Merci pour les reviews les favorite et les follow ^^ vous êtes super.

Merci à Mylush pour sa correction, vous allez devoir la menacer pour qu'on reste dans les temps mdr Non je rigole, elle est géniale !

J'avais oublié de préciser jusqu'ici que les personnages de Teen Wolf ne m'appartiennent pas, mais franchement est-ce que quelqu'un sur cette page n'était pas au courant ? lol

Sinon vous pouvez suivre mon actualité sur ma page Facebook au nom d'Alessia Dan. Il y a deux fictions originales disponibles sur Fictionpress et un roman qui vient d'être édité ^^

Sur ce,

Bonne lecture et à mardi prochain ^^

Chapitre 3

Quand Stiles rentra chez lui, son père l'attendait de pied ferme. Il tempêta et exigea des explications après avoir bien vérifié que ses blessures n'avaient rien d'inquiétant. Quel père digne de ce nom accepterait que son fils passe la nuit dehors sans que celui-ci ait au moins une bonne excuse à lui fournir ! Il s'était fait un souci monstre, et il ne manqua pas de l'en informer de manière virulente.

- Je veux savoir ce que tu faisais dehors à cette heure ! Et comment tu as récolté ça !

Il désigna l'énorme hématome sur le front de son gamin et sa chemise recouverte de sang.

- Je me suis perdu, et avec la nuit et l'orage j'ai dégringolé dans un ravin, petit, rassure-toi. Il ne faisait que quelques mètres.

Il finit par lui parler du pari et de la maison des Hale. Un bon mensonge devait toujours s'appuyer sur un fond de vérité. C'est comme ça qu'il procédait depuis des années et ça lui réussissait plutôt bien.

- Combien de fois ai-je dis qu'il ne fallait pas aller là-bas ?

- Je sais, papa, mais Jackson m'a traité de trouillard !

- On s'en fiche de ce que pense cet âne de Jackson. Cette maison tient à peine debout. Tu aurais pu la prendre sur la tête à n'importe quel moment ! Et je ne te parle même pas de la colère de Peter Hale s'il t'avait trouvé dans cette espèce de mausolée !

- Je le reconnais, je me suis conduit comme un parfait idiot, c'était puéril, mais Lydia était là, tu comprends…

Pour la première fois depuis que Stiles était rentré, le Shérif se permit un sourire. Une fille, évidemment. Non LA fille. Comment en vouloir à Stiles, c'était de son âge de chercher après les demoiselles de Beacon hills. Il est vrai que Lydia Martin était très belle, pas étonnant que le gamin lui tourne autour et fasse des trucs de crétins pour elle. John se souvenait très bien de ses propres émois à l'âge de son fils, on est prêt à n'importe quoi pour impressionner une fille et il n'y a rien de plus normal. Son petit garçon grandissait, il était presque un homme à présent. Rien ne pourrait stopper le temps. D'ailleurs il ne le souhaitait pas, c'était plaisant de voir qu'il avait su le mener jusqu'à l'âge adulte sans trop de dégâts.

- Va te préparer, c'est l'heure.

- L'heure ?

- Tu ne crois tout de même pas que tu vas aller dormir alors que l'école te tend les bras ? Il te reste quoi, deux heures de sommeil ? Inutile d'aller au lit pour si peu.

- Tu es un père horrible !

- Je sais. Va te doucher, te changer, mange quelque chose. Ensuite, tu feras les devoirs que tu as certainement négligés, puis tu iras en cours.

- Mais…

- Pas de mais. La vie ne te fera pas de cadeau, Stiles. Tu dois assumer tes choix et tes décisions.

Le jeune homme s'exécuta en bougonnant. Son père était un homme juste, affectueux, mais parfois intraitable. Stiles savait quand il ne devait pas insister au risque de voir une punition plus sévère lui tomber sur le coin de la figure. Là, il s'en sortait bien. Évidemment, son père aurait nettement moins bien pris les choses s'il avait été au courant de sa mésaventure avec Peter et Derek Hale. Mais comme promis, il n'avait pas prononcé un mot à leur sujet. Ce silence était dans l'intérêt de tout le monde.

La semaine passa, morne et sans aucun intérêt. Stiles n'arrivait pas à se concentrer, enfin encore plus que d'habitude. Il ne cessait de penser à Derek Hale et cela le laissait totalement perdu. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait et cela tournait en boucle dans sa tête comme un essaim de guêpes folles. Pourquoi faire une fixation sur cet homme ? Même Lydia ne trouvait plus de place dans ses pensées ou dans ses songes. C'était déstabilisant, voire angoissant. Il se rongeait consciencieusement l'ongle du pouce, assis à sa place dans la classe, lorsque qu'il sentit Scott lui donner un violent coup de coude afin de le ramener sur terre. Il revint parmi les autres élèves et constata que tous le regardaient. Finstock le foudroyait du regard et Stiles compris qu'il attendait une réponse à une question qu'il venait visiblement de lui poser.

