Fiction : Quand Je Joue Juliette

Auteur : Yuuki Momoru

Pairing : NaruSasu (niak !)

Disclaimer : Ils ne sont pas à moi !

Je tiens à vous remercier pour vos reviews qui m'ont fait extrêmement plaisir ! ^^ J'espère que cette suite vous plairas et m'excuse d'avance pour les fautes d'orthographe...

Bref bonne lecture !


Chapitre 3 : Juliette dans le noir


J'avoue, je m'attendais à quelque chose de nouveau. Mais finalement le lycée n'est pas tellement différent du collège, si ce n'est que les filles sont moins collantes et les garçons moins stupides. Je balaye la salle de classe du regard et constate que je ne connais personne. Certains sont tout seuls et s'installent tranquillement, d'autres se retrouvent en petits groupes et discutent joyeusement sur des sujets anodins. Oui, c'est vrai, je ne pensais pas que ce serait comme ça. Le lycée a l'air aussi ennuyeux que le collège et rien qu'à l'idée de passer trois ans ici me déprime. Pourtant je devrais me réjouir, si personne ne fait attention à moi j'aurais peut-être la chance de passer une scolarité sans autre pensée que celle d'étudier. Bizarre ? Oui, sans doute. Mais tout ce que je souhaite, c'est de me soucier de rien.

Pourtant, la matinée n'a pas été aussi calme que je le voulais. Maman n'a pas arrêté de me tourner autour afin de s'assurer que je n'avais rien oublié. Itachi m'a taquiné comme toujours et mon père..., mon père n'était pas présent. Le premier jour de son deuxième fils l'importe peu même s'il a amené celui-ci aux portes ouvertes. Pourtant, je ne m'en suis pas plus soucié que ça et suis partis prendre le bus pour la première fois. Maman tenait à m'accompagner jusqu'à l'arrêt, je me suis enfuis avant qu'elle n'ait eu le temps d'enfiler des chaussures.

Mon sac était très léger mais mon cœur pesait lourd dans ma poitrine. J'avais l'impression d'avoir des jambes en béton si bien que j'arrivais à peine à faire un pas. La rentrée en elle-même ne me faisait pas peur mais ce drôle de pressentiment était toujours présent. Durant le reste des vacances, enfermé dans ma chambre il m'arrivait de penser à ce qui m'attendait au lycée et je ne savais pas si j'étais impatient ou bien réticent. Arrivé dans le car, j'ai eu la désagréable surprise de voir qu'il n'y avait plus de siège côté fenêtre de libre et c'est à ce moment-là qu'une personne souriante et rougissante m'a fait signe de venir. Elle s'est présentée avec un petit air timide :

- Je m'appelle Hinata Huuyga, tu te souviens de moi ?

J'ai acquiescé et n'ai même pas eu besoin de me faire connaître :

- Sasuke, oui je sais.

Elle m'a sourit de façon si tendre que je n'ai pas pu m'empêcher de rougir. J'avais rarement vu une fille aussi mignonne.

Je soupire tout en croisant les bras sur le bureau, le menton appuyé sur mes poignées, j'attends en silence que le professeur se pointe. La sonnerie nous a cassé les oreilles il y a déjà quarante minutes et à présent c'est au tour de mes camarades de classe de chahuter comme des bêtes en rut. Je plaque les mains sur mes oreilles tentant vainement de sauver les tympans qu'il me reste. Quand soudain je vois la porte s'ouvrir lentement, je ne suis pas le seul à m'en être aperçu puisqu'en une fraction de seconde tout le monde a rejoint sa place. Je lève les yeux au ciel tout en me redressant sur ma chaise.

Un type, dont les cheveux gris sont soient capable d'ignorer les lois de la gravité ainsi que celle de l'esthétisme soient victimes d'une panne d'oreiller, entre nonchalamment et s'installe tranquillement en chantonnant joyeusement. Je le regarde faire les yeux ronds. Dix minutes passent ainsi tandis que nous nous regardons les uns les autres, quand il se tourne vers nous et lève la main en guise de salutation :

- Salut tout le monde ! Je vous ai pas trop fais attendre ?

Pas trop fais attendre ? Pas trop fais attendre ! Le cours est sur le point de se terminer !

- Il ne reste plus que cinq minutes monsieur..., fait judicieusement remarquer une fille située au premier rang.

