Olala je déteste ce chapitre ...je le poste comme on se débarrasse d'un objet encombrant ! J'en ai besoin pour la suite mais pff ...je l'ai tellement remâché, j'ai dû râler bien fort. Donc il y a sûrement pléthore de fautes et je vous demande pardon de cela ...

J'aime toujours les longues reviews ...je vous aime !


"Les blessures morales ont cela de particulier qu'elles se cachent, mais ne se referment pas; toujours douloureuses, toujours prêtes à saigner quand on les touche, elles restent vives et béantes dans le cœur."

Le comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas


Ce soir là, Ace avait passé un certain temps allongé dans son lit à écouter en boucle la chanson dont Sabo avait tiré les paroles qu'il lui avait envoyé. Il se demandait ce que ça signifiait, ou si c'était juste une sorte de délire passager. Il finit par laisser tomber les questions et se contenta de se laisser porter par la mélodie étrangement obsédante. Les étoiles fluorescentes qu'il avait collé au plafond dans un élan enfantin pour reformer des constellations luisaient faiblement. Une brise venant du dehors rasait la tôle qui longeait sa fenêtre pour arriver jusqu'à lui.


Ils n'avaient pas pu se voir le lendemain. Ni le jour d'après et pas plus les suivants. Les obligations de l'un et l'autre les en avaient empêché. Travail, études, parents peut-être ...Le jeune mécanicien ne voulait pas se l'avouer mais il en était un peu soulagé. Sur le moment, voir son ancien ami avait été presque banal et amusant mais il en avait subi le contrecoup comme les blessures à retardement après un accident. Il avait passé de longues nuits blanches à se demander ce qu'il avait manqué de capital dans sa vie, s'il y avait encore une place et si son frère reviendrait un jour vraiment. A trois heure du matin un jour, et sachant alors qu'il aurait à se lever tôt le lendemain, il s'était surpris à penser qu'il aurait préféré qu'il fut vraiment mort. Ainsi le Sabo qui aimait Ace, qui avait des souvenirs avec lui et lui laissait une place essentielle ne serait que figé dans une éternité où rien ne pouvait l'atteindre, et abîmer cela. Alors que le brun avait l'impression que la situation actuelle prenait un malin plaisir à détruire tout ce qui dans leurs anciennes relations avait compté pour lui. Il préférait donc se leurrer lui même en mettant la présence du jeune homme à part, au loin. Il voulait presque l'oublier. Mais il n'eut pas cette chance. Au bout de cinq ou six jours, alors qu'il était en train de boire un verre avec plusieurs de ses amis et « frères », il reçut un message.

Bonjour, c'est Sabo.

En le lisant, Ace eut un soupire intérieur et faillit dire à voix haut qu'il savait. Mais il se retint.

Bonjour, c'est Sabo. Tu n'as peut être pas envie de me voir mais j'ai vu mon docteur aujourd'hui qui a insisté sur l'importance pour nous de parler à nouveau, vis à vis de mon amnésie. Par ailleurs j'avais plutôt apprécié la soirée de l'autre fois. Ça te dirait qu'on se voit ? Je ne t'oblige à rien bien sûr, mais je le répète, j'ai tous les Marvels sur mon ordinateur. Bien à toi.

Le jeune homme soupira. Réellement cette fois. Il s'enfonça dans sa banquette. Le bar dans lequel il était était animé et ses amis enthousiastes. Satch à sa droite racontait à grands renforts de gestes sa dernière déconvenue amoureuse. Il le regarda un moment, essayant de suivre son histoire en sirotant son cocktail à base de rhum. Puis il se pencha à nouveau sur son portable. Ce style le surprendrait toujours.

Je croyais que tu préférais les DC

Seulement WW. Sinon j'aime Natasha.

Oh je vois

Tu vois quoi ?

Rien. Juste ton obsession pour les super héroïnes aussi peu fringuées commence à être suspecte

Black Widow n'est pas si dévêtue.

Je pense que la combie moulante compense

Là n'est pas le propos. N'es tu pas fan d'un homme outrageusement musclé et qui a un quota de scènes torse nue à respecter ?

