Merci de mis en favori ! J'espère que mon histoire plaît, n'hésitez pas à me faire des retours !

Chapitre 3. Un déménagement qui déménage

Un hurlement de terreur retentit, et je gigote pour m'extraire des courvertures. Ce cri n'avait beau être que dans ma tête, il résonne encore dans mes oreilles et une boule me serre le ventre. Depuis que j'ai treize ans, je fais régulièrement des cauchemars, et sans le soutient que m'a apporté James, j'aurais fini par avaler des potions de sommeil sans rêve toutes les nuits. Mais je refuse de devenir accro à ce genre d'artifice.

Assis dans le grand lit de la chambre de James, à côté de lui qui dort comme une marmotte, je suis en sueur et mon cœur peine à se calmer après les visions oniriques et cauchemardesques qui viennent de me réveiller.

Je me lève, et essaye de calmer ma respiration. Fermant les yeux, je me visualise en Patmol et j'inspire un grand coup, me concentrant uniquement sur ma transformation en chien. Quelques instants plus tard, je m'endors à nouveau, dans le corps et l'esprit du chien.

xxx

- Sirius ?

La voix de James traverse mon sommeil et je grommelle pour lui répondre, mais c'est un plus un aboiement que des mots humains qui sortent de ma gueule. J'ouvre un œil et aperçois ma patte noire qui repose sur le parquet. Assis sur le lit, James me regarde.

Je ferme les yeux à nouveau, cherchant toute part d'humanité en moi et me concentrant pour redevenir Sirius Black, un être humain.

- Pourquoi tu t'es transformé ? me demande James, une fois que je suis redevenu l'autre moi.

- J'ai fais un cauchemar, déclaré-je, j'ai pas envie d'en parler.

Je me recouche dans le lit et James passe sa main dans mes cheveux.

- Je suis désolé, déclare-t-il.

- Hé, tu n'y peux rien, protesté-je.

- Les garçons, le petit-déjeuner est prêt !

La voix de Mathilde Potter monte jusqu'à la chambre et nous descendons la rejoindre pour prendre des forces. C'est aujourd'hui que je déménage, que je vais installer toutes mes affaires dans l'appartement que je loue à Godric's Hollow.

- Je vous ai fait des pancakes, déclare Mathilde alors que nous nous asseyons dans la cuisine.

- J'ai loué un camion de déménagement chez Sorciers&Muscles, annonce Gary.

- Merci, c'est super sympa, dis-je.

James se sert un café puis me tend une tasse et la cafetière. C'est étrange de se dire que ce soir, je dormirai dans mon propre appartement. En pensant à cela, je vois Mathilde qui remplit une petite boite en plastique de lasagnes et qui écrit Sirius sur le couvercle d'un coup de baguette magique. Elle est toujours si prévenante.

Je finis mon café, quand la sonnette retentit dans la cuisine. Gary se lève difficilement, en s'appuyant sur la table, et va ouvrir.

- Salut les gars ! s'écrie Peter, suivi de Remus. On est venu vous aider.

Je souris en les voyant tous réunis ici, pour moi, pour m'accompagner. Ma famille. La famille, en latin, cela veut dire « les habitants de la maison ». Aujourd'hui, cela définit plutôt l'ensemble formé par les parents et leurs enfants, mais aussi l'ensemble des personnes ayant des liens de sang ou d'alliance. Balzac disait que la famille est temporaire et se dissout à la mort.

Mais la famille c'est aussi et surtout un groupe de personne qui partagent des choses ensemble, qui ont des caractères communs. Ma famille, c'est toutes les personnes présentes dans cette cuisine, qui viennent m'aider à déménager. Nous sommes amis, famille biologique ou d'adoption, et rien ne compte plus que ça.

xxx

- Passe moi le petit carton-là, Peter.

Peter me donne le fameux carton et je le porte jusqu'au camion. Remus reste dans le camion et organise les cartons et les meubles de façon à ce que tout rentre. Pendant ce temps, James ramène d'autres cartons que j'avais laissé dans sa chambre.

- Il ne reste que les deux cartons de livres, et la table de nuit que je te donne, déclare Mathilde.

- Parfait, dis-je.

James prend la table de nuit, avec l'aide de Peter, et je porte les deux carton jusqu'au camion. Puis, nous montons tous sur la banquette arrière qui est élargie magiquement.

- C'est grand jour, lance James en faisant semblant de pleurer, le petit Sirius prend son envol.

- Fais attention à ce que tu dis Jamesie, je pourrais ne pas t'inviter à ma crémaillère.

- Oh, que de menaces, se moque Remus.

En quelques minutes, nous sommes devant l'immeuble dans lequel je vais vivre, et Gary, qui conduisait, gare le camion pile devant la porte. Nous commencons à décharge les cartons, les sac et les meubles en chantant. Enfin, surtout James.

- Hissons nos couleurs, hissez ho, l'âmes de pirates jamais ne mourra !

- Pitié, il va pleuvoir, s'amuse son père.

- Allez, on fait une chaîne dans les escaliers, déclare Remus, et pitié James, arrête de chanter.

