Alors même si je n'ai aps eu beaucoup de reviews (une seule en fait) je vais y répondre...

Pour kairi sakura potter: les chapitres seront sûremnt de plus en plus longs ( il y aura de plus en plus de choses à dire...) mais pas de lemon de prévu...

Allez, je vous laisse avec le chapitre 3, et j'attend vos reviews!

Le réveil fut difficile, en plein milieu de caisses, dont j'espérais secrètement qu'elles ne servaient pas de poubelles. Je ne vous dis pas le mal de crâne, j'avais l'impression d'avoir été piétinée par un éléphant enragé. Je jetai un coup d'œil autour de moi, tout le monde était là : Sora, Poltergeist qui l'écrasait à moitié et… Riku, si beau comme d'habitude !

Tu t'égares là !

J'ai le droit, non ! Est-ce ma faute s'il est trop beau?

Déjà, il est pas trop beau, c'est toi qui le trouves trop beau.. Et là, c'est ta faute !

Gnagnagna… Ca ne change rien, je m'égare si je veux ! C'est à ce moment, là, alors que je commençais à me relever péniblement, qu'arriva un immonde chien jaune, avec un gros collier vert et le même genre de sourire que Sora (vous savez, celui qui vous donne envie de lui lancer des boules de pétanque !). Bref, cette atrocité de la nature s'approcha de nous et se mit à lécher le visage de Riku.

« Sora, je t'ai déjà dit d'arrêter ça, dit-il, reprenant tant bien que mal conscience. »

« Mais j'ai rien fait, moi, répondit l'accusé. »

« Quoi ! Saleté de chien ! »

Le pauvre Pluto se prit un double coup de latte dans les côtes, un de Riku qui n'appréciait apparemment pas de se faire lécher le visage, et un de moi qui n'appréciais pas non plus qu'on lèche le visage de Riku. Il s'enfuit en couinant (Pluto, pas Riku) et Poltergeist nous rappela à l'ordre, soudainement prise de pitié pour la pauvre petite créature (toujours Pluto) :

« Vous avez pas honte !Un pauvre chien innocent ! »

« Il l'a mérité, répondîmes-nous en chœur. »

« Qu'est-ce qui vous a fait ? »

« Il m'a foutu de la bave partout, c'est dégeulasse…dit l'infortuné jeune homme. »

« Tiens, d'ailleurs, faudra que tu m'expliques pourquoi tu as accusé Sora, remarquai-je malicieusement. »

« Euh… En fait… »

« Bah alors ? »

« Rien, on ferait mieux d'aller voir où on est tombé ! »

« Il nous cache quelque chose, dit Poltergeist, toujours très perspicace. »

« Mais c'est quand même une bonne idée, dis-je. Et pas uniquement parce que c'est son idée, ajoutai-je devant le regard septique de la co-narratrice de cette histoire. »

Nous suivîmes tous, moi parce que je trouvais que c'était une bonne idée, Poltergeist parce qu'elle avait décidé qu'elle ne nous laisserait jamais seuls et Sora, je sais pas trop… Il a vu de la lumière alors il est entré, dirons-nous.

Tu es quand même méchante avec Sora…Tu na vas quand même pas me dire qu'il l'a mérité et qu'il a léché le visage de Riku aussi !

Ca, on en sait rien ! Cette affaire est bizarre… Pour continuer l'histoire (et arrêter avec ces interruptions bidons), nous arrivâmes sur une grande place avec pleins de lumières.

« Wah ! Une grande place avec plein de lumières, dit Sora. Comme c'est joli ! »

« Tiens, la joaillerie, dit Polty, qui connaissait décidément le jeu par cœur. »

« On pourrait y chercher de l'aide, dit Sora. »

« On pourrait la dévaliser, compléta Riku. »

« Je suis d'accord pour dévaliser, dis-je. »

« Non, on ne se fait pas remarquer, trancha Polty, qui fut la première à entrer dans la boutique. »

Je la rattrapai et l'attrapai par le bras.

« Attends, si on ne doit pas se faire remarquer, on ferait mieux de faire comme si on ne savait pas où on était et qui on va rencontrer… il faudra au moins faire semblant d'être un petit peu surprises ! »

« Tu as peut-être raison… »

« J'ai toujours raison. »

Je partis sur ces mots, la laissant dubitative. Elle me rejoignit vite, décidée à ne pas me laisser tranquille, de peur que je ne fasse une énorme bêtise. Je me demande bien quel genre de bêtises je pourrais faire en à peine 5 minutes. 5 toutes petites minutes, c'était rien! Mais, non, il fallait absolument qu'elle soit toujours sur mon dos, je vous jure, quelle plaie! J'avais décidé, rien que pour l'embêter, de faire un petit tour de cette superbe place pleine de lumières et de me renseigner auprès des autochtones. Et là, ce fut le drame.

