CHAPITRE TROIS.
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A l'abri des regards, dans une rue sale, et déserte, ils se faisaient face, sans un mot. Sherlock, les mains dans les poches de son grand manteau, le visage de marbre et la mâchoire dure, l'assassin, tranquillement adossé à un mur, abrité sous son grand parapluie, sourire aux lèvres. Ils avaient dégainés leurs pistolets en même temps, s'étaient menacés une ou deux minutes avant de ranger leurs arme, symétriquement.
« Tu m'as l'air plutôt agacé, je me trompe ?
-Arrête de faire ça. C'est moi, ton adversaire, pas John. Tu ne t'attaques pas à quelqu'un de ta taille.
-Tu le considères comme si nul ?
-Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dis. », siffla Sherlock avec haine tout en le dévisageant. Il voulait faire du mal à cet homme cruel, cet homme sans scrupule, cet homme qui voulait lui prendre l'unique chose qui lui tenait à cœur. Moriarty s'alluma une cigarette.
« De quoi as-tu peur, Sherlock ? Qu'il te délaisse pour moi ? Ou simplement que tu finisses par comprendre que lorsque tu perces le secret du mécanisme, tu t'en désintéresse ? »
Sherlock aurait voulu crier. Crier que c'était parfaitement faux. Mais quelque chose, dans son regard glacé, sembla se briser, alors qu'il secouait négativement la tête. Tout se passait toujours comme ça, c'était vrai. Le détective ne supportait pas la routine. Il vivait de surprises, de changements, de nouveauté. Et il connaissait déjà si bien le blond…
« Tu vois, maintenant ? On se ressemble beaucoup, Sherlock…On aime les défis, et on se lasse si vite des choses… »
Il fit un pas vers le jeune homme dont les lèvres avaient étrangement blanchi.
« …Et on apprécie tous les deux d'avoir un homme actif dans son lit. »
Il se lécha les lèvres avec obscénité, jubilant devant l'air défait de son ennemi, et s'approcha encore, tirant une bouffée de sa cigarette.
« En réalité, tu n'as pas besoin de moi pour briser cette ébauche stupide de relation, mais…J'aime bien aider les choses, tu me connais ! »
Il lâcha un long rire hystérique, murmurant que Sherlock était, comme lui, un solitaire, et que les choses ne devaient pas changer. Déjà, d'après lui, le détective avait perdu de sa superbe, et certains reflexes. C'était inacceptable. Le brun se secoua, et d'un geste de la main dissipa la fumée blanche :
« Tu es simplement jaloux que personne ne veuille de toi.
-Oh, arrête, soyons sérieux une seconde. Je pourrais parier que tu as déjà supprimé le joli message que je t'ai envoyé, et que tu ne comptes pas parler à ton apollon de notre entrevue. N'est-ce pas ? »
Les yeux de Sherlock doublèrent de volume, et le jeune homme eut la subite envie de cracher sur l'homme qui lui faisait face. Ce sale serpent semait le trouble en lui , et le venin progressait bien trop rapidement. Il recula, sentit son téléphone vibrer dans sa poche, et grinça qu'il s'en allait.
« Dis à John que les pantalons plus moulants lui vont divinement bien ! » ricana l'assassin en voyant l'autre s'éloigner. Quand Sherlock eut disparu, il se frotta les mains, ravi. Il adorait les êtres humains, les torturer, et les voir s'embourber dans leur propre détresse.
Oui, décidemment, admettre le brun dans son jeu était une initiative remarquable.
De bonne humeur, Jim replia son parapluie, et s'éloigna dans la ruelle en sifflotant.
"..."
« John, je te dérange ?
-Entre, Sarah, je t'en prie ! »
Le blond, plongé dans des dossiers, se retrouva prit de court en apercevant le visage de sa collègue, légèrement trop près du sien. Il rougit, recula, se leva pour être à sa hauteur.
« Oui ?
-J'ai deux places pour un match de basket, et je comptais t'inviter, amicalement parlant.
-Tu…N'es pas obligée d'ajouter le « amicalement parlant », c'est plus gênant qu'autre chose… »
Sarah éclata de rire, s'excusa, et le médecin remarqua de nombreux changements chez la jeune femme. Elle avait mincit, avait changé de style de maquillage, et arborait un joli collier autour du cou. Elle avait quelqu'un, ou cherchait à plaire. Sarah rejeta ses cheveux sur le côté, et lui demanda si Sherlock serait d'accord pour le laisser seul une soirée. La remarqua piqua l'ancien soldat :
« Je n'ai pas besoin de son accord, je suis majeur !
