Salut à tous ! Je dois vous dire qu'en publiant ce chapitre je suis d'assez bonne humeur : je commence enfin à saisir la trame complète de cette histoire (et ce n'est pas du gâteau, je vous le garantis), et il y a actuellement 16 chapitres écrits (ah ben il était temps de songer à son scénario quand même).
En revanche, notre Meryl n'a pas fini de subir des misères. Je vais vous laisser voir ça mais avant tout je dois répondre aux reviews anonymes, en particulier celle-ci qui fait une remarque très intéressante :
Suna : Déjà, merci pour ta review. Ensuite, concernant le nom de famille de Cora, j'avais en effet songé au départ à en faire une proche de Seamus. Mais après réflexion, je me suis dit que comme c'est juste un personnage secondaire, je n'allais pas embrayer là-dessus, et apparemment j'ai eu raison, puisque j'avais oublié en effet que Seamus est de sang-mêlé. Néanmoins, Finnigan est un nom de famille courant et ce ne serait sans doute pas étonnant si au Royaume-Uni beaucoup de personnes s'appelaient comme ça, y compris chez les sorciers (d'ailleurs, en parlant de ça, il n'y a pas longtemps j'ai regardé tous les films en anglais, et mon regard a accroché par hasard dans le générique du 3ème le nom d'une certaine Stephenie McMillan... ). J'imagine que tu dois te dire : "comment qu'elle s'invente trop pas des excuses celle-là".
Ensuite, Asa, eh bien merci à toi, et j'espère que la suite te plaira toujours ! Sur, ce bonne lecture.
Et merci à tous ceux qui se sont manifestés, ainsi qu'à ceux qui potentiellement me lisent en secret.
Disclaimer : L'univers appartient à J.K Rowling et certaines références sont tirées d'auteurs divers. L'idée de départ a été développée grâce au roman Le Combat d'Hiver de Jean-Claude Mourlevat, mais cela ne veut pas dire que je suivrai fidèlement la trame puisque sinon ce ne serait pas intéressant. Mes OCs sont à moi, et pour le moment, il y a peu voire pas du tout de personnages canons de l'oeuvre de Rowling (ne vous inquiétez pas c'est pour bientôt).
Chapitre 3 - Sur le champ de bataille
Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque.
Candide- Voltaire. Chapitre troisième.
.
« Mais enfin, personne ne m'avait dit qu'on aurait droit à un cas pareil aujourd'hui ! Tu nous as vraiment tous surpris. »
Béatrice se pencha par-dessus le livre que Meryl tenait entre ses mains tandis que celle-ci, rougissante, enfonçait toujours un peu plus le nez dedans.
« Je m'en doute… » marmonna t-elle.
Sans un mot, la main de Béatrice baissa d'un coup sec l'ouvrage et chercha le regard de sa camarade, un air déterminé sur le visage.
« Ne nous fuis pas comme ça ! Tu n'as commis aucune bévue, au contraire. Je ne vois pas pourquoi tu te cacherais. Pourquoi tu ne m'avais pas dit ça avant ?
-Parce que je n'étais pas sûre que ça marcherait.
-Très drôle… Tu t'en servais avant, non ?
-Une seule fois. Je m'en suis servi une seule fois. Et c'était il y a longtemps, je n'ai pas retenté la chose.
-Mais pourquoi c'était inscrit sur ton dossier alors ?
-Parce qu'il y avait des dizaines de témoins pour dire qu'ils n'avaient pas rêvé la même chose. »
Meryl croyait en la logique. Elle savait que si seule la fillette l'avait vue à l'œuvre, elle n'aurait pas été crue en allant le crier sous les toits. Mais le fait qu'ils eussent été tout un groupe à jouer, ce jour-là, et à voir la fillette se faire très mal en s'égratignant, n'était pas négligeable. Ceux qui n'avaient jamais appris à mentir avaient été des sources suffisamment fiables pour qu'on notât cette aptitude. Et l'hypothèse de l'hallucination n'avait même plus été envisagée. Aussi, disait-on que logique et magie étaient antinomiques selon les Moldus ? Car même si c'était interdit, Meryl en croisait souvent quelques-uns par accident. Ils étaient morts de peur à la vue d'un sorcier et en surprenant un jour une conversation pressée entre deux esclaves, elle l'avait compris. N'ayant aucune capacité magique, ils ne pouvaient pas disparaître comme les Elfes de maison. C'était donc facile de les surprendre.
« Voilà, dit Béatrice, en frappant dans ses mains. C'est ce que je disais, tu es surprenante, et tu possèdes sûrement un don rare et précieux. Avec ça, tu pourras sans aucun doute quitter ce camp pour espérer entreprendre une carrière au centre Sainte-Mangouste.
-Pour les maladies et blessures magiques ? Il paraît que les médicomages sont presque tous réquisitionnés dans les camps comme celui-ci, rétorqua Meryl.
