Auteur : Youyoulita

Disclamer : Tous les personnages sont à Ryan Murphy & Co et l'histoire ne m'appartient pas je ne fais bien que m'inspirait de Stephanie Meyer.

Résumé : Kurt dix-sept ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où il vivait avec sa mère, pour s'installer chez son père. Il croit renoncer à tout ce qu'il aime, certain qu'il ne s'habituera jamais ni à la pluie, ni à Forks où L'anonymat est interdit ? Mais il rencontre Blaine, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeante ? A la fois attirant et hors d'atteinte, Blaine Anderson n'est pas humain. Il est plus que cela. Kurt en est certain…

Rating :T pour être sûre ^^

Note : Merci à Mia-zure et Cecile78 pour leurs encouragements ça fait toujours plaisir ! Voici la suite ^^


Chapitre 2

Le jour suivant fut mieux... et pire.

Mieux parce qu'il ne pleuvait pas encore, bien que les nuages fussent denses et opaques. Plus décontracté parce que je savais à quoi m'attendre. Puck s'assit à côté de moi en anglais, sous le regard peu amène de Mike le joueur d'échecs ; c'était assez flatteur. Les gens ne me reluquèrent pas avec autant d'insistance que la veille. Je déjeunai avec tout un groupe, parmi lequel Puck, Mike, Quinn et plusieurs personnes dont les visages et les noms ne m'étaient plus aussi étrangers. J'eus le sentiment que je commençais à flotter au lieu de couler à pic.

Pire, parce que j'étais fatigué. Je n'arrivais toujours pas à dormir, avec le vent qui mugissait autour de la maison. Pire, parce que Mme. Silvester m'interrogea en maths – alors que je n'avais même pas levé le doigt –, et que je me trompai. Nul, parce que je dus jouer au volley et que, la seule fois où je n'évitai pas le ballon, je le lançai sur la tête d'un de mes équipiers. Pire, parce que Blaine Anderson était absent.

Toute la matinée, je redoutai l'heure de la cantine et la perspective de son attitude déstabilisante. Une partie de moi souhaitait se confronter à lui et exiger des explications. Pendant ma nuit d'insomnie, j'avais même répété mon discours. Je me connaissais néanmoins suffisamment bien pour savoir que je n'aurais pas ce courage. À côté de moi, Cendrillon a des allures de Terminator.

Lorsque j'arrivai à la cafétéria avec Quinn – en m'efforçant, en vain, de ne pas le chercher des yeux –, je découvris que, si ses étranges frères et sœurs étaient déjà installés, lui n'était pas là. Puck nous intercepta pour nous entraîner à sa table. Quinn parut ravi de cette attention, et ses amies ne tardèrent pas à se joindre à nous. Tout en essayant d'écouter leur insouciant bavardage, je cédai à un malaise tenace et guettai nerveusement le moment où il apparaîtrait. Je priai pour qu'il se contentât de m'ignorer, afin de me prouver que mes soupçons étaient infondés.

Il ne vint pas, le temps passa, et ma tension augmenta.

Lorsque, à la fin du repas, son absence se confirma, c'est avec plus d'assurance que je me rendis en cours de biologie. Puck, qui montrait toutes les qualités d'un saint-bernard, m'accompagna fidèlement aux portes du labo. Sur le seuil, je retins mon souffle, mais Blaine n'était pas là non plus. En soupirant, je gagnai ma place. Puck m'emboîta le pas, sans cesser de pérorer sur une sortie prévue à la mer. Il s'attarda près de mon bureau jusqu'à la sonnerie puis, avec un sourire de regret, il alla s'asseoir à côté d'une malheureuse qui arborait un appareil dentaire et des cheveux gras. Visiblement, j'allais devoir m'occuper de lui, ce qui promettait de ne pas être facile. Dans une ville comme Forks, où les gens vivent les uns sur les autres, un peu de diplomatie est indispensable. Le tact n'a jamais été mon fort, et je manquais de pratique pour ce qui était d'éconduire les garçons un peu trop cordiaux.

Je fus soulagé d'avoir la paillasse pour moi seule. Du moins, c'est ce que je me répétai. En vérité, j'étais obsédé par l'idée d'être à l'origine de la défection de Blaine. Penser que j'étais capable d'affecter quelqu'un à un tel degré était ridicule et égocentrique. Impossible. Malgré tout, je m'inquiétai.

Lorsque les cours s'achevèrent enfin et que le feu de mes joues (provoqué par un nouvel incident en gym) se fut atténué, je remis rapidement mon jean et mon sweat bleu marine et quittai en trombe les vestiaires, heureux de constater que j'avais réussi à semer mon protecteur canin. Je fonçai sur le parking, à cette heure encombré d'élèves, grimpai dans ma camionnette et fouillai mon sac pour vérifier que je n'avais rien oublié.

