Bonjour à tous.

Pour fêter cette fin d'année 2011, je vous poste le nouveau chapitre avec un jour d'avance sur la date de sortie prévue.

Je remercie tous les lecteurs et ceux qui laissent des reviews, ça fait très plaisir.

Bonne lecture à tous et bons voeux pour l'année nouvelle.

Disclaimer : Harry Potter est à J.K. Rowling. Audrey est à moi.


Chapitre 3 : Mise au point avec les Dursley

En ce dernier jour ensoleillé du mois de juin, la gare de King's Cross était bondée, comme les années précédentes pour ne pas changer. Des gens s'agitaient dans tous les sens, trainants de lourdes valises alors que leurs pas claquaient sur le béton des quais. Certains avaient l'air anxieux, perdus, regardant fébrilement autour d'eux pour trouver le bon quai avant le départ de leur train, tandis que d'autres se sentaient plus à l'aise, criant dans leurs téléphones portables pour se faire entendre au milieu des sifflets, des bruits de vapeur et des annonces impersonnelles qui retentissaient dans les haut-parleurs.

Les gens étaient tellement pressés qu'ils ne faisaient même pas attention au groupe assez hétéroclite qui semblait être arrivé de nulle part, comme s'ils étaient magiquement sorti du pilier séparant les voies 9 et 10. Les rares Moldus à s'apercevoir de quelque chose mettaient toujours ça sur le compte du stress, de la fatigue ou même sur une illusion due à l'éblouissante réverbération du soleil à travers les grandes vitres crasseuses. Voyons, pensaient-ils, la magie n'existait pas !

Ginny Weasley se jeta dans les bras de sa mère, une femme rousse et replète au sourire maternel. Les jumeaux qui la suivaient étaient aux anges, puisqu'ils avaient appris une chose très intéressante sur leur frère Percy et sur sa relation avec une certaine Pénélope Deauclaire. Ils semblaient ravis de ces nouvelles et avaient des sourires trop innocents pour être honnêtes, un peu comme si Noël était arrivé avec six mois d'avance.

Hermione Granger fut accueillie par ses parents, un couple de dentistes bien habillés qui avaient des sourires éblouissants. D'ailleurs, quant on les voyait ensemble, on se demandait vraiment d'où leur fille pouvait tenir ses cheveux indomptables. En tout cas, elle avait les mêmes yeux que son paternel, constata Harry. Ils sont d'une splendide couleur caramel, songea t-il en rougissant légèrement.

Plus loin, comme s'il voulait se faire discret, un homme de forte corpulence avec une moustache frémissante scrutait nerveusement les environs, semblant visiblement craindre que quelqu'un aperçoive sa présence en ces lieux. Sa lèvre se souleva en un rictus mauvais, lorsqu'il posa ses yeux sur le petit brun malingre accompagné d'une femme à la peau assez pâle. Son épouse, qui ressemblait à un sac d'os au cou démesurément long, avait une moue pincée qui la faisait ressembler à une oie.

- Dépêches toi, garçon, ordonna t-il assez abruptement en s'adressant à son neveu avec le même respect qu'à un chien. Dudley nous attend dans la voiture. Et … qui est cette femme ? demanda t-il. Fait-elle partie … de ta bande ? chuchota Vernon avec frayeur.

- Bonjour aussi, mon oncle, répondit Harry avec insolence. Voici Audrey, ma suivante. Elle va rester avec moi.

- Hors de question ! hurla t-il avant de s'apercevoir que plusieurs personnes s'étaient retournées, le dévisageant fixement. Je … euh, je refuse qu'un autre monstre vive sous mon toit, chuchota t-il discrètement, effrayé par l'idée d'être au centre des attentions.

- Ce n'est pas négociable, siffla froidement Audrey. Je reste avec maître Harry, que ça vous plaise ou non. Croyez bien que je ne suis pas du tout enchantée de la situation, mais je peux toujours vous donner quelques raisons de ne pas me mettre davantage en colère.

Pour appuyer sa menace, elle dévoila deux canines légèrement allongées, brillantes d'un liquide pourpre, alors qu'elle sortit légèrement sa langue avec un petit sifflement.

- Si vous voulez avoir une autre raison, poursuivit-elle avec un air hautain, je peux toujours vous le faire comprendre d'une autre manière, insista t-elle en mimant un geste de baguette.