Quel suspense insoutenable!

Ca va, hein! Comme il ne se passe rien, faut bien que j'intéresse le lectorat comme je peux! Alors que j'avançais tranquille, j'entendis une voix derrière moi:

« Tu cherches quelque chose, Kupo? »

Je me retournai vers celui qui m'avait interpellé. Je baissais les yeux et vit une petite créature pelucheuse et mignonne qui tournai son regard si adorable vers moi. Un mog... Je déteste les mogs et leur fâcheuse tendance à appeler tout le monde: « Kupo. »

« Je ne m'appelle pas Kupo, lui dis-je. Et je ne cherche rien de précis. »

« Désolé de t'avoir dérangé, Kupo. »

« Je ne m'appelle pas Kupo! »

Avec ma patience légendaire, il commençait vraiment à m'énerver celui-là. J'avais du être un petit peu trop sèche parce que les trios autres arrivèrent aussitôt:

« Qu'est-ce qui il y a ? demanda Poltergeist, toujours prévenante. »

« Il m'a appelé Kupo! »

« Je ne vois pas ce qui peut t'énerver... »

« JE NE M'APPELLE PAS KUPO! »

« Mais pourquoi tu t'énerves Kupo? demanda le mog. »

« Je m'énerve si je veux! »

« On pourrait lui demander de l'aide, dit Sora, qui s'accroupit pour se mettre à hauteur de la petite peluche vivante. Tu n'aurais pas vu une jeune fille d'à peu près cette taille, rousse? »

« Non, Kupo. »

« Moi, c'est Sora. »

« Enchanté, Kupo. »

« C'est pas bientôt fini vos politesses, coupa Riku, qui apparemment n'aimait pas quand les choses traînaient en longueur. »

« Tu es sûr, insista très lourdement Sora. »

« Oui, Kupo. »

Ce fut le Kupo de trop.

« Pourquoi faut-il toujours que tu appelles les gens Kupo? demandai-je, intéressée. »

« Je ne sais pas, Kupo. »

« Mais ça suffit! Essaie de faire une phrase qui ne contienne pas le mot Kupo. »

« Je vais essayer, Kupo. »

« Non, mais c'est pas vrai! »

« Laisse tomber, dit Riku. »

« Non, j'y arriverais! »

« Moi, je parie que ce n'est pas possible. »

« Et je te dis que si! »

« Moi, je suis sûr que non! »

« Moi, je suis sûre que si! »

« Je crois qu'ils sont partis comme ça pour longtemps, dit Poltergeist. Allez, viens Sora, on va chercher des renseignements dans la joaillerie. »

« Il peut parler sans dire Kupo! »

« Moi, je te dis que non! »

« Allez, on vous laisse, dit Sora en partant avec Polty. »

« D'accord, dit Riku. Tu as le droit à cinq essais pour l'empêcher de dire Kupo. »

« Si j'y arrive, j'ai le droit à quoi? »

« Tu n'y arriveras pas de toute façon... Alors je ne veux pas te donner de faux espoirs! »

« Si j'y arrive, tu devras faire tout ce que je veux pendant une semaine... »

« Ca marche! Mais si tu n'y arrives pas, et c'est ce qui se passera sûrement, c'est le contraire! »

« Marché conclu! »

Je réfléchis à une stratégie pour être sûre de gagner. Je ne devais absolument pas perdre ce pari, c'était une question de vie ou de mort.

« Bon, mog, tu es prêt? Tu es d'accord pour me faire gagner ce pari? »

« Oui, Kupo! »

« Et un essai de raté! »

« Mets-la en veilleuse, veux-tu! »

« Je me contente de faire les comptes... »

« Et bah, les fais pas! Alors, je me demandais s'il ne s'était pas passé quelque chose de bizarre récemment en ville... »

« Oh si! Des étranges monstres sont arrivés, Kupo! »

« Et de deux! »

« Bon, et il y en a d'autres comme toi, ici? »

« Oh oui, Kupo, nous sommes très nombreux! »

« Et de trois! »

« Tu veux bien arrêter! Fais un effort. Appelle-moi Andarielle... »

« D'accord, Kupo! »

« Et de quatre! Plus qu'un et j'ai gagné mon pari! »

« OK, tu ne me laisses pas le choix, mog. Je vais devoir jouer au mogball. »

« Le mogball? Mais qu'est-ce que c'est, Ku... »

Il ne finit jamais sa phrase. Je lui assenai un superbe coup de pied qui l'envoya voler à l'autre bout de la place. Le fait de rencontrer un mur pendant ce vol l'empêcha de dire Kupo. Je me retournai vers Riku en souriant.

