Hello guys x)
Voici le chapitre 3, bonne lecture ! (Et merci à la review anonyme :3)

~ Highway To Hell ~

# Chapitre 3 #

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH ! »

Le cri de Maxine résonnait tout autour de la pièce, glaçait le sang de Chloe, et s'étranglait dans des sanglots horrifiants. C'était un cri de douleur, que l'on arrachait à son âme, et Chloe fut dans l'obligation, au bout du troisième, de se boucher les oreilles. De grosses larmes inondaient ses joues, elle tournait en rond et priait silencieusement pour sortir de ce cauchemar...

Désespérée, elle se mit à chercher la moindre petite sortie dans la pièce sombre, le moindre indice ou une arme quelconque qui lui permettrait de se défendre quand elle en aurait besoin. Elle dénicha alors un gros bout de métal contondant dans un coin et grimpa sur des caisses en bois. Sa vue s'étant habituée à l'obscurité, elle aperçut une petite fenêtre en haut d'un mur et put distinguer la pluie qui tombait au dehors. La fenêtre était au niveau du sol, elle se trouvait bien dans une cave...
Inlassablement, elle répétait, d'une voix basse, le nom de Maxine, lui jurant silencieusement qu'elle la sortirait de là. C'est cette conviction qui lui permit de briser la vitre, la fureur et un instinct de survie insoupçonné.

Elle se glissa à l'extérieur en rampant, s'écorcha un genou au passage, et se retrouva sous la pluie en sous-vêtements. La nuit tombait, elle se demanda vaguement combien de temps elle était restée inconsciente dans ce sous-sol et se mit à longer le mur de la maison. Ses pieds nus s'enfonçaient dans la boue, le sang de son genou coulait le long de sa jambe, et elle se mit à claquer des dents.

« Max... » murmura-t-elle. « Où es-tu... ? »

Elle repensa au réceptionniste, à leur repas en compagnie des deux hommes, et jura entre ses dents, serrant ses doigts autour de son arme de fortune.

« Sales psychopathes, » grogna-t-elle.

Le ciel était d'un noir d'encre mais les lumières à l'intérieur de la demeure lui permettaient de voir où elle mettait les pieds. Ses repères dans l'espace en avaient pris un coup, tant et si bien qu'elle pensa pendant un moment qu'elle se trouvait dans un endroit différent de la veille, et elle mit du temps avant de trouver l'entrée. La porte était fermée, il n'y avait aucun signe de vie à l'extérieur mais la pluie tombant sur les toits de carcasses de voiture faisait un bruit terrible.
Elle se cacha plusieurs secondes, tremblotant, frigorifiée, et réfléchit à un moyen d'entrer sans se faire voir. Les cris de son amie s'étaient taris, elle pria pour qu'elle soit encore en vie et se mit à envisager le pire ; elle s'imagina fuir seule dans la nuit, mourir sur le bord de la route sans qu'aucune voiture ne passe et se maudit d'avoir eu l'idée de faire cette foutue virée. Les propos de Max, la veille, lui revinrent en mémoire, puis leur étreinte... et elle se redressa, bien décidée à au moins vérifier si elle pouvait encore la sauver.
C'était étrange cet instinct de survie, cette fureur, qui la maintenait sur pieds ; elle était sûre que si elle se laissait aller, elle s'écroulerait. Et c'était presque jouissif de découvrir ce courage vibrant dans ses entrailles, cet amour pour son amie qui semblait plus fort que ce qu'elle n'aurait cru en temps normal...

Se faisant la plus invisible possible, Chloe lança un regard par une fenêtre et reconnut aussitôt le salon avec les animaux empaillés. Le chien était couché dans sa cage, semblant détaché de la situation, et elle frémit en percevant du mouvement du coin de l'œil. Son cœur se serra alors en découvrant Maxine, attachée à une chaise, le visage et le corps recouverts de sang. Ses yeux étaient clos, elle ne portait qu'une nuisette et une corde lui barrait le ventre.

« Oh Max.. » gémit Chloe en se plaquant une main sur la bouche, et un frisson désagréable la secoua. Une haine indescriptible se propagea dans ses veines et elle serra les dents à la vue de Neil, le réceptionniste, qui revenait tranquillement vers son amie en faisant tourner un couteau dans ses mains. Il avait un petit sourire satisfait aux lèvres, un petit sourire qu'elle comptait bien effacer. Pourtant, dans sa tête, tout se bloquait. La colère la fit trembler quand elle vit ce salopard passer le couteau sous la gorge de Max ; Max qui ne réagissait plus. Mais au moins, elle savait qu'elle était en vie, à moins que ce sale con aimait jouer avec les cadavres, ce qui ne l'étonnerait plus maintenant.

