L'ange et le magyar
Chapitre 3
Cuisine et Chemin de Traverse
Voilà le quatrième chapitre de cette fiction. Vraiment désolée pour l'immense retard. Mais j'ai de bonnes nouvelles. J'ai réfléchi au devenir de cette fic et je sais désormais où je vais, j'ai redéfini tout le plan de l'histoire, qui ne devait être qu'un OS à la base. Donc, je suis heureuse de vous dire qu'elle fera en tout 15 chapitres ! :)
Bonne lecture :)
Une fois dans sa chambre, il s'étala de tout son long sur son lit, les bras pendants de chaque côté.
Cinq minutes, cinq petites minutes pour reprendre ses esprits, puis il se lèverait. Cette promenade l'avait épuisé. Pas forcément physiquement, d'ailleurs. Inspirer, expirer. Voilà, ça y était, son cœur reprenait des palpitations normales. Il ne savait pas vraiment pourquoi il s'était mis à battre aussi vite. Peut-être que parler à George et à Tonks l'avait plus secouer qu'il ne l'aurait cru.
Il nota que le plafond de sa chambre ét ait toujours recouvert de fissures. Il y avait au moins des choses qui ne changeaient pas. A droite, dans l'angle, dans les sillons noirs que formaient les fentes de peinture, il était même persuadé avoir deviné la silhouette grossière d'un dragon crachant du feu.
Ses yeux se posèrent sur la petite horloge accrochée au mur, un peu de travers, exactement comme il l'avait vu la dernière fois. Elle indiquait huit heures dix, mais s'il s'en souvenait bien, elle avançait d'une heure et vingt minutes. Il devait être un peu moins de sept heures. Tôt, mais définitivement bien plus tard que ses réveils habituels à la Réserve. Il décida de se lever pour de bon cette fois. Et de descendre à la cuisine aider Molly.
« Charlie ! »
Le cri que Molly Weasley poussa en voyant son fils dû résonner dans tout le Terrier. Charlie sourit devant tant d'enthousiasme. Il connaissait sa mère par cœur, elle en faisait toujours trop. Il s'approcha de ses bras grands ouverts et la serra contre elle.
« Bonjour à toi aussi, maman » dit-il avec un sourire espiègle.
« Bonjour mon chéri » répondit-elle une fois leur étreinte finie, « tu es bien matinal. »
« C'est la Réserve. Je dormirais sûrement plus demain, t'en fais pas. »
Il n'y croyait pas vraiment, des années de réveils aux aurores ne s'oubliaient pas d'un claquement de doigts, mais si ça pouvait rassurer Molly. Cela dû avoir l'effet escompté car elle enchaîna aussitôt :
« Assis-toi, j'ai préparé un copieux petit-déjeuner. Qu'est-ce qui te ferait plaisir ? »
« Je ferais pas mieux d'attendre tout le monde ? Je ne suis pas affamé, tu sais. »
« Taratata, ils déjeuneront quand ils se réveilleront. Si on attendait tout le monde ici, on mangerait à midi passé. Et puis, il faut que tu te nourrisse, Charlie, tu as encore maigri. Alors, chocolat ? Thé ? Café ? »
Il soupira et tira une chaise pour s'asseoir. Il ne gagnerait pas cette bataille-là.
« Du thé, alors, s'il te plaît » lança t-il.
« Pas de soucis, il y a aussi des croissants, et d'autres petites choses, prends ce qui te fait plaisir. »
« C'est bon, je prendrais juste du thé. Je n'ai pas très faim le matin. Du thé sera parfait. »
Il avait développé une véritable addiction au thé, ça le maintenait éveillé durant ses longues heures de garde, la nuit, et le matin, cela le réchauffait du vent glacial de Roumanie qui lui mordait le cou. C'était une amie, Olga, qui l'avait entraîné avec elle dans cette dépendance aux infusions de plantes lors de leurs gardes matinales à la réserve, et depuis, impossible de s'en défaire.
« Je t'ai connu plus gourmand » répliqua Molly, soucieuse, voyant qu'il ne touchait à aucune des pâtisseries.
« T'en fais pas, je me rattrape le midi, répondit Charlie avec un clin d'œil alors qu'elle lui déposait une tasse de thé encore fumante entre les mains. Merci. » ajouta t-il.
