J'ai reçu un commentaire ! Champagne pour tout le monde :o)

Et en plus, c'est un commentaire positif. Que demande le peuple ?

Merci Nelja

Désolé aussi de mettre autant de temps à poster tout ça, mais j'ai continué à écrire sans poster. Honte à moi. Je répare l'erreur illico.

Sinon, je reprécise : histoire homo, personnage à moitié animal, bible revue et corrigée par mes soins et ce qui n'est pas dans la bible est à moi. Donc pas touche. J'ai aussi piqué des trucs au jeu de rôle In Nomine Satanis / Magna Veritas. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas trop.

Bonne lecture

KISS

3 – Compte à rebours

Il est adorable. Vraiment mignon. Et très réceptif.

Mais que suis-je pour lui ?

Et qu'est-il pour moi ?

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Jeudi

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Mains chaudes sur ma nuque.

Mains chaudes sur mon dos.

Mains chaudes sur mon corps nu.

Souffle brûlant sur ma nuque.

Souffle brûlant sur mon dos.

Souffle brûlant sur mon corps nu.

Il me rend fou.

Il me saisit les épaules, me force à lui faire face. Mais avant que je ne puisse poser mon regard sur lui, il me pousse en arrière sur le lit qui m'attend.

Il est sur moi. Je peux le détailler alors qu'il se penche.

Noir. Plus musclé qu'il ne le parait habillé, mais ce sont des muscles secs, sans graisse.

Son sexe, chair rouge entourée de noir, pointe vers moi. Je tente de le saisir, mais il m'attrape les mains et les maintient sur le lit, s'allongeant presque sur moi dans le mouvement.

La plume blanche qu'il porte autour du cou me chatouille le menton.

Son museau frôle le mien alors qu'il penche la tête pour m'embrasser le torse. Puis le lécher. Il répète l'opération sur mes deux tétons, me faisant sursauter et gémir à chaque fois.

J'halète. Je brûle. Je tremble.

Excitation.

Il m'embrasse sur tout le ventre avant de le lécher de sa longue langue rose. Son souffle brûlant traverse ma fourrure pour réchauffer ma peau.

Au lieu de descendre, comme j'osais l'espérer, il remonte et s'allonge sur moi. Dans le processus, mon sexe frotte contre son torse, la plume, son ventre et enfin sa propre verge. Puis tout son corps se pose sur le mien, l'écrasant agréablement par son poids, l'embrasant par cet incendie qu'il a également en lui.

Il me remonte les mains au-dessus de la tête. Je ne songe même pas à lui résister. Je lui appartiens.

Son souffle sur mon oreille.

Son souffle sur ma joue.

Son souffle sur mon museau.

Ses lèvres sur mes lèv

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BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP !

« OUOH PUTAIN ! »

Ras le bol ! Ras la moustache ! Ras le ponpon ! Je jurais que ce réveil me hait !

Une fois, ça passe. Au bout de 4, ce n'est plus une coïncidence. Il ne veut pas me laisser finir mon rêve, ce salopiot.

Va falloir que je pense à me coucher plus tôt, ça me fournira du temps de rêve en plus.

Je suis tenté de tester la solution tout de suite, mais une sensation de froid humide au niveau du bas ventre m'indique qu'il y a plus urgent à faire.

Marrant, ça. Hier matin, je n'en pouvais plus. Depuis que je sais que je vais le revoir… Je m'habitue.

Luc.

Faites que personne ne me voit avec ce sourire d'idiot sur la figure.

Il s'appelle Luc.

Et il a les plus beaux yeux que j'ai jamais vus.

Et le plus beau sourire aussi. Et le plus beau c

BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP !

Merde ! J'oublie toujours la fonction snooze. J'en profite pour couper l'alarme pour de bon, prendre la boîte de mouchoir… Prendre la boîte de mouchoir, j'ai dit ! Mais merde, où est-ce qu'elle est ?

J'ai oublié. Vide. J'ai jeté la boîte hier soir après m'être… euh … fatigué pour dormir en paix.

Plus de mouchoir.

Bon ben, aux grand maux, les grands remèdes. Je me nettoie avec le drap qui de toute façon devra être nettoyé. Je le jette au sale, j'ajoute sur ma liste de la journée 'faire lessive' et commence mon rituel auquel j'ai ajouté quelques abdos. Depuis ce matin.

Une pensée pour me motiver.

J moins 6.

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« Salut Roméo.

- Salut Henri. Et je m'appelle Samuel. Tâche de t'en souvenir.

- Compte là-dessus et bois de l'eau, beau brun, dit-il avec un grand sourire.

- Je vais devoir supporter ça aujourd'hui aussi ?

- Aujourd'hui, demain et si j'oublie durant le week-end, la venue de ton p'tit ami me le rappellera sûrement.

- En clair, j'ai plus qu'à souffrir en silence.

- Oh, tu peux hurler, ça me gêne pas. » Et il part dans un grand rire. J'implore le plafond et Saint Daniel, patron des amoureux, de me donner de la patience avant de me mettre devant l'établi.

La journée commence plutôt bien.

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« Roméo est demandé au comptoir ! »

Je lève les yeux du jeu de patience qu'est devenu le pc devant moi et obtempère en évitant soigneusement de râler sur mon surnom. Ca l'encourage plus qu'autre chose.

« Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Oh ! Bonjour, Madame LaQuale. »

Oh non, pitié pas elle ! Pas la grand-mère ! Je ne l'attendais pas avant un mois !

« Bonjour, jeune homme. Je vous ramène Eglantine. »

Eglantine était le nom que cette vieille chouette avait osé donner à la pauvre machine. Non, je ne suis pas grossier quand je dis vieille chouette, c'est une chouette, et elle est vieille. De plus, Eglantine est devenue une habituée. Sa propriétaire adore l'informatique, mais ce n'est hélas pas réciproque. Pour ne rien arranger, elle n'accepte pas que sa vue puisse avoir baissée depuis ses 20 ans, ce qui la rend très maladroite. Sa machine subit donc accidents et bricolages ratés sur une base régulière. Je crains que le cycle vienne de se raccourcir car Eglantine ne nous a quitté que depuis une semaine.

« Déjà ? Euh … Je veux dire, j'ai oublié quelque chose lors du nettoyage ?

- Oh non, rassurez-vous. Elle marchait très bien jusqu'à hier. Non, à mon avis, c'est encore un de ces virus, vous savez. J'ai installé une carte de réseau que m'a donné mon petit-fils pour brancher Eglantine sur le Oueb' et ça a senti un peu le brûlé avant de s'éteindre. Impossible de la rallumer, la pauvre. A peine sur le Oueb' et déjà un virus. Si c'est pas terrible. Vous pouvez regarder ça ? »

Un peu le brûlé ! Oh misère.

