-Psy-


Chapitre 2: Famille


« Steve, si tu pouvais arrêter de me fixer comme ça... » Tony reprit pour la quinzième fois en dix minutes Steve, qui le regardait depuis sa chaise à l'autre bout du salon au lieu de lire son habituel journal.

Tony connaissait la raison de ces regards curieux que tous avaient à son égard depuis la veille: ils savaient que le milliardaire était amoureux, mais il n'avait pas voulu dire de qui.


En effet, il était rentré la veille de son rendez-vous avec Loki, et il était en larmes, blessé et furieux. Il venait de se prendre le plus grand râteau de sa vie si le visage qu'avait le psychiatre lors de la révélation était significatif. Il était rentré à pieds sous la pluie, les larmes embuant ses yeux alors qu'il courrait à l'aveugle dans les rues. Quand Stark fut finalement à la Tour Avengers, les autres étaient rassemblés dans le salon à regarder un film débile à l'eau de rose, ce qui a mit Anthony encore plus hors de lui.

« Éteignez-moi ces conneries ! » avait-il crié, tout le monde se tournant vers lui d'un air surpris, sauf Banner qui semblait très inquiet pour son ami. Tony était alors venu près d'eux et avait pris la télécommande des mains de Thor, éteignant la télévision. Il avait ensuite essuyé ses larmes d'un mouvement brusque et rapide de la main puis il regarda le dieu du Tonnerre furieusement. « La vie, c'est pas comme dans ces saloperies de films ! L'amour, eh bah, personne n'en veut dans ce putain de monde ! »

Thor l'avait juste fixé, se demandant bien quel pouvait être le problème de son ami humain, et là il fut le premier à comprendre. « Il semblerait qu'ami Stark soit amoureux ! Qui est la jeune demoiselle qui- »

« Il n'y a pas de demoiselle, ok !? On m'a rejeté. J'aurais dû savoir qu'il n'en avait rien à foutre de moi... » s'était exclamé le génie après cela, se prenant la tête entre les mains et semblant prêt à s'arracher les cheveux tout en tournant dans le salon. Soudainement, il avait pris sur la table une des tasses remplie du café de Natasha et l'avait jeté à la figure de Thor, qui s'était écarté juste à temps.

Bruce s'était donc levé et était allé vers son ami, tentant de le calmer. Tony l'avait repoussé plus violemment qu'il ne l'avait prévu et était allé s'enfermer dans son laboratoire. Une fois seul, Tony s'était assis dans un coin, jaugeant sa plus récente création avec dédain: le grand ours brun avec un chapeau noir et un nœud papillon assorti, l'un de ses yeux bleus encore absent, une pupille blanche le remplaçant dans le creux obscur que représentait son orbite vide.

Le robot le fixait, impassible, et son unique œil turquoise était vide d'esprit et de vivacité. L'animatronique ne bougeait pas; il fixait, son micro dans sa main droite, et son chapeau étant cloué sur sa tête, tant que même si l'animal robotisé penchait la tête, il ne pourrait pas s'en détacher. « Pourquoi tu dis rien, Freddy ? » avait demandé Tony en se relevant légèrement, un léger sourire apparaissant sur ses lèvres alors qu'il concentrait son regard sur la créature de métal et de fourrure. « Tu sens que je souffre, mais tu te tais. Tu as raison, certainement. Il y a certaines situations où l'on ne peut rien dire sans risquer de blesser encore plus la personne... Merci. »

Suite à cela, Stark s'était relevé et avait décidé qu'il fallait faire face aux autres; avec tout ce qu'il venait de se passer, ils devaient être affreusement confus. Il se dirigeait vers la porte mais s'était arrêté au seuil, se tournant pour contempler un animatronique totalement inactif et hors d'alimentation. « Tu es un bon ami, Freddy. Je sens que tu feras un bon leader. »


Cette étrange soirée n'avait fait que renforcer sa déprime. Même s'il pouvait toujours compter sur l'animatronique présent dans son laboratoire, mais aussi sur ceux qui travaillaient toute la journée dans sa petite pizzéria, il sentait que sa situation s'empirait de jour en jour, à un tel point qu'il n'arrivait plus à dormir la nuit. Il ne cessait de penser à cette histoire; Pepper qui l'avait quitté, Loki qui l'avait rejeté, les autres qui étaient inquiets... Il n'était pas certain de pouvoir s'en tirer. Et il doutait du fait qu'il pourrait faire confiance à Loki... Pas après le précédent rendez-vous...

