Et voila le chapitre 3 !
J'avance à pas de tortue et j'en suis vraiment désolée... Je voulais faire de ce chapitre la journée entière du pari mais elle ne tenait pas dans les 2000 mots/chapitre que je me suis fixée donc ma fic se rallonge encore (je pensais la finir en 3 chapitres et je pense maintenant en faire environ 6 ^^').
Attention léger (très léger) lime, au cas où des gens pourraient être choqués mais j'en doute ;)
Disclaimer : Je pense que vous connaissez la chanson depuis le temps...
Bonne lecture ! :D
Il était 11h15 et la vague de détermination qui avait parcouru le corps de Sirius s'était déjà dissipée. Le silence était revenu dans la pièce et il se sentait exténué par ce qui lui était apparu comme une discussion éprouvante. Intérieurement, il se fit la remarque que jamais il n'avait vu Remus se comporter d'une telle manière avec qui que ce soit : il s'était montré déterminé, légèrement agressif et n'avait pas fui la confrontation. Cependant, il était reparti et Sirius se retrouvait seul à nouveau dans sa lugubre maison avec pour uniques compagnons des têtes d'elfes de maisons décapités.
D'une main encore tremblante, il se massa vigoureusement les tempes dans l'espoir d'atténuer son mal de crâne. Il ne savait pas quoi faire pour s'occuper et, devant l'épreuve qui l'attendait, il songea à se resservir un verre. Il en avait besoin. C'est lorsqu'il se leva péniblement de sa chaise que les termes du pari qu'il venait de faire lui revinrent à l'esprit : « ni alcool ni compagnie pendant 24h ». Il maudit silencieusement son ami avant de pousser un soupir. La journée allait être longue. Trop longue.
Il resta prostré en silence sur sa chaise un certain temps avant de décréter que prendre une douche était sa priorité. En effet, il ne pouvait plus supporter la terrible odeur de sueurs froides qui imprégnait son peignoir. Il quitta la pièce sans prendre la peine de débarrasser la table et se dirigea vers la salle de bain de l'étage. Lorsqu'il passa devant le portrait de sa mère, il jura entre ses dents et lui adressa un doigt d'honneur. Si ce petit rituel ne changeait rien à la réalité, il avait l'avantage de le détendre.
En arrivant dans la salle de bain il poussa un soupir de soulagement. L'atmosphère paisible, la lumière douce et les porcelaines blanches de celle-ci lui plaisaient. Il aimait cette pièce. Ou du moins il la trouvait moins horrible que toutes les autres. Le contact frais du carrelage sous ses pieds lui permit d'émerger en partie du brouillard opaque dans lequel il était plongé depuis la veille.
D'un geste, il se débarrassa de son peignoir qu'il jeta négligemment dans un coin de la pièce. Il se dirigea vers un grand miroir accroché au mur pour observer avec attention son corps. Depuis son retour d'Azkaban, c'était devenu une habitude pour lui de se contempler avant de prendre une douche afin de constater la disparition des cicatrices laissées par son enfermement. Ce qui le frappait toujours en premier c'était sa maigreur. Il n'avait jamais été un homme gros avant d'être emprisonné et il avait encore perdu beaucoup de poids, même après sa libération. Là où se dessinaient avant les abdos dont il était si fier, il n'y avait plus que de la peau et des os, ses côtes étant légèrement apparentes. Son visage émacié aux traits tirés par la fatigue ne ressemblait plus réellement à celui du jeune homme en pleine santé qu'il avait été.
Il caressa la peau tatouée de son torse de ses mains aux longs doigts fins en observant pensivement son reflet. Soudain une marque au-dessus de sa clavicule gauche attira son attention. C'était un hématome rose pâle en arc de cercle de la taille de son pouce. Prudemment, Sirius palpa son épaule légèrement douloureuse du bout des doigts. Cette pression fit apparaitre de petites entailles et il reconnut sans mal une morsure.
Il m'a mordu cet abruti ! Il m'a fait un suçon et il m'a mordu !