« Pas de problème, Madame LaQuale. Je vous téléphone ce soir pour vous tenir au courant ?

- Comme d'habitude. Au revoir, Mr Anvéchat. Mr Boisvert.

- Bonsoir, Mme LaQuale, répond Henri. Et passez voir Joyceline en sortant, votre carte de fidélité est pleine. »

Je jette un coup d'œil craintif à la machine dont l'arrière semblait en effet avoir pris un coup de noir.

« Qu'est-ce que tu crois qu'elle nous a inventé cette fois, La Squale ? demande Henri une fois la vieille chouette hors de portée de voix.

- Une carte réseau dégottée on ne sait où plus un peu de brûlé … Si cette fois elle a pas flingué la carte-mère, je veux bien donner ma langue au Sphinx. Allez ma grande, sur le billard » Dis-je à Eglantine en l'emmenant dans l'atelier.

En temps normal, les machines en panne suivaient l'ordre d'arrivée, mais Eglantine nous avait surpris tant de fois que la curiosité avait fini par lui donner un numéro spécial de même qu'une place d'honneur dans l'atelier.

Je démonte la plaque dorsale et me fige.

« HENRI !

- Qu'est-ce qui s'passe ! Demande-t-il, affolé.

- L'appareil-photo, vite !

- L'ap… Pourquoi faire ?

- Parce que si on a pas de preuves, personne ne nous croira quand on le racontera. »

Intrigué, Henri s'approche derrière moi avant de lâcher un « Nom de Dieu ! » bien senti.

La 'machine', faute d'un meilleur mot, abritait en son sein une espèce de magma noirâtre refroidi là où était censé être la carte-mère et les diverses cartes supplémentaires. On pouvait même voir l'endroit où le bloc d'alimentation avait commencé à fondre coupant heureusement toute possibilité d'élargir le désastre. Eglantine, à ce moment, tenait plus de la sculpture moderne que de l'ordinateur.

« Un petit peu le brûlé, qu'elle a dit ? Demande Henri d'une voix pleine de crainte respectueuse.

- Henri…

- Oui ?

- Ramène Joyce et l'appareil-photo. Il nous faut le plus de preuves et de témoins possible. »

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Vendredi, J-5

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« Salut les mâles !

- Salut la femelle !

- Szzzalut Djoyzzzzz…

- … C'était Sam, ça ?

- En tout cas, ça y ressemble physiquement. Tout aussi laid.

- Eh ben ! Qu'est-ce qu'y t'arrive, Roméo ? me demande Joyce en passant la tête par la porte. Wouah ! La tronche de déterré ! T'as pas dormi ou quoi ?

- …Réveillé à 4h…

- Ben on peut dire que t'es pas du matin, toi » Retour du sourire en coin. De si bonne heure, ça veut dire que je vais morfler toute la journée. Heureusement, le vendredi a une heure en moins. Rien que pour ça, je me sentirais en forme… enfin, presque.

La raison de mon lamentable état est la stupide idée d'hier matin. Se coucher plus tôt pour avoir plus de temps à rêver.

Ben c'est raté.

J'ai été réveillé au même endroit de mon rêve sans l'aide du réveil. Juste avant le baiser. Je me suis réveillé à 4h du matin en pleine forme. Sauf qu'à 4h, il n'y a strictement rien à faire. Du coup, je me suis recouché et ai joué à cache-cache avec Morphée jusqu'à l'aube. Le réveil n'a même pas eu le temps de sonner. Je me suis répandu en excuses devant lui et j'ai promis de lui apporter de belles piles toutes neuves.

« Va t'faire foutxze, joyzzzze…

- … Pathétique… » fait-elle en s'éloignant et se moquant de ma misère. Elle n'a pas de pitié. Je ne devrais pas être étonné, c'est un reptile.

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5 heures plus tard, le ventre plein et une petite sieste le midi, je me sens nettement mieux.

Pour éviter les multiples sarcasmes de mes collègues et surtout me concentrer sur mon travail, j'ai opté pour des écouteurs et goûter ainsi tranquillement ma musique, malgré les « mauvais joueur » de mes tortionnaires.

Alors que je m'esquinte les doigts à vouloir installer un ventilateur trop petit sur un processeur trop gros, assis sur un tabouret et m'envoyant du Dido directement dans le cortex cérébral, je sens soudain une paire de bras m'enserrer la taille et des lèvres me chatouiller la nuque.

Je bloque tout.

Avant de passer directement à la panique, je tente une identification de l'intrus.

Henri ? Je ne suis pas son genre et en plus sa barbiche pique.

Joyce ? Plus crédible, mais j'aurais réagi à sont contact écailleux. Donc non.

Géronimo ? Pas encore de retour.

… Luc ?...glups… Mais on n'est pas mercredi !

Je jette un coup d'œil nerveux sur les bras qui m'emprisonnent.

Blancs.

Ca me laisse une possibilité.

« Salut Harvey ! fais-je en enlevant mes écouteurs et en me détendant complètement.

- Salut chaton, fit le lapin dans ma nuque avant de m'embrasser le creux de l'épaule.

- Henri t'a encore laissé passé ?

- Tu me connais, personne ne me résiste, pas même un hétéro marié.

- Tu lui as promis quoi cette fois ?

- Il voulait voir la tête que tu ferais si je m'approchais par surprise.

- Et crois-moi, ça valait le coup ! La prochaine fois, je penserai à l'appareil-photo, lance mon ami déjà retourné à son comptoir.

- Sale traître ! Tu me le paieras un jour ! »

Ce à quoi seul un rire pas du tout inquiet répondit.

Je me retourne pour serrer dans mes bras mon ami.

« Alors, que devient mon gogo-dancer favori ? Ca fait combien de temps que tu te caches ? 2 mois ?

- 1 mois et demi, espèce de marseillais ! J'étais sur la capitale pour des photos et un défilé.

- Photos et défilés, rien que ça ? Quand est-ce que tu remplaces Di Caprio ?

- Très drôle, gros malin. Et je t'interdis de me comparer à ce caniche prétentieux, menace-t-il en me tordant l'oreille

- Ah non ! Pitié, pas mon oreille ! Je m'excuse !»

Il a toujours connu mes points faibles, celui-là. De toute façon, il est à lui seul un de mes points faibles. Dommage qu'il n'ait jamais été intéressé par les relations sérieuses.

« Et sinon, que me vaut le plaisir de ta présence ?

- Mais prendre des nouvelles de mon petit Sam au cœur de cristal bien sûr, déclame-t-il en s'asseyant sur mes genoux. Je referme mes bras aussitôt pour qu'il ne tombe pas.