- Je constate, Monsieur Bilinski, que ce que je raconte ne vous intéresse pas du tout. Vous vous pensez sûrement assez intelligent pour vous permettre de ne pas écouter mon cours.

Stiles se demanda si c'était une question rhétorique ou s'il devait réellement répondre quelque chose à cela. Il remua sur sa chaise, un peu mal à l'aise. Il entendait Jackson et sa petite bande ricaner. Rien n'était plus plaisant pour Jackson que de voir Stiles dans l'embarras. Quoique le maltraiter lui plaisait beaucoup aussi. Il savait que le fils du shérif en pinçait pour sa copine, et c'était son principal sujet de moquerie. En prime, il adorait s'afficher avec Lydia sachant que cela l'ennuyait. Mais depuis quelque temps, tout semblait glisser sur le fils du shérif, il était détaché de tout et de tout le monde. Jackson avait beau provoquer son « souffre-douleur », ce dernier n'en avait plus rien à faire, et c'était rageant. Même lorsqu'il le heurtait violemment dans les couloirs, Stiles passait son chemin sans la moindre remarque acerbe dont il avait le secret.

- Sortez ! Vous reviendrez en cours quand vous serez disposé à m'accorder votre attention. En attendant, vous héritez d'un rapport. Vous vous expliquerez avec le directeur et avec votre père.

Avec un soupir le jeune homme ramassa ses affaires et quitta la classe. Il savait par expérience qu'il était inutile de discuter avec Finstock. Une fois dans le couloir, il se demanda pendant un instant s'il devait rester au lycée ou partir. Les cours allaient se terminer sous peu, peut-être qu'il pourrait s'éclipser discrètement... De toute manière, pensa-t-il, il était bon pour se faire crier dessus, alors un peu plus ou un peu moins… Et c'est ainsi qu'il se retrouva au Diner à boire un coca-cola bien frais comme il l'aimait, même en hiver. La pénombre tombait déjà doucement sur la ville allumant des lumières ci et là. Sa bouteille à la main, une paille jaune à la bouche, le jeune homme observait nonchalamment les gens autour de lui et ceux passant à l'extérieur. Par la vitre contre laquelle il appuyait son épaule, pensif, il apercevait l'affiche éclairée d'une pin-up blonde en maillot de bain blanc. Cette dernière vantait les mérites de la boisson qui picotait délicieusement sa langue en ce moment même. Au bas du placard on pouvait lire « Speel verfris ». Son shérif de père n'aimait pas trop qu'il consomme ce genre de boissons, il prétendait que cela rendait Stiles encore plus instable. Mais voilà, lui, il trouvait ça délicieux et en absorba une grande quantité d'un coup sans aucune culpabilité. Soudain, une main se posa sur son épaule le faisant sursauter. Il s'étouffa et sentit le liquide marron lui piquer désagréablement le nez. Il eut envie de jurer, mais s'abstint selon l'éducation qu'il avait reçu. En se retournant il croisa les deux prunelles vertes qui le hantaient depuis cette fameuse nuit.

- Les enfants ne sont pas à l'école à cette heure ?

Impossible de manquer le ton moqueur avec lequel Derek Hale débutait la conversation.

- Et toi, pas trop vieux pour traîner ici ? rétorqua Stiles du tac au tac.