La veille au soir, je m'étais aperçu que les talents culinaires de Burt ne dépassaient guère le stade des œufs au bacon. J'avais donc exprimé le désir d'être chargé des repas pendant la durée de mon séjour. Mon père avait été plus que ravi de me donner les clés de la salle de banquet. J'avais découvert par la même occasion qu'il n'y avait rien à manger dans la maison. Ainsi, j'avais emporté au lycée ma liste de commissions et du liquide pris dans un bocal étiqueté ARGENT DES COURSES. Je partais en expédition au supermarché du coin.

Je démarrai mon engin pétaradant sans tenir compte des têtes qui se tournaient dans ma direction et reculai prudemment avant de me glisser dans le flot de voitures qui attendaient de pouvoir sortir du parking. Tandis que je patientais, laissant entendre que les grondements assourdissants de ma Chevrolet venaient d'un autre véhicule que le mien, je vis les Anderson et les Berry monter dans leur voiture. C'était la Volvo neuve et rutilante. Comme par hasard. Jusque-là, je n'avais pas pris garde à leurs vêtements, trop fasciné par leurs visages. En les observant de plus près, je m'aperçus clairement qu'ils étaient habillés avec une élégance hors du commun ; des affaires toutes simples, mais qui revendiquaient avec subtilité des origines griffées. Ils se seraient baladés en haillons que ça n'aurait cependant rien changé à leur beauté et à leur allure remarquables. Tant de classe et de richesse à la fois pouvaient agacer, même si la vie, la plupart du temps, fonctionnait ainsi, hélas. En tout cas, leur apparence ne les aidait pas à s'intégrer dans l'univers du lycée.

Mais non ! Je ne croyais pas vraiment à un ostracisme. Leur isolement était sans doute un choix. Il était impensable que les portes ne s'ouvrissent pas devant tant de vénusté.

Comme tout le monde, ils examinèrent ma bruyante guimbarde lorsque je les dépassai, et je fus bien content de m'éloigner.

Le supermarché était tout proche de là, juste à la sortie suivante sur la quatre voies. Faire les courses fut agréable, normal. À Phoenix, c'était mon boulot, et je retombai dans cette routine familière avec plaisir. Le magasin était suffisamment grand pour que je n'entende plus le clapotis de la pluie sur le toit qui se chargeait de me rappeler où j'étais.

De retour à la maison, je rangeai les provisions, les entassant là où je trouvais de la place en espérant que Burt ne protesterait pas. J'enveloppai des pommes de terre dans du papier alu et les glissai au four, plongeai deux steaks dans une marinade et les fourrai au réfrigérateur, en équilibre sur une boîte d'oeufs.

Puis je montai mon sac à l'étage. Avant de commencer mes devoirs, j'enfilai un survêtement, et vérifiai mon mail pour la première fois. J'avais trois messages.

Kurt, m'écrivait ma mère, envoi-moi un mot dès que tu seras arrivé. Dis-moi comment s'est passé ton vol. Pleut-il ? Tu me manques déjà. J'ai presque terminé nos bagages pour la Floride, mais je ne retrouve pas mon corsage rose. Sais-tu où je l'ai mis ? Coucou de Will. Maman.

Avec un soupir, je consultai le suivant. Elle l'avait envoyé huit heures après le premier.

Kurt, fulminait-elle, pourquoi ne m'as-tu pas encore répondu ? Tu attends quoi ? Maman.

Le dernier datait du matin même.

Kurt Hummel, si je n'ai pas signe de toi d'ici 17 h 30 aujourd'hui, j'appelle Burt.

Je regardai mon réveil. J'avais encore une heure, mais ma mère n'était pas réputée pour sa patience.

Maman, écrivis-je, calme-toi. Inutile de grimper au plafond. Kurt.

Je l'expédiai, puis en rédigeai un nouveau.

Maman,

Tout va bien. Évidemment qu'il pleut. J'attendais d'avoir quelque chose à t'écrire. Le lycée, ça roule. Juste un peu répétitif. J'ai fait la connaissance de gens sympas avec qui je mange.

Ton corsage est chez le teinturier. Tu étais censée aller le chercher vendredi.

Burt m'a acheté une camionnette à plateau, tu y crois ? Je l'adore. Elle est vieille, mais super solide, ce qui est bien, tu sais, pour un mec comme moi.

Tu me manques aussi. Je te réécrirai bientôt, mais je n'ai pas l'intention de consulter mes mails toutes les cinq minutes. Détends-toi, respire, je t'aime. Kurt.

J'avais décidé de relire Les Hauts de Hurlevent – le roman que nous étudiions en anglais –, juste pour le plaisir, et c'est ce à quoi j'étais occupé quand Burt rentra du travail. J'avais oublié l'heure et me précipitai en bas pour sortir les patates et mettre la viande sous le gril.

— Kurt ? lança mon père en m'entendant dévaler l'escalier.

Qui d'autre ?

— Salut, papa ! Bienvenue !