-Oh, en ce cas, tu passes me prendre demain soir, à dix-neuf heures ?
-Parfait, j'y serais. »
Il lui rendit son sourire, et la regarda partir. Sarah était jolie, drôle, agréable, facile à vivre, elle aimait tout, était généreuse et avait les pieds sur terre. Elle ne l'attirait plus le moins du monde, et cette certitude , qui aurait pourtant du inquiéter un hétérosexuel normal, rassura le blond.
"..."
« Sherlock ? Je suis passé acheter du lait, je suis sur que tu as encore oublié. »
Le blond posa les commissions sur le sol, et remarqua un incroyable fouillis près de la table basse. Derrière celle-ci, sur le canapé, Sherlock était assit, ou plutôt recroquevillé, les bras autour de ses genoux et le regard désespérément vide.
Il s'inquiète. Il ne comprend pas. Moriarty à raison, les jeans serrés le mettent en valeur.
« Un problème ?
-Aucune affaire. Je m'ennuie terriblement, ça me manque de faire du sport en courant dans les rues après des criminels stupides.
-En parlant de sport…Je vais voir un match de basket avec Sarah, demain soir, ça ne te gêne pas ? »
Le brun redressa subitement la tête, et ses yeux se plissèrent alors qu'il croisait durement les bras :
« Non, ça ne me gêne pas que tu passes une soirée en compagnie d'une femme, qui est au passage une de tes anciennes fréquentations. Ca ne me gêne pas non plus de la laisser tout faire pour te séduire, sachant que tu aimes principalement les femmes. Et ca ne me gêne absolument pas de m'ennuyer tout seul ici. »
Watson rangea la dernière bouteille, leva les yeux au ciel, et alla s'affaler à côté de son amant qui ne bougea pas d'un poil.
« Tu as si peu confiance en moi ?
-Je n'ai pas confiance en les autres.
-Tu paniques pour rien. »
John savait qu'il agissait comme un baume sur le détective. Il sentait que ses mots, ses sourires, ses pensées même avaient un effet bénéfique sur Sherlock, ils le calmaient, le rassuraient, l'excitaient. Et même si le fonctionnement du brun lui échappait encore, il profitait de plus en plus de ces petites pointes de connaissance.
« Je ne reviendrais pas tard. Et on passera quand même une bonne soirée.
-J'aurais aimé venir avec toi.
-Arrête de faire le gamin, tu détestes les matchs, et tu détestes te retrouver dans une foule en délire ! »
Le blond imagina un court instant le détective en train de sauter sur place en acclamant un joueur, et il secoua la tête pour chasser cette pensée désopilante. Sherlock était d'une mauvaise foi à toute épreuve, et le médecin décida d'écarter le sujet tout en allant ouvrir au livreur. Ce soir, c'était Thaïlandais. Le brun refusa de se lever pour aller dans la cuisine, et le blond, à bout de résistance, accepta de manger sur la table basse, assit à même le sol. Sa jambe le gênait un peu.
« …Tu ne veux pas aller sur la canapé ?
-Non, je considère ce meuble comme ton territoire. Et puis, comme ça, j'ai l'impression d'avoir de nouveau quinze ans…
-Quand tu faisais des soirées entre garçons, à boire des bières tièdes et raconter des blagues vulgaires ?
-Non, quand j'invitais une fille. C'était plutôt rare. Mais je lui laissais le canapé. »
Sherlock eut un léger sourire. Il imaginait tout à fait le blond en face d'une adolescente, rouge vif mais pourtant à l'aise, et agréable. Il avala sa bouché piquante.
« Et vous ne faisiez que bavarder ?
-Au début, oui. Ensuite…Je lui faisais du pied. »
De sa jambe valide, le blond vint titiller celle de Sherlock, sans cesser de manger tout en feignant l'innocence. Le brun se laissa faire, apprécier la légère caresse contre son mollet.
« Et ensuite ?
-Ensuite elle venait à côté de moi. »
Sherlock fronça les sourcils. Quoi ? Il devait se déplacer ? De mauvaise grâce, il céda à sa curiosité, et vint s'installer en tailleur à la gauche du médecin qui s'amusait visiblement de la tournure des choses. Il continua, expliquant qu'après, il lui prenait la main, et glissait l'autre sur sa cuisse, tout doucement. Le détective se sentait comme un adolescent. Lui qui n'avait jamais vécu de réelles scènes de séduction, il se plaisait à imaginer comment John l'aurait courtisé, il y a quelques années.