«J'ai gagné mon pari, non? Il n'a pas dit Kupo... »

Je lui passai devant en disant:

«Je sens que ça va être une semaine merveilleuse... »

Il ne répondit pas, trop abasourdi pour trouver une réponse. Tout à coup, j'adorai les mogs. C'est à ce moment précis que nous vîmes Sora et Poltergeist sortir de la joaillerie en remerciant le vendeur qui leur avait apparemment été utile (merci Cid) et que les deux-là nous rejoignirent.

« Bah, qu'est-ce qui t'arrive, Riku ? Tu as l'air tout abattu, remarqua Sora. »

« C'est rien, c'est à cause de mon coup de pied magique, répondis-je. »

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire de coup de pied magique, demanda Polty. »

« Trois fois rien, je t'expliquerai plus tard ! »

« Ah oui, là, je veux bien que tu m'expliques…Mais où est passé le mog ? »

« Il a subitement eu à faire ailleurs…répondis-je évasivement. »

«Qu'est-ce que tu lui as fait à cette pauvre bête ? »

« Rien, je t'assure…Juste une petite partie de mogball. Alors, qu'est-ce qu'on vous a dit ? »

Je ne lui laissai pas le temps de s'interroger sur le sens profond du mogball, sport inventé en cinq secondes, et très prochainement inscrit aux jeux olympiques. Je suis officiellement la première championne du monde de mogball, qui peut se jouer seul ou à plusieurs (essayez chez vous !), amis attention, vous risquez d'avoir des problèmes avec la SPA (d'où l'intérêt de plutôt utiliser une des peluches de votre petite sœur, qui vole aussi bien, mais là encore la SPA pourrait intervenir).

« On a vu Cid à l'intérieur et il nous a conseillé de trouver Léon. »

« Squall ! »

« Y a beaucoup d'autres Léon dans ce jeu… »

« Non, mais va falloir se balader dans toute la ville… En plus, il y a des sans-cœurs partout, et on a toujours pas d'armes. Y a que Sora qu'est armé, et personnellement, ça me rassure pas des masses ! »

« C'est déjà mieux que rien ? »

« Non, c'est pire que tout ! »

« Faut toujours que tu voies le côté négatif des choses… »

« Là, je suis plutôt positive, rétorquai-je. »

J'avais un souvenir ému de cette partie du jeu, et de cette ville où j'avais tourné des heures. En plus, c'était infesté de monstres, et on était désarmé.

« Alors c'est quoi le plan ? demandai-je. »

« Et bien, on va se balader jusqu'à tomber sur ce Léon, répondit Sora. »

« Alors, direction le second quartier, dis-je. Vers l'infini et au-delà ! »

« J'ai déjà entendu ça quelque part, dit Riku pensif. »

« Moi aussi, dit Sora plongé dans le même air dubitatif. »

« Ca me fait toujours bizarre quand je les vois penser, soufflai-je à l'oreille de mon amie. »

« Moi aussi, me répondit-elle. »

« Je me suis renseigné, commença Riku. La ville est divisée en trois quartiers, et on est dans le premier… Avec la chance qu'on a, ce Léon est sans aucun doute dans le troisième à l'autre bout de la ville. »

« Quand as-tu eu le temps de te renseigner ? »

« Pendant que tu étais tout à l'euphorie de ta victoire, grommela-t-il, amer . »

« Toi, tu es un mauvais perdant ! »

« C'est quoi cette histoire, demanda Poltergeist. »

« Je t'expliquerai plus tard… »

« En même temps que le mogball, me demanda-t-elle avec un petit clin d'œil. »

« A peu près dans ces eaux-là… »

On avançait tranquillement dans le premier quartier, en direction de la porte qui nous emmènerait vers le second. Je profitais de mes derniers moments tranquilles avant de risquer ma vie dans des quartiers infestés de sans-cœurs. Sora, lui, souriait tranquillement, il ne savait pas ce qui l'attendait, pauvre innocent…

« Qui ouvre la porte ? demandai-je. »

« C'est quoi cette question ! »