La pluie se calma autour de la bâtisse et c'est ce moment que choisit Chloe pour agir. Elle se dirigea tout droit vers un véhicule, le seul en bon état – et probablement celui du psychopathe -, en ignorant le froid qui risquait, d'un instant à l'autre, de la plonger en hypothermie. Là, elle tenta d'ouvrir la portière, sans succès, puis, à l'aide de son arme, brisa la vitre côté passager. Les quelques coups suffirent à déclencher une alarme tonitruante qui résonna dans la nuit et elle courut se mettre à l'abri derrière un camion, glissant au passage dans la boue, la respiration haletante.

Sa vue se troubla, elle manquait de force, et elle secoua la tête, tentant de ne pas penser à son ventre vide ni à l'envie irrésistible qu'elle avait de s'évanouir.

La porte d'entrée s'ouvrit à la volée et Neil en sortit d'un pas vif, jurant entre ses dents, toujours en compagnie de son couteau. Puis, tandis que l'homme découvrait les dégâts, la jeune fille se dirigea furtivement vers la porte entrouverte et se glissa à l'intérieur tel un fantôme. Le chien s'était réveillé et aboyait à tout-va depuis sa cage.

Elle frotta ses pieds plein de boue sur le paillasson avant de pénétrer dans le salon sans un bruit, surveillant ses arrières, bloquant son souffle et écoutant son cœur marteler sa poitrine comme s'il voulait en sortir. Elle sursauta quand le chien se mit à grogner et à lui aboyer dessus, ça lui fit une petite douleur dans la poitrine tellement la peur fut grande. Elle vérifia vite fait, à vue d'œil, si l'animal était bien enfermé ; elle tenait à garder ses mollets intacts.

Ses cheveux bleus gouttaient sur le parquet, collaient à ses joues, son arme tremblait dans sa main droite, alors qu'elle se dirigeait lentement vers son amie, priant Dieu pour qu'elle soit encore en vie. Elle n'était pas du tout croyante mais le désespoir qui lui serrait la gorge bousculait toutes ses convictions.

« Putain, ferme-la Jayson ! »

Cette voix l'obligea à se baisser et, les yeux écarquillés, elle se rendit compte de la présence de Paul qui lui tournait le dos dans un fauteuil. Il regardait la télé et elle s'insurgea de ne pas s'en être aperçue plus tôt, remerciant sa bonne fée la chance.

Les doigts serrés autour du bout de métal, elle continua son petit bout de chemin, rampant presque, et parvint enfin aux pieds de son amie.

« Max, » murmura-t-elle, le plus bas possible. « Max, réveille-toi. »

La jeune fille ne fit pas un seul mouvement, ni à la caresse sur son visage, ni à la main qui lui secoua doucement le genou. Chloe grimaça à la vue du sang maculant sa peau à plusieurs endroits et décolla, de façon presque maternelle, une mèche de cheveu de son front. Heureusement, elle sentit son souffle et put au moins se rassurer ; il restait une chance de survie malgré tout.

« Max... »

Elle découvrit les plaies autour de sa gorge, sur sa poitrine et autour des bras, et sa fureur s'intensifia.

« Je vais te sortir de là. » dit-elle d'une voix tremblante.

Et elle commença à détacher ses liens, le grondement du chien et les crépitements de la télé en fond sonore, avant d'être interrompue par le cri rageur de Neil qui claqua la porte d'entrée.

Chloe abandonna son sauvetage pour filer à toute vitesse se cacher derrière un grand buffet.

« PAUL ! » hurla le réceptionniste. « L'autre fille s'est enfuie ! »

L'interpellé leva la tête derrière son fauteuil.

« La fenêtre du sous-sol est brisée et elle a sûrement voulu voler la voiture, » continua-t-il, rageant. « La garce ! »

Paul soupira. « Putain de merde, Neil, je t'avais dit de l'attacher ! C'est toujours pareil, il faut que t'en fasses trop ! Tu voulais compliquer les choses, ben voilà ! Maintenant, démerde-toi tout seul ! »

« Ta gueule, » répliqua Neil, faisant de grands gestes au milieu de la pièce. « J'ai fait le tour de la maison, j'l'ai pas vue. Tu pourrais peut-être aller faire un tour en voiture, elle s'est peut-être enfuie sur la route, et moi je vais chercher ici ! »

« Parce que tu crois que dans son état, sous la pluie, elle peut s'en sortir ? » grommela Paul en se levant pourtant. « Sers-toi du chien, il a bon flair. »

Chloe avait profité de leur dispute pour se réfugier à l'étage, comme un animal traqué, et choisit une chambre pour se planquer sous le lit. Elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer, une voiture démarrer, et toujours son cœur qui cognait comme un forcené, gardant son esprit à l'affût, ses sens en éveil.

Jayson sortit de sa cage sans se faire prier et commença à pister la jeune fille en reniflant par terre, c'est là que Neil remarqua les traces de boue sur le sol. Un sourire machiavélique se dessina sur ses lèvres quand il comprit que la fille était ici... et qu'il l'aurait pour lui tout seul. Le jeu allait être intéressant si son frère n'était pas dans les parages.