-C'est vrai… »
Béatrice n'en rajouta pas, mais avait les yeux brillants. Jamais Meryl n'aurait pensé qu'une telle fille pût vouloir rester aussi proche d'elle, alors qu'elle ne la connaissait que depuis la veille. Cela lui faisait légèrement chaud au cœur.
« Mais un don comme le tien vaut plus que celui du meilleur médicomage au monde. Pourquoi t'a-t-on fichue dans ce camp ? Ta place est dans un endroit infiniment plus protégé afin de préserver les perles rares.
-C'est peut-être parce que… »
Meryl se tut. Encore un peu, elle faisait une bourde. Elle avait failli dire qu'elle était de sang mêlé.
« Hum ? Parce que… ? »
Béatrice attendait sa réponse.
« Oh, non, ce n'est rien. Une réflexion personnelle. »
Puis elle enchaîna avant de laisser le temps à sa camarade de répliquer :
« Tu te dépêches ? La messe commence dans un quart d'heure… »
Aussitôt ces mots dits, elles oublièrent pour l'instant leur conversation. Béatrice avait eu le temps de montrer son Vox à Meryl. Son écriture était ronde et très appliquée, peut-être un peu appuyée, de même que Meryl, bien que celle-ci écrivît de façon plus italique et nerveuse. Les deux filles semblaient posséder deux caractères différents, et pourtant rapprochés. Cela paraissait étrange.
Natanael suivait l'évolution de leur relation de loin. Il avait d'autres soucis à se faire, mais pourtant, depuis qu'on avait raconté l'exploit de la « nouvelle recrue » à l'infirmerie, il commençait à lui accorder plus d'attention. Son don l'intéressait, mais dire pourquoi était pour lui déplacé. Pour le moment, il ne parlait à la jeune fille qu'en termes de formalités et cela semblait leur convenir à tous les deux.
Les jours passaient ainsi. Chaque jour, Meryl usait de son pouvoir pour accélérer la guérison des malades, et l'infirmerie se vidait à une vitesse fulgurante. Cora Finnigan était de joyeuse humeur et on pouvait circuler plus librement entre les lits. L'arrivée de Meryl avait apporté une ambiance nouvelle à l'atmosphère autrefois si austère de l'infirmerie.
Meryl commençait à se dire que finalement, sa nouvelle vie se résumait assez bien, et elle en était heureuse. Toutefois, elle savait que ce bonheur serait de courte durée. Quelque chose allait faire pencher la balance, et pas forcément du bon côté.
Deux semaines après son intégration dans le camp S du nord-est d'Oxford, un matin, Meryl et ses camarades se levèrent les uns après les autres. Elle avait appris à connaître tous les prénoms, même si elle avait du mal à se souvenir des noms pour la plupart d'entre eux. Il y avait Jade, la fille brune qui lui avait donné son uniforme le premier jour sans lui prêter plus d'attention qu'à un vieux déchet abandonné sur le sol. Allen, le garçon blond qui s'était levé en premier, et qui avait toujours une étrange lueur exaltée dans les yeux. Natanael et Béatrice, évidemment, et enfin Howard et Odessa, la fille la plus discrète d'entre tous. Chacun entretenait une relation particulière. Jade et Allen par exemple, qui avaient l'air de vieux amis, ainsi que Howard et Odessa qui étaient jumeaux. Puis enfin, le presque-groupe que formait Meryl avec Béatrice et Natanael, qui les avait rejointes sur l'insistance de cette dernière. Le désir de Béatrice semblait de vouloir faire d'eux un trio. Mais il existait des tensions entre eux. Meryl n'arrivait pas à se sentir aussi proche de Natanael que de Béatrice, et il semblait éprouver la même chose de son côté. Qu'importe ce que penserait cette dernière, eux deux savaient qu'ils n'étaient pas sur le même terrain d'entente et que leurs chemins seraient différents.
Comme à leur habitude, Meryl et Béatrice se préparaient à partir vers l'infirmerie, lorsqu'un évènement changea leur programme de la journée. Sitôt qu'elles furent sorties, un bruit de trompe sonna et des étincelles explosèrent dans les airs, provoquant une certaine panique dans les rangs. Certains disaient : « Déjà ? » quand d'autres restaient froids et silencieux, étrangement déterminés. Le bruit de trompe retentit une dernière fois, et les étincelles retombèrent toutes, délivrant la vision d'un ciel gris et nuageux de début décembre. Presque aussitôt, une chose lumineuse émergea d'entre les bâtiments et se précipita vers la foule déjà présente. C'était une gazelle. Chacun attendait, le souffle court. Même si elle ne comprenait pas la signification de tout cela, Meryl ne put s'empêcher de prendre de plein fouet cette sensation de grand froid qui frappait l'assemblée. Elle trouva un pan du vêtement de Béatrice et le serra. Sa camarade n'eut aucune réaction.
