Titre:J'aurai voulu n'aître moldue…

HG/DM

Chapitre 3 : Deux chambres d'amis

Grrr ! Je la hais, je la hais, je la hais, JE LA HAIS !!!

Comment a-t-elle pu me faire ça ??!

Je ne sais même plus quoi dire. J'ai comme un nœud au cou, la tête qui boue, comme si mon cerveau puisait à toute vitesse dans ses réserves pour trouver un mot qui correspond à ce que je ressent alors que rien, rien au monde, sorcier ou moldu, ne pourra décrire ce sentiment qui fait tous mes muscles se contracter et mes joues devenir feu.

Je me sens…trahie…Oui, trahie. Si elle savait… Pff…Moi qui était persuadée de pouvoir lui faire confiance…

Flash-back

Alors ?

Quoi ? Elle ne veut quand même pas me faire croire qu'elle arrête de me gratter le cerveau ?! Pff ! Absurde ! Comme si j'allais la croire ! Et puis quoi encore !?

Tu n'as donc plus aucune confiance en moi ??

Ah ! Qu'est-ce que je disais…

Fin du petit Flash-back

Bon d'accord, j'exagère peut-être un peu…J'ai peut-être aussi ma part de tord…J'ai peut-être poussé le bouchon un peu loin… Oh, eh puis zutt ! Je suis adulte et j'ai pris une résolution. Je l'ai suivie depuis plus d'une année alors, comme je me le suis répété au nouvel an, la première résolution à prendre c'est des tenir ces bonnes résolutions !

« T'étais peut-être pas en très très bon état de sobriété quand t'as pris CETTE résolution…non ? »

« Quoi ?? »

Manquait plus que ça !

Suis-je tellement désespérée au point de me mettre moi-même à dos de moi-même ?!

Je sais pas si vous avez tout suivi là…Pas grave…Ta gueule conscience ! …tu auras le droit de parler pour dire des trucs intelligents !

« Je ne parle pas, je pense. »

« Rooo… »

« Bah quoi ? C'est vrai, non ? »

« … »

« Juste une remarque… »

« Ouais bah évite dorénavant s'il te plait… ! »

« Ok ok…Je me tais… »

« Ouais… ouais… »

Bon donc, je disais…

« Tu disais… ? »

« Rooo…Mais tu vas te la fermer oui ou non ?!?? »

« … »

Alors…Je disais…Voilà, je ne sais même plus ce que je disais ! C'est bien ta faute ça !!

« … »

Ouais, ouais, jamais là pour assumer ses actes !!Pff…

Tant pis.

Hermione ! Tu vas descendre par Merlin !? Tu ne peux pas rester cloîtrée entre 4 murs jusqu'à la fin de ta vie ! –hurla une voix en tambourinant de l'autre côté de la porte. Je n'aurais pas entendu sa voix j'aurais tout de même immédiatement deviné que c'est Ginny. -… Ah moins que tu n'utilises tes pouvoirs…

Elle peut courir ! Pff…C'est au moins la 6e fois qu'elle vient depuis qu'on a transplané.

Exactement. Je suis à cette heure chez les Potter, à Londres, à des lustres de mon lit douillet ! Sniff... Pourquoi ça n'arrive qu'à moi… ?

Bref. Ensuite, les 4 murs sont ceux de la chambre d'amis, de l'une des chambres d'amis en fait. Il y en a deux. Je vous laisse imaginer à qui est généralement réservée l'autre…

Ne nous étalons pas sur ce sujet… !

Hermione !!!

Oh, ça va !!

Elle me casse les pieds à la fin ! Grr…

Bon, où en étais-je ?

« Une fois de plus… »

« Hum hum… »

« Je n'ai rien dit… »

« Vraiment ? J'avas pourtant cru entendre une voix m'interrompre et… »

Hermione ?

Gné ? Qui… ??!

Hermione, c'est moi, Harry.

Olala…Non !! C'était bien la dernière chose que je pouvais supporter ! Je fais quoi maintenant ?!? Hein, vous pouvez me le dire ?!

Tu veux bien m'ouvrir ?

. !! Pitié !

Je ne peux pas refuser. Il serait…Il se sentirait trahi à jamais ! Je n'ai pas le droit de lui faire ça ; c'est…c'est Harry. C'est mon meilleur ami. Peut-être en fait mon seul ami homme. Ah, non, il y a Tim, j'oubliais…Oui mais Tim ce n'est pas un « ami », c'est mon « petit ami ». Ce n'est absolument pas pareil. Et puis, je ne pourrai jamais considérer Tim comme un ami après les « choses » assez osées que j'ai vues et faites quand…passons les détails… !

