Désolée pour le retard, un bug de ffn a malheureusement empêché toute publication pendant quelques jours. Sincérement merci à Jenny-chana sans qui je n'aurais pas trouvée de solution pour publier aujourd'hui.

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3 Requête et sortie.

Harry monta à la suite de Snape et sentit son estomac se retourner, une rage féroce le rongeait au fur et à mesure qu'il grimpait ces foutus escaliers. Peste soit de cette femme qui avait besoin de son aide ! Il l'aurait bien laissé crever s'il n'y avait pas eu cet enfant dans son ventre, un enfant de qui d'ailleurs ? De Snape, qui se souciait beaucoup trop de son sort ? De son mari, Rodolphus Lestrange ? De Voldemort ? D'un autre quidam assez fou pour l'avoir côtoyé et baisé ?

Harry aurait préféré éviter de replonger dans ça, à tous les coups ses nuits allaient s'en ressentir plus virulemment. Ca l'étouffait de ressentir le mal et de voir le sang, il pouvait en devenir incontrôlable, impossible à gérer parfois. Personne ne savait ce qu'il vivait puisqu'il prenait bien soin de le cacher. Il ne s'en était pas sorti sans heurt, du meurtre de Voldemort et de la bataille, une bataille qu'il avait remportée, certes, mais qui avait laissée des séquelles en lui. Et puis il voulait éviter à Sirius des tracas supplémentaires, surtout que l'animagus n'était pas encore lui-même depuis sa sortie de derrière le voile maudit.

Le maraudeur restait parfois des heures seul à ruminer, Remus ne le laissait jamais trop longtemps isolé dans son coin. Maintenant, depuis un à deux jours, Sirius allait un peu mieux, on le voyait car parfois un rire réapparaissait sur ses lèvres, et Harry avait peur qu'il ne se rende compte qu'il n'allait pas bien. Remus il en faisait son affaire.

Si les deux maraudeurs savaient qu'il était en souffrance ils le materneraient encore plus, alors il se taisait et mettait un sort de silence sur sa chambre pendant la nuit pour taire ses cris de douleur et ses gémissements d'horreur.

L'homme aux sombres robes devant lui ouvrit la porte de la chambre et Harry le suivit à contrecœur. Il bouillait littéralement de colère et de rancune, c'était plus fort que lui il ne pouvait s'en empêcher, ce qui amena immanquablement encore une fois sa magie à se manifester.

-Calmez-vous, Potter, le reprit le maître des potions en se retournant vers lui quand il entendit des crépitements caractéristiques. Vous suintez la haine et la colère par tous les pores de votre peau, sans parler de votre magie, êtes-vous donc incapable de la retenir ?

-Et alors, qu'est-ce que ça peut bien vous foutre ! C'est ce que je ressens dans ce cas pourquoi je ne pourrais pas le montrer ?

-Comme vous voulez, après tout ceci vous regarde, répondit calmement le professeur en avançant près de l'endroit où gisait la femme qui s'accrochait désespérément aux montants du lit pour se retenir de hurler.

D'accord elle avait mal, pensa le survivant en essayant de se calmer le plus possible. Elle ne pouvait pas feindre la douleur, quoiqu'avec la folle il fallait s'attendre à tout.

Harry s'approcha à son tour et bien qu'il soit dégoûté, presque au bord de la nausée, il posa d'autorité une main sur le front de la femme afin de déterminer d'où venait ce mal qui la rongeait comme Snape le laissait supposer, et il n'avait pas intérêt à lui avoir menti sur ce coup-là, ce bougre d'imbécile.

Le jeune homme resta un long moment à laisser sa magie agir et chercher la source du problème, et enfin au bout de cinq minutes il fut capable de voir la douleur, de la cibler et enfin de l'arrêter en posant ses mains sur les tempes de Bellatrix Lestrange qui poussa un soupir de soulagement quand ses membres se détendirent dans une bienfaisante douceur.

Le survivant vit que Snape avait raison, la mangemort ne vivra plus très longtemps, trois semaines, quinze jours, peut-être même moins. Il ne pouvait pas dire qu'il aura de la peine ce jour-là, elle n'avait que ce qu'elle méritait, la…..pourriture. Un juste retour des choses pour payer tous ses ignobles crimes perpétrés au nom des sangs purs. Harry avait aussi vu que l'enfant n'était pas de Snape ni du Lord Noir, Dieu merci ! ne restait plus que Rodolphus Lestrange pour le bien de tous. Amen.