- Et me demander de jeter un coup d'œil à ta machine.

- Et te demander de jeter un coup d'œil à ma machine, j'avoue » il lance ça en riant et en posant sa tête sur mon épaule.

Il est irrésistible. Harvey est l'un des mecs les plus sexy que je connaisse, c'est vrai. Son métier de danseur lui donne un physique et une grâce que même moi, un chat, je lui envie. Mais il est aussi un de mes meilleurs amis. Il est le grand consolateur de ma vie amoureuse ratée, et également mon initiateur. Mais lui adore voltiger, il ne tient pas en place. Sa vie amoureuse ? Il n'en a pas. Pas besoin, qu'il dit, mon cœur est si grand qu'il ne pourrait jamais se contenter d'une seule personne. Il est heureux comme ça.

Je l'envie.

Mais en informatique, c'est une burne.

Ce qui est d'autant plus gênant quand on sait que ses contacts professionnels passent exclusivement via internet.

Et devinez qui est son réparateur attitré ?

Ben c'est celui qui lui sert de fauteuil en se moment. Et pas que de fauteuil d'ailleurs, mais également de doudou. Il a passé une main sous ma chemise et profite de ma chaleur. Je me demande deux secondes s'il ne s'est pas endormi.

Avec n'importe qui d'autre, je serais gêné ou au bord de la crise cardiaque. Mais pas lui. C'est peut-être dû au fait que j'ai été amoureux de lui, ou tout simplement son charme personnel vu qu'il est capable de faire ça à n'importe qui.

« Hey ! Prenez une chambre, vous deux !

- Henri ! grogne Harvey. Tu casses l'ambiance !

- C'est pas que ça me dérange, mais la journée n'est pas terminée et j'ai encore besoin de lui.

- T'es pas drôle.

- Je suis jamais drôle quand il s'agit de terminer plus tôt un vendredi soir.

- C'est bon, c'est bon, je le relâche, fait-il en se levant

- Ah non, j'ai froid, maintenant !

- Rhabille-toi, ça fera déjà un courant d'air en moins. » me sermonne mon collègue en désignant ma chemise qui pendouille à ma ceinture.

Je m'exécute immédiatement en rougissant.

« Henri ! Soit gentil avec ton larbin, tu veux ?

- Merci, Harvey, tu m'aides beaucoup, là, fais-je avec un maximum de sarcasme.

- Mais de rien, mon grand, répond-il le plus innocemment du monde. Alors, tu peux venir samedi ?

- D'accord, je passerai samedi, mais pas avant 16heures, j'ai des courses à faire.

- Merci, t'es sympa, Sam. A demain alors. Salut Henri !

- Salut Harvey ! Et n'attends pas aussi longtemps pour donner de tes nouvelles la prochaine fois !

- Promis ! Au revoir, la grande Joyce !

- Au revoir Lapinoux ! »

La tornade Harvey vient de partir. Comme toujours, il est pas resté plus de vingt minutes à la même place.

Je soupire … Bon, j'en étais où moi ? Ah oui, écouteurs, petit ventilo sur gros process… Jamais de lubrifiant quand on en a besoin.

Et comme ça ? Ah ? On dirait que…

« SAM ! »

ET M…

Mais pourquoi il gueule comme ça ? Ah oui, les écouteurs.

« Euh .. Oui ?

- Bah c'est pas trop tôt ! Des barrettes de RAM, il nous en reste combien ?

- Ben pas des masses, à peine une demi-douzaine.

- Merci. Désolé, Monsieur, fait-il au client au comptoir, mais il va falloir les commander.

- Ca ne me pose aucun problème.

- A quel nom, la commande ?

- Gabriel Mambrer. M.A.M.B.R.E.R.» déclame-t-il avec le plus grand sérieux.

Je manque d'éclater de rire au nom du client. Je vois aussi que Henri a tiqué mais reste admirablement maître de lui alors que Joyce se retient tellement qu'elle en pleure.

« Très bien Monsieur Mambrer, la commande sera là mercredi. Au revoir.»

Nous attendons obligeamment que le client sorte du magasin pour éclater d'un fou-rire généralisé, Joyce en tête.

J'adore ce métier.

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Samedi, J-4

Y a pas, tous les cafés du monde na valent pas une bonne nuit de sommeil. J'en ai dormi jusqu'à midi.

J'ai encore rêvé, bien sûr, mais ça ne me dérange plus. Je m'y suis vraiment habitué. Pour un peu ça me manquerait. Ca a au moins un avantage : je vois Luc tous les jours, même si ce n'est qu'en rêve.

A propos de Luc je suis en train de chercher un livre.

Dans le rayon ornithologique de la FNAC, je trouve enfin ce que je cherche après 1 heure d'investigation et 3 heures de lecture de manga et BD diverses. J'avoue avoir un peu mal aux jambes.

"Identification des espèces aviaires"

Bon, secteur des plumes …

Mouais pas gagné, elles se ressemblent toutes. Je ferme les yeux pour mieux visualiser la plume vue dans mon rêve et autour du cou de Luc. Blanche. Taille moyenne. Pas de marques particulières. L'image parfaite d'une plume, en somme.

Je commence à chercher par couleur. Curieusement, il y a beaucoup de plumes blanches. Canards, cygnes, autruches, aigles…

Rien de probant, mais rien de vraiment différent non plus. Ca pourrait être une plume de n'importe quoi.

Mouais … Note pour plus tard, laisser tomber l'ornithologie.

Je préfère me consacrer à l'étude des loups.

Deux minutes de recherche et je tombe sur un guide familial de la santé chez les lupins.

Nez sensible, problèmes aux hanches … Rien d'utile, sauf qu'il risque d'être sujet aux rhumes. J'ai bien fait de racheter beaucoup de mouchoirs alors.

Suivant une idée, je passe dans le rayon sociologie, spécialité érotisme. Pas très loin du Kama-Sutra, je trouve le "guide des relations inter-espèces".

« Les loups adorent les parfums discrets, mais goûtent peu les vêtements aux couleurs voyantes, principalement du à leur pauvre vision des couleurs. Préférez le contraste.

Leurs langues en font des experts en baiser. Abusez tant qu'il vous plait.

Points sensibles : arrière de la têtes, à la base des oreilles et la queue.

A éviter : les os et les colliers, symboles de domestication. »

C'est fou ce qu'on peut trouver dans les livres. J'achète.

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"DRIIIIIIIIIIIIIIIING"

16h30. Je suis un peu à la bourre, mais pas trop. Acceptable socialement. Et puis, Harvey n'est pas connu pour son respect strict des coutumes.

