Disclaimer : Les personnages des chevaliers du zodiaque ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !

Couple : Shura/Shaka.

Rating : K.

Suite de mes song-fic pas très gaies...

Lys : Nan, en effet, c'est pas gaie, et y'a Shaka qu'est pas content du tout d'ailleurs...

Mais ce n'est qu'un détail :p

Lys : C'est ça :p

Sont pas chanceux avec moi !

Lys : C'est le cas de le dire !

:p

Bonne lecture !


It's The Fear

Il parait qu'il faisait beau, aujourd'hui. On prévoyait un beau soleil et très chaud. C'était l'été, après tout, et il n'était guère étonnant de voir des gens se promener en débardeur avec des tongs au pieds. C'était une belle journée. Mais alors, pourquoi le ciel lui semblait-il si gris ?

Il marchait dans les rues assombries. Il ne regardaient pas vraiment où il allait, ni les gens qui se trouvaient sur son chemin. Mais les passants, eux, ils le regardaient. Mais il s'en fichait. Qu'ils le regardent. Ça changerait rien. Son visage resterait le même. On y pouvait rien.

L'homme osa lever les yeux. De lourds nuages nageaient dans le ciel grisâtre. Peut-être était-il bleu, ce ciel qu'il maudissait chaque jour. Mais il lui semblait plus terne. Plus sombre. Peut-être était-ce à cause de ce qu'on lui avait fait. De ce qu'on leur avait fait. Oui, c'était sûrement ça.

Ses pas le menaient, il ne réfléchissait pas. Son esprit savait où il devait aller, il connaissait le chemin par cœur, pour l'avoir parcourut nombre et nombre de fois. Et aussi, c'est parce que c'était là-bas, chez lui. C'était là-bas que se trouvait son refuge, son paradis, son bonheur. C'était une cachette, loin de cette jungle urbaine, loin de cette violence noire dans laquelle il nageait. Comme les nuages, là-haut, qui le narguaient.

Il allait bientôt arriver. Il vit, là-bas, son immeuble. Gris, sale. Mais c'était là-bas que se trouvait le plus bel endroit du monde. L'endroit où était caché son cœur. Mais alors, pourquoi avait-il peur ? Pourquoi se sentait-il angoissé ? Il n'avait pourtant rien fait de mal. Ce n'était pas de sa faute. Mais elle était toujours là, au fond de son cœur. Et en un sens, il savait pourquoi. Parce qu'il avait peur de le voir.

It waits for the day
I will let it out
To give it a reason
To give it its mind

L'homme rentra dans l'immeuble. Il ignora les boites au lettres défoncées, les murs tagués, l'ascenseur en panne. Il monta les escaliers, jusqu'à arriver au second étage. Devant la porte, il hésita à rentrer, mais il finit par actionner le poignée, et à ouvrir le porte de leur appartement.

Tout était silencieux, à l'intérieur. Étrangement silencieux. Il serra les dents, retenant cette angoisse tant redoutée qui lui bouffait le cœur au fil des jours. À pas lent, le chevalier s'avança dans l'appartement, regardant les murs peints de couleurs claires. Il écoutait tous les petits bruits, les voitures qui roulaient dehors, les cris de la voisine en bas, la musique qui hurlait à l'étage en dessous. Mais pas de pas dans l'appartement. Pas de voix qui l'accueillait. Juste une lettre, là, posée sur la table de la cuisine.

L'homme attrapa la missive, la lut rapidement. La colère faisait trembler ses mains. La peur faisait trembler son corps. Ses yeux s'embuèrent de larmes. Mais aucune ne coula. Il les retenait. Il devait être fort.

Peut-être aurait-il dû les laisser couler. Ça l'aurait soulagé. Et calmé. Mais la terreur s'emparait de lui. Peu à peu. Il était fatigué. Très fatigué. Il voyait mal. Il avait du mal à évaluer les distances. Pourtant, il eut cette envie. Cette envie familière, si connue. Shura eut envie de tuer.

Sans un mot, il s'enfuit de l'appartement.

I fear who I am becoming
I fear that I'm loosing the struggle within
I can no longer restrain me
My strength it is fading, I have to give in

Il courait dans les rues grises. Les passants le regardaient. Ils examinaient un court instant son visage, à demi caché pas des bandages. Ils virent, à peine une seconde, cette lueur meurtrière dans son unique œil. Mais personne ne l'arrêta. Même s'ils savaient. Cet homme allait commettre un meurtre.

Shura se répétait sans cesse l'adresse inscrite sur la feuille. Il ne devait pas l'oublier. Il connaissait toutes ces rues, comme si c'était lui qui les avait construites. Il connaissait tous les raccourcis, pour avoir pourchassé des hommes, et pour s'être fait coursé par des truands. Le chevalier tournait à droite, puis à gauche, il allait tout droit, et il bifurquait. Il arriva enfin à destination. Le couteau, dans sa poche, le démangeait.