Il fait les yeux ronds tout en fixant sa montre. Mes sourcils se froncent alors qu'il semble absorbé par les aiguilles de son cadran. Derrière moi, plusieurs garçons chuchotent et rient tout en traitant cet homme d'abruti profond et plus les secondes s'écoulent plus j'ai le sentiment qu'ils ont raison. Tout d'un coup il relève la tête et débite :

- Je suis Kakashi Hatake, votre professeur de français. Je vais vous faire passer votre emploi du temps, dessus vous avez évidemment vos cours mais aussi la salle où ils auront lieu. Surtout ne soyez pas en retard !

Il peut parler !

- Sur ce, je vous laisse. Bonne journée à tous !

QUOI ? Je le vois sortir de la salle avec la même attitude nonchalante qu'il y a à peine cinq minutes. Je manque de tomber de ma chaise en réalisant que cet homme sera notre professeur principal tout au long de l'année. Mais en est-ce vraiment un ou un gag ? Une sorte de bizutage qu'on fait aux secondes ?

La sonnerie retentit de nouveau et sans attendre tous mes camarades sortent pour rejoindre le deuxième cours. Maladroitement, je tente de réunir toutes mes affaires le plus vite possible pour les suivre mais ma trousse tombe bruyamment au sol éparpillant tous mes stylos. Je pousse un soupire de désespoir en me pressant comme un fou pour les ramasser. J'ai vraiment pas de chance aujourd'hui. Je me mets à courir dans les couloirs, perdu au milieu de tous ces élèves qui sortent tout juste de leurs classes, je me tourne et retourne à la recherche d'un visage familier mais en vain.

Je suis emporté dans les couloirs étroits par une file d'adolescents pressés descendant des escaliers que je n'ai jamais emprunté, découvrant des lieux que je n'avais jamais visité. Au bout d'un moment, je me retrouve enfin seul dans un endroit complètement désert et surtout inconnu. Je ne saurais dire si je suis encore au lycée ou non. Les poings sur les genoux, essoufflé par mon parcours insensé, je tente de reprendre mes esprits. Ne pas paniquer, ce n'est pas catastrophique, je me suis juste paumé, ça peut arriver à tout le monde. Après une longue inspiration, je sors mon emploi du temps et y lis que je devrais être en histoire-géographie en salle B111 à cette heure-ci.

Je fais une grimace. Tout ce que j'ai retenu des portes ouvertes était qu'il y avait quatre bâtiments. Comment vais-je m'y retrouver ? Je ne sais même pas quel bâtiment est le B et je ne sais pas non plus comment sortir d'ici. Je regarde un peu autour de moi et constate qu'il fait plutôt sombre, je suis donc au sous-sol. L'escalier que j'ai descendu en trombe est juste derrière moi, en face de moi un long couloir qui semble sans fin, aucune lumière si ce n'est celle qui s'échappe d'entre la chambranle des portes de classe. Je déglutis, retrouvant l'ambiance lourde des films d'horreur que Itachi aime bien me montrer.

Je ne sais pas quand ils ont construit ce lycée, mais il paraît que c'était un hôpital avant...

Je n'aurais vraiment pas dû accepter de regarder ce reportage sur Waverly Hills avec Itachi. J'ai la chair de poule maintenant. Je n'ai pas peur vraiment ! Je suis juste un peu sur les nerfs, je me suis perdu comme un idiot, ça peut énerver tout le monde. Et puis ce n'est pas comme si ce couloir ressemblait au tunnel de la mort, non vraiment, quel serait l'imbécile qui se ferait des films pareils ! Sûrement pas moi !

Un rire retentit dans le couloir.

Je fais les yeux ronds, pétrifié, les mains serrés sur la bandoulière de mon sac.

Un cri m'échappe et je me rue sur les escaliers comme si ma vie en dépendait. Je vais tuer Itachi dès je rentre à la maison ! Je jure que je vais le tuer ! Je monte les escaliers quatre à quatre, fuyant une main glacée et invisible qui tenterait de m'attraper par le cou. De la sueur froide coule le long de mon front, je ferme les yeux et cours aussi vite que je peux. Tout d'un coup je heurte quelqu'un et tombe les fesses par terre.

- Hé ! Doucement...oh...

Mes yeux croisent ceux azurs d'une personne que je commence à connaître. Inexplicablement, mon cœur se remet à faire des siennes, semblant me mettre en alerte.

- Sasuke ? Mais qu'est-ce que tu fiches ici ?

- Naruto...

Il tend sa grande main vers moi, m'invitant à la saisir mais je me relève tout seul. Pourtant il ne le prend pas mal, me fait un petit sourire et demande avec un air moqueur qui m'agace au plus haut point :

- C'est toi qui a hurlé à l'instant ?