Sans plus se préoccuper de Bellatrix et de Snape, Harry sortit de la chambre presque en courant, il avait besoin de se laver les mains de toute urgence. Il savait bien qu'il devait donner au professeur des explications, lui dire que ce sera tout à fait normal qu'elle dorme deux heures, qu'il faudra qu'il revienne de temps à autre pour refaire agir sa magie, et ce deux fois par jour. Il faudra aussi qu'il lui dise que le bébé se portait bien mais que la mère était au plus mal, mais ça Snape devait certainement le savoir.

Harry descendit les escaliers en pensant, pour s'évader l'esprit, à la sortie de ce soir. Une sortie qu'il allait faire comme presque tous les week-ends avec Draco quand ils en avaient la possibilité. Le jeune homme n'avait trouvé que ça pour sortir les idées folles de sa tête et s'empêcher de se détruire à petit feu, même si c'est ce qui se passait inexorablement en lui.

Draco et lui avaient décidés de se rendre une fois de plus dans une boîte sorcière, un endroit qu'ils connaissaient bien et qui regroupait un monde hétéroclite constitué de gays et d'hétéros, gay pour Draco et hétéro pour lui.

Ils allaient encore passer une soirée et une nuit d'enfer, ils allaient se déhancher sur une musique entraînante et draguer tout ce qui sera à leur portée. Draco ramènera un mec et lui une fille, comme d'habitude quoi ! Evidemment au début Remus avait un peu râlé et puis Sirius avait intercédé en leur faveur, mais même sans ça quand Harry avait décidé de quelque chose rien ne le faisait changer d'avis, même pas Remus qui pouvait être impressionnant parfois quand il se mettait en colère.

Draco était devenu accro à ces sorties, tout comme Harry. Ces deux-là étaient inséparables depuis qu'ils avaient appris à mieux se connaître, c'était un duo charmeur et dragueur qui sillonnait les boîtes de Londres, sorcière ou non.

Le survivant retourna dans la cuisine et attendit que Snape le rejoigne, en attendant il se lava les mains énergiquement pour effacer l'odeur de la folle et se prépara un énième thé avant de s'assoir à côté de son parrain qui le regardait sans rien dire.

-Tu as bien fait, déclara le maraudeur à qui Remus avait raconté pour Bellatrix et le bébé. Je sais que tu as pris sur toi et c'est tout à ton honneur.

-Avais-je vraiment le choix ?

-Non, et Severus savait que tu n'allais pas refuser.

-Bien sûr qu'il le savait, dommage que Remus ait été là sinon j'aurai pu le faire mariner un peu plus.

-Je n'en doute pas, Potter ! dit l'homme qui venait de rentrer dans la pièce, je remercierai le loup pour ça.

-Vous avez une dette envers moi, le coupa presque Harry en le regardant droit dans les yeux. J'espère que vous n'avez pas cru que je faisais ça pour vos beaux yeux ?

-Je n'en attendais pas moins de vous et je savais que vous me le feriez payer, Un fils ne change pas de son père, Potter.

-Arrêtez de toujours mêler mon père dans nos conversations, vous n'en avez pas marre à la fin !

-Non, tant que cela vous fera sortir de vos gonds je ne vois pas pourquoi j'arrêterai, jubila Snape en voyant que Harry perdait son flegme et se levait de table en claquant violemment sa tasse de thé sur la table par dépit.

Le silence s'éternisa, même Sirius ne dit rien, il préférait laisser ces deux-là se disputer à leur guise. Il sentait bien que ce n'était plus comme avant, que malgré leur hargne, une infime ...il ne savait quoi exactement, s'installait entre ces deux têtes de mule. Oui il se passait quelque chose, surtout venant du côté de Snivellus, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

Ca ne voulait pas dire qu'il n'allait pas continuer à titiller Snape, mais bon pour l'instant il préférait laisser Harry gérer à sa guise le maître des potions.

-Quelle sera votre requête en contrepartie de votre aide ? demanda Snape en se servant lui aussi une tasse de thé qui aura peut-être le mérite de le calmer lui et ses nerfs que le morveux mettait à rude épreuve.

-Je vous en ferais part en temps et en heure, ne vous faites pas de souci pour ça, Snape, répondit Harry en se faisant recoller les morceaux de la tasse qu'il avait brisés.