« Bah, des fois qu'il y ait un sans-cœur qui nous saute dessus… »

« Ah ouais ! »

« Riku, c'est toi qui ouvre ! »

« Mais pourquoi ? »

« Parce que j'en ai décidé ainsi, lui répondis-je en montrant du doigt la porte à doubles battants. »

« J'aurais pas du parier, dit-il la tête basse. »

« Ca t'apprendra ! »

« Mais qu'est-ce que c'est cette histoire ? »

« je t'expliquerai… »

« Là, je commence à avoir hâte. »

Riku ouvrit la porte et aucun sans-cœur ne surgit pour le décapiter, ce qui, dans son cas, aurait été fort dommage.

Et elle s'égare encore !

Bon, je ne dirais plus rien sur lui, puisque sinon, tu vas encore dire que je m'égare, ce qui n'est pas vrai, étant donné que c'est une description parfaitement objective que je fais là.

C'est pas parfaitement objectif ça !

Ce n'est pas non plus subjectif, donc laisse-moi tranquille… Alors qu'on avait fait que quelques pas, de nombreux sans-cœurs surgirent de nulle part pour nous attaquer. Sora nous fait signe de reculer et les attaqua avec sa Keyblade.

« Pourquoi il n'y a que lui qui a une arme ? demanda Riku comme si c'était la pire injustice du monde. C'est vraiment trop injuste… »

Alors qu'il terminait sa phrase, l'obscurité ambiante sembla se condenser pour former une lame en aile de chauve-souris.

« Ca, c'est mieux, dit-il en se précipitant pour soutenir son ami qui commençait à être débordé par les monstres. »

« Comment il a fait pour avoir une arme ? demandai-je. »

« Il a condensé la part ténébreuse de son cœur jusqu'à faire apparaître dévoreuse d'âmes. »

« Alors ça veut dire que son cœur est toujours prêt à sombrer dans les ténèbres ? »

« Oui. »

« Oh non ! »

Je ne voulais pas que Riku sombre dans les ténèbres, pas maintenant que j'avais obtenu de lui qu'il fasse tout ce que je voulais pendant une semaine…

« Tiens, maintenant qu'on est tranquille, commença Poltergeist. Tu me racontes ? c'est quoi cette histoire de mogball et autres… »

« Tranquilles, tranquilles… C'est une question de point de vue. »

On entendait les bruits du combat que menaient nos deux compagnons et qui couvrait à moitié notre conversation.

« Allez, raconte… »

« Bon, voilà, tu as vu qu'on se disputait avec Riku à propos du mog. »

« Oui… »

« Il disait que c'était impossible qu'un mog ne dise pas Kupo, et moi, je voulais lui montrer que je pouvais le faire. Donc, on a parié qu'en 5 essais il ne dirait pas Kupo. S'il ne le disait pas, il faisait ce que je voulais pendant une semaine, autrement c'était le contraire. »

« Et alors ? »

« Bah, tu as bien vu qu'il a ouvert la porte quand je lui ai demandé…J'ai gagné grâce à mon coup de pied magique et grâce à l'invention du mogball ! »

« Le mogball ? »

« J'ai shooté dans le mog avant qu'il n'ait eu le temps de dire Kupo, et donc j'ai gagné le pari. »

« Mais c'est génial, ça ! Tu peux lui faire faire tout ce que tu veux, dit-elle. »

« Ouais, et alors ? »

« Tu as ton mec idéal à tes pieds, et tu ne vas même pas en profiter ? »

« Non, ce serait malhonnête, dis-je, décidée. »

« Et depuis quand tu es honnête, dit-elle en véritable incarnation de ma mauvaise conscience. »

« Arrête, je suis décidée à me faire aimer pour moi-même, et je n'utiliserais pas non plus mes supers pouvoirs de narratrice. »

« Tiens d'ailleurs j'ai faim.. »

« OK ! »

Des paquets de chips apparurent de nulle part, pile dans nos bras.

« C'est quand même bien de pouvoir faire ce qu'on veut dans une fic… »

« Ouais, et en plus on a un dîner spectacle. Allez, les mecs, ne vous laissez pas faire ! »

Et effectivement, ils ne se laissèrent pas faire. En fait, j'aurais presque plaint les sans-cœurs si je n'avais pas été trop occupée à mater Riku qui, cela dit en passant, est vraiment trop beau, quoi qu'il fasse.

Encore une description pleine d'objectivité, dis-moi !

