Closer To The Edge - 30 Seconds To Mars (598 mots)
Dédicace à belmene (sur Au Dela Des Étoiles), qui m'a proposé ce titre
-Lorsque je me suis réveillé, j'étais debout, sur le balcon le plus haut de la cité. Je tenais la rambarde tellement fort que mes mains saignaient. Le soleil m'aveuglait, et tout ce que je savais, c'était que je ne devais en aucun cas lâcher cette rambarde. Parce que j'avais les deux pieds de l'autre côté et que je pouvais tomber à tout moment. Par chance, il n'y avait aucun vent. C'était le calme plat. J'entendais à peine le bruit des vagues s'écraser sur les docks. Pour la première fois de ma vie, la peur me tenaillait les entrailles. Je n'avais aucun souvenir, aucune idée de comment j'avais pu arriver là. Et surtout pourquoi. J'étais paralysé d'effroi. Je fixais l'horizon pour ne pas regarder en bas. J'ai respiré profondément et malgré la douleur lancinante qui habitait mes paumes, j'ai resserré ma prise sur la rambarde et je me suis retourné. Lentement, j'ai passé une jambe, puis une autre. Je me suis écroulé sur le balcon et je me suis recroquevillé sur moi-même. Je tremblais de tout mes membres et des larmes se sont misent à couler sur mes joues. Je ne pouvais plus contrôler mon corps. Par miracle, la seule chose que je réussis à faire, c'est porter ma main à mon oreillette pour demander de l'aide.
-Est-ce que vous vous rappelez que la personne à qui vous avez appelé à l'aide était le Dr Beckett?, demanda Heightmeyer.
-Oui. Et c'est là que je me suis demandé ce qui n'allait pas chez moi. Six mois après son départ, j'avais enfin surmonté le deuil. Mais maintenant... c'est dur, vous savez!
-Pour ce qui est de vous être réveillé sur ce balcon, nous devons travailler plus profondément là-dessus, mais vous subissiez un traumatisme, c'était tout à fait normal qu'un autre traumatisme vous rattrapent.
-Écoutez, je ne connais pas très bien le Dr Keller, elle semble toujours en arrière-plan, elle semble nerveuse et n'inspire pas confiance. Carson était un ami, je me sentais à l'aise avec lui. Il était un des seul de cette cité à qui je pouvais me confier et avec qui je pouvais passer de bon moments.
-Le Docteur Keller essaie encore de s'adapter. Et perdre un être cher est toujours difficile, Evan! Encore plus lorsque...
-Je le sais plus que quiconque. Mais ce qui s'est produit cette nuit... Je ne pouvais pas être plus près du précipice.
J'expire difficilement. Une douleur dans ma poitrine m'empêche de respirer.
-Major?, s'inquiéta-t-elle, lorsque ma main se presse contre mon cœur.
J'ouvre la bouche, mais aucun son n'en sort. Je me crispe en deux, la douleur devient insupportable et je n'ai plus de souffle.
-Evan!, répète-t-elle, effrayée.
Je perd connaissance alors que Kate appelle les secours. Je fais des rêves vraiment étranges. Comme si ce n'était pas les miens. Je m'y sens étranger. Je suis debout, devant ce caisson de stase vide, ne sachant ce que je fais là. Rodney me rejoins et m'annonce qu'IL va mieux. Qu'IL est maintenant là où IL doit être. Là où IL aurait dû être dès le début. Une larme coule sur ma joue, froide et amer. Nous n'avons pas réussis à LE sauver. Mon cœur cesse sa course. Je n'ai plus aucune raison de me battre.
Je me réveille brusquement, les palpitations de mon cœur dépassent maintenant l'entendement. Des voix parviennent à mes oreilles, mais une seule d'entre elle se fraye un chemin jusqu'à mon cerveau. Et c'est à ce moment-là que je crois que je suis mort.
-Ça va aller, Major! Je vais m'occuper de vous!, me dit la voix rassurante du Docteur Carson Beckett.