« Salut toi ! » me lance-t-il après avoir ouvert la porte et en me serrant dans ses bras. Je laisse tomber ma "trousse d'urgence" et l'enserre à mon tour pour me rendre compte qu'il est torse nu. Pris d'un doute je constate que mon ami est en boxer noir, moulant bien sûr. Et nous sommes dans les bras l'un de l'autre, toujours sur le seuil de son appart.

« Harvey, voyons ! Ta tenue !

- Quoi, ma tenue ? Demande-t-il innocemment.

- Mais enfin ! Et si un de tes voisins te voit comme ça, qu'est-ce qu'il va penser ?

- Que je suis vachement bien roulé ? Lance-t-il avec des grands yeux et un grand sourire.

- Harveeeeeeeey ! Couine-je

- D'accord, d'accord, rentre vite ! »

Sitôt dit, sitôt fait, il m'entraîne de force dans son antre. J'ai tout juste le temps de récupérer ma trousse.

« Vas-y, fais comme chez toi, je termine de ranger ma valise. »

Il repart aussi vite et je dépose sur un coin vide du canapé ma trousse et mes clés après m'être déchaussé à l'entrée.

Dans l'appart règne un désordre inouï, surtout compte tenu du fait qu'il n'est rentré que depuis deux ou trois jours, même en mettant de côté le courrier en retard. Mais de sa part, impatient comme il est, je suis à peine étonné.

J'essaye de ranger un peu ce qui traîne autour de moi, juste assez pour pouvoir marcher sans risquer une foulure.

Je ramasse en vrac une chaussette, un t-shirt, une ceinture, un chapeau qui se demande ce qu'il fait là, un magasine, un cd, un string … Misère, encore heureux qu'il ne portait justement ce string quand il m'a ouvert. Il en aurait bien été capable, le bougre.

Rectification : encore heureux qu'il portait quelque chose.

Dans un coin de l'appart, il existe cependant une zone presque rangée, quoiqu'un peu poussiéreuse : le PC. Outil obligatoire, Harvey n'avait jamais vraiment réussi à apprécier cet engin. Il préfère de loin le réel au virtuel.

« Voila, fini ! Tu veux boire quelque chose ?

- Si tu as, je veux bien oui.

- Laisse-moi deviner … Lait ?

- Y a pas, tu m'connais, fis-je en souriant. Alors, dis-moi tout. Comment c'était, ta virée à Paris ?

- Vachement coool ! Ca dort jamais là-bas ! Entre les séances de photo et les virées en boîte, j'ai pas eu le temps de m'ennuyer une seconde. Je me suis fais plein de copains !

- Pas étonnant. Je me suis toujours demandé pourquoi tu n'as jamais déménagé là-bas ?

- C'est à cause de l'atmosphère générale. Tout le monde est toujours pressé ou grognon, là-bas. Ici, tout le monde a le sourire, même ceux que tu croises dans la rue. Je me priverais de ça pour rien au monde.

- J'en suis bien content, ça me permet de t'avoir pas trop loin »

Il me remercie d'un baiser sur la joue et me tend le verre et va chercher un tabouret pendant que j'allume son pc.

« Je comprends pas pourquoi il marche plus. Il fonctionnait très bien avant mon départ et personne n'y a touché depuis.

- Et ben on va regarder ça. C'est quoi le problème ?

- Ben j'arrive plus à me connecter à ma boîte aux lettres, tout simplement.

- Internet fonctionne ?

- A priori. »

Et je commence mon travail d'investigation.

N'y comprenant rien, Harvey se pose derrière moi et mets ses bras autour de ma taille, le menton sur mon épaule pour tenter de suivre. Ca me déconcentre un peu, mais après des mois à torturer un traversin, je ne vais certainement pas m'en priver.

Deux heures après, j'ai presque terminé. Un problème de mise à jour du serveur qui avait changé d'adresse entre temps. N'ayant pas pu être averti, ni par courrier ni par mail, forcément …

Harvey, quant à lui, dort contre mon dos. Je suis certain que c'est inconfortable, mais Harvey jure tout ce qu'il peut qu'il ne réussit à bien dormir qu'en serrant quelqu'un dans ses bras ou inversement. J'ai longtemps cru à une excuse, mais avec le temps, j'ai fini par le croire, expérience scientifique à l'appui.

La réparation finie, je réveille doucement mon petit fardeau pour lui annoncer la bonne et la mauvaise nouvelle. La bonne, ça fonctionne. La mauvaise, il a plus de 600 messages à trier.

Je lui donne ma place et vais m'installer dans le canapé, histoire de me 'reposer les yeux'. Sans m'en rendre compte, je m'endors.

Et je rêve.

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Ses mains chaudes sur ma nuque.

Ses lèvres affamées sur mon épaule.

Il est face à moi, son corps bouillant pressé contre le mien.

Je rejette la tête en arrière. Je gémis. Il en profite pour me mordiller le cou.

Ses mains courent dans mes cheveux.

Il se frotte contre moi, ses jambes mêlées aux miennes.

Son souffle ! Son souffle sur ma gorge ! Des frissons de délices parcourent mon échine.

Sa langue remplace ses lèvres, et parcourt ma gor

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« Sam ? »

Je me réveille en sursaut, les yeux dans le vague.

Je suis en sueur. La surprise a failli me faire éjaculer et je me retiens difficilement, calmant ma respiration et mon coeur. Mon excitation, elle, refuse de bouger d'un iota.

Harvey est penché au-dessus de moi, une main sur l'épaule, l'autre sur ma mâchoire. Il me regarde d'un air amusé et très curieux.

« Je suis désolé, mais tu gémissais, alors j'ai cru que tu faisais un cauchemar. Mais je me demande si je t'ai réveillé à un mauvais moment ? » Dit-il d'un air coquin en désignant du regard ma taille.

Je rougis comme un écolier, tant par l'excitation que par la gêne. Je ne sais vraiment pas quoi répondre et de toute façon, je suis essoufflé et pas très sûr de ma voix.

Finalement je coasse un « Quelle heure il est ?

- Pas loin de 7 heures et demi. T'as dormi pendant que je lisais mes mails.

- Déjà ? Je vais pas tarder à y aller, alors…

- Quoi ! Ah non ! Je veux savoir à quoi tu rêvais ! Ou plutôt à qui. » Insinue-t-il en me fixant droit dans les yeux.

Je commets l'erreur tactique de détourner le regard.