Je monte au dernier étage, celui de mon appartement, Peter se place au deuxième étage, Remus au premier et James reste au rez-de chaussée. Ainsi, les cartons sont montés rapidement. La voix de James qui chantonne la même ritournelle depuis le début de l'après-midi me parvient jusqu'au troisième étage.

Finalement, il ne reste plus rien à monter, et nous restons tous les six dans l'appartement, assis sur des cartons, buvant un verre d'eau, essouflés par le travail fourni.

- Je vais t'aider à monter ton lit, propose Gary, je connais plein de sortilèges de bricolage.

- C'est une super idée, merci Gary.

- Je vais ensorceller ton canapé pour l'aggrandir, annonce James.

Je le laisse faire et je rejoins Gary dans la chambre qui me montre les meilleurs sortilèges de bricolage qu'il connaît. Quand je reviens dans le salon, James a aggrandi mon canapé et s'est affalé dessus, pendant que Mathilde a accroché les rideaux aux couleurs des Frelons de Wimbourne qu'elle m'a offert à mon dernier anniversaire. Peter a rangé ma vaisselle et Remus s'est assis sur un carton, aussi peu actif que James.

- Tranquille, les gars, dis-je en riant.

- Ouais, je suis bien posé, réplique James. Ton canapé est parfait pour m'accueillir régulièrement !

- Tu ne comptes pas avoir ton propre appartement, un jour ? se moque son père.

- Merlin, entends-tu, mon père veut me mettre dehors ? s'exclame James en levant les bras au soleil.

C'est un fou rire général qui prend tous mes déménageurs à la suite de la remarque théâtral de James.

- Allez, je vous invite tous au restaurant pour vous remercier de votre aide, j'annonce une fois l'appartement rangé.

- Oh, Sirius, ne te ruine pas pour nous, déclare Mathilde.

- Mais non, et puis ça me fait plaisir de vous inviter, pour une fois que je peux le faire, ajouté-je.

xxx

- Siriiiiius ! C'est une castatrophe, un truc de malade !

Dire que je croyais qu'en déménageant, plus personne ne viendrait me réveiller si je voulais faire la grasse matinée, mais c'était mal connaître James Potter. En même temps, pourquoi est-ce que je lui ai donné les clés de mon appartement ? Non, je ne sais pas non plus, j'ai du recevoir un coup sur la tête le jour-là.

- Quoi ? grommellé-je en sortant la tête de sous ma couverture.

Evidemment, James ne s'est pas contenté d'attendre dans le salon, il est directement entré dans ma chambre.

- J'ai reçu ma liste de fournitures scolaires, m'explique James, et un autre courrier, tu ne devineras jamais quoi !

- Une lettre de Lily ? tenté-je.

- Ce ne serait pas une catastrophe, à ce moment-là, déclare-t-il.

Je me lève, la tête encore dans le brouillard, et je me traîne jusqu'à ma cuisine pour me servir un café. La majorité de mes placards et de mon frigo sont remplis de plats préparés par Mathilde. Elle doit avoir peur que je meurs de faim. J'avoue que cela m'arrange plutôt pas mal. Je sors deux pancakes de leur boîte et je les jette dans la poêle.

- Je suis préfet en chef.

- Quoi ? m'écrié-je.

Je m'étrangle en entendant la nouvelle. Cela signife entre autre que Remus a a été démis de ses fonctions, et ça ne va pas lui plaire. Mais, sérieusement, le plus charismatique et bordéleur des Maraudeurs être préfet en chef ? C'est une bonne blague, tiens.

- Je ne sais pas ce que prend Dumbledore, mais c'est de la bonne, dis-je.

- Carrément, lâche James en laissant tomber sur une chaise.

Je pose devant lui une assiette avec un pancake et je sors un pot de confiture de fraises, puis je me prépare une assiette aussi. James croque dans son pancake, sans se plaindre que sa mère me fait plus à manger qu'à lui, comme il le fait à chaque fois.

- C'est pas si grave mec, c'est juste drôle en fait. Au moins, tu connaîtras les soirs de rondes de tous les préfets de Poudlard, quand on voudra sortir.

- Je me demande qui est la préfète en chef, marmonne James.

- Tu le sauras dans le Poudlad Express. C'est sûrement Lily ou Meredith Custer, ajouté-je.

Il hoche la tête.

- On va acheter nos fournitures cet après-midi, du coup ? propose-t-il.

- Oui, bonne idée, ce sera fait comme ça.

xxx

- Tous les ans c'est la même chose, se plaint James, alors que nous sommes à Fleury et Bott pour acheter nos manuels scolaires.

- Ne dis pas ça, c'est notre dernière année à Poudlard, après nous ne viendrons sûrement que rarement dans une librairie.

- Si j'épouse Lily, je suis certain qu'elle m'y trainera, marmonne James.

- Et tu seras heureux d'être avec elle, dis-je, donc pas de problème.

James secoue la tête, déprimé par la liste de livres qui nous a été demandé pour notre dernière année à l'école de sorcellerie de Poudlard. Après être passé la caisse et avoir payé notre tonne de livres, nous sortons pour nous diriger chez l'apothicaire. Nous devons refaire notre stock d'ingrédients pour les potions.

