Titre : La Maison de Chair

Auteur : Shima-Kyuuketsuki

Genre : UA, romance

Pairing : Reita x Ruki / Aoi x Kai

Rating : M

Note :


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Chapitre 3

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Il était à présent quatre heures du matin, tout le monde dans le quartier dormait à poings fermés. Cependant, dans l'établissement dirigé par monsieur Uke, personne n'avait encore eu le droit de fermer l'œil. Le dernier client venait de franchir la porte de sortie et tous les jeunes hommes étaient alignés dans le salon principal. Comme chaque soir avant de pouvoir enfin se reposer, il fallait s'aligner dans le salon et donner l'argent gagné durant la soirée. Si monsieur Uke décrétait que ce n'était pas assez, il criait et s'amusait à humilier publiquement le jeune homme qui l'avait déçu. Comme chaque soir, c'est avec l'estomac noué que chacun donna son gain, en soupirant de soulagement lorsque monsieur Uke ne disait rien. Il leur fit son petit discours rituel puis les jeunes hommes présents purent enfin rejoindre leur peu confortables chambres communes. En remontant les marches peu stables qui menaient aux greniers, Aoi s'approcha de son ami pour savoir comment s'était passé sa soirée.

« Eh bien j'ai encore eu droit à la visite des adjoints du maire, soupira Ruki. Mais j'ai aussi eu un nouveau client !

- Il doit te plaire pour que tu souris comme ça ! Rit Aoi

- Oui, il est jeune et plutôt bel homme... mais il est étrange !

- Il t'as demandé de faire quoi encore ? S'énerva Aoi, qui avait l'habitude qu'on maltraite son ami avec des pratiques sexuelles peu recommandables.

- Eh bien rien justement !

- Il vient là et il te touche pas ? Dit Aoi en sourcillant.

- Il est venu là pour affaires et il a pas voulu froisser Uke !

- Il est bizarre ! Tout le monde en aurait profité à sa place !

- Ouais mais pas lui ! Ça m'a un peu vexé n'empêche ! Pour une fois que je n'avais pas un vieux politicien et que j'aurai pu vraiment me faire plaisir, il voulait juste parler !

- Je peux pas vraiment comprendre ! Moi quand j'ai envie de jeune, je vais voir Kai, il est ravi à chaque fois ! Sourit Aoi

- Je veux rien savoir !

- Mais tu sais, il est bon amant ! Il fait sévère mais...

- Aoi ! Kai m'a quasiment élevé, je ne veux pas savoir ces choses-là !

- Fais pas ton choqué hein !

- En parlant de choqué, faut que je parle à la princesse ! Je suis sûr que si son client ne nous avait pas dérangé le beau blond pudique se serait laissé faire ! Il a été trop rapide Ruwa !

- Tu m'as dit qu'il voulait juste parler et qu'il t'avait pas touché !

- Il ne m'a pas touché mais moi si ! Et crois-moi il s'en souviendra longtemps ! » Rit Ruki.

Aoi soupira en riant puis ils se couchèrent, le corps épuisé par la répétition des actes charnels, et l'esprit rêvant secrètement d'être ailleurs, loin de tout cela.

-o-

Un peu plus tôt dans la soirée, à la sortie de la Maison de chair.

Tora et Reita marchaient lentement, déambulant avec paresse dans les rues afin de retourner à leur hôtel. Le chemin se fit silencieusement, chacun repensant à sa soirée. Reita se sentait troublé, il n'aurait sût dire pourquoi, mais ce jeune homme l'intriguait. De plus, la façon dont il l'avait touché lui avait plu. Tout ceci remettait en question son opinion de la sexualité. Il avait connu l'acte charnel à l'âge de huit ans, forcé par son oncle, puis à dix-huit ans, quand une jeune femme s'offrit à lui lors de leur nuit de noce, mais le plaisir qu'il avait ressenti alors n'avait pas surmonté son dégoût pour les rapports physique. De plus, cette jeune femme était violemment décédée le lendemain, ce qui associa finalement dans l'esprit de Reita, la sexualité à la souffrance, une fois de plus. Cependant, ce qu'il avait ressenti ce soir-là était bien différent de ce qu'il avait vécu jusqu'à lors. Il se demandait si quelque chose viendrait de nouveau consolider son idée que la sexualité était mauvaise et n'apportait que le malheur ou si au contraire cette soirée marquerait le début d'horizons nouveaux.

Tora regarda son cousin qui semblait perdu dans ses pensées puis lui dit l'air malicieux :

« On dirait que tu t'es bien amusé !

- On a juste discuté, se défendit Reita dont les joues prirent une légère teinte rosée.

- Ta braguette est ouverte ! » Rit Tora.

Reita se dépêcha de remédier à ce léger détail, puis reprit sa route, toujours aussi silencieux.

La semaine qui suivit permit à Reita de régler les affaires pour lesquelles il était venu en ville.

Tandis qu'il vagabondait dans les rues en compagnie de son cousin, il croisa de nouveau monsieur Uke qui renouvela son invitation de passer la soirée dans son établissement. Étonnement, Reita fût beaucoup moins difficile à convaincre que la dernière fois, ce qui arracha un sourire amusé à Tora. Ce dernier pensa distraitement que le jeune homme blond ne devait pas y être pour rien dans ce soudain changement d'opinion.

Le soir-même, ils passèrent les lourdes portes rouge et attendirent tranquillement dans le salon. Un jeune homme châtain, quelque peu efféminé s'approcha d'eux et entraîna Tora dans sa chambre. Reita se dit que ce jeune homme devait être Uruha. Son cousin n'avait cessé de lui vanter les mérites de son favoris.

Lorsque monsieur Uke pénétra dans le salon, il remarqua de suite Reita, planté au milieu, cherchant apparemment quelqu'un du regard.

« Vous cherchez quelqu'un ? Demanda-t-il amicalement.

- Oui, le jeune homme de la dernière fois.

- Ruki ? Oh, un client l'a réservé pour la soirée, mais je peux vous conseiller quelqu'un ! » Sourit-il.

Reita acquiesça, quelque peu déçu, puis suivit un jeune home aux longs cheveux d'ébène.

Le jeune homme fit entrer Reita dans un chambre puis fit face à lui quand il eut fermé la porte.

« Aoi pour vous servir » Sourit-il de manière aguicheuse.

Aoi attendit que Reita se déshabille ou s'allonge sur le lit, mais l'autre ne fit rien. Il tenta une nouvelle fois d'engager la conversation.

« Tu préfères quel rôle ?

- Je... Reita soupira, je ne suis pas là pour profiter de toi ! »

Aoi songea quelques instants puis détailla Reita du regard.

« Soit c'est une coïncidence, soit tu es le beau blond pudique de Ruki, sourit-il.

- Tu connais Ruki ?

- Oui, tu sais on se connait tous ici, mais Ruki est un de mes amis les plus proches.

- Oh ! »

Aoi sourit doucement en regardant Reita songer.

« Il ne peut pas ce soir, mais tu peux le réserver pour demain ! Dit Aoi avec un sourire plein de sous-entendus.

- On ne devrait pas réserver pour ce genre de choses ! Murmura Reita

- Ruki avait raison ! Tu es vraiment innocent ! On ne croise pas grand monde comme toi ici !

- Je ne suis pas ici par envie !

- C'est quand même la deuxième fois que tu viens ! » Dit malicieusement Aoi qui avait envie d'embêter un peu Reita. Il voyait bien que Reita était gêné et cela l'amusait. De plus, il voulait en profiter pour savoir ce que Reita pensait de Ruki, une chose était sûre, c'est qu'il ne lui était pas indifférent.

« Monsieur Uke semble apprécier mon cousin. Se justifia Reita.

- Et pourquoi as-tu demandé Ruki ? Sourit Aoi qui n'était pas totalement convaincu par les mots de Reita.

- Eh bien nous nous connaissons déjà ! Balbutia Reita dont la gêne augmentait à une vitesse effarante

- Tu n'espérait pas plutôt retrouver Ruki car il t'avais touché et que tu en voulais plus ? »

Reita ouvrit de grand yeux étonnés. Comment savait-il ?

« Bien... Bien sûr que non ! Bégaya-t-il.

