Mouaich, ça faisait longtemps… Je l'admets, et je vous épargne mes longues et ennuyeuses jérémiades d'excuses. Ca fait un peu trop… Répétitif.
J'ai plus beaucoup de temps, là, déjà qu'il y a eu un bug, là... Alors, je fais à la va vite! Merci pour toutes vos reviews, ça me fait chaud au coeur!
Bon, place à la lecture donc.
Chapitre 3 : L'oiseau concasseur.
Je l'ai rudement préparée, ma première journée chez Akatsuki, j'ai expressément repassé mon costume noir pour l'occasion. Je ne le porte pas très souvent parce que je trouve qu'il me dévalorise et me vieillit d'au moins cinq ans mais nous sommes en temps de guerre : il vaut mieux se faire prendre au sérieux, surtout si l'on veut faire long feu face à lui.
Enfin, long feu, qu'est ce que je suis encore en train d'inventer ? C'est plutôt lui qui a intérêt à ne pas s'enflammer trop vite pour moi.
Car oui, la veille, en sortant de mon bain, j'ai pris de belles résolutions : j'allais lui en mettre plein la vue, tellement qu'il serait susceptible de me vouer un culte au bilan de fin d'année. Bien évidemment, cela commençait par l'apparence. Tout est soigneusement à leur place : blaser, escarpins (ça aussi, il va finir par idolâtrer), sac, foulards… Je serai une femme active, raffinée, sexy… Tout à fait fabuleuse, cela allait de soi. Bref, je serai Haruno Sakura dans toute sa splendeur.
Je le vois déjà d'ici… Ses yeux, originellement froids et distants, seraient tellement brillants d'admirations devant ma délicieuse personne qu'on pourrait croire qu'il est ému par mon incomparable beauté… «Sakura sama, vous êtes une déesse – ma déesse ! –… Vos cheveux sont d'une magnificence éblouissante, votre front absolument splendide, et vos pieds tellement divins dans ces Jimmy Choo que je crois devenir fou chaque fois que je les entends claquer contre le sol »… Hum… Je sais, je sais, remettez vous enfin, je ne suis que votre employée… « Pour moi vous êtes plus qu'une simple employée. Vous êtes la femme la plus fantastique que j'aie jamais connu. Cela tient du miracle que vous ayez atterri dans mon entreprise, je n'aurais pas su quoi faire sinon… Je serai perdu sans vous !». Oui, ça aussi, je le sais, je suis votre lumière, votre raison de vivre, je vous suis indispensable… Je sais. Tout comme je sais que vous n'allez pas tarder à me demander en mariage, un genou à terre, les yeux suppliants, attendant patiemment que j'accepte votre bague en platine incrustée de diamants à cinq cent mille dollars – ah la niaiserie, ça me plait… Mais comme je suis gentille, je jouerai les petites flattées pour en entendre davantage. Alors je soupirerais presque, comme touchée par tant d'éloges, la main sur le cœur, les yeux mode cocker, l'air de dire « Vraimeeent ? »… Et vous, vous reprendrez alors sur votre lancée de compliments sans jamais vous lasser… Jusqu'à ce que je vous sorte un «J'aurais peur de sortir avec vous, vous êtes mon patron, ce pourrait être mal vu par la société, vous pourriez avoir des ennuis à cause de moi, blablabla… C'est un amûûr impossible ! »… Et là, vous vous sentirez dans l'obligation de me détromper –je prendrai bien soin de faire semblant de ne pas vous écouter-. Vous allez également me courir après jusqu'à la fin de notre contrat pour me garder près de vous, en me comblant de fleurs, de mots doux… Et d'augmentations salariales…
Bref… Tout ça pour dire que rien ne me résiste en général, enfin, pas assez longtemps pour que je m'en inquiète. C'est un fait, qu'est ce que vous croyez ?
En tout cas, ma nuit a été tranquille, car j'ai évidemment tout fait pour qu'elle le soit.
Néanmoins, les trouble-fêtes, ça existe et c'est ainsi que je dus ouvrir les yeux avec beaucoup d'amertume : un coup de fil insistant, casseur d'ambiance, alors qu'il n'était que six heures trente. Parce que non, faut croire, j'ai planifié de me lever à 7h pétante, ça me laissait au moins une bonne heure pour me rendre encore plus belle.
J'appuyai donc sur la touche et…
-GnAllô ? Répondis je, la voix pâteuse, légèrement ensommeillée.
~La belle au bois dormant ! Je vous dérange peut être ? Fit une voix sarcastique à l'autre bout du fil.
Je sursautai de mon lit… Alerte rouge !
-Non, Monsieur, je… J'étais justement en train de…
~… Baver sur votre oreiller ?
Le « Sakura sama » me semble bien loin, tout à coup…
-Oui – enfin, non ! J'veux dire, non… J-Je me préparais à… Faire… Mon petit dej' – Chibi, dégage ! −, oui, voila, je m'en allais manger. Bafouillai-je alors que mon satané chat se faufilait entre mes jambes, manquant de me faire trébucher plusieurs fois.
~Oh ! Passionnant !... J'ose espérer que ce n'est pas moi que vous appelez Chibi ? Il y a quelqu'un avec vous ? S'enquit-il, faussement intéressé.
-Non, Chibi, c'est mon chat. Répliquai je comme une idiote, mais je rattrapai : Pourquoi vous m'appelez si tôt le matin ?... Monsieur Uchiwa ? Rajoutai-je précipitamment.
