Bonjour tout le monde !
Désolée pour le temps qu'a pris la publication ce nouveau chapitre mais j'étais en vacances, sans internet.
J'espère en tous cas qu'il vous plaira. Merci à Guest, Annabelle (ta review m'a bcp touchée !), , Sophie (j'espère ne pas avoir laissé passer trop de fautes dans ce chapitre là non plus… j'ai beau relire, je les vois plus. Merci pour le compliment, ça fait très plaisir !), Marie (ahah ! Max n'est pas si parfait que ça, tu vas voir dans ce chapitre. Merci également pour Bella, j'essaie de la faire assez complète, après tout, aucun de nous n'a qu'une facette dans sa personnalité. Dis moi ce que tu penses de Max après ce chapitre ), TTJ (Max a été créé pour le piquant en effet, mais les choses vont s'arranger… enfin je crois :D), Diana, Kyssou (en effet Max est très manipulateur comme tu vas pouvoir le voir dans ce chapitre), Emma (non moi aussi j'aime le voir ramer :D), Isis duclanNamur (tu as tout à fait raison, pour les yeux, c'était une erreur que j'ai modifié après avoir reçu ta review ;), Nina, et Emelyne pour vos reviews très gentilles.
Voilà la suite !
Chapitre 3 : The Three of Us
POV Bella
Max me ramena chez moi et monta, sans même que je le lui propose. Nous n'avions rien dit sur le chemin du retour. Je m'étais repassée la scène chez les Cullen en boucle et avait essayé de me convaincre que j'avais eu le comportement adéquat.
-Tu avais tout prévu, n'est-ce pas ? murmurai-je en entrant dans mon appartement.
-Je n'étais pas sûr que les choses se passent ainsi, mais oui, je me suis efforcé de faire en sorte que ce soit le cas.
Je hochai la tête pensivement et ne répondit rien. Est-ce que je devais lui en vouloir ? Ca avait encore été un moment très douloureux et faire souffrir Edward ainsi n'avait pas été une partie de plaisir. Nous avions, en plus, menti pour en arriver là et je n'étais pas sûr d'avoir apprécié de me faire manipuler comme les autres. Mais Max ne m'avait jamais fait de mal, bien au contraire. Il avait toujours tout fait que j'aille mieux. Il avait pris soin de moi toutes ces années comme personne ne l'avait jamais fait, à part Edward.
Il s'approcha de moi et repoussa mes cheveux derrière mon épaule.
-Tu as l'air d'aller mieux que tout à l'heure.
-Je vais mieux, acquiesçai-je. Et je te remercie.
Je lui fis un pauvre sourire qu'il me rendit avec beaucoup de douceur, son pouce caressant ma joue. Il posa son autre main sur ma hanche et me rapprocha de lui, laissant aller sa tête dans mon cou. Je le sentis respirer mon odeur puis embrasser un point qu'il savait sensible de ma nuque. Je fermai les yeux mais protestai un peu.
-Max… non…
Il sourit contre ma peau et recula de quelques centimètres pour me regarder avec son éternel sourire en coin.
-Allez, déshabille-toi, une bonne douche chaude fera du bien à ton corps glacial.
Je le fixai, dubitative et il leva les mains en l'air.
-Je garde mes vêtements, promis.
Je sentais qu'il avait autant que moi envie de lui mais si mon corps réclamait un soulagement temporaire, mon esprit était encore trop obnubilé par Edward. J'allais dans la salle de bain après l'avoir embrassé sur la joue et me déshabillai pour entrer dans la douche. L'eau réchauffa mon corps et je laissai mon esprit vagabonder plusieurs minutes. J'entendis plus que je ne vis la porte de la douche s'ouvrir et souris malgré moi, sans ouvrir les yeux.
-Tu sais pourtant que je ne tiens jamais mes promesses, murmura Max à mon oreille.
Il colla son corps au mien et m'embrassa sauvagement. Je n'avais jamais compris l'attraction particulière qui nous liait. Ce désir qui nous prenait parfois alors que nous n'avions pas eu besoin de l'autre pendant des mois. Souvent, ce n'était pas juste du sexe. Nous faisions l'amour comme deux amants amoureux et ne sortions plus de la chambre pendant des jours. Charles et Marie ne comprenaient pas, eux non plus, pourquoi nous ne nous étions jamais mis ensemble officiellement. C'était un mélange étrange d'amitié et de passion. Aucun des deux ne dominait jamais. Nous nous aimions à notre façon et je ne pouvais plus me passer de lui. Cette année sans lui avait été très dure et je n'étais pas sûre de pouvoir un jour recommencer à vivre aussi loin de lui.
