Chapitre 2

L'académie divine

Point de vue Laurence

Revenant doucement à moi, j'ouvre peu à peu les yeux. Je suis couchée et mon sac trône à mes côtés, dont la bandoulière pend toujours sur mon épaule.

Je me lève donc et inspecte la pièce où je me trouve, car je suis plus dans ma remise. Sans oublier que je suis toute seule. Aucune trace des filles.

Je baisse alors les yeux, car un détail a attiré mon attention. Une épée. La même épée qui m'a quasiment donnée une foutue crise cardiaque se trouve à côté de moi, ne luisant plus du tout. Au moment où je me penche pour la prendre, elle se remet à reluire de nouveau pour ensuite disparaître. Une boule de lumière bleue la remplace et fonce vers moi pour prendre la forme d'un pendentif dont seul un fragment de l'épée se balance sur ma poitrine.

Je sors mon cell pour remarquer que j'ai plus de réseau. J'ai aucun moyen de contacter les autres. Magnifique…

À ce moment-là, les deux portes derrière moi s'ouvrent. Je tourne la tête pour voir qui entre et me rends compte qu'il y a personne. Alors, les portes se sont ouvertes… toutes seules ? Comment c'est possible, ça ? Manifestement, aucune explication me vient à l'esprit.

Avant de sortir de la pièce, je m'assure que j'ai toujours mes choses. Ce qui est le cas. J'en soupire de soulagement. Mes textes de roman sont toute ma vie, mais passons.

Je me retrouve dans un étrange corridor avec de magnifiques arcades en ogive au-dessus de moi. Merci cours d'histoire de l'art ! Maintenant, je sais comment ça s'appelle ! Je décide de continuer à droite tout en admirant l'architecture.

Ne voyant pas où je mets les pieds, je m'enfarge dans quelque chose de petit et fluffy et tombe au sol dans un sursaut. Je tâche de regarder dans quoi je me suis enfargée. C'est une petite boule de poils blanche. Un lapin ? Mais pourquoi il y aurait un lapin ici ? Et d'ailleurs, où est-ce que je suis ? J'en ai pas la moindre idée. Et si je suis le lapin, qui s'en va déjà, probablement effrayé ?

Attendez une minute, j'ai une impression étrange. Non, je peux être au Pays des Merveilles ! Premièrement, on trouve le lapin blanc dans le monde réel. Deuxièmement, ce lapin porte pas une veste bleue et se tient pas sur deux pattes. Et troisièmement, j'suis pas tombée dans un putain de trou de lapin géant !

Je tente de me calmer. Tout va bien. L'explication est peut-être simple, après tout. Quelqu'un m'a kidnappé ? Non, pas quelqu'un, une lumière. Comme si ça se pouvait…

Je décide de ne plus me poser de questions et je suis finalement le lapin, qui étrangement m'attend. Je sors du corridor à l'architecture moyenâgeuse pour ensuite monter des escaliers. J'arrive ensuite dans un étrange couloir d'école.

Le lapin s'arrête près d'une porte de classe entrouverte et entre. J'entre à mon tour et je remarque qu'il s'est réfugié dans les bras d'un étrange type aux cheveux mauve, au regard neutre et habillé d'un uniforme d'école. Génial ! C'est la première personne que j'aperçois qui a l'air normale depuis que je suis ici. Enfin, c'est l'impression que j'ai avant de lui parler. Et d'ailleurs, comment un type normal peut avoir des cheveux mauve et des yeux dorés ? Bah, peu importe !

— Euh, excuse-moi. Où est-ce qu'on est ?

Et évidemment, la première chose qui sort de ma bouche c'est ça ! Pas de « T'es qui, toi ? » ou je sais pas moi « pourquoi t'as un lapin ? ». Il reste de marbre encore quelques secondes et enfin, il me répond. Pas trop tôt !

— Qui peut le dire ?

Hein ? Tout ce qu'il arrive à dire c'est ça ? Je comprends pas ce qu'il veut dit par là. Je décide alors de lui expliquer la situation. Est-ce normal de parler de ce genre de choses avec quelqu'un de t'as rencontré il y a même pas cinq secondes ?

— J'étais avec mes amies quand une lumière étrange m'a amené. Quand je suis revenue à moi, j'étais couchée toute seule dans l'autre pièce.

— Vraiment ?

J'ai rien à répondre à ça. Je suis sur le point de lui demander qui il est quand j'entends une voix inconnue derrière moi.

— Anii, je n'arrive pas à trouver Usamaro…

Anii ? C'est un nom, ça ? Et Usamaro, c'est le nom du lapin ? Ce nom sonne japonais. Mais qu'est que je fous avec des Japonais qui ont même pas l'air de Japonais ? Je me tourne pour faire face au nouveau venu, qui daigne même pas de me regarder. Charmant…

Tiens donc, il a les cheveux bleus ! Mais d'un beau bleu-vert, je dois l'avouer. Il est plutôt petit, mais tout de même plus grand que moi et il porte une chemise blanche, une cravate bleue desserrée et une veste verte. Une chose est sûre, j'adore sa veste !

— Oh, il est revenu ?

Après quelques secondes, son expression change et il me remarque enfin en affichant un air grossier comme si j'ai fait quelque chose de mal. Pourquoi c'est tout le temps à moi que ça arrive ? On se regarde pendant cinq bonnes secondes avant qu'il se décide enfin à parler :

— C'est qui ?

Je te retourne la question. Il est bizarre ce type à me regarder comme ça. Je n'aime pas ce regard. Il s'approche de moi, assez près, je dois dire. Trop près à mon goût !

— Qu'est-ce que tu fous ici ? me demande-t-il d'un ton grossier qu'il est pas près de lâcher.

Ma foi, ce type est aussi grossier que mon ex était gentil. Son maudit regard me déstabilise un peu, mais je réussis à lui répondre sur le même ton:

— J'en ai pas la moindre idée !

Enfin, c'est ce que j'aurais voulu répondre. Je reste muette et recule comme hypnotisée par son regard qui me quitte pas. Quand j'y pense, c'est la première fois qu'un regard me fait taire de la sorte, sauf celui de mes parents bien sûr. Me suivant dans mon mouvement, il pose sa main sur le bureau derrière moi. Wow, là, il est trop proche ! Recule, maudit cave !