- J-j'ai pas hurlé !

Je me remets à rougir comme un idiot. Quelque chose de chaud vient m'ébouriffer les cheveux chassant la sensation de froid et de peur qui s'était insinués dans mes veines. Je rentre la tête entre mes épaules et fais un petit pas en arrière. Il ne le remarque pas et se contente de me regarder, interrogatif :

- Alors, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu devrais être en classe, non ?

Pas question de lui dire que je me suis égaré, j'ai une fierté quand même ! Je me tais, puis décide de continuer mon chemin sans lui prêter plus d'attention.

- Tu t'es perdu, hein ? Dit-il avec un grand sourire.

Je me fige un instant et il se met à rire. Lentement, je me tourne vers lui, le gratifiant du regard le plus meurtrier que je puisse faire. Son rire se fait plus fort tant est si bien qu'il se tient les côtes. Je l'observe se moquer ouvertement de moi, les poings serrés mais impuissant face à ces petites fossettes qui creusent ses joues. Plus mon cœur s'emballe plus mes joues deviennent rouges, je ne sais pas si je suis en colère ou simplement embarrassé.

Naruto se calme :

- Alors ? Tu es où à cette heure-ci normalement ?

- Je peux me débrouiller tout seul.

Il se moque et maintenant il me propose de l'aide ? Je fais la moue, replace correctement la bandoulière de mon sac sur mon épaule et fais mine de partir.

- Ah..., oui bien sûr, dit-il, bon...alors à la prochaine, j'imagine.

Je me tourne à demi vers lui, tandis qu'il disparaît dans l'angle du mur. Je ne songe d'abord à rien. Le silence plane dans le couloir, mais il n'y réside pas cette impression obscure que j'ai ressentis dans les sous-sol, plutôt une sensation de vide. Je reste planté là, toujours tourné vers l'endroit où je l'ai perdu de vue. La lumière du jour caresse ma joue, parfois des éclats de voix venant des salles avoisinantes viennent me faire sursauter. Deux minutes se sont peut-être écoulées, mais le temps me paraît bien plus long.

Comment vais-je faire maintenant ? Je suis sans doute trop en retard maintenant pour que ça paraisse crédible si un surveillant venait à me voir ici. J'aurais dû faire taire ma fierté et le laisser me guider. Une fois de plus. Une bourrasque de vent vient frapper le verre des fenêtres, je m'élance à la seconde qui suit. Quelque chose me frappe au visage et alors que j'allais perdre l'équilibre deux mains chaudes me retiennent. Naruto était toujours là, il attendait. C'est son torse que j'ai pris en pleine figure. Il me regarde avec son immense sourire qui creuse ses joues.

- On a changé d'avis ?

Je ne réponds pas, me dégage simplement de lui. Mes avant-bras me brûlent. Je lui tends ma feuille imprimée pliée soigneusement en quatre :

- B111..., bon, c'est le bâtiment en face, suis-moi p'tite tête de mule, ajoute t-il en passant une main dans mes cheveux.

Je n'aime pas vraiment cette habitude qu'il semble avoir prise avec moi. A chaque fois mes follicules prennent feu, je suis sûre qu'à force je vais me retrouver chauve. Et s'il y a une catégorie de personnes que je trouve moche, ce sont bien les chauves, ça doit être pour ça que je n'écoute pas du rap, le vieux rock'n'roll y a que ça de vrai.

- Hé ho, à quoi tu penses là ? Me questionne Naruto, son nez tout près du mien.

Je redescends brusquement sur terre et recule d'un coup. Ses fossettes réapparaissent sur ses joues, il se redresse :

- Je te disais donc, avant que tu ne partes sur Mars, que je vais arranger le coup avec le professeur. Je le connais bien. Ça ira ?

- Oui oui, j'opine de la tête, on est arrivé ?

- Presque, mais si je t'ennuie dis-le et j'arrêterai de parler dans le vide...

C'est de ta faute, tes mains sont trop chaudes et trop grandes.

- Dans ce cas tais-toi, dis-je sèchement en le dépassant.

Il fait les yeux ronds et prend une mine profondément choquée, une main plaquée sur sa bouche grande ouverte. Ce mec est un idiot. Je mentirais si je disais que je n'avais pas un peu appréhendé le fait de le revoir. Je ne sais rien de lui, il ne sait rien de moi, puisque nous ne nous sommes vus que trois fois maintenant. Alors pourquoi je me sens sur les nerfs quand je lui parle ? Je fronce légèrement les sourcils tandis qu'il s'approche à nouveau de moi. Pourquoi ai-je l'impression d'être en face d'un problème de mathématiques particulièrement difficile ?

