Chapitre 3 :

Lorsque le détective se réveilla, le soleil était en train de se lever mais le médecin était déjà parti au travail. Il se souvint des événements de la veille et sourit : il avait fait une grande découverte sur John, et il adorait cette facette. John s'était révélé adorable, caressant et cela lui avait vraiment plu. Lui qui n'aimait pas les contacts avait apprécié de toucher et de rester avec un gros chat qui aurai pu sans problème lui arracher une main avec ses crocs. Un gros chat nommé John, certes, mais un gros chat quand même.

Il se leva donc et retourna dans le salon, trouvant l'ordinateur de son colocataire posé sur la table. Il l'alluma sans hésiter et ouvrit une page de recherche « félins de grande taille ». A quelle espèce appartenait John ?

Devant toute les races de grand fauves possibles, il haussa les sourcils : jamais il n'aurait cru qu'il en existait autant. Bon... John avait des tâches. Donc le tigre était exclus, non ?

De son côté, le docteur Watson était en forme : cette nuit avait été l'une des plus agréables qu'il avait passé depuis son arrivée à Baker Street. Pas de violon, pas d'expérience loufoque, pas d'appel de Lestrade, tout avait été parfait. Sauf le fait que Sherlock l'ait découvert. C'était un secret qu'il voulait à tout prix garder. Bon sang ! Son colocataire n'avait vraiment pas besoin de le savoir : cela allait rendre sa vie encore plus compliquée ! Et il allait certainement devoir quitter Baker Sreet à cause de çà : jamais il ne supporterait de regards remplis de peur comme avaient vécus des amis à lui et camarades de front.

La plupart d'entre eux avaient fini par vivre seuls ou ensemble, se réconfortant l'un l'autre car ils avaient tous ce même point commun : ils connaissaient les secrets de la thérianthropie, ce qui leur donnait la capacité de se changer en n'importe quel animal. Ces secrets étaient des dons, mais aussi des malédictions, car ils devenaient différents de part cette capacité et ils devaient se transformer régulièrement pour ne pas que ce don ne se retourne contre eux. Les gens normaux ne supportaient pas cette différence et les rejetaient dès qu'il découvraient le pot aux roses. Ainsi, ils étaient plusieurs à s'être réfugié dans un laboratoire peu connu de Londres. John y venait régulièrement pour voir ses camarades, et ceux-ci lui demandaient toujours en riant quand allait-il les rejoindre. Il leur disait toujours : « Quand mon colocataire ne voudra plus de moi. » Et ils se mettaient à rire de plus belle, s'amusant comme des fous entre les murs de béton qui composaient ce bâtiment. Parfois, ils sortaient et se baladaient tout simplement dans les rues de la capitale, cherchaient des endroits inhabités et s'y entraînaient durement, gardant leur forme de militaire. Ils avaient tous le combat dans le sang. Et certains plus que d'autres.

Le médecin finit par se secouer et à se remettre au travail : pas le temps de penser, il irait les voir ce soir, après le boulot. En attendant, il se consacra à ses patients.

Le soir, comme prévu, il retrouva ses amis dans un lieu désaffecté, un grand sourire aux lèvres. Tous étaient déjà transformés, alors son sourire s'élargit et il se détendit pour relâcher son pouvoir et changer de forme également.

Au milieu de leurs exercices, aucun ne fit attention au portable du médecin qui vibra plus d'une fois. Chaque fois prévenant de l'arrivée d'un même message : « Rentre. SH ».

« Johnny, il y a quelqu'un qui t'attend chez toi, aboya un grand chien de berger noir, couché sur ses pattes le temps d'une pause.

-Et en quoi ce quelqu'un serait-il en train de m'attendre ? Siffla John en envoyant un adversaire au tapis. Je suis inutile avec lui. Je dois avoir le même rôle qu'un chien et encore : le chien on y prête attention et on en prend soin.