L'homme au teint rouge et au cou de bœuf pâlit soudainement. Il accepta de mauvaise grâce, tout en priant pour que les voisins ne se rendent compte de rien.

Le trajet dans la voiture fut long et pénible. Personne n'osait parler, ni même faire la moindre remarque à Harry. Dans un sens, il n'avait pas à subir de commentaires méprisants, mais d'un autre, c'était un peu déprimant. Comme s'il n'était rien et qu'il n'existait pas, qu'il ne valait pas la peine qu'on s'adresse à lui.

Audrey n'avait pas quitté la fenêtre des yeux. Elle savait que le monde avait changé, elle en avait eu beaucoup d'informations grâce à sa connexion avec Poudlard, mais connaître et voir le monde était deux choses différentes. Si elle ne se forçait pas à garder une expression neutre, elle aurait été comme une gamine excitée qui découvrait un autre monde. Il faut dire que les grands buildings couverts de verre formant le quartier de la City et les grands bâtiments victoriens n'étaient pas vraiment courants en l'an mil.

Malgré les signes évidents de modernité, la campagne anglaise n'avait pas énormément changé. Les routes passsaient autour d'une campagne toujours aussi verte, organisée autour de petites chaumières près de bois regorgeant de gibier. Enfin un signe intemporel de l'existence d'une noblesse millénaire. Une noblesse dont son maître ferait bientôt partie.

La maison de l'oncle de Harry, au 4, Privet Drive, était une maison absolument identique aux autres, ce qui en disait long sur le conformisme et le manque d'originalité de ses occupants. L'homme à la morphologie de morse eut du mal à ouvrir la porte, cherchant fébrilement ses clés, paniqué à l'idée qu'un voisin ne l'épie. Audrey monta instantanément la valise de cuir défraichie de son maître dans la plus petite chambre de la maison. Notant la chatière dans le bas de la porte, elle trouva cet équipement suspect puisque sa langue bifide n'avait pas capté la moindre présence de félin dans cette demeure. Toute cette maison était trop propre, puant le désinfectant, sinistrement aseptisée, montrant la maniaquerie de Pétunia qui avait peur de se salir.

C'est pas possible, songea la femme-serpent. Cet équipement n'était quand même pas destiné à Harry ? Ils n'osaient tout de même pas le cloitrer là dedans et le nourrir par ce trou ?

Elle redescendit immédiatement les escaliers, une sourde colère bouillonnant en elle, et eut un aperçu saisissant du caractère de Vernon Dursley.

- Maintenant écoutes moi bien, garçon, fit l'homme à la moustache touffue. Je ne veux pas que cette fille sorte de ta chambre. Quant à toi, tu y seras consigné, sauf pour faire les taches ménagères. Tu entends, je ne veux pas voir ce monstre se promener chez moi !

- Oh c'est dommage, siffla Audrey qui était arrivée aussi silencieusement qu'un serpent en chasse, parce que je comptais justement avoir une petite discussion. Ferme la porte, ordonna t-elle à Dudley qui obéit aussitôt face à ce regard jaune et perçant. Vous êtes des imbéciles, haineux et pitoyables, ajouta t-elle à l'intention des deux adultes, alors qu'elle prenait place sur le fauteuil immaculé que Pétunia avait nettoyé il y a peu, notant une grimace de la part de la blonde aux visage osseux. Vous ressemblez aux Moldus de l'an mil et je pense que vous ne changerez plus votre comportement odieux. Asseyez-vous, dit-elle en montrant les deux autres fauteuils.

- Comment oses-tu me parler ainsi, sous mon toit ! enragea Vernon dont les narines frémissaient.

-Silence, ordonna t'elle en usant involontairement du Fourchelang. Asseyez-vous, ordonna t-elle en sifflant. Maintenant !

Paniqués, les deux adultes obéirent précipitamment, avant de constater qu'elle n'avait pas ce bâton ridicule pour lancer des sorts. Leurs regards se croisèrent, alors qu'ils échafaudaient un plan.