- Allez t'es déjà assez en retard comme ça, fait Naruto en me poussant vers un autre couloir.

Je me laisse faire et jette quelques coups d'œil furtifs vers lui. Malheureusement pour moi, il s'en est rendu compte et vient embraser mes follicules une fois de plus. Je grimace pour la forme et m'échappe comme je peux. Il frappe avec un petit rire, un petit « oui » interrogatif nous invite à entrer. Le professeur Iruka Umino nous regarde avec un air curieux.

- Naruto ? Qu'est-ce qui passe ?

- Je vous ramène un disparu, dit-il en me prenant par l'épaule.

Je peux sentir son pouce contre le bas de mon cou. Sa peau contre la mienne. J'en frissonne et mon cœur repart faire un marathon. Mes yeux noirs complètement écarquillés alertent Monsieur Umino, quelques élèves rient si bien que mes joues rougissent. Moi qui ne voulait pas me faire remarquer, c'est raté. Je pensais que mon calvaire était enfin finis quand soudain Naruto se rapproche de mon oreille :

- Si tu n'as personne avec qui manger ce midi, tu peux venir avec nous.

C'est pas un marathon que mon cœur me fait là, mais carrément un triathlon, je cours presque vers une place de libre en tentant vainement de faire disparaître le rouge écrevisse qui me brûle la peau. Mes lèvres tremblent, mes mains sont moites, je crois que je suis tombé malade, ou alors c'est le fantôme du sous-sol qui m'a maudit. Je sors vivement mes affaires de mon sac pour cacher mon embarras, mais rien n'y fais.

- Ça va Sasuke ? Me demande Naruto un sourcil haussé.

Il est toujours là lui ?

- Oui oui, va t-en maintenant.

Il échange quelques mots avec le professeur et pars enfin, non sans me lancer un petit regard.

- Alors ? On se fait materner par un terminal ? Ricane des garçons en face de moi.

- Va te faire, dis-je d'une voix basse pleine de menaces.

- Oh, c'est pas gentil ça..., tout à l'heure t'étais bien plus mi-

- Tournez-vous s'il vous plaît ! Le coupe Monsieur Umino.

Ils s'exécutent en riant. Le professeur vient vers moi et me remet mes livres :

- J'ai cru comprendre que Monsieur Hatake n'avait pas bien fait son travail. Je me suis inquiété tu sais, j'ai envoyé quelqu'un te chercher mais..., enfin, tu es là c'est le principal. Tout va bien ?

J'acquiesce solennellement, gêné et honteux comme jamais.

- Ne fais pas attention aux autres, d'accord ? La plupart se sont aussi perdu dans les couloirs. Naruto ne t'a pas trop embêté ?

Je le fixe avec un air entendu. Il se retient de rire, puis pose une main rassurante sur mon épaule. Après quelques explications, il me laisse pour finir son cours auquel je n'ai pas participé. En général, je ne participe pas et ce volontairement, mais là j'avoue être totalement ailleurs. Naruto m'a proposé de venir manger avec lui et sa bande de rigolos, j'aimerais au contraire éviter cela le mieux possible. Cependant s'il me voit seul, il ne va pas hésiter une seconde pour me traîner avec lui. Moins ce taré social est proche de moi, mieux je me porte.

Je soupire discrètement, le menton dans ma paume à la recherche d'un moyen de m'échapper ce midi. Hors de question de manger avec des boulets que je ne connais pas et qui en plus ont osé rire de moi ce matin. Ma dignité en prendrait un coup. Tant pis je vais devoir sacrifier mon déjeuné...

La cafétéria se trouve derrière un grand jardin aménagé par des élèves, un terrain de verdure surplombe l'espace alors que d'immenses arbres centenaires me donne le vertige rien qu'à en regarder le sommet. Une foule d'adolescents se précipitent à l'intérieur, de véritables estomac sur pattes. Quant à moi, je reste cacher derrière le large tronc d'un chêne à plus de cent mètres de l'entrée. J'entends une fois de plus mon ventre grogner mais l'ignore. Il en va de ma survie. Un homme d'une chevelure flamboyante se dissimule parmi eux, un homme que je veux à tout prix éviter.

Mon cœur sautille dans ma poitrine à chaque fois que mes yeux croisent un décoloré. Je fronce les sourcils, et pose une main contre cet organe que j'arracherais bien juste pour avoir la paix. Mes genoux se resserre contre mon torse tandis que j'y enfouis la tête à l'abri du vent qui s'est levé. J'ai froid. A côté de lui, je brûle, je m'énerve, ce que je ne fais jamais en dehors des quatre murs qui encerclent ma maison. Je ne me comprends pas, c'est quoi comme sentiment ? Une maladie ? Peut-être la crève ou une grippe ? Pourtant ça ne m'arrive qu'en sa présence.

Je ne veux pas savoir finalement, plus j'y pense, plus je me pose des questions et plus je me trouve étrange. Et je n'aime pas me trouver étrange, les autres le font bien assez à ma place.

Est-ce que Naruto pense que je suis bizarre ? Sans doute que non, il est trop bête.

Je tremble maintenant, pourquoi faut-il qu'il fasse aussi froid aujourd'hui ? Pourquoi la malchance s'acharne t-elle sur moi ?

- Sasuke ? Sasuke Uchiha ?

Je relève brusquement le crâne et tombe dans un regard blasé. Un adolescent qui a l'air d'avoir mon âge penche légèrement la tête puis pointe son doigt droit vers moi.

- Aaaah, ouaih c'est bien toi, fait-il avant de me tendre la main, Shikamaru Nara, j'étais dans le même collège que toi.

J'écarquille les yeux alors que je me rappelle vaguement l'avoir déjà croisé auparavant. Sauf que tout ce dont je me souviens de lui est un gamin qui dormait sur sa table et dont le front était la cible des craies les mieux lancées. Je lui serre la main non sans une petite hésitation.

- Ça te dit de bouffer avec moi ? Dit-il, c'est trop chiant de manger tout seul.

- Euh...oui, d'accord.

Je suis surpris. Il m'entraîne dans la foule et nous entrons dans la cafétéria en échangeant des banalités. Shikamaru s'avère être quelqu'un de particulièrement intelligent, il est entré ici avec une bourse qui lui couvre la totalité des frais de scolarisation. Ce qui est mon cas aussi, sois dit en passant. Mais je ne pensais pas tomber sur quelqu'un avec qui je pourrais rivaliser. J'en suis plutôt heureux quelque part.

Au moment où j'allais poser mon plateau sur la table, j'aperçois Naruto discuter avec Miss Tagada, enfin je veux dire, Sakura. Toute la bande est là, assise au fond la salle. Debout, je les observe encore quelques secondes, Naruto ne m'a pas remarqué.

- Sasuke ?

- Hein ?

- Tu préfères manger debout ?

Je fais les yeux ronds, laisse échapper un petit rire nerveux et m'assois rapidement tandis que Shikamaru entame déjà son assiette. Je me sens mal à l'aise d'un coup, je me demande pourquoi. Je me secoue un peu et décide de ne plus y penser.

- Tu as eu des nouvelles des autres ? Me demande soudainement Shikamaru.

- Non, pas vraiment. A vrai dire, j'ai pas cherché à en avoir.

- J'avais oublié que t'étais pas du genre à te lier d'amitié avec quelqu'un.

Je ne sais pas comment je dois le prendre.

- Chôji est dans un lycée professionnel, c'est le seul avec qui je garde contacte, continue t-il, les autres n'en valaient pas la peine.

Chôji ? Ah, ce garçon obèse qui lui servait de meilleur ami.

- Tu sais que la plupart des filles ont voulu entrer ici juste pour être avec toi ?

Je lève les yeux au ciel. En effet, j'avais entendu parler de ça mais la plupart était plus bête que leurs pieds bien heureusement pour moi et ont finis par entrer dans un lycée beaucoup moins sélectif.

- Enfin bref, tout ça pour dire que je me suis retrouvé tout seul au milieu d'une bande de babouins pas capable de se tenir sur une chaise.

Je lui souris, amusé par sa comparaison. Il se met à bailler et s'étire lentement, j'ai bien envie de l'imiter. La matinée n'a pas été de tout repos mais au moins je ne suis pas tout seul. Inconsciemment mon regard se tourne vers la table du fond, Naruto y est toujours et rit de bon cœur comme il le fait toujours. Ce poids est toujours là. J'ai l'impression de regretter quelque chose mais je ne sais pas exactement quoi, pourtant j'ai trouvé quelqu'un pour me tenir compagnie ce midi, je n'aurais pas à me priver.

Mon cœur bat comme au ralentit, mon malaise est toujours là. J'ai froid. Il n'y a pas de vent, pas de courant d'air, mais j'ai froid. Je serre mon jeans avec mes poings.

Je veux rentrer chez moi.

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Oui je sais Sasuke est trooooop mignon x') et trooooop OCC XD

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