« Ils arrivent, dit la gazelle, d'un ton pressé. Ils ont décidé d'attaquer plus tôt que prévu. Préparez-vous, à la défense ! Que la moitié d'entre vous vienne sur le champ de bataille soutenir les soldats pendant que l'autre moitié accueillera les blessés ici. Dépêchez-vous ! »
Aussitôt les ordres donnés, l'animal lumineux fit volte-face et repartit d'où il était venu. La foule se mit en branle, on nomma rapidement ceux qui devaient venir sur le champ de bataille tandis que le reste convergeait vers les bâtiments afin de tout préparer en prévision de l'arrivée de blessés. Meryl préféra être de ceux qui attendaient, restant ainsi avec Béatrice. Mais Natanael et Jade semblaient déterminés à vouloir aider, chacun tenant sa baguette avec une lueur dangereuse dans le regard. Ils voulaient être dans le feu de l'action.
« D'accord pour vous deux, disait le responsable de l'organisation des groupes. Natanael, tu devras t'occuper de renforcer les sortilèges de protection des combattants. Jade, toi tu restes à l'écart et tu prends par surprise dès que l'ennemi baisse sa garde. N'oublie pas qu'il te faut aussi venir en aide aux blessés et les apporter ici. Compris, vous tous ? Ne combattez que si c'est nécessaire, ne prenez aucun risque. Votre but est de laisser le moins de morts possibles dans notre camp. »
N'écoutant pas plus, les deux jeunes filles rejoignirent Cora qui appelait ses infirmiers à se réunir dans le bâtiment. D'autres s'étaient réunis là. Ils étaient en nombre suffisant pour supporter un afflux de blessés, et le don de Meryl aidant, ils pouvaient accélérer la guérison et peut-être renvoyer les soldats en combat. C'était la stratégie employée.
Pour la première fois, la jeune fille se sentit paralysée. Elle n'avait jamais tenté pareille expérience avant. Les poings serrés, elle suivit les autres et se retrouva bientôt à attendre l'arrivée des premiers blessés, si par malchance il y en avait.
« C'est toujours comme ça, les Rebelles jouent sur nos nerfs, expliqua Béatrice. Ils font couler plusieurs jours, voire plusieurs mois avant de revenir causer des ravages. On ne prévoit jamais quand ils pourraient de nouveau donner signe de vie. Si seulement on pouvait savoir où ils se terrent, la paix règnerait enfin. Personne n'irait chercher de noise au pouvoir en place. Ma mère me disait qu'avant la montée au pouvoir du Seigneur, le monde sorcier était loin de ressembler à celui de maintenant. Il était bourré de Sang-de-Bourbe et d'incapables. Les gens reniaient leur véritable essence pour se tourner vers les Moldus. Tu te rends compte ? S'abaisser au niveau des Moldus ! On en apprend de bonnes… »
Son babillage angoissait davantage sa camarade mais elle préférait ne pas le dire. Dehors, un combat faisait sûrement rage et ce n'était pas le moment de raconter des anecdotes. Cora et une jeune femme atteignant la vingtaine préparaient les potions de guérison qui étaient enfermées à double tour dans un placard. Les lits étaient faits, attendant leurs inévitables occupants. Les autres guettaient l'arrivée des premiers blessés afin de se mettre en action le plus vite possible.
« Pourquoi faut-il qu'il y ait la guerre, Béatrice ? demanda enfin Meryl, n'osant pas lever les yeux pour voir l'expression de son amie.
-Quelle question ! Pour parvenir à instaurer une ère comme celle-là, le Seigneur a dû faire la guerre. Ces gens comptent y arriver de la même manière. Au fil des époques, même chez les Moldus, la conquête du pouvoir s'est faite par la guerre. C'est une sorte de passage obligé.
-Mais il n'y a vraiment aucune autre solution ?
-Tu crois que le monde est rose et rempli de gens bien intentionnés ? Il y a erreur quelque part. Qui a parlé d'une invasion de territoire qui s'est faite sans que les habitants dudit territoire ne protestent ? Quoiqu'il en soit, cette terre est à nous, le monde est à nous. « L'ambition du Seigneur fait écho à nos propres espoirs » tu te souviens de cette phrase qui est dans le Vox ? Le Seigneur veut simplement un monde pur et débarrassé de ses parasites. Les parasites, ce sont les rebelles et les bâtards. Seule la suprématie des Sang-Pur doit se démarquer.
-Béatrice, je… »
Alors que, blessée par ses paroles, Meryl était sur le point de demander à Béatrice s'il s'agissait vraiment de ses pensées, des cris les interrompirent et aussitôt, un infirmier se précipita dans la salle, suivi d'autres personnes qui faisaient léviter un corps inerte jusqu'à un lit. Meryl regarda. Il s'agissait du soldat qu'elle avait rencontré le premier jour, et il était salement blessé à la tête.
« C'est Jade qui l'a amené là. Il faut agir vite fait. Meryl, on a besoin de toi ! »
A l'appel de son nom, la jeune fille s'avança, le cœur battant, et observa la forme allongée sur le lit d'infirmerie. Le jeune homme semblait paisible. Son visage était d'une pâleur inquiétante et du sang coulait de la plaie qu'il avait à la tête. Sous les injonctions de ses collègues, la jeune fille retint son souffle et apposa une main au-dessus de la blessure.