- Inutile de lutter, ajouta Audrey, je n'ai pas besoin de baguette magique pour vous vaincre. Un seul regard de ma part, ou une seule morsure, et l'un de vous meurt. Vernon, tu t'adresseras désormais à mon maître, Lord Serpentard, avec le respect qu'on doit à un homme de son rang, fut-il ton neveu. Quant à ce que tu appelles une maison, pour moi, ce n'est qu'un abri qui doit servir à protéger mon maître d'un maniaque psychotique qui a un sacré complexe, du à sa famille. Hélas, on ne choisit pas sa famille, je le vois bien. C'est compris ?

Vernon hocha de la tête, pâle comme un linge, alors que sa femme aux joues creuses tremblait légèrement.

- Ensuite, j'en viens à toi, Pétunia. En ce qui concernes les tâches ménagères, demandes à Dudley de les faire. Je pense que ça ferait du bien à ton cachalot de fils de suer un peu sous le soleil pour perdre le saindoux qu'il a sur le ventre. Dernière chose, nous mangerons à notre faim et nous ne serons jamais enfermés dans la chambre, sinon je défonce la porte et nous irons occuper la chambre vide qui ne sert presque jamais. C'est compris ? demanda t-elle une nouvelle fois en posant ses yeux inquisiteurs sur les Dursley qui restaient pétrifiés, sous le regard incrédule de Harry, resté figé dans le couloir, alors qu'il se souvenait de l'effet similaire causé par les menaces de Hagrid.

Audrey se retira calmement, suivant silencieusement Harry qui regagnait sa chambre, sans même adresser un regard à sa famille, ni même au placard sous l'escalier dont la quatrième marche grinçait. Dès que la porte de la petite chambre fut refermée, la femme s'inclina profondément.

- Veuillez me pardonner, maître, j'ai agi envers votre famille sans vous en demander la permission. Punissez moi si j'ai fauté, mais je ne pouvais supporter la façon dont ils vous traitaient.

- C'est bien, relèves toi, dit Harry. C'est plutôt à moi de te remercier d'avoir clarifié les choses. Au moins, j'échappe aux corvées. En plus, je te fais confiance pour gérer ces choses là, tu te débrouilles mieux que moi. Mais j'aimerais que tu cesses de m'appeler maître, c'est gênant.

- Mais vous êtes mon maître, maître. Je suis liée à votre magie et je me dois de vous servir. Je pourrais vous appeler monseigneur en public, si vous le désirez.

- C'est bien, dit Harry en haussant les épaules pour ne pas se prendre la tête.

Le jeune adolescent se décida à ranger sa valise, prenant tout son temps pour le faire. Il avait encore deux mois à tuer et même en sachant qu'il devrait faire ses devoirs de vacances, il savait qu'il passerait encore beaucoup de temps à regarder le plafond.

Harry regarda distraitement la petite bibliothèque occupée par une série de livres qu'il avait déjà tous lus, les seules choses intactes au milieu de l'amas de jouets détruits par Dudley, puisqu'il n'y avait jamais touché. Un coup d'œil sur la vieille horloge tictaquant inlassablement lui apprit qu'il serait bientôt l'heure de diner, Pétunia préparait toujours le repas pour sept heures tapantes.

A sept heures pile, la voix aigüe de sa tante monta dans les étages. On entendit le pas lourd de Dudley courir dans le couloir et dévaler les marches plus rapidement qu'un sprinteur aux Jeux Olympiques.

Harry descendit l'escalier, toujours suivi par sa servante et sa longue robe. La tante Pétunia guettait la descente des deux étranges occupants, son long cou tendu à l'extrême pour scruter les alentours.

Vernon était avachi dans son fauteuil, grimaçant de dégoût et faisant tout pour ne pas croiser ces deux là plus que nécessaire, alors que Dudley ne s'en préoccupait absolument pas, trop occupé à saliver sur le généreux rôti d'agneau, entouré de pommes de terre au four, le tout noyé dans une couche généreuse de sauce.

Pour la première fois qu'il habitait chez les Dursley, Harry n'eut aucune hésitation à se servir une généreuse portion du plat. Malgré le regard désapprobateur de Pétunia, qui avait du mal à porter sa fourchette à sa bouche, il ne se soucia pas de ce qu'elle pensait. Alors qu'il dégustait une pomme dorée à point, le jeune homme regarda derrière lui et vit Audrey se tenir debout, toujours raide.