Nous fîmes l'amour plusieurs fois ce soir-là. Il était passionné, puis tendre, me murmurait des paroles réconfortantes à l'oreille avant de m'enlacer sauvagement. Je ne sais pas au bout de combien je me sentis rassasiée, apaisée.
-Laisse-moi t'aimer, Bella, me murmura-t-il à l'oreille, dans le lit.
-Ce n'est pas ce que tu viens de faire ? plaisantai-je, sans comprendre ce qu'il essayait de me dire.
-Non. Tous les jours. Laisse-moi t'aimer comme tu mérites de l'être.
Je me redressai pour le regarder et il garda sa main dans la mienne.
-Tu veux dire que tu veux… être avec moi.
Il hocha la tête et se mordit la lèvre dans une attitude bizarrement humaine venant de lui. Je le voyais rarement aussi sérieux et peu sûr de lui.
-Je pourrais te rendre heureuse.
-Je croyais que tu aimais Marie ? murmurai-je stupéfaite.
Il eut un rire sans joie et se redressa lui aussi, me fixant, prêt à tout dire.
-J'ai ma fierté, Bella, et je savais que tu en aimais un autre. Je t'ai dit ça pour que tu ne te doutes de rien.
-Tu veux dire que…
-Je suis amoureux de toi depuis la première fois que je t'ai rencontré. Tu m'as ébloui, charmé. J'avais traversé 150 ans sans jamais rencontré une femme qui me donnerait envie de rester auprès d'elle éternellement. Jusqu'à ce que je croise ton chemin.
-Mais… pourquoi tu ne me l'as jamais dit ?
J'étais stupéfaite. Et le mot était faible. J'avais traversé 50 ans d'amitié sans jamais me rendre compte de quoique ce soit. J'avais fait l'amour avec lui sans jamais penser qu'il puisse vouloir plus.
-Je sais reconnaître quand un combat est perdu d'avance.
-Alors… pourquoi… pourquoi maintenant ?
Il baissa les yeux et caressa mon épaule d'un doigt.
-Je t'ai entendu parler à Cullen.
-Masen, le repris-je.
-Peu importe. J'ai entendu ce que tu lui as dit. Et j'ai pensé que j'avais peut-être enfin ma chance.
Je laissai un long silence s'installer, confuse. Maximilian Hastings m'avait aimée pendant toutes ces années. Et moi qui avais toujours pensé… j'étais stupide. J'avais été aveugle et stupide. Lui, m'observait patiemment, attendant le verdict. Max avait toujours su être patient. C'était une de ses qualités. Il attendait le bon moment –qui arrivait toujours- et resserrait ses filets autour de sa proie.
-Est-ce que tu m'as emmenée là-bas pour pouvoir enfin m'avouer tout ça ?
-En quelques sortes, avoua-t-il l'air un peu gêné quand même. Mais je l'ai surtout fait pour toi.
-Tu m'as manipulée.
-Non, Bella. J'ai fait en sorte que tu aies l'opportunité de choisir. Soit tu décidais de continuer à souffrir, soit tu prenais la décision de vivre enfin ta vie et de passer à autre chose, expliqua-t-il calmement.
-Je ne sais pas. Tout ça est trop d'un coup. Je ne sais pas quoi en penser.
-Très bien, soupira-t-il. Je comprends. Je ne t'embêterai plus. J'ai essayé, tu vois. Sans réelles manipulation, sans stratagème. Je me suis simplement dévoilé. Je saurai à l'avenir que les vieilles méthodes sont toujours les meilleures.
Il se leva et se rhabilla en quelques secondes.
-Max, attends.
-Quoi ?
-Je… je ne veux pas te perdre.
-Moi non plus, Bella. Mais je ne peux pas continuer à vivre comme ça. Et toi non plus.
-Je ne veux pas que tu partes. Tu es la personne que j'aime le plus au monde.
J'étais désespérée, je savais que s'il partait maintenant, je n'aurais plus l'occasion de le revoir. Et je ne pouvais pas, je ne voulais pas vivre sans lui.