~Eh bien, comment dire ? Commença t il avec une voix théâtralement plaintive. Vous me manquiez terriblement, je n'ai pas arrêté de penser à vous et mon vilain petit canard a été blablabla… Réveillez vous un peu, Assistante débutante, la seule raison pour laquelle je vous appelle, c'est le boulot, le boulot et l'emmerdement, qu'importent l'heure, la date et le lieu ! Cracha t il en passant brusquement du sarcasme à la sévérité.
Ce mec… Il aimait vraiment rabaisser et casser les autres ! D'accord, il en a peut être un peu le droit, étant donné qu'il est tout en haut de la chaîne alimentaire sociale mais appeler quelqu'un avant l'heure recommandée pour le casser, c'est quand même abusé ! On ne me l'a jamais faite celle là… D'ailleurs, moi-même, je ne l'ai jamais faite à personne !
Cependant, je m'abstiens de tout commentaire…
-Euh… Vous êtes déjà au bureau, Monsieur ? Demandai je prudemment et gentiment.
Quoi ? Je suis hypocrite, oui, mais au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, la sincérité n'est pas recommandée avec son patron, au risque de se faire bouffer toute crue…
Je l'entendis soupirer bruyamment, prenant un temps de pause pour me laisser deviner qu'il était en train de perdre patience mais qu'il essayait de se contrôler.
~Vous aussi, vous devrez déjà y être ! Finit il par dire platement. Dépêchez vous, je vous ai envoyé mon chauffeur, nous avons une journée chargée. Conseil administratif dans deux heures, vous vous souvenez ?...
-Oh ? Ah bon ? Je ne…
Eh merde ! J'ai pas encore pris le temps de lire son agenda.
~Bien sûr que non, Mademoiselle n'a pas lu l'agenda que son patron lui a confié. Railla t il avec une voix blasée, ne me laissant pas le loisir de lui répondre. Vous savez quoi ? Vous commencez très mal votre première journée, ma petite…
Petite ? Qui c'est qu'il traite de naine supra microscopique, là ?
-Désolée, Monsieur, je me dépêche ! Je suis en route, ne vous en faites pas. Répliquai je avec une atonie surprenante.
~Vous avez plutôt intérêt car j'ai déjà une de ces envies de vous… Mettre à la porte.
T'inquiète, Saku, bientôt ce sera « une de ces envies de vous », tout court… Ahah !
~Vous croyez que je rigole ? Reprit il avec un ton plutôt menaçant.
Merde alors, il m'a entendu ricaner ?
Il ria doucement à l'autre bout du fil, un rire à s'en faire froid dans le dos. Un rire mesquin et particulièrement… Menaçant. Mais cela restait un rire donc il devait s'éclater à mort, là.
~Ah, les femmes… Vous devriez réfléchir à deux fois avant d'ouvrir votre clapet. Reprit il, sarcastique.
C'est clair que la bague en platine à cinq cent mille dollars n'est pas prête de franchir mon doigt…
-O-Oui, Monsieur, je…
Et moi qui répond "Oui, Monsieur"... Pourquoi je trouve rien d'autre à dire ?
~Bon, j'en ai marre. Je vous laisse exactement quinze minutes pour pointer votre petit minois devant moi, à défaut de quoi...
-Vous plaisantez, j'espère ! Coupai je instantanément avant d'écarquiller les yeux.
Oups ! La boulette, elle est partie toute seule. Ça va être ma fête… Mais tant pis ! Il me gonfle aussi, ce mec…
~Hm, quel dommage, Haruno Sakura… Je pensais que vous tiendriez plus longtemps. Et en plus, je voulais même pas le faire comme ça…
Wow, c'est quoi ce ton, là ? Est-ce qu'il est en train de me virer parce que je l'ai… Interrompu ? Mais c'est la meilleure de l'année, celle là. Et de loin.
~… Mais puisque vous y tenez. Je sais gérer mon emploi du temps tout seul, de toute façon.
Fais chier de merde. Il est pas sérieux ?
-Euh, j-j-je… Non, Monsieur, je… C'était parti tout seul, je me dépêche, quinze minutes, j'y serai. Je…
Non, non, non, non, non… Je vais pas me faire virer, je vais pas me faire virer et je vais pas me faire virer… ! Non, je ne peux pas. Me faire. Virer !
Prise de panique et d'un léger, je lui raccrochai directement au nez avant de faire passer ma nuisette par-dessus ma tête pour courir sous la douche in extremis. Si ça se trouve, le chauffeur doit déjà m'attendre en bas alors finies, les blagues, maintenant !
Une fois sortie de la douche ; je pris vaguement soin d'enfiler mes sous vêtements avant de me mettre tous les pschitt, poudres et crèmes imaginables que j'ai en ma possession tout en m'habillant : déodorant, lait, maquillages, rouge à lèvres, laque, parfum… Adieu la séance tranquille et relaxante d'habillement et de coiffure.
Le fameux petit déj' ?... Pas le temps pour ces conneries !
C'est ainsi donc que je m'élance hors de chez moi ; il est 6H48 et quoi qu'il puisse en dire après, je suis encore dans les temps. Après tout, le contrat, c'est le contrat… 8H30 à 16H30. Et non pas quinze minutes après un réveil mouvementé. Ouais, je le lui ferai remarquer lorsque je serai aux bureaux et que je serai en pleine possession de tous mes moyens !
Une fois en bas de mon immeuble, je remarquais aisément la berline noire garée juste devant et reconnut immédiatement le sigle entrelacé et argenté « AC », soit Akatsuki Corporation, peint sur le flanc de la voiture. Un chauffeur, élégamment habillé d'un super costume surfait, se tenait devant la portière arrière… D'accord, mon patron a beau être chiant, rabaissant et tout ce que vous voulez mais il faut avouer qu'il ne fait pas les choses à moitié.
