Après cette fascinante révélation, l'inspecteur Renardier ordonne à Laure de le suivre jusqu'au bureau du major Chevalier, supérieur et ami du premier. Docile, la jeune femme le suit en silence et ensemble, ils atteignent le cinquième étage de l'immense bâtisse. Elle parcourt rapidement le long du couloir menant à la lourde porte du major. Le vieux Renardier frappe avec assurance à la porte et attend l'autorisation d'entrer. Sitôt que la voix venant du bureau se fait entendre, l'inspecteur fait son entrée dans l'immense salle. Plus timide, Laure lui emboite le pas et se perd dans l'étude de cette fabuleuse pièce.

La pièce semble fonctionnelle décorée sobrement d'un bureau de bois brut faisant face à deux imposantes armoires assorties. Une fenêtre placée derrière le siège principal et deux autres sur le côté de la pièce fournissent une agréable lumière naturelle qui se réfléchit à merveille sur le tissu gris clair du grand tapis.

Assis au bureau, un grand homme brun aux yeux noirs et à la barbe bien fournie, fixe les deux arrivants de son regard sévère. Le major Chevalier semble légèrement plus âgé que son collègue mais débordant tout de même d'une vitalité impressionnante. Etonné par la présence de laure aux côtés de son ami et collègue, le major les invite quand même à s'asseoir dans une fausse impression d'indifférence. C'est également lui qui prend la décision de débuter la prochaine conversation.

Jacques, que viens-tu faire ici ? Tu rencontres des difficultés avec les interrogatoires des étrangers ?

Je viens justement pour te parler de cela. Nous avons par hasard découvert que notre très chère secrétaire parle couramment leur dialecte.

Formidable ! Qu'attendez-vous pour les interroger ?

Je venais te demander l'autorisation car ce n'est pas dans la fiche de poste donc il me faut une dérogation écrite pour la mettre en présence des prisonniers. Tu sais ce que c'est les assurances et leur habitude à ne pas prendre en compte les accidents non liés à la fiche de poste.

Je vois, je te fais parvenir par mail dans l'heure à condition que Laure accepte ce travail.

Je l'accepte Monsieur, répond Laure fermement.

Le major tapote alors sur son ordinateur et après quelques minutes, il prévient ses deux visiteurs qu'ils ont son aval pour les interrogatoires. Les deux concernés remercient le major avant de se retirer rapidement.

En silence, Laure et l'inspecteur retournent à leur bureau afin de définir une stratégie ayant pour seule finalité d'obtenir les précieuses informations concernant leur présence ici. Après une longue heure, les deux s'accordent sur la nécessité de laisser les inconnus réagir à la présence de Laure, vu qu'ils savent qu'elle les comprend.

L'inspecteur Renardier fait remarquer à Laur que l'heure de l'élocution publique est arrivée. Laure se raidit mais acquiesce et précède le rouquin en direction du rez-de-chaussée. Rendue à l'étage souhaité, la jeune bureaucrate prend réellement la pleine mesure de sa tâche.

L'inspecteur lisse sa cravate noire avant de sortir sur le parvis. Là, une dizaine de journalistes attendent, plus ou moins patiemment, le discours du fonctionnaire.

« Priorité au direct ! Cassandra est avec le policier en charge de l'affaire sur les inconnus du palais présidentiel.

Inspecteur, avez-vous eu les noms de ces individus ?

Comme je l'ai indiqué pendant mon discours, seuls deux inconnus nous ont révélé leurs noms et nous avons enfin trouvé un interprète, ce qui rendra notre travail beaucoup plus simple.

Cet interprète est un officier ou un citoyen lambda de notre république ?

Il s'agit d'une de nos secrétaires et je le rappelle même les officiers sont des citoyens de ce pays. Si vous me permettez je dois retourner au travail.

Bien sûr ! C'était Cassandra Lomier sur TV Life.

Merci Cassandra. En résumé, une secrétaire du Quai des Orfèvres doit rencontrer les étrangers dans les prochaines minutes. Une autre élocution est très attendue… »

Laure, qui vient de voir la scène par le biais de la télé présente dans le hall, ne peut s'empêcher de stresser. L'inspecteur Renardier l'a rejointe et lui désigne les salles d'interrogatoires.

Avant d'entrer dans une des salles l'inspecteur lui donne les dernières recommandations :

Rappelle-toi que tu peux sortir à tout moment. Prends ton temps pour bien traduire et n'hésite pas à leur demander des précisions. Je vais te laisser avec eux, je serais derrière la vitre sans teint afin qu'ils soient plus détendus. Je te parlerais à travers cette oreillette. Tu commenceras par le duo que j'ai vu en premier.

Que dois-je leur demander ?

Pour le moment, juste leurs noms et les liens qui les unissent. Je te dirai le reste par le biais de l'oreillette.

Bien d'accord.

Laure entre dans la salle, son cœur bat une mesure étrangement rapide. Pour commencer, la jeune femme détaille les deux personnes présentes. La femme est brune et possède un regard vert hypnotisant, elle est élancée et dépasse Laure de plusieurs centimètres. Enfin son regard passe sur l'homme, il est immense ses longs cheveux blonds entourent un visage androgyne au regard perforant. Ses iris argentés se posent sur Laure, celle-ci détoure le regard brusquement et prend la parole.

