Bonjour!
Voici un autre chapitre, pas très long cette fois-ci...
Merci aux Reviews! j'apprécie beaucoup!
Darcy et les Bingley étaient retournés à Londres pour quelques semaines.
Darcy, assit à son bureau, répondait à du courrier pendant que Bingley était assis à ses côtés
-Je crois bien retourner à Netherfield la semaine prochaine, m'y accompagnerez-vous? Nous avons promis un bal aux demoiselles Bennet et c'est un engagement qu'il me plaît à accomplir!
-Je ne le puis, je suis désolé de ne pas vous y accompagner
-Je compte bien danser avec ma Jane…
-Vous semblez vous languir de Miss Jane
-Absolument! Mais n'avez-vous pas envie de revoir Miss Élizabeth?
-Aucunement-dit-il sur un ton monochrome
-Essaieriez-vous de fuir devant une femme?
-Nullement, elle n'est pas du tout un danger
-Mais nous avons discuté … nous avions établi que vous aviez des sentiments pour elle lors de votre partie de billard à Netherfield
-Erreur. Vous aviez émis une hypothèse que je n'ai pas contesté immédiatement mais qui après réflexion s'est avérée fausse.
-Je ne vous crois pas un instant. J'ai vu comment vous la regardiez et comment elle vous troublait
-Vous êtes libre de croire ce qui vous plaira- toujours sur le même ton
-Prouvez-moi que vous n'avez aucune inclination pour elle en venant avec moi à Netherfield, ensuite je n'en parlerai plus
-Je n'ai malheureusement pas le temps pour satisfaire votre curiosité. Et si ma parole de ne vous satisfait pas, je ne vois pas comment je pourrais vous convaincre autrement. Je dois vous dire que vous êtes presque insultant en me faisant menteur
-Oh… vous n'êtes pas menteur envers moi mais vous l'êtes envers vous. Vous essayez de nier vos sentiments en oubliant Miss Élizabeth. Vous travaillez avec acharnement et vous voyagez le plus loin possible de Longbourn.
-Je ne nie pas que j'ai dû voyager mais que j'ai expressément voyagé loin de Longbourn relève du hasard.
-Qu'avez-vous à craindre de Miss Élizabeth?
-Je vous le demande, vous semblez brûler de me le partager - toujours sur un ton monochrome
-Je sais parfaitement! Je vous connais Darcy!
-Allez, donc je vous écoute, votre étude de mon comportement m'intéresse
-Vous avez réalisé que vous avez besoin de Miss Élizabeth mais qu'en sa présence vous perdez tous vos moyens…et qu'ainsi donc… vous avez une faiblesse… ce que vous refusez d'accepter. Vous vous tenez alors loin d'elle afin de ne pas vous mettre en danger en l'approchant. Mais vous avez omis que s'il s'agit de la femme de votre vie, comme je le crois, il n'y a qu'elle qui vous rendra heureux et pourra vous apporter des héritiers. Ce qui vous rendra plus fort par l'entremise.
-Vous êtes captivant, mais vous vous trompez
-Alors dites-moi où me serais-je trompé pour que je puisse à l'avenir, être meilleur analyste?
Darcy prit un long silence, puis soupira
-Je suis trop occupé pour aller à Netherfield tout simplement
Bingley se leva et ajouta
-Alors, un jour vous me direz la vérité je l'espère. En attendant, je pense bien que Jane est la femme idéale, qu'en pensez-vous?
-Vous avez une facilité à faire confiance aux gens et un plaisir à vous faire une opinion rapide, ce que je m'abstiens de faire. Mais, je vous crois assez bien assortis quoi qu'un mariage soit fort avantageux pour les Bennet et peu recommandé quant à votre fortune. Avez-vous pensé à cette honteuse famille?
-Je sais…Mais je sais aussi que c'est elle, juste elle qui me rendra heureux…Sa famille est certainement…différente…mais je ne vois pas pourquoi elle entraverait notre bon ménage.
-Alors donc, si vous croyez qu'elle a aussi des sentiments pour vous…
-Je n'en suis pas certain malheureusement…je l'observerai lors du bal pour essayer de lire en elle…mais votre opinion est habituellement plus juste. Je préfèrerais que vous veniez avec moi à Netherfield pour…
-Je ne peux pas
-Si elle m'acceptait…viendriez-vous à notre mariage?
-Évidemment!
-Même si Miss Élizabeth était présente?