« Une suffit, je pense » expliqua t-elle, à ses camarades étonnés.
Puis elle ferma les yeux et fit le vide dans son esprit. L'esprit de compassion étant bien présent, il ne fallait pas le chercher, et une chaleur se fit ressentir à travers tout son corps jusqu'à sa main, d'où s'échappait l'énergie bienfaitrice. Meryl ignorait si ce pouvoir lui avait été donné en échange d'une autre chose équivalente, mais autant s'en servir à bon escient. Lorsqu'elle ouvrit les yeux et retira sa main, la plaie avait disparu, mais le jeune homme était toujours inconscient.
« Génial, c'est notre tour maintenant, dit un infirmier, en poussant Meryl sur le côté. Avec un peu de chance on pourra le renvoyer au combat. »
Voyant qu'on n'avait plus besoin d'elle, la jeune fille s'éloigna et rejoignit Béatrice qui, avec les autres, sélectionnait les potions les plus appropriées pour ce genre de blessure.
« Belle performance. Tu es assez unique en ton genre » la complimenta celle-ci, sans tourner la tête.
Meryl fixa le vide. Chaque instant, elle avait hésité à tout avouer à son amie, mais à présent, elle sentait que cela lui serait préjudiciable.
Les blessés venaient, encore et toujours, et la tâche devenait plus rude. Meryl guérissait jusqu'à l'épuisement, et manquait s'évanouir après chaque passage à l'acte. Elle sentait que ce pouvoir la rongeait et lui drainait son énergie, mais elle n'osait pas le dire. Elle voulait toujours aider un peu plus. Grâce à elle, les soldats guéris revenaient au combat plus en forme que jamais. Son pouvoir leur procurait une autre force.
Enfin, alors qu'à l'intérieur les soigneurs ignoraient totalement ce qu'il se déroulait dans le monde extérieur, la porte s'ouvrit sur Jade qui cria à l'assemblée réunie.
« Ils font exploser les bâtiments. Il faut évacuer d'ici, il s'agit de leur prochaine cible. »
Chacun était paniqué. L'infirmerie avait résisté à bien des assauts. Ce n'était jamais la cible privilégiée des Rebelles. Mais là, la chose était grave : détruire un tel lieu, c'était couper la circulation et anéantir toutes les chances de ravitailler l'armée. Il fallait empêcher cela à tout prix.
« Mais alors, il faut protéger cet endroit ! dit Cora, ayant pâli à l'annonce.
-Je ne pense pas que même avec ça on va parvenir à le garder sauf. Il faut prendre tout ce qu'on a avec nous et fuir les lieux. Vous voulez que la moitié de l'équipe meure ?
-D'accord, murmura doucement Cora. Dans ce cas, embarquez tout le matériel et les malades. Il faut trouver un autre endroit plus sûr.
-Mais ce bâtiment est protégé par des sortilèges, non ?
-J'ai vu des dortoirs tomber en miettes, figure-toi, grinça Jade, en fixant l'infirmier qui avait prononcé ces paroles. Ces gens ont eu l'occasion de tester l'efficacité de ces sorts la dernière fois et sûrement qu'ils ont élaboré un moyen de les contrer. Allez, vite ! »
La jeune fille brune disparut de l'embrasure de la porte, et chacun s'activa, transportant les blessés ou les fioles de potions. On demanda à Meryl de se mettre à l'abri quelque part ; son don était trop précieux pour qu'on se permît de la perdre. Elle obéit, malgré l'épuisement qui l'assaillait et manquait la faire s'évanouir à tout instant. Dehors, le ciel était toujours aussi gris. On apercevait plusieurs jets de lumière venant d'en haut ; le combat se déroulait en surface, et la foudre frappait vivement. Les barrières de protection faisaient bénéficier d'une certaine chance de survie, mais pour combien de temps encore ? Elles semblaient sur le point de céder, d'après ce qu'avait dit Jade…
« Je pense qu'on n'a pas le choix, dit Béatrice, en sortant. On ferait bien d'aller directement sur le champ de bataille apporter notre aide.
-Mais tu es folle ? On va se faire tuer à coup sûr du premier coup !
-Oui, mais ça évitera de nous réunir dans un même endroit et d'être une cible de choix pour nos ennemis, pas vrai ?
-Vos vies sont trop précieuses, trancha Cora. Ta proposition est pertinente, Béatrice, mais je ne veux pas que vous risquiez vos vies. Certains d'entre vous ici savent à peine se battre en duel. Ce serait du suicide. »
Meryl préféra se faire discrète, mais Béatrice se chargea de dire à sa place ce qu'elle voulait mettre sous silence :
« Et Meryl ? Ses dons peuvent remettre sur pied en un rien de temps, elle sera d'une plus grande utilité sur le terrain à guérir directement les combattants…
-Non, hors de question, gronda Cora. Si en plus nous devions nous débarrasser de notre meilleur élément de cette manière, nous… »
La jeune fille avait compris. Elle n'avait jamais songé qu'on puisse un jour la qualifier de « meilleure » et cela lui faisait chaud au cœur même si la situation ne s'y prêtait pas. D'autre part, elle aurait été incapable de survivre plus de cinq minutes parmi les sortilèges lancés à toute vitesse sans prévenir qui que ce fût. Et même, elle serait tombée de fatigue.