Il parait qu'il a perdu cette force qu'il possédait, autrefois, et qu'on appelait couramment le cosmos. Et il était pas le seul. Il savait que les autres l'avaient perdue. Il en avait entendu parler, un peu. Masque de Mort se frottait à des drogués, Saga avait déjà sombré. Pourtant, bien qu'il n'ait plus cette force, Shura vit les hommes tomber les uns après les autres. Ces hommes qui se jetèrent sur lui, qui le frappèrent. Ils tombèrent comme des mouches. L'espagnol vit à peine le sang couler à flot des corps. Il avait son couteau serré dans sa main.

Prudemment, l'homme traversa l'immeuble désaffecté. Puis il le vit. Son Amour. Posé comme une merde sur le sol. Les joues rougies, il avait l'air mal au point. Il avait sans doute de la fièvre. Cette putain de fièvre qui voulait pas partir.

Quand il le vit, son ange lui fit un sourire. Un sourire pitoyable. Il s'en voulait, de s'être laissé emmené comme ça. Mais c'était pas de sa faute. Il était malade. Trop malade pour bouger. Shura l'embrassa tendrement, puis il le prit dans ses bras. Il partit, un léger sourire sur les lèvres. Il voulait oublier. Oublier la mort qui vivait dans le corps de Shaka.

It's the fear
Fear of the dark is growing inside of me
That one day will come to life
(I've been saved) to save what I loved there is no escape
Because my fate is horror an doom

Ils rentrèrent chez eux. Dans ce petit coin de paradis rien qu'à eux. Ils ignorèrent le bazard. On avait fouillé chez eux, Shura rangerait plus tard. De toute façon, leur argent était caché. Bien caché. Personne ne le trouverait. Y'avait rien de précieux, chez eux. La seule chose importante, à leur yeux, c'était eux.

L'espagnol déposa son amour sur le canapé défoncé. Il attrapa une couverture et la posa sur son corps tremblant. Il partit en chercher d'autres dans la chambre. Le lit était mort. Ils avaient éventré le matelas pour chercher le fric. Shura l'installa confortablement, ignorant les yeux embués de larmes de Shaka. Il était faible, très malade. Il avait du mal à se déplacer. Shura était blessé, mais il s'occupait de lui quand même. Ils s'aimaient. Plus que tout.

Shaka vit son amant partir dans la cuisine. Ce dernier ignora les tiroirs retourné, les feuilles éparpillés sur le sol. Il prépara du chocolat chaud, puis repartit dans le salon. Il donna la tasse fumante au blond qui quémanda ses lèvres. Ils s'embrassèrent tendrement. Leur cœur se réchauffait.

La tasse au bord des lèvres, Shaka la posa sur ses genoux et porta sa main à sa bouche. Il se mit à tousser. Une toux sèche, rêche, qui semblait ne pas pouvoir s'arrêter. Shura courut chercher de l'eau, et attendit que son amant se calme. Mais, il s'enfuit. Dans la salle de bain. Les yeux pleins de larmes. Son cœur battait vite. Il tentait de se calmer. Mais la terreur sommeillait en lui. Elle allait se réveiller. Parce que Shaka le regardait avec ces yeux fatigués. Parce que la mort lui faisait cracher du sang.

Hold down your head
Just let me pass by
Don't feed my feelings
If you don't want it out

Après s'être passé un coup d'eau sur le visage, Shura quitta la salle d'eau, pour retourner dans le salon. La tasse de chocolat était posée sur la table basse, Shaka était recroquevillé sur lui-même, sanglotant doucement, comme pour ne pas faire de bruit. Shura courut presque vers lui et prit son amour dans ses bras. Pour le réconforter. Puis lui faire comprendre que ce n'était pas de sa faute.

Shura s'installa dans le canapé, Shaka se blottit dans ses bras. Il avait encore un peu de fièvre. Mais sa toux s'était calmée. L'espagnol caressait ses cheveux blonds avec tendresse. Il se sentait calmé. Il avait l'impression que plus rien ne pouvait leur arriver. Cette impression était fausse, il le savait. Mais malgré tout, c'était bon de se sentir en sécurité. Alors que le malheur frappait à leur porte.

C'était plus facile, avant. Quand Shaka allait bien. Mais il a attrapé cette merde. Et leurs ennuis se sont accrus. C'est un endroit pourri. Car quand on est seul, tous les endroits sont pourris. Shura n'avait que Shaka. Shaka n'avait que Shura. Ils avaient été abandonnés. Comme des enfants. Sans rien à part leur hostilité mutuelle.

Ils se battaient pour vivre. Pour se faire respecter. L'hostilité a disparu. La complicité l'a replacé. Puis la tendresse. Et l'amour. C'est la seule chose qui a duré entre eux. Car l'argent s'est fait plus rare. La nourriture, aussi. La confiance, n'en parlons même pas. Ils ne l'offraient plus à personne. Ils avaient été trop déçus.