-Madame ! Fit il poliment en guise de salutation tout en m'ouvrant la portière.
Ai-je déjà dit que j'a-do-rais qu'on se plie en quatre pour moi ?
On dit qu'on n'est jamais mieux servi que par soi même mais la personne qui a inventé cet adage n'a visiblement jamais gouté à la sensation d'être supérieur aux autres. Non, en fait, je parie que celui qui a dit ça doit être un mec. Ou alors quelqu'un qui a été lamentablement déçu par ses subordonnés. Mais on sait tous que ne pas se faire obéir provient d'un manque de leadership affligeant.
Ouais.
Une fois confortablement installée à l'arrière, le chauffeur rajusta son rétroviseur droit sur moi – ou sur mon décolleté… Faut s'attendre à tout, je vous l'accorde mais je me demande bien ce qu'il attend pour démarrer cette fichue voiture.
-Monsieur Uchiwa souhaite que nous allions d'abord chercher une provision d'eau minérale. Sourit le conducteur, neutre.
-Je… Pardon ?
Wow, wow, wow… Comment ça, « nous » et « eau minérale » ? J'ai mal entendu, là, si ?
-Oui, pour… Vous savez, lors d'un conseil, des bouteilles d'eau miné-…
-Oui, ça va, je sais ce que c'est, je ne suis pas attardée. Coupai je avec acidité. Seulement… Enfin, quoi, pourquoi je dois y aller, moi aussi ? Vous auriez pu faire ça vous même!
Prenez-en de la graine : supériorité et leadership…
-Han han, Monsieur Uchiwa a insisté là-dessus et puis, vous êtes la seule à pouvoir entrer dans son bureau ou la salle de conférence en dehors des responsables de département et du chef comptable… Et des nettoyeurs, mais eux, ils y vont la nuit.
Oh, la chance que j'ai ! Génial ! Super ! Alors comme ça, je suis la plus privilégiée de touts les animaux domestiques de l'Akatsuki Corp. ? Manquait plus que ça !
Je poussai un profond soupir… Ai-je encore droit de rechigner… ?
Je ne crois pas, non.
-Il y a un konbini dans le coin, on devrait y trouver notre bonheur ! Articulai je, l'air complètement lassé mais en fait, j'étais plutôt énervée.
-Euh… Le konbini ? Eh bien… C'est que… Monsieur Uchiwa n'apprécie pas tellement... Enfin, vous voyez… Bégaya le chauffeur, visiblement hésitant à me corriger vu ma tête (qui devait être effrayante à voir).
Bon, il est vrai que je n'aime pas me reprendre mais forcée d'admettre que je me suis apparemment trompée : on ne va pas aller au konbini du coin. Autant pour moi.
Mais où avais-je la tête aussi… ? Bien évidemment que sa majesté je-trône-sur-quarante-milliard-de-dollars n'ira jamais boire de l'eau venant du konbini du coin, non, celui là, il ne boit que de l'eau venant d'outre mer… Probablement importée de Norvège… Ou d'un autre pays de l'Europe Nordique.
-Euh, Madame ? S'enquit le chauffeur, fronçant les sourcils devant mon état de parfait énervement.
J'essayai de contenir mon mécontentement en fermant hermétiquement mes lèvres… Cet Uchiwa, est ce qu'il vient de sortir cette ineptie ou a-t-il longuement réfléchi à la manière dont il allait me torturer ?
Excellente question, Mademoiselle Haruno !
Oui, oui, je sais, je suis tellement perspicace, une lumière vive qui a atteint une profondeur d'esprit abyssale !
-Ahm, excusez moi… (Ça m'écorche la langue, ces deux mots !) Est-ce que monsieur Uchiwa vous a confié cette commission à la dernière minute ? M'informai-je en imaginant déjà la réponse.
-Oui, il vient tout juste de m'appeler…
On dit qu'on utilise de la strychnine pour éliminer les rats… Ou autres animaux nuisibles… Ne devrais je pas alors en mettre une bonne dose dans sa précieuse petite bouteille d'eau minérale à la con ?
Non, parce lui, il se venge ! Je suis sûre que c'est parce que je me suis (un peu) foutu de sa gueule qu'il m'oblige à aller faire les courses pour lui… Et si je laisse passer ça, c'est sûr qu'il ne lâchera plus la grappe.
En même temps, la réalité est encore un peu loin de mon petit délire… La véritable situation étant que je ne peux pas lui désobéir… Je suis sur le point de me faire virer, je n'ai absolument pas mon mot à dire. Oui, je l'admets et ça m'énerve ! Alors, on oublie la strychnine…
J'ai beau être une emmerdeuse, je sais que quand on s'est pris dans l'embarras, on prend sur soi et on se plie sans poser de question…
Euh, attendez une minute… Il vient tout juste de l'appeler… Il se venge… ?
Donc, il l'a appelé juste après moi ?
Ah, Goooood ! Mon Dieu ! Aaaah !
…
Quoi, me direz vous ?
Bah, en clair, ça veut dire que je suis pas encore virée. A condition bien sûr que j'aille chercher ces bouteilles d'eau minérale !
En avant pour l'aventure, donc !
-Chez Isetan, ça lui irait comme fournisseur d'eau minérale ? Ou faut il aller chercher un centre commercial 100% européen ? Proposai je avec une humeur plus calme.
-Euh, je crois que c'est mieux ainsi. Concéda t il en se décidant enfin à démarrer.
« Je crois »… Comme si j'en avais quelque chose à faire de ce qu'il croyait, celui là.
Tsss…
Minable, va !