« Éloignons-nous, il faut… »
Trop tard. Un BAM retentissant éclata et il y eut comme un souffle de vent, si fort qu'il leur fit décoller les pieds du sol. Meryl se sentit partir dans un nuage de poussière, et elle s'entendit vaguement crier. Ses oreilles bourdonnaient, elle ne voyait plus rien, tant ses yeux l'irritaient. Elle finit par heurter le sol et une douleur lancinante pointa à l'arrière de son crâne.
Où suis-je ? se demanda t-elle, en ouvrant les yeux.
La poussière flottait au-dessus d'elle, camouflant son champ de vision. Elle ne savait même plus se repérer, et encore moins où étaient les autres. Elle toussa, cracha toute la cendre qui s'était infiltrée dans ses voies respiratoires et se leva en se frottant les yeux. Elle avait l'impression de s'arracher les poumons à force d'évacuer les corps étrangers. Puis, avec difficulté, elle se leva et s'accroupit. Elle était seule au milieu de ce brouillard dense qui retombait doucement sur le sol. Elle n'osait pas ouvrir la bouche pour appeler quelqu'un, par peur de voir la poussière s'engouffrer dans sa trachée.
Suffoquant, elle rampa et ses genoux s'éraflèrent contre les cailloux. Le nuage devenait transparent au fur et à mesure qu'elle avançait et elle put voir des silhouettes, pour le moment floues, qui bougeaient, et aussitôt, malgré son malaise, elle parvint à articuler :
« C'est vous ? »
Mais son ton était trop faible et elle chuta. Le bruit mat qu'elle fit en tombant attira l'attention des silhouettes et celles-ci tentèrent d'y voir quelque chose dans la poussière. Meryl ne voyait pas de qui il s'agissait, car elle avait les yeux fermés à cause de l'épuisement, mais les voix qu'elle entendit lui étaient étrangères :
« Laisse. On n'a pas le temps de s'en occuper. Il faut aider les autres. »
Et bientôt, elle n'entendit plus rien.
Elle ne sut pas combien de temps s'était écoulé depuis ce moment. Peut-être s'était-elle évanouie, elle ne savait pas. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle était engourdie, toujours affalée à même le sol, et le nuage de cendres avait disparu. Elle n'eut pas le courage de se lever, et ce fut à ce moment-là que quelqu'un vint s'agenouiller à ses côtés.
« Celle-là est vivante ! cria une voix de jeune homme. Tu as eu de la chance, l'explosion a fait pas mal de morts et de dégâts. Oh, mais tu es… »
La suite, elle ne l'entendit pas. L'autre appela encore de l'aide et pour elle, ce fut le noir total.
Elle se réveilla dans un lit qui lui parut merveilleusement confortable, et se demanda où elle était. Elle tenta de se lever, mais en fut incapable. Elle entreprit alors de bouger la tête et découvrit qu'elle pouvait encore la faire tourner à droite et à gauche. C'était déjà bien.
Elle entendait des voix autour d'elle. Au-dessus d'elle, il y avait un plafond miteux et illuminé, peut-être bien trop pour que ses yeux supportassent une telle intensité de lumière. Elle ferma les yeux, et fit mine de vouloir bouger. Elle n'y parvint pas, elle était comme paralysée…
« Oh, Meryl vient de revenir à elle. »
Des visages se penchèrent au dessus d'elle. Parmi eux, elle reconnut la figure d'Allen. Les autres étaient des infirmiers visiblement en état de choc, eux aussi, mais qui pouvaient encore venir en aide aux blessés. Ils paraissaient soulagés de la voir.
« Elle a plus de chance que d'autres. Certains à sa place n'auraient même pas supporté la violence du souffle. C'est étrange d'ailleurs vu sa constitution, elle n'est quand même pas épaisse… Tu peux parler, Meryl ?
-O… Oui, parvint-elle à articuler, à grand-peine.
-Tant mieux, mais évite de t'épuiser alors. Écoute, c'est Allen qui t'a retrouvée avec une équipe de secours. On a entendu le choc de l'explosion et lorsqu'on a vu que ça venait de l'infirmerie, on a accouru à votre aide. Malheureusement, certains sont morts avant qu'on ait eu le temps de les sauver et d'autres, comme toi, sont dans un assez triste état. On espère qu'ils s'en sortiront quand même ».
