Chapitre 3

Ron se réveilla sur les coups d'onze heures, sans qu'aucun cauchemar n'ai troublé sa nuit. Son premier geste fut de regarder Hermione qui dormait paisiblement à ses cotés. Il sourit et remit la couette sur elle. Sans un bruit, il se leva pour préparer du café. Il regarda la pièce comme s'il la voyait pour le première fois. Rien n'avait vraiment changé, enfin rien de matériel. Le reste... Depuis deux ans, Ron ne s'était pas sentit aussi heureux. Hermione l'aimait, il avait retrouvé ses amis, il verrait sa famille le jour même... Il lui semblait que plus rien n'irait jamais mal. Il sursauta légèrement lorsque les ressorts du lits couinèrent et qu'Hermione apparut dans l'encadrement de la porte. La voir ce matin, dans un de ses vieux tee-shirt trop grand, ses cheveux bruns lâchés en cascade lui porta un coup au cœur. C'était comme s'il n'avait jamais tout abandonné, comme s'il avait vaincu Voldemort avec les autres. Ron, perdu dans ses pensées, n'entendit pas Hermione et le jeune femme dût s'y reprendre à deux fois pour poser sa question.

« -Cette photo, près de ton lit... Ça fait longtemps que tu l'as?

-Deux ans, à peu près. Je te trouve très jolie dessus. »

Hermione ne répondit rien, rougissante, et Ron sourit. Il traversa rapidement la longueur de la cuisine et prit la jeune femme dans ses bras.

« -A quelle heure devons-nous être chez mes parents?

-Vers midi, je crois... Pourquoi?

-Parce qu'il est déjà onze heure quarante-cinq et que nous risquons d'être en retard. »

Cette déclaration n'eut pas l'effet escompté. Au lieu de bondir partout en hurlant qu'il fallait faire vite, Hermione releva juste la tête et sourit à Ron.

« -Et bien, quitte à être en retard, nous pouvons bien l'être un peu plus, non? »

Ron sourit de plus belle et sortit de la cuisine avec Hermione.

Ils arrivèrent vers une heure au Terrier. Ron appréhendait ce moment, d'abord parce qu'il savait qu'Harry s'était arrangé pour que tout le monde, y comprit George, vienne au déjeuner, et qu'en plus il avait une peur bleue de la réaction de sa mère. Il s'approcha lentement, laissant son regard vagabonder sur la surface de la maison. Comment avait-il fait pour tenir deux ans loin d'ici? Il ne se souvenait pas. Il avait l'impression que chaque endroit était imprégné de milliers de souvenirs. Plus il s'approchait de la porte, plus les voix se faisaient présentes. Il regarda Hermione un instant et celle-ci lui fit un sourire encourageant, avant de lui prendre la main et de l'entrainer au dedans.

Ce qui frappa Ron, ce fut le silence qui suivit leur entrée. Un silence lourd, pesant. Un silence qu'on ne pouvait pas percer, de peur de faire une gaffe. Un silence affreux. Harry et Ginny virent se placer à ses cotés, comme pour montrer qu'ils l'avaient pardonnés. Le silence persista encore un instant, puis George s'approcha de lui et le pris dans ses bras. Alors, tout le monde se mit à se bousculer pour approcher Ron, pour le voir. Cette masse se poussait des coudes et, pendant un moment, la famille Weasley ne fut plus qu'un tas informe. Ron souriait jusqu'aux oreilles.

« -Mais où étais-tu? Oh, mon chéri, nous avons eu si peur! Nous ne savions même pas si tu étais encore en vie...

-C'est vrai, ta mère a raison, pourquoi ne nous as-tu pas... Fait un signe, quelque chose?

-J'avais trop honte, souffla le concerné. »

Après que Ron eut raconté son histoire et les raisons qui l'avait maintenu loin de chez lui, la famille passa à table. Hermione glissa discrètement au jeune homme qu'on avait pas eu un repas de famille aussi joyeux depuis la victoire il y avait deux ans. Le repas fut animé, cela riait dans tout les coins, on s'embrassait, on parlait de tout et rien et au milieu de tout cela, Ron était encore plus heureux que quelques jours au par avant, lorsque Hermione était venu le chercher.