Mae Govannen, je m'appelle Laure, je suis votre contact ici. Comment vous appelez-vous ?

Je m'appelle Tressalia et voici Raëlios.

Que faites-vous ici ? Qui sont les autres ?

Nous sommes arrivés par hasard ici et nous sommes perdus depuis. Les autres sont nos amis. Où sont-ils ?

Dans une salle à côté, ils attendent que je les rencontre également.

Ne leur faîtes pas de mal !

Je ne leur ferai rien je vous le jure. Je dois juste comprendre ce que vous faites dans notre monde.

Honnêtement, nous n'en savons rien. Nous sommes arrivés ici par le biais d'une lueur verte qui est apparue au sein de notre royaume.

D'où venez-vous ?

Nous venons du Rhovanion en forêt noire sous le gouvernement du roi…

Tressalia ! Je ne crois pas que nous devrions tout lui dire. Ce n'est guère prudent !

En effet, pardonne-moi Raëlios, je ne voulais pas trop en dire.

Ce n'est rien, j'en ai assez entendu. Vous êtes ensemble ? Vous avez l'air très proche.

Vous n'êtes pas obligée de répondre, chère Tressalia.

Raëlios ! Cependant, je confirme que c'est une question indiscrète.

Je m'en excuse mais vous allez bien ensemble ce qui m'a interpellé. Je vais aller voir les autres et mon supérieur avisera ensuite.

Laure sort de la pièce et rejoint le lieutenant Renardier afin de lui expliquer ce qu'elle a appris au cours de cet interrogatoire. Fascinée par ces êtres étranges, elle leur lance un dernier regard par la vitre sans teint avant de suivre son supérieur dans le deuxième box.

Arrivée dans la deuxième salle d'audition, Laure rencontre un autre duo beaucoup moins bien assorti. Une belle elfe blonde aux yeux couleur feuilles et à la taille extrêmement marquée par la ceinture de cuir que la jeune femme porte. Ses vêtements ressemblent à une tenue militaire, chaque partie de son accoutrement semblent destinés à faciliter ses mouvements. A ses côtés se trouve un homme exceptionnellement grand à la chevelure légèrement plus foncé que sa camarade. Ses yeux argentés rappellent à s'y méprendre à l'autre homme : Raëlios.

Laure s'avance au milieu de la pièce et reprend ses questions en essayant de déterminer si ces interlocuteurs sont sincères ou non. C'est ainsi quelle put confirmer la version des deux premiers étrangers. Elle put également connaître les noms de ces mystérieuses personnes : Caseyliëssa pour la femme et Riliam pour l'homme. Forte de sa première discussion avec les autres, elle n'essaya pas de leur demander leur lien pour ne pas les brusquer.

Laure répète ce que les inconnus lui ont dit et se prépare à rencontrer le prochain groupe. D'après le commissaire, ce sont les plus agressifs du lot, c'est pourquoi ils ont été attachés par des menottes.

Laure entre prudemment dans la troisième salle. Face à elle, se trouve trois êtres d'une beauté glaciale. Dans le local, se trouve une femme rousse aux yeux bleus foncés. Plus grande que les autres filles, elle est très intimidante. A sa gauche, se trouve un homme aux cheveux sombres et aux yeux noisette. La présence d'une armure faite d'or, confirme la présence de guerriers dans les rangs étrangers. Enfin, à l'extrême droite du soldat, se trouve un homme aux cheveux dorés et aux yeux de glace. D'un seul coup, Laure ne se sent plus aussi sûre d'elle qu'auparavant. Les trois semblent méfiants et Laure décidé d'engager la conversation en se présentant.

Mae Govannen, je m'appelle Laure, nous nous sommes rapidement croisés pendant votre séjour en cellule. Je suis ici afin de connaitre vos noms et la raison de votre présence ici.

Un long silence suivit la déclaration de la jeune femme. Aucun des êtres présents dans la pièce ne semblent vouloir entrer en contact avec elle, ce qui la rend nerveuse. Elle fait semblant de se diriger vers la porte quand brusquement une voix grave et chaude retentit derrière la belle traductrice.

Laure se retourner soudainement et tente de deviner à qui appartient la voix qui s'est élevée. Alors que la secrétaire tente de poser la question, le blond reprend la parole :

Je me nomme Thranduil, je ne sais pas pourquoi nous sommes arrivés ici et nous n'avons aucunement l'intention de vous nuire. Voici Lilith et Venedil.

Mae Govannen

Mae Govannen

Je vais en parler à mes supérieurs afin que l'on vous trouve un moyen de rentrer chez vous.

Laure sort de la pièce et se fige. Le nom de Thranduil résonne et elle se rappelle que ce nom est connu comme étant celui d'un elfe dans le film « The Hobbit ». Elle entre dans le bureau sans teint et explique tout ce qui vient de se passer en omettant la présence du roi Thranduil de Vert-Bois. Elle ne veut pas créer un mouvement de panique.

La journée se termine par la rédaction des rapports concernant les audiences des elfes. Finalement, Laure prend le chemin du retour sans prendre en compte les journalistes qui la presse de questions.

….. The END of the chapter ….