Meryl cligna des yeux pour afficher sa compréhension, mais ce code n'était pas compris de tous les infirmiers. Certains retournaient déjà s'occuper d'autres blessures, et ce fut Allen qui continua :
« La bataille est terminée à présent. Mais je pense que ce n'était qu'un avant-goût. Ils ont peut-être autre chose de prévu, et ils veulent nous réserver la surprise. Je crois que l'administration va vouloir opérer quelques changements dans l'organisation. Déjà pour renforcer les sortilèges de défense, elle veut plus de personnes qualifiées pour ça. Ensuite, remplacer les infirmiers morts à cause des dégâts causés. Bien sûr, c'est déjà arrivé, mais autant en un coup… ça fait un choc. Encore heureux que tu sois en vie, ce serait vraiment regrettable qu'on puisse se priver de ton don comme ça. »
Meryl comprit que si elle n'avait pas eu ce pouvoir de guérison qui pesait comme une charge sur ses épaules, elle aurait pu mourir sans qu'on la regrettât le moins du monde. Elle ne se sentait pas la force de sourire à Allen qui continuait à parler sans se rendre compte de rien. Elle voulait plutôt le secouer et le supplier de se taire, car sa tête bourdonnante la faisait souffrir. Finalement, elle tomba dans le sommeil avant qu'il ait eu le temps d'achever son explication et rêva, encore et toujours, de cette étrange silhouette aux mèches blondes et au doux sourire qui murmurait son prénom en la suppliant de revenir…
~oOo~
Il lui fallut trois jours pour récupérer totalement de ses blessures. Durant ce laps de temps, elle eut l'occasion d'apprendre que les personnes les plus importantes pour elle telles que Cora Finnigan et Béatrice Ronwell se remettaient elles aussi de leurs blessures. Jade avait réussi à s'en tirer de justesse, et elle se pavanait à travers l'infirmerie en jetant un bref coup d'œil aux malades, qu'elle fixait avec condescendance. Son air concerné et sérieux lors de la bataille avait disparu pour laisser la place à un égocentrisme rare, qui n'avait d'égal que son élégance et sa beauté noire. D'après ce que Meryl avait pu apprendre d'Allen, elle était issue d'une famille de Sang-Pur et rêvait de devenir médicomage, ce pourquoi elle avait demandé à venir ici. Oui, demander, c'était peu commun pour une fille d'aristocrate hautaine et maniérée. Même si elle avait adopté certaines manières plutôt rustres du camp, elle n'en montrait pas moins qu'elle venait d'un milieu aisé et de second ordre dans la hiérarchie des Héros, c'est-à-dire juste au-dessus des catégories auxquelles appartenait Béatrice et Meryl, mais en dessous des Héros les plus proches du Seigneur Lui-même, qui Lui servaient en quelque sorte de ministres, car recevant directement leurs ordres de Lui. Jade appartenait à la glorieuse famille des Glastonbury, et ses ancêtres, en les temps anciens où la société sorcière était souillée par les impurs et les bâtards, s'étaient illustrés à Poudlard dans les maisons de Serdaigle et de Serpentard. Il était difficile de dire dans quelle maison Jade aurait pu aller si Poudlard existait encore. La nature l'avait dotée d'une intelligence vive et d'un grand sens de la ruse. Jade Glastonbury avait quelque chose qui faisait que personne n'avait envie d'être sur sa liste noire. Surtout pas Meryl que, déjà, elle ne semblait pas apprécier.
Le troisième jour, lorsque Meryl put enfin poser un pied à terre, un sentiment de soulagement l'envahit tandis qu'elle s'habillait. Elle avait envie de bouger et de se dégourdir les jambes, après être restée tant de temps immobilisée dans son lit sur ordre des infirmiers. Certes, elle avait accéléré le processus en se servant de ses pouvoirs de guérison en quantité minime, mais cela avait joué dans son rétablissement, elle le savait.
« Ah, tu es enfin debout, Meryl. Quelqu'un veut te voir dehors. »
C'était Allen qui venait de dire ces mots. Étonnée, elle lui emboîta le pas et lorsqu'elle sortit, elle vit que des sorciers étaient d'ores et déjà en train de reconstruire ce qui avait été détruit autour d'eux, grâce à des sortilèges efficaces. Elle vit aussi un grand homme, tout de noir vêtu et à l'air austère qui la fixait sans mot dire. Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, il se présenta :
« Confucius Aston. Membre du Nouveau Ministère, je travaille au Département de l'organisation militaire. »
Il lui saisit une épaule et lui dit, sur un ton autoritaire :
« Suivez-moi. Allons parler plus au calme. »
~oOo~
Meryl s'assit sur la chaise juste en face du bureau où Aston s'était installé. Il avait l'air de réfléchir, et la regardait sans la voir vraiment. Puis sa voix retentit au bout d'un temps de silence, la faisant légèrement sursauter :
« Meryl Greylord ?
-Oui, c'est bien ça » répondit-elle.