« Je le savais ! Triomphe-t-il. Samuel, il est hors de question que tu quittes cet appart sans m'en dire plus ! Que dis-je, il est hors de question que tu quittes cet appart sans que tu me racontes TOUT ! »

Il me fixe droit dans les yeux. Il m'a saisit la tête entre ses mains et secoue la tête en parlant, ses oreilles suivant le mouvement en décalé. Il est au-dessus de moi, son boxer noir moulant contrastant avec la fourrure blanche qui parcourt son superbe corps. Et il exige.

Vous auriez pu résister, vous ?

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« Donc, si je comprends bien, tu vas revoir mercredi prochain un mâle beau comme un dieu, riche, drôle, intelligent, sexy et intéressé par toi et dont tu rêves toutes les nuits. C'est ça ? Fait Harvey en finissant sa feuille de salade.

- Euh ... oui, en gros, c'est ça.

- Je pourrais être là ?

- NON ! »

Je bloque, surpris de mon éclat.

« Quoi ? T'as peur que je te le pique ?

- … en fait, oui. » fais-je piteusement.

Il me regarde un peu surpris, mais attendri.

« Tu crois vraiment que je te ferais ça, Sam ?

- T'aurais même pas besoin d'essayer. Il aurait suffi qu'il te voie.

- Flatteur, va, lance-t-il, à peine gêné.

- Je déconne pas, Harvey. T'es le deuxième gars le mieux foutu que je connaisse.

- Et j'imagine que le premier est noir et de l'espèce canine, je me trompe ? Demande-t-il avec un sourire.

- Hon-hon, t'as tout bon.

- En tout cas, ne t'inquiètes pas, je promets de pas me montrer avant que vous ne soyez ensemble.

- … Merci, c'est sympa.

- Non, c'est toi qu'est sympa. Et puis pour une fois que t'as une chance de pouvoir te caser, je serais vache de te casser ton coup. Considère ça comme un remerciement de tes nombreux dépannages. Enfin … une partie du remerciement, en tout cas.

- Comment ça une partiiIIIIIIIIIIII ! »

Je hurle alors que Harvey se colle à moi pour me câliner. Je frémis quand il frotte son museau contre mon épaule.

« Euh … Harvey ? Je te rappelle que j'ai quelqu'un en vue, là…

- Stressé comme tu es, tu as surtout toutes les chances de commettre un impair, crois-moi. Et puis vous n'êtes pas encore ensemble que je sache…, raisonne-t-il en passant une main sous mon t-shirt pour la remonter le long de ma colonne.

- HaarrRRRRrRRrrveeeeyyy ! »

Ses mains sont sur ma nuque.

Son corps est pressé contre le mien.

Il me picore l'épaule et le cou.

Pendant un moment, tout se confond avec mon rêve.

Je le plaque par terre.

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Dimanche, J-3

Je me réveille en sursaut encore une fois, souillant à nouveau mes draps.

Sauf que ce ne sont pas mes draps, justement.

Je me tourne pour voir Harvey, allongé langoureusement à coté de moi, nu et visiblement bien éveillé, me lorgnant d'un œil amusé et admiratif.

« Et c'est tous les matins comme ça ? » Demande-t-il.

Encore dans les brumes de mon rêve, je ne peux qu'acquiescer tout en cherchant d'une main aveugle des mouchoirs.

Harvey s'en empare avant moi et me débarrasse du drap avant de me nettoyer le pénis d'une main experte tout un lâchant un sifflement admiratif.

« Et bien ! Quel désordre ! Il te fait un effet d'enfer, ton loup noir. En tout cas, tu diras ce que tu voudras, mais t'avais bien besoin de la nuit dernière. Je t'ai rarement connu aussi frustré qu'hier soir. Quelle nuit ! Et quel réveil ! Tu aurais du voir comment tu gémissais et te tortillais dans ton sommeil … hmmm …vraiment bandant !»

Oh oui, quelle nuit, en effet ! Harvey a été mon premier, et de ce fait, on se connaît très bien, bibliquement parlant. Nos zones érogènes (ses oreilles, mon flanc), nos positions favorites (lui en levrette, moi allongé sur le dos), etc. Il n'y a qu'une seule chose que j'ai toujours regrettée chez lui.

Les lapins n'embrassent pas.

Leurs incisives sont tellement tranchantes qu'elles rendent tout baiser impossible.

Ca et autres choses.

Mais c'est fou ce qu'ils savent compenser.

Tout à son nettoyage, Harvey recommence à 'jouer' avec moi, comme un enfant avec son hochet, et se trouve très étonné de me voir réagir avec autant de vigueur malgré mon 'réveil'.

« Quoi ? Encore ? » Me demande-t-il, effaré.

Je souris machiavéliquement avant de hocher vigoureusement de la tête.

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Lundi, J-2

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« S...Salut la con...compagnie !

- Géronimo ! Mon sauveur ! »

J'accours, saute par-dessus le comptoir et je serre dans mes bras le lévrier afghan qui vient de franchir le seuil de la boutique. Je suis moi-même surpris de mon énergie. Harvey avait raison sur toute la ligne. Je suis plus détendu, plus concentré, plus joyeux et moins, mais alors beaucoup moins stressé. Si Harvey me fait cet effet, je n'ose même pas imaginer ce que ça pourrait être avec vous-savez-qui.

« S..Sam … Y a t..tant de boulot que s..ça ?

- J'en peux pluuuuus ! Y a Henri qu'est méchaaannt !

- SAM ! Au pied ! T'as pas fini la machine et le client arrive dans une heure !

- Tiens ! Tu vois comment il est !

- Tiens ! Salut Gérôme ! Alors, ces vacances ?

- S..super ! Y avait de s..ces groupes ! T..t'aurais vu ça, même Dj..joyce aurait aimé.

- Elle ? Aimer un de tes groupes de rap ? Ca m'étonnerait beaucoup.

- SAM ! Qu'est-ce que j't'ai dit ? Au boulot !»

Je jette un regard désespéré et suppliant à un Gérôme encore groggy de s'être réveillé à une heure aussi matinale.

« J..j'ai qu..quand même le temps de p..prendre un c..café ?

- Tout juste. Et encore c'est moi qui te l'apporte à ton poste.

- Bon retour parmi nous, Géronimo » balance Henri.

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« Alors, mis à p..part le m..méga retard, c..c'est quoi les n..nouvelles ? Demande Gérôme tout en remontant le capot du PC devant lui.

- Hof, pas grand-chose, répondis-je. Y a LaSquale qui nous a inventé une nouvelle catastrophe.

- Enc..core ? Elle a inv..venté q..quoi cette fois, la V..vieille chouette ?

- T'as vu Eglantine, là ?

-Ou..ouais. J'ai vu q..qu'il restait p..plus grand-chose ded..dans.

- Tu vois la photo, là ?