- J'achèterai bien une autre lampe pour mon salon, dis-je à James, une fois nos achats scolaires terminés.

En nous dirigeant vers le magasin de meubles du Chemin de Traverse, nous croisons de nombreux élèves de Poudlard, tous en quête de leurs affaires scolaires.

- Du coup, il ne faudra pas qu'on oublie que la réunion de l'Ordre c'est le jour de la rentrée, à Pré-au-Lard, me rappelle James.

- On ne risque pas de l'oublier ça, Jamesie.

- Arrête de m'appeler comme ça, grogne James, est-ce que je t'appelle Siriusie, moi ?

- Tu fais ça, je te jure que je mets par terre et je te frappe tellement fort que tu en oublieras jusqu'à ton nom, et ça, devant Evans, promis-je.

Sur ces douces menaces, je passe la porte de la boutique de meubles.

xxx

- Pas de bêtises pour votre dernière année, hein les garçons ?

Mathilde Potter nous regarde fixement et je sais qu'elle est inquiète à l'idée de recevoir de nouvelles lettres de Dumbledore. On a peut être vraiment dépassé les limites aussi, l'an dernier. En fait, on pourrait même dire que nous sommes passés outre le règlement de Poudlard dès notre première année.

- Je suis préfet en chef alors il va falloir être sérieux, et puis c'est l'année des ASPICS, c'est important, dit James pour rassurer sa mère.

À côté de Mathilde, Gary, semble être moins convaincu. Il prend de l'âge, mais James ne peut pas le berner. Je retiens avec peine un éclat de rire depuis cinq minutes.

- Mathilde, Gary, encore merci de m'avoir hébergé, puis de m'avoir aidé à déménager, dis-je, une fois les adieux de James terminés.

- Mais c'est normal, Sirius, on sera toujours là pour toi.

Je leur offre un sourir sincère, sachant qu'ils le sont, eux aussi. J'ai tout de même débarqué chez eux peu après mes seize ans, quelques affaires sous le bras, abandonnant définitivement mes parents, leur sang-pur, les apparences et le racisme latent. Tout semble tellement plus simple aujourd'hui ! Bien sûr, je me demande toujours si j'ai fais le bon chois, mais Gary, Mathilde et James sont là pour me rassurer.

- Salut les gars !

Peter nous rejoint et commence à nous raconter le week end qu'il a passé à Dublin avec Janice et ses parents. Mes yeux se perdent dans la foule et sans que je m'en rend compte, je fixe mes parents et mon frère, Regulus, à l'autre bout du quai. Ils discutent avec les Selwyn et les Dolohov, deux familles de sang-pur, qui le revendiquent activement. Voir ainsi Regulus me laisse un pincement au cœur, mais je continue de ne pas regretter mes choix. Il a fait les siens, même influencé par notre famille, rien ne l'empêchait de suivre ma voix.

- Sirius ! s'écrie une voix féminine.

Giulia Maestrianni me saute dessus en me perçant un tympan au passage avec ses cris hystériques. Elle passe ma main dans mes cheveux courts, coupés depuis le déménagement. Je n'avais plus aucune raison de les laisser pousser, je le faisais exclusivement pour énerver sa mère. C'était assez puéril, je le reconnais, mais je me révoltais avec les moyens du bord, à l'époque.

- Buon giorno, Sirius, sei bello ! murmure Giulia en italien, avant de commencer à me raconter ses vacances – en Italie, le comble de l'originalité.

Rapidement lassé, je m'éloigne de la jeune fille pour aller saluer Hailey et Lily.

- Bonjour les filles, comment ça va depuis la fête ?

- Oh très bien, répond Lily, sauf que James m'a envoyé cinq lettres en une semaine.

J'explose de rire et me retourne pour voir James, mais il est en pleine discussion avec des joueurs de l'équipe de Quidditch de Gryffondor.

- Tu veux pas essayer de calmer ton meilleur ami ? me lance Lily, maussade. C'est du harcèlement, à ce stade.

- Tu n'as pas envie de souffrir du syndrome de Stockholm ? me moqué-je.

- Dis donc, Sirius Black est plus cultivé qu'on pourrait le croire, se moque Hailey.

- Chérie, j'ai des biens meilleurs résultats que toi, et sans jamais réviser, alors que si je me motive, tu vas voir ce que ça va donner, répliqué-je.

- J'aimerais bien voir ça, ouais, rétorque Hailey.

Le bruit caractéristiques de la locomotive retentit sur le quai et les élèves commencent à monter dans les wagons. James rejoint celui des préfets et je pars à la recherche de Peter et Remus qui ont déjà réservé un wagon pour nous quatre. Le train s'ébranle, et il roule vers l'Ecosse et Poudlard, vers notre dernière année. J'ai traversé la moitié du train, discuté cinq minutes avec un quart des élèves que j'ai croisé et acheté des dragées surprise de Bertie Crochue, quand :

- Siriiiius ! crie la voix de Giulia, et je me glisse dans un compartiment au hasard pour l'éviter.