pour mon âge. Tu devrais manger, ça va être tout mou.

Il répondit par un reniflement irrité et amena la cuillère à sa bouche d'un geste soupçonneux. Il n'arrivait pas à croire qu'il était obligé de manger cette horreur. L'autre clown l'avait bien eu.

Le goût, néanmoins, n'était pas aussi terrible que dans son souvenir. Tout bien considéré, c'était même parfaitement mangeable ; il continua son petit-déjeuner en silence, désireux d'en finir au plus vite et de s'enterrer dans sa chambre avant d'avoir à subir une nouvelle attaque déloyale. Ven pouvait bien dire ce qu'il voulait, ils ne seraient jamais quittes ; il devait avoir tendu d'autres pièges discrets, n'attendait rien d'autre qu'un moment d'inattention de sa part pour se jeter sur sa proie – mais non, Vanitas n'était pas une proie, cette pensée était tout à fait ridicule.

Il prit soudain conscience que Ven le regardait avec un sourire aux lèvres.

Même lorsqu'il ne faisait rien, il parvenait à l'emmerder. À ce point-là, c'était un véritable talent.

— Pas si mauvais, hein ?

Hors de question qu'il acquiesce. Il ne réagit pas.

— Tu vois, Vani ? En apparence, ça a l'air dégoûtant, mais c'est presque bon une fois qu'on prend l'habitude d'en manger. Dans quelques jours, tu ne jureras plus que par ça.

— Aucune chance que je finisse par te trouver sympa, si c'est ce que t'essaies subtilement de dire. T'es aussi crade à l'intérieur qu'à l'extérieur.

— Je ne parlais pas de moi.

Il ne savait pas trop si on venait de l'insulter ou non.

— Je croyais qu'on était quittes, remarqua-t-il.

— Je ne peux pas m'en empêcher. Tu ne vois pas tes expressions faciales, mais chacune d'entre elles est comme un cadeau du ciel. À mourir de rire.

Ils n'étaient définitivement pas quittes. Il pouvait aller se voir.

— Fais-toi plaisir et marre-toi, rétorqua-t-il.

— Je ne peux pas : tu te mettrais à pleurer.

Vanitas aurait voulu répondre quelque chose, n'importe quoi, mais sa tête restait désespérément vide. Il tâcha de contrôler la colère qui montait déjà en lui. Il avait juré de se tenir. Ven ne gagnerait pas cette fois.

Et Ven le savait, parce qu'il connaissait les gens comme lui. C'était ce qu'il avait dit.

Mais il ne pouvait pas le connaître.

— Quels gens comme moi ?

Le blond sembla interloqué.

— Tu parles de ? demanda-t-il.

— Rien, laisse tomber.

— Je ne vais pas pouvoir t'aider si tu gardes tes pensées pour toi, tu sais ? Allez, fais un effort pour maman.

— C'est drôle que tu t'identifies à ma mère. Vous êtes aussi chiants l'un que l'autre.

— C'est qu'on est tombés sur la victime idéale. Elle a même aidé à la créer ; c'est vraiment quelqu'un de bien.

Ven n'avait pas de problème de répartie, lui. Il répondait toujours du tac au tac, et chaque mot prononcé semblait l'amuser au-delà de ses espérances. Vanitas détestait ce genre de personne ; ceux qui pétaient plus haut que leur cul, qui étaient satisfaits de chaque mot qui sortait de leur bouche, qui ne pouvaient pas s'empêcher d'être fiers du moindre de leurs actes. Tu te prends pour quelqu'un,pensa-t-il, mais t'es pas grand chose, au fond.

Mais il ne le lui dirait pas. Qu'il se ridiculise tout seul, s'il en avait envie.

— T'as dit que tu connaissais les gens comme moi.

— Quand ça ?

Il avait juste envie que Vanitas parle de leur altercation. Il en était fier, l'enfoiré.

— Hier, répondit-il sans fléchir.