Sur la route, le cellulaire me démangeait. Cela me démangeait à mort de l'appeler pour pouvoir l'insulter à volonté… Le traiter de tous les noms d'oiseaux possibles, de pélican, de perroquet sans cervelle (je n'en sais strictement rien, bien sûr mais je me plais juste à le dire), de flamant rose - ok, là, je parle un peu pour moi-, de corbeau de malheur (d'ailleurs, il a l'air d'avoir un corbeau qui couve sur la tête)… Un oiseau concasseur, voilà ce qu'il est ! Une nouvelle espèce de volatile à plumes ébènes et qui ne choisit vraiment pas ses proies lorsqu'il a envie d'en déchiqueter une. Seulement, ce qu'il ne sait pas, c'est qu'à force de bouffer un chewing-gum (c'est-à-dire moi), il risquerait d'avoir des surprises, genre son clapet qui se fermerait depuis l'intérieur… Hahaha… Mon humour et mes métaphores… J'arriverai toujours me surprendre.
Mais voilà, le prétentieux qu'il est a quand même eu la générosité de ne pas me ficher à la porte à mon premier jour alors… Je m'abstiendrai de l'insulter… Pour le moment. Mais ça va venir s'il est toujours à fond sur son sarcasme et ses rires jaunes.
Bref, moi, je bouge pas de la voiture (perso, à quoi ça sert d'avoir son propre chauffeur sinon… ?) et lorsque Monsieur le conducteur-qui-espère-sympathiser-avec-moi-soi-disant-parce-que-nous-travaillons-au-sein-de-la-même-compagnie revint, je pus enfin souffler.
7H30.
Oh et puis, qu'il aille au diable, le Ken d'Akatsuki, Barbie n'a pas envie de se plier pour lui aujourd'hui. Ni demain d'ailleurs. Ni même un autre jour ! Na !
-Madame ? Monsieur vous demande d'aller faire d'autres courses mais il insiste pour que je retourne aux bureaux immédiatement, il a besoin de moi… Et de la voiture.
Quoi ? C'est quoi encore cette blague ?
-Il en est absolument hors de question ! J'ai fait ce qu'il m'a demandé, j'estime que c'est largement suffisant… J'ai déjà gaspillé un temps précieux pour faire sa course à la con ! D'ailleurs pourquoi il ne me dit pas ça, à moi ? Il me semble quand même que je suis la première concernée. Pestai je, sous l'œil inquiet du sous fifre.
Celui-ci fronçait les sourcils… Quoi, t'es barré ? C'est pas assez clair ce que je dis là ? Ramène moi à l'entreprise et que ça saute !
Dire que j'ai pensé du bien de cet oiseau de malheur, y'a même pas deux minutes. Enfin, j'ai surtout sérieusement songé à ne pas l'insulter… Mais à l'évidence, j'aurais du…
-Je suis le chauffeur personnel de Monsieur Uchiwa. Alors je m'excuse mais ses ordres sont prioritaires. Répondit tout simplement celui-ci.
Bien sûr, je l'aurais compris de toute façon. Il m'a dit qu'il m'a envoyé son chauffeur parce qu'il l'a deviné tout seul : moi, je n'en ai pas… Enfin, pas encore… Par conséquent, il pouvait le récupérer quand il le voulait… De toute façon, c'est lui le boss.
Mais bordel, pourquoi je donne ENCORE raison à ce mufle, moi ?
-Ahm… Ecoutez, euh… Chauffeur, il ne peut pas me laisser en plan comme ça. Il ne m'a même pas appelé alors que comme je viens de vous le dire : je suis la première concernée ! Donc, soit on retourne à la compagnie, soit on attend son appel. Après, je vais voir s'il a besoin de moi, et ensuite, je…
-Il dit qu'il n'arrive pas à vous joindre. Coupa le Minable.
Oh, la belle arnaque…
-N'importe quoi ! Persifflai je alors que je farfouillai énergiquement mon sac… Je n'ai pas ét-…
Eh merde !
-Je vais aller chercher un taxi. Décréta soudainement le chauffeur, me laissant de l'espace pour angoisser devant mon téléphone professionnel désespérément éteint : j'ai du appuyer trop fort sur la touche lorsque j'ai raccroché.
Le bon Dieu m'en veut à mort !
Sasuke Uchiwa va me virer mais il me semble qu'il veut me reconvertir en livreuse d'eau minérale pour Akatsuki Corp. Intuition féminine.
« Oui, deux s'il vous plait, décaféinés avec du lait demi écrémé. Merci. »…
« Bonjour, c'est pour récupérer le costume de monsieur Uchiwa, Sasuke Uchiwa. »…
« Quatre Miso au porc, à livrer à Haruno, Haruno Sakura… C'est pour 11H30, au siège social de l'Akatsuki… Oui… En espèce. »…
« Monsieur Uchiwa souhaiterait annuler votre rendez vous de ce soir… Oui… Et il aimerait reporter la semaine prochaine si vous êtes d'accord… Euh, il est très occupé en ce moment, l'entreprise connait des difficultés et, enfin, vous voyez… Jeudi, 19H00, cela vous va ?... Bien, je lui en ferai part. Merci. »
La politesse qui sonne faux, ça me tue…
«… Son médecin lui a recommandé le repos, vous savez ces derniers temps, il en a beaucoup fait… Alors il se demandait si vous souhaitiez reporter votre diner… ?... Non ? Alors, écoutez… Il est vraiment très mal en point, en ce moment. Je ne pense pas que culpabiliser le ferait se sentir mieux. S'il vous plait… Oui. C'est gentil… Oui, il vous rappellera… Bonne soirée. »
… Et inventer un mensonge pour un enfoiré comme lui, ça me tue encore plus.