-Je ne suis pas… je ne pense pas être capable d'aimer quelqu'un d'autre comme ça. De t'aimer comme ça. Pas encore. Il me faut… du temps.
-Je t'ai laissé 50 ans, Bella. Et je n'ai vu aucune amélioration, soupira-t-il en s'asseyant sur le lit, dos à moi.
-Je suis capable de changer. Je mettrai peut-être du temps, c'est vrai, mais je sais qu'on peut y arriver.
Je m'approchai et posai mes mains sur ses épaules. Il tourna la tête vers moi et je vis combien il était tourmenté. Aimer pouvait être douloureux. Je le savais si bien.
-Laisse-moi du temps. Je ne peux pas te perdre, Max.
Je posai une main sur sa joue, mon visage tout proche du sien. Il soupira et posa sa main sur la mienne.
-S'il te plait.
-Je ne veux pas que tu te forces à m'aimer pour me garder dans ta vie.
-Ce n'est pas ce que j'essaie de te dire. Je voudrais juste… réapprendre à aimer et ne plus avoir peur de souffrir.
-Je ne te ferai jamais de mal, murmura-t-il en posant son front contre le mien.
-Je sais.
-Je ne pourrais jamais te faire ce qu'il t'a fait.
-Je sais ça aussi.
Max paraissait souvent prendre les choses à la légère ou avec flegme mais j'avais appris au fil des décennies qu'il ressentait les choses bien plus profondément que la plupart des vampires.
-Je ne me suis jamais laissée la possibilité de retomber amoureuse mais je sais une chose. C'est qu'il n'y a que pour toi que je pourrais le faire.
Ma réflexion était maladroite mais je vis qu'il ne la prenait pas mal et qu'il comprenait ce que je voulais dire.
-Je t'aime, Bella, et je pourrais t'attendre toute une vie si tu me le demandais. Peut-être même deux, sourit-il.
Je lui rendis son sourire et le laissai m'embrasser, savourant ses caresses. Je repensai à Edward et au fait qu'il continuait de me gâcher la vie. Je ne devais plus le laisser avoir une incidence sur moi. J'étais maîtresse de ma vie, de mes pensées et de mes actes. Tout allait changer et je ne me permettrai plus d'être malheureuse pour qui que ce soit. J'allais apprendre à être en paix et à rendre quelqu'un heureux. Quoiqu'il m'en coûte.
POV Edward
Depuis qu'elle savait qui était Bella pour moi, Alice ne cessait de surveiller son avenir. Je ne lui avais rien demandé et voir ces visions dans les pensées de ma sœur n'était pas très agréable. C'était comme savoir à chaque moment quelle décision prenait la femme qui m'avait repoussé. La musique que jouait mon iPod me permettait de ne pas entendre toutes ses pensées mais je percevais comme si je les vivais certaines visions.
La scène qui se jouait actuellement dans l'esprit de ma sœur m'était particulièrement intolérable. Bella était dans un lit avec son fiancé. Ils étaient nus et il lui demandait de le laisser l'aimer. Je ne comprenais pas très bien ce qu'il se passait. Pourquoi avait-elle l'air si étonnée ? Pourquoi lui révélait-il ses sentiments, des sentiments qu'il disait avoir caché pendant des années ?
Je me redressai de mon fauteuil et me concentrai sur les pensées d'Alice. Les images et les propos tenus défilaient très vite mais je gravais chaque parole dans mon esprit. Elle ne l'aimait pas ? Il voulait partir ? Elle le retenait. Lui disait qu'elle l'aimait plus que toute autre personne au monde. Mais qu'elle ne pouvait pas aimer quelqu'un d'autre comme ça ?
-C'est quoi cette histoire, murmurai-je pour moi-même, ébahi.
Toute cette histoire de fiançailles n'aurait donc été que des mensonges ? Une comédie destinée à quoi exactement ? Alice entra brusquement dans ma chambre sans frapper et me trouva dans la même position tendue.
-Ils ont menti. Ils ne sont pas fiancés.
-Visiblement, oui, répondis-je encore hébété par ces révélations.
Un lent sourire se dessina sur mes lèvres tandis que je réalisais ce que Bella avait voulu dire à son amant.
-Je crois qu'elle est toujours amoureuse de toi, Edward.
