Le chapitre de Sin City, en avance, c'est pas le pied ? :D
BON. Que dire ? Ah, oui. Derek est un con. Stiles est un con. Mais, de là à savoir lequel des deux est le plus con, je ne saurais le dire...
Peu de chose à dire, donc je me tais, et vous laisse lire (notez la rime. NOTEZ !)
~ Enjoy your reading ~
Chapitre 3
Dire que Derek se sentait minable était bien en deçà de la réalité. Il se sentait pire que ça. Lui qui ne parlait que peu, il avait fallu qu'il l'ouvre pour raconter des ignominies et des mensonges à Stiles qui ne le méritait pas. Et dire qu'il se sentait con était un doux euphémisme pour décrire à quel point sa stupidité avait atteint des records de connerie.
Mais, quand on aime quelqu'un et qu'on arrive plus à supporter de jouer les potes, et bah ça pète. Forcément. Ajoutez à ça qu'en plus, il était marié à la personne qu'il aimait, en sachant qu'elle ne l'aimait pas en retour, et vous comprenez pourquoi il avait fini par laisser ses mots dépasser sa pensée.
En attendant, ce n'était pas ce qui allait aider ses Bêtas à se sortir d'affaire. Il fallait qu'il s'active. Il résoudrait ses problèmes sentimentaux un autre jour (ou alors, il les ignorerait jusqu'à ce qu'ils disparaissent de leur propre chef).
Il secoua la tête à partir de maintenant, il arrêtait d'y penser pour de bon !
Il se mit en marche pour finalement s'arrêter dans un bar pas loin. Un verre de Perrier citron l'aiderait probablement à faire partir sa gueule de bois plus rapidement.
L'établissement rassemblait plus ou moins tous les clichés que les séries télé nous faisaient bouffer. La population du bar était presque exclusivement des mecs et des nanas en cuir, l'air tout droit sortir d'un gang de motards. L'ensemble était fait de bois le bar était en bois, les tabourets étaient en bois, les tables et les chaises étaient en bois, bref, le vrai bar typique des poivrots et des exclus de la société. Un billard trônait au milieu, et quatre lourdauds moustachus étaient penchés au-dessus. Plus loin, dans un coin reculé, près des portes pour les toilettes, se trouvaient deux flippers. Un jeu de fléchettes était installé à sa droite, près de la porte d'entrée.
Affichant un air blasé, il se dirigea vers le comptoir pour commander sa boisson à la petite serveuse blonde qui détonnait largement par son air virginal et pur dans ce lieu de perdition totale. Elle lui servit un sourire et un Perrier, et il se détourna.
Il s'installa au fond du bar, en plein dans ses réflexions, son verre en face de lui. Il ne savait rien de ce qu'il s'était passé la veille, mais il commençait à se demander si c'était vraiment Lydia qui lui avait donné cette mixture étrange. Il se souvenait de la couleur mauve bizarre et de l'odeur plus étrange encore. Mais il ne se souvenait pas de qui lui avait donné le verre.
« Allez, Derek, c'est une mixture spéciale ! Tu vas voir, tu vas adorer ! »
Quelque chose sonnait faux. Lydia n'aurait pas fait ça. Plus il y réfléchissait, et plus il lui semblait improbable que la blonde vénitienne lui ait donné une boisson le rendant soûl, ou qu'il ait pu accepter de la boire. Surtout en dehors de son territoire. Surtout si ça impliquait lui, l'Alpha Hale, devenant vulnérable. Lydia était intelligente, elle savait tout ça. Il était donc impossible que ça soit elle qui lui ait tendu le verre.
- Y a du grabuge chez Denaire, il est complètement devenu dingue. Il fait rechercher un mec du nom de Derek Hale depuis huit heures, ses gars ont rien dormi de la nuit, 'parait.
L'Alpha tiqua et releva la tête, cherchant du regard la personne à qui appartenait cette voix. C'était un mec baraqué, habillé tout de cuir, l'air d'un motard, avec sa moustache ridiculement longue, parlant au barman. Plus cliché que ça, tu meurs. Mais il apportait des informations précieuses au loup, alors il n'allait pas non plus juger. Bon, peut-être un peu, mais pas beaucoup.