Allez ma belle, un dernier coup de fil et zou ! Il a décidé de te mener la vie dure et en plus, il vient seulement de commencer… Supporte. Et ce, même si tes merveilleux Jimmy Choo ne font vraiment rien pour alléger ta peine. C'est là le chemin tortueux par lequel tu dois passer pour pouvoir monter au sommet et lui prouver que tu n'es pas Haruno Sakura pour rien !
Bon, peut être que mes réactions sont un peu excessives, je veux dire, vis-à-vis de lui… Mais c'est justifié, je vous assure, car les siennes sont bien pires. J'ai l'impression qu'il passe carrément ses nerfs sur moi. Et moi, je ne peux pas lui dire d'aller se faire voir. J'ai étudié cinq ans pour être comptable, pas servir de coursier à la plus grande entreprise locale.
Mais à quoi bon se lamenter, ce n'est toujours qu'une première journée.
Alors, recherchons un peu dans le calepin (dire que j'ai failli le laisser dans la salle de bain)… Morino… Morino… Ah… Idate Morino… Architecte…
Architecte ?
Ah oui, j'oubliais, Akatsuki est maintenant un conglomérat…
Avec le costume de sa Seigneurie par dessus mon bras droit, mon sac à main coincé en dessous, les cafés et les petits gâteaux sous l'autre, j'ai l'air maligne comme ça… Je compose le numéro de l'architecte autant que je le pus et parviens quand même à porter mon mobile à mon oreille en le coinçant avec mon épaule… Heureusement, il ne mit pas trop de temps pour répondre…
~Allô ?
Voix grave, légèrement tâchée d'ennui... Exactement comme lui. Génial.
-Oui, bonjour Monsieur Morino. Ici Sakura Haruno de l'Akatsuki Corporation… Monsieur Uchiwa a demandé à…
~… Voir les ébauches de son nouveau complexe hôtelier… Oui, il m'en a vaguement parlé la semaine dernière. Vous passez les prendre ? Me coupa t il avec une voix encore plus blasée.
On se calme, Sakura, no panic… Tourne ta langue sept fois avant de parler, même s'il te coupe la parole avec l'air de se faire royalement chié… C'est clair que dans ce milieu, des Sasuke Uchiwa, il va en pleuvoir. T'as été prévenue, alors relaxe.
-En effet, Monsieur. Finis je par affirmer, poliment.
~Vous êtes sa secrétaire ? S'enquit il.
Non, la Reine d'Angleterre !
-Son Assistante. Corrigeai je avec une pointe d'irritation.
Il me ria au nez.
Toi, tu vas finir en pâté pour chien si tu commence à te foutre de ma gueule !
~Ecoutez, je ne suis pas encore chez moi mais si vous voulez, vous pouvez passer me voir ce soir. Répond il avec un ton qui se veut soudainement charmeur.
C'est quoi cette drague à l'invisible, là ? Le voir… Ahah, il a le mot pour rire lui !
-Euh, je vais dire ça à Monsieur. Me suis-je contenté de répliquer, avec froideur.
Il émit un de ces ricanements de bourge, comme celui de Sasuke mais en moins froid, bien sûr.
Euh… Est-ce je viens de l'appeler Sasuke ?
~Il ne sera pas contre, je vous assure… Alors ? C'est quoi votre p'tit nom ?
Sérieux, mon p'tit nom… Mais quelle classe, Monsieur Morino, je vais même vous faire plaisir et me présenter… Alors, moi, je suis La-fille-que-tu-pourras-jamais-te-taper, mais vous pouvez m'appeler Jamais.
Mais il s'imagine quoi, lui ? Que je viendrai chez lui en mini jupe, la bouche en cœur, prête à écarter les jambes pour un service rendu à l'entreprise où je travaille ? Ho, ho ! C'est qu'il y croit encore, au père Noël, le pauvre gamin !
~Silence radio. Ah… Soupira t il… Si vous avez été choisie par Uchiwa Sasuke comme secrétaire-…
-Assistante. Rectifiai je une seconde fois.
~C'est pareil. Bref, qu'est ce que je disais, déjà ? Ah oui… Uchiwa Sasuke. Quel homme difficile, n'est ce pas ? Il n'a jamais eu de secrétaire avant (-oh, ça va !)… Mais s'il vous a embauché, c'est qu'il doit vous trouver… Assez bonne pour le poste.
Je fronçai les sourcils : à l'entendre aussi sarcastique, je crois qu'il y a un gros sous entendu très mal dissimulé. Ce gars, est ce qu'il est en train d'insinuer que…
Eurk. Je crois bien que oui.
~Allô, allô ? Vous êtes toujours là, ma toute mignonne ? Enquiquina t il avec une voix devenue trop lubrique à mon goût.
C'est clair que si je ferme pas la bouche, je vais vomir.
~Allons, je ne vous fais tout de même pas peur, ma chère ?
Mon pauvre, t'es encore loin du compte. Ceci dit, c'est pas comme si j'allais m'éterniser sur cette discussion en le rectifiant sans arrêt…
-Euh, oui, alors écoutez, (espèce de gros pervers,) je n'ai pas trop le temps (pour vos conneries), là, je sui assez pressée (d'en finir avec vous) mais je vais en parler à (cet imbécile de) Monsieur Uchiwa… Il verra ensuite comment faire (sans moi)… Pensez à l'appeler directement (et à arrêter tout de suite votre petit numéro) parce que ça ne marche pas comme ça, une prise de rendez vous (avec moi).
Il semble réfléchir… Pas si idiot que ça, ce Morino ! Il a du saisir le message codé.