Je tournai la tête vers ma sœur, souriant un peu plus. L'espoir revenait petit à petit en moi. J'avais toujours plus ou moins douté de l'intensité des sentiments de Bella quand nous étions ensemble. Je pensais l'aimer plus qu'elle ne m'aimait. Sans doute de vieux doutes résiduels de notre première année de vampire… Elle nous en avait tellement voulu à Carlisle et moi de l'avoir transformée en un monstre immortel. Elle s'était ensuite apaisée et était revenue vers moi mais j'étais resté persuadé, au plus profond de moi, que la vampirisation avait altéré ses sentiments pour moi. Cette conversation avec Maximilian m'avait prouvé que non.
-Je crois aussi, acquiesçai-je.
Alice sourit lentement et se frotta les mains.
-Tu crois à la chance, frangin ?
-Je crois qu'il est parfois nécessaire de forcer un peu le destin.
J'entendais Alice penser à tout un tas de possibilités pour m'aider à reconquérir mon épouse. L'espoir était certes revenu mais je ne devais pas m'enthousiasmer trop vite. J'avais un long travail d'approche et d'excuses qui m'attendait. Je connaissais Bella mieux que personne, peut-être mieux qu'elle ne se connaissait elle-même, j'avais au moins cet avantage.
POV Bella
Après s'être assuré que je pouvais me débrouiller sans lui, Max était reparti le dimanche soir. Il appliquait ce que je lui avais demandé et il me laissait du temps. Il était revenu d'Argentine dès qu'il avait pris que quelque chose n'allait pas pour moi et il repartait à présent pour le Maine. Il comptait rentrer plus tard mais maintenant qu'il avait fait le voyage, il préférait rester aux Etats-Unis. Je n'étais pas dupe. Il voulait pouvoir revenir en un instant si je le lui demandais. J'avais de la chance de l'avoir dans ma vie. Je ferais n'importe quoi pour lui et je savais que lui aussi. Il m'avait avoué qu'une autre raison de son départ en Argentine était qu'il voulait alors m'oublier. J'avais voulu l'aider à gérer sa culpabilité quand il avait tué ces gens et je n'avais fait que l'enfoncer un peu plus, sans le savoir. Je m'en rendais à présent compte. Je ne me doutais de rien. J'avais vu d'autres hommes pendant ces 50 dernières années. Des histoires aussi brèves que futiles. Et il m'avait regardée faire sans jamais rien avouer. Et je m'en voulais un peu, même si je savais que ce n'était pas de ma faute.
Le lundi matin, quand je retrouvais Angela à notre cours commun, mes pensées tournaient encore autour de Max, de ses aveux et bien sûr d'Edward. Je ne cessais d'y penser et ça me torturait. Moi qui avais vécu dans une relative absence d'émotions ces dernières années… Tout me revenait comme si je n'avais rien enfoui.
-J'ai remarqué que tu étais absente à notre majeure de vendredi. Tu as eu un problème ? me demanda Angela en sortant son ordinateur.
-Oui. J'étais malade, mais ça va mieux.
-Excuse-moi, je ne voulais pas paraitre indiscrète…
-Non, il n'y a aucun souci. Je vais beaucoup mieux.
-Tant mieux.
Elle me sourit sincèrement et me proposa de m'envoyer le cours par mail. Je n'étais pas une férue des nouvelles technologies mais Marie avait insisté pour que je sache me servir d'un ordinateur.
-Merci, Angela.
-De rien, c'est normal.
Un murmure se répandit dans l'assemblée et un groupe de filles gloussa devant moi. Je jetai un œil à Angela qui souriait d'un air narquois en regardant l'entrée de l'amphithéâtre.
-Tu vois le type qui vient d'entrer ?
Elle me désigna Edward d'un geste du menton et je soupirai. Pourquoi était-il ici ? Il n'assistait pas à ce cours quand même ? Je ne l'y avais pas vu la semaine précédente, pourtant. Je sentis un mélange de colère et d'abattement monter en moi tandis qu'il relevait la tête et croisait mon regard.
-C'est Edward Cullen, le frère d'Alice, que je t'ai présentée la semaine dernière. Il était au lycée avec moi et déjà à l'époque, toutes les filles étaient à ses pieds. Craquant, n'est-ce pas ?
Je ne répondis pas. Il me lança un grand sourire, un brin moqueur. Je continuais de le fixer, dubitative tandis qu'il approchait de nous. Toutes les filles le regardaient et j'entendis quelques murmures surpris.
-Salut Angela, salut Bella, nous salua-t-il en s'installant à côté de ma nouvelle amie.
Je lui lançai un regard froid et sortit mon cahier de mon sac sans plus lui prêter attention. A quel jeu jouait-il ?
-Oh vous vous connaissez déjà ? demanda Angela en se tournant vers moi.
Elle rougit, sans doute parce qu'elle avait dit qu'il était craquant et, comme je ne répondais pas, Edward prit les devants.
-Bella et moi sommes… de vieilles connaissances, dit-il en accentuant sur le dernier mot.
-Vraiment ? Et vous vous connaissez d'où ? De Forks ?
Je me tournai vers Edward, le défiant d'inventer une histoire.
-On a été en colo ensemble plusieurs fois, mentit-il avec beaucoup d'aplomb. Alors Bella, tu étudies ici maintenant ?
-Hein hein.
Je n'avais aucune envie de lui parler et je pensais qu'il ferait plutôt tout pour m'éviter après ce que je lui avais dit, mais son comportement avait diamétralement changé. Je ne voyais aucune culpabilité, aucune tristesse dans son regard. Il était sûr de lui, presque charmeur et m'observait avec malice.
-Et ton petit-ami, il enseigne ici aussi à présent ? enchaîna-t-il, assez fort pour que plusieurs rangées entendent.
Je lui jetais un regard noir et compris qu'il était venu me faire littéralement chier.
-Oui, continua Edward, s'adressant à Angela sans baisser le ton, Bella s'est faite virer de sa précédente université parce qu'elle sortait avec son prof. Dingue comme histoire, n'est-ce pas ?
-A quoi tu joues, Edward ? m'agaçai-je enfin tandis que tout le monde tendait à présent l'oreille vers nous.
-Oh mais je ne joue pas. Je m'intéresse à ta nouvelle vie. Je trouve ça bien que tu essaies de repartir de zéro ici. Tu sais, loin de toutes ces histoires sur ta vie sexuelle débridée.
-Non, mais qu'est-ce qui te prend ? Pourquoi est-ce que tu racontes n'importe quoi ?
-Je me suis renseigné sur ton Maximilian. Il était prof à la fac du Maine.
-Et alors ? On se connait depuis une éternité, Max et moi. Bien avant qu'il ne soit prof.
Il avait baissé la voix et se penchait à présent vers moi, pour parler bas. Seule Angela, placée entre nous, pouvait nous entendre.
-Tu l'aimes ?
-Bien sûr, répondis-je avec aplomb, sans le lâcher du regard.
-Parce qu'Alice a appris pour votre petite déclaration de vendredi soir.
La peste ! Elle avait dû nous voir dans l'une de ses visions. Et comme Edward lisait dans les pensées de tout le monde…
-Je t'interdis de t'incruster dans ma vie, chuchotai-je avec hargne.
-Euh… peut-être que vous voulez échanger de place… ? proposa Angela, visiblement mal à l'aise.
-Merci, Angela, avec plaisir, répondit Edward en la gratifiant d'un sourire renversant.
Je la vis rougir de nouveau et elle laissa sa place à Edward. Je soupirai, agacée et commençai à prendre en notes ce que le professeur disait, tentant d'ignorer l'enfoiré assis à côté de moi.
-Tu ne m'as pas vraiment laissé le choix. Tu m'as empêché de lire dans ses pensées.
Il parlait à présent si bas, penché vers moi, que j'étais seule à pouvoir l'entendre. Je continuai à prendre des notes, un peu rageusement, tout en essayant de garder une allure humaine.
-Mais ce que j'ai appris est très intéressant, poursuivit-il en s'appuyant nonchalamment à son dossier. Alors comme ça tu ne penses pas être capable d'aimer quelqu'un d'autre ? Tomber amoureuse t'es désormais impossible, c'est ça ? Je me disais bien que tu ne m'avais pas dit toute la vérité. Tu es incapable de l'aimer parce que tu m'aimes moi, Bella. Et tu ne cesseras jamais de le faire.
-Tu oublies que c'est la personne que j'aime le plus au monde, répliquai-je enfin en me tournant vers lui, parlant très vite et très bas. Tu oublies que je ne peux pas vivre sans lui. Tu oublies que lui ne me fera jamais souffrir.