« A ce moment là, elle prétendait être fatiguée, et s'allongeait sur le tapis…Et j'en profitais alors pour l'embrasser.
-C'et vraiment misérable, comme drague, tu le sais ?
-Sherlock… ?
-…Je suis très fatigué. »
Le brun s'allongea, et tendit les bras pour saisir le visage de son vis-à-vis, scellant ses lèvres aux siennes. Watson oublia instantanément son rôle, et vint se placer au dessus du détective, laissant ses doigts ouvrir le pantalon camouflant l'objet de ses désirs. Sherlock se cambra en sentant l'étau de chaleur autour de son sexe, et entreprit de faire la même activité tout en frottant son corps au sien.
« Hm…Tu ne veux pas essayer ailleurs ?
-On n'a jamais rien fait sur ce tapis, je te signale. »
Sherlock gémit en sentant l'érection du blond se plaquer contre la sienne, et il répliqua que le lit, le sol, c'était toujours un peu la même chose. Le médecin envoya valser le pantalon du brun, et se mit à lui caresser l'intérieur des cuisses, laissant ses ongles marquer la peau tendre alors qu'il lui léchait insolemment les tétons.
« Il y a aussi eu la douche…Le rebord de la fenêtre…La table de la cuisine… Tu vas finir par te lasser, si on fait tout en une semaine… »
Watson l'embrassa, sa main droite masturbant le sexe du brun qui lâcha un cri rauque, le cœur battant soudainement trop vite. Les mots de son amant lui en rappelaient d'autres. D'un coup, alors que le médecin allait émettre l'idée de chercher un préservatif, il prit le visage carré à deux mains :
« J'ai rencontré Moriarty ce matin. »
John s'arrêta net dans son action, sentit comme un courant d'air froid l'envahir, et se recula doucement. Le brun vit son excitation retomber d'un coup, et le médecin, agacé, profondément gêné et abasourdit se rhabilla par quelques gestes saccadés.
« John, tu pouvais rester comme ça…
-On allait s'envoyer en l'air, et tu me parles de Moriarty. Qu'est ce qui te prend ? Et comment ça, rencontré ? »
Sherlock, toujours nu comme un ver, relata la petite péripétie d'une voix sourde, remarquant que le blond n'osait plus poser ses yeux sur lui. John fronça les sourcils :
« Pourquoi ne me l'as-tu pas dis avant ?
-…C'est dur pour moi de t'avouer tout ça.
-Avouer quoi ? Que Moriarty est un dingue, un assassin, et qu'il nous veut du mal ? »
John le raillait. Il était encore perturbé par la tournure qu'avait prit la situation. Il ne s'était jamais arrêté pour réaliser ce qu'il était en train de faire avec le brun, et l'entendre parler du criminel lui avait coupé toute envie. N'aurait-il pas pu attendre un peu, au moins ? Sherlock s'avança, se glissant contre le bassin du blond sans sembler gêné le moins du monde par son impudeur, et le serra dans ses bras, posant ses fines lèvres contre son oreille :
« Avouer que je t'aime. Avouer que s'il te faisait du mal, j'en deviendrais fou. Avouer que tu es mon unique point faible. Avouer que tout tourne autour de toi. »
Sherlock sentit son amant se raidir contre lui, puis deux mains chaudes vinrent encadrer ses hanches. Le brun évitait son regard.
« …Je trouve ça plutôt positif, tu sais ?
-Tu es en danger. Tant que Moriarty sera en liberté, tu auras une cible dans le dos.
-Alors arrête-le. »
John le recoucha sur le dos, appréciant de le savoir nu, contre lui, entièrement à sa disposition. L'ancien soldat avait toujours préféré montrer son amour par la voie physique. C'était plus clair, plus sensuel, et il s'appliquait tellement, quand l'enjeu était de taille, qu'il se donnait à fond pour faire plaisir. Voir Sherlock cambré, les joues rouges, criant son prénom alors que la jouissance lui faisait fermer les yeux était un spectacle inoubliable.
« Tu penses trop fort, souffla le brun, prends-moi… »
John se baissa pour happer ses lèvres.
Lemon or not lemon ?
Reviews ? :D