- Le t..truc noir ?

- Le truc noir, comme tu dis, c'était Eglantine. »

Sans voix, il pointe du doigt la photo en me regardant d'un air effaré.

« Joyce peut témoigner.

- Oh p..purée !

- Comme tu dis. Sinon, y a pas grand-chose.

- Pas grand-chose, t'es sûr ? Me demande Henri appuyé contre l'entrée de l'atelier.

- Ca vaut la peine que je lui dise ? implore-je le cerf avec deux grands yeux triste.

- Arrête ton cinéma, je suis immunisé. Ce que ton cher collègue oublie de te signaler, reprend Henri en se tournant vers Gérôme, c'est qu'il s'est trouvé un soupirant qui devrait passer après-demain à la boutique.

- T..tiens donc ? T..tu dragues les c..clients maintenant ?

- C'est pas moi qui drague, c'est lui qui m'a dragué, nuance.

- C'est marrant, j'ai pas vraiment eu l'impression que tu as beaucoup défendu ta vertu.

- J't'en pose des questions ?

- C..c'est p..pour ça que t..tu bichonnes cette mach..chine depuis ce matin ?

- Je bichonne pas, je vérifie soigneusement, c'est pas pareil !

- Avec du p..polish ? » Me demande-t-il d'un air narquois.

J'ose plus répondre. Ils sont deux contre moi.

Et non, je ne suis pas de mauvaise foi. Le polish, c'est juste pour bien nettoyer. Juré.

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Mardi, J-1

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Oh putain, c'est demain.

J'ai passé quasiment la journée d'hier à tester et re-tester chaque élément de la machine de Luc. Tout est paré pour l'assemblage, y a plus qu'à monter le puzzle. Pour un peu, je suis près à donner un nom à ce qui, faut bien l'avouer, sera mon chef-d'œuvre. Le seul hic, c'est que je vais y passer 4 fois plus de temps que d'ordinaire, ce qui fait déjà râler Henri. Gérôme, lui, ne m'a jamais vu donner autant d'attention et surtout de passion à mon travail, ce dont il ne se plaindrait pas si je n'étais pas constamment sur la même machine.

Mais bon, il savent que mes coups de foudre sont rares alors ils sont indulgents.

Je les adore.

En ce moment précis, c'est surtout Henri que j'adore, ou plus exactement Kira, sa femme, puisque cette adorable biche a pensé à moi et m'a transmis par le biais de sa moitié un échantillon de parfum vachement cher très apprécié par les lupins, j'ai nommé la dernière création de Chanel "Wild forest". Perso, j'apprécie moyen, trop boisé, trop vert et pas assez 'chaleureux'. Mais pour le moment je m'en tape, je suis prêt à tous les sacrifices.

Une fois ma batterie de cosmétiques paré pour le lendemain matin (à savoir le shampoing pour cheveux, le shampoing pour fourrure, l'après-shampoing pour cheveux, l'après-shampoing pour fourrure, brosses récurées à fond, griffes taillées et limées, moustaches redressées, dentifrice spécial blancheur pour les crocs, crème hydratante pour les truffes sèches, le déodorant, le lustrant pour pelage que j'ai finalement laissé tomber, j'ai pas envie d'être gominé de la tête au pied, et bien sûr le petit échantillon de parfum de Kira que j'ai mis bien en évidence pour être certain de tomber dessus et non pas caché je ne sais où pour ne pas le perdre, meilleur moyen pour le perdre, justement), je règle le réveil à une heure plus tôt et m'attaque aux deux grandes tâches de la soirée.

La première tâche : la liste.

Ben oui, je vais stresser, donc il me faut une liste. Quoi faire et surtout, surtout ne pas faire. Genre manger de l'ail et oignon la veille ou pire, des flageolets. Ca, c'est simple. Mais que faire quand je le verrai ?

Des suggestions, ma raison ?

Evite de tomber en syncope ? Achète des menottes pour l'attacher définitivement à toi ? Met-lui un mouchard pour ne pas perdre sa trace ?

Sans commentaire. Note pour plus tard, arrêter la SF.

Et les hormones, elles disent quoi, elles ?

Elles te disent de le plaquer au sol et de lui rouler une pelle dès que tu le vois. A part ça, le reste est secondaire, mais achète quand même des menottes, ça servira toujours à quelque chose.

Pas étonnant que je sois encore célibataire avec de telles conseillères.

Je note quand même la syncope et les menottes.

Le roulage de pelle, j'hésite.

Je n'aurai pas les couilles.

'Si il se recolle à moi, ne pas rester sans rien faire. Si possible répondre. Eviter de bander.'

'L'embrasser sur la joue avant de partir'

'Parler d'une voix grave suave et sensuelle'

'Claquer des doigts et dire « Au pied ! »'

HORMONES !

Désolé, j'ai pas pu résister, gnyark gnyark !

Je raye la dernière ligne en envoyant ma conseillère au diable pour voir si j'y yiffe et me demande si j'aurais pas du lui acheter un cadeau. A Luc, je veux dire, pas aux hormones.

Nan, encore trop tôt pour les cadeaux.

Ma liste est courte. Malheureusement, je n'ai pas beaucoup d'idées. Juste éviter de lui dire au pied, donne la patte et le gratouiller derrière les oreilles pour voir s'il remue la queue.

Moi je suis sûr que si tu le grattais derrière les oreilles, y a pas que sa queue qui remuerait

Merci les hormones, très constructive comme remarque…

Vient pas te plaindre, c'est pas moi qui discute tout seul en ce moment.

Sale caractère !

Ben alors, ma raison !

Je cherche, je cherche… Ah si, le plus simple : sourire.

Ah bah voilà ! Et quoi d'autre ?

Foire pas ton coup et débrouille-toi, moi j'ai sommeil. Bonne nuit.

Hey !

Moi pareil. Réveille-moi au moment du rêve, steupl'.

Mais c'est pas vrai, ça ! Lâcheuses !

J'en abandonne ma liste, de dépit. Reste la deuxième tâche. Celle que tous les jeunes mâles virils qui se respectent doivent affronter la veille d'un rendez-vous.

Qu'est-ce que je vais bien pouvoir me mettre ?

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Mercredi. Jour J. Alerte Maximum. Code rouge. Drapeau rouge aussi. Défibrillateur cardiaque prêt.

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J'étais prêt à tout.

J'étais prêt à ce qu'il ne vienne pas, qu'il vienne le matin ou l'après-midi, que Harvey se pointe, qu'il drague Joyce plutôt que moi.

Bref, j'étais paré. Sauf à ça.

Sauf à être attrapé par derrière dès mon entrée dans la boutique alors que j'ai un quart d'heure d'avance.