-Tu ne nies pas que tu m'aimes encore, chantonna-t-il, parfaitement détendu.
-Mais enfin est-ce que tu écoutes ce que je dis ? répliquai-je plus haut.
Le prof nous interpella et je recommençai à prendre des notes.
-Je peux être très doux, tu sais, murmura-t-il en passant son doigt sur mon bras dénudé dans une caresse délicieuse. Je peux, non je sais comment te contenter moi aussi.
-Qu'est-ce qui te prend ? m'exclamai-je en lui lançant un regard dégoûté.
J'écartai mon corps de ses mains. Quelqu'un nous demanda de parler moins fort derrière nous. Il approcha sa tête de mon oreille.
-Tu as oublié que tu as promis, mon cœur, persista-t-il d'une voix bien plus froide tout à coup. Tu as juré de m'aimer, de me chérir et de m'être fidèle pour l'éternité. Il y a au moins deux points sur lesquels tu as failli.
Je tournai la tête vers lui et nos visages se retrouvèrent tout à coup très proches. Je le vis baisser les yeux vers mes lèvres. Lorsque nos regards se rencontrèrent de nouveau, je savais que la même envie nous animait tous deux. Quand je disais qu'Edward était mon enfer personnel, c'était au sens littéral. Il était la seule chose que je désirais désespérément et la seule chose que je ne voulais plus jamais avoir. Je m'écartai légèrement et reprit :
-Je ne pense pas être la seule à avoir failli…
-Je n'ai pas failli à mes vœux.
-…et je ne suis sans aucun doute pas responsable de l'échec de notre mariage, poursuivis-je sans relever.
-Pas de l'échec, peut-être, mais de la fin, sans aucun doute.
-Je t'interdis de dire ça, claquai-je, les dents serrés. C'est toi qui as tout gâché.
-Et je l'ai payé pendant 80 ans. C'est peut-être assez, à présent, tu ne crois pas ? susurra-t-il d'une voix douce.
-Qu'est-ce que tu sous-entends ?
-Qu'il est temps d'avancer, de pardonner, de recommencer.
-Ne te fais pas de fausses idées. Si j'avais su que tu étais dans cette ville et dans cette université, jamais je n'y aurais mis les pieds.
-Et pourtant tu es encore ici. Tu n'as pas l'intention de partir.
-J'en ai assez de fuir, d'être celle qui doit tout laisser derrière elle. J'en ai assez de te fuir.
-Ca tombe bien, sourit-il moqueusement, j'en avais assez que tu me fuies.
-Si je suis encore ici, c'est aussi pour te faire comprendre que tu ne m'atteints plus. Je suis en passe de commencer une nouvelle vie, enfin, poursuivis-je, avec quelqu'un de bien.
-Pourtant, tu as dit que tu n'étais pas prête à être avec quelqu'un d'autre que moi.
-Je ne suis pas prête à refaire totalement confiance, mais cela n'a rien à voir avec toi. C'est à moi d'évoluer. Je ne veux plus jamais revivre quoique ce soit avec toi. Maintenant, laisse-moi tranquille, Edward.
-Non. Je t'ai cherché pendant près de 15 ans. Ton arrivée ici, c'est ma dernière chance de pouvoir faire les choses correctement.
-Il n'y aura pas d'autre chance. Jamais.
-C'est ce qu'on verra.
-Arrête, Edward, murmurai-je en me détournant vers le professeur.
Je le vis du coin de l'œil secouer la tête et s'appuyer de nouveau nonchalamment sur sa chaise. Edward n'était pas quelqu'un d'assuré habituellement, sauf quand il était déterminé à obtenir quelque chose… ou qu'il était shooté au sang humain.
Je le sentis se pencher vers moi, et il posa sa main sur ma cuisse.
-Tu es toujours tellement belle, murmura-t-il tout contre mon oreille. Bien plus encore que dans mon souvenir. Même après toutes ces années, tu es toujours la plus belle femme que j'ai jamais vue. Tu sais, continua-t-il en me sentant frissonner bien malgré moi, je n'aurais jamais du te laisser partir.