— Merci.

Il accrocha son pistolet au portemanteau et se débarrassa de ses bottes tandis que je m'affairais dans la cuisine. À ma connaissance, il n'avait jamais utilisé son arme en service. Mais il l'avait sur lui. Lorsque j'étais petit, il avait pris l'habitude de retirer les balles dès qu'il franchissait le seuil. Il faut croire qu'il me considérait comme assez mûr à présent pour ne pas me tuer par accident et pas suffisamment dépressif pour me suicider.

— Qu'y a-t-il à dîner ? s'inquiéta-t-il.

Ma mère est une cuisinière pleine d'imagination dont les expériences ne sont pas toujours comestibles. Je fus surpris, et peiné, qu'il s'en souvînt encore.

— Steaks et pommes au four.

Réponse qui parut le soulager.

Il avait l'air embarrassé, debout dans la cuisine, les bras ballants. Aussi, il gagna le salon d'un pas lourd pour y regarder la télé pendant que je m'activais. C'était plus simple pour nous deux. Je préparai une salade tandis que la viande cuisait, puis mis le couvert. Lorsque tout fut prêt, je l'appelai, et il me rejoignit en reniflant avec gourmandise.

— Ça sent bon, Kurt.

— Merci.

Nous mangeâmes sans mot dire durant quelques minutes. Sans inconfort non plus. Le silence ne nous gênait ni l'un ni l'autre. D'une certaine manière, nous étions faits pour vivre ensemble.

— Alors, comment ça marche, au lycée ? demanda-t-il en se resservant. Tu as déjà sympathisé ?

— J'ai plusieurs cours en commun avec une fille, Quinn. Je déjeune avec ses copines. Il y a aussi ce garçon, Puck, très gentil. Tout le monde est plutôt accueillant.

À une exception, mais de taille.

— Ça doit être Noah Puckerman. Chouette môme, chouettes parents. Son père tient le magasin de sport qui se trouve à la sortie de la ville. Avec tous les randonneurs qui fréquentent le coin, les affaires marchent.

— Tu connais les Anderson ? risquai-je.

— La famille du médecin ? Bien sûr. Le docteur est un chic type.

— Ils... leurs enfants... sont un peu spéciaux. Ils n'ont pas l'air de s'être vraiment intégrés, au lycée.

La colère de Burt me prit au dépourvu.

— Ah, les gens d'ici ! grommela-t-il. Le docteur Anderson est un brillant chirurgien qui pourrait travailler dans n'importe quel hôpital et gagner dix fois plus. (Son ton monta.) Nous avons de la chance de l'avoir et que sa femme accepte de vivre dans une petite ville. C'est un grand atout pour notre communauté, et leurs gamins sont bien élevés et polis. À leur arrivée, j'avais des doutes. Des adolescents adoptés... Mais ils se sont révélés très mûrs, ils ne m'ont pas donné l'ombre d'un souci. Je ne peux pas en dire autant d'autres gosses qui vivent dans la région depuis des générations. En plus, ils sont très unis, un exemple pour nous tous. Ils partent camper un week-end sur deux... Mais parce que ce sont des étrangers, les habitants du cru se sentent obligés de cancaner. C'était le discours le plus long que je l'avais jamais entendu prononcer. Aucun doute, il supportait mal les racontars – quels qu'ils fussent – à propos des Cullen. Je fis machine arrière.

— Oh, ils ne m'ont pas semblé antipathiques. C'est juste qu'ils ne se mélangent pas. Ils sont drôlement beaux, ajoutai-je, désireux de me montrer positif.

— Tu verrais le docteur, plaisanta Burt, apaisé. Heureusement qu'il est heureux en ménage. Les infirmières ont du mal à se concentrer sur leur boulot quand il est dans les parages.

Le dîner s'acheva dans le calme. Burt débarrassa la table pendant que je m'attaquais à la vaisselle. Puis il retourna au salon et, ma corvée terminée – à la main, pas de machine –, je regagnai ma chambre en traînant des pieds à l'idée des exercices de maths qui m'y attendaient. Je voyais déjà se profiler une routine quotidienne.

Cette nuit-là fut enfin sereine. Je m'endormis rapidement, épuisé.

Le reste de la semaine se passa sans anicroche. Je m'habituais au train-train de mes cours. Le vendredi, j'étais à même de reconnaître, sinon d'identifier, presque tous les élèves du lycée. En gym, tandis que nos adversaires tentaient de profiter de ma faiblesse, mes partenaires apprirent à ne pas me passer le ballon. Pour ma part, je fus trop heureux de m'écarter de leur chemin.

Blaine Anderson ne revint pas en classe.

Chaque jour, je guettais avec anxiété le moment où le reste de la tribu entrait dans la cantine, sans lui. Alors seulement, je me détendais et me joignais à la conversation régnant à ma table. Elle tournait pour l'essentiel autour de l'excursion à l'Ocean Park de La Push que Puck projetait pour dans quinze jours. J'étais invité, et j'avais accepté, plus par politesse que par envie. À mes yeux, les plages se devaient d'allier chaleur et temps sec.