-Bien sûr! Je vous répète que je n'ai rien contre elle! Dit-il impatient
-Oui, bien sûr… répondit Charles sans être convaincu
Puis Bingley se dirigea vers la porte pour quitter la pièce regardant Darcy qui n'avait jamais levé la tête de son courrier. Il ouvrit la porte et la referma tout en restant à l'intérieur de la pièce.
Au son de la porte qui fermait, Darcy s'adossa à sa chaise et prit son visage dans ses mains, épuisé d'avoir résisté devant l'interrogatoire de son ami et soupira profondément.
-Ah je le savais! Vous me cachez quelque chose! S'exclama Bingley
Darcy se retourna subitement
-Vous êtes toujours là!
-Vous me cachez des choses, William et je suis certain que vous avez envie de voir Miss Élizabeth. Pourquoi êtes-vous si secret avec moi?
-Vous êtes malicieux quand vous vous y mettez !
-Je suis habile et je sais lire en vous, alors racontez-moi tout, ai-je raison de dire que vous êtes toujours amoureux d'elle et que vous ne désirez pas vous mettre en danger en étant en sa présence?
-Vous avez raison et tord
-Je vous écoute
Bingley s'assied sur le fauteuil près de Darcy, qui se retourna vers lui pour lui parler face à face
-Elle est certainement d'agréable compagnie mais sa famille ne me convient pas
Bingley s'adossa à sa chaise, étonné
-Sa famille? Vous vous empêchez à cause de la famille?
-Je suis un aristocrate! Pemberly et la famille Darcy mérite mieux que…dit-il en fermant les yeux solidement et en secouant la tête. -Vous avez bien compris, maintenant ne m'en parlez plus. Je ne vois pas comment je pourrais raisonnablement me présenter de nouveau face à elle, je me dois de résister à cette distraction. C'est alors pour cette raison que je préfère ne pas la rencontrer.
- Permettez-moi tout de même d'être étonné et…d'être inquiet que vous trouviez, un jour, la femme parfaite! Ricana-t-il maladroitement…et ajouta très sérieusement : Je présume que je devrais vous admirer pour votre inflexibilité…mais j'éprouve plutôt de la compassion pour votre situation. Porter un tel fardeau de naissance doit être en effet, assez douloureux.
Et continua enthousiaste:
-Alors épousez ma sœur, Caroline!
-Caroline? Non jamais! S'exclama Darcy avec dégout
-Pourquoi donc? Elle a une bonne dote, serait une excellente maitresse pour Pemberly… et son frère est très attachant! Dit-il en rigolant
-Je n'ai pas d'inclinaison pour elle –dit-il sèchement
-Oh…Alors vous me voyez confus… Vous venez tout juste de plaider en faveur d'un mariage avantageux niant vos sentiments amoureux et vous voilà maintenant à souhaiter un mariage d'amour…Est-il alors, préférable de conclure un mariage très avantageux sans amour? Ou bien l'amour est-il plus important que la famille à votre avis? Et si les deux étaient inconciliables? Lequel choisiriez-vous? Visiblement…vous préférez l'honneur à l'amour.
-Et vous préférez manifestement l'amour à la raison. Nous sommes différents Bingley et je ne vois pas comment cette discussion pourrait avoir un aboutissement cohérent.
Voyant que le visage de Darcy s'était refermé et qu'il n'en retirerait aucune autre révélation termina la discussion
-Je suis désolé, pardonnez-moi…Merci de vous avoir confié, je vous promets que votre secret ne sera jamais révélé. Maintenant je vous laisse
Puis il quitta la pièce, cette fois-ci pour vrai
Darcy s'en assura en se retournant et se leva pour mettre le verrou à sa porte afin de ne plus être dérangé.
Comment en effet pouvait-il admettre que Lizzy lui manquait? Comment accepter que depuis leur dernière rencontre à Netherfield Park, il n'arrivait pas à l'oublier? Qu'il n'avait plus le cœur à rire?
Bingley avait raison. Il avait besoin d'elle. Mais il refusait de l'accepter. Bien qu'il ait envie de l'embrasser, il ne le fera jamais. Bien qu'il ne réussisse pas à oublier ses yeux, il le fallait. Ses parents avaient mis énormément d'effort à son éducation et sa position sociale. Il serait injuste de négliger leur vision de son avenir en chancelant à la moindre petite inclination. Parce qu'en effet, cela devait être « une simple petite inclination ».