~Hum… Faites ce qui vous semble le mieux, dans ce cas. Concéda t il très vite, beaucoup trop vite.
-Merci bien ! M'exclamai je comme une débile.
~… Je suppose qu'il vous veut pour lui tout seul… Ce n'est rien, de toute façon, on sait tous qu'Uchiwa Sasuke n'a jamais aimé partager ses petits plaisirs. Sur ce ! Me balança t il à la gueule avec sarcasme avant de me raccrocher au nez.
L'enc-…
Est-ce que… ?
Merde !
Mais qu'ai-je bien pu faire pour mériter ça ?
Ce crétin d'Uchiwa abuse, là…
~Bon puisque vous êtes en chemin, vous irez d'abord me chercher un café chez Domino's, un grand décaféiné avec du lait demi écrémé… Non, en fait, ramenez en deux. Celui à la compagnie est imbuvable. Et n'oubliez pas de prendre un tiramisu, le leur est excellent.
C'est comme ça que ça a commencé… Il m'a rappelé dès lors que je fus joignable et il m'a demandé ça, sans relever le fait que j'ai accidentellement éteint mon cellulaire. J'ai soufflé et comme une imbécile, j'ai laissé filer le chauffeur. Maintenant, je m'en mords les doigts.
Domino's est un café italien qui se trouve – comme par hasard– à l'autre bout de la ville mais comme il a insisté là dessus… Je n'ai pas vu le piège.
~Ah oui, j'oubliais, y'a l'adresse d'un excellent ramen-ya dans le calepin… Commandez en quatre aux porcs et faites les livrer, je les veux pour 11H30.
Moi qui le pensais végétarien jusqu'aux bouts des ongles… Et qui croyais bêtement qu'il allait enfin me laisser tranquille… J'étais complètement à l'Ouest. Et là, je devais aller plus au Sud…
~J'aimerais récupérer mon costume, je l'ai laissé à la teinturerie, vendredi. C'est tout près du restaurant alors faites attention, c'est un Dolce.
Et il n'a plus arrêté… Chaque fois que je terminai une course, une autre s'imposait. Je crois bien que je serais capable de créer une carte Atlas de Kyoto, là, maintenant, tout de suite.
~Annulez tous mes rendez vous de ce soir, j'ai pas d'excuses mais je compte sur votre imagination débordante pour arriver à tous les reporter… Pour la semaine prochaine.
Ça a failli m'achever… Comment pouvait il penser caser cinq rendez vous le même soir, cet illuminé ? En plus, y'a que des femmes… Serait ce un de ces coureurs impitoyables ? Pff… Evidemment, la question ne se pose même pas… Jeune, riche, arrogant et –ça me tue de l'admettre- beau gosse. Ça m'étonnerait qu'il soit déjà marié.
Toujours est il que touts ses rencards ont failli pleurer lorsque je les ai appelé pour reporter leur rendez vous. C'était vraiment navrant. Il avait prévu de passer la plus grande partie de la soirée avec l'unique héritière des entreprises Yamanaka. Il doit avoir un petit faible pour celle là en particulier mais au final… Quel goujat, franchement…
~Je voudrais que vous alliez voir Idate Morino. Je voudrais savoir où il en est avec les design… Surtout, prenez soin de l'appeler avant de débarquer.
Et on en revient à mon état actuel, affamée, fatiguée, les pieds en compote et une main désespérément levée au ciel pour essayer d'arrêter un taxi…
Bordel, je sais que je suis minuscule mais regardez moi, bandes de tarés, et arrêtez vous !
Quoi ? Comment ça, non ?
Tout mon être me suppliait de crier après ces idiots de chauffeurs – ou devrais je dire chauffard- mais ma fierté et ma dignité me l'interdirent clairement… Bon sang, il faudrait décider.
Je pris mon cellulaire et regardai l'heure. 11H45. Les ramens ont dû être livrés et moi, je suis pas encore là bas. Ca a beau être gras, pas diététique et tout ce que vous voulez mais je vendrais bien mon âme au diable pour pouvoir en avaler, rien qu'un petit bol, en ce moment. C'est réconfortant, un ramen. Maintenant, j'en viens même à me demander ce qu'ils en ont fait car je regrette de ne pas avoir pris le temps de manger entretemps. Mon ventre crie famine mais je crois que je ne peux rien faire à part… Me résigner à retourner au bureau. A pied. Il n'y a aucun resto dans le coin. Y'a que des bureaux.
Et c'est avec une mine défaite et sombre que je pris la route.
Enfin, je dis ça, j'ai l'air d'une randonneuse perdue dans le désert qui se résous à mourir de faim mais en réalité, il me suffit de changer de rue pour pouvoir attraper un taxi plus tranquillement et à deux cent mètre de là, il y aura un restaurant plutôt chic. N'empêche, mes escarpins me font terriblement souffrir et chaque pas me semble plus difficile à faire que le précédent.
Alors que je pestai mentalement contre ce très cher patron tout droit tombé du ciel, une berline noire semblable à la sienne vint se garer juste devant moi… C'est clair, je suis en train d'halluciner… Le même modèle, le même sigle, la même allure… Qui sait, peut être que les miracles existent ?
Je m'avançai encore un peu (mais aïe à la fin !) et me présentai devant la vitre fumée de la portière arrière… Pour voir à quel point j'étais échevelée. Oh, malheur.
La vitre s'abaisse et je vis de l'autre côté de la banquette, sa majesté le roi en train de pianoter agilement son Blackberry (tiens, c'est nouveau, ça) avec sa mine imperturbable (ça, par contre…)
Mais qu'importe puisque… Ouf, je n'ai pas eu des visions.
-Montez. Dit il froidement sans prendre la peine de lever les yeux vers moi.
En clair, ouvrez la portière et posez votre cul.
Mais je n'ai plus tellement le cœur (ou plutôt le corps) à refuser son offre ni même à relever son indifférence, alors j'ouvris la portière sans attendre et m'assis près de lui. Enfin, près de lui, c'est un euphémisme car la voiture était gigantesque, il y avait presque un mètre entre nous. Le chauffeur referma la vitre et démarra en silence.
D'un geste machinal, je réarrangeai discrètement ma coiffure, regrettant de ne pas avoir mis suffisamment de laque… Mais à quoi ça servait, il a du voir la tête de parfaite barbe à papa que j'avais, n'est ce pas ? En fait, tout le monde l'aura vu, sauf moi. Bref, ne lambinons pas sur les détails de mon humiliation…
Apparemment, mon voisin a décidé d'être silencieux, comme si ce n'était pas lui, la personne odieuse qui m'en a carrément fait baver tout à l'heure… Bref, comme si de rien n'était quoi. Il doit croire que c'est juste normal, entre chef et sous fifre. Enfin, toujours est il que je déteste le silence, l'ennui, la gêne et tout ce qui est négatif. Alors de temps en temps, mais très discrètement, je lui jetais quelques regards en coin. Hey, attention, je ne le matte pas, hein. Juste pour voir s'il n'a pas décider d'ouvrir un peu son clapet, genre pour s'excuser. Mais si vous voulez, je vous le décrirais volontiers. Alors, profitons en tant qu'il est affairé à taper son mail… Il porte une simple chemise blanche (qui devait quand même coûter cher) dont il a retroussé les manches et ouvert les trois premiers boutons. Mais on s'en fout un peu, même s'il a l'air très viril comme ça… Surtout avec sa cravate, noir intense, assortie à son pantalon et à ses yeux, qui pendait lâchement à son cou. Sans oublier la chevalière qu'il avait à son petit doigt et son Rolex Oyster Perpetual à son poignet - Dieu, moi, faut que j'arrête !-… Il ressemble juste à un homme consciencieux qui a beaucoup de gout et non pas à un goujat partisan de l'esclavage. C'est drôle, à le voir comme ça, sérieux, harassé, blasé… Il avait vraiment l'air d'avoir eu une…
-Dure journée ? Me coupa t il dans le fil de mes pensées, impassible et toujours plongé dans son mail.
Je souris largement. Mais plus de dégoût qu'autre chose : cet imbécile souriait… En coin. Et comme hier, ça m'énerve.
-Et vous, dure journée ? Retournai je en chantonnant mon ironie.
Il émit un unique rire guttural et moqueur avant de porter son mobile à son oreille, marmonnant distinctement le mot "puéril". Je vis ses yeux s'attarder sur mes pieds… Et son sourire s'accentua un peu plus…
-Oui… Dis lui que je suis d'accord. Il n'a qu'à s'installer à Kinkaku ji si ça lui chante…
Et il raccrocha…
Expéditif… Il est apparemment comme ça avec tout le monde.
Ce n'est pas très réjouissant, tout ça.
J'écoutais pas la conversation mais c'est pas comme s'il m'avait laissé le choix non plus.
-Alors, où en étais je ? Ah… Dure journée ?
Il me prend quoi là ? C'est quoi cette répétition, tu vois pas que t'as l'air idiote, idiote ?
Parfait, maintenant, il se remet à sourire avec son rictus minable.
Il range son cellulaire dans sa poche et relève enfin ses yeux vers ma petite personne.
Hey, c'est pas comme si je n'attendais que ça… Tout le monde me regarde tout le temps, et même si ça n'avait pas été le cas... Ben, ils finissent par me regarder.
-Il me semble que c'est moi qui ai posé la question en premier… Fit il remarquer avec éloquence.
Aha. C'est qui le plus puéril, maintenant ?
-Ah… Je vous ferai dire que j'ai toujours mon sourire accroché aux lèvres, Monsieur Uchiwa. Répliquai je en souriant malicieusement.
Et revoilà son rire de bourge… Je l'ai vu venir, celui là…
-Vous constaterez qu'il en va de même pour moi, mais soyons un peu sérieux, Assistante. Vous pouvez vous plaindre, vous savez… Enfin ! Si, vous, vous dites que votre… Etirement labial est un sourire sincère, je veux bien faire semblant de vous croire aussi. Nargua t il en haussant légèrement les épaules.
-Ouch ! M'exclamai je, sans vraiment l'avoir contrôlé.
-Ça, c'est clair. Souffla t il lentement et avec beaucoup de retenue (tu parles, il a envie de ricaner comme une hyène, oui)…
Un nouveau silence s'installa dans le véhicule alors que nous passions devant les hauts buildings des entreprises Shimura… A ma connaissance, Shimura était et sera toujours le rival direct d'Akatsuki mais aujourd'hui, le second possède un avantage certain sur l'autre. Cela n'a pas toujours été comme ça. Puis, je me demandai alors si ce n'était pas grâce à Sasuke Uchiwa. Non, attendez, je suis pas encore en train de le complimenter mais… Tout ce temps là, j'ai cru qu'Itachi Uchiwa dirigeait toujours Akatsuki Corporation mais il y a eu des changements. Alors je me demande si ce n'était pas du au fait que Sasuke ait pris les rennes, voila tout. Roh lala… Ce que vous pouvez vous en imaginer, des choses, vous alors.
Détachant enfin mes yeux de l'immeuble d'à côté, je redressai ma tête de façon à être droite sur mon dossier mais dans mon mouvement, je remarquai ses deux orbes noirs braqués sur moi… Il était en train de m'observer scrupuleusement et il ne détourna même pas le regard lorsque je levai mes yeux vers les siens. Au contraire, il me fixa de plus bel, comme s'il était pris d'une profonde réflexion à mon sujet…
Sans le vouloir, je me mis à rougir mais c'est à peine perceptible… Enfin… Je crois.
Reprenant doucement le fil des choses, je me rendis compte que j'avais encore toutes ses courses sur les bras. Alors je lui tendis vivement son café… Qu'il ne regarda même pas. Avec une expression amusée, il continua de me fixer…
-Vous ne voulez pas de votre café ? M'impatientai je, en lui tendant un peu plus la boisson alors que mon poignet commençait à fatiguer.
-Il est froid. Refusa t il avec austérité sans pour autant détacher ses yeux de moi.
Ok… Je rougis encore. Mais là, je ne sais pas si c'est de gêne ou de colère. Ou les deux à la fois.
Putain, j'ai fait des kilomètres pour ton saleté de café… T'aurais pas pu me dire merci, ducon ?
Je soupirai pour la énième fois de la journée et posai les boissons sur la banquette. Cela me permettait également d'échapper à son inquisition visuelle qui commençait à –Argh !- me troubler.
Je posai ma tête sur le… Repose tête de la voiture et décidai de me laisser aller… Plus question pour moi de lui adresser la parole et ce, même si ses yeux me brûlaient la peau comme en ce moment.
Et puis merde, je me sens pas à l'aise ! Qu'est ce qu'il a à me fixer comme ça, cet imbécile ?
Il te trouve peut être à son goût.
Je souris bêtement pour ensuite me reprendre aussitôt : c'est quoi cette réflexion de gamine ? Bien sûr qu'il me trouve à son goût parce que je suis au goût de tout le monde, je vous ferais dire. C'est un fait.
Satisfaite de mon auto-remise en place –oh oui, je m'aime bien comme fille-, je commençai enfin à me détendre en penchant mes pieds vers mes talons pour être plus à l'aise. Je grimaçai. Cela faisait mal mais ça soulageait tout autant. Vous savez, comme une courbature bien massée.
J'entendis alors un nouveau ricanement sur ma gauche.
-Je vous ai déjà dit que ce n'était pas une bonne idée, les escarpins. Ria t il.
-Vous n'avez pas bientôt fini de me reluquer, oui ? Balançai je de but en blanc.
Ha. Bien envoyé !
-Mais je ne vous reluque pas… Je cherche juste une bonne raison de vous garder en tant qu'assistante. Vu que… Je n'en ai jamais eu besoin. Enchaina t il, atonique.
Et tu vas trouver ça sur ma face, espèce de…
« Il n'a jamais eu de secrétaire avant… Mais s'il vous a embauché, c'est qu'il doit vous trouver… Assez bonne pour ce rôle. »
Ouais, j'aimerais me tromper pour une fois…
-Oh ?... Et avez-vous trouvé une bonne raison, Monsieur ?
Il émit un autre micro sourire et regarda droit devant lui…
-A mon avis, elle n'est pas valable mais après tout… Je fais ce que je veux. Répondit il avec détachement. D'ailleurs, vous avez regardé mon agenda avant de partir jouer les super livreuses?
Euh… Je dois répondre quoi, là ?
-… Pas encore, apparemment. Conclut il, un peu contrarié alors qu'il se calait plus confortablement sur son siège. Hum. Dommage.
Je m'empourpre, d'accord… Ca va. Vous pouvez le dire: "Sakura… Mais la honte quoi."
-Non, en fait, je l'ai lu… En partie. Essayai je de me justifier, mais c'est que c'était vrai en plus.
Il retourna lentement son visage vers moi et fronça légèrement, mais alors très légèrement, ses sourcils.
-Ça, ça m'étonnerait beaucoup… Mais maintenant, vous avez le temps alors ouvrez le. Ordonna t il.
J'obtempérai (comme une idiote) et sortis le cellulaire qu'il m'a offert, très intriguée… Bon, ça va, je l'ai pas lu son agenda, juste pour annuler ses rencards de ce soir et puis hop… Le reste, je m'en fichai.
Je clique sur la rubrique « agenda », regarde la date d'aujourd'hui et…
Oh, l'enfoiré.
Mardi 16 : Initiation de la nouvelle assistante, journée libre.
J'en reste... Pratiquement sans voix, pour ne pas changer. Il a décidé de m'emmerder depuis hier, en fait? Et moi... Pourquoi est ce que je n'ai pas ouvert ce foutu agenda électronique avant de rappliquer comme une idiote? Il a du bien se marrer lui. Conseil administratif, mon œil, oui!
-Vous avez de belles jambes. J'ai pensé que vous deviez les entretenir… Finit il par dire en fixant indifféremment mes mollets.
Je m'empourprai à nouveau et esquissai autre sourire idiot… Vous avez de belles jambes…
-De toute façon, ça ne fait que commencer… Vous aurez peut être le temps pour les muscler afin de vous présenter au marathon. Ou pas. Ajouta t il sur un ton beaucoup trop décontracté, ce qui me fit retourner mon visage vers le sien.
...
Et c'est là, alors que je vis son sourire se faire plus sardonique, que je saisis le véritable sens de son compliment tacite : tu vas faire du sport, ma petite, beaucoup de marche qui te seront tout aussi bénéfique qu'à moi.
Eh merde.
Voilà, c'est dit, le mode de jeux de Sire Uchiwa. XD J'espère que ça vous a plu. Merci de m'avoir lue.
Sinon, un petit reveiw ne ferait pas de mal. :)
Yuri.