OK blondinet match nul

-Yo Ace jte cause !

Il sursauta, leva la tête vers son bavard compagnon.

-Désolé ...quoi ?

-On y va ? On peut simplement finir dans le parc.

-Oh ouais. Si tu veux, répondis le brun en haussant les épaules.

Il finit son verre et se leva. La nuit était un peu étouffante, impression accentuée par l'ambiance propice à l'alcool et aux sorties tardives.

Alors ?

Alors quoi … ?

-Ace lâche ce truc ! S'exclama un de ses amis.

-Attends !

-Arrête de faire ton asocial !

-Deux minutes !

On pourrait se voir … ?

Il avait commencé à répondre quand Satch lui piqua son portable.

-Alors à qui tu parles comme ça petit Ace ? Sabo ? C'est qui ? C'est quoi ce nom chelou ?

-Rend moi ça espèce de …

-Hé attention à ce que tu vas dire gamin ! Et pourquoi je te le rendrais … ?

-Parce que c'est à moi tiens !

Le jeune homme qui tenait le portable sembla réfléchir un instant.

-Depuis quand je m'en soucie de ça … ?

Et il traversa la route en courant, sans regarder autour de lui.

-Viens le chercher !

-SATCH !

Le brun se lança à sa poursuite à travers une rue ou deux, demandant pardon aux passants devant qui il passait en courant. Puis il bondit récupérer son bien, regardant la conversation tout en décélérant. Il réalisa que son ami avait eu le temps durant la course d'écrire un message à Sabo :

OH OUI MON AMOUR VOYONS NOUS CE SOIR

-Très mature, marmonna le jeune homme en tapant vite une autre réponse.

Déso mes potes sont VRAIMENT cons

-Alors il a aimé ma petite invitation ? Demanda le fautif hilare.

-Ta gueule !

-C'est comme ça que tu parles à tes aînés Acounet ?

-Oh toi je vais te … !

Mais il ne finit pas sa menace, sentant son portable vibrer.

Haha désolé mais ce soir je suis déjà pris de ce point de vue là.

Pour le coup ça scotcha Ace. Une copine ?

Pas de soucis, je peux pas ce soir non plus ...demain ? 17H 30 t'en penses quoi ?

La réponse ne se fit pas attendre :

Alors tu veux vraiment … ?

Ace soupira et releva la tête vers Satch, étonné par ce changement d'attitude.

-Ça va pas ?

-Si si.

Et il mentit. A moitié :

Bien sûr que je veux.

Super. 17H 30 alors. Devant ton travail ?

Non viens à la gare et on avisera.

Merci Ace.

Il resta un instant interdit devant cette réponse, sous le regard de plus en plus perplexe de son ami, tandis que le reste de sa bande les rejoignait. Peut être était-ce « Ace » qui rendait tout plus personnel. Dommage que son pouvoir lui empêchait de se saouler réellement.


Ace devait bien avouer une chose. Les messages de Sabo avaient réveillé en lui une impatience qu'il pensait impossible. C'était peut être le fait que ce soit lui qui l'ait contacté en premier. Même si ce n'était que pour une raison médicale. Tout en ayant peur de le revoir il aurait voulu manquer au jeune blond. Il sentait tout l'égoïsme que revêtait ce sentiment mais au fond de lui, comprenait peut être qu'il n'y pouvait rien.

Sabo attendait à la gare et le premier qualificatif qui lui vint à l'esprit pour le définir était « sagement ». Il était assis sur un muret, tiré à quatre épingles avec sa chemise parfaitement coupée et son gilet victorien aujourd'hui d'un gris doux. Cela était peut être dû aux attentes de ses parents mais le mécanicien ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait là quelque chose de très personnel. Même si cela relevait d'une part d'héritage familiale, il ne pouvait haïr cet aspect de lui. Il finit par arriver à la hauteur du jeune homme.

-Hey !

-Hé, salut.

Encore une fois il semblait sortir de ses pensées avec une telle rapidité.

-Tu vas bien ? Demanda gentiment le blond.

-Ouais ouais et toi ?