Le vendredi, c'est avec une décontraction parfaitement naturelle que je franchis la porte de ma classe de sciences nat, sans plus m'inquiéter de l'éventuelle présence de Blaine. Pour moi, il avait abandonné l'école. Je m'évertuais à ne pas penser à lui, même si je n'arrivais pas totalement à me chasser du crâne que j'étais responsable de sa disparition, aussi ridicule que cela semblât.

Mon premier week-end se déroula sans incident notoire. Burt, peu habitué à rester dans une maison d'ordinaire déserte, travailla presque tout le temps. Moi, je fis le ménage, m'avançai dans mes devoirs et écrivis à ma mère des mails faussement enjoués. Le samedi, je me rendis à la bibliothèque, mais le fonds était si maigre que je ne pris pas la peine de m'inscrire ; il allait falloir que je pousse très bientôt jusqu'à Olympia ou Seattle pour y trouver une bonne librairie. Je m'interrogeai vaguement sur la consommation de la camionnette... et fus prise de frissons.

La pluie tomba doucement et sans bruit, je n'eus pas d'insomnies.

Le lundi, des gens me saluèrent sur le parking. Des prénoms m'échappaient encore, mais j'agitai la main et souris à tout un chacun. Il faisait plus froid, ce matin-là, mais, ô joie, il ne pleuvait pas. En anglais, Puck prit sa place réservée à côté de moi. Nous eûmes droit à une interro surprise sur Les Hauts de Hurlevent. Facile, très facile.

L'un dans l'autre, je me sentais bien plus à l'aise que je n'aurais cru l'être au bout d'une seule semaine. Plus à l'aise que je n'avais jamais espéré l'être ici, en fait.

À la sortie du cours, l'air était saturé de traînées blanches qui tournoyaient. Les élèves s'interpellaient avec excitation. La brise me mordait les joues, le nez.

— Super ! s'écria Puck.

Je contemplai les lambeaux de coton duveteux qui s'accumulaient le long du trottoir et voletaient de façon erratique devant mes yeux. Adieu ma belle journée.

— Beurk !

— Tu n'aimes pas la neige ? s'exclama Puck, surpris.

— Non. Ça signifie qu'il fait trop froid pour pleuvoir. (Tu parles d'une évidence.) En plus, je croyais qu'elle se présentait sous la forme de beaux gros flocons bien propres. Là, on dirait les extrémités de cotons tiges.

— Tu n'as jamais vu la neige tomber ? me demanda-t-il, incrédule.

— Bien sûr que si. (Pause.) À la télé.

Il éclata de rire. C'est alors qu'une grosse boule molle et détrempée s'écrasa sur sa nuque. Nous nous retournâmes pour voir d'où elle venait. Je soupçonnai vite Mike, qui s'éloignait sans nous regarder en direction – la mauvaise – de son prochain cours. Puck était parvenu aux mêmes conclusions, car il ramassa un tas de bouillie blanche.

— Je te retrouve à la cafète, d'accord ? annonçai-je en m'en allant. Les gens qui se bombardent de trucs humides, très peu pour moi.

Les yeux rivés sur la silhouette d'Mike, il hocha le menton.

Toute la matinée, ce ne furent que discussions animées sur la neige. Apparemment, c'était la première chute de la saison. Je ne m'en mêlai pas. Certes, elle était moins humide que la pluie – jusqu'à ce qu'elle fonde dans vos chaussettes.

Lorsque je me rendis à la cantine avec Quinn, après notre cours d'espagnol, j'étais sur mes gardes. De la bouillasse volait de tous côtés. J'avais une chemise cartonnée à la main, et j'étais prêt à m'en servir comme d'un bouclier en cas de besoin. Quinn me trouva tordant, mais mon expression la retint de s'en prendre elle-même à moi.

Puck nous rattrapa à la porte, hilare. La glace prise dans ses cheveux dérangeait les pointes de sa coiffure. Lui et Quinn, énervés comme des gosses, évoquèrent la bataille de boules de neige tandis que nous prenions notre place dans la queue. Par habitude, j'inspectai la table du coin. Je me figeai sur place. Cinq personnes y étaient assises.

— Oh hé, Kurt ? (Quinn me tira par le bras.) Tu veux manger quoi ?

Je baissai les yeux ; mes oreilles étaient brûlantes. Je n'avais aucune raison d'être gêné, me rappelai-je. Je n'avais rien fait de mal.

— Qu'est-ce qui lui arrive, à Kurt ? demanda Puck à ma nouvelle amie.

— Rien, répondis-je. Je ne prendrai qu'une limonade, aujourd'hui.

Je rattrapai la file d'attente.

— Tu n'as pas faim ? s'inquiéta Quinn.