Il remonta sa main sur ma cuisse et la pressa doucement. Je tentai de m'écarter mais je ne voulais pas attirer l'attention. Il perçut sans doute cela car il pressa plus fort ma cuisse. Je me figeai, tentant de l'ignorer, mais j'étais clairement mal à l'aise. Son contact me faisait frissonner tout autant qu'il m'embêtait. Pour rester polie.
-Je ne suis plus le même homme, Bella. Je ne replongerai pas, je ne te ferai plus jamais de mal. Je suis à toi, corps et âme. Laisse-moi une chance de te le prouver. S'il-te-plait.
Je tournai la tête vers lui et le fixai une seconde. Son regard n'était plus si assuré, à présent. Il paraissait même presque tourmenté. Je n'avais jamais aimé faire souffrir les gens, mais je n'étais pas prête non plus à me sacrifier pour qui que ce soit. Aussi séduisant et désirable soit cette personne.
-Jamais, répondis-je enfin, glaciale. Maintenant, retire ta main de ma cuisse et laisse-moi vivre ma vie normalement.
Il soupira et s'exécuta, passant sa main dans ses cheveux. Il paraissait à présent agacé mais pas démonté. Quelques minutes d'un apaisant silence (qui me permit de reprendre contenance), il se leva une seconde avant que le prof n'ajourne le cours pour raison personnelle et sortit de la salle de classe le premier, sans un regard pour moi.
-Et bien, commenta Angela, c'est plutôt intense entre vous deux…
-Vieille histoire, répondis-je simplement.
-Je connais Edward depuis quelques années maintenant et je ne l'ai jamais vu comme ça. Je veux dire… aussi intéressé.
-C'est un peu une malédiction, ce mec, plaisantai-je pour donner le change.
-C'était pas très sympa de faire courir des rumeurs sur toi, comme ça, avoua-t-elle en haussant les sourcils.
Je haussai les épaules et lui répondis que ce n'était pas très grave. Mes pensées étaient plutôt tournées vers d'autres problèmes que ma réputation. Edward avait décidé de ne pas abandonner et j'avais décidé d'arrêter de fuir. Qui plus est, Max comprendrait assez vite que j'avais quitté Seattle pour ne pas avoir à affronter mon ancien amour. Et j'irais alors droit dans le mur avec lui aussi. Bref, j'étais coincée ici.
-Dis-moi, il y a une soirée à la sororité d'une amie à moi, ce soir. Ca te dit de venir ? me proposa Angela.
Cette fille était vraiment sympa. Elle voulait sans doute me changer les idées.
-Est-ce qu'il y aura de l'alcool ?
-Oui, sourit-elle.
-Beaucoup d'alcool ?
-C'est fort probable.
-Alors j'en suis.
POV Edward
-Elle vient de décider de rester, m'annonça Alice.
Je venais de quitter le cours de Bella pour rejoindre ma sœur. Je ne m'étais pas senti aussi bien depuis des années. Même si ma conversation avec Bella ne s'était pas très bien passée, j'étais maintenant sûr qu'elle m'aimait toujours. Je savais que je ne devrais pas être égoïste, que je devrais la laisser vivre sa vie, mais c'était au-dessus de mes forces. J'avais survécu pendant des décennies. Sa présence me faisait revivre. Et même si elle avait dit que jamais elle ne me laisserait une nouvelle chance, je ne me démontais pas.
-J'ai vu ça, répondis-je.
« Que s'est-il réellement passé entre eux pour qu'elle en veuille autant à Carlisle et Edward ? » se demanda-t-elle pour la millième lui jetai un regard froid et elle haussa les épaules, fataliste. Alice était curieuse, elle en s'en cachait pas. Je n'étais cependant pas prêt à tout révéler.
-Angela l'emmène à une soirée, dis-je finalement, pour changer de sujet.
-Une soirée ? sourit Alice. Et tu veux y aller ?
Je l'entendais déjà trépigner d'impatience sur la tenue qu'elle allait porter et sur combien les soirées humaines pouvaient être amusantes.
-Oui.
-Oh super !
Elle sortit son téléphone et envoya un message à Jasper qui lui répondit dans la minute.
-Jasper vient aussi.
-Alice, est-ce que Maximilian sera là ?
-Il est reparti dans le Maine.
-Jusqu'à quand ?
-Aucune idée. Il n'a pas encore décidé de revenir.
-Le terrain est libre, frangin, intervint Emmett en me donnant un coup de poing dans l'épaule.