Là, c'était un peu subjectif, j'avoue…

Ravie de te l'entendre dire…

Mais son charme me fait craquer !

On avait remarqué ! Tu pourrais reprendre le fil de l'histoire maintenant ?

Oui, j' y travaille ! Alors…où j'en étais déjà ?

Le premier combat contre les sans-cœurs.

C'est vrai ! Merci de coup de pouce !

De rien !

Alors après que nos très chers gardes du corps se soient débarrassés des sans-cœurs encombrants (ce qu'ils continuèrent de faire tout le long du chemin) nous continuâmes notre route au travers de la ville de Traverse. Malheureusement infestée de sans-cœurs comme elle l'était, il n'y avait pas grand monde qui osait sortir. J'avoue avoir un souvenir ému de nos déambulations dans la ville. Il faut dire qu'on avait le droit en stéréo à :« J'ai mal aux pieds et j'en ai marre de marcher… quand est-ce qu'on arrive ?C'est vraiment trop long, il ne se passe rien d'intéressant, puis avec tous ces abrutis qui apparaissent toutes les deux secondes, c'est sûr qu'on ne risque pas d'avancer ! »de ma part, et des : « Mais c'est pas bientôt fini ces jérémiades ? »de tous les autres. Et comme je déteste me faire rabrouer de la sorte, je me mis à râler encore plus fort en disant que de toute façon, tout le monde s'en foutait de moi, et que la vie était trop injuste.

« Et puis de toute façon, personne ne m'aime, finis-je. »

« Ca, c'est vrai, répondit Riku, le plus simplement du monde. »

Je n'ai jamais su s'il avait dit ça sincèrement ou s'il avait fait ça uniquement pour me faire taire. En tous cas, ce fut efficace, c'était la dernière fois que je me plaignais pour rien.

Je ne vous dis pas le soulagement !

Je ne me plains pas si souvent que ça, quand même ! Bref, la traversée du second quartier fut longue et ennuyeuse, en partie parce qu'il ne se passait rien d'intéressant, et en partie parce qu'il y avait des sans-cœurs partout. Mais après cette longue traversée, nous arrivâmes enfin au troisième quartier où il ne se passa strictement rien.

« Mais il y a strictement rien à faire ici ! m'exclamai-je. Poltergeist, si tu m'as traînée ici pour rien, la fontaine va rougir de ton sang. »

« C'est joli comme menace, ça, souligna Riku. »

« Mais ça reste une menace…compléta Sora. On ne peut pas laisser faire ça ! »

« Toi, tu ne peux pas, moi, je peux, précisa son ami aux cheveux argentés. »

« Non, on est pas là pour rien, dit Poltergeist. Maintenant, on peut retourner au premier quartier, dit-elle simplement en joignant le geste à la parole. »

je la suivis en grognant.

« J'espère pour toi qu'on aura pas des milliers d'allers-retours à faire pour rien ! »

« Ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais ! »

« On dirait pas ! »

« Et arrête de râler ! »

« Je râle si je veux… »

Le retour fut donc aussi agréable que l'aller, mais légèrement plus court, vu qu'on savait où on allait. Et puis Riku et Sora commençaient à être rodés pour combattre les sans-cœurs, ce qui fait que le voyage fut en fait vraiment tranquille. Lorsque nous parvînmes enfin au premier quartier, il était infesté de sans-cœurs comme le reste de la ville.

« C'est quoi ce bazar ? dis-je. »

« C'est bon signe, me répondit Poltergeist, un sourire aux lèvres. »

« Qu'est-ce qu'on attend, là ? De se faire couper en tranches ? »

« Non, on attend la cavalerie. »

« La cavalerie ? »

La réponse à ma question vint d'elle-même. Les sans-cœurs, qui devaient déjà survivre à des coups de Keyblade et de Dévoreuse d'âmes, durent en plus faire face à la Gunblade, maniée de main de maître par le grand Squall Léonheart (vous pouvez applaudir).

Léon, Léon , Léon !

Ca va aller la pom-pom girl ! Une fois le quartier débarrassé de cette vermine, le grand brun s'approcha de nous :

« Vous savez que c'est dangereux de se promener désarmés par ici ? »

« Parce qu'on a l'air désarmés, pauvre plouc ! »

Inutile de préciser qui a été l'auteur de cette remarque au combien subtile.