— Dis-moi ! me crie-t-il dans les oreilles — merci — c'est quoi cet endroit ?

Ah, mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Là, j'en ai assez ! Je prends un air déterminé et je lui réponds :

— COMMENT VEUX-TU QUE JE LE SACHE ? NE T'EN PRENDS À MOI COMME ÇA ! MOI AUSSI, JE SAIS PAS OÙ J'SUIS, QUE JE SACHE !

Ah, ça fait du bien !

Mais il m'ignore royalement. Ça fait plus ben ben du bien tout d'un coup. L'autre type vient à ma rescousse. Enfin.

— Elle ne le sait pas non.

C'est exactement ce que je viens de dire…

— Oh, vraiment ? lâche le gars au-dessus de moi en changeant d'expression, avant de reprendre son air habituel, putain, tu ne sers à rien.

Attends, moi, je sers à rien ? Définitivement, ce type ne m'aime pas et le laisse très bien voir. Je décide de me taire puisqu'il va m'ignorer de toute façon. Mais je lui aurais bien montré de quel bois je me chauffe. Mais qu'il m'énerve, ce type ! Tant pis...

— Comment ça, je sers à rien ?! T'es dont ben rude avec moi alors qu'on vient juste de se rencontrer, si on peut appeler ça une rencontre.

Finalement, j'ai pas retourné sept fois ma langue dans ma bouche. Il me lance un autre de ses regards qui fait peur et m'ignore de nouveau. Le type se tourne vers l'autre et lui prend le bras.

— Anii, allons voir ce qu'il y a là-bas,

Conclusion, j'aime pas ce mec non plus.

— Laissez-moi pas…

Il me coupe avec un grognement. Apparemment, je lui tombe sur les nerfs. Eh bien, c'est réciproque, mon cher !

— Ne nous suis pas !

Bon voilà, c'est clair, ils m'abandonnent et je me retrouve encore seule! Ma foi, sur quels énergumènes je suis encore tombée ?!

Point de vue Alexandra

Cela fait déjà quelques minutes que je marche depuis que je me suis réveillée dans un endroit qui m'est totalement inconnu. Pendant que je monte les marches interminables d'un escalier en colimaçon, des milliers de questions me viennent à l'esprit : Où est-ce que je suis ? Comment je me suis retrouvée là? Où sont rendues mes amies ? Qu'est-ce que je fais maintenant ? Il est évident qu'avec ce genre de pensées, je panique. Alors je me calme.

Je me dis que le plus important est de retrouver les autres, qu'on doit se réunir pour faire le point. Essayer de trouver le moyen de retourner chez Laurence.

J'arrive enfin en haut de l'escalier et j'aperçois deux portes. J'ouvre celle de gauche et me retrouve à l'extérieur. Un fort courant d'air me fit détourner les yeux. Alors que je retire mon bras de devant mes yeux, je découvre avec étonnement ou sous le choc, ça reste à voir, que je me trouve devant un paysage que j'ai jamais vu. Disons qu'il est digne des paysages des mondes de fantasy. Ce qui m'étonne le plus c'est l'île flottante. C'est définitivement pas normal ! Laurence a raison, nous venons de basculer dans le surnaturel. Apparemment, je suis sur le toit de ce qui ressemble à une école. Je me demande quel est cet endroit? Sinon, il y a une petite brise agréable qui fait bouger mon pendentif. Je l'avais déjà quand je me suis réveillée et j'ai aucune idée d'où ça vient.

J'observe encore une bonne minute le panorama sous mes yeux. Je le trouve à la fois magnifique et étrange. Mais c'est pas normal quand même.

C'est alors que je vois une grosse masse blanche me sauter dessus.

What the fuck ! Un cheval avec des ailes !?

Mais que fait un pégase ici ? En même temps, je devrais pas trop me poser de questions, il y a quand même une île flottante là-bas.

Le pégase se pose devant moi et je remarque que la périphrase de la grosse affaire blanche est pas exagérée. Le cheval est vraiment énorme.

J'ai pas pu l'admirer longtemps, car il repart en s'envolant. Au revoir, petit pégase ! Je décide alors de redescendre les marches de l'escalier. Rendue en bas, je croise un gars avec une curieuse chevelure rouge et étrangement longue.

— Tu es perdue, chaton ? me dit-il.

Pardon ? Il m'a appelé chaton où je rêve ? Mais il a raison sur un point. Oui, je suis perdue.

— Oui. J'ai aucune idée de l'endroit où on est.

— Dis, tu as vu mon ami ? me demande-t-il en posant sa main sur mon épaule.

Je fixe la main avec une tête perturbée (What the fuck). Pourquoi il fait ça alors qu'on vient à peine de se rencontrer ?

— Ses yeux sont aussi bleus que les mers du Nord et il a les cheveux dorés.

Mais, il vient de me décrire, là ? Apparemment, son ami est mon sosie parfait. Je décide d'être honnête avec lui.

— Non, désolée. T'es la première personne que je rencontre.

— Vraiment ? Je croyais qu'il était venu ici…

Attends, venu ici ? S'il dit vrai, il y a pas que nous dans cette école.

— Attends, qu'est-ce que tu veux dire ?

— Désolé, mais je suis pressé. À plus, chaton !

Et il s'en va. Et moi, je me retrouve à nouveau seule. Je me demande c'était qui, ce gars. Peut m'importe ! Je me remets donc en route.

Point de vue Catherine

Peu de temps après m'être réveillée, j'entends la porte d'une pièce adjacente à celle où je me trouve grincer. Cependant, je suis encore trop sonnée pour me lever et regarder autour de moi.

Quelques minutes plus tard, je me lève pour essayer de m'orienter dans cette pièce qui m'est totalement inconnue. C'est à ce moment que je remarque un objet accroché à mon cou qui ressemble étrangement à un fragment de l'épée trouvée quelque temps auparavant dans la remise de Laurence.