— Hier ? Je ne me souviens pas de ça.

— Bah tiens.

— Hier quand ?

— Va te faire foutre. J'en ai marre de jouer à tes jeux à la con. Je retourne dormir. Amuse-toi bien avec tes Disney de gamine.

Il regretta immédiatement de s'être emporté, mais c'était trop tard. Pour une fois, cependant, Ven ne souriait pas. Il prit la télécommande et changea de chaîne. Il ne lui adressa plus un regard.

Pour un peu, Vanitas aurait presque crut qu'il boudait. Ce fut à son tour de sourire.

— Je rêve, dit-il en le regardant de plus près.

Ven ne manifesta même pas qu'il l'avait entendu parler. Le sourire de Vanitas s'agrandit. Il s'en souvenait, maintenant. C'était déjà comme ça quand ils étaient petits.

Ven et ses fulgurantes crises de bouderie.

— Tu fais la gueule, continua-t-il, étrangement satisfait. Ventus fait la gueule. Ce même Ventus qui se foutait de moi i peine trente seconde a décidé de râler parce que... parce que quoi ? Mon Dieu, c'est trop beau.

Il éclata de rire et continua tant et si bien que les larmes lui montèrent aux yeux. Ven lui lança un regard assassin.

— Tu râles ? J'ai rien dit du tout, et tu râles ? Quoi, c'est à cause des Disney ? Ou bien t'as peur que j'aille dormir et que je te laisse tout seul dans cette grande bicoque branlante ? T'arrives à me péter la gueule en vingt secondes chrono, et tu fais la gueule pour une putain de phrase ?

C'en était trop ; il avait mal aux abdominaux et parvenait à peine à reprendre sa respiration. Ven, lui, restait de marbre. Il s'enfonça dans le canapé et reporta son attention sur la télévision.

— T'es un sacré numéro, asséna Vanitas en se relevant. Allez, amuse-toi bien.

Il quitta le salon extrêmement satisfait de lui-même. Il se sentait vengé, d'une certaine façon ; il ne savait pas comment il avait fait ni à quoi le pauvre garçon avait réagi, mais sa réaction valait n'importe quelle récompense. Ses vacances n'étaient peut-être pas si mal parties que ça, au final ; avec un peu de chance, Ven finirait par faire profil bas.

Mais bon, il ne valait mieux pas rêver.

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Il ne dormait pas vraiment quand Ven entra dans sa chambre, mais il préféra feindre le sommeil pour ne pas être dérangé.

— Vanitas ?

À sa grande surprise, sa voix était presque hésitante, comme s'il craignait de le réveiller. Cela ne l'empêcha pas de lui secouer légèrement l'épaule. Vanitas se dégagea en grognant.

— Ta mère est rentrée, l'informa Ven.

— Génial, merci de l'info. Tu veux une pièce pour te féliciter de ton dur labeur ?

— Je sais où tu caches ton argent. J'ai pas besoin de ton autorisation pour me servir.

— Ça tombe bien, j'en ai pas.

— Con et pauvre. Ça fait beaucoup pour un seul homme.

— Au moins, je ne suis pas aussi moche que toi.

— Je suis à peu près sûr que c'est un compliment à tes yeux, alors merci. À part ça : ta mère m'envoie te dire qu'elle a invité une de tes grandes amies à passer à la maison ce soir. Elle te conseille d'avoir l'air présentable. Je te conseille de te laver un peu. Après trois jours, j'ai l'habitude, mais ton odeur risquerait d'offusquer les jolies jeunes filles de la campagne.

— T'as mangé du clown, ma parole.

— Le problème est que ce n'est pas une blague. Bonne sieste !

Vanitas se retint de lui envoyer son oreiller à la figure. Ce gamin n'en manquait vraiment pas une.

Malgré tout, il se leva à contrecœur ; si sa mère avait effectivement invité quelqu'un, il valait mieux qu'il fasse un minimum d'efforts. Enfin, tout dépendait de l'invité en question.