« Ce n'est pas tout d'avoir une arme, il faut aussi savoir s'en servir, répondit Léon qui n'avait pas l'air d'apprécier d'être traité de plouc. »

« Bah, viens voir si je ne sais pas m'en servir, lui dit Riku avec un sourire carnassier. »

« Ca suffit !dis-je, hors de moi. Maintenant, tu te tais ! Merci beaucoup de nous avoir aidés, complétai-je en me tournant vers Léon. »

« J'allais pas laisser des jeunes filles et des enfants seuls face aux sans-cœurs. »

La tension à ce moment précis était presque palpable. Léon se fit foudroyer du regard par Riku qui se retenait apparemment pour ne pas lui lancer une quelconque vacherie (ce qui aurait été mérité, mais on insulte pas quelqu'un qui vient de vous aider) et nous passa devant comme s'il ne nous avait pas vus. Son regard était plutôt attiré par la Keyblade, que Sora tenait toujours en main.

« Mais c'est…commença-t-il. Alors, ça change tout… Suivez-moi. »

Il nous fit signe et nous emmena jusque dans le second quartier, plus précisément dans l'hôtel.

« On y sera plus tranquilles pour parler. »

« Parler de quoi ?demandai-je. »

« Mais c'est pas vrai, mais à quoi tu pensais quand tu jouais, me chuchota Poltergeist, excédée. »

Je soupirais. A quoi n'était pas la meilleure question à poser. En fait il aurait plutôt fallu demander à qui !

« Fais comme si j'avais rien demandé, dit-elle. »

J'avoue que la première fois que j'ai joué à Kingdom Hearts, c'était essentiellement pour tous les beaux gosses qu'on pouvait trouver dedans. La deuxième fois aussi, quand on y pense… Dans la chambre, il y avait déjà une jeune fille qui nous attendait.

« Dis donc, Squall, t'en ramènes du monde ! »

« Je t'ai déjà dit de ne plus m'appeler comme ça… »

« OK, Léon, comme tu veux. Mais tu pourrais au moins faire les présentations, non ? »

« Et bien, voici… »

Poltergeist prit le relais, vu qu'en fait Léon n'avait absolument aucune idée de comment on s'appelait.

« Je m'appelle Poltergeist, voici Andarielle, le petit qui sourit là-bas, c'est Sora, et celui qui fait la gueule, c'est Riku. »

« Enchantée. Moi, c'est Youffie !dit-elle en souriant et en nous tendant la main. Ravie de vous rencontrer. »

« Nous aussi ! répondis-je de bon cœur. »

« Alors tu es vraiment le maître de la Keyblade, dit Léon en jaugeant Sora du regard. »

Il attrapa la Keyblade que Sora avait lâchée et la tendit devant ses yeux pour mieux l'observer. la Keyblade se volatilisa brutalement avant de réapparaître dans la main de son porteur légitime.

« Il me semble que c'est assez clair, non ?dit Youffie en riant devant la mine déconfite du possesseur de la Gunblade. »

« Et bien, nous ferons avec. »

« Mais avec quoi ? dit Sora, qui en avait marre de ne rien comprendre et qui était loin d'être le seul. »

J'avoue que les longues explications sur les missions sacrées dont les élus du destin pouvaient être investis m'agaçaient quelque peu alors j'allais rejoindre Riku qui semblait plongé dans la contemplation de la fenêtre dont les rideaux étaient tirés. Poltergeist me raconterait bien ce qui s'était passé d'intéressant. Le jeune homme se tenait droit, les bras croisés sur la poitrine et semblait en pleine réflexion.

« Quelque chose ne va pas, demandai-je en m'approchant de lui. »

« Non, rien, dit-il en sortant de ses rêveries. »

« A quoi tu pensais ? Ca avait l'air important… »

« Je me disais que tout était allé trop vite… »

« Comment ça ? »

« Bien sûr que je voulais quitter l'île, mais…pas comme ça ! Maintenant, on ne pourra plus jamais y retourner puisqu'il n'y a nulle part où retourner, tu comprends ? »

« Mieux que tu ne crois. »

Mon cœur se serra. Moi non plus, je ne savais pas si je pourrais un jour rentrer chez moi, ce qui s'y passait, et tout ça. C'est vrai que tout était allé trop vite. J'avais passé le stade de l'euphorie. bine sûr, c'est génial de se retrouver dans son jeu préféré, mais encore faut-il savoir si on pourra en sortir un jour. La joie avait laissé la place à l'inquiétude dans mon cœur.