-Qui s'en soucie vraiment ? Demanda Sabo avec une franche sincérité, ce n'est qu'une formule conventionnelle.

-...décidément t'es un peu chiant non ?

Il ne répondit rien et Ace ne sut comment interpréter son expression.

-Moi ça m'intéresse, dit-il simplement.

-Peut être qu'on pourra voir ça plus tard.

Il souleva sa sacoche en cuir.

-J'ai des films.

-Pourquoi apporter ton ordi et pas juste une clef USB ? Demanda le brun en riant, allez viens je sais où on pourrait les regarder.

Il l'entraîna dans les rues remplies de voyageurs pressés, de joggeurs, d'ouvriers venus pour réparer des canalisations.

-On va où ?

-Dans un bar.

-On peut regarder des films dans un bar ?

-Dans celui-là oui.

Ils s'arrêtèrent devant un bâtiment gris et peu attirant dans le centre cosmopolite de la ville et sans attendre de réaction, le mécanicien entra dedans. C'était un lieu simple mais soigné, avec un grand comptoir laqué. Une population bigarrée s'y retrouvait en bonne entente sous l'œil vigilant de la propriétaire.

-Yo Shakky !

-J'y crois pas ...tu m'as emmené au Bar de l'Arnaque, murmura Sabo.

-Oh le petit Portgas et ...le petit blond de ...Sabo. Voilà qui est étonnant. Vous deux, répondit tranquillement la gérante.

Un journal étalé devant elle et une cigarette à la main, elle les détaillait de sa douce élégance, son carré court encadrant son visage intéressé.

-Vous vous connaissez ? Demanda le premier nommé surpris.

-Je ne suis pas aussi snob que tu ne sembles le penser.

-Je n'ai pas dit que tu étais …

-Depuis quand trainez-vous ensemble ? Les coupa la femme visiblement curieuse.

Après tout elle était connue pour ne laisser passer aucune information.

-C'est une longue histoire, éluda Ace.

-C'est mon baby-sitter. Mais il est très nul à ce job, je sais pas si on doit le payer, répondit son compagnon tout de suite après.

-Hein ?

La gérante rit doucement en fermant les yeux un instant.

-Et depuis quand vous vous connaissez vous deux ? Demanda Ace.

Elle lui fit un clin d'œil.

-Longue histoire. Vous voulez monter ? Qu'est-ce que vous boirez ?

-Comme d'habitude ! Répondirent en même temps les deux garçons.

Puis ils se regardèrent et après un petit temps, Ace rit et Sabo eut un sourire amusé. Shakky ne se laissa pas déconcentrer et commença à préparer leurs boissons.

-C'est toujours aussi cher …, râla le brun.

-Je ne ferai pas d'exception pour quelqu'un de ta famille mon cher Ace, surtout avec un tel ton.

-Quelqu'un de ta famille … ?

-Laisse tomber Sab'.

Le dénommé haussa un sourcil.

-Je ne suis pas sûr d'aimer ce surnom.

-Mec tu es ...vraiment chiant.

-Jeunes hommes, je vous apporterai vos commandes.

-Je vais payer, dit Sabo en fouillant dans une poche de sa sacoche.

-Hé non c'est pas la peine !

-Je paie, dit-il avec un ton si autoritaire qu'Ace le laissa faire.

Mais tandis qu'ils montaient les escaliers, il chuchota à son oreille.

-D'ordinaire je dis que je paierai à la fin et je me barre par la fenêtre …

-J'en suis parfaitement consciente et tu mets de plus en plus ta vie en danger …, se fit entendre la voix de la barmaid derrière eux.

Il serra les dents et le garçon à ses côtés rit franchement. Ce rire qui ne cessait de l'étonner. Ils se retrouvèrent dans une pièce abritant un ensemble disparate de tables, de coussins, et de coins dans lesquels être à part. Ils en réquisitionnèrent un, s'installant sur des sortes de pouf aux couleurs passées.

-Si tu es déjà venu, comment ça se fait que tu ne saches pas qu'on peut sortir nos ordis et regarder des films ici ? Demanda Ace.

-En général je ne monte pas.

-Tu es peut-être bien snob alors après tout.