- D'après Denaire et de ce que Paolo m'a dit, le gars lui doit un truc, j'ai pas tout capté mais c'est une histoire de contrat ou un truc du genre. En tout cas, Paolo m'a dit que son chef lui foutait les boules, parce qu'il devait rentrer voir Nina et les gosses et que finalement, il a dû sillonner la ville pour retrouver ce mec et qu'il a rien trouvé.
L'homme avala son verre de bourbon d'une traite et le reposa durement contre le bois du bar.
- Mais apparemment, Paolo m'a dit qu'un mec de la bande s'était pointé, frais comme un gardon, devant chez Denaire, avec un grand sourire. Si tu veux mon avis, le gamin avait des envies de suicide vu la colère dans laquelle était Denaire. Tu l'croiras jamais, mais le gamin doit pas avoir plus de vingt ans, tout chétif, et il croit pouvoir se mesurer aux gars de El Patrón, se mit à rire le motard. ͘
Derek se figea. Le gamin fétiche, c'était Stiles. C'était forcément Stiles. Stiles s'était jeté dans la gueule du loup – sans jeu de mots, c'était pas le moment de rire ! – et c'était entièrement de sa faute. Stiles était dans une meute ennemie. Il allait se faire tuer. Un haut-le-cœur le prit à cette pensée. Il ne pouvait pas… Il ne pouvait pas le laisser…
Des souvenirs lui revinrent en partie. Sa meute sur la route, puis entourée par d'autres loups, les rires, la joie, les verres, une feuille de papier. L'écriture était floue… Son souvenir était flou. C'était après le verre à la mixture mauve, il aurait pu en parier sa tête. Son dernier souvenir, c'était cette feuille de papier, et un sentiment d'urgence, ou plutôt de trahison, ou de colère. Peut-être même un peu de tout ça. Et après, c'était le noir total jusqu'à ce qu'il se réveille dans la suite nuptiale, avec Stiles.
Stiles…
Non. L'humain ne pouvait pas souffrir plus encore par sa faute. Derek se jura que s'il arrivait l'impensable à Stiles, sa vengeance n'aurait d'égale que la folie meurtrière du plus dangereux criminel. Il ferait souffrir chaque responsable avec un plaisir inimaginable.
Quand il vit le motard saluer le barman et lever son gros cul du tabouret, il se leva à son tour pour le suivre. Il le prit en filature pendant presque vingt minutes avant qu'ils ne débouchent sur un endroit moins fréquenté par les touristes. Parfait.
Il attrapa l'homme par la nuque, l'entraîna dans une allée et le plaqua contre un mur en briques avec violence, sa main s'enroulant autour de sa gorge, juste assez pour lui faire sentir sa présence, mais pas pour lui faire réellement mal. Pas encore.
- J'sais pas c'que vous m'voulez, mais z'êtes pas tombé sur le bon gars, grogna le motard en sortant un couteau pour le planter dans l'estomac de son agresseur.
Derek le stoppa en plein mouvement et lui fit lâcher l'arme, lui cassant presque le poignet.
- Crois-moi, je suis tombé sur le « bon gars », gronda Derek. Tu vas me raconter exactement ce que ton ami Paolo t'a dit sur Denaire et sur le gamin.
Et pour convaincre son vis-à-vis, il fit briller ses prunelles de rouge sang. L'odeur de la peur, amère et salée, l'entoura immédiatement. Elle s'exhalait de tous les pores de sa peau. Malheureusement, l'homme n'en savait pas plus que ce qu'il avait raconté au barman. Et il ne mentait pas.
- Bien, tu vas m'emmener voir Paolo. Oh, non, j'ai mieux. Tu vas l'appeler et lui dire de se ramener ici, parce que t'as réussi à trouver Derek Hale.
Oui, c'était complètement con. Oui, c'était absolument dangereux.
Oui, mais Derek était totalement désespéré.