Enfin. Harry est mon ami depuis une dizaine d'années ! Ce n'est pas rien !! Mais, biensur, je ne changerais pas d'avis : je ne veux plus jamais utiliser mes pouvoirs magiques. Pourquoi ? Mais…parce que…kdhjeskdukjlukbefddeh…

Hermione, s'il te plait laisse-moi entrer, rien que moi…

Rien que toi ? –demandais-je.

Oui, rien que moi. Ginny est déjà en bas –me dit-il avant que je ne l'entende à voix basse faire remarquer à Ginny- Hein que tu es déjà en bas… ?!

J'entends un soupire qui en dit long de la maîtresse de maison puis des pas biens prononcés sur les planches de l'escalier principal.

Après avoir hésité encore 5 longues minutes je me décide à déverrouiller la porte. Un tours, deux tours.

Harry ne bouge pas, ou, du moins, il est extrêmement silencieux dans ces mouvements.

J'entrouvre la porte de quelques centimètres, le voit tête baissée, finie d'écarter la seule chose qui nous séparait : une misérable planche de bois peinte en rouge du côté de la chambre et en vert du côté du couloir.

Je ne l'ai pas vu depuis ma désastreuse débarcation sous leur toit. Il est exactement comme je l'imaginais. Inchangeable. La même allure de petit garçon, d'innocent, qu'il adopte inconsciemment. Les mêmes cheveux bruns ébène ébouriffés et comme toujours un peu trop longs. Le même teint frais et pâle qui rougit rapidement au soleil. Ah, il relève la tête. Tout comme je le fais, il m'observe. Alala…Il n'a même pas changé ses petites lunettes rondes… ! Il faut dire qu'Harry ne s'est jamais vraiment attaché à ces petits détails. C'est peut-être pour ça que je l'apprécie tant : il ne tient compte que de l'intérieur. C'est peut-être aussi pour ça qu'il m'aime bien ? Pff… Mais qu'est-ce que je raconte ??!?!!?

Bon. Il est devant moi, mais je n'ose pas le regarder en face. Qu'elle sera ça réaction ?

« Olala…Vraiment, Hermione !! »

« Quoi ? »

« T'as pas honte ?! »

« Mais qu'est-ce que j'ai fait ? »

« Tu le connais, vous vous connaissez depuis 9 ans. 9 ans Hermione. 9 ANS ! C'est énorme ! Tu devrais le connaître par cœur depuis tout ce temps ! »

« Tu crois ? »

« Non. Je sais que tu le connais par cœur. Seulement en ce moment tu détraques à mort ! »

« Comment ça !? Dit que je suis psychologiquement atteinte pendant que t'y es !! »

« Mais non… »

« Bah j'ai cru que c'était insinué vu comment tu me l'as annoncé ! »

« Eh bien je t'avouerai que je me suis déjà posé la question ! »

« QUOI ?!?? »

« Et plus d'une fois ! »

« …GGGGRRRRRRrr… !!!! Je vais t'étrangler !!! » »

« Alors étrangles-toi toi-même. »

« ARGHHhh !!!!Dégage de là ! »

« Je ne peux pas, je te l'ai déjà dit. »

« Déserte ! N'ose plus jamais penser quoi que ce soit ! Ne m'adresse plus jamais, de toute mon existence, la moindre parole ! Je ne veux plus rien partager avec toi ! »

« Tu n'as pas le choix… »

« Eh bien toit tu l'as, alors ne vient plus jamais partager la moindre idée avec la partie que je 'contrôle' de mon cerveau ! C'EST CLAIR ??!?!!! »

« … »

« Je vais prendre ça pour un accort ; forcé mais accord. »

Si quelqu'un comme ça existait en total chair et os je l'aurai étripée depuis des lustres ! Enfin…La vie continue !

Et justement…

Pendant que je m'énerve toute seule (ce n'est pas exactement les mots qui conviennent mais si je dit autre chose je passerai pour une folle…si ce n'est pas déjà le cas…) le temps passe, les gens bougent, l'heure tourne…J'en ai encore d'autres des expressions si vous voulez…

En résumé, quand je me suis recalée dans l'actualité, je suis tombée en face à face direct et inévitable avec une paire d'yeux de vipère. Bon ok, ils sont verts émeraudes donc ça ne rime pas… (sniff…) enfin…Je…suis paralysée.