-Très drôle.

-Hinhin tu es vexé Sab' ?

-Sérieusement …, soupira l'intéressé en sortant son appareil.

Dans un autre coin de la salle, une vieille télé au mur passait les infos en continu et donnait comme toujours le numéro pour signaliser un détenteur, soi-même ou un autre, en rappelant qu'un pouvoir pouvait apparaître sur n'importe qui et n'importe quand. Il le connaissait par cœur. Il s'interrogeait parfois, si quelqu'un le lui demandait, que devait-il lui répondre ? Qu'est-ce qui était le plus suspect ? Le connaître ou non ? Mais ce n'était que des questions qui lui passaient par la tête, sans importance. Qui lui demanderait ça ? A côté de lui, le jeune homme était concentré sur son ordinateur, ne faisant pas attention à tout cela. Il parlait d'Iron Man. Ace visualisait l'homme et ses scènes, s'imagina survolant des déserts dans une armure et se faire accueillir par une jolie blonde. Un flot de pensées brutes dont le tira une voix visiblement affolée.

-Ace ?! Ace !

Il sentit qu'on cherchait son pouls sur son cou, une main étonnamment froide. Il entrouvrit les yeux sur son blond de compagnon qui continuait à s'inquiéter et en se rendant compte qu'il était allongé dans une position tordue sur les coussins.

-Hé ça va ?!

-...oh. C'est rien Sab', je me suis endormi.

Pendant un bref instant il serra la main qui s'éloignait de sa nuque comme pour le rassurer. Et de leurs trois rencontres, c'était la première fois que le jeune homme enlevait ses gants.

-Endormi ?! D'un coup comme ça … ?!

-T'inquiète je suis narcoleptique.

Il observa avec intérêt le visage de Sabo. Ainsi donc il pouvait s'affoler, avoir cet air effaré aux traits relâchés, comme si pendant un instant il perdait de sa flegme contrôlée. Son visage eut l'air étonné, un air réellement, franchement surpris. Tellement ….humain. Dire que ça le choquait.

-Oh ...vraiment ? Il n'y a pas des médicaments pour ça ?

-J'ai peut être ...oublié ce matin …

Ça lui arrivait souvent au fond. Les yeux sombre clair de son ancien ami se voilèrent d'une forme de colère.

-Très malin ! Ça pourrait être vraiment dangereux !

Ace rit. Il rit avec délice. Il adorait qu'il soit si expressif, si impulsif. « Son » Sabo enfin ...non ça n'était pas lui mais au moins quelqu'un qu'il arriverait mieux à supporter.

-Je vais bien ...c'est rien pt'it blond ! Bon ce film alors ?

Il l'entendit soupirer.

-Pour la peine c'est moi qui le choisis.

-D'où ? Pour la peine de quoi ?!

-T'as pas pris tes médocs !

-Et alors t'es qui pour me dire ça ? Mon père ?

-Juste le type plus mature que toi …

-T'as dit quoi là ?!

-Peu ou prou la vérité !

-Sab' arrête de parler comme si t'étais la reine d'Angleterre …

-Ne me compare pas avec elle ! Et arrête avec ce surnom !

-Jeunes hommes, vos boissons, annonça une voix amusée.

Ils se tournèrent vers Shakky qui déposa leurs cocktails devant eux et ils se regardèrent surpris.

-Toi aussi tu prends un Salamèche ? Demanda le brun.

-Je ne suis encore une fois pas si snob que tu ne sembles le penser ...j'ai un faible pour les pokémons, répondit son compagnon amusé.

-Vous savez si vous preniez de simples pintes ça vous reviendrait bien moins cher …., suggéra la gérante en redescendant.

Mais elle devait savoir qu'ils n'en feraient rien. Ace but une gorgée d'abord glacé puis brûlante.

-Au fait tu aurais pas de la fièvre ? Demanda Sabo.

-Hein ?

-Non rien.