Ooo0ooO
Lorsque Stiles arriva devant la grande maison de la meute Denaire, il retint sa mâchoire de tomber. C'était une villa. Apparemment, fallait vraiment être super riche pour être Alpha. L'endroit lui faisait un peu penser à la maison de Gatsby le Magnifique. Il s'avança jusqu'au portail, une impression de déjà-vu le saisissant. Il était déjà venu, donc, avant son blackout total. Il se souvenait de la grande fête que Pedro avait donnée en leur honneur avec tous les membres de sa grande meute. Il se rappelait la musique à fond, le banquet, les danses avec Lydia et Allison et d'autres jeunes filles de la meute Denaire, et il se rappelait Derek. Il avait vu Derek s'éloigner avec Pedro, une feuille à la main, un verre dans l'autre, et jaloux et curieux, il les avait accostés, se rapprochant de son Alpha, piquant son verre et buvant d'une traite le reste d'une boisson mauve au goût absolument dégueulasse. Et puis, il se souvenait de l'aconit. Le goût étrange de la mixture, c'était le goût exact du punch de l'anniversaire de Lydia, lorsque Peter la contrôlait pour qu'elle le fasse revenir d'entre les morts. Il avait prévenu Derek.
Et là, c'est le trou noir. Il ne se souvenait plus de rien après l'aconit.
Finalement, ce n'était peut-être pas une bonne idée de venir ici…
- Stiles ! S'exclama joyeusement une voix grave qu'il crut reconnaître.
Ses yeux se posèrent derrière les grilles du portail où un homme d'une grande carrure, aux fortes épaules, la peau bronzé, les cheveux noirs en bataille, les traits exotiques et le regard d'un noir profond, s'avançait vers lui, les bras grands ouverts.
- Ça me fait plaisir de te voir ici ! Continua Pedro, un sourire illuminant son visage.
Pourtant, Stiles avait comme l'impression que ce sourire était faux. Peut-être était-ce la crispation au coin des lèvres qui le lui indiquait ? Ou le fait que ce sourire n'atteignait pas les yeux de son propriétaire ?
- Tu n'es pas avec Derek ? Il me semblait pourtant que vous aviez l'air proche, hier soir, en partant…
L'homme haussa un sourcil entendu, et Stiles frissonna. L'Alpha envoyait des ondes menaçantes. Même en étant humain, il pouvait les capter.
- Non, je ne sais pas où il est, se contenta-t-il de répondre.
Faire des phrases courtes, et des phrases vraies. Il n'était pas avec Derek, et il ne savait réellement pas où le loup pouvait être. Et à ce moment précis, il était vraiment très heureux de ne rien savoir !
- Quel dommage ! Viens, entre, on a servi le brunch, l'invita l'Alpha en ouvrant le portail.
- J'étais juste passé pour savoir si Scott et les autres étaient là, on va pas tarder à reprendre la route, le chemin est long jusqu'à Beacon Hills, et …
- Ils sont à l'intérieur ! Allez, rien ne presse, viens manger un bout.
Stiles ne pouvait pas courir. L'Alpha le rattraperait avant qu'il ait fait dix pas. Il ne lui restait qu'une chose à faire. Entrer dans la gueule du loup en espérant que celui-ci ne referme pas sa mâchoire avant qu'il n'ait le temps d'en ressortir…
Il fit quelque pas à l'intérieur, essayant de masquer sa peur, mais ce ne fut pas facile. Scott lui avait dit une fois que l'odeur de la colère était l'une des plus fortes et qu'elle arrivait à couvrir les autres. Il espérait que c'était vrai, parce que c'était sa seule chance de ne pas alerter le loup qu'il savait tout.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Derek ? Demanda innocemment Pedro.
- Me parle pas de lui, grogna l'humain, ayant pris l'habitude des loups. C'est un véritable connard et la prochaine fois que je le revois, je lui mets mon poing dans la gueule.
Ce qui était la stricte vérité. Derek méritait même plus qu'un poing. Cette réponse eut le mérite de raviver sa colère, de lui faire oublier sa peur pendant un instant, et de dissuader Pedro de continuer à poser des questions sur son Alpha.
Dès qu'il fit un pas à l'intérieur de la maison, il fut cerné par dix loups sous forme humaine. Il soupira, adoptant un air blasé.