A peine j'ai fermé la porte derrière moi, sans même me laisser le temps de dire bonjour, une paire de bras noir s'enroulent autour de mon torse et un museau se frotte sur ma nuque.

Je bande instantanément.

Merde.

« Bonjour Samuel. » lance sa voix chaude et parfaitement maîtrisée pour m'envoyer des frissons jusqu'au bouts de ma colonne.

J'ouvre la bouche et la referme immédiatement avant que le croassement qui remontait ne s'échappe. Je déglutis, réussis à me libérer et réessaye.

« Salut Lucien. Content de te revoir.

- Je confirme, ça se voit d'ici.

- HENRI ! » Hurle-je d'une voix de pucelle outragée avant d'avoir pu me retenir.

Luc s'écroule sur moi pris d'un fou-rire alors que j'hésite entre le rouge honte et le rouge vapeur. Ca ne devrait pas être permis de se coller comme ça à quelqu'un dès le matin. Surtout à moi.

Surtout lui.

Henri est le premier à réagir en me regardant d'un air interrogatif et tellement innocent qu'il en est obligatoirement feint.

« Quoique tu penses, Sam, je parlais de ta queue, moi.

- Laquelle ? Demande Luc d'une voix concupiscente à souhait.

- Pitié, Luc, l'encourage pas !

- Oh, j'ai pas besoin de l'encourager. Il est comme ça depuis que je lui ai dit bonjour.

- Depuis que .. ? T'es là depuis combien de temps ?

- Il est là depuis que je suis arrivé. Il m'attendait pour pouvoir un peu causer de toi, me renseigne Henri.

- Causer de moi ? Mais y a rien à dire. N'est-ce pas Henri ? Dis-je menaçant.

- Rien du tout. » Fait-il rapidement, mais le sourire qu'il affiche ne me rassure absolument pas.

Luc profite de mon inattention pour déposer une bise juste sous l'oreille, aggravant mon teint rosé, avant d'aller récupérer son café qui l'attendait patiemment au comptoir sur lequel il s'appuie avec la grâce d'un désossé.

« Comment ça se fait que tu sois déjà là au fait ? Joyce arrive pas avant une heure tu sais. Enfin je veux dire, c'est pas que j'm'en plaigne, mais...euh…tu vas devoir attendre, quoi…

- Vraiment pas doué. » marmonne un Henri rigolard penché sur le courrier du matin.

Je lui lance un regard assassin alors que Luc se marre visiblement.

« Ben figure-toi qu'attendre me va très bien vu que j'avais l'intention de passer la journée ici histoire de me renseigner un peu plus sur l'informatique … entre autres choses. Ca dérange pas j'espère ?»

Le regard qu'il me lance est terriblement sensuel. J'en rougirais encore plus si je n'étais pas déjà à mon rouge maximum. Je dois avoir l'air très con, mais j'avoue m'en moquer éperdument.

J'en oublierais presque de sourire.

Presque.

Une malédiction chinoise dit « Puissiez-vous vivre des moments intéressants »

Je sens que ma journée va être très intéressante.

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En fin de compte, la journée se passe même très bien.

Je commence par lui faire faire le tour du propriétaire et en passant par l'atelier, je lui montre avec fierté son futur ordinateur, tous ses composants brillants alignés sur la table d'opération, spectacle qui, faute d'y comprendre quelque chose, le laissa plus dubitatif qu'autre chose.

L'arrivée de Gérôme détourne un peu la pression et l'attention de Luc et Henri qui m'en font voir de toutes les couleurs, testant ma pudeur et ma limite à laquelle je pousse mon cri d'indignation.

Quand Joyce arrive, il court lui dire bonjour et lui fournir les informations nécessaires. Je profite de cet instant de répit pour calmer mon cœur et m'éventer avec une carte vidéo qui traînait par là, le tout sous l'oeil amusé de Gérôme visiblement éclaté par cette situation.

A 10h, Luc fait la pause avec nous. Nous lui dressons un portrait complet de toute la gamme de clients auxquels nous devons faire face, du hacker psychopathe à l'incompétent franchement dangereux, avec un passage obligatoire par la case Eglantine.

A midi, il mange avec nous, il discute avec tout le monde durant la journée, pose des questions sur ce que nous faisons ou sur moi, à mon grand désespoir, allant même jusqu'à aider Henri à faire patienter les clients quand il y a la queue en discutant avec eux de leur côté du comptoir, rôle qui revient d'ordinaire à Joyce, pour le moment à la banque.

« T'es sûr que tu veux pas bosser ici ?

- Sûr et certain, Henri.

- C'est dommage. Tu sais séduire les clients. Je parierais ma chemise que tu serais capable de faire acheter n'importe quoi à n'importe qui à n'importe quel prix.

- J'avoue. J'ai fait pas mal de vente auparavant. Mais j'ai démissionné et ça me plait comme ça. Et puis surtout, je supporte pas d'avoir un patron. Ca me hérisse le poil.

- Tant que t'évites de racheter le magasin…

- Pas de danger, va. J'aime pas trop la technique. Rien ne vaut le contact direct.

- Ben à ce propos, tu peux garder la boutique deux minutes, faut que j'aille chercher un modèle en stock.

- No problemo, Henri. »

Alors que Luc lit le guide du montage de son PC pour s'occuper, en le tournant de temps en temps dans un sens ou l'autre pour voir si ça plus de sens, la clochette de la porte retentit, le faisant se mettre au garde-à-vous.

« Bonjour Monsieur, que pui… Gab ? (à prononcer à l'anglaise Gabe gèyb)

- Que ? Lucce ? (à prononcer à l'italienne loutché) répondit le labrador.

- Qu'est-ce que tu viens foutre ici ? Demande Luc froidement.

- Qu'est-ce que TOI tu fabriques ici ? Je croyais que t'avais arrêté le business ?

- J'ai arrêté, mais faut bien que je sois quelque part.

- Alors va ailleurs ! Je ne te retiens pas.

- Mais va te faire foutre, Gab ! T'as pas changé, hein ? Malgré tout ce temps, t'es resté le même putain de trou du cul !

- Renverse pas les rôles, veux-tu ? Dois-je te rappeler que c'est toi qui as commencé à foutre le bordel ? T'as seulement reçu ce que tu méritais ! Et elle aussi.

- JE T'INTERDIS ! »

Luc sauta sur le labrador qui, pris de vitesse, se retrouva contre le mur soulevé par le col de sa veste par le loup noir hors de lui.

« Mais qui est-ce qui hurle com…? LUC ! REPOSE-LE ! Hurla Henri, alerté par le bruit.