Je sors de la grande pièce pour arriver dans un couloir qui ressemble un peu trop à une église, lorsque je vois un drôle de garçon en train de se cacher derrière une poutrelle. Au moment où j'ouvre la bouche pour le saluer, il se retourne brusquement et repart aussitôt dans la direction contraire à la celle que j'ai prise. Alors je cours pour le rejoindre et le tire par le bras.

— Peux-tu me dire où nous sommes ?

— Ne me touche pas ! Je vais te porter malheur.

— Bah oui c'est ça et moi je suis un poisson rouge ! Bon peux-tu répondre à ma question, oui ou non !?

— Non, je ne sais pas !

Aussitôt que je le relâche, il part à la course pour s'éloigner de moi. Surprise par cette curieuse discussion et les drôles d'agissements de cette étrange personne, je me surpris à sourire toute seule et je continue mon chemin en marchant plus rapidement en riant tout en repensant à ce drôle de gars.

Tout d'un coup, je fonce dans quelqu'un. Un garçon aux cheveux rouge vin et vraisemblablement du même âge que moi, car il tient dans sa main une coupe vide. C'est lorsqu'il se lève et me tend la main qu'on s'aperçoit tous deux que j'ai une grande tache de vin rouge sur mon chandail. Heureusement qu'il est gris. C'est alors qu'il enlève sa veste pour la mettre sur mes épaules.

— Désolé, je ne regardais pas où j'allais !

— Tu m'en diras tant! Mais à vrai dire, j'étais dans mes pensées, donc tu n'es pas complètement en tort.

— À quoi pensais-tu, comme ça !?

— À comment retrouver mes amies, dans un endroit totalement inconnu et aussi grand qu'ici! Au fait, sais-tu où est-ce qu'on est ?

— Si tes amies sont comme toi, elles doivent être jolies, et pour répondre à ta question, moi non plus je ne sais pas pourquoi je suis ici.

— On parle, on parle, mais on se connait pas… Au fait, mon nom c'est Catherine et toi ?

— Haha ! C'est vrai, moi Dionysos.

— Comme le dieu du vin et des homos ?

— T'as tout compris ! C'est un beau titre, hein ?

— Ah, j'ai compris ! On est dans un grandeur nature avec des cosplay de dieux. Quelle idée !

— Si tu le dis, mais trêve de bavardage, tu ne devais pas retrouver tes amies ?

— Ah, oui, je commençais à oublier ma priorité. Tu es trop divertissant, Dio…

On continue notre route tout en parlant de tout et de rien. Par hasard, nous croisons le gars que j'ai vu plus tôt.

— Salut, Hadès ! Que fais-tu ici ?

— Je ne sais pas ! répondit Hadès.

Avec moi, il a eu une réaction étrange comme si j'étais du poison, mais avec Dio, il fait ami, ami ! Bah voyons, je comprends rien dans les comportements d'un gars. C'est nouveau.

— Peux-tu m'expliquer ta réaction de tantôt, je ne suis pas nuisible pour ta santé ?!

— Non, mais je le suis pour la tienne !?

Je comprends pas où il veut en venir, mais je vais pas en demander plus sinon ça risque d'être long et pénible à écouter ! De plus, je ne peux en savoir plus, car il tire déjà Dionysos par le bras pour l'entraîner avec lui.

— Bon je crois que j'ai pas le choix de le suivre. À plus tard Catherine ! s'écrie Dionysos.

J'ai pas eu le temps de répondre qu'ils ont déjà disparus de ma vue. Donc, je continue encore mon chemin et me perds dans un drôle d'endroit grand et circulaire à la fois. La pièce ressemble à une cafétéria avec ces chaises et ces tables éparpillées un peu partout.

Je vois alors une jeune femme assise sur le bord de la fenêtre. Je m'approche d'elle et je vois de magnifiques cheveux dégradés de bleu et de blanc. Je m'approche encore lorsque celle-ci me remarque et se retourne avec un grand sourire.

— Salut, que viens-tu faire par ici ? me demande la femme.

— Je recherche mes amies, car nous nous sommes retrouvées séparer par le cours de plusieurs événements qui serait beaucoup trop long à expliquer. Et toi que fais-tu ?

— Un peu la même chose que toi. Il y a quelques minutes, j'étais encore avec mes frères et tout à coup je me retrouve ici.

— Au fait, je m'appelle Catherine et toi ?

— Je me nomme Amaterasu.

— Ouf, pas facile à retenir ce nom, je peux t'appeler Ama ?

— Bien sûr, aucun problème. Mes frères me surnomment soit Ama ou Nee-san.

— C'est parfait, alors ! affirmai-je. Bien que je comprenne pas l'autre.

— C'est du japonais, ça veut dire « ' grande sœur »'. Bon, je vais retourner à mes recherches, on se reverra peut-être plus tard…

— Bonne recherche, alors !

Donc, je repars dans les couloirs et me reperds avec mon magnifique sens de l'orientation.

Point de vue Molly

Depuis cet incident, je passe d'un couloir à l'autre en les cherchant. Cela fait des heures que je marche sans les trouver et je commence à avoir mal aux jambes. Je me dirige vers l'ombre d'un arbre, dehors, et je tombe à genoux, épuisée.

Je n'en peux plus. C'est comme trouver des aiguilles dans une botte de foin ou quoi ? dis-je, désespérée.

En y repensant, on essaie tous de se retrouver dans ce lieu inconnu. Je ne sais pas pendant encore combien de temps cela durera.

— Je n'ai aucune idée où elles peuvent être, dis-je à haute voix.

Je soupire fortement à force de les trouver.

Je reste plonger dans mes pensées, tête baissée, pendant un instant.

— Mademoiselle, vous allez bien ? Qu'est-ce qui ne va pas ? me dit une voix inconnue masculine qui me fait sortir de mes pensées.

— Je vais... dis-je, en levant ma tête, sans continuer ma phrase.

C'est alors que j'aperçois un jeune garçon aux cheveux blonds penché devant moi. En l'observant davantage, je vois qu'il porte un uniforme scolaire. Enfin, je crois. Il me regarde avec ses yeux verts en souriant.