- Tu ne manges pas ? demanda t-il à l'animagus restée statique derrière lui.

- Ce serait inconvenant d'être à votre table, répondit-elle. Je prendrais quelque chose quand vous dormirez ou que vous n'aurez pas besoin de moi.

- Hors de question, coupa Harry. Assieds toi et mange. Tu viendras me rejoindre dans ma chambre quand tu auras terminé. Uniquement quand tu auras fini, rajouta t-il par précaution. C'est un ordre, ajouta t-il après quelques secondes d'attente.

Après un léger arc, Audrey prit place à sa droite, arrachant une des généreuses cuisses de l'animal pour la mettre dans son assiette. Le goût était bon et même si ça ne valait pas la nourriture qu'elle avait eue quand elle se servait dans les cuisines de Poudlard, ça la changeait des rats de la Chambre des Secrets.

La servante avait même fini son assiette en même temps que Dudley, ce qui était un exploit. Le grassouillet cousin de Harry était toujours le premier à se jeter sur sa nourriture, engloutissant tellement en une bouchée qu'il était aisément comparable à un porc. Pourtant, son appétit vorace n'avait pas pu doubler la capacité de la demi-basilic à écarter sa mâchoire pour avaler beaucoup de choses, ainsi que les puissantes capacités de son estomac à dissoudre les os de l'animal.

Le soir, Harry n'eut même pas à faire la vaisselle, rompant sa routine fixée comme une horloge et il put tranquillement commencer ses devoirs de vacances sans avoir à crocheter la serrure du placard en douce, puisque sa valise n'avait pas été enfermée dans ce placard sous l'escalier. Il avait décidé de commencer son essai d'Histoire de la Magie, se concentrant sur la plus ennuyeuse matière. Ce n'est pas qu'il n'aimait pas l'Histoire, il avait apprécié cette matière à l'école primaire, mais Binns avait le don de rendre chaque enseignement ennuyant à mourir, exploit sans doute lié au fait qu'on aurait du l'exorciser depuis longtemps. Alors que Harry lisait son manuel d'Histoire de la Magie, se concentrant plus particulièrement sur le cas de Gwendoline la Fantasque, il tendit distraitement l'oreille et entendit la douche cesser de couler.

Se retournant, il vit sa servante revenir avec les cheveux encore humides. Même propre, elle dégageait toujours un agréable parfum de forêt humide et d'herbe fraîchement coupée. Elle portait une robe, noire pour changer, mais qui était plus légère que ses habituelles tenues. Harry nota distraitement la queue de couleur jade qui dépassait du bas de sa tenue raccourcie.

- Audrey, fit-il avec gêne. Ne laisse pas dépasser ton … appendice caudal.

La jeune femme rougit légèrement, camouflant plus soigneusement toute partie de son corps qui n'était vraiment pas conciliable avec une anatomie humaine convenable, avant de sortir un léger plaid qu'elle disposa sur le sol.

- Vous avez besoin de mon aide, maître ? demanda t-elle en regardant Harry plancher sur un de ses devoirs.

Harry refusa poliment, sachant parfaitement qu'il devait se débrouiller seul s'il voulait s'améliorer. En plus, il avait l'habitude de ne pas être aidé quand il travaillait chez lui.

- Tu ne comptes pas dormir sur le sol, j'espère ? s'exclama le brun alors qu'il comprit ce qu'elle faisait avec cette couverture. Avant que tu ne me dises que ce ne serait pas convenable, ajouta t-il alors qu'elle avait ouvert la bouche et se préparait à répliquer, je veux que tu dormes sur le lit. Il est suffisamment grand pour nous deux, alors profitons en.

Une lueur étrange apparut dans les yeux de la femme, mêlant de la stupeur avec une pointe de désir.

- Si c'est ce que vous désirez, maître, susurra t-elle avec malice.

- Juste dormir, rien d'autre, ajouta précipitamment Harry alors qu'il comprenait parfaitement le sous entendu glissé par sa servante, prête à répondre au moindre de ses ordres.

Ce soir là, le jeune adolescent s'endormit rapidement, entendant le souffle calme d'Audrey qui dormait dans son dos, sans se départir de sa vigilance. Pour la première fois de sa vie, Harry Potter se sentait bien au 4, Privet Drive.