Il y avait plusieurs Diners à Beacon hills, mais celui-ci était réputé pour voir passer la jeunesse de la ville. Derek fronça un peu les sourcils et le jeune homme se demanda s'il n'avait pas été trop loin. Évidemment c'était un peu tard pour se poser la question mais Stiles n'avait jamais su totalement contrôler sa langue. Et puis, il était troublé, cela l'empêchait de réfléchir. Dans son costume cintré, Derek était tout simplement magnifique. On devinait qu'il s'était déjà préparé pour passer la soirée au club. Il tenait son manteau sur son bras replié et son feutre à la main. Sans demander la permission, il s'assit face au jeune homme posant veste et chapeau sur la banquette rouge et blanche à côté de lui. Stiles se sentit subitement moche avec son physique filiforme et sa tenue quelconque. Comment soutenir la comparaison avec Derek ? Sa taille fine et ses longues jambes étaient mises en valeur par son pantalon beige qui tombait à la perfection. C'était un homme fin mais non dénué de muscles, bien au contraire. Ses épaules étaient carrées, ses mains puissantes et Stiles n'avait aucune difficulté à imaginer ce que cachait son veston : un torse bien dessiné, un ventre plat certainement dur comme la pierre... Il y avait chez Hale une élégance naturelle mais suintant la virilité par tous les pores de sa peau. Stiles ressemblait à un gosse quelconque à côté, et il détestait ça. Il se sentait en porte à faux vis-à-vis de la beauté parfaite de l'homme qui lui faisait face. C'était comme si un miroir lui renvoyait son reflet pour lui montrer à quel point il était insignifiant. Il s'énervait alors contre lui, et ce mafieux trop attirant. Stiles avait toujours su ce qu'il valait. Il n'était peut-être pas parfait, ni même un bel homme, mais jamais, au grand jamais il ne s'était sous-estimé à ce point ! Il avait horreur de cette sensation qui l'avait pris dès qu'il avait croisé ce regard vert pailleté d'or. Il devait se reprendre. D'abord parce qu'il devrait se moquer de savoir si Derek était plus beau que lui, mais surtout parce qu'il ne devrait même pas le remarquer du tout. C'était les filles qu'on trouvait belles. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Il ne faisait quand même pas parti de ces dégénérés qui étaient attirés par le même sexe que le leur ? Non impossible ! Son père ne le lui pardonnerait jamais ! Il ne surmonterait pas la honte d'avoir à arrêter son propre fils pour pédérastie ! Derek n'était pas attirant, il était juste un modèle auquel il avait envie de ressembler pour séduire Lydia. Oui, voilà, c'était ça, pas besoin de se mettre martèle en tête.

- Alors, qu'est-ce qui t'amène dans le coin ? interrogea Stiles pour mettre fin à un silence pesant.

- Je passais par là.

- Si je comprends bien, plaisanta le jeune homme, tu as vu de la lumière et tu es entré.

- On peut dire ça.

La serveuse décida enfin de se manifester et ne se priva pas de faire de l'œil à Derek qui « fit le beau » songea le jeune homme avec amertume. Il ressentit une pointe de jalousie qu'il reconnut pour telle. Ce qui acheva de le déstabiliser. Avant, c'était en voyant Lydia avec Jackson qu'il éprouvait cela. Il eut une subite envie de claquer son front contre la table pour se remettre les idées en place. D'ailleurs qu'est-ce que Hale faisait à la même table que lui ? D'après quelques regards autours d'eux, il n'était pas le seul à se poser la question. Il entendit Derek commander lui aussi un coca-cola et vit la serveuse partir d'une démarche chaloupée qui se voulait suggestive. Une invitation difficile à manquer. Il eut envie de lui verser un seau d'eau glacé sur ses boucles blondes parfaites afin de refroidir ses ardeurs. Elle ressemblait à la pub qu'il admirait un moment auparavant. Il l'avait trouvée séduisante l'égérie coca-cola, mais, là, de suite, il ne supportait plus les pin-up. Le mieux qu'il avait à faire, était de quitter l'endroit et de ne plus jamais croiser Derek, quitte à changer de trottoir s'il le fallait. Il devait étouffer dans l'œuf l'intérêt inapproprié que suscitait le mafieux.

- Je suppose que tu as tenu parole, puisque nous n'avons pas vu ton père et ses adjoints mettre le club sans dessus-dessous.

- Je tiens toujours parole.

- Étrangement je te crois. On sent de la loyauté chez toi. C'est une qualité essentielle dans notre milieu. Tu ne veux pas un boulot ? sourit Derek pour le taquiner.

- Naturellement. C'est mon rêve secret de faire partie de la mafia et de me faire descendre au coin d'une rue. Mon père rêve de ça depuis des années lorsqu'il imagine mon avenir.

Les mots à peine prononcés, Stiles aurait donné n'importe quoi pour les ravaler aussitôt lorsqu'il vit l'homme se renfrogner et dissimuler son regard triste en détournant la tête. Comment avait-il pu oublier que sa sœur avait quitté ce monde exactement de cette manière. Il était vraiment stupide et sans tact.

- Excuse-moi… Je n'aurais pas dû dire ça…

- Pourquoi ? Après tout c'est la vérité. Je finirai sûrement comme ça, moi aussi.

Stiles chassa aussi rapidement qu'il le put l'image d'un Derek terrassé par les balles, allongé sur le pavé, perdant tout son sang, ses yeux devenant peu à peu vitreux. C'était déjà ce qu'il craignait chaque jour pour son père, et il refusait de ressentir cette angoisse pour quelqu'un d'autre. Un autre qui ne lui était rien. Et qui ne devait pas devenir quelqu'un, sous aucun prétexte.