- Relâche-moi, Lucce, ordonna Gab d'une voix parfaitement calme, j'ai à faire ici. A moins que tu ne veuilles me mettre des bâtons dans les roues et reprendre ton boulot ?

- A faire ? demanda Luc, se calmant soudainement, Ici ?

- Tu sais parfaitement que je ne me déplace jamais pour rien. Lâche-moi.

- Luc ? Demanda Henri, inquiet. Lâche-le, je t'en prie. »

Alerté par tout le tapage malgré ma musique, j'arrive dans le hall pour voir Luc empoignant un grand labrador par le col pendant qu'Henri tente de le calmer et de lui faire lâcher prise.

« Luc ? »

A ma voix, Luc se retourne et lâche immédiatement le labrador avant de se diriger à pas hésitants vers la porte, honteux, affolé, presque terrifié, osant à peine me regarder.

« Je … Sam … Henri … je … Faut que j'y aille ! » fit-il avant de sortir précipitamment, manquant de renverser Joyce qui revenait.

Durant le moment de flottement qui suivit, Joyce entra interloquée dans le hall où Henri se répandait en excuses devant le client qui rajustait sa tenue, absolument pas en colère ou le moins du monde surpris par la scène qui venait de se dérouler.

« Je suis absolument navré, Monsieur, je ne sais pas du tout ce qui lui a pris.

- Ne vous inquiétez pas. Je n'en ai pas contre vous. Il s'agit d'une affaire personnelle, une vieille connaissance. D'ailleurs, si j'étais vous, je ne saurais trop vous conseiller de vous méfier de lui à l'avenir, fit-il en me jetant un coup d'œil perçant J'avais cru comprendre qu'il s'était calmé ces derniers temps. Il semblerait que j'avais tort. Maintenant, dit-il en revenant à Henri, j'ai un emploi du temps relativement chargé. Pourriez-vous vérifier si ma commande est arrivée, je vous prie ?

- Hein ? Euh … oui, oui, bien sûr, fit Henri, un peu dépassé. Vous êtes Mr Mambrer, c'est ça ?

- C'est cela. Gabriel Mambrer.

- Je vais vous la cherchez. Ne bougez pas. »

Alors que mon collègue rentre dans le stock, le labrador me jette à nouveau un regard perçant, sans un mot, regard devant lequel je préfère fuir en retournant à mon poste.

BZZZZZ

« OW ! »

Je n'ai pas eu le temps de faire un demi-tour complet que je reçois Géronimo en pleine poitrine, me propulsant en arrière.

Je me redresse difficilement, repoussant mon collègue qui ne semble pas réagir alors que Joyce accourt en jurant, de même que Henri qui se demande ce qui se passe encore.

Personnellement, je suis plus inquiété par Gérôme qui ne bouge plus. En fait, je remarque après quelques secondes qu'il ne respire plus.

Là, je commence à paniquer.

« Laissez-moi faire, j'ai mon brevet de secourisme »

Encore allongé, je me tourne vers Mr Mambrer qui s'avance et qui fait glisser Gérôme avec assurance sur le sol en lui tenant la tête avant de commencer à lui faire le bouche-à-bouche, pendant que Joyce court appeler une ambulance.

Habituellement, voir deux mâles qui s'embrassent à tendance à m'exciter, mais bien que cher Mr Gabriel Mambrer, dont je jure solennellement de ne plus rire du nom, soit bien foutu malgré un âge que j'estime à 40 ans à vue de pif, la vision de mon collègue inconscient a un effet très réfrigérant sur ma libido.

Aussi je pousse un énorme soupir de soulagement, suivi de près par mes collègues, quand ce dernier est secoué par une toux puis un haut-le-cœur consécutif à l'électrisation.

« Vous avez une couverture ou un manteau ? » Nous demande notre sauveur.

Joyce s'exécute immédiatement en refilant son propre manteau.

« Comment tu te sens, mon vieux ? Demande-je à Gérôme reprenant encore son souffle à grande goulée.

- K…k…kk…kkooo….

- Calmez-vous, conseille le labrador. Tout va bien, vous avez reçu un peu de courant, ne paniquez pas.

- Non non, il est bègue, dis-je pour rassurer le client.

- Oh !

- … Mon … B..bras… Fait difficilement Gérôme en se concentrant pour contrôler son bégaiement.

- Il vous fait mal ? demanda le labrador. Gérôme hoche la tête.

- L'ambulance ne va pas tarder, annonce Joyce.

- Je pense qu'il a du se casser le bras.

- Un moindre mal, fait Henri.

- Tout à fait d'accord.

- Gérôme ? demande-je. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- K..ccaa..ccarte vi..vidé..déo.

- La carte vidéo de la machine sur ton poste ?

- Ououi. P..pri..prise allli..alim.

- Ok, calme-toi, je ferai gaffe. »

Je me précipite dans l'atelier pour débrancher la machine incriminée et récupérer le tournevis de Gérôme qui se trouvait par terre et dont la pointe avait fondu.

Quand je reviens dans le hall, l'ambulance est déjà là et les ambulanciers s'occupent de mon collègue. 2 minutes après, l'ambulance est déjà partie.

Leur rapidité fait plaisir à voir.

« Monsieur Mambrer, déclame Henri en lui prenant sa main, nous vous devons une fière chandelle. Vraiment. Je vous remercie infiniment.

- Je vous en prie. C'est bien naturel.

- Venez, je vous offre un café.

- Je vous remercie, mais comme je vous l'ai dit, j'ai un emploi du temps chargé. Je ne peux m'attarder plus. Combien vous dois-je pour les barrettes de RAM ? demande-t-il en saisissant le carton qu'Henri avait ramené du stock.

- Je vous en prie, prenez-les. Cadeau de la maison.

- Non non, j'insiste. Vous faites ça pour vivre.

- C'est moi qui insiste. Je ne vais certainement pas faire payer un client qui vient de sauver la vie d'un de mes collègue et ami. Gardez-les.

- … Merci, Monsieur. Je m'en souviendrai. J'espère que nous nous reverrons. Quant à vous, jeune félin, dit-il en me prenant le bras, rappelez-vous : méfiez-vous de Lucce. Luc. Pour votre propre bien. Bonne chance à vous tous, lance-t-il à tout le monde en me lâchant. Au revoir. »

Nous saluons notre nouvel ami, un peu par automatisme en ce qui me concerne. Puis, toujours secoués, nous nous asseyons dans la salle de pause et trinquons au café à l'une des journées les plus bizarre de notre courte existence et en souhaitant à la cantonade à notre ami de vite guérir, au cas où un ange serait de passage pour nous exaucer.

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Fin du chapitre 3

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