« Et toi, qu'est-ce qui est arrivé à ton monde ? »

« Je ne sais pas…Je me suis retrouvée comme ça sur la plage, et je ne sais pas pourquoi… »

« Il y a sûrement une raison à tout ça, tu ne penses pas ? »

« Je ne sais pas…A ton avis ? »

« Moi, je pense qu'il y en a une bonne, même si on ne sait pas encore ce que c'est. Je pense que c'est le destin qui nous a mené ici, et il avait sûrement une bonne raison pour vous mettre sur notre route ! »

« Je ne suis pas convaincue, dis-je, sceptique. »

« Qui vivra verra… »

Prise d'une soudaine lassitude, je revenais vers les autres qui étaient en grande discussion. Il leur fallait tant de temps pour raconter leur vie. D'un autre côté, on ne pouvait pas leur en vouloir, s'ils devaient expliquer quelque chose à Sora.

« Alors, il faudrait que je ferme toutes les serrures de tous les mondes, dit celui-ci, incrédule devant l'ampleur de la tâche. »

« Tout à fait, répondit Léon gravement. Et le pire, c'est que tu es le seul à pouvoir le faire…Et je ne suis pas sûr que tu sois capable de le faire ! »

« Mais il ne sera pas seul, intervins-je, prise d'une soudaine inspiration héroïque, ce qui me valut un long regard suspicieux de Poltergeist qui semblait se demander si j'avais encore toute ma raison. »

Rassurez-vous, ma raison va bien !

On ne dirait pas !

« Nous l'aiderons, complétai-je. »

« Et c'est sensé me rassurer, répliqua Léon acerbe. »

« Seul, il n'y arrivera pas, c'est sûr, mais à nous quatre, on pourra le faire sans problèmes… »

« Encore faudrait-il que vous sachiez vous battre ! »

« Et qu'est-ce qui te dit qu'on ne sait pas, beau brun ? »

« Vous n'avez pas d'armes… »

« On a été un peu prises au dépourvu, et on a pas eu le temps d'emporter nos armes. »

« Mais t'es folle ou quoi, me murmura Poltergeist à l'oreille. Moi, je ne sais pas me battre avec des vraies armes. »

« Moi non plus, qu'est-ce que tu crois ? »

« Mais alors pourquoi tu lui dis ça ? »

« Fais-moi confiance, ça va marcher ! »

« Tu as intérêt sinon je viendrai cracher sur ta tombe tous les jours… »

« Si je meurs, tu seras morte aussi ! »

« C'est pas grave, ça ne m'arrêtera pas ! »

« Vous voulez des armes ? »

« On est pas non plus exactement en tenue de combat, alors…Non, l'idéal, ce serait de se refaire tout notre équipement. »

« Ca, c'est une bonne idée, dit Youffie en sautant de joie. Ecoute, si tu veux, je les emmène… »

« Non, je veux voir ça de mes propres yeux, conclut Léon. Je ne suis pas convaincu que même bien équipées, vous fassiez des miracles ! »

« Tu verras bien ! »

Et c'est ainsi qu'on se retrouvait à faire notre shopping dans les magasins de Traverse avec l'argent de ce pauvre Léon (d'où le titre de ce chapitre). Mettez donc trois filles à faire du shopping (parce que Youffie aussi avait besoin de nouvelles tenues), et vous verrez qu'elles auront vite besoin de porteurs. Alors Sora, Léon et Riku furent réquisitionnés pour l'occasion avec force grognements et râleries de leur part. Ca nous prit du temps de faire les magasins, parce que choisir une nouvelle tenue veut dire changer de look, et il ne faut surtout pas se planter quand on change de look. En plus, il fallait tenter de faire « couleur locale ». Ce fut un vrai calvaire, parce que personnellement, je ne raffole pas de faire les magasins (à part les magasins d'armes blanches). Après une séance shopping bien remplie, Polty et moi avions enfin trouver ce qu'il nous fallait.

Poltergeist avait choisi des dagues un petit peu spéciales (pour les amateurs de Soul Calibur 2, le genre Double Crescent Blade de Talim ; pour les autres, des lames qui se tiennent et s'utilisent comme des tonfas, mais en beaucoup plus tranchants) main néanmoins efficaces. Niveau tenue, c'était plutôt micro haut et micro short tous les deux noirs ;le genre « je m'habille avec autant de tissu que ma petite sœur de 3 ans », mais il fallait reconnaître que ça lui allait bien. Au-dessus du mini short, elle avait ajouté une sorte de mélange entre jupe et pagne un petit peu indescriptible (je suis sûre qu'elle l'a choisi exprès pour m'embêter et m'obliger à chercher comment je pourrais décrire ce truc) mais je vais quand même essayer. Bon, en fait, c'étaient deux pans de tissus bleu nuit accrochés à une ceinture qui tombaient jusqu'au niveau de ses chevilles avec un très beau plissé. Elle s'était aussi acheté des mitaines, pour protéger ses petites mains, noires elles aussi. Elle était en tenue camouflage nocturne top discret. Moi, c'était l'inverse…