Le silence retomba, entrecoupé par le souffle que produisait Charlie pour faire refroidir légèrement son thé. Il avait une fois demandé à Olga pourquoi elle le faisait toujours brûlant, jamais juste comme il faut. Elle avait répondu que cela faisait partie du rituel, de garder ses mains en coupe autour d'une tasse brûlante en soufflant un peu dessus de temps en temps. D'attendre de pouvoir tremper ses lèvres tout en se délectant de l'odeur que la fumée laissait échapper. Il avait d'abord trouvé ça idiot, puis s'était rangé à son idée. L'attente était aussi délicieuse que la dégustation.
Le ramenant au moment présent, Molly reprit la parole.
« Bon, il y a quand même des tartines de confiture, vraiment ne te gênes pas. J'ai à faire à l'étage. Je dois aider Fleur à... enfin, bref, je suis là-haut si besoin est » acheva t-elle rapidement en s'éclipsant.
Charlie regarda sa mère disparaître de la cuisine d'un œil soupçonneux. Elle lui cachait quelque chose. C'était certain.
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C'est avec les cheveux défaits, vaguement tressés sur le côté pour faire illusion, que Gabrielle mit un pied hors de sa chambre. Elle n'avait jamais eu un sens de l'observation très affûté, et ce d'autant plus qu'elle venait d'émerger du lit. Elle choisit de prendre le couloir de droite, et entendit les voix de Molly et de Fleur à travers une des portes. Peut-être pourraient-elles lui indiquer la salle de bains ? Elle entra, et resta interdite devant le spectacle qui s'offrit à elle. Molly et Fleur étaient ensevelies sous des dizaines de ballons, de rubans, de banderoles, de gâteaux, de cadeaux et la pièce qui devait autrefois être une sorte de buanderie semblait être sur le point d'exploser. Et sa sœur et sa belle-tante discutaient tranquillement au milieu de ce capharnaüm.
« Gabrielle ! Tu m'as fait peur ! » s'écria soudain Fleur en se rendant compte de sa présence.
« Salut à toi aussi, bonjour Molly, on peut savoir ce que vous faîtes ? »
« Bonjour Gabrielle ! » répondit Molly avec un grand sourire, « c'est pour l'anniversaire de Charlie. C'était le 12, mais il n'était pas là. Et cela fait trop longtemps que nous n'avons pas pu lui fêter. Alors on a décidé de se rattraper. Ce sera ce soir. Ne lui en parles pas, ma chérie s'il te plaît. »
« Bien sûr, je ne dirai rien. C'est promis. Pouvez-vous m'indiquer la salle de bains ? »
« Deux portes plus loin, à gauche » chuchota Fleur. « Et maintenant file, avant qu'on ne réveille tout le Terrier. »
« Attend ma chérie » l'arrêta Molly alors que Gabrielle avait déjà une main sur la poignée, « quand tu auras fini avec la salle de bains, descends à la cuisine, un petit-déjeuner t'attends, fais-toi plaisir, prends tout ce que tu veux. »
« D'accord, merci beaucoup, Molly. »
« De rien ma chérie. Oh et attends, si Charlie est encore dans la cuisine, dis-lui que j'ai besoin qu'il aille sur le chemin de Traverse m'acheter quelques litres de Repousse-Gnomes. Ça nous permettra de finir tout ça sans craindre qu'il nous surprenne. »
« Je lui dirai. J'irai peut-être avec lui si ça ne vous dérange pas, Fleur m'a beaucoup parlé du Chemin de Traverse et je n'y suis jamais allée. Et puis, je l'occuperai le plus longtemps possible. »
« Ce serait parfait, merci beaucoup »
« Pas de soucis » répondit Gabrielle avant de s'éclipser.
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L'horloge de la cuisine chargée des heures sonna sept coups. Et comme un écho, le bruit de talons claquant contre l'escalier se fit entendre.
Alors que Charlie finissait son thé, le bol masquant à moitié sa figure, la silhouette gracile de Gabrielle fit irruption dans la cuisine. Il faillit s'étouffer. Faillit. Il se ressaisit et reposa son bol vide sur la table d'un geste qu'il voulait assuré.
« Salut, lança t-il. »
Elle lui fit un sourire étrange, qu'il ne parvint pas à interpréter. Elle s'assit en face de lui sans plus de cérémonie.
« Salut, reprit-elle. Molly m'a dit que je te trouverais ici. »
Il lui jeta un regard interrogateur, l'incitant à poursuivre.