Une fois le repas fini, Ron monta dans sa chambre. Elle était exactement comme il l'avait laissée. Les posters couvraient encore les murs, et, en s'allongeant, il vit que son lit était toujours trop petit pour lui. Hermione entra quelques instants après et le trouva sur ce même lit, endormit. Elle sourit et vint se blottir contre lui.

« -Allez, dit Harry, tout le monde a bien compris? On entre, on stupéfie tout le monde, on les ligote et on attend les renforts du Ministère. »

Ils se trouvaient devant une porte. Derrière, les dernière représentants extrémistes tenaient leur dernière réunion. C'était le but final de la mission, enfin. L'appréhension, la peur tenait tout le monde en haleine, tous se cherchant du regard pour voir si leurs partenaire souffrait de la même terreur muette de perdre. De se perdre. Ron tenait la main d'Hermione étroitement serrée, ne voulant qu'une chose, la retenir au maximum. Maintenant qu'il avait gouté au bonheur de l'avoir, il ne voulait pas que cela se termine ainsi. A contre-coeur, il lâcha la main douce et chaude de la jeune fille, pensant à juste titre qu'il ne ferait que la ralentir dans sa lutte. Il se plaça devant la porte, entre ses amis et les extrémistes. Si quelqu'un devait faire cela, c'était bien lui, pensa-t-il. Ron ressentit un frisson de peur et d'excitation mêlées, et eu un dernier regard pour Hermione avant qu'Harry n'ouvre la porte. Il y eu alors un éclaire blanc, et plus rien.

« -Ron! Ron, réveille-toi! Tu m'entends? Allez, ouvre les yeux, s'il-te-plait... »

Ron entendait cette voix, elle était si proche. C'était Hermione, il le savait. Il n'avait pas envie d'ouvrir les yeux, il ne le voulait pas, mais pour Hermione, il pouvait bien mettre sa paresse de coté. Pourtant, il était si bien, dans le noir, hors de lui même. Mais la voix de la jeune femme était si implorante... Il ouvrit un œil, puis l'autre. Ce qui le frappa, avant tout, fut la douleur. Le coma l'en protégeait, et la reprise avec la réalité était dure. Puis, il vit Hermione, sur une chaise, ses yeux dans le vague, à coté du lit dans lequel il était couché. Il reconnu immédiatement l'endroit. Il se trouvait dans une des nombreuse chambres de l'hôpital St Mangouste. Ron voulu parler mais un son incertain et guttural sortit de sa gorge, et lui rappela le mal dont il souffrait. L se contenta donc de lever un bras pour attirer l'attention de la jeune femme qui, patiemment, attendait un signe prouvant qu'il était toujours en vie.

« -Ron, tu es réveillé! J'ai crus que tu... Enfin. Les extrémistes nous attendaient, quelqu'un leur avait dit que nous viendrions. Tu étais juste devant la porte et... Tu as pris un sort de plein fouet. En un sens, cela nous a été bénéfique, parce que nous avons réussit à les maitriser, mais tu es ici depuis une semaine. J'ai eu peur, tu sais... »

Ron ne répondit pas. Elle avait passé la semaine ici, cela se voyait. De long cernes bleus soulignait ses yeux, et ses cheveux, en temps normal déjà en bataille, étaient encore plus désordonnés. Sa robe de sorcière grise, qui appuyait son teint terne à cause des jours de veilles, était fripée, comme si l'on avait dormi trop longtemps dedans. Depuis combien de temps n'était-elle pas rentrée chez elle? Ron se dit en lu même qu'elle avait bien dut passer la semaine à l'attendre. Ses membres étaient encore engourdis mais il parvint tout de même à attraper la main d'Hermione et la serra un peu. Il se sentait sale, fatigué. En cet instant, Ron n'avait qu'une envie : rentrer dans son appartement avec Hermione. Il ne voulait pas la quitter, c'était évident.

« -Hermione... Je t'aime. »

Dix-sept ans plus tard, à la gare de King's Cross, quai des sorciers. Une fillette de onze ans tient fermement la main de son père, se cramponne même à lui. Elle est adorable, avec ses longues couettes brunes, aux reflets roux, et sa robe à rayure multicolores fraichement acheté. Ses grands yeux inquiet scrute les visages de ses parents et ceux présents dans la foule, comme si elle cherchait quelqu'un qu'elle ne connait pas encore. C'est sa première rentrée à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie, et, en ce moment, Rose Weasley est morte de peur.