— Enchanté, charmante demoiselle.

Dis donc, essaie-t-il de me charmer ? Je vous le dis, ceux qui utilisent des charmes sur moi, cela ne marche pas. Bah ! Je ne sais pas quel genre de personne il est de toute façon.

— Êtes-vous une des représentantes des humains, dont j'ai entendu parler ? Ou pas ? Je me suis trompé ? demande-t-il.

— Euh... je ne sais pas, lui répondais-je.

Représentantes des humains ? C'est quoi cette histoire ? J'ai manqué un épisode ou quoi ? À vrai dire, je ne sais pas ce qui se passe dans cet endroit. C'est alors qu'il s'approche de mon visage et met sa main sur ma joue gauche en continuant de me regarder.

— Quelle surprise, rencontrer une humaine ici. C'est vraiment une surprise, dit-il en caressant ma joue.

Mais, qu'est-ce qu'il fiche à me caresser la joie ? En plus, il est trop près de mon visage. Ça me gêne !

— Vous... vous êtes... trop près, dis-je en évitant de paraitre trop gênée.

— Ah oui, c'est vrai, le fait-il remarquer.

Il prend ma main gauche et me fait un baisemain. Argh ! C'est dans sa nature d'être romantique ?! Je me pose des questions à son sujet.

— Je suis Apollon. Je suis un dieu grec. Enchanté de faire votre connaissance, se présente-t-il en lançant un sourire.

Apollon... de la mythologie grecque !? Où j'ai atterri ? C'est la première fois que je rencontre un dieu sous mes yeux. Je suis surprise de l'entendre. Réveille-toi, bon sang ! Ne te laisse pas emporter ! Je retire brusquement ma main de la sienne, mais il l'agrippe à nouveau et me lève dans les airs en mettant son autre main derrière mon dos. Ouaaah ! Je ne m'attendais pas à cela ! On dirait une position de danse. Pendant un moment, le dieu grec me regarde tout en souriant et je suis figée ainsi bouche bée, hypnotisée par son merveilleux regard vert. Il m'approche avec sa main derrière moi et son visage se dirige lentement vers le mien. Il arrive de plus en plus près ! Que faire ? Va-t-il m'embrasser ? Je ne suis pas prête, c'est brusque. Je ferme les yeux et ma bouche. Je ne veux pas ! NON ! Au moment, je sens ses lèvres toucher ma joue droite. Je ne m'attendais pas à ce qu'il fasse ça. C'est dans ces manières !

— M-Mais, qu'est-ce que tu fais ? dis-je en m'éloignant de lui ma main sur ma joue touchée par ses lèvres.

— Hein ? dit-il sans comprendre. Je me présentais... J'étais juste poli, sourit-il.

Poli ? C'était brusque sa présentation. Cela doit être dans sa coutume de se présenter comme ça. Je tourne ma tête pour qu'il ne voie le rouge de l'embarras sur mon visage.

— T'aurais-je offensé ? Tu es d'un autre pays, n'est-ce pas ? Dans ton pays, ils accueillent les personnes différemment ? demande-t-il sans le savoir.

— O-Oui, réponds-je en le faisant face, les joues rouge pivoine.

— Désolé... je suis désolé ! Désolé de t'avoir embarrassée, s'excuse-t-il.

— C'est correct. J'imagine que tu l'ignorais, dis-je gentiment.

— Tant mieux, lance-t-il, rassuré, en retrouvant le sourire.

Je souris à mon tour. Heureusement qu'il a compris. À mon avis, il essaie d'être amical avec moi et je respecte ça. Ma tête se bascule vers le bas, l'expression de mon visage change et mon sourire s'envole.

— Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-il. Si quelque chose te dérange, tu peux m'en parler.

Il doit être une bonne personne. Je peux peut-être me confier à lui. Même si je ne le connais pas, qu'il soit un dieu ou non, il peut possiblement m'aider. Je lui explique ma situation :

— Je cherche mes amies dont j'ai été séparé d'elles. Cela fait un moment que je les cherche. J'aimerais les retrouver et je ne sais même pas où je suis.

— Je vois..., comprend le dieu grec. C'est pourquoi tu semblais être sur le point de pleurer.

Apollon se penche vers moi et dit:

— Ne pleure pas — je relève ma tête pour le regarder — je suis avec toi. Je suis ton allié.

C'est incroyable ! On dirait qu'il va vraiment m'aider. Il se tourne et se met dos à moi.

— Je ne sais pas où suis-je, non plus, dit-il avec sérieux. Donc, nous allons le découvrir ensemble.

Il se met alors à siffler des doigts. Je me demande ce qu'il fait.

— Découvrir ? Mais comment ? questionnais-je, confuse.

Soudain, j'ai entendu un hennissement derrière moi. Je sursaute en voyant l'animal se poser à côté de moi. Un pégase ! Il a un corps et des ailes blanches, une crinière rose et une sorte de croix sur le front de la même couleur. Apollon s'avance vers le pégase.

— Merci. Bon garçon... Quel bon garçon, dit-il en le caressant.

Le pégase apprécie apparemment son geste, car il répond par un hennissement joyeux. J'imagine qu'ils se connaissent. Le garçon se tourne vers moi et me rassure en me lançant un sourire sincère.

— N'aie pas peur. Il est gentil. Viens le caresser.

— D-D'accord.

Je m'approche de l'animal mythologique. Je tends ma main pour atteindre sa tête. Celle-ci se rapproche en donnant son autorisation. Ma main finit par la toucher et je commence à le caresser en appréciant tout comme lui. Il a un doux pelage.

— Mademoiselle, puis-je savoir ton nom ? me demande Apollon.

— Molly, répondis-je en me tournant vers lui au moment où je lâche le pégase.

— Molly..., répète-il en revenant sur moi. Les noms étrangers sonnent vraiment bien. Mais, puis-je t'appeler « ma petite fée » ? D'accord ?

— Hein ? dis-je sans comprendre pourquoi.

— Parce que tu es belle, comme une fée.

Ma petite fée ? C'est quoi ce surnom ? Il essaie de me draguer et c'est n'importe quoi comme surnom. Apollon fait le tour derrière moi, il s'approche du pégase et monte dessus.