Dans ce tête à tête, ou ce z'yeux à z'yeux (), j'ai l'impression qu'il y a plus qu'un simple regard. Une intensité incalculable, incontrôlable, traverse mon corps tandis qu'un message se transmet de l'un à l'autre. C'est comme si je m'excusais de mon comportement et qu'il me pardonnait ; comme s'il me disais que je n'ai pas le droit de faire ça et que je lui affirmait presque sans voix que je sais qu'il a raison ; comme si je lui dévoilai à quel point ils m'ont tous manqué et qu'il souriait en me disant que c'est totalement réciproque ; comme s'il lisait dans mes yeux que je suis décidée à ne plus utiliser la magie et qu'il me répondait simplement : « Je respecte tes choix et tu restes ma meilleure amie dans n'importe quels cas. »

C'est comme ça qu'on se retrouve miraculeusement dans les bras de l'un de l'autre.

Alala…Sans doute un des plus beaux moments de ma vie !

Il desserre son étreinte.

Hum…Je suis si bien là, la tête posée sur son épaule, mes bras qui l'entourent…j'ai vraiment l'impression que cet instant est unique et que je n'éprouverai plus jamais cette sensation de sûreté. Il est là. Tant que je ne m'écarte pas il ne peut pas partir. J'ai tellement peu qu'il s'en aille. J'ai tellement peur d'âtre seule.

Voyons Hermione (!), tu n'as jamais été seule ! Pas depuis que tu as 11 ans. Et penser le contraire serait une offense à tout ceux qui te compte comme amie. Ressaisit-toi !

Ok.

J'ouvre les yeux, lui tapote le dos de ma main droite et me recule lentement.

Je me mort les lèvres. Je vient tout à coup de repenser à ce début de soirée t j'ai honte de moi. Comment ai-je pu être si méchante ?!

Harry se gratte la tête, il ne sait pas quoi faire non plus. Ca me fait rire. Je lui proposerai bien de descendre ou quelque chose comme ça seulement je suis mortifiée à l'idée de revoir Ginny.

Bon –dit-il peu sûr de lui –On…On descende ? On va bientôt manger j'imagine.

C'était inévitable.

Je lui réponds par un petit sourire gêné. Je balance mes mains dans tous les sens…Alala, déstresse Mione !!

Il passe devant moi. Naturellement, en tant qu'hôte, il me montre le chemin. Nous descendons les marches une à une en prenant notre temps. Sans doute pour prévenir Ginny, qu'elle se prépare à la confrontation.

Je suis sous tension à un point que je me rattrape de très peu d'une marche manquée. Harry se retourne, je lui répond immédiatement que tout va bien, il continu sa route.

Ca fait longtemps que je ne suis pas venue ici et pourtant je connais cette maison par cœur, de l'endroit où sont rangés les casseroles, aux draps, et même jusqu'à savoir dans quel tiroir Ginny range ses sous-vêtements. Ce n'est peut-être pas un super exemple…Et ceux de Harry en passant…mais ça, ça me gêne un peu plus…hihihi…Enfin !

Ce manoir est si chaleureux ! Même si des évènements peu joyeux s'y sont déroulés, cela reste une belle demeure et surtout très accueillante. Harry et Ginny on tout refait eux-mêmes, ce qui donne encore plus de charme.

Bon, Hermione, c'est bien gentil de leur faire la visite guidée et tout et tout, tu pourrais aussi essayer de traduire en 5 ou 6 langues mais plus tard. Pour l'instant, tu pénètres dans la cuisine de Madame Ginny Potter Weasley (Attention c'est sacré !) et…et elle est en train de faire des crêpes.

« Des crêpes ?!??! »

« Hé…la goinfre ? Couchée ! »

« Gnagnagna ! »

« Chut… »

« N'empêche que c'est super bon les crêpes ! »

« Merci, je sais ! Et si tu continues je n'en mangerais pas ! Rien que pour te faire les pieds ! »

« … »

« Voilà ! Retournons donc à nos moutons ! »

« Tu ne tiendras jamais ! »

« Rrr…On pari ? »

« Pari tenu. »

« Quoi à la clef ? »

« Un gage. »

« N'importe lequel ? »

« N'importe lequel. »

« Ca marche. Mais tu te tais jusqu'à ce que je te montre ta défaite. Ok ?

« Motus et bouche cousue ! »

« Bien. »

Bien…

Je redescends sur Terre et je ressens de nouveau cette boulle qui joue au ping-pong dans mon estomac. (Quel jeu débile…Pff…Surtout dans MON ESTOMAC !)

Je suis Harry de très près en observant Ginny retournant sa crêpe et tenant fermement sa poêle. Wouha ! Elle en assommerait bien 4 ou 5 avec ça je suis sûre. Gyn' est du genre…Originale ! Bref…A part l'odeur de sucre vanillé qui parfume délicieusement la cuisine encore un peu plus à chaque fois qu'elle finit de cuire une nouvelle crêpe, il n'y a que le bruit des pas de Harry qui m'empêche de retourner en courant d'où je viens. Je suis vraiment une trouillarde !

« Je ne te le fais pas dire… »

« Tu as promis… ! »

Ca y est, Harry se décale sur le côté. Arrêt du train.

Mes yeux toujours fixés sur les omoplates de Ginny, je n'entends qu'à moitié les mots qu'il prononce. Quelque chose du style : « Je vais vous laisser…beaucoup…parler… » Dans tous les cas, on va rester seule à seule.

Qu'est-ce que je vais lui dire ??

« Pourquoi t'essayes pas un 'Bonjour Gin' ? »

« Ah ah ah… »

« Et peut-être qu'elle t'offrira gentiment une crêpe au sucre ! »

« N'essaye pas de me corrompre. »

« Je n'y ai jamais pensé. »

« Ben voyons… ! »

Allez, je me lance !

Bonjour Gin' !

Ma voix tremblotte, c'est affreux.

Bonjour…Hermione…

Aïe ! C'est sec, ça résonne presque ; mon nom se répète et rebondi dans ce qui me sert de cerveaux. Oui, parce qu'à l'instant actuel vous ne pouvez même pas imaginer à quel point je me sens idiote et méprisable ! Je ne dois vraiment pas avoir beaucoup de matière grise pour avoir réagi comme je l'ai fais chez moi.

« Courage Mione ! »

« …Merci… »

Ecoute Ginny…

Elle me fait face et me regarde droit dans les yeux. Tout ce que je trouve à faire c'est me forcer à admirer les aimants du réfrigérateur. On dirait qu'Harry s'amuse bien…

Je continue :

Pour tout à l'heure…chez moi…là haut…

Je préfère qu'on n'en parle plus Hermione.

Gné ?!

Elle se détourne de moi et prend sa cuisson.

Tu ne veux pas en parler ? –dis-je, incompréhensive.

Non.

Je n'y comprends rien.

Tout à coup, des mots jaillissent de ma bouche, et le pire c'est que je les approuve.

Tu es sûre ?

C'est comme si je la poussais à ce qu'on en parle.

Qu'est-ce qui cloche chez moi ?!!?

« Rien du tout…Tu es juste toi-même ! Ou plutôt…moi-même ! Hihi ! »

« Pff… »

« Non mais c'est vrai. Pour avoir un comportement si courageux, intelligent, respectueux…ça ne peut être que moi ! »

« Ben voyons… ! Tu trouves vraiment que c'était courageux, intelligent, respectueux… ? »

« Puisque je te le dis ! »

Je relève les yeux vers la rouquine et cette fois s'en est finie de moi !

Elle éteint automatiquement le feu et, tout en me fixant continuellement, s'assoit sur une des quatres chaises qui entourent la table ronde de la salle à manger.

Il y a comme un lien entre nous ; impossible à briser. Tout d'un coup, elle lève les sourcils et me demande :

Quoi ?

Euh…Qu'est-ce que je dois dire là ?

Qu'est-ce que tu as dit ? –continue-t-elle.

Euh…Je t'ai juste demandé si tu étais sûre de ne pas vouloir parler de ce qui c'st passé tout à l'heure.

J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas… ?

Non, non. Du tout.

J'allais m'asseoir en face d'elle mais elle me fait un signe de la main. Je m'arrête. Je la vois soudain se passer les mains sur le visage, dans les cheveux, se masser la nuque la tête entre les avant-bras.

Tu ne veux pas faire des crêpes ?

J'écarquille les yeux quelques secondes puis sourit bêtement avant de lui dire oui d'un hochement de tête.

Je comprends qu'elle ne m'en veut pas, et ça, c'est plus que je ne l'espérais !

En relevant les manches de mon chemisier gris, je marche. J'allume la plaque chauffante, Harry a gardé des habitudes moldues, et saisie la fourchette à laquelle est plantée une demie pomme de terre. Je la trempe un peu dans le beurre et enduit la poêle.

Ainsi je commence à faire sauter les crêpes à tours de rôle avec Ginny qui m'a rejoins.

Les éclats de rires volent mais aucun ne touche le sol contrairement à certaines de nos œuvres.

Allez Ginny, à toi. Trois tours cette fois ! Je… AAAAAHHHHHHHHHHH !!!!! –je crie en faisant un bond d'un mètre en arrière.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Alors les filles, ça boum ici à ce que je vois ! Qu'est-ce que vous mijotez là ? Hum…J'adore ! Tiens, tiens, tiens…mais c'est Hermione Granger !