— Je suis un peu patraque, expliquai-je sans oser la regarder en face.

Je patientai pendant qu'ils se servaient, puis leur emboîtai le pas en direction d'une table, concentré sur mes pieds. Une fois installé, je bus lentement ma boisson, l'estomac en déroute. Deux fois, Puck s'enquit de ma santé avec une sollicitude démesurée. Je lui garantis que ce n'était rien, même si j'envisageai de jouer les malades et de me réfugier à l'infirmerie durant l'heure suivante.

N'importe quoi ! Je n'aurais pas dû me sentir obligé de fuir.

Je décidai de m'autoriser un coup d'œil à la famille Anderson. S'il me toisait avec hostilité, je sécherais la biologie, en vrai trouillard que j'étais. Je les épiai en catimini. Aucun d'eux ne nous observait. Je me redressai un peu. Ils riaient. Blaine, Brittany et Finn avaient le crâne couvert de glace fondue. Rachel et Santana s'étaient écartées de Finn qui s'ébrouait dans leur direction. Ils se réjouissaient de ce premier vrai jour d'hiver, comme tout le monde. Sauf qu'ils me donnèrent l'impression d'une scène de film. Et puis il y avait autre chose derrière ces rires et cette espièglerie. Une espèce de différence sur laquelle je n'arrivais pas à mettre le doigt. J'étudiai Blaine plus minutieusement que ses frères et sœurs. Sa peau était moins pâle, trouvai-je, peut-être rosie par l'excitation, et ses cernes s'étaient beaucoup estompés. Mais ce n'était pas ça non plus. Je me perdis dans des supputations, m'escrimant à identifier ce qui avait changé.

— Kurt, qui est-ce que tu fixes comme ça ? intervint soudain Quinn en suivant mon regard.

À cet instant précis, les yeux de Blaine rencontrèrent les miens. Aussitôt, je baissai la tête et m'abritai derrière Quinn. J'eus cependant la conviction que, au moment où nos prunelles s'étaient croisées, il n'avait pas semblé inamical ni dur, contrairement à notre dernière rencontre. Une fois encore, il m'était apparu curieux et bizarrement insatisfait.

— Blaine Anderson te mate, me chuchota Quinn en riant.

— Il n'a pas l'air furieux, hein ? ne pus-je m'empêcher de demander.

— Non, répondit-elle, déroutée par ma question. Il devrait ?

— Je crois qu'il ne m'apprécie guère, avouai-je.

Toujours aussi barbouillé, je posai ma tête sur mon bras.

— Les Anderson n'aiment personne... Enfin, disons qu'ils ne s'intéressent pas assez aux autres pour les aimer. En tout cas, il continue à t'admirer.

— Arrête de le regarder, sifflai-je.

Elle gloussa. Je soulevai le menton pour voir si elle obéissait, envisageant de recourir à la violence dans le cas contraire, mais elle s'exécuta.

Puis Puck se mêla à notre conversation. Il projetait une bataille de boules de neige épique sur le parking après les cours et nous invitait à nous joindre à lui. Quinn accepta avec enthousiasme. Sa façon de contempler Puck était transparente – elle était prête à faire tout ce qu'il voudrait. Je gardai le silence, envisageant déjà de me cacher au gymnase en attendant que le parking se vide.

Jusqu'à la fin du repas, je pris grand soin d'éviter de me tourner vers sa table. Après mûre réflexion, je décidai de relever le défi que je m'étais lancé : comme il avait semblé dénué de colère, j'irais en sciences nat. La perspective de m'asseoir une nouvelle fois à côté de lui déclencha des petits soubresauts apeurés dans mon ventre.

Je ne tenais pas trop à me rendre en cours avec Puck – visiblement, il constituait une cible appréciée des chahuteurs. Mais, arrivés à la porte, tous ceux qui m'entouraient grognèrent : il pleuvait, et la pluie emportait les ultimes traces de neige en ruisseaux glacés qui s'écoulaient dans les caniveaux. Je mis ma capuche, secrètement enchanté. Je pourrais rentrer directement à la maison après l'éducation physique. Puck, lui, ne cessa de se plaindre sur le chemin du bâtiment 4.

En classe, je constatai avec joie que la place à côté de la mienne était encore vide. M. Schuester déambulait dans la pièce, déposant un microscope et une boîte de lamelles sur chaque paillasse. Le cours ne commençant que dans quelques minutes, les bavardages allaient bon train. J'évitai de guetter la porte tout en gribouillant sur la couverture de mon cahier.

J'eus beau entendre très nettement qu'on tirait le tabouret voisin, je restai concentré sur mes dessins.

— Bonjour, murmura une voix harmonieuse.