- Oh mais je ne te juge pas ! Ruki est quelqu'un de très attirant !

- Pouvons-nous parler d'autre chose ? Demanda Reita qui commençait à en avoir assez des questions de ce jeune brun.

- Bien sûr ! Qu'est-ce qui t'amènes dans notre 'belle' ville ? Interrogea Aoi en grimaçant au mot « belle » »

Ils discutèrent ainsi plusieurs heures durant. Tora avait prévenu Reita de son départ, mais celui-ci était tout de même resté dans « la Maison de Chair ». Ils se racontèrent leurs vies respectives, chacun écoutant l'autre avec intérêt, les expressions de de leurs visages rythmées par le récit de l'homme assis en face. Discuter avec une personne dont la classe sociale était à l'opposée de la leur était une expérience captivante selon eux. Aoi fréquentait beaucoup de personnes riches, mais elles ne lui avaient jamais tenu une conversation. Reita quant à lui, était effaré d'entendre l'histoire d'Aoi. Il était né dans un milieu bourgeois où la misère n'avait pas sa place. Il avait grandit dans l'ignorance du monde réel et était terrorisé de savoir que des choses pareilles pouvaient se dérouler dans le monde.

Lorsqu'il eu la curiosité de demander comment Ruki en était venu à travailler ici, Aoi lui répondit en souriant tristement.

« Ce n'est pas à moi de te raconter ça ! Bon, je ne te mets pas à la porte, mais ça va bientôt être la fermeture. J'espère que tu as un porte-feuille conséquent ! Passer une partie de la nuit avec moi ça ne se donne pas ! » Rit Aoi.

Ils quittèrent la chambre, Reita payant généreusement Aoi, puis ils se dirigèrent vers le rez-de-chaussé. Quand ils longèrent le salon, Reita croisa brièvement le regard de Ruki qui était assis nonchalamment sur un sofa, puis rentra à son hôtel.

Dans la salon de la Maison de Chair, les employés étaient alignés et Aoi sentait une colère noire émaner de son petit voisin. Il sourit et attendit d'être dans les escaliers pour lui parler.

« Alors, ta soirée ? » Demanda Aoi avec un sourire en coin.

Il connaissait la cause de la mauvaise humeur de son ami et décida de jouer un peu avec lui.

« Comment veux-tu que ça se soit passé ! J'étais avec le maire, donc il m'a fait mal ! »

Au grand dam de Ruki, le maire l'avait choisit comme favori, le recommandant vivement à toute son assemblée par la même occasion. Mais le maire et ses sbires n'étaient pas des clients normaux, ils venaient ici afin d'assouvir certains fantasmes qu'ils ne voulaient pas réaliser avec leurs épouses, question d'éthique disaient-ils. Néanmoins lorsqu'il s'agissait de faire passer leurs fantasmes sur un pauvre jeune homme dont personne ne se souciait, l'éthique disparaissait et ils se faisaient un plaisir de martyriser Ruki afin d'augmenter leur plaisir sexuel.

« Ça va quand même ? Je vais t'aider à te désinfecter ! S'inquiéta Aoi.

- J'ai pas besoin d'aide ! Et toi ta soirée ? C'est un bon coup ? Il t'as pris avec passion ? » Demanda-t-il agressivement sans le regarder.

Ruki était vexé que Reita soit revenu et qu'Aoi se soit occupé de lui. Il aurait bien voulu conclure avec cet homme.

« On n'a rien fait, on a parlé ! Je dois dire que c'est une personne intéressante !

- Ouais moi aussi il voulait juste parler l'autre fois !

- Oui, mais moi je ne lui ai pas sauté dessus ! »

Ruki bougonna avant de partir se coucher. Aoi se pencha au-dessus de lui et lui embrassa la joue avant de chuchoter avec amusement : « Sois pas jaloux ! ».

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J'espère que ça vous a plu ^^

Dans le prochain chapitre on en saura plus sur le passé de Ruki ^o^

La semaine prochaine je devrai poster le chapitre 1 de Uso, je l'ai écrit au brouillon hier après-midi ^w^ et la suite d'une ou deux autres fictions, selon mon humeur XD