-Donc vous avez une idée exacte de votre demande ?

-Oui, je sais, et comme je viens de vous le dire vous le saurez plus tard, quand je le déciderai.

-Avec ça je suis bien avancé !

-Sirius ? Sourit Harry en ne se préoccupant plus du maître des potions. Ce soir je sors et...

-D'accord, je fais comme tous les week-ends, rigola le maraudeur. Je surveille tes arrières ainsi que ceux de Draco quand vous rentrerez tard dans la nuit, et je n'oublierais pas de jeter un sort d'oubliette sur la fille qui aura passée un moment dans tes bras afin qu'elle n'aille pas raconter ce qui ce passe ici. Sans oublier le mec de Draco bien entendu. Plus la peine de me le dire maintenant, je sais quoi faire quand vous sortez tous les deux.

-Siri, tu sais que j'ai jeté un sort sur la maison, aussitôt qu'il ou elle sort du square ils oublient tout.

-Oh ! c'est vrai, où avais-je la tête !

-Non, je voulais te demander si tu ne voulais pas venir avec nous, ça te changerais les idées tu sais ! Une petite sortie à trois, ça te dit pas ? On ne fera rien d'extraordinaire si tu veux, juste une sortie, hein ?

-Je ne sais pas, c'est si...

-Tu vas mieux maintenant, non ? Tu devrais venir avec nous et voir autre chose que les quatre murs de cette maison.

-Peut-être, je verrais, je te dirais ça cette après-midi.

Harry se leva et passa près de Sirius puis se pencha sur lui.

-Tu vas voir ça va être l'éclate totale, tu vas t'amuser comme un fou avec nous, et Scott sera là, ajouta-t-il en faisant un clin d'œil à son parrain.

-Que Scott soit là ou pas ne me fera pas changer d'avis, Harry !

Ainsi Potter sortait le soir, pensa le ténébreux maître des potions qui n'était pas au courant de ce fait. Ce morveux allait dans des boîtes sorcières et dansait toute la nuit, il se dépravait avec des filles. Ah ! Il était beau le héros du monde magique qui l'avait injustement accusé de se dévergonder avec les demoiselles de Luciole Folie's ! ronchonna avec sa mauvaise foi coutumière le professeur aux yeux sombres qui regarda malgré lui le corps du survivant, un corps magnifique soi-dit en passant, et qui devait attirer de nombreuses convoitises.

-Où vas-tu ? S'enquit Sirius en voyant son filleul endosser sa cape.

-Je vais faire un tour chez les aurors, je vais à la pêche aux renseignements et voir si vraiment la perquisition aura lieu, je veux juste être certain, tu sais que j'aime être au courant des manigances du ministère ? Je rentrerais à temps pour t'aider à faire le déjeuner, t'inquiète !

Harry transplana au quartier général des aurors et alla directement dans le bureau de Ron. Le roux le renseignait quand il avait des infos spéciales, il savait parfaitement ce que Harry faisait au square, ils en avaient parlé longuement tous les deux et Ronald qui avait beaucoup changé de par la bataille et les manigances de Fudge avait décidé d'aider son ami et de le couvrir autant qu'il le pourrait.

Bon c'est vrai qu'au début il avait un peu tiqué quand il avait parlé d'aider les mangemorts, mais quand il s'était aperçu que ces hommes et femmes repentis, ceux qui les avaient aidé contre Voldemort, ceux qui avaient été espions pour l'ordre comme Malfoy, même s'il ne les tenait pas dans son cœur, étaient éliminés un par un dans les geôles d'Azkaban depuis plus d'un mois. ça le rendait fou furieux contre les imbéciles du ministère. Bien évidemment qu'ils avaient des torts, ces mangemorts, mais qui n'en avait pas dans cette foutue bataille ? Même le ministre en avait.

Heureusement c'était le dernier mandat de Cornélius Fudge, et tout le monde s'accordait à dire qu'il ne serait pas réélu et qu'Amélia Bones avait toute ses chances d'être à la tête du monde magique d'ici quelques semaines. Et Harry et Ron, ainsi que Dumbledore, savaient que la vie deviendrait plus facile pour ces exilés qui pourraient enfin sortir de leur trou ou rentrer chez eux pour recommencer une autre vie. La passation de Fudge à Amélia bones rendra la vie plus facile pour les simples sorciers qui supportaient de plus en plus souvent l'abus d'un ministre avide de galions et de renommée.