Un homme de son statut ne pouvait s'associer à une telle famille, sans le sou et sans civilité. Et qui voudrait de Mme Bennet comme belle-mère? Il faudrait être fou…
Bingley était le genre d'homme à succomber à l'amour faisant fit de ses intérêts et des convenances. Il n'était pas surprenant qu'il accepte la famille Bennet. Une fois de plus, Darcy devait maintenant protéger son ami Bingley d'une union fort dangereuse. Alors donc…il fallait qu'il se rende au bal à Netherfield Park, pour analyser de ses propres yeux les sentiments de Jane et conseiller à son ami.
(Pense-t-elle à moi? Sera-t-elle heureuse de me revoir? Se dit-il dans son esprit…à bien y penser surement pas! Nous nous sommes disputés deux fois concernant le billard…elle doit me détester. Soit! C'est bien ainsi…mais…pourtant… ces disputes ont été si délicieuses…je me disputerais avec elle tous les jours si elle m'acceptait…Je lui montrerais à monter à cheval et me plairait à regarder ses yeux briller…Peut-être devrais-je la revoir une dernière fois et me concentrer sur ses défauts. Cela m'aidera sûrement à me défaire de mes affections…et reprendre ma raison.)
Il ouvrit la porte de son bureau :
-Bingley?
Charles entendit sa voix de loin
-Oui Darcy?
-C'est d'accord, j'irai à Netherfield. Seulement pour m'assurer des sentiments de Jane à votre égard.
-Comme je suis heureux! Vous êtes le meilleur ami qui puisse exister! Peut-être aurez-vous la chance de danser avec Élizabeth.
-Non. Point. Je n'en ai aucunement l'intention
-Alors vous verrez, peut-être que vous prendrez plaisir à la fête et que vous vous assouplirez?
-Ne me souhaitez pas le malheur que je voudrais vous éviter!
-L'amour n'est pas le malheur, Darcy! Le malheur c'est d'être vieux garçon, grincheux et solitaire-rigola-t-il
-Parlez-vous de moi? Dit Darcy perplexe
-Si vous vous reconnaissez dans ma définition, c'est qu'en plus vous êtes susceptible! Dit-il en riant
Mais Darcy ne rit pas
-Je vous taquine Darcy! Je dois vous dire que votre bonne humeur est plutôt rare depuis les dernières années… mais je ne vous juge pas! Vous avez été éprouvé…renchérit-il
Darcy fronça les sourcils
-Mais j'ai eu le bonheur de vous voir sourire lors de la partie de billard avec miss Élizabeth! Ricana-t-il de nouveau
Il était évident que Charles ne le croyait pas et qu'il ne le soulagerait pas de ses questions et allusions. Maintenant, il ne lui restait d'autre choix que de se soumettre à tant d'insistance de la part de son ami.
-C'était si évident? Se décida-t-il à dire
-Oh oui! William! Elle vous plaît et ma sœur l'a très bien constaté aussi! Elle était furieuse contre Élizabeth! Si ses yeux avaient été des épées, Miss Élizabeth n'y aurait pas survécue.
(C'est donc pour cela que Miss Bingley était si acariâtre avec Élizabeth! Pauvre elle…Elle ne s'est certainement pas sentie bien accueillie…il faut avouer qu'elle a tout de même gardé son sang froid même si Miss Bingley la malmenait. Quelle femme courageuse! Pensa Darcy)
-William? Vous êtes encore en train de penser à elle, n'est-ce pas? dit Bingley en souriant
-Charles, j'insiste une fois de plus. Je ne nie pas avoir quelques affections pour elle, mais il n'y aura jamais rien entre nous. Il est impensable que je laisse dériver des sentiments dangereux. Maintenant, oubliez mes confidences et notre conversation et concentrez-vous sur votre avenir et les importantes décisions que vous devrez prendre. Un mariage ne se décide pas sur un coup de cœur! Il faut bien considérer Miss Jane et sa famille avant de s'engager ! Personnellement, si vous désirez mon opinion, je m'éloignerais immédiatement de Miss Jane avant que vous soyez irrémédiablement épris.
-Comme j'aimerais être sage comme vous! Et comme j'aimerais que vous soyez moins raisonnable! Renchérit Bingley en quittant
(Je la reverrai enfin…mais il ne me reste que quelques jours pour reprendre ma raison et être insensible en la revoyant. Je serai froid et distant. Je lui adresserai la parole que par obligation seulement. J'observerai ses défauts et son ignoble famille et ensuite je serai guéri…)