- Super subtil. C'était quoi ton manège dehors ? T'as peur que les voisins appellent les flics, c'est ça ? Questionna Stiles en regardant Pedro. Je vois pas ce que tu crains, c'est pas comme si une cellule de prison pouvait te retenir toi ou un de tes loups. Cela dit…
Il se mangea une baffe tellement forte qu'il se retrouva étalé sur le sol, la bouche en sang, et probablement une dent cassée. Et le tiraillement qu'il sentait sur sa pommette droite, en plus de la brûlure de la claque, lui indiquait qu'il avait aussi la pommette ouverte. Il n'était pas sûr de sortir d'ici vivant. Ce qui était sûr, au moins, c'est qu'il n'en ressortirait pas aussi bien qu'il y était entré. Ce qui n'était absolument pas pour le rassurer.
- Maintenant que tu as fermé ta gueule (décidément, personne n'aimait quand il parlait ?!), tu vas pouvoir appeler cet enfoiré de Derek pour qu'il vienne sauver ton cul.
Stiles émit une sorte de ricanement amer, ou moqueur en fait.
- T'es stupide ou t'es simplement con ? Demanda-t-il en se redressant et en crachant du sang (ouais, il avait vu des acteurs de cinéma le faire, et ça rendait super cool – qui a dit qu'il était intelligent ?). Petit un, Derek est un connard, il ne viendra pas. Il m'a bien fait comprendre à quel point je suis un boulet pour lui. Petit deux, même si je le voulais, je ne pourrais pas l'appeler étant donné que tes larbins bien débiles ont complètement cassé son téléphone. Cela dit, il ne l'a pas avec lui, donc même s'il était entier, je pourrais quand même pas le joindre.
Cette nouvelle logorrhée lui valut un coup de pied dans l'estomac. Bon, peut-être qu'il allait faire profil bas maintenant qu'il s'était senti cool. S'il voulait souffrir un peu moins, c'était le meilleur plan.
- C'est drôle comme les humains sont faciles à duper. Ou comme ils sont cons, allez savoir avec eux.
Alors qu'il toussait et peinait à reprendre son souffle, Stiles releva cette phrase, son regard miel fixé sur Pedro.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Grogna-t-il.
- Quoi, tu ne sais pas ? S'étonna faussement l'Alpha. Derek est raide dingue de toi, franchement, faut être aveugle pour pas le voir ! Ou le sentir d'ailleurs ! Il a presque la gaule à chaque fois qu'il te voit bouger !
Et l'ensemble des loups se mit à rire à gorge déployée comme si c'était la meilleure blague de l'année, voire du siècle.
- Vous êtes d'un vulgaire, râla Stiles, essayant de ne pas penser à ce que ces paroles faisaient sur lui.
Ouais, il avait toujours rêvé d'entendre ça. « Mais, tu vois pas qu'il t'aime ?! » Sauf que dans la vraie vie, ça ne marche pas comme ça. Il aimait Derek, mais il n'était pas assez con pour réellement croire une bande de méchants lui disant que Derek l'aimait en retour. Non mais, vous l'aviez bien regardé ? Il n'était pas Scott non plus – désolé, frère.
- Si c'est comme ça que parlent tous les gars à Vegas, je préfère rentrer chez moi. D'ailleurs, je vais pas m'attarder…
- Tu ne bouges pas de là ! Cracha l'Alpha en appuyant son pied sur son épaule pour le faire s'aplatir au sol. Paolo, tu vas aller retrouver tous tes petits potes bavards et leur dire qu'on cherche Derek Hale et que Stiles est notre invité d'honneur. Il ne tardera pas à donner signe de vie…
Le pire dans tout ça, c'était que Stiles savait que Derek serait assez con pour se laisser prendre aussi facilement. Si ce n'était pour lui, ce serait pour la meute.
Verdict ? Qui est le plus con des deux ?
Mouahahahaha !
Je vous aime, vous m'aimez, n'oubliez pas ! :D
Vous avez besoin de moi pour la suite !
Je répondrais aux reviews aussi rapidement que possible, attendez vous à être spammer par mes réponses en retard !
Je vous aime, vraiment ! :coeur:
EK.