Le survivant salua quelques connaissances puis tapa à la porte du bureau de son ami et entra quand il entendit un, ouais, ronchonneur.

-Je vois que tu es de bonne humeur ce matin, sourit Harry en refermant la porte derrière lui.

-Ces paperasses me rendront fou, non mais regarde-moi tous ces dossiers ! Non seulement on doit remplir nos missions mais en plus ils exigent des rapports à la longueur impressionnante, pas croyable ça !

-L'administration, Ron, tu ne peux rien faire contre ça, c'est partout pareille crois-moi.

-Je te crois volontiers !

-Engage une secrétaire, proposa le Gryffondor aux yeux verts rieurs.

-Pas les moyens, bougonna le roux en repoussant ses parchemins comme s'il s'agissait d'une bouse de dragon malodorante. Au faite, je suis content que tu sois venu, j'allais passer vous voir mais puisque tu es là autant te le dire maintenant, Fudge a bien prévu une perquisition pleine et entière du Chemin de Traverse et de Pré-au-Lard, ce soir ou demain matin, seulement les bruits de couloir disent que cela pourrait s'effectuer plus tôt que cela, méfie-toi, Harry, ce foutu Cornélius est un rusé même s'il n'en donne pas l'air.

-Je sais de quoi il est capable, et j'ai mis nos...amis à l'abri, j'en ai même récupéré d'autres qui auraient étés en danger si je ne l'avais pas fait, ajouta Harry avec une grimace.

-Qui as-tu aidé cette fois ?

-Snape, dit Harry en sachant qu'après le sort de silence qu'il venait de lancer sur la pièce personne ne serait capable de les entendre.

-Snape ! Donc ce filou cachait bien des mangemorts lui aussi ?

-Il faut croire, ricana Harry.

-Je m'en doutais ! Et qui cachait-il ? ce professeur qui ne peut pas rester tranquille un seul moment, demanda Ron avec un soupçon de sourire.

-Lucius Malfoy, Evans Rosier, et Bellatrix Lestrange...

-Puff ! Elle, je ne crois pas qu'elle soit une repentie, Harry, à quoi tu t'amuses, mon pote ?

-Snape n'a pas pu la tuer...

-Pas pu ou pas voulu ?

-Elle est enceinte de sept mois, il n'a pas pu la tuer à cause du bébé, et puis de toute façon elle n'en a plus pour longtemps. Je l'ai vu, rassure-toi Snape a dit vrai.

-Méfie-toi quand même, je ne vais pas te raconter à quel point cette femme est perfide et malveillante !

-Je reste sur mes gardes mais quand je l'ai sondé j'ai vu le vide en elle, et ça elle n'a pas pu me le cacher comme elle n'a pas pu me cacher sa mort prochaine.

-D'accord, je dis juste fais attention à toi.

-D'autres choses à me dire ?

-Non, tu es assez grand pour savoir ce que tu as à faire, et tu as tout mon soutien, Harry.

-Je te remercie, ça compte beaucoup pour moi. Embrasse tes parents et dis-leur que je viendrais bientôt, là pour le moment j'ai trop de chose à penser et puis je dois m'occuper de Sirius.

-Comment va-t-il d'ailleurs ?

-Ca va mieux, en fait ce soir on le sort avec Draco, j'espère que ça lui fera du bien, enfin s'il accepte bien évidemment. Il faut qu'il voie du monde sinon il va devenir neurasthénique à force d'être enfermé au square Grimmaurd.

-Il faudrait qu'il rencontre quelqu'un si tu veux mon avis, une relation amoureuse pourrait lui changer les idées, genre Scott, si tu vois ce que je veux dire ?

-Ouais, j'ai pensé comme toi, je vais le faire beau et ce soir ce sera le diable s'il m'attrape pas quelqu'un dans ses filets, ce maraudeur, rigola le survivant en pensant à son parrain.

Harry quitta le bureau de Ron un quart d'heure plus tard et se dépêcha de retransplaner chez lui pour aider Sirius à préparer le dîner pour ses invités. Le jeune homme arriva au square alors que Snape et l'animagus discutaient tranquillement. Bizarre, pensa-t-il, d'habitude ces deux-là ne pouvaient pas se sentir. Harry sentit comme un vent de complicité contre lui, décidemment Sirius allait de mieux en mieux, surtout avec ce regard maraudeur comme en ce moment.

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