Depuis qu'elle est minuscule, on lui rabâche les succès de sa mère et son père à l'école, et l'année dernière, son cousin James lui à décrit la Répartition d'une façon qui fait froid dans le dos. Elle est réfléchie, elle sait bien qu'on ne lui ferait jamais combattre un gnome alors qu'elle vient d'acheter sa baguette, mais quant même, elle angoisse un peu. En plus, elle sait très bien pourquoi. Son père a bien envie qu'elle aille à Griffondor, elle aussi, comme toute la famille Weasley. Sauf que Rose n'a pas très envie, elle préférerait de loin Serdaigle, cette maison où travailler est le mot-clé.

Elle se tourne vers Ron et Hermione, ses parents. Elle a les yeux du premier et la bouche du second, et à chaque fois qu'elle les regarde ainsi, ils croient chacun voir l'autre et sont tout attendrit, de vraies guimauves.

« -Papa, maman...dit-elle d'une voix mal assurée, c'est grave si je ne vais pas à Griffondor? »

Comme d'habitude, sa mère répond que non, bien sûr que non. Mais Rose à besoin d'entendre son père, pour une fois, de savoir ce que lui en pense.

« -Hermione, tu nous attends? Et regarde Hugo, il est avec Lily, je crois qu'il veulent mettre des pétards dans la valise de James.

-Il tient vraiment de tes frères, celui-là! marmonne Hermione à l'intention de Ron, avant de filer récupérer son second enfant qui commence, du haut de ses neuf ans, à faire son « jumeau Weasley ».

-Rose, reprend Ron, écoute-moi bien. Tu crois que j'ai toujours voulu que tu aille à Grinffondor, mais ce n'est pas exactement ça. En fait, moi-même, j'ai de merveilleux souvenirs de cette maison, j'y ai rencontré Harry, ta mère... J'y ai vécu de superbe années, et c'est cela que je veux pour toi, c'est tout. Je sais par expérience que pour cela, Griffondor est la maison parfaite. Mais si toi, Rosie, tu trouve cela dans une autre maison, alors je serai content aussi. Il n'y a pas d'histoire d'honneur ou quoi que ce soit. Tu comprends, ma chérie?

-Oui... souffle la fillette. Merci Papa. »

Sans ajouter un mot, elle file retrouver son cousin Albus, qui comme elle entre à Poudlard cette année. De loin, elle entend son père parler.

« -Voilà donc le petit Scorpius, murmure Ron. Arrange-toi pour toujours être meilleure que lui en classe, Rosie. Dieu merci, tu as hérité de l'intelligence de ta mère.

-Ron, pour l'amour du ciel, dit Hermione, moitié sérieuse, moitié amusée, n'essaye pas de les dresser l'un contre l'autre avant même qu'ils aient commencé l'école!

-Tu as raison, admet Ron. Désolé. Mais ne sois quand même pas trop amie avec lui, Rosie. Grand-père Weasley ne te pardonnerait jamais si tu épousait un Sang-Pur. »

Rose a un petit sourire, pour l'instant, le fils de Susan et Zacharia, Elliot, un grand garçon aux cheveux brun cuivré d'un an de plus, avec des yeux d'un vert magnifiques. Mais cela, elle ne le dira jamais à son père.

Le train s'ébranle et Rose fait des signes de la main en direction du couple qui se tient la main, ainsi qu'à son frère qui joue avec Lily.

« -Alors, Hermione Weasley, j'ai été bon?

-Parfait, Ronald.

-Ne m'appelle pas comme ça, je déteste... J'espère quant même qu'elle n'ira pas trop fricoter avec le gamin Malefoy, je crois qu'en fait ce ne sera pas mon père mais moi qui ferait une attaque, réalise-t-il, les eux écarquillés. Quand je pense qu'elle travaille encore plus que toi, je n'aurai jamais pensé que ça puisse être possible!

-Tu exagères! Dit Hermione, un petit sourire aux lèvres. Tu te rends compte, ça fais déjà onze ans...

-Et toi, tu te rends compte depuis combien de temps je suis amoureux de toi? »

Hermione se cale un peu mieux dans les bras de Ron et ensemble, ils regardent le train qui s'en va, il est déjà loin et bientôt on ne verra plus qu'un point.

Et Ron est heureux, plus encore que le jour où Hermione est venu à la Grande Bibliothèque, plus que le jour de leur mariage. Plus que tout, en fait.