— Maintenant, allons-y, dit-il en tendant la main.

On dirait une vision de conte de fées. Le prince assit sur son cheval qui tend la main à la belle demoiselle pour l'accompagner durant le voyage. Mais là, c'est un dieu dragueur qui monte sur une créature mythologique et qui me tend la main. Tandis que moi, je me sens comme une personne découragée de sa présence. Sans parler qu'il m'a donné un surnom féerique et enfantin ! Cela fait bizarre. De toute façon, je dois l'accompagner pour savoir où on est et ainsi retrouver Laurence et les autres.

XXX

Au moment où j'embarque sur le cheval ailé avec Apollon, il prend son envol vers le ciel. Durant le trajet, je faillis perdre l'équilibre. C'est la première fois que je vole sur un pégase. Cela me fait un peu peur !

— Tout va bien, me rassure-t-il, il n'y a rien à craindre.

En même temps, il m'agrippe et me colle à lui. Eh ! Il n'en fait pas un peu trop quand même ! Pendant quelques instants, l'animal mythologique vire à droite et prend de l'altitude. On se dirige alors vers une envolée de canards. C'est magnifique ! On peut maintenant les contempler de proche. C'est vraiment agréable de les voir.

Après cette courte observation, la monture prend de nouveau de l'altitude. Il nous dirige au-dessus du lieu d'où Apollon et moi on se trouvait, quelques minutes plus tôt, et s'arrête. Nous regardons donc vers le bas. Je suis aussitôt surprise par ce que je vois alors. Mais, c'est...

— C'est une île flottante, dis-je à haute voix.

On se trouve sur une île flottante dans les cieux ! Il y en a d'autres autour de celle-ci. Je me demande pourquoi on se trouve là. C'est difficile à dire.

— Cet endroit est vraiment..., dit Apollon tout en observant l'île flottante.

Sa tête pivote vers l'avant. Je suis son regard. En observant ce qu'il observe, il n'y a que l'horizon à perte de vue. Qu'est-ce qui se passe dans cet endroit ? Quelle est la raison de notre venue ? Que des questions sans réponses.

— On n'a pas le choix. Retournons à l'académie, dit-il.

— Ok.

XXX

Le pégase se pose à la même place que tout à l'heure. Le garçon blond descend et m'aide en retour.

— Merci.

— Ça me fait plaisir, ma petite fée.

Attendez une minute ! Il était sérieux pour le surnom. Oh non ! C'est pas vrai ?! C'est une blague !? Je mets ma main sur ma face. Dans quoi je me suis embarquée ?!

— Est-ce que tout va bien ? demande-t-il.

— Ça va, répondis-je en enlevant ma main.

Bon, je sais où on se trouve — enfin, on va dire— et maintenant, il faut que je retrouve les filles. Elles doivent être à ma recherche en ce moment. Premièrement, je dois m'éloigner de lui et éviter qu'il me suive.

— Je dois y aller. Je vais aller retrouver mes amies dont je suis à la recherche. Peut-être que toi aussi tu cherches les tiens.

— C'est vrai. Puis-je venir avec toi ?

— Non, non, c'est correct. Je vais me débrouiller toute seule.

— D'accord. Alors, à la prochaine, ma petite fée !

J'adresse un sourire forcé et je pars loin du dieu grec. Je lâche un grand soupir. Je n'en peux plus ! Je n'ai pas envie de le revoir sinon je vais devoir l'endurer lui, plus le surnom. À force d'y penser, je vais avoir mal à la tête.

Point de vue commun

Après avoir rencontré les deux Japonais aux couleurs de cheveux intéressantes, Laurence se baladait dans les couloirs étranges de l'école, essayant de trouver ses amies. Alors qu'elle se retrouva dans un corridor annexé avec une cour extérieure, Laurence vit une silhouette féminine s'avancer dans sa direction.

Décidée à voir qui cela pourrait bien être, la jeune fille avança davantage et remarqua qu'il s'agissait d'Alexandra.

— C'est toi, Alexe ?

— Laue ? Comme je suis contente de te voir ! dit Alexe en sautant dans ses bras, heureuse de voir un visage familier.

— Moi aussi. Ça fait du bien quand on voit quelqu'un qui veut pas nous engueuler à tout bout champ, répondit Laurence, est-ce que je suis la première personne que tu vois ?

— Non, j'ai rencontré un gars tantôt. Et c'est quoi cette histoire de quelqu'un qui t'a engueulé ?

— Ben il y avait ce type qui m'a accusé de l'avoir amené ici. Comme si je pouvais faire ça.

— Ouais, t'as raison. Il a l'air con.

Elles continuèrent de marcher tout en discutant de leurs rencontres disons… particulières ? Alors que Laurence et Alexandra arrivèrent près d'une coupole, elles remarquèrent un jeune homme aux très longs cheveux blonds et aux yeux bleus comme les mers entouré de petits oiseaux de couleurs. Il les vit aussi et les salua avec un sourire aux lèvres.

— Je crois que c'est le gars que l'autre cherchait, affirma Alexandra, en tout cas, il correspond à la description.

Laurence s'avança dans la partie extérieure et le salua à son tour. Alexandra n'eut d'autres choix que de la suivre.

— Salut. Je suis Laurence et voici ma meilleure amie, Alexandra.

— Et toi, qui t'es ? demanda la blonde.

— Je suis Balder. Enchanté de vous connaître, Laurence et Alexandra.

— Hey, en passant, j'ai croisé ton ami. Il te cherchait, expliqua ma BFF.

— Je suis soulagé. Nous avions été séparés et je ne savais pas quoi faire.

— Hum, au fait, tu saurais pas où on est, par hasard ? demanda Laurence.

Baldr observa les deux amies.

— Vous venez d'ailleurs, je me trompe ?

— Bonne déduction, lâcha Alexe.

— T'es pas d'ici, non plus ? réalisa Laue.

Quel soulagement pour les deux filles d'enfin parler avec quelqu'un qui comprenait leur situation ! Les autres ne semblaient point compatir avec elles.