Rosalie le suivait et se demandait ce que je pouvais bien trouver à cette fille si désagréable avec sa famille. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de la rencontrer mais elle ne l'aimait déjà pas. Elle comprenait que je m'accroche mais pensait plus simple d'abandonner et de passer à autre chose.
-Tu ferais sans doute la même chose pour Emmett, lui dis-je.
Elle jeta un coup d'œil à son mari et sourit doucement. « Oui, sans doute. Mais j'espère qu'elle vaut le coup. »
-Tu n'imagines pas à quel point.
-Edward veut nous emmener à une soirée, ce soir, chantonna Alice.
Trois paires d'yeux me fixaient et j'eus un sourire un peu las.
-Bella y va.
« Je ne vois pas ce qu'on peut trouver à ces soirées humaines, » pensa Rosalie.
-Elle a toujours adoré se mélanger aux humains, répondis-je. Elle non plus n'a pas vraiment apprécié de devenir un vampire, au début. Elle a gardé beaucoup… d'humanité.
-Elle est faite pour toi, ma belle, plaisanta Emmett. On vient aussi.
Rose lui lança un regard noir mais ses pensées étaient plus tendres qu'agacées. Elle hocha la tête dans ma direction. Alice voulait déjà m'acheter une tonne de vêtements et il fallait que je prépare mon opération reconquête.
POV Bella
J'avais convenu de rejoindre Angela devant la maison de la fraternité à 22h. J'appréciais les soirées humaines. C'était souvent le temple de la débauche et tout le monde était tellement soûl que les observer en devenait presque amusant. Je sortais de la douche quand j'entendis mon téléphone vibrer dans le salon. J'enfilai une serviette et pris mon téléphone pour décrocher.
-Max ? demandai-je.
-Salut Bella.
Je souris bien malgré moi au son de sa voix aussi douce que lorsqu'il me murmurait des mots tendres.
-Tu n'as pas eu de problème pendant le voyage ?
-Non, tout s'est bien passé. Et toi, tout va bien depuis hier ?
-Plus ou moins. Une fille m'a invitée à une soirée sur le campus ce soir.
-Je ne comprendrai jamais ce que tu aimes tant dans la vie humaine, sourit-il. Tu ne te lasses jamais revivre encore et encore les mêmes choses ?
-Non. J'aime les humains, j'aime la façon dont ils vivent. Evoluer parmi eux me donne un peu l'impression d'en être une, avouai-je.
-J'envie ton self-control. Des nouvelles des Cullen ? enchaîna-t-il, un peu plus tendu.
-Non, aucune, mentis-je. Je pense qu'ils vont me laisser tranquille.
-Je n'ai pas donné de détails à Charles et Marie sur notre week-end.
-Tu as bien fait. Je préférerais qu'on oublie tout ça.
-Tout ? demanda-t-il, faussement nonchalant.
- Tout ce qui concerne les Cullen, du moins.
Je le sentis sourire au téléphone et je souris moi aussi.
-Tu me manques, murmura-t-il tendrement.
-Toi aussi, répondis-je, gênée de m'exposer ainsi. Vous avez décidé quand vous venez me rejoindre ?
-Charles veut mettre ses papiers en ordre et Marie a déjà posé sa démission. Ca ne devrait plus prendre très longtemps à présent.
-J'ai hâte.
-Moi aussi. J'ai envie de prendre le prochain vol pour Seattle. Même si je sais que tu as besoin que je te laisse de l'air, ajouta-t-il, un brin sarcastique.
-Merci pour ça.
-Je suis votre chevalier servant, ma Dame.
Je ris un peu et nous raccrochâmes quelques secondes plus tard. J'appréciais qu'il ne me mette pas de pression. Je m'en voulais aussi de lui avoir menti pour Edward. J'espérais que cette histoire soit réglée avant que ma famille ne vienne s'installer à Seattle. J'avais plusieurs idées en tête pour qu'Edward me lâche dont une particulièrement délicate que je ne pourrais utiliser qu'en dernier recours. Oui, cette idée-là serait vraiment cruelle. Mais aux grands maux, les grands remèdes.
Alooooooors ? Qu'en dîtes-vous ? Bon c'est certes un chapitre un peu de transition. Le 4 sera plus riche en révélations.
J'attends vos commentaires avec impatience !
A très vite tout le monde !
Audierne.