J'avais opté pour une lance de combat assez longue pour maintenir les ennemis à distance et assez légère pour que je puisse la manier (parce que je ne m'appelle pas Musclor non plus) avec une large pointe d'un côté et une toute fine de l'autre, histoire d'assurer mes arrières. Quand je la tenais bien comme il faut, mon arme était plus grande que moi, ce qui n'est pas très classe. Donc j'avais renoncé à la porter bien comme il faut. Je m'étais acheté de grandes bottes noires qui montaient jusqu'aux genoux, une jupe blanche qui s'arrêtait au niveau du genou, et un bustier rouge strié de noir sur les côtés avec des lacets dans le dos. On était dans un jeu vidéo, alors je pouvais bien faire attention à mon style pour une fois !

« Alors, qu'est-ce que vous pensez, lançai-je à la cantonade en sortant du magasin. »

« Ca vous va super bien, s'enthousiasma Sora. »

« C'est pas trop mal, dirent les deux autres. »

« Ravies de remporter un tel succès, dis-je devant leur manque de conviction. »

« Il ne suffit pas d'être jolies pour être des guerrières, ajouta Léon. »

« Alors tu nous trouve jolies, c'est sympa, dit Poltergeist en lui adressant un clin d'œil aguicheur. »

« Et puis attends de voir ce qu'on sait faire avant de critiquer ! »

J'espérais de tout cœur que le destin qui nous avait envoyé là avait pensé à nous mettre l'option déesses du combat. Sinon, on serait au moins bien sapées, mais ce ne serait pas très utile.

Nous nous remîmes en route vers l'entrée de Traverse, et donc retraversèrent la place principale du second quartier de la ville (vous savez, celle avec une jolie fontaine).

« Ah, j'en peux plus, dis-je en me laissant tomber sur un des bancs près de la dite fontaine. »

« Moi non plus, dit Poltergeist en venant me rejoindre. »

« Vous nous laissez une petite place, demanda Riku en s'approchant. »

« Bien sûr, dis-je en me décalant et en poussant Polty qui ne finit plus qu'assisse sur une seule fesse. »

En même temps, ce que Riku demande, je fais.

Y a du favoritisme !

Promis, le jour où tu seras aussi canon que lui, y en aura plus ! Sora se baladait sur la place, les mains dans les poches, quand soudain, une boule de poils et une boule de plumes géantes lui tombèrent dessus.

« AÏE, gémit-il. »

Le gémissement fut repris en chœur par les poids lourds qui étaient tombés d nulle part. Avant qu'ils n'aient eu le temps de se relever (je crois bien qu'en fait ils s'étaient emmêlés) un gigantesque sans-cœur violet surgit de nulle part.

« L'armure gardienne, murmurai-je. »

« Mais elle n'apparaît pas là normalement… »

« Ah bon ? »

Et oui, j'avais peut-être pas bien suivi l'histoire, mais je connaissais la majorité des monstres du jeu. C'était l'occasion rêvée de voir ce qu'on savait faire. Je me lançais à l'assaut, suivie de très près par Polty, qui était sceptique quant à la présence de ce boss ici, et par Riku, qui aurait sûrement eu des remords si on s'était fait massacrer sans qu'il ne nous aide. Comme Sora était indisponible pour le moment, on eut aussi un coup de main de Léon et Youffie. Avec tout ça, le combat fut assez bref, et assez facile, et nous n'avons pas été des boulets. Au contraire, on se débrouillait même plutôt bien en combat en fait. Comme quoi le destin nous avait vraiment procuré l'option déesses du combat !

« Félicitations, je vous avais mal jugé, dit Léon. »

« Ca arrive à tout le monde, dis-je en essuyant ma lance qui était maculé de sang d'armure (ça a du sang ?) »

Poltergeist alla aider Sora à se relever, ainsi que ceux qui lui étaient tombés dessus (pauvre Sora). Les trois se relevèrent. J'eus un petit sourire amusé en voyant le trio maléfique (comme je les appelle) se relever péniblement et essuyer du plat de la main la poussière dont ils étaient recouverts.

« Donald, Dingo, on peut dire que vous tombez à pic, dit Léon. »