Lorsqu'il descendit la voir pour lui poser la question, elle lui répondit par un sourire goguenard. Bien. Ça ne présageait rien de bon.

— Comment, tu ne devines pas ?

— J'avais autre chose à fou... à faire, se reprit-il.

Il y avait des limites à ne pas franchir. Ven, qui jouait au Solitaire sur la table de la cuisine, lui adressa un regard amusé.

— Elle a vraiment grandi depuis la dernière fois ! Comme elle était à l'étranger l'année dernière et qu'on n'était pas venus ici celle d'avant, ça fait bien trois ans que je ne l'avais plus vue. Qu'est-ce qu'elle a changé ! Elle a les cheveux longs, maintenant.

On joue à quoi, là ? Qui est-ce ?

Mais il savait pertinemment de qui sa mère parlait et n'était pas certain de ce qu'il devait en penser.

— T'as invité Kairi ?

— Elle avait l'air très enthousiaste à l'idée de te revoir. Elle est jolie comme un cœur.

— Kairi ? demanda Ven en relevant la tête avec un sourire dangereux. Qui c'est ?

— Tu l'as déjà rencontrée, elle est venue ici la même année que toi !

— Et il avait quoi, quatre ans ? intervint Vanitas. Qu'est-ce que tu veux qu'il s'en souvienne ?

— Ah, mais oui, fit Ven en plissant les yeux.

Son visage s'éclaira soudain et Vanitas sut d'instinct que ce qui suivrait n'allait pas lui plaire. Sa mère et le blond échangèrent un regard et un sourire entendus.

— C'était ta petite amoureuse ! s'exclamèrent-ils en chœur.

Pour un peu, Vanitas aurait cru qu'ils avaient préparé leur dialogue à l'avance. Il se rembrunit.

— 'Manquait plus que ça, marmonna-t-il.

— Vous avez toujours pour projet de vous marier à dix-huit ans ? demanda Ven. C'est dans plus si longtemps, vous devriez vous y préparer.

— Peut-être verra-t-on un nouvel amour éclore ce soir, surenchérit sa mère. Mais attendez un peu avant d'avoir des enfants.

— J'aurais quand même un peu de peine pour elle. Elle ne sait pas ce qui l'attend.

— S'ils sont comme mon fils, ce sont de longues années de souffrances en perspective.

— C'est bon, vous avez fini ? coupa Vanitas.

Leur expression signifiait clairement que non. Au bord de la crise de nerf, il préféra fuir et s'enfermer dans la salle de bain. Jamais il ne parviendrait à survivre deux mois entiers avec ces deux-là. Il préférait mourir.

Il se plaça devant le miroir pour examiner son reflet. Il avait l'air au bord de la crise de nerf, personne ne pouvait se leurrer. Pourtant, ça avait l'air d'amuser les deux zigotos qui, à l'heure actuelle, devaient être en train d'organiser une nouvelle machination à son encontre.

Une machination qui impliquerait Kairi.

C'était à s'arracher les cheveux. Il se passa de l'eau sur le visage, comme si ça avait une chance d'améliorer quoi que ce soit.

Kairi. Il ne l'avait plus vue depuis un moment, en effet. Dans les petits villages comme celui-ci, tous les enfants du coin se connaissaient ; Kairi avait pris l'habitude de jouer avec lui à chaque fois que les grandes vacances arrivaient et il fallait avouer qu'ils s'entendaient plutôt bien malgré l'obsession plutôt irritante qu'elle avait pour les cheveux de son partenaire de bêtise.

La dernière fois qu'il l'avait vue, elle avait quatorze ans et passait son temps à le provoquer en duel malgré sa forte propension à perdre. Elle avait sans doute changé, maintenant, mais elle n'avait jamais refusé une compétition quand l'occasion s'en présentait. À bien y réfléchir, elle pourrait peut-être lui être utile.