« Elle voudrait que tu ailles sur le Chemin de Traverse acheter quelques litres de Repousse-Gnomes. Et, si ça ne te fait rien, j'aimerais venir aussi. Je ne suis jamais allée sur le Chemin de Traverse. »
Elle fut incapable de dire si cela faisait plaisir à Charlie qu'elle l'accompagne. Ou même si cela l'ennuyait. Cela lui faisait apparemment ni chaud ni froid.
« D'accord. A quelle heure veux-tu y aller ? » répondit-il quand même.
« Je grignote et on y va si tu veux. »
Puis jetant un œil vers la table.
« Molly ne m'a pas menti, c'est un vrai petit-déjeuner de roi. T'as pris quoi, toi ? » ajouta t-elle avisant son bol vide.
« Oui, elle en fait toujours trop. Du thé. »
« Juste du thé ? »
« Bah oui. » soupira t-il.
Elle recommençait à l'énerver.
« C'est sûr que si c'est comme ça que tu prends des forces contre tes dragons... »
Il lui décocha un regard noir, mais quand ses yeux rencontrèrent ceux de Gabrielle il comprit qu'elle plaisantait. Les muscles de sa mâchoire se détendirent et il répondit à son sourire espiègle.
« Je vais m'habiller, il neige dehors, tu devrais te couvrir, on est pas en France ici. Je te retrouve devant la porte dans dix minutes. »
Et il la planta là, hébétée, et quelque peu perturbée par son attitude changeante. Une fois seule face à sa tasse de café, elle haussa les épaules. Qu'il ait mauvais caractère si ça lui chantait, elle, elle comptait bien profiter de sa première sortie sur la célèbre allée sorcière londonienne.
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Gabrielle tenait sa main en visière devant ses yeux, comme si elle allait lui servir de loupe pour déchiffrer les noms des enseignes, tout en se hissant sur la pointe des pieds. Repérant sans doute quelque chose d'intéressant, elle se tourna vers lui, le bras tendu vers la foule.
« Weasley ? » l'appela t-elle alors qu'elle avait déjà toute son attention.
« Mmmm... ? »
« On peut entrer chez ce brocanteur, là-bas ? S'il te plait ? »
Il soupira. Le chemin de Traverse regorgeait de monde en cette période de fêtes et il était presque impossible d'y circuler. Ils avaient réussi à se frayer un chemin jusqu'à l'Apothicaire pour se procurer le Repousse-Gnomes pour Molly, mais la voilà maintenant qui l'entraînait dans une course folle à travers le plus de boutiques possible, semblait-il.
« Ouais » lâcha t-il.
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Elle semblait ne vouloir rater aucun objet, il n'y eut pas la moindre balance cassée, le moindre vieux chaudron ou baguette abîmée qui ne retint pas son attention. Elle s'attardait sur tout, posait ses yeux sur tout, et lui, il commençait à en avoir franchement marre. Il se racla discrètement la gorge. Elle était intelligente, elle comprendrait sûrement le message.
La voilà qui louchait d'ailleurs sur sa montre, avant de pousser un petit cri.
« Déjà onze heures et demi ? C'est pas vrai ! J'ai pas vu le temps passer. »
« Ça je te le confirme. » lui lança t-il, railleur.
Elle lui tira la langue. Parfaitement puéril, pensa t-il. Même s'il ne put s'empêcher de sourire.
« C'est juste que j'aime bien les vieux objets. » lâcha t-elle en le regardant, de nouveau sérieuse.
Il s'empêcha mentalement d'y voir un message subliminal. Il se trouvait pathétique. Il secoua la tête pour chasser ses pensées ridicules.
« Bon, on y va ? »
Elle lui lança alors un regard espiègle, et il se méfia immédiatement. Mais elle reprenait déjà :
« Tu sais, j'aimerais bien prendre une glace là, chez Fortarôme. Tu sais qu'il est réputé dans toute l'Europe ? J'en rêve depuis que je suis gamine. Juste une glace, et on retourne au Terrier, promis. Tu veux bien ? »
Elle se tenait là, devant lui, les yeux suppliants presque. Alors, telle une enfant à qui l'on n'oserait pas dire non, malgré une requête rocambolesque - une glace en plein hiver, non mais quelle idée ! - il se vit hausser les épaules, et s'entendit dire :
« Est-ce que quelqu'un t'as déjà refusé quelque chose alors que tu faisais ces yeux-là ? »
Elle éclata de rire et lui attrapa le bras pour l'entraîner vers le glacier.
« Je t'avoues que non. »
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Voilà ! N'hésitez pas à me faire part de vos impressions :) Bisous et à bientôt !