Il ramena ses jambes contre lui en tailleur et Ace le regarda en s'adossant au mur. Puis ils lancèrent le film sans que ce dernier n'ait son mot à dire. Sakky repassa vers le milieu pour leur signaler qu'au besoin ils pourraient monter chercher un chargeur chez elle. Elle les connaissait si bien après tout. Mais quelle était cette longue histoire entre elle et le jeune noble ? C'est vrai que Natasha était impressionnante. Qui n'aime pas Scarlett Johansson ? Un ventilateur au fond de la pièce soulevait des tracts sur une table basse. Mangez des produits laitiers et soyez sexy en toutes circonstances grâces aux collants amincissant. Ce ne devait pas être la propriétaire qui les avait mis là. Avec un seul écouteur dans l'oreille droite, le mécanicien entendait les voitures passer dans la rue du bas. Un garçon et une fille s'embrassaient goulûment dans un coin, sous l'œil fatigué d'un chiot qu'ils avaient dû emmener par dépit. La télévision bourdonnait les scandales de grands chanteurs. La peinture autour des fenêtres commençait à s'écailler. Sabo riait parfois légèrement à ses côtés et ils se lançaient des piques, se découvrant à nouveau autant de points communs que de différences. Ils n'avaient aucun coup de foudre amical ou de complicité évidente. Mais ils étaient bien. Il aimait ce film, cette ambiance épique et porteuse. Il n'était pas vraiment assis confortablement mais son cocktail était excellent comme toujours.

-...plus de batterie ...

-Quoi ?

-Je vais chercher le chargeur dont elle nous parlait, signala le jeune steamer.

-Oh, ok. Te fais pas bouffer par son chat.

Il mit sur pause et s'amusa à jeter un coup d'œil au fond d'écran. Qui était cette fille ? Sa copine ? Mignonne. Puis il mit la machine en veille, qu'elle ne plante pas avant le retour messianique du chargeur. Il regarda son portable. Satch faisait des allusions peu subtiles sur sa soirée, comme d'habitude, et Marco lui demandait si des ramens ça lui allait parce qu'il n'avait pas la foi de cuisiner. Ok mais au bœuf alors. Et puis il adorait ça. Pas autant que le petit Sabo mais ...d'ailleurs le grand était un peu long à la détente mais, bah, il devait chercher. A quoi ressemblait l'appartement de la belle femme ? Il devait sentir la cigarette froide. Insupportable odeur. D'ailleurs ça sentait bizarre. Et pas seulement comme s'il y avait un fumeur de trop. Non une senteur persistante, tenace. Comme du brûlé ? Exactement. Il connaissait bien ça. Shakky avait fait cramer un truc ? Pas vraiment son genre …Il rêvait peut être, personne ne semblait s'en soucier. Il avait sûrement trop l'habitude de cette odeur. Et cependant c'était plus prégnant.

Le bruit déformé d'une alarme incendie.

Il se leva lentement. Ce n'était pas comme s'il risquait grand chose. Le couple et son chien toujours aussi désintéressé se pressèrent dans les escaliers de secours, émoustillés d'affolement. En bas on entendait des pas, des voix. Il attendait Sabo, puis ils pourraient descendre et se renseigner. D'où venait le feu ? Mais que faisait le jeune homme ? Il n'était plus temps de chercher. Il ramassa son ordinateur et leurs sacs et se mit en bas des escaliers qui menaient chez la gérante.

-Sab' … ? Sab' tu fous quoi ?! Je veux pas te presser mais y'a le feu quand même ...haha cette fois on peut vraiment ...le dire ...Sabo ? Sabo tu fous quoi !

Un brusque étau lui enserra la poitrine et il mit un instant avant de comprendre que c'était de la peur. Non. Une terreur pure et indescriptible, apparue en un éclair là où auparavant il n'y avait rien de tel. Et il ressentit physiquement l'absence du blond, et son incapacité à l'emmener loin, loin du danger, s'il n'était pas à ses côtés. Comme une vieille réminiscence. Il grimpa les marches à toute volée et tira sur la porte. Elle ne s'ouvrait pas.

-Putain !

Il mit un coup brusque et tandis qu'elle s'ouvrit violemment il entendit un « hé ! » distinct et remarqua le jeune homme à terre, s'étant pris un coup derrière la porte.