Laurence et Alexandra décidèrent de lui raconter ce qui s'est passé. Quand elles eurent fini, ce fut le tour de Balder :

— Je parlais avec des amis quand j'ai soudainement perdu connaissance. J'étais dans un endroit plus…

Et Baldr s'enfargea dans… apparemment rien et se retrouva les quatre fers en l'air.

Alexandra essaya le mieux qu'elle put de ne pas rire et Laurence laissa son sac près de son amie pour aider le jeune homme en s'exclamant « est-ce que ça va ? ».

Le pauvre se frotta les fesses en riant nerveusement :

— Je vais bien. Je tombe assez souvent.

— Alors, tu dois être bien maladroit pour que ça t'arrive souvent, fit remarquer la guerrière.

Balder éclata de rire et tâcha de se relever en époussetant ses vêtements. Il sourit alors à Laurence. Cette dernière lui rendit son sourire, soulagée qu'il n'ait rien. Alexandra, elle, ne faisait qu'observer ce qui se passait, se demandant s'ils l'avaient oublié.

— Quoi qu'il en soit, je ne sais pas ce qui s'est passé. Pendant que j'examinais l'environnement, ces petits oiseaux sont venus…

— J'espère juste qu'on reviendra un jour d'où qu'on est venu. Et mes parents, ils doivent être inquiets en voyant que je suis pas à la maison. Enfin, je pense. Je suis pas trop sûre, les connaissant...

— Ne t'inquiète pas. Je peux vous aider à chercher vos amies si vous voulez.

Et au moment qu'il termina sa phrase, il tomba de nouveau et cette fois-ci, il entraîna Laurence dans sa chute. Elle au sol et lui sur elle. Les deux jeunes gens, plus proche que jamais, ne cessaient de s'observer, complètement surpris par cette soudaine tournure des événements.

— Désolé, dit-il aussitôt.

— Non, ça va. Je sais que t'as pas fait exprès, répondit Laurence d'un ton non.

— Tu as des yeux magnifiques.

Balder inspecta en profondeur les « magnifiques » yeux, comme il le disait si bien. Ils étaient brun noisette avec une légère teinte de vert autour des iris. De son côté, Laurence se demanda pourquoi ses yeux lui plaisaient tant. C'était juste des yeux après tout.

— Ah ben, merci. Toi aussi, répondit Laurence, un peu confuse.

Voyant que cela commençait à devenir embarrassant, Alexandra se racla la gorge pour ainsi leur rappeler qu'elle était toujours présente.

— Je suis toujours là, vous savez. Je vous interromps pas trop ?

— Ah ouais, c'est vrai. Salut, lança Laurence en tournant la tête vers son amie.

— Désolé, répéta le jeune homme, cette fois-ci à la blonde tout en aidant Laurence à se relever.

Néanmoins, il garda la main de la jeune fille dans la sienne et continua de la regarder, elle qui était toujours confuse.

— Tu as vraiment des mains douces, déclara Balder en lui caressant la main, ça te dérange si je la tiens un instant.

Entendant cela, Alexandra se tapa le front de sa main en soupirant :

— Et c'est reparti. Coudonc, je vaux pour du beurre ou quoi ? pensa-t-elle.

Balder tint la main de la jeune fille pendant quelques secondes quand une autre main, celle-ci manucurée, les sépara violemment. Laurence ne put retenir un « mais aie ! » sonore.

Alexandra reconnut aussitôt le nouveau venu.

— T'es le mec que j'ai vu tantôt.

Mais ce dernier ne lui répondit pas et envoya un regard glacial à Laurence. Puis, il posa la main sur l'épaule de son ami.

— Mais j'en ai assez qu'on m'ignore, murmura la blonde en s'approchant de Laurence tout en lui donnant son sac.

— T'inquiètes, je pense comme toi, lui assura son amie, en mettant la bandoulière sur son épaule.

Alexandra regarda autour d'elle et remarqua un type étrange aux cheveux verts qui regardait ce qui se passait, tout comme elle. Elle le salua.

— Hey, salut… je suppose que t'es un autre ami de chose.

— En effet. Désolé pour l'attitude de mon ami, dit le grand type en montrant du menton le garçon aux cheveux rouges.

— Ah, pas grave. Je suis habituée. Toi, au moins, tu me parles et t'es sympa.

Le géant aux cheveux verts lui sourit et se tourna vers ses compagnons qui se murmuraient des choses.

— Je suis tombé nez à nez avec des Grecs. Cet endroit semble avoir été fait par quelqu'un.

Laurence entendit leur conversation et ne put s'empêcher de demander :

— Euh, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

Le mec à la chevelure de feu se retourna vers celle qui venait de parler et constata qu'elle était curieuse de savoir.

— Eh oui, curieuse est mon deuxième prénom, déclara Laurence d'un ton neutre.

Le mec s'approcha de plus en plus en lui demandant :

— Tu veux savoir, hein ?

— Ouin, puisqu'on…

Il l'avait coupé en appuyant son index à l'ongle noir sur les lèvres de la jeune fille et lui chuchota à l'oreille que si elle tenait tant à savoir, elle n'avait qu'à le découvrir par elle-même.

Laurence le regarda, blasé et le mec éclata de rire.

— Je ne suis pas très gentil.

— On a vu ça, répliqua Alexandra en croisant les bras.

Le garçon se tourna vers elle et la salua comme s'il venait de la remarquer. La jeune fille ne sut pas réagir devant ce changement de caractère si soudain.

— Il est vraiment weird ce gars, pensa cette dernière.

Cet étrange garçon se retourna vers Laurence et lui lança qu'il ne le lui dirait pas de toute façon tout en se dirigeant vers Balder. Le mystérieux garçon aux cheveux verts le suivit.

— Allons-y, Balder.

Le gars aux cheveux rouges entraîna Balder avec lui et fit signe au géant de les suivre. Ce dernier se tourna vers les filles.

— À plus tard, vous deux. On va surement se revoir bientôt et bonne chance pour retrouver vos amies.

— Ouais, à plus ! le salua Laurence, le sourire aux lèvres.

— Ouais, salut ! Ravie de t'avoir rencontré. En passant, je m'appelle Alexandra, répondit celle-ci.

— Moi de même. Alexandra.

Le garçon aux cheveux rouges se retourna en soupirant et lança ce qui semblait être un petit bonbon. Laurence tenta de l'attraper, mais n'y arriva pas et Alexandra réussit à faire ce que son amie n'avait pas réussi à faire. Dès qu'elle l'eut en main, le bonbon grossit et leur explosa de la fumée rose dans la figure. Charmant ! se dit Laurence, blasée.

En retrouvant la vue, les trois jeunes hommes avaient disparu du champ de vison de nos deux amies. Se retrouvant de nouveau seules, elles reprirent leurs recherches, heureuses qu'elles se soient faites de nouveaux amis.

XXX

Arpentant les couloirs à la recherche de Catherine et Molly, Laurence et Alexandra parlèrent de tout et de rien, car marcher sans ambiance, c'est moins amusant.

— Ce gars aux cheveux verts avait l'air sympa, fit remarquer Laurence.

— Ouais. Au moins, lui me parlait. C'est plate qu'il m'a pas dit son nom, répondit Alexandra, sans oublier que leur ami Balder arrêtait pas de t'observer.

— Ah bon, j'ai pas remarqué…

Laurence s'arrêta soudainement, réalisant un détail important. Alexandra, voyant son regard sérieux, lui demanda :

— Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

— Son nom, Balder, ça sonne nordique, tu crois pas ?

— Maintenant que t'en parles, ouais, c'est vrai.

— On dirait… non... réalisa Laurence avec un ton sarcastique.

— Quoi, encore ?

— C'est le Dieu de la lumière nordique.

— Attends, t'es sérieuse ?! Un dieu ?!

— Tu te rappelles, dans Age of Mythology, le dieu scandinave qui donne comme pouvoir divin, un sort pouvant transformer des villageois en soldats ?

— Je joue pas à ça, tu le sais bien.

— Ah, ouin, c'est vrai…

— Mais, si tu as raison, il y a de la mythologie dans l'air.

— Trouvons les autres, recommanda Laurence, on ferait le point de vue après.

— J'ai quand même un doute, murmura la blonde.

— Qui aurait pas un doute dans cette situation ?

Elles reprirent leur marche pendant un bon trente minutes. Au moment que les deux amies commençaient à avoir mal aux jambes, elles arrivèrent à un croisement où trois autres couloirs se croisaient. Arrivées au centre, Laurence et Alexandra inspectèrent les lieux quand elles entendirent une voix familière.

— Enfin, vous êtes là !

— Cath ? s'exclama Laue en se retournant.

— Et me voilà aussi, déclara Molly, en arrivant par le couloir de droite.

Heureuses de se retrouver, les quatre amies se sautèrent dans les bras. Elles s'étreignirent pendant quelques secondes avant de rompre la formation. Tout excitée, Laurence démarra la conversation :

— Vous avez rencontré du monde vous aussi ?

— Ouais, répondit Molly, je suis tombée sur un dragueur qui me lâchait pas. Il disait s'appeler Apollon.

— Apollon ? Le dieu grec du soleil et de la beauté masculine ?

— Alors, là, il porte bien son nom, marmotta Molly.

— Mais, non, c'est un cosplay de dieux, répliqua Cath.

— Mais c'est quoi cette théorie de marde ? s'exclama Laue.

— Peut importe, lâcha Alexandra, qui t'as rencontré ?

— Un type pas social qui a peur de moi qui s'appelle Hadès, un espèce de soulon très sociable qui s'appelle Dionysos et une fille qui s'appelle… Nan, je m'en souviens pas. Ama, on va dire.

— Ok, deux Dieux grecs, dont le roi des enfers, fit remarquer Alexandre, joie...

Laurence, de son côté, tentait de se souvenir où elle avait entendu ou lu le diminutif « 'Ama »' et n'arrêtait pas de murmurer qu'elle l'avait sur le bout de la langue.

— Et vous ? demanda Molly, en se tournant vers Laurence et Alexandra.

— Le seul gars qui nous a dit son nom, c'est quelqu'un du nom de Balder.

— Autrement dit, le dieu de la lumière scandinave, révéla Laurence en sortant de sa réflexion, préférant abandonner, se disant que cela lui reviendrait à un moment ou un autre.

— Mais où est-ce qu'on est ? s'exclama Alexandra, voulant définitivement savoir ce qui se passe.

— Dans un cosplay de dieux de plein de mythologies différentes !

Les trois autres lancèrent un regard à Cath voulant dire « Sérieux, lâche-nous avec ta théorie débile ! ».

— On est sur une île volante, les filles, déclara Molly, même Apollon trouve que c'est étrange.

— Alors là, quand un Dieu trouve de quoi d'étrange, c'est que c'est pas normal, même pour une divinité, fit remarquer Laurence.

Molly leur expliqua alors tout ce qu'il lui était arrivé quand elle avait rencontré Apollon et les filles décidèrent d'en faire autant, sans oublier de continuer à marcher. Environ quinze minutes plus tard, elles finirent de raconter leur propre rencontre et arrivèrent devant une…

— Tiens donc, une énorme porte, fit remarquer Molly.

— On se croirait dans le donjon de Naheulbeurk, lança Laurence, se trouvant drôle.

— Elle doit ouvrir sur une pièce importante, dit Alexandra.

— Avec un démon ?

— Laue, tu nous lâches avec le donjon, c'est pu drôle la deuxième fois, la gronda Catherine.

— Je juge que l'humour nous serait utile dans notre situation pour nous éviter de paniquer, répliqua Laurence, en croisant les bras.

Soudain, une voix familière et nettement masculine se fit entendre… dans leur tête.

Entrez, Laurence, Alexandra, Catherine et Molly.

— Encore cette voix ? s'exclama Laurence, je peux pas être schizo ?!

— Toi aussi, tu l'as entendu ? s'étonna Catherine.

Laurence hocha la tête.

— Mais on peut pas être toute schizo en même temps ? s'inquiéta-t-elle

— Mais non, calme-toi, c'est probablement de la télépathie, la rassura Alexandra, on a quand même côtoyé des supposés dieux.

— Ah, ouin, t'as raison, lâcha Laue, et si on rentrait…

Voyant que personne ne s'avançait pour ouvrir les portes, la jeune fille saisit un des deux cylindres dorés qui servaient de poignées et ouvrit l'un des deux battants. Elle entra, suivit de ses amies.

— Merci d'être venues, mesdemoiselles. Je vous attendais.

Cette fois, la voix n'était pas dans leur tête, mais provenait de la bouche d'un homme au fond de la pièce sombre, assis sur un trône.

— Ne soyez pas timides, ajouta-t-il, venez me rejoindre.

Sentant qu'elle devait l'écouter, Laurence s'avança vers l'inconnu. Elle se tourna vers ses amies pour voir si elles suivaient. C'était le cas.

— Salut, notre venue relève de ton fait, j'imagine, déclara Laurence avec méfiance.

— En effet.

— Et qui êtes-vous ? demanda Alexandra, en utilisant, pour sa part, le vouvoiement.

— Je m'appelle Zeus. Le Dieu qui gouverne les cieux.

— Eh voilà ! C'est la cerise sur le gâteau, s'exclama Laurence, non sans un ton sarcastique, donc, les autres sont vraiment des Dieux.

— N'importe quoi ! s'écria Alexe, si c'est le vrai Zeus, alors je suis la Reine d'Angleterre !

— Same ! On est dans un maudit cosplay, ajouta Catherine.

— Mais enfin, se fâcha Laurence, vous ne voyez pas que c'est le vrai !

— J'ai droit au bénéfice du doute ? demanda Molly.

— Vous me croyez pas, humaines ? les menaça Zeus.

— Mais si ! Moi, je te crois, Zeus ! s'empressa d'affirmer Laurence.

— C'est quand même notre première rencontre avec des Dieux, fit remarquer Alexandra, septique.

Voyant qu'il avait affaire à des sceptiques, Zeus tapa le sol de son sceptre et un halo de lumière dorée l'engloba pour changer de forme. Le voilà avec la taille d'un enfant.

— Voyez-vous ça ! ironisa Laurence, pas de cygne, ni de taureau, ni de serpent.

— Changer d'apparence est simple pour un dieu, déclara Zeus, d'une voix plus douce, donc, dois-je faire tomber la foudre ?

— Ok, ok ! C'est bon, bougonna Alexandra, je te crois. Pas la peine de déchainer ta colère !

— Bien. Voilà une bonne chose de faite, déclara Zeus, mais au fait, j'ai remarqué que tu en savais beaucoup à mon sujet, lança-t-il alors à Laurence.

— Ouais. T'es connu entre autres par Percy Jackson, mais aussi par le fait que tu as bouffé ton ex-femme, Métis et sans oublier que t'as un paquet d'enfants. Bref, Wikipédia en dit long sur ton cas.

— Je vois, marmonna Zeus.

— Bon, vous allez nous dire pourquoi on est là? dit Molly en perdant patience.

— Je vous ai convoqué ici pour jouer un rôle dans mon projet.

— Un projet ? ironisa de nouveau Laurence, comme si l'humour avait sa place dans cette situation, un projet autre que faire des enfants ?

Zeus l'ignora, mais fut tout de même partagé entre l'amusement et la frustration vis-à-vis du commentaire de l'humaine.

— Depuis les temps anciens, les Dieux ont été des êtres qui doivent à la fois aimer l'humanité et être adorés par eux.

— Tu nous lâches avec la Genèse ?! Ça nous dit pas ce qu'on fait ici, s'énerva Laurence.

— La quoi ? demanda Catherine.

— C'est le nom du livre ou du parchemin, je vais le dire comme ça, qui raconte la création du monde selon les Grecs et qui parle en autre, de la naissance des Dieux, expliqua Molly.

— Cependant, le lien entre les cieux gouvernés par les dieux et le monde humain est devenu lamentablement faible.

Tout en parlant, il passa derrière une colonne et retrouva sa première apparence, celle d'un adulte.

— À ce rythme, un avenir épouvantable est inévitable.

— C'est sérieux, alors ? s'enquit l'intellectuelle.

— En effet, acquiesça Zeus, c'est pourquoi j'ai réuni les Dieux qui luttent le plus avec leur lien avec les humains pour les éduquer. Vous êtes ici pour les aider dans leur cheminement.

— Quoi ? s'exclamèrent les quatre humaines.

— Alors, on est ici entre autres pour les aider à renforcer leur lien avec les humains, lança Molly, je comprends maintenant ce qu'a voulu dire Apollon quand il parlait de « représentantes des humains ».

— Exactement, répondit Zeus, satisfait de la compréhension des humaines.

— Premièrement, on apprend l'existence des dieux de pleins de mythologies différentes et j'ai encore de la misère à y croire, s'écria Alexandra, deuxièmement, Zeus qui nous dit qu'il a besoin de nous, des humains. Comme si des humaines pouvaient aider un dieu, surtout celui-là ! Et troisièmement, on va devenir des profs pour aider les dieux à renforcer leur lien, si petit qu'une araignée, avec les humains. Mais qu'est-ce qui se passe à la fin ?


Salut!

Voilà l'entrée des Dieux en action! Oui, j'ai décidé d'inclure tous les personnages de la série. C'est pas juste si Thor et Dio reste dans le coin à rien faire pendant que les 6 principaux cruisent la fille de leur choix. Sans parler qu'Amaterasu devrait être en réalité une déesse et non un dieu, comme c'est le cas dans le jeu. Non, je voulais les inclure, car ils font partie des Dieux qui ont le plus besoin de renforcer leur lien avec les humains autant que les autres.

Rendez-vous au chapitre 3 !

(Correction effectuée. En espérant que j'ai plus de fautes.

Vous vous demandez surement pour quelle raison je souhaite que mes fanfics soient sans fautes. Disons que ça aide pour un auteur d'avoir tous ses textes sans fautes quand on va les faire publier dans une maison d'édition.)

À plus !

Gennaria xxx