-... »

Les autres ne répondirent pas, sachant de quoi il parlait : il leur avait raconté sa vie avec Sherlock, surtout les périodes de pause durant lesquelles le détective pouvait être un sacré connard. Car c'était les moments les plus difficiles à supporter pour John. Ces jour-là, il se défoulait littéralement, terrassant ses adversaires sans aucune pitié, au point qu'il fallait parfois le retenir pour éviter des drames. Mais bon, chacun avait ses mauvais jours, et il ne faisait pas partie des pires.

Néanmoins, il consentit à retourner à l'appartement, prêt à affronter son destin, malgré les encouragements de ses camarades. Au pire, il pourrait toujours loger au laboratoire, avec eux, et comme eux.

Madame Hudson fut particulièrement soulagée de le revoir, inquiète de son absence plutôt inhabituelle. Il la rassura en disant qu'il avait été simplement appelé pour des urgences, et qu'ensuite il avait reçu une invitation de la part d'amis qu'il n'avait pas vu depuis quelques temps. Cette version des faits la rassura mais elle préféra le prévenir que Sherlock semblait plutôt être de mauvaise humeur ce soir, ce qui ne le surprit guère : il n'avait pas d'enquête à résoudre. Il entra donc courageusement et fut surpris de voir son colocataire... soulagé de le revoir ? Pas de peur dans les yeux ? Pas de dégoût ? Pas de haine ? Juste du soulagement ? Okay... Où était cachée la caméra ?

Il n' eut pas de mot échangé ce soir-là, John ayant pris la tangente dans sa chambre presque immédiatement.

Une semaine se passa ainsi, les échanges verbaux ne se contentant qu'au stricte nécessaire et l'un évitant le plus possible la présence de l'autre. Jusqu'à ce jour où Sherlock reçu un message de Moriarty : un rendez-vous dans une usine désaffectée. Comme d'habitude quoi. Un véritable guet-apens. Mais dont le détective décida d'y plonger tête la première. Sentant le danger, le blond avait d'abord tenté de le dissuader d'y aller. Sans succès. Comprenant alors que c'était peine perdue, il préféra s'isoler dans sa chambre et moins de cinq minutes plus tard, alors que son colocataire était en train d'enfiler son long manteau, ce dernier ne sentit pas l'insecte volant qui s'était accroché au bas du vêtement, pour remonter vers le pantalon et la chemise.

Le petit animal réussit à trouver la manche droite du manteau avant que le porteur ne s'assoie dans le taxi et s'y engouffra sans hésiter : pas question de se faire écraser ! Il n'osa plus bouger de peur de se faire repérer : il aurait l'air malin sous la forme d'un papillon de nuit blanc s'il se faisait attraper ! Le trajet fut long, mais il s'en moquait un peu : son soucis était la survie de son imbécile de colocataire, du moins pour cette nuit. Après il aviserait : s'il s'amusait à lui (re)casser les oreilles à coup de Stradivarius presque toute la nuit, il allait faire un carnage. Même Lestrade n'arriverait pas à trouver la cause exacte du décès et à remonter jusqu'à lui.

Moriarty n'était jamais difficile à reconnaître, même sous la forme d'un papillon qui s'envola aussitôt entré dans les lieux, repérant quatre snipeur embusqués. Il étaient cachés en hauteur à l'étage, sur des passerelles, armés et attentifs. Protéger Sherlock allait être d'une simplicité débordante.

Il se posa sans se faire remarquer et changea de forme en silence, prenant celle qu'il utilisait lors des entraînements, lors de la guerre, et qu'il utilisait toujours pour combattre, que se soit de simples duels entre amis ou bien de terribles mises à mort. Il était un soldat, il avait ça dans le sang.

« Je vois que ton animal de compagnie n'est pas avec toi. Ricana Moriarty, debout et fier face à un Sherlock tout aussi droit et sûr de lui malgré les quatre lumières rouges qui le visaient déjà.

-Il n'est pas en forme depuis quelques jours. Il passe beaucoup de temps à travailler.