Sirius s'examina sous tous les angles à la recherche d'autres marques semblables et il en dénombra une petite dizaine répartie sur son cou, ses bras, son torse et son ventre. Lorsqu'il se tordit pour apercevoir le reflet de son dos dans le miroir, il poussa un cri de surprise : de fines griffures rouges s'étiraient du haut de ses omoplates jusqu'au milieu de son dos. Il contempla un instant son reflet soucieux tandis qu'il rassemblait les fragments de souvenirs qu'il lui restait de la veille. Il se souvenait vaguement d'être rentré chez lui accompagné de celui qui se révèlera plus tard être Remus. Quelques minutes plus tard, ils étaient nus dans une pièce qu'il supposait être sa chambre. A partir de là ses souvenirs s'entremêlaient pour former un mélange sensuel et érotique mais aussi parfois tendre et passionné.
Le goût de l'autre envahissait sa bouche tandis que leurs langues se rencontraient avec ardeur. Le silence de la vieille demeure n'était rompu que par le doux bruit de leurs halètements. Sirius frémissait à chaque fois qu'un gémissement s'échappait des lèvres de l'inconnu.
A bout de souffle, ils se séparèrent un instant et il fixa le visage rouge de l'autre homme, la vision encore troublée par les effets de l'alcool. Si un étrange sentiment d'appréhension lui nouait le ventre, cela faisait bien longtemps qu'il ne s'en souciait plus. Il n'avait que rarement expérimenté un désir aussi puissant et ne pensait qu'à l'assouvir.
Les battements sourds de son cœur résonnaient dans les oreilles de Sirius qui fut surpris de sentir une étrange chaleur se répandre dans tout son corps.
Il ne pouvait plus attendre. Il en avait envie. Leurs baisers se faisaient tour à tour torrides ou passionnés tandis qu'il parcourait le corps tremblant de désir de l'inconnu partageant son lit. Les caresses hésitantes de celui-ci le rendaient fou. Cependant l'autre homme prenait peu à peu confiance en lui et leurs échanges devenaient de plus en plus violents. Maintenant, il ne parvenait même plus à se contrôler et se laissait guider par ses instincts.
Sirius poussa un gémissement rauque quand l'homme laissa glisser ses mains le long de son ventre. Un sourire enjôleur s'étira sur le visage de l'inconnu qui prenait maintenant un malin plaisir à torturer Sirius. Il se pencha alors doucement vers…
Sirius s'aperçut qu'il retenait sa respiration depuis déjà plusieurs secondes et il poussa un petit soupir embarrassé. Il se sentait idiot de rougir pour si peu, lui qui était réputé pour être plutôt à l'aise dans ce genre de situation.
Cependant, il n'avait jamais été attiré par les hommes et encore moins par l'un de ses meilleurs amis. Ce qui c'était passé la veille avait été une erreur. Une simple et malheureuse erreur. La colère remplaça rapidement son excitation passagère et c'est d'un pas rageur qu'il se dirigea vers la douche.
Il se délecta de la sensation de l'eau fraiche sur sa peau qui acheva de le faire redescendre sur terre. Il aimait l'eau. Le manque d'hygiène, les odeurs répugnantes et les démangeaisons avaient manqué de le rendre fou à Azkaban. Ça plus la solitude, l'enfermement, la nourriture immonde, la présence de détraqueurs, les hurlements de ses voisins et pleins d'autres menus détails.
La douleur qu'il ressentit lorsqu'il frotta les griffures de son dos avec du savon l'irrita au plus haut point : c'était un souvenir de plus de son horrible soirée. Il voulait l'oublier. Le plus rapidement possible. Il ne supportait pas l'idée de s'être senti attiré, et même excité, par son ami de toujours : plus rien ne serait pareil pour lui maintenant.
D'une main distraite, il attrapa une serviette sèche et commença à essuyer son corps avec précaution. L'odeur de lavande qui se dégageait de sa peau lui semblait particulièrement agréable et, maintenant qu'il n'avait plus mal au cœur, il se sentait de nouveau en pleine forme. Il était, pour la première fois depuis un certain temps, calme et pleinement maitre de ses réactions.
Il noua une serviette autour de sa taille et se dirigea vers sa chambre à la recherche de vêtements propres.
Lorsqu'il franchit le seuil de la porte, il marqua un temps d'arrêt : l'odeur était abominable. Toujours ce mélange acre de sueurs, de parfums masculins et de nombreuses autres fragrances non identifiables qui apportaient une note particulièrement écœurante à l'ensemble.
Dans la semi-obscurité qui régnait sur la pièce, il aperçut les ombres de sa table de chevet renversée et de ses placards grands ouverts. Sa couverture gisait au pied de son lit complètement défait tandis qu'un ensemble de vêtements plus ou moins propres, de mouchoirs usagés et de bibelots en tous genres formaient un grands tapis d'immondices sur le sol.
Sirius eu un haut-le-cœur à la vue de ce carnage et se précipita vers la fenêtre pour aérer la pièce de toute urgence. D'un geste brusque, il ouvrit les volets et inspira à pleins poumons tandis que le Soleil d'hiver l'éblouissait. Il cligna un instant des yeux avant de fermer les battants de la fenêtre en frissonnant.
Après un coup d'œil circulaire à la pièce maintenant éclairée, il poussa un soupir de découragement. Sirius qui n'était pas un homme que l'on pouvait qualifier d'organisé, faisait actuellement face à un foutoir qu'il considérait lui-même comme indescriptible. Il s'allongea sur son lit pour réfléchir calmement. Les draps portaient encore l'odeur des deux hommes et Sirius se laissa doucement emporter par un tourbillon de souvenirs.
Leurs corps s'entremêlaient en une danse terriblement sensuelle tandis que leur peau claquait avec délice. Un gémissement rauque s'échappa des lèvres de l'inconnu qui agrippa fermement les couvertures …
Sirius se redressa d'un bond et contempla son lit défait avec une moue de dégout. Jamais il ne pourrait dormir de nouveau dans ce lit ou même vivre dans cette pièce sans être assailli par ces répugnantes images. Il donna un coup de pied rageur dans le montant du lit avant de constater son absence de chaussures et de jurer violemment contre la douleur et sa stupidité. Il s'accouda à sa commode pour masser ses orteils endoloris lorsqu'il aperçut sa table de chevet renversée et ses bibelots éparpillés.
C'est là que je l'ai plaqué contre le mur et que je lui ai…
Sirius secoua la tête pour empêcher ces pensées sournoises de revenir tourmenter son esprit. Il décida qu'il valait mieux pour sa santé mentale qu'il ne s'attarde pas dans sa chambre dévastée plus longtemps. Il se souvint alors que la raison première de sa venue était la recherche d'une tenue décente et, si possible, propre.
Un imposant tas de vêtements attira son attention et il se lança dans une opération de tri. La plupart des chemises qui gisaient sur le sol étaient celles qu'il jetait négligemment dans un coin de la pièce lorsqu'il rentrait de soirée. En général, dans ces moments-là, son attention était détournée par une de ses nombreuses conquêtes et il s'étonna de retrouver plusieurs strings qui ne lui appartenaient définitivement pas (Elles étaient donc réellement reparties sans culotte ?). Il parvint cependant à trouver dans l'ensemble une chemise de coton noir, dont l'odeur au niveau des aisselles lui semblait supportable, et un jean foncé encore propre et repassé, entité de plus en plus rare dans ses armoires. Pour ce qui est du caleçon, il décréta que celui qui était accroché à la poignée de la porte ne lui inspirait en rien confiance et il se rebattit sur un boxer difficilement trouvé sous la commode.
Après s'être rapidement observé dans le miroir de son armoire, Sirius estima avoir rassemblé une tenue relativement convenable et il se contenta d'un peu de déodorant et de parfum pour parfaire le tout. Un court instant de réflexion lui rappela qu'un bon brossage de dents pour chasser son haleine de fauve alcoolique ayant abondamment vomi ne serait pas de refus et il se dirigea vers la salle de bain pour y remédier.
Une fois tous ces préparatifs bien matinaux terminés, il retourna une dernière fois dans sa chambre pour se convaincre de la réalité de son cauchemar. Il ne se souvenait même plus comment toute cette histoire avait commencée. Qu'elle idée il avait eu de ramener chez lui son ami d'enfance et comment pouvait-il ne pas s'en être rendu compte !
Je n'avais pourtant pas beaucoup bu…
Epuisé, il chercha du regard son réveil qui se trouvait habituellement sur la table de chevet avant de le retrouver enseveli sous une pile de livres. Il jeta un coup d'œil au vieux cadran : il n'était que 14h et il se sentait déjà à bout de force.
Et voila ! J'espère que ça vous a plu ! Si oui, n'hésitez pas à me le dire, si non, bah faites de même ! ;)
J'essaye de me dépêcher pour le prochain chapitre qui signera (je l'espère) la fin du pari... :)