Elle s'allierait sans doute à lui s'il lui présentait Ven comme un ennemi à abattre.

— Tu fais quoi, là-dedans ? Tu dors ?

Il soupira longuement puis sortit faire face à sa mère qui attendait, les bras croisés.

— Pourquoi tu n'irais pas tondre la pelouse, si tu as du temps à perdre ?

— Sans façon, merci.

— La politesse est une bonne tactique, mais elle ne fonctionne pas sur moi. La tondeuse est dehors et n'attend plus que toi.

— Et Ven ?

Elle sourit.

— Ven ? C'est notre invité.

— Bah tiens...

— Mais je suis bien connue pour faire travailler quiconque se trouve sous mon toit. Il range le garage.

— Le garage ?

Ce truc qu'ils n'avaient plus ouvert depuis au moins trois ans et qui ne contenait que des vieux meubles et objets abandonnés depuis des lustres ?

— Je pensais à vendre ce dont nous n'avons plus besoin à la brocante de la semaine prochaine. Il va trier un peu tout ça. On pourrait retrouver des trésors, qui sait ?

— Ou des cadavres de rats.

— Je suis sûre que Ven peut s'en sortir face à quelques corps en décomposition. Il n'est pas aussi précieux que toi.

— J'ai aucun problème avec les corps en décomposition.

— Devrais-je appeler la police ? Ou un psychiatre ? Mon fils semble être un psychopathe qui s'ignore, que faire ?

— Très drôle.

— Allez, sors de là, dit-elle en le poussant hors de la salle de bain. Et je veux que cette pelouse soit parfaite au moment où j'aurai fini mon bain !

— Tu peux toujours rêver.

— Ne réponds pas à ta mère. Allez, ouste !

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Tondre fut plus éreintant que prévu : le jardin semblait beaucoup plus grand que la veille et ses innombrables recoins et arbres plantés un peu partout ne rendaient pas la tâche aisée. Pour ne rien gâcher, il faisait bien trop chaud pour un début d'été et il transpirait tellement qu'un passage sous la douche tout habillé lui aurait donné à peu près la même apparence, la crasse en moins.

Ven, lui, avait terminé son rangement en un temps record et avait même poussé le vice jusqu'à balayer le sol et à nettoyer les objets les plus intéressants. Bien entendu, il avait décidé de passer son temps libre assis sur une chaise de jardin à observer son hôte se tuer à la tâche en lançant une vieille balle de basket à moitié dégonflée en l'air.

— T'as rien d'autre à foutre ? demanda Vanitas avec mauvaise humeur alors qu'il vidait le bac de ramassage dans un coin du jardin.

— Voir les autres se fatiguer quand on se repose soi-même est une activité plutôt apaisante, je dois dire.

— Gros con.

Ven lui répondit par un sourire.

— Regarde ce que j'ai trouvé, dit-il en lançant le ballon.

— Super cool. Félicitations.

— Pas la peine d'être désagréable.

Pour une raison qui lui échappait, pourtant, il avait l'air d'apprécier la mauvaise humeur de Vanitas. Il rattrapa machinalement la balle qui retombait vers lui.

— Je me souviens de cette balle-ci, continua-t-il sans se soucier de l'expression de Vanitas qui était occupé à imaginer mille et une façons de le faire taire.

— Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Que j'appelle le journal local ? Breaking news : Ventus se souvient d'une vieille balle dégonflée trouvée au fond d'un garage poussiéreux. Une information vitale pour l'avenir de l'humanité.

— Eh bah, t'es en forme.

— Me disputer avec des petites merdes humaines me donne de l'énergie.

Très en forme. Tu ne t'en rappelles pas, toi ? C'est la balle que tu passais ton temps à m'envoyer dessus « pour rigoler ».

— Fallait pas traîner dans mes pieds, c'est tout. De quoi tu te plains ?