Je redressai la tête, stupéfait qu'il m'eût adressé la parole. Il se tenait aussi loin que possible de moi, mais son siège était orienté dans ma direction. Ses cheveux mouillés dégouttaient, ébouriffés ; pourtant, il donnait l'impression de sortir d'une pub pour un gel coiffant. Son visage éblouissant était ouvert et cordial, un léger sourire étirait ses lèvres sans défaut. Seuls ses yeux restaient prudents.

— Je m'appelle Blaine Anderson, poursuivit-il. Je n'ai pas eu l'occasion de me présenter, la semaine dernière. Tu dois être Kurt Swan.

Soudain, j'étais perdu. Avais-je rêvé ? Car il était d'une politesse exquise, maintenant. Il attendait que je réagisse. Malheureusement, je ne trouvai rien de conventionnel à dire.

— D'où... d'où connais-tu mon nom ? bredouillai-je.

Il éclata d'un rire séduisant.

— Oh, ce n'est un secret pour personne. Tu étais attendu comme le messie, tu sais.

Je grimaçai, guère étonné.

— Ce n'est pas ça, m'enferrai-je bêtement. Pourquoi Swan ?

— Tu préfères Hummel ?

— Non, mais je pense que Burt... mon père... ne m'appelle pas autrement derrière mon dos. Du moins, c'est ainsi que tout le monde ici paraît me connaître, essayai-je d'expliquer, tout en ayant l'impression d'être un vraie crétin.

— Ah bon.

Il laissa tomber, et je détournai les yeux, penaud. Par bonheur, M. Schuester débuta son cours à cet instant, et je m'appliquai à suivre. Il nous expliqua que les lamelles des boîtes étaient mal rangées. Nous devions identifier les différentes étapes de la mitose à laquelle étaient soumises les racines d'oignons qu'elles renfermaient et rétablir l'ordre de la division cellulaire. Nous étions censés travailler à deux, reporter nos résultats sur le polycopié fourni, le tout en vingt minutes et sans utiliser nos livres.

— Allez-y, conclut M. Schuester.

— Les nouveaux d'abord ? me proposa Blaine.

Son sourire était si beau que je le dévisageai comme un idiot.

— À moins que tu préfères que je commence.

Le sourire se fana. Visiblement, il s'interrogeait sur mes capacités mentales.

— Non, protestai-je en piquant un fard, aucun problème.

C'était de la frime. Un peu. J'avais déjà mené cette expérience, et je savais quoi chercher. Ça devrait être facile. Prenant la première lamelle, je l'insérai sous le microscope et ajustai rapidement l'oculaire. Un coup d'œil me suffit.

— Prophase, décrétai-je avec assurance.

— Ça t'embête si je regarde ? intervint Blaine au moment où j'allais retirer la lamelle.

Sa main s'empara de la mienne pour arrêter mon geste. Ses doigts étaient glacés, à croire qu'il les avait plongés dans une congère juste avant le cours. Mais ce ne fut pas pour cela que je me libérai de son emprise à toute vitesse – son contact m'avait brûlé comme une décharge électrique.

— Désolé, marmonna-t-il en me lâchant aussitôt.

Il ne renonça pas pour autant à se saisir du microscope. Chancelant, je l'observai mener un examen encore plus rapide que le mien.

— Prophase, acquiesça-t-il en inscrivant soigneusement ce résultat dans la première case de l'imprimé.

Il positionna habilement la deuxième lamelle, à laquelle il n'accorda guère plus qu'une étude superficielle.

— Anaphase, annonça-t-il en écrivant.

— Je peux ? demandai-je d'une voix neutre.

Avec une moue narquoise, il fit glisser l'appareil vers moi. Je m'empressai de vérifier. Bon sang, il avait raison ! Je fus déçue.

— Troisième lamelle, exigeai-je en tendant la main sans le regarder.

Il me la passa en s'arrangeant pour ne pas toucher ma peau, cette fois. Je fus aussi bref que possible.

— Interphase, pronostiquai-je.

Je lui cédai le microscope avant qu'il ait eu le temps de le réclamer. Il contrôla mon verdict pour la forme puis le reporta sur le polycopié, ce que j'aurais pu faire pendant son observation, sauf que son écriture nette et élégante m'impressionnait. Je ne tenais pas à déparer la page avec mes pattes de mouche.

Nous eûmes fini bien avant les autres. Je vis Puck et sa partenaire comparer deux lamelles plusieurs fois de suite, et un des groupes de travail avait ouvert en douce son livre sous la table.

J'eus donc tout le loisir de m'obliger à ne pas dévisager mon voisin, sans succès. J'étais en train de le guigner quand je m'aperçus qu'il me contemplait avec cet air de frustration inexplicable qui m'avait déjà intrigué. Tout à coup, je crus deviner ce qui avait changé en lui.

— Tu portes des lentilles, non ? m'exclamai-je tout à trac.

Cette réflexion inattendue parut le désarçonner.

— Non.

— Ah bon, marmottai-je. Tes yeux sont différents, pourtant.