-Oh, quel dommage J'aurais bien aimé lui montrer les talents de mes hommes. Crois-tu qu'il aurait apprécié ? »

Silencieusement, glissant sur le sol avec une facilité déconcertante, John se rapprocha du tireur le plus proche, se mit en position et bondit sur son cou. L'individu n'eut pas le temps de crier et son arme chuta dans le vide. Le bruit qu'elle fit dérangea les deux hommes qui se demandèrent un instant ce qu'il se passait plus haut. Quand au militaire, il siffla d'un rire discret et se dirigea vers un second snipeur. Tuer sous cette forme était vraiment facile, il en regrettait presque d'être venu. Ses crocs se plantaient aisément dans la chair, perçant sans problème les artères et provoquant des hémorragies fatales. Sa morsure était mortelle, et il le savait.

Une autre arme tomba dans le vide, mais cette fois Sherlock et Jim avaient bel et bien entendu crier. D'où venait ce cri ? Et pourquoi ? Dix minutes plus tard, ce fut un troisième homme que le terroriste perdit. 3 en moins de trente minutes : nouveau record. John était assez fier de lui.

La quatrième arme rejoignit également le sol mais cette fois, les deux hommes purent voir le tireur courir vers eux, se tenant la gorge et laissant échapper un horrible gargouillis alors qu'il tentait de parler. Il tentait de contenir le flot de sang qui s'écoulait de son cou mais ce fut vain : il ne tarda pas à s'écrouler en criant un vague : « Serpent ! ».

Moriarty changea soudainement de couleur : un serpent ? Etait-ce... ?

« Où es-tu saleté de vipère ? S'énerva-t-il. Je t'avais pourtant dit de rester à l'abri et de ne mordre que Johnny-boy ! »

Un serpent tomba souplement au sol en sifflant. Sa tête triangulaire, typique des vipères, un corps ne devant pas dépasser le mètre de long mais très large, des écailles sombres et pointues, et surtout les yeux jaunes brillant qui jugeaient le détective.

« Une vipère heurtante. Expliqua Jim en souriant largement. Peut être qu'elle pourra s'amuser un peu avec toi. Allez Thomas. Montrez-moi de quoi vous êtes capable. »

Le serpent siffla un rire puis se dirigea vers sa cible avec un amusement facilement visible dans son regard. Le détective recula, ne sachant pas comment s'y prendre avec les reptiles de ce genre. La seule qu'il connaissait sur eux, c'était qu'il fallait éviter à tout prix de se faire mordre. Bon, cette vipère semblait lente, peut être qu'en gardant suffisamment de distance entre elle et lui, il n'y aurait pas trop de problème.

John vit la scène et manqua de se mettre dans une rage noire : ce psychopathe de Moriarty avait engagé un thérianthrope comme lui ! Bon, une vipère heurtante. Venin de type cytotoxique, qui détruit les tissus et provoque de multiples hémorragies. En cas de morsure, recevoir dans les plus brefs délais une injection de sérum anti-venin. Il jugea la distance qui le séparait de Sherlock et se prépara à sauter. Sa forme n'était pas faite pour ça à l'origine mais l'entraînement militaire l'avait préparé à tout genre de situations. Il fallait juste que Sherlock reste immobile, exactement dans cette position. Ensuite, c'était à lui de gérer.

Rapidement, il s'étendit de tout son long et sauta dans le vide, très concentré. Il réussit à toucher la main droite du détective, en arrière du corps et se mit à ramper vivement le long de de son bras, passa sur ses épaules, derrière sa nuque, descendit le long du bras gauche mis en avant pour se protéger et sauta à nouveau vers le sol, heurtant la vipère de plein fouet et la plaquant au sol dans un sifflement menaçant.

Les deux hommes n'osèrent plus bouger puis préféra prendre la tangente. Sherlock s'était figé : il n'y avait plus un serpent mais deux face à lui !