— Elle était bien gonflée, à l'époque. J'hésite à la remettre en état pour te l'envoyer à l'arrière de la tête de temps en temps.

— Fais-toi plaisir.

— T'as l'air irrité, Vani. Des problèmes relationnels ? T'as envie d'en discuter ?

Il remit la tondeuse en route pour ne pas avoir à répondre. Il avait mal au bras à force de tirer sur la corde de démarrage. Il détestait les tondeuses à essence.

Après quelques pas seulement, l'appareil cala. Ven arborait un sourire encore plus grand que la normale.

— T'as pas envie de dégager ? cracha Vanitas. T'envoies des mauvaises ondes à la tondeuse.

— Je crois plutôt qu'elle cherche à te signifier le dégoût qu'elle éprouve à être tenue par tes mains poisseuses.

— Viens le faire à ma place, alors !

— Je ne m'entends pas bien avec les tondeuses.

— Je me demande qui s'entendrait bien avec toi.

— Toi, tu t'entends bien avec moi.

Vanitas éclata d'un rire glacial.

— Prends pas tes rêves pour des réalités, gamin.

— Tu me donnes même des petits surnoms. Si c'est pas de l'affection, je ne sais pas ce que c'est.

Il était vraiment bon à ce jeu-là. Vanitas lui offrit un doigt d'honneur bien mérité et se remit au travail.

— T'es pas très original ! cria Ven par-dessus le bruit du démarrage.

Il ne fallut pas plus de dix minutes à Vanitas pour enfin terminer de tondre ce qu'il avait désormais décidé d'appeler : « la pelouse infernale ». Ven avait jeté la balle sur la terrasse et l'observait sans ciller.

— On dirait que tu sors d'un petit plongeon dans un étang, remarqua-t-il alors que Vanitas vidait une dernière fois le bac de ramassage. Et je suis à peu près sûr que l'odeur est la même. Tu vas devoir laver ce t-shirt cinq fois avant de pouvoir le remettre sans tuer tous les insectes alentour.

— Tu voulais que je fasse quoi ? répliqua-t-il avec mauvaise humeur. Que je tonde à moitié à poil ? Je joue pas dans une pub pour du soda light, au cas où.

— Pourquoi pas ? Ça t'aurait évité de mourir de chaud.

— T'aurais bien aimé, hein ?

— Plutôt, oui. Je suis quelqu'un de curieux de nature.

Vanitas resta silencieux un bref moment.

— Trop dommage, dit-il enfin.

— À part ça, je ne voudrais pas te presser, mais ta future femme arrive dans à peu près quinze minutes, si elle est à l'heure.

— Putain de merde.

— Je peux te donner le compte à rebours, si t'en as besoin !

Mais Vanitas avait déjà foncé vers la salle de bain. Quinze minutes, c'était tout à fait faisable, si Kairi avait perdu sa sale manie d'arriver cinq minutes à l'avance...

S'il voulait qu'elle s'allie à lui pour terrasser le démon qui s'était installé dans sa maison, il faudrait qu'il lui explique la situation avant que sa mère ne s'évertue à la faire passer dans son camp, ce qu'elle ne manquerait pas de faire.

Cette mission était d'une importance capitale pour la suite des événements. Il fallait absolument éviter qu'elle ne s'approche de Ven avant de comprendre sa véritable nature. S'ils étaient ensemble, le blond n'oserait rien faire sans craindre des représailles en bonne et due forme.

À cette pensée, un sourire étira ses lèvres. Ils n'étaient pas quittes du tout, loin de là. Et Ventus ne tarderait pas à s'en rendre compte.


Les tondeuses à essence c'est pourri, surtout quand le jardin est plein de bosses.

Je promets que le prochain chapitre sera de meilleure qualité. :')

Merci pour votre lecture et vos revieeews ! En espérant vous revoir bientôt :D (Il faut garder l'espoir dans la vie, lol.)