Haussant les épaules, il détourna la tête. Malgré tout, j'étais convaincu qu'il y avait quelque chose de nouveau en lui. Je gardais un souvenir très net de la noirceur terne de ses pupilles lorsqu'il m'avait toisé – une couleur qui tranchait sur sa pâleur et ses cheveux bouclés. Aujourd'hui, ses yeux avaient une teinte complètement autre : un ocre étrange, plus soutenu que du caramel mais panaché d'une nuance dorée identique. Je ne me l'expliquais pas, à moins qu'il m'eût menti à propos des lentilles. Pourquoi l'aurait-il fait, cependant ? Ou alors, Forks me rendait folle, au sens littéral du mot. Baissant les yeux, je remarquai qu'il serrait les poings.

Intrigué par notre inactivité, M. Schuester s'approcha de notre paillasse. Par-dessus nos épaules, il découvrit notre imprimé dûment complété et examina de plus près nos réponses.

— Laisse-moi deviner, Blaine, insinua-t-il, tu as estimé que Kurt Hummel ne méritait pas de toucher au microscope ?

— Swan, le corrigea automatiquement mon voisin. Et détrompez-vous, il en a identifié trois sur cinq.

M. Schuester s'adressa à moi, quelque peu sceptique.

— Tu as déjà travaillé là-dessus ?

— Pas avec des racines d'oignons, admis-je, embarrassé.

— De la blastula de féra ?

— Oui.

— Tu suivais un programme pour élèves avancés, à Phoenix ? devina-t-il en hochant le menton.

— Oui.

Il médita quelques instants.

— Eh bien, finit-il par déclarer, il n'est sans doute pas mauvais que vous deux soyez partenaires de labo.

Il s'éloigna en grommelant dans sa barbe. Je repris mes gribouillis.

— Dommage, pour la neige, hein ? me lança Blaine.

J'eus l'impression qu'il se forçait à faire la conversation. Une fois de plus, je cédai à la paranoïa – c'était comme s'il avait entendu l'échange que Quinn et moi avions eu à la cafétéria et qu'il essayait de prouver qu'il s'intéressait aux autres.

— Pas vraiment, répondis-je, choisissant la franchise.

Préoccupé par mes soupçons ridicules, j'avais du mal à être attentif.

— Tu n'aimes pas le froid.

C'était une affirmation.

— Ni l'humidité, renchéris-je.

— Tu dois difficilement supporter Forks, s'aventura-t-il.

— Tu n'imagines même pas à quel point.

Ces mots parurent le fasciner, ce qui me laissa pantois. Quant à son visage, il m'obsédait tellement que je devais m'interdire de le contempler plus que ne l'autorisait la courtoisie.

— Pourquoi es-tu venue t'installer ici, alors ?

Personne ne m'avait posé la question – en tout cas, pas de façon aussi directe.

— C'est... compliqué.

— Je devrais réussir à comprendre, persifla-t-il.

Je ne dis rien pendant un long moment, puis commis l'erreur de croiser son regard. Ses prunelles d'un or sombre me déstabilisèrent, et c'est sans réfléchir que j'acceptai de m'expliquer.

— Ma mère s'est remariée.

— Ça ne me paraît pas très compliqué, souligna-t-il. Quand est-ce arriver ?

— En septembre.

Même moi, je perçus la tristesse de ma voix.

— Et tu ne l'apprécies pas, conjectura Blaine sans se départir de sa gentillesse.

— Si, Will est chouette. Trop jeune, peut-être, mais sympa.

— Pourquoi n'es-tu pas resté avec eux, s'il est aussi agréable ?

Son intérêt me dépassait. Il me scrutait pourtant comme si ma pauvre vie était d'une importance fondamentale.

— Will voyage beaucoup. Il est joueur de base-ball professionnel, précisai-je avec un demi-sourire.

— Célèbre ? s'enquit-il en souriant à son tour.

— Non. Il n'est pas très bon. Juste des championnats de second ordre. Il se déplace pas mal.

— Et ta mère t'a expédiée ici afin de l'accompagner librement.

De nouveau, c'était une affirmation.

— Non, protestai-je, elle n'y est pour rien. C'est moi qui l'ai voulu.

— Je ne saisis pas, avoua-t-il en fronçant les sourcils.

Sa frustration me sembla démesurée. J'étouffai un soupir. Pourquoi prenais-je la peine de raconter ma vie ? Sûrement parce que l'intensité de sa curiosité ne faiblissait pas.

— Au début, repris-je, elle est restée avec moi. Mais il lui manquait. Elle était malheureuse... Bref, j'ai décidé qu'il était temps que je connaisse un peu mieux Burt.

Je prononçai ces dernières paroles avec des intonations sinistres.

— Et maintenant, c'est toi qui n'es pas heureux, en déduisit-il.

— La belle affaire !

— Ça n'est pas très juste.

— On ne te l'a donc jamais dit ? ripostai-je avec un ricanement amer. La vie est injuste.