« Hé, Chloe, » appela-t-il, amusé. « Montre-toi, ou je demande à Jayson de te mettre en pièces. Il aime la chair fraîche, il y a déjà goûté ! »

Il se pencha ensuite vers son chien. « Allez, cherche ! »

Le molosse se lança à la poursuite de la fugitive et celle-ci se figea en l'entendant monter les escaliers à la vitesse d'un boulet de canon. Son cerveau déjà en surchauffe mit quelques secondes avant de prendre une décision et elle se glissa hors de sa cachette pour aller s'enfermer dans une penderie. C'est quand elle referma la porte que le chien surgit à l'intérieur de la pièce et son cœur rata un battement quand il se mit à gratter au montant de la porte en grognant.

Son arme toujours serrée dans sa main, elle glapit en s'enfonçant dans une mare de draps, ne pouvant retenir ses jambes flageolantes, et entendit son malfaiteur se rapprocher.

« Tu l'as trouvée, Jayson ? Bon chien ! »

Il ouvrit la penderie pour découvrir Chloe, à moitié vautrée sur des draps, tremblant de tout son corps, et se mit à rire avant de lui empoigner le bras pour la redresser.

« Tu voulais jouer à la plus maligne ? Tu n'es même pas capable de tenir debout ! »
La jeune fille ne sut pas de qui elle avait le plus peur ; ce stéréotype de psychopathe un peu trop sûr de lui ou ce monstre qui bavait en montrant les crocs comme une bête enragée. Si elle tentait de faire quoique ce soit, elle était sûre qu'il lui sauterait à la gorge, donc elle se laissa entraîner, malgré elle, par Neil, émettant un soupçon de résistance tout en tentant de ne pas tomber dans les pommes tellement la terreur la coupait en deux.

« Non, non... s'il vous plaît... » geignit-elle quand il la fit descendre les escaliers.

Ses pieds s'entremêlèrent plusieurs fois dans les marches, elle se foula une cheville, mais Neil s'en fichait, il la tirait comme on tire une marchandise. Et il s'esclaffait en parvenant au salon :

« Tu es tenace... ou inconsciente pour revenir et tenter de sauver ton amie ! Tu aurais peut-être survécu si tu avais filé directement. »

Chloe laissa les mots du réceptionniste se répercuter dans son esprit et une boule atroce lui serra l'estomac quand elle songea qu'il avait raison. Mais, elle ne pouvait pas l'abandonner...

Ses yeux firent le tour de la pièce, se posèrent quelques secondes sur Max – toujours endormie -, et vit Jayson rentrer dans sa cage, comme s'il avait accompli sa mission et s'autorisait une pause.
Alors, avec la force du désespoir, elle donna un coup de pied dans la porte de la cage pour la fermer d'un coup sec – et enfermer le chien – avant de frapper Neil à l'entrejambe. L'homme se courba en avant dans un rugissement, la relâcha sur le coup, et Chloe en profita pour planter la pointe de son arme dans son ventre en grognant comme une démente. Le sang du psychopathe se déversa sur le plancher, Jayson se remit à aboyer, et la jeune fille regarda son bourreau tomber à genoux.

« Sale pute... » grommela-t-il. « Tu vas mourir... »

Il lui adressa un regard empli de haine en appuyant ses deux mains sur sa plaie et Chloe sentit sa propre haine embraser le sang dans ses veines à la vue de cet être abject dépourvu de pitié.

« C'est toi qui vas mourir. » lui dit-elle, alors qu'elle tremblait, avant d'enfoncer son arme dans son cou.
Neil lui sourit juste au moment où elle l'égorgea et ses yeux accrochèrent une dernière fois la lumière, ou une ombre, derrière elle, quelque chose en tout cas qui lui donna une légère impression d'incarner un être humain tout à fait normal.
Puis, quand il s'écroula sur le sol, Chloe se rendit compte qu'elle pleurait. De peur, d'épuisement, ou sûrement car c'était la première fois qu'elle tuait quelqu'un... Le sang recouvrait le parquet et ses pieds et elle glissa dedans avant de s'avancer vers Max. Elle n'entendait plus le chien, elle n'entendait que son cœur, que sa respiration et ses pleurs qu'elle tentait d'étouffer dans sa gorge.

« Max, » brailla-t-elle.

Mais elle n'eut pas le temps d'en dire plus, ni de faire aucun autre mouvement, car quelqu'un la frappa à la tête. Et ce fut le noir total ; Chloe s'effondra sur son amie comme une poupée de chiffon.

A suivre...


En fait, j'ai coupé le chapitre en deux parce qu'il commençait à être trop long je trouve... donc il y aura un chapitre 4 (le dernier cette fois) et j'ai presque fini de l'écrire x)
Review ?