Tony attrapa la télécommande à ses côtés et alluma la télévision, tombant miraculeusement sur la publicité pour sa pizzéria. Même si elle était très connue dans toute la ville, Mark avait insisté pour faire de la publicité. Dans cette publicité, on pouvait voir les horaires d'ouverture, Fredbear, des enfants, éventuellement Mark et Vincent, et quelques plats (dont le principal était des pizzas). Cela fit sourire Stark, qui prit son téléphone dans sa poche. Il avait reçu un message sans même s'en rendre compte.

Il s'agissait de Mark. « Tony, j'ai besoin de toi ici. On a un nouvel employé, et il ne m'inspire pas confiance. J'aimerais que tu me rejoignes d'ici dix minutes, tu penses pouvoir faire ça ? »

Évidemment, le message datait d'une demi-heure avant que Tony ne le voit. Immédiatement, il sauta du canapé, courut vers sa chambre pour s'habiller rapidement avant de prendre ses chaussures, sa veste et son toast en même temps et courir vers la sortie, saluant Steve avec la tartine dans la bouche. Il attrapa ses clefs de voiture mais les reposa, décrétant qu'il n'aurait pas le temps. Il se dirigea vers son laboratoire. « JARVIS ! UNE ARMURE ! »

« Bien Monsieur, nul besoin de hurler. »

« Je suis pressé Jarvis, on en parlera sur le chemin. » Le milliardaire répliqua, sautant dans son armure et décollant presque simultanément.

Jarvis était étrangement silencieux depuis quelques temps, Tony ignorait pourquoi mais cela l'inquiétait. Il décida d'en parler avec son intelligence artificielle. « Hé Jarvis, quelque chose ne va pas ? »

Il y eut un court moment de silence puis Jarvis répondit d'un air dédaigneux: « J'ai apporté les modifications que vous m'aviez demandé de faire à Freddy, Monsieur. »

« Jarvis, on ne parle pas de Freddy. On parle de toi. »

« Je pensais pourtant que Freddy était, je cite, 'votre plus brillante création'. » Répliqua Jarvis presque méchamment, mais Tony connaissait Jarvis comme personne et savait qu'il était simplement blessé. Et peut-être aussi jaloux.

Tony secoua la tête, souriant légèrement. « Ne sois pas jaloux, Jarvis. Tu n'as rien à lui envier. »

« Si Monsieur le dit. » Conclut l'IA d'un air un peu plus serein et détendu.

Bientôt, l'armure se posa devant le restaurant, et alors qu'elle allait se rétracter pour redevenir la petite valise qu'elle était lorsque désactivée, Tony demanda à Jarvis de rester. L'IA, heureuse de pouvoir passer un peu plus de temps avec son créateur, accepta sans un mot.

Stark entra dans le restaurant, regardant les enfants s'amuser avec Fredbear et remarquant un groupe d'enfant essayant de tirer -ou d'arracher- l'oreille droite de Spring Bonnie. Celle-ci semblait garder son calme, mais Tony voyait la souffrance dans son regard émeraude. Il ne le supporta pas. Ces yeux lui rappelaient ceux de Loki, et il ne supportait pas l'idée de voir un semblant de douleur les hanter. Il s'approcha à grands pas des enfants, ignorant Mark qui venait de le rejoindre et commençait à lui expliquer la situation.

« Ah... Comme toujours... » Murmura Mark, décidant de poursuivre son employeur.