— J'ai en effet l'impression d'avoir déjà entendu ça quelque part, admit-il sèchement.

— Inutile de se lamenter, par conséquent, conclus-je en me demandant pourquoi il me fixait ainsi.

— Tu donnes bien le change, murmura-t-il, appréciateur, mais je parie que tu souffres plus que tu ne le laisses voir.

Je le gratifiai d'une grimace, résistant difficilement à l'envie de lui tirer la langue comme un gamin de cinq ans, puis je détournai la tête.

— Je me trompe ?

Je l'ignorai. Difficilement.

— J'en étais sûr ! plastronna-t-il.

— Et en quoi ça te concerne, hein ? répliquai-je, acide.

Je refusais toujours de le regarder et me focalisai sur les rondes du prof dans la salle.

— Bonne question, chuchota-t-il, si doucement qu'il parut se parler à lui-même.

Le silence s'installa, et je devinai qu'il n'en dirait pas plus à ce sujet. Irrité, je fixai le tableau en fronçant les sourcils.

— Je t'agace ? demanda-t-il, l'air soudain amusé.

Sans réfléchir, je lui jetai un coup d'œil... et lui avouai la vérité, une fois de plus.

— Pas vraiment, maugréai-je. Je m'agace moi-même, plutôt. Je suis tellement transparent. Ma mère m'appelle son livre ouvert.

— Je ne suis pas d'accord. Je te trouve au contraire difficile à déchiffrer.

Malgré tout ce que je lui avais confessé et tout ce qu'il avait deviné seul, il était apparemment sincère.

— C'est que tu es bon lecteur.

— En général, oui.

Il m'adressa un large sourire qui dévoila une rangée de dents extra blanches et régulières. À cet instant, M. Schuester rappela la classe à l'ordre, et je me tournai vers lui, soulagé.

J'étais ébahi d'avoir révélé ma misérable existence à ce garçon étrange et superbe qui pouvait me mépriser ou pas au gré de ses humeurs. Il m'avait donné l'impression d'être subjugué par notre conversation, mais une brève vérification m'apprit qu'il s'était de nouveau éloigné de moi, et que ses mains agrippaient la table avec une évidente tension.

Je m'astreignis à écouter M. Schuester qui illustrait, transparents et rétroprojecteur à l'appui, ce que j'avais élucidé sans difficulté à l'aide du microscope. Hélas, j'avais l'esprit bien embrouillé.

Lorsque la cloche retentit enfin, Blaine se sauva, aussi vif et gracieux que le lundi. Et, comme ce jour-là, je le regardai s'éloigner avec stupeur. Puck se précipita vers moi pour porter mes livres à ma place. L'image d'un saint-bernard remuant la queue s'imposa à moi.

— C'était nul, grogna-t-il. Toutes ces lamelles se ressemblaient. Tu as de la chance d'avoir Anderson pour partenaire.

— L'exercice ne m'a posé aucun problème, rétorquai-je, piqué par ses insinuations. Et puis, j'avais déjà mené une expérience de ce type, ajoutai-je aussitôt, regrettant ma rebuffade et craignant de l'avoir blessé.

— Anderson a eu l'air plutôt sympa, aujourd'hui, commenta-t-il au moment où nous enfilions nos manteaux.

Et lui n'avait pas l'air très content.

— Je ne sais pas ce qui lui a pris la semaine dernière, éludai-je en jouant l'indifférence.

Sur le trajet du gymnase, je fus incapable de prêter l'oreille aux bavardages de Puck. L'heure d'éducation physique n'arrangea rien non plus. Ce jour-là, Puck était dans mon équipe. Chevaleresque, il défendit ma position et la sienne, et mes rêvasseries ne furent interrompues que lorsque c'était mon tour de servir – chaque fois, mes coéquipiers se baissèrent prudemment.

La pluie n'était plus qu'un brouillard quand j'émergeai sur le parking, mais je fus heureux de gagner l'abri de ma Chevrolet. Je mis en marche le chauffage, pour une fois insoucieux du rugissement abêtissant du moteur, déboutonnai mon coupe-vent, rabattis le capuchon et ébouriffai mes cheveux.

J'inspectais les alentours afin de m'assurer que la voie était libre lorsque je remarquai une silhouette blanche et immobile. Blaine Anderson s'appuyait contre la porte avant de la Volvo, à trois voitures de là, et me fixait. Aussitôt, je fis marche arrière, manquant, dans ma hâte, d'emboutir une Toyota Corolla rouillée. Heureusement pour elle, j'enfonçai la pédale de frein à temps. C'était exactement le genre de véhicule que ma camionnette aurait réduit en bouillie. Je pris une profonde inspiration et, veillant avec application à ne pas le regarder, je repris ma manœuvre, avec plus de succès ce coup-ci. Raide comme un piquet, je dépassai la Volvo – j'aurais juré que Blaine riait.


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