- C'est comment un club ?

Il devait alléger l'atmosphère, pour lui et pour l'homme qui lui faisait face. Même une question aussi idiote pouvait faire l'affaire.

- Des tables, des chaises, un comptoir, de l'alcool et des putes !

- Il doit bien y avoir des femmes qui ne sont pas des… Enfin, tu vois.

- Sans doute, mais il est parfois difficile de faire la différence.

- Je te trouve assez cynique.

- Pourquoi ? C'est le genre d'endroit que fréquenterait ta mère ? ironisa Derek.

- Ma mère n'a plus la chance de fréquenter aucun endroit, elle est morte, déclara Stiles d'une voix tranchante, presque rancunière.

- C'est à moi de m'excuser cette fois… Il semblerait que nous manquions tous les deux de diplomatie.

Un silence un peu pénible s'installa. Stiles arriva au bout de sa bouteille de coca et un bruit d'aspiration peu élégant se fit entendre. Il rompit comme par magie le malaise qui s'était installé en arrachant un fin sourire aux deux maladroits. Sans prendre le temps de vraiment réfléchir à ce qu'il faisait Derek tendit une carte de visite au jeune homme.

- Si tu veux savoir comment est un club, viens samedi soir. Tu présenteras cette carte à l'entrée et on te laissera passer. Ne la perd pas. Ne la montre à personne et surtout pas à ton père. Sinon je t'écorche vif !

Stiles admira le petit carton blanc sur lequel était écrit le nom de Derek Hale en filigrane argenté à côté du blason familial. Il était sophistiqué, à l'image des Hale. Le jeune homme eut l'impression qu'on venait de lui donner la clef d'un pays magique qui n'attendait que lui. Ses yeux se mirent à briller d'intérêt. Quel garçon de son âge n'aurait pas rêvé d'un tel cezame ? C'était un monde interdit qui recelait mille mystères pour un jeune de son âge. Il empocha la carte tandis que Derek se traitait mentalement de crétin dégénéré. Qu'espérait-il en faisant cela ? À part se mettre le shérif à dos s'il apprenait que Derek Hale dévoyait son fils. Et encore, l'alcool et les femmes il pardonnerait peut-être, mais s'il devinait les intentions malhonnêtes du pédéraste qu'il était à l'encontre de son précieux rejeton, il lui collerait une balle entre les deux yeux sans hésitation. Il saisit son manteau et son fédora puis se leva.

- Je dois y aller. J'ai du travail qui m'attend.

- Ça fait quoi un mafieux ? Je veux dire à part terroriser les gens ?

- De la comptabilité. Amasser de l'argent, c'est le but ultime, plaisanta-t-il.

Il se pencha vers l'oreille de Style pour murmurer :

- Et n'oublie pas, soit discret.

- Parce que tu crois que tu l'es toi, en faisant la conversation au fils du shérif ?

Derek haussa ses sourcils, pensif.

- Ce n'est pas faux. Un point pour toi, le gnard.

Il tourna les talons en sifflotant sans laisser le temps à Stiles de lui balancer une autre remarque acide. Le jeune homme hésita un instant puis se lança à sa poursuite, indifférent aux regards curieux qui le suivirent. Il ne savait pas pourquoi il faisait cela, il n'avait juste pas envie de le voir s'éloigner. Hélas, il dut stopper au milieu du parking pour voir la voiture rouge de Derek faire demi-tour et prendre la route. L'homme ne lui prêta aucune attention. Stiles se dit qu'il n'était déjà plus qu'un détail dans la vie de Hale. Il retournait à la grisaille de son quotidien, là où les hommes ne sont pas attirés par des hommes, où on ne consomme pas d'alcool, ne fréquente pas les clubs si plein de promesses et où un fils de shérif ne fricote pas avec un mafieux notoire. Il s'était toujours contenté de cela, alors pourquoi aujourd'hui serait différent. Il était Stiles Stilinski, un lycéen banal, avec des amis banals et une existence banale, et cela devait continuer. Le monde des Hale n'était pas le sien et ne pouvait le devenir. Derek ne serait jamais un ami. Peter Hale et son père ne le permettraient pas. Ils autoriseraient encore moins le genre de relation que réclamaient le cœur et le corps de Stiles. Et pour enfoncer le clou dans ce traître d'organe, il se répéta jusqu'à l'écœurement que Derek préférerait le tuer de ses propres mains plutôt que d'accepter les sentiments inappropriés d'un jeune idiot. Et putain, même s'il acceptait ils ressembleraient à Roméo et Juliette ! Non, finalement la mort c'était bien. Tout plutôt que Shakespeare !

A suivre...