Nous partîmes donc ensemble du lycée. A pied. En direction des collines qui l'entouraient. Je pris instinctivement ce chemin sans vraiment y réfléchir et j'aurais dû y réfléchir car je n'étais pas très douée pour crapahuter dans les bois.

Mais Edward lui semblait avancer sans avoir le moindre soucis. Il souriait. Il n'était même pas essoufflé, là où moi j'avais du mal à respirer correctement plus de deux fois de suite. Nous grimpions donc le long de la colline et au bout d'un moment nous nous assîmes tous les deux au milieu d'une clairière, dans l'herbe.

Nous restâmes assis là sans dire un mot pendant quelques instants. Nous regardions tous les deux le paysage. Aujourd'hui pour une fois il ne faisait pas trop mauvais temps. Les nuages étaient là bien-sûr sinon ça n'aurait pas été Forks mais le soleil perçait par moment venant ainsi réchauffer l'atmosphère.

Au bout d'un moment, je reposais mes yeux sur lui et le regardait à nouveau. Il respirait calmement, et fermait les yeux. Je ne put m'empêcher d'être estomaquée devant pareil beauté.

N'y tenant plus, je rompis le silence.

alors ?

quoi ? me dit il

tu as dit vouloir en savoir plus sur moi. Je t'écoute. Que veux tu savoir ?

racontes moi un peu ta vie me dit il

très bien. Je suis ici depuis 3 mois maintenant. Je vivais à Phoenix avant ; avec ma mère. Mais j'ai eu envie de changer d'air et je suis donc venue rejoindre mon père ici. C'est le shérif.

Ah bon ? dit il d'un air amusé.

Oui. Pourquoi ? qu'y a t'il de drôle ?

Non rien. Rien. Continue.

Je vis donc avec lui maintenant.

Pourquoi es tu partie de chez ta mère ?

Je te l'ai dit ; pour changer d'air. (je lui servais la même excuse qu'aux autres)

Je suis sûr que ce n'est pas la seule raison me dit il en posant un regard interrogateur sur moi.

Peut-être, répondis-je incapable apparemment de lui mentir, mais l'autre raison est trop personnelle pour en parler à quelqu'un que je ne connais que depuis quelques heures.

J'avais utilisé un ton un peu trop acerbe à mon goût et je le regrettais aussitôt.

Oh. Fit-il. Désolé. Je ne voulais pas être indiscret.

Ne t'inquiètes pas. C'est juste que c'est compliqué et difficile d'en parler pour moi. Pour l'instant. Peut-être plus tard.

D'accord. Parles moi de Jessica.

Quoi ?

Une pointe venait d'apparaître dans ma poitrine sans que je comprenne à quoi elle était dû. Pourquoi donc voulait-il que je lui parle de Jessica ? Comment la connaissait-il ? Que pouvait elle bien avoir qui l'intéressait ? Je m'employais à retrouver mon calme quand il me répondit.

Parles moi de Jessica. Elle est si différente de toi ; je voudrais comprendre pourquoi vous êtes amies. Angéla paraît plus être quelqu'un qui te ressemble par rapport à elle.

Comment connais-tu Jessica…et Angéla ? dis-je soulagée d'entendre les raisons de sa question.

Tu ne réponds pas à ma question, Bella.

Je le regardais avec un haussement de sourcils pour lui faire comprendre que lui non plus ne répondait pas à la mienne. Il soupira et finit par me répondre.

elle est en cours de maths avec moi…et elle m'a porté énormément d'intérêt comparé à toi.

Je t'ai déjà dit que je te portais de l'intérêt.

Oui je sais. Alors ? pourquoi êtes vous amies ?

Nous ne le sommes pas.

Vraiment ? pourtant vous mangiez ensemble ce midi.

Oh vraiment ? tu as vu ça toi. Pourtant tu ne semblait porter aucun intérêt à la foule présente dans la cafétéria !!!

J'étais amusé de voir avec quelle facilité nous discutions. Moi qui avait tant de mal à parler aux autres d'habitude. Et puis j'étais contente de voir qu'il avait remarqué certaines choses me concernant. La pointe dans ma poitrine de tout à l'heure s'était transformée en petit frisson dans mon ventre.

oui je l'ai vu.

Eh bien oui nous mangeons ensemble le midi. Mais je pense que c'est uniquement dû au fait que je sois nouvelle et que cette fille ait une curiosité maladive qui la pousse à aller vers ceux qu'elle ne connaît pas pour l'assouvir. Si ça se trouve demain elle mangera avec vous, dis-je amusée un peu en imaginant la scène.

Oh mon dieu non. Pitié.

Ne t'inquiètes pas. S'il le faut je viendrais te tirer de là.

Merci.

Nous rîmes tous les deux. Je n'en revenais pas. J'étais si à l'aise avec lui que je ne me reconnaissais pas.

alors, reprit il, ça t'arrive souvent de sécher les cours pour suivre un parfait inconnu dans les bois ?

son regard trahissait son amusement.

non pas du tout. En fait c'est la première fois. Je suis la fille du shérif je te le rappelle.

Il afficha de nouveau la mine réjouit de tout à l'heure à la mention du métier de mon père. Ça commençait à m'irriter un peu ne comprenant pas pourquoi.

qu'est ce qu'il y a ? demandais-je

pardon ?

tu souris à chaque fois que j'évoque le métier de mon père ; je voudrais bien savoir pourquoi !!!

ce n'est rien. Ça n'a aucun rapport avec ton père ne t'en fait pas.

Je m'en faisait mais je ne voulais pas gâcher le reste de mon moment avec lui. Je décidais donc de changer de sujet.

oh mince. Fit-il. Il est tard je dois y aller. Mes frères et sœurs vont se demander ce qui se passe s'ils ne me voient pas à la sortie du lycée. En plus nous avons pris ma voiture.

Quoi ? il est déjà l'heure ?

Eh oui.

J'affichais une mine désespérée apparemment car il me gratifia d'un sourire éblouissant en m'aidant à me relever.

ne t'inquiètes pas ; nous allons nous revoir très vite. Plus vite que tu ne le crois.

Il souriait toujours autant.

Nous redescendîmes donc pour atteindre le lycée. Nous arrivions au moment où tous les élèves sortaient mais j'aperçu alors Jessica les yeux rivés sur nous et la bouche grande ouverte.

oh non…

quoi ?

je vais avoir droit à un interrogatoire de la part de Jessica. Elle vient de nous voir.

Je suis curieux de savoir ce que tu lui diras…

Très drôle !!!!

Il m'embrassa sur la joue avec tendresse.

juste pour piquer un peu plus sa curiosité maladive…

ça c'est pas sympa, dis-je en lui donnant une petite tape sur l'épaule.

Il me gratifia à nouveau de son superbe sourire, mais se figea d'un seul coup.

euh bon je dois y aller. Ils m'attendent.

Je me détournais de ses yeux avec difficulté pour apercevoir ses frères et sœurs. Ils avaient également les yeux rivés sur nous.

bon d'accord. A demain alors.

Oui. Ou plus tôt. Qui sait ?

Puis il partit.