Son regard se fit plus intense, et la jeune fille se sentit mal-à-l'aise. Oui, elle savait que depuis sa plus tendre enfance, une lueur s'allumait dans les yeux des professeurs ou encore d'autres personnes étrangères lorsqu'elle déclinait son identité, et elle ne s'était jamais interrogée sur le pourquoi de ce si grand intérêt. Ce jour-là, elle se posa enfin la question, mais la garda pour elle. Aston enchaîna enfin :
« Votre don n'est plus un secret pour personne, ici, Miss Greylord. Chacun vante vos mérites et le pouvoir extraordinaire que vous possédez. Et il est vrai qu'il n'est guère commun de savoir n'utiliser que ses mains pour user d'un sortilège qui nous dépasse tous. J'imagine que vous ne possédez pas l'explication à ce phénomène.
-Non, monsieur, répondit-elle, voyant qu'il attendait accessoirement une réponse. Elle se retint d'ajouter : « j'ignore si c'est héréditaire ou non » car dès qu'elle faisait allusion à ses parents, ses interlocuteurs se rétractaient et la rappelaient sèchement à l'ordre ou détournaient le sujet.
-Après l'incident dont vous avez été victime il y a trois jours, l'administration a jugé plus prudent de vous emmener ailleurs que dans ce camp. Afin de vous préserver des éventuelles attaques à venir.
-Comment ? » s'exclama t-elle, presque en criant.
Elle se calma et demanda, légèrement inquiète :
« Me… M'emmener ailleurs ? Qu'entendez-vous par là ?
-Ne plus vous exposer sur un champ de bataille, sachant que vous n'êtes à l'abri nulle part y compris dans les lieux les plus protégés. Nous avons trouvé plus juste de vous accorder de meilleures conditions, qui vous feront évoluer dans un lieu plus sécurisant.
-Mais je ne suis ici que depuis deux semaines… protesta mollement Meryl.
-Nous le savons. Toutefois, n'oubliez pas votre importance. C'est à nos décisions que vous devez vous plier, et je ne suis moi-même qu'un émissaire venu du Nouveau Ministère en personne. Ainsi, vous vous familiariserez avec un milieu différent de celui-ci. Il s'agit du Pensionnat des Enfants de Rebelles de Winchester. »
Elle ouvrit grand la bouche.
« Les Enfants de Rebelles ? Mais…
-Oui, ils sont traités comme il se doit pour chacun d'entre eux. Vous leur tiendrez lieu de surveillante, et j'espère que vous saurez les contrôler, car ils sont bien moins disciplinés que les Enfants de Héros.
-Je le sais. »
Elle avait entendu toutes ces histoires au sujet des Pensionnats d'Enfants de Rebelles. Elle n'avait jamais eu l'idée de se rendre là-bas, de surcroît pour jouer les surveillantes.
« Je vous souhaite du bon courage. Il faudra que vous réunissiez vos affaires ce soir même et que vous rejoigniez Belisama Ortion, ma collègue, à la sortie sud du camp S. Elle vous mènera directement au Pensionnat où vous serez accueillie selon notre souhait. »
Il n'y avait pas à discuter. L'homme prit congé de Meryl et elle se retrouva bientôt à marcher comme un automate à travers le camp, sans savoir où aller. Quitter cet endroit alors qu'elle s'y était habituée… Elle n'aurait imaginé tour plus cruel du destin, et c'était là paradoxal, dans un climat de guerre comme celui-ci. Elle eut soudain la sensation qu'un grand froid s'abattait sur elle, et elle se frotta les bras pour se rassurer.
Elle n'aurait aucune chance de revoir Béatrice et tous les autres, une fois qu'elle serait partie. De plus, elle voyait déjà les moues déçues ou indignées de Cora Finnigan et des autres membres de l'équipe médicale, qui se voyaient privés si vite d'une aide précieuse. Ils allaient la haïr.
Par quelque miracle, le dortoir des défenseurs était intact, il avait échappé à l'explosion. Ses affaires étaient là, peu nombreuses, mais elle était infiniment soulagée de les revoir dans l'état où elle les avait laissées, trois jours auparavant. Elle se chargea aussitôt de réunir tous ses bagages en ruminant ses pensées, les yeux dans le vague.
« Alors, tu t'en vas ? Ils ont décidé de te changer, toi aussi ? »
C'était Natanael qui venait de parler. Il se tenait dans l'encadrement de la porte, et la regardait avec un air de profond ennui. Il ne semblait nullement affecté de la désolation qui régnait autour de lui.
« Apparemment oui, je ne leur sers plus à rien, rétorqua t-elle, avec amertume.
-Étrange de voir que tu sembles regretter. Il y a deux semaines, je ne te donnais pas deux jours sans que tu te mettes à appeler ta maman pour qu'elle vienne te chercher. J'imagine que ça doit être beaucoup plus plaisant dans ta petite famille où les domestiques te préparent un lit chaud et confortable et t'apportent le petit-déjeuner le matin…
-Je n'ai pas de parents. »
Il se tut, surpris. Meryl ne put s'empêcher de sourire face à l'expression du jeune homme. Il ne s'attendait visiblement pas à celle-là.
« Toutes mes excuses dans ce cas. J'imagine qu'ils sont morts pour la juste cause. »
Par juste cause, il sous-entendait sûrement les aides que le Seigneur des Ténèbres avait reçues lors de Sa montée au pouvoir. La bataille décisive, qui s'était déroulée à Poudlard en mai 1998, avait été le commencement de la nouvelle ère pour tout un peuple, et les autres ne tarderaient pas à suivre. Nombreux étaient ceux qui avaient donné leur vie pour l'avènement du règne du Seigneur. Le père ou la mère de Meryl avait dû être de ceux-là.
La jeune fille aurait pu aussi bien avoir un parent Sang-de-Bourbe tandis que l'autre était Sang-Pur, mais les actes perpétrés par le côté Sang-Pur avaient permis la survie de sa descendance, bien qu'elle fût impure.
« Je te souhaite bonne chance pour la suite. J'espère que tu auras une aussi belle vie que possible » lui dit Natanael, enfin, en lui tendant la main.
Elle se leva et se tourna vers lui. Elle était abasourdie de le voir soudain si conciliant.
Elle serra toutefois sa main avec hésitation, avant de prononcer ces mots à son tour :
« A toi aussi… Je ne sais pas si on aura le loisir de se revoir un jour.
-Peut-être, répondit-il, avec un sourire mystérieux. Peut-être… »
Et il lui promit alors d'adresser ses adieux à tous les autres, en particulier à Béatrice, permettant ainsi à Meryl de s'en aller le cœur léger, son bagage en main.
Elle observa une dernière fois le camp, avant de se diriger vers la sortie sud sans s'arrêter, sachant que les gardes ne l'en empêcheraient pas, ce coup-ci. Arrivée à destination, elle vit une femme, la trentaine, fine et élégante mais outrageusement maquillée, qui semblait attendre quelque chose. Lorsqu'elle la vit, elle se dirigea vers elle et lui demanda, d'un ton sec :
« Meryl Greylord ?
-Moi-même. »
Sans rien dire de plus, la dame lui tendit le bras, et la jeune fille s'en empara prestement.
Sa dernière pensée avant qu'un nuage noir les enveloppe fut que Natanael était sûrement la première et la dernière personne familière qu'elle rencontrait depuis son arrivée ici, jusqu'à son départ précipité…
Dans le prochain chapitre…
Après avoir traversé d'innombrables dédales et monté des escaliers grinçants ornés de tapis rongés aux mites, la petite femme s'arrêta devant une grande porte richement ornée, en contraste avec les lieux qui l'entouraient, et se tourna vers les visiteuses. Elle esquissa encore un de ses plus horribles sourires et leur dit d'un ton grinçant :
« C'est ici. La directrice va vous recevoir dans quelques instants. »
Et elle frappa à la porte. Aussitôt, une voix lui répondit, et elle sembla prendre cela pour un oui. S'effaçant devant les deux femmes, elle se permit d'ouvrir la lourde porte, avec difficulté néanmoins du fait de son apparente fragilité.
Peu après, Meryl et Belisama Ortion se retrouvaient dans une pièce magnifique et illuminée qui n'avait plus rien à voir avec l'austérité à laquelle elles avaient eu droit. Un bureau imposant et fait de bois rare leur faisait face, avec penchée dessus et assise sur un fauteuil de roi une femme aux longs cheveux qui ne leur prêtait aucune attention. Il fallut un moment avant qu'elle ne levât la tête, et leur sourît.
« Oh, nous avons été avertis de votre présence. Asseyez-vous donc (des chaises apparurent face aux deux nouvelles venues), ce sera plus aisé pour parler. »
La directrice avait de beaux cheveux flamboyants et des yeux couleur poison, hésitant entre le vert et le brun. Elle les vrillait du regard, comme si elle pouvait deviner leurs pensées. Puis elle haussa les sourcils et posa la plume qu'elle tenait entre les doigts sur le parchemin parcouru d'une écriture fine et élégante.
« Veuillez nous excuser de l'accueil que nous vous avons réservé. Nous ne sommes guère habitués à des venues autres que celles d'inspecteurs et de Héros. De plus, il est rare que l'on nous donne plus d'une nouvelle surveillante par an (son regard se posa sur Meryl, qui frissonna). Hum, Meryl Greylord, je présume ? »
Ses yeux ne s'illuminèrent pas.
Ce chapitre n'est pas le meilleur parmi tous ceux que j'ai écrit, je pense. J'ai du mal avec les scènes d'action mais comme cette histoire en demande beaucoup je fais avec et j'essaie de faire de mon mieux. Néanmoins j'espère que ça ne vous rebute pas et que vous me suivrez pour les prochains chapitres. Nous entrons dans une autre phase du récit et ça commence à devenir intéressant, mais je n'en dis pas plus pour le moment. L'extrait du dessus est assez éloquent comme ça.
Autrement, laissez des commentaires et à la prochaine fois ! Bonnes vacances aussi, toujours.