Tony interpella les enfants, ceux-ci s'écartant rapidement de la lapine dorée et le regardant, émerveillés. « IRON MAN ! » Hurlèrent-ils en cœur, accourant vers lui et lui attrapant les mains, essayant de le tirer avec eux vers la table où leurs parents étaient assis. Ce n'est pas le top, c'est vrai, mais au moins Spring Bonnie est saine et sauve, se dit Stark en suivant les enfants, son robot lui souriant d'un air enchanté avant de toucher son oreille et de la replacer.

Mark continuait de le poursuivre et une fois qu'ils furent à la table des parents et que les enfants étaient occupés à essayer de dessiner leur super-héros préféré, le PDG en profita. « Stark, c'est une affaire urgente. »

« Vas-y, dis-moi tout. » Fit Tony, se tournant vers son employé d'un air sérieux, croisant les bras contre sa poitrine. « Qui est le nouveau ? »

« Il s'agit d'un certain William Afton. C'est un des amis d'Henry. » Quand Mark prononça ce prénom, il vit sur le visage de son employeur que cela ne l'avançait pas beaucoup. Il soupira, passant sa main dans ses courts cheveux bruns. « Enfin Tony ! Henry, tu sais, celui qui... Celui qui t'a donné les concepts pour la pizzéria ? »

Stark y réfléchit pendant une petite minute avant que Jarvis ne lui fournisse, à travers la visière de l'armure, une image de l'homme en question. Le visage de Tony s'illumina. « Oui, bien sûr ! Il a deux enfants, c'est ça ? »

« Oui, Charlotte et Sammy. Je suis content que tu sois là pour m'aider Jarvis. » Sourit Mark.

« A votre service, Monsieur Frames. »

« Hé tous les deux, je suis là aussi, vous savez ! » S'exclama Stark, gêné par l'attitude de Jarvis et Mark.

Mark leva les yeux au ciel et lui fit signe de le suivre. « Je vais te le présenter. Il est toujours en train de regarder Spring Bonnie, il ne devrait pas être difficile à remarquer. » Expliqua le PDG avant d'aller vers la scène.

Tony remarqua un homme qui portait l'uniforme de la pizzéria assis à une table, juste en face de Spring, en train de la fixer. Il déglutit, un peu effrayé; l'homme semblait sévère et obstiné. Jarvis semblait tout aussi anxieux puisqu'il faisait de son mieux pour empêcher Tony d'avancer, resserrant les boulons de l'armure. « Jarvis, enfin, il ne peut pas être si terrible. »

« Je pense que si, Monsieur. Il semble obnubilé par Spring Bonnie. » Dit Jarvis, fixant l'homme qui se tourna alors vers eux quand Mark l'interpella.

Les yeux anthracite de l'homme se posèrent sur Tony et un fin sourire déforma ses lèvres. Tony déglutit une nouvelle fois. Jarvis bloqua complètement l'armure. « Jarvis, qu'est-ce que tu fais ? Laisse-moi avancer ! »

« Non, Monsieur, je regrette. Cet homme est dangereux. Je ne vous laisserai pas faire un pas de plus en sa direction. »

William sourit imperceptiblement puis serra la main tendue mais figée de Stark d'un air amusé. « Il semblerait que votre création vous pose des problèmes. En avez-vous de tels avec celle-ci ? » Demanda le brun, pointant Spring Bonnie sur scène.

Dans ses yeux brillaient des étoiles, symbolisant un mélange d'admiration et d'obsession.

« Monsieur... »

« Pas maintenant, Jarvis. »

« Je crois qu'il l'aime, Monsieur... »


A suivre...


A/N: Hey hey ! Comment allez-vous !? Ça fait extrêmement longtemps que je n'ai pas publié un chapitre pour cette fanfiction, j'en suis bien désolée !

J'espère que vous avez aimé ce chapitre, dites-moi tout dans les commentaires !

A la prochaine,

Circle of J.