Et puis Shaka est tombé malade. Ça devait arriver. C'était obligé. Il devait rester à la maison. Chez eux. Et Shura s'est retrouvé tout seul. Sans personne pour l'arrêter quand il allait trop loin. Car, oui, il allait trop loin. Il frappait. Il tuait. Avec ce couteau qu'il gardait dans sa poche. Il se haïssait. Il n'était déjà pas beau, avec son œil en moins. Mais avec cette terreur qui lui bouffait le cœur, cette peur qu'on fasse du mal à son amant… Il se savait répugnant.

I fear who I am becoming
I fear that I'm loosing the beauty within
I can no longer restrain me
My strength it is fading

Il n'a jamais pu s'en débarrasser. Il n'a jamais réussi à la faire taire. Ça fait longtemps, maintenant, qu'elle reste tapie dans son cœur. Quand il sort, elle chuchote. Quand il marche, elle murmure. Quand il rentre, elle susurre. Shaka est toujours en danger. Depuis maintenant six mois. Sans doute plus. Il ne comptait plus. Virus sur virus. Shura travaille pour deux. Il angoisse pour deux. Il essaie de faire oublier à Shaka dans qu'elle merde ils vivent. Mais le blond n'est pas dupe. Il le sait, lui aussi. Il stresse toute la journée jusqu'à ce qu'il rentre.

Plus d'une fois, on a essayé de le lui retirer. Shura est un dur. Shaka est son point faible. Alors on essaie de l'éliminer, en utilisant son amant. Personne ne s'en sort. Dans sa rage, l'espagnol les tue tous. Son cœur meurt, peu à peu. Il est contaminé par sa peur, qui devient de la fureur, qui fait de lui un tueur.

Shura avait honte. Honte de ce qu'il était. Shaka avait honte de lui-même. Car il ne pouvait aider l'homme qu'il aimait. Il savait que c'était à cause de lui que Shura avait perdu son œil. C'était une tapette. Il ne méritait que de crever. C'était comme ça. Shaka avait le corps vierge de toute brutalité. Shura avait des cicatrices.

Mais aujourd'hui, c'était fini. C'était la fin. Shura n'en pouvait plus. Shaka non plus, il en pouvait plus. Marre de cette vie de barjes. Marre de cette vie qu'ils n'avaient pas méritée. Ils n'avaient pas besoin de mots. Ils connaissaient les pensées de l'autre. Ils se connaissaient si bien. Ils s'aimaient. Et aujourd'hui, ils allaient mettre fin à leurs souffrances.

Long ago it came to me
And ever since that day
Infected with its rage
But it ends today.

Il parait qu'il faisait beau, aujourd'hui. On prévoyait un beau soleil et très chaud. C'était l'été, après tout, et il n'était guère étonnant de voir des gens se promener en débardeur avec des tongs au pieds. C'était une belle journée. Mais alors, pourquoi le ciel leur semblait-il si gris ?

C'était sans doute à cause de la mort qui approchait. Shura était un tueur. Et aujourd'hui, il allait tuer celui qu'il aimait. Il l'avait protégé des autres et de lui-même. Quand il ne supportait plus la pression, Shura avait résisté à son envie d'en finir. Il avait perdu toute beauté intérieure. Il avait trop de sang sur les mains. Et trop d'envie d'en rajouter.

Maintenant, il n'avait plus de force. Il n'arrivait plus à se battre. Son combat était fini. Il avait perdu la guerre. Et Shaka avec lui. Il le serrait fort dans ses bras. Il l'embrassait dans le cou. Il emprisonna ses lèvres, lui transmettant tout l'amour qu'il ressentait pour lui. Le blond lui répondait avec ardeur. Le virus pourrait se transmettre. Shura pourrait tomber malade. Mais qu'importe. Il l'était déjà.

Ils capitulaient.

It's the fear
Fear of the dark is growing inside of me
That one day will come to life
(to save what I loved) there is no escape
Because my fate is horror an doom

Shura repoussa Shaka et se leva. Puis, il le prit dans ses bras. C'est alors qu'on frappa à la porte. Ils n'ouvrirent pas. Ils n'ouvraient jamais. On ne sait jamais sur qui on peut tomber. Mais la porte s'ouvrit. Shaka fut posé sur le canapé, alors que Shura avait sa main dans sa poche, tenant son couteau. Mais il ne le sortit pas. C'est les larmes qui sortirent de ses yeux.

Aldébaran était là. Il les regardait avec bonheur, un grand sourire sur les lèvres. Aphrodite et Masque de Mort étaient là, eux aussi. Ils souriaient tous les deux. Shaka éclata en sanglots, alors que le suédois courait vers lui pour le serrer dans ses bras. Shura se réfugia vers Masque de Mort, qui le réconforta, lui caressant le dos d'un geste amical.

Le cauchemar était fini. La peur avec lui.


Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !