Salut les gens ! En avant pour le deuxième chapitre, que je me suis particulièrement amusée à écrire )
Je le poste avec deux jours d'avance, parce que je n'aurai pas accès à internet demain.
Amour et paillettes sur vos têtes !
Je ne gagne pas d'argent sur cette fic, l'histoire et les personnages (sauf les miens, niark niark) sont à la magnifique JK Rowling.
Chapitre 2 : Rencontres, parentalité et surprenante découverte
La vendredi passa assez vite. Les maraudeurs (et Remus en particulier) me fichèrent la paix, et je vis l'avenir avec beaucoup plus de sérénité. On était maintenant samedi matin, et avec mes amies nous projetions d'aller faire un tour dans la forêt interdite (plus si interdite que ça, finalement). Nous étions dans le QG, à préparer nos sacs de survie : un petit sécateur et des gants pour récolter les ingrédients, une bouteille d'eau et des sandwichs, une couverture, deux ou trois livres, et mon carnet à dessins (indispensable). Parées pour la guerre, nous traversâmes le château et le parc le plus discrètement possible. Passée la lisière de la forêt, et étant sure que personne ne nous avait vues, je me détendis enfin. C'est alors que notre routine bien rodée se mit en place : Andy nous distribua une liste d'ingrédients ainsi que leurs caractéristiques, et nous nous séparâmes pour aller les cueillir, en nous donnant rendez-vous vers midi.
Je passai l'heure suivante à me casser le dos et à sursauter à la moindre petite bête qui passait devant moi. Ce n'était pas la première fois qu'on venait ici, et il ne nous était jamais rien arrivé de grave (si ce n'est notre première retenue : nous avions été prises en faute par Hagrid). Je continue de penser que si nous ne nous étions pas mises à hurler comme des cochons qu'on égorge à cause d'une malheureuse chouette qui passait par là, on aurait pas été attrapées par le garde-chasse. Mais je frissonnais quand même d'effroi à l'idée de tout ce qui vivait plus loin dans les bois… Outre les centaures, il y avait, d'après certains, des acromentules, et un loup-garou (j'étais moins sure pour ce dernier point : pourquoi un loup-garou irai se cacher juste à côté de Poudlard ? C'était insensé). Enfin bref, tout ça pour dire que je n'étais pas tranquille-tranquille. Qu'est-ce qu'on ne fait pas pour ses amies…
Au bout d'un moment, j'en eu marre, et retournais à notre point de rendez-vous. En attendant les filles, j'installais la couverture et notre repas du midi. Ensuite, je m'assis confortablement et sortit mon carnet à dessins. Depuis toute petite, j'adorais dessiner, et je crois que j'étais plutôt douée. Peu de gens avait pu apercevoir mon travail : ma mère, et mes amies. Celles-ci avaient maintenant l'habitude de me voir faire, et n'essayaient plus de regarder mon carnet en cachette (même si, par mesure de précaution, j'avais mis une armada de sorts pour le protéger. Parano, moi ? Faux : juste prudente, nuance). Au bout d'un moment, j'entendis des pas, bientôt suivis par les voix de mes amies. Je rangeais mon carnet dans la poche de ma cape, sous le regard curieux d'Andy :
« Tu dessinais quoi ? »
Amber lui fit un clin d'œil :
« Tu devrais plutôt demander qui elle dessinait… »
Et mes deux traitresses d'amies se tapèrent dans la main, fières de leur petite réplique. Je soupirai, lasse. Voilà maintenant 2 jours qu'elles me bassinaient avec Remus. Allez savoir pourquoi, ça les amusait de penser que je l'aimais bien. Détrompez-vous, je l'apprécie, il est sympa, mais je ne l'aime pas. Je ne sais pas d'où leur été venue cette idée. Enfin, je fis comme si de rien était, persuadée que si je ne rentrais pas dans leur délire, elles finiraient par me fiche la paix (un jour, peut-être). Nous mangeâmes dans la bonne humeur, discutant de tout et rien. Ensuite nous passèrent le reste de l'après-midi au bord du lac, dans un coin ou les élèves allaient rarement (il fallait passer par la forêt pour y accéder). Je me réinstallais avec mon carnet, Andy sorti notre cueillette du matin pour en faire l'inventaire, et Amber alla titiller le calmar géant avec des bouts de pain. On était bien, là, malgré une petite brise, signe de l'arrivée imminente de l'automne. Enfin, on était bien jusqu'à ce que des voix se rapprochent de notre campement improvisé, et je reconnu le rire caractéristique de Black (il aboyait plus qu'il ne riait, en fait) : génial, les maraudeurs. Je crois que, quelque part, un vieux barbu se fichait allègrement de moi. J'étais maudite, sans aucun doute. Les 4 garçons passèrent la lisière des arbres et débarquèrent dans ce qui semblait être un fou rire : qui était visiblement non partagé par Remus, qui marchait devant en boudant. Il stoppa net en voyant que nous étions là, et James, qui ne l'avait pas vu s'arrêter, lui fonça dedans avec force, entraînant la chute des deux griffondors. Et dire que j'avais eu peur de paraître ridicule face à eux avec ma potion ratée. Amber, toujours les pieds dans l'eau, les regarda les yeux écarquillés. Andy, de son côté, me lança un regard agacé (comme si c'était ma faute !) et continua de trier ses plantes. En soupirant, je me levais pour m'approcher des fauteurs de troubles. Remus, l'air mal-à-l'aise, regarda ailleurs, tandis que James se relevait d'un bond :
« Ah tiens, Erin ! Qu'est-ce que tu fais là ? On est dans la forêt interdite ! »
« Euh…Oui, merci Potter, j'avais remarqué. On se reposait juste, au calme, loin des autres élèves. »
J'insistais bien sur les deux derniers mots, espérant qu'il comprenne le message (dégage !). Malheureusement, ce garçon devait être bouché, ou complètement insensible aux sous-entendus, parce que ce ne fut pas le cas :
« Quel hasard, nous aussi ! Ne t'en fait pas pour nous, ça ne nous dérange pas que vous soyez là, on fera avec. Venez les gars, on va s'installer par là. »
Non mais quel… ! Je fulminai. Il se fichait de moi, ce crétin. Les trois autres garçons me passèrent sous le nez : Black me fit un clin d'œil, Pettigrow un signe de la main, et Lupin un sourire qui eut le bon gout d'être gêné. Interloquée par tant de sans-gêne, je regardai Andy, à la recherche de soutien, mais la jeune fille avait les yeux rivés sur ses ingrédients, m'ignorant totalement. En désespoir de cause, je me tournai vers Amber, qui regardait avec fascination un triton à double queue. C'est fou comme je me sens soutenue, là. Résignée, je m'assis un peu plus loin, perchée sur un rocher, et je me remis à dessiner pour faire abstraction des rires des garçons derrière moi. Bientôt cela marcha et, concentrée, je dessinais les contours de la silhouette d'Amber, avec son nouvel ami dans la main. En fait, j'étais tellement absorbée par mon dessin que je ne sentis pas la personne installée à mes côtés, jusqu'à ce que sa voix que fasse sursauter :
« Tu dessines bien. »
En poussant un cri étranglé, je descendis d'un bond de mon rocher, fermant violemment mon carnet. Devant moi, Black, l'air très surpris par ma réaction, me regardait abasourdis. La main sur le cœur, je m'exclamai :
« Mais pourquoi vous tenez tant à me faire peur tous les quatre ? »
« Tu devrais faire gaffe Sirius, la dernière fois que j'ai fait ça, elle a essayé de me tuer. »
James rigola, suivi par les trois autres. Le jeune Black descendit à son tour du rocher :
« Je crois que je m'en sors pas trop mal par rapport à toi, Jamesie. Je suis toujours debout, sans éponge sale sur la figure. »
Cette fois, ce fut au tour de mes amies de rigoler, ce qui fit rougir « Jamesie ». Amber rajouta :
« Oui, tu t'en sors bien. La dernière fois que j'ai voulu regarder dans son carnet, mes cheveux ont virés au vert pendant une semaine. Et ça c'est rien par rapport à ce qu'elle a fait à son grand frère, qui a craché des limaces toute une soirée… »
Je me dandinais sur place, gênée. Oui, j'avais tendance à être un peu violente quand cela touchait à mes dessins. Je relevais les yeux vers Sirius, qui recula d'un pas, un poil effrayé. Hé ! Je n'allais pas l'attaquer, quand même !
« Du calme ! Je ne vais rien te faire, tu ne pouvais pas savoir. »
J'entendis à peine l'expression indignée d'Amber à côté de moi. Andy toussa, et je crus entendre un « favoritisme » étouffé, mais je n'étais pas sure. Black regarda mes amies, puis moi, puis les garçons, et encore moi. Après quelques instants de réflexion ou je m'interrogeais sur sa santé mentale, il tapota le rocher pour m'inciter à m'y rassoir, et alla rejoindre Amber qui avait recommencé à nourrir le calmar. Ensuite, je vis Peter s'approcher d'Andy pour lui proposer son aide, qu'elle accepta aussitôt. Et pour finir, Remus et James sortirent un jeu d'échec préalablement miniaturisé et se mirent à jouer, installés sur MA couverture. Ok. Cette situation n'est absolument pas surréaliste. A part Remus, avec qui je parlais en botanique, binôme oblige, jamais les maraudeurs ne s'étaient intéressés à nous. Je n'avais fait qu'une retenue avec eux, et notre conversation n'avait pas été super intéressante. Je m'étais rendue ridicule devant eux, avec mes aveux puis ma fuite au cours de Chourave, mais pas de quoi fouetter un chat. Alors pourquoi se décidaient-ils d'un coup à nous côtoyer ? Je ne comprenais pas. Vraiment, ces garçons resteraient un mystère pour moi. J'espérais juste qu'ils n'aient pas l'idée saugrenue de montrer leur sympathie pour nous devant les autres élèves : à coup sûr, ça allait jaser.
Je me rendis compte que j'étais debout devant le rocher sans bouger depuis 5 minutes. Et dire que tout à l'heure je m'inquiétais de la santé mentale de Black. N'ayant plus envie de dessiner avec autant de monde à côté de moi, je pris un des livres que j'avais amené, faute de mieux. A mon grand étonnement, le reste de l'après-midi se passa agréablement. Les maraudeurs étaient de bonne compagnie. Non pas que j'en doutais auparavant, mais ils étaient tellement renfermés sur eux-mêmes, rares étaient ceux qui pouvaient vraiment les approcher. Oh, bien sûr, ils étaient très populaires, aimés des professeurs et des élèves, mais en dehors d'eux quatre, ils n'avaient pas vraiment d'amis. C'est pour ça que je fus surprise quand ils nous proposèrent de jouer aux cartes explosives avec eux, nous mêlant à leur conversation, racontant des anecdotes sur leurs blagues et nombreuses retenues. Bonus non négligeable, ils avaient amenés des dragées de Bertie Crochue, et nous fîmes une dégustation à l'aveugle. C'est un peu déçue je dois l'avouer que je vis le soir arriver. Nous nous dirigeâmes tous ensemble vers la grande salle pour le diner. Absolument rouge de gêne d'entrer avec eux devant tout le monde, je me dirigeais la tête basse vers la table des Poufsouffles. Mais à mon grand soulagement, la plupart des élèves n'étaient pas encore arrivés, ce qui fait que notre entrée se fit dans une relative discrétion.
Le soir-même, avec les filles, nous décidâmes de dormir au QG, histoire d'y faire un brin de ménage. Il fallut détacher du mur les plans dont on ne se servait plus, ramasser tous les papiers au sol et les trier, envoyer les vêtements aux elfes de maison pour qu'ils soient lavés, et enfin ranger tout notre attirail. Amber et moi nous attaquâmes à la bibliothèque, et Andy à son coin potions. Enfin, épuisées, nous nous affalâmes dans le canapé, satisfaites de notre travail : on y voyait mieux, d'un coup. D'un geste de la baguette, j'allumais un feu dans la cheminée face à nous, la touche finale. On prit notre douche chacune notre tour, pour enfin revenir au salon : malheureusement, on avait encore pas mal de devoirs à faire. En plus, Andy avait entrainement de quidditch demain, raison de plus d'avoir la journée de libre (Amber et moi ne rations jamais les entrainements de notre amie). Mes doutes de l'après-midi me revinrent :
« Les filles ? »
Mes deux amies levèrent le nez de leurs parchemins pour me regarder.
« Vous trouvez pas que les maraudeurs sont…bizarres ? »
Andy fronça les sourcils :
« Ils ont toujours été étranges. Je ne vois pas de quoi tu parles. »
« Pourquoi ils ont décidés tout d'un coup de devenir amis avec nous ? »
« Va savoir. Tu as du les faire rire, pendant la retenue, et après en botanique. A vrai dire, n'essaie pas de les comprendre, tout ce que tu vas récolter c'est une migraine carabinée. »
Je m'enfonçais dans le sofa, songeuse, avant de dire ce que j'avais vraiment sur le cœur :
« Je sais pas… Vous ne pensez pas qu'ils ont des soupçons, pour nous ? »
Cela eut le mérite de faire réfléchir mes deux amies. Pour finir, Amber haussa les épaules :
« Je ne pense pas. Comment pourraient-ils le savoir ? On fait attention, on ne laisse aucune trace derrière nous. Personne n'est au courant sauf Circée qui a promis de ne rien dire, et même les profs ont abandonnés les recherches. Il n'y a pas de raison. »
Andy approuva les paroles de la jeune fille :
« Elle a raison, Erin, tu t'en fais pour rien. Aussi étonnant que cela peut être, il semblerait qu'ils nous apprécient. Fais-toi une raison, et va enterrer ton cher anonymat. »
Le lendemain (dimanche, donc), eut lieu l'entraînement de l'équipe de Poufsouffle. C'était toujours très amusant de voir les regards que se lançaient John, le capitaine, et Andy. Par Merlin, les deux crevaient d'amour dans leur coin, sans oser se le dire. C'était tout bonnement désespérant. Si Andy ne me l'avait pas formellement interdit, cela ferait longtemps que je serais intervenue. Mais la menace de trouver un jour un poison quelconque dans mon jus de citrouille m'en a étonnement empêchée. Aaaah, chère Andy de mon cœur.
Les joueurs déambulaient dans les airs, tandis qu'Amber, Frank et moi (Scott Levy, le troisième garçon de notre promo, était dans l'équipe en tant que batteur) discutions dans les gradins. Au bout d'un moment, je laissais mes deux amis discuter et repris mon dessin de la veille : Amber avec son copain le triton (qu'elle avait affectueusement surnommé Mister Jingles). Je dû m'y prendre à plusieurs reprises pour arriver à bien reproduire le mouvement de l'eau à la surface du lac derrière mon amie. Agacée, je relevais la tête en soufflant. Malgré moi, je me déconcentrais de ce que je faisais pour regarder le ballet aérien. A mon plus grand regret, j'étais une catastrophe sur un balai, mais j'étais une grande fan de quidditch, comme beaucoup de sorciers. Passion bien évidemment partagée par ma famille, même ma moldue de maman adorée. J'étais perdue dans mes pensées quand Amber me donna un coup de coude. Intriguée, je l'interrogeais du regard : avec un sourire elle me montra quelque chose du doigt, derrière moi. Je me retournais vers l'entrée du terrain pour voir débarquer…Allez, je suis sure que vous avez deviné ! Non, vous êtes surs ? Un petit effort… Oui, en plein dans le mille : les maraudeurs. Maraudeurs qui essayaient tant bien que mal de se cacher derrière les gradins. Frank s'indigna :
« Non mais je rêve ! Ils espionnent l'équipe ! »
Ah oui, James prenait son rôle de capitaine très au sérieux. Et l'adage tous les moyens sont permis n'est pas réservé qu'aux Serpentards, visiblement. Amber m'incita à me lever :
« Tu devrais aller les voir avant que John ou un membre de l'équipe ne s'aperçoive de leur présence. »
« Quoi ! Pourquoi moi ? Frank peut y aller, lui, il les connait mieux. »
L'intéressé détourna la tête du match devant lui :
« Désolé, mais non. La flemme de bouger. »
Amber me fit un grand sourire :
« Et moi aussi. Quel dommage, mais vu que tu es debout, tu n'as qu'à y aller pour nous ! Ne fais pas cette tronche, c'est pour le bien de l'équipe. »
C'est dans ma tête ou bien les gens autour de moi sont d'une étonnante mauvaise foi en ce moment ? Je ne sais pas, c'est qu'une impression hein. Une partie de mon cerveau me disait de rester assise ici et de ne pas céder au caprice de mon amie, tandis que l'autre partie, la moins raisonnable, me criait d'aller les voir. Pourquoi ça, d'ailleurs ? Parce que tu les aime bien, fit une petite voix dans mon cerveau. Ah bah tiens, voilà que je vire schizo, manquait plus que ça pour pimenter ma vie. Je fus coupée dans ma réflexion –y aller, pas y aller- par les gestes et cris de John envers les 4 garçons. Résignée, je l'interpelai le capitaine et lui fis signe que je m'en occupais. Faisant fi du regard victorieux d'Amber, je descendis l'escalier menant à la pelouse. Tout en grommelant dans ma barbe, je me dirigeais vers les griffondors, qui n'avaient absolument pas l'air gênés de s'être fait prendre.
« Je vous ai connus plus discrets. Loupé, votre espionnage. »
Sirius fit semblant de ne pas comprendre :
« Espionnage ? Mais de quoi tu parles ? »
« Ne fais pas l'idiot avec moi, Black. Potter (je le montrai du doigt), l'équipe de ma maison (je fis un geste en direction du terrain) : c'est de l'espionnage. Je te pensais plus intègre que ça, Potter. Tu es si désespéré que tu as besoin de tricher pour gagner ? »
Bon, j'avoue, j'avais été un peu dure sur ce coup-là. James, dans une pose exagérée, se laissa tomber à genoux en se mettant une main sur le torse :
« Oh, Jackson, tu m'as eu en plein cœur ! Mes amis, je me meurs, écoutez bien mes dernières paroles… »
Souriant malgré moi à ses âneries, je le poussais d'une pichenette. Déjà en équilibre instable, cela suffit pour le faire doucement basculer vers l'arrière. Il entreprit alors de faire le mort, véritablement : avec la langue qui pend sur le côté et tout. Sirius s'assit à côté de lui pour lui jeter des brins d'herbe dans la bouche, ce à quoi James répondit en hurlant et crachant à tout-va. Un peu déroutée, je me tournais vers Remus et Peter qui les regardait comme si c'était normal.
« Vous supportez ça tous les jours ? »
Peter haussa les épaules, blasé, et Remus me regarda, l'air fataliste :
« C'est difficile à croire, vu comme ça, mais on finit par s'y habituer. C'est comme des animaux de compagnie : un peu bruyants, mais attendrissants. »
« Eh bien, si tu le dit… Toujours est-il que je suis ici pour gentiment vous demander de bouger vos fesses de ce terrain. »
Sirius, qui était en train de poursuivre James avec une touffe d'herbe, s'arrêta en plein geste, un sourcil haussé :
« Hum, alors comme ça, on s'intéresse à nos fesses, Jackson ? Coquine ! »
Je fermais les yeux face à tant de bêtise. Peter et James rigolèrent, et Remus, le gentil et droit Remus, se mis la main sur la bouche pour cacher son fou rire. Alors c'était ça, des garçons de 17 ans ? Et ben, bien contente de mon célibat, moi. Bon, aux grands maux les grands remèdes : je sortis ma baguette, et entreprit de les faire partir de ce fichu terrain, et tant pis si je me faisais remarquer. C'est ainsi que tous les élèves se prélassant dans le parc purent apprécier un spectacle inédit : les maraudeurs themselves traversant la pelouse en sautillant et se tenant les fesses sous mes sorts répétés. Au diable la discrétion : je m'amusais comme une petite folle. Arrivés au château, j'abaissais ma baguette, laissant les garçons respirer un peu. Sirius me lança un regard mauvais en se frottant les fesses, et je lui répondis d'un clin d'œil. Il allait répliquer quand des rires l'interrompirent : ceux de Lily, Alice et Esther, les trois filles 7èmes années de Griffondor. La première m'interpella :
« Eh bien, félicitations, Erin ! Tu as mon admiration éternelle pour avoir fait ça. C'était…magique ! »
Toute contente, je m'inclinai devant elle :
« A ton service ! Bien, maintenant que ça c'est fait, je retourne à l'entraînement. A plus, les gars ! »
J'eu le temps d'entendre l'expression furieuse de Lily à l'encontre de James (« Quoi ? Tu espionnais l'entraînement des Poufsouffles ?! ») tandis que je m'éloignais. Je rigolais, heureuse : finalement, cette année s'annonçait pas si mal.
Après ce weekend fort en sensations (et en maraudeurs), les cours reprirent. En deuxième partie de matinée, après mon cours de métamorphose, nous avions botanique en commun avec les griffondors, comme toujours. Et je dois vous avouer que je faisais nettement moins ma maligne que la veille. Mes amies avaient été mortes de rire quand je leur avais raconté la scène. Plusieurs élèves étaient venus me féliciter, et même le professeur McGonagall me tapota gentiment la tête lors du cours du matin. Mais voilà : j'espérais que les 4 garçons n'étaient pas rancuniers, sinon je ne donnais pas cher de ma peau. Je n'oubliais pas que nous avions également les cours de défense contre les forces de mal en commun avec eux. Me faisant toute petite, j'entrais dans la serre en compagnie de mes camarades, et alla m'assoir à ma table habituelle. Les griffondors n'étant pas encore arrivés, je me permis de me détendre un chouïa. Après tout, j'étais légitime : ils espionnaient l'équipe de MA maison, et c'était déloyal. Oui, c'est ça, j'étais absolument dans mon droit. Toute requinquée par cette pensée, je me redressais, pour aussitôt me ratatiner sur moi-même quand les maraudeurs entrèrent dans la serre. Bon, je n'étais pas une griffie hein, m'en demandez pas trop non plus. Concentrée sur un fil qui dépassait de ma manche, je répondis timidement au salut de mon binôme. Pendant qu'il sortait ses affaires, je l'observai à la dérobée, tentant de déterminer si oui ou non il m'en voulait. Malheureusement, je n'avais pas dû être d'une discrétion absolue, parce qu'il remarqua mon manège :
« Tu as perdu ta langue ? Tu étais beaucoup moins timide hier… »
Tout ce que je trouvais à répliquer fut « Ah, euh… Non-non, tout va bien… ». Encore plus nerveuse, je tirais d'un coup sec sur le fil dans l'espoir de l'arracher. Mais tout ce que je récoltais fut un petit crack, ainsi qu'un trou dans ma manche. Super.
« Te bile pas, on t'en veut pas pour hier. C'était mérité, je dois l'avouer. »
Je tournais si vite la tête vers lui que mon cou craqua.
« C'est vrai ? Enfin je veux dire, oui, c'était mérité. »
Idiote ! Je me retenais de me taper la tête contre le bureau. Peut-être avais-je un elfe de maison parmi mes ancêtres ?
« James tient à remporter la coupe pour notre dernière année à Poudlard, et il perd un peu son sens moral au passage. »
Me retournant pour observer Potter, quelques tables derrière moi, je fronçais les sourcils : avec Sirius, il avait entreprit de se faire des peintures de guerre à l'aide de la terre contenue dans un des bacs à fleurs. Voyant que je le regardai, il me fit signe avec un grand sourire, répandant de la boue partout autour de lui, sous le regard dégouté de sa petite-amie. Et c'était ça, les sorciers les plus prometteurs de notre génération ? Eh bien, Voldemort avait du souci à se faire. C'est le moment que choisi Chourave pour rentrer dans la serre :
« Bonjour à tous ! Aujourd'hui, à côté des cours habituels, vous allez commencer un nouveau projet qui, bien entendu, sera noté –Black, Potter, arrêtez ça tout de suite- et que vous ferez avec votre binôme. »
Je lançais un regard à Remus qui me sourit.
« Je vais vous distribuer une plante pour deux. Votre mission sera d'élever convenablement ses arbustes, communément appelés arbres aux lanternes. Une fois atteint l'âge adulte, ses fleurs font des miracles sur certaines blessures, et Mrs Pomfresh m'en a demandé une fournée pour ses concoctions. Sauf que cette plante a besoin de beaucoup d'attention et d'amour, et que je ne peux m'occuper d'autant à la fois. Ce sera donc votre rôle. Vous serez, pendant deux mois, des sortes de…parents de substitution. »
Oh. Mon. Dieu. Non mais dites-moi que je rêve !
« Il faudra y faire très attention : les faire sortir pour qu'elles prennent l'air et le soleil, l'arroser de 20 cl d'eau sucrée par jour, en augmentant la dose de 30cl toutes les semaines. Vous pouvez leur raconter des histoires le soir, elles adorent ça. Enfin, chaque plante est différente et a sa propre personnalité, et se sera à vous de découvrir ce qu'elles aiment au fur et à mesure de leur croissance. Bien entendu, vous aurez l'obligation de noter sur un carnet que vous me rendrez à la fin du trimestre toutes les évolutions de votre protégée. Ah, et n'oubliez pas de lui donner un nom. »
Ah bah non, je ne rêve pas. Chourave posa sur notre bureau un petit pot remplit de terre, au milieu duquel reposait une petite bouture rouge. Curieuse et un peu attendrie, je m'approchais :
« Coucou, toi ! »
A mon grand étonnement, la minuscule bouture bougea vers moi d'une façon que je qualifierai de…timide. Du bout du doigt, Remus la caressa. Et le pire, c'est que la plante avait l'air contente. Me voilà donc maman, parent en garde partagée avec Remus. Celui-ci posa la question cruciale :
« Bon, comment on va l'appeler ? »
« J'ai bien une idée, mais tu vas te moquer… »
Je vous rappelle que je suis la fille qui a appelé son chat Fizwizbiz. Au cas où.
« Non, vas-y, dit toujours. »
« Bon…Loupiote. Tu vois, vu que c'est un arbre à lanterne, la lumière, tout ça tout ça… Et puis je trouve ça mignon, Loupiote. »
« Loupiote ? J'aime bien, ça lui va bien. »
Il se tourna vers la plante :
« Loupiote, ça te va ? »
La petite fleur acquiesça le plus vigoureusement que lui permettait sa fine tige. Va pour Loupiote, alors.
Dans les jours qui suivirent, il n'était pas rare de voir les élèves de 7ème année se balader avec un pot de fleurs à la main. Je devais avouer que la tête de Rogue avec son arbuste était à mourir de rire. Avec Remus, nous avions un accord : un jour et une nuit chacun, à tour de rôle. Nous avions pu déjà découvrir que Loupiote était friande des chansons des Bizarr Sisters, des histoires d'amour à l'eau de rose (beurk), et de Mr Maxwell, notre nouveau professeur de défense (au demeurant fort charmant : je dois l'avouer, cette plante a bon gout).
Autre raison de rigoler : la première sortie à Pré-au-lard était ce weekend, et je me faisais une joie d'y aller. Enfin, jusqu'à ce qu'Amber m'annonce que son petit-ami qui faisait sa formation d'auror avait pris un jour de congé pour la rejoindre là-bas. Bon, après tout, ce n'est pas grave, Andy et moi pouvions y aller à deux. Eh ben non ! Figurez-vous, mesdames et messieurs, que John c'est ENFIN jeté à l'eau et a invité mon amie à y aller avec lui. Ok, allons donc voir du côté des autres garçons de Poufsouffle. Alors, bilan : Frank y va avec Alice, et Scott avait une retenue avec Rusard pour une raison obscure (qui je crois impliquait une fille de Serdaigle). Je ferais donc cette première sortie de l'année, seule, en solitaire, avec ma solitude. Vous avez compris l'idée quoi.
Le jour J, j'étais donc en train de déambuler seule dans l'avenue principale du village, rentrant de temps en temps dans une boutique pour y faire des achats. Quand mon ventre commença à gargouiller, signe qu'il était bientôt midi, je me dirigeai vers les Trois balais pour m'installer à une table. Je choisi la plus éloignée, pour être bien à l'abri des regards. A vrai dire, même si j'étais contente de la vie amoureuse de mes amies, j'étais un peu déprimée de manger seule un jour ou tout le monde s'amusait. J'avais beau savoir que c'était égoïste de ma part, je ne pouvais pas m'en empêcher. Quelques minutes plus tard la serveuse, la jeune et pimpante Rosmerta, m'apporta la carte des menus. Très bien ! J'allais combler ma solitude avec dignité : et pour ça rien de mieux que de la bonne nourriture. J'en étais à jeter un œil aux plats principaux quand je senti qu'on me tapotait l'épaule. Intriguée, je levais le nez de ma lecture pour regarder qui m'avait interrompue (j'étais pourtant sure d'avoir choisi la place la plus isolée de la salle) : Remus.
« On peut s'assoir avec toi ? »
Je le regardais, un peu sonnée. Je jetais un œil aux alentours, histoire de vérifier que c'était bien à moi qu'il parlait, ce qui était visiblement le cas. Acquiesçant faiblement, je me poussais pour lui laisser la place. Aussitôt, il fit signe de venir à ses amis qui attendaient plus loin avant de s'assoir à mes côtés. Les trois autres se serrent en face nous, tout sourires.
« Aaaah, chère Erin, décidément nos existences sont liés ! On se croise de plus en plus souvent, ces temps-ci. »
Ok, c'était définitif, ces garçons faisaient exprès de me suivre. Ce que je trouvais redoutablement bizarre.
« Oui, James, on se demande bien à qui la faute. »
« Allons, voyons Erin, ne voit pas les choses de cette façon. Considère ça comme un signe du destin ! »
« C'est bizarre, je voyais plutôt ça comme une fatalité. »
Je souris pour adoucir mes paroles, mais les garçons avaient bien compris que je plaisantais. Sirius enchaina :
« Bon, sur ces agréables paroles, que fais-tu toute seule ? Tes amies se sont enfuies ? »
« Ah ah ! Très drôle. Non, elles sont juste partie au pays des bisounours et des paillettes, je n'avais pas envie de les suivre. »
James, Sirius et Remus me regardèrent avec des yeux de merlans frits. Heureusement pour moi, Peter compris ce que j'avais voulu dire :
« Elles sont avec leur petit-ami respectif. »
Une lueur de compréhension s'alluma dans le regard des trois autres, et je fis un sourire reconnaissant à Peter, qui me gratifia d'un clin d'œil.
« Et toi James, tu n'es pas avec Lily ? »
Le-dit James se renfrogna sur lui-même, et ce fut à mon tour de ne pas comprendre. Encore une fois c'est Peter qui vola à mon secours :
« Il est puni. »
Oh. C'est qu'elle a un sacré caractère, notre préfète-en-chef. Je me demandais bien ce qu'il avait fait pour mériter ça. Voyant ma question muette, Remus commenta pour moi :
« Il se trouve qu'il avait promis de ne plus espionner les autres équipes. Le reste, tu l'as vu par toi-même dimanche. »
Je ricanai, pas du tout compatissante, puis lui demandai :
« Au fait, qu'est-ce que tu as fait de Loupiote ? »
« Notre fille (je grimaçai à ces mots) va bien. Je lui ai mis la radio avant de partir, ils passaient l'album des Bizarr Sisters. »
Je hochai la tête, et revins à mon menu. Remus se pencha vers moi pour le regarder, et nos mains se frôlèrent. J'étais extrêmement mal à l'aise, surtout que je n'arrêtais pas de repenser aux paroles de mes amies à son propos. Heureusement qu'elles n'étaient pas là pour voir ça… Mme Rosmerta passa prendre nos commandes, et nous commençâmes à manger avec appétit. Vraiment beaucoup d'appétit en ce qui concernait les garçons. Voyant que je les regardais, Remus s'essuya la bouche pour s'excuser :
« Hum…oui, désolé pour le spectacle, on va essayer de faire plus attention. »
Je balayais ses excuses de la main :
« T'en fait pas, j'ai deux frères à la maison. J'ai vu pire. »
James, qui allait enfourner une fourchette plus que généreuse dans la bouche, s'interrompit dans son geste :
« Au fait, en parlant de ton frère, j'ai vu Edwin voler hier soir. Comment ça se fait qu'il n'ait jamais essayé d'intégrer l'équipe ? Il est super doué ! En plus je cherche encore un nouveau poursuiveur, et comme il est en 4ème année il peut prétendre au poste. »
Ah oui, vous vous souvenez de mon petit frère Edwin ? Le mignon koala accroché à mon bras lors de ma première année, sur le quai 93/4 ? Eh bien, il a été réparti à Griffondor.
« Aucune idée ! Il est plus passionné par les balais en eux-mêmes que par le fait de voler véritablement. Il adore les tester, vérifier, ce genre de trucs. En fait il voudrait faire fabriquant de balais plus tard. Avec mon père on a beau lui dire qu'il a du talent pour le vol, il n'en a rien à faire. On a fini par se faire une raison. »
A vrai dire, je crois qu'il avait tout simplement peur de se présenter aux recrutements de l'équipe : la timidité et la non-confiance en soi sont génétiques, dans ma famille. Mais bon, quand j'ai voulu lui faire part de cette hypothèse, mon adorable petit frère m'a jeté le contenu de son verre (du jus de citrouille, si vous voulez savoir) à la figure. Sirius paru intéressé par mes paroles :
« Ton père aime le quidditch ? »
« Oh que oui ! Il est rédacteur en chef de Quidditch Magazine, et ancien batteur de l'équipe de Griffondor. »
Les garçons semblèrent impressionnés. Remus sembla se rappeler quelque chose :
« Alors Edmund Jackson, c'est ton grand frère c'est ça ? Il était capitaine de l'équipe de Poufsouffle, quand on était en 4ème année. »
Je le regardais avec des yeux ronds :
« Ben dit donc, tu as bonne mémoire. »
Ses joues se colorèrent fortement, et je ne compris pas vraiment pourquoi. Désireux de changer de sujet, il me demanda :
« Et il fait quoi maintenant ? Il est dans le quidditch lui aussi ? »
« Oui, il travaille au département des jeux et des sports au ministère. »
« Et ta mère ? »
Non mais c'est quoi cet intérêt soudain pour ma famille ? Un peu perplexe, je répondis :
« C'est une moldue, elle est enseignante. Mais elle est fan du noble sport, on lui a communiqué le virus. »
Malgré moi, je me crispai à la question qui allait (forcément) suivre :
« Et toi, tu voles ? »
Voilà, cette question-là, précisément.
« Remus, pour ma sécurité ainsi que celle des élèves autours de moi, prie pour que plus jamais je ne monte sur un balais. »
Le cours de vol en première année a suffisamment traumatisé de gens comme ça, merci bien. Sentant qu'il ne fallait pas insister, le jeune homme se replongea dans son assiette. Le reste du repas se passa dans une ambiance bonne enfant, et les garçons m'invitèrent à les suivre dans le village. J'acceptais, contente de ne plus être seule, même si c'était avec les maraudeurs. Menteuse : tu étais vraiment contente d'être avec eux ! Ah tiens, le retour de la petite voix. Je préférais ne pas m'attarder sur ce qu'elle me disait.
Plus je les côtoyais, plus je les trouvais sympas. Peut-être parce qu'ils étaient célèbres et admirés par beaucoup, mais ils me semblaient auparavant « inaccessibles ». Même Remus, avec qui je parlais souvent en botanique. Et aujourd'hui voilà que je passais presqu'autant de temps avec eux qu'avec mes amies. Ce qui me faisait penser qu'ils n'avaient toujours pas répliqués à notre petite blague chevaleresque de la rentrée. Bon, passage en mode ninja espion : fallait que je récolte des informations. Je m'approchais de ma proie, c'est-à-dire Peter :
« Dit, ça fait un moment que vous n'avez pas fait de petit spectacle dans le château. Le dernier en date remonte à la rentrée, et c'était vos rivaux. »
Tout d'un coup, je me retrouvais acculée contre un mur, entourée par les trois autres. Avec mon mètre 60, je me sentais vraiment petite. Sirius s'abaissa pour se mettre nez-à-nez avec moi :
« Essaierais-tu par hasard de récolter des informations pour leur compte ? »
Oups ! Start panicking !
« Quoi ? Non mais ça va pas la tête, jamais de la vie ! J'essayais juste de savoir, c'est tout. »
Le jeune homme recula, toujours en me regardant suspicieusement, et je vis Peter et James échanger un drôle de sourire derrière lui. J'avais comme l'impression d'avoir loupé un épisode, là.
« Je veux bien te donner un indice, puisque tu es gentille et que je t'aime bien : soit très attentive dans la journée de lundi, et rendez-vous lors du repas du soir pour le grand final. »
Sur ce, il me fit un clin d'œil, suivi d'un sourire Colgate. Ok…
Il va sans dire que je reçu un véritable interrogatoire quant à ma journée par les filles. Evidemment, ça les confortait dans l'idée que Remus me plaisait. Je leur rappelais que j'avais passé l'après-midi avec les quatre maraudeurs, et pas juste avec lui, mais rien à faire elles ne voulaient pas l'entendre. Quand je leur parlais de la journée de lundi qui s'annonçait épique, elles partirent en spéculations quant à ce qui allait arriver. Moi, j'avais l'impression que quelque chose clochait dans le comportement des garçons, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Bah, de toute façon, on verra bien lundi.
Epique, ce fut bien le mot. Durant toute la journée, des petites surprises attendaient les élèves : couloirs transformés en patinoire, armures qui jouaient aux devinettes, chaises et bureaux qui se carapataient face pendant les cours, les bougies accrochées aux murs qui changeaient de couleurs…et j'en passe. Les 4 griffondors s'étaient surpassés pour trouver tous ces petits changements, qui avaient dû demander de nombreux sorts. Bien évidemment, McGo était folle de rage, mais ne pouvait rien faire pour accuser les garçons : ce n'était pas avec leurs baguettes que les sorts avaient été lancés (je le sais, parce qu'elle les a vérifiées en plein milieu de la grande salle, sous la cacophonie crée par les plats qui chantaient l'hymne de Poudlard). Les professeurs avaient bien du mal à tenir leurs cours, et la plupart avaient abandonnés au bout de 10 minutes. Ce fut donc, vous le devinez, une journée fort productive (ironie). Mais je ne m'en plains pas. Ce que j'attendais avec impatience, c'était le « grand final » annoncé par Sirius, qui était prévu pour le soir-même. Franchement, je ne vois pas ce qu'ils pouvaient faire de plus spectaculaire. Ces mecs étaient vraiment doués, et ça me coutait de l'admettre. Mes amies étaient elles aussi entre deux humeurs, partagées entre l'émerveillement de cette journée, et la rage de savoir qu'on allait devoir se surpasser pour pouvoir faire mieux.
Pour tout vous dire, on n'eut pas à se triturer les méninges bien longtemps. En effet, le diner arriva, et avec lui la surprise tant attendue. Ne tenant plus en place, je regardais tout autour de moi, histoire d'être la première à voir s'il se passait quelque chose. Le repas passa et, arrivés au dessert, toujours pas de blague en vue. Enfin, jusqu'à ce qu'une exclamation ne survienne à la table des Serpentards. Plusieurs élèves de cette maison semblaient avoir trouvé des bouts de papier dans leurs assiettes. Six, apparemment. Certains, plus malins que d'autres, tentèrent d'assembler les bouts pour en faire une phrase, ce qui fonctionna : dès que celle-ci fut complète, les morceaux s'agrandirent et s'assemblèrent, pour former une banderole qui arboraient les couleurs vert et argent. Ensuite, l'affiche vola vers le fond de la grande salle, au-dessus de la table des professeurs. Ainsi, tout le monde pu voir ce qui été écrit dessus :
L'habit ne fait pas le moine.
Aussitôt, le niveau sonore augmenta de manière exponentielle. Les professeurs tentèrent de calmer les élèves, mais eux-mêmes n'avaient pas l'air de savoir quoi penser. Quelques secondes plus tard, de nouvelles exclamations retentirent, mais à la table des Griffondors. Une nouvelle fois le manège recommença, et les élèves mirent bout à bout les morceaux de papier qui se transformèrent en banderole (couleurs rouge et or) qui alla se suspendre en dessous de la première. Cette fois, les mots commencèrent à m'inquiéter franchement :
Nous savons votre maison, vos noms, et où vous vous cachez.
C'était le bazar le plus total : tous les élèves se levaient pour aller voir les autres tables, les professeurs regardaient le spectacle d'un air affligé/résigné/énervé/amusé (rayez les mentions inutiles). Je regardai mes amies, qui partagèrent mon regard inquiet, tandis que de nouvelles exclamations se faisaient entendre chez les Serdaigles. Une troisième affiche, bleue et argent, rejoignit les deux autres, et je sentis mon cœur s'accélérer :
Cependant, nous sommes bon joueurs et ne divulguerons rien.
C'est la mort dans l'âme que je vis les élèves de ma propre maison sortir eux aussi des bouts de papier de leurs assiettes. Amber, la main tremblante, en sorti un de son petit pain : « l'honneur ». Le sang battait dans mes tempes, et tout mon corps était paralysé. Je me cachais les yeux lorsque la dernière banderole (noire et jaune) alla joyeusement rejoindre ses trois copines. C'est le brusque silence dans la grande salle, ainsi que l'exclamation étouffée d'Andy, qui me força à regarder. Et ce que je vis dépassa de loin tout ce que je redoutais :
Nous avons l'honneur de vous annoncer, chères rivales, que vous avez été découvertes.
Tout le sang quittant mon visage, je me tournais vers la table des Griffondors. C'est alors que je croisais les regards des maraudeurs au complet, qui nous regardaient fixement, moi et mes deux amies.
La grande salle explosa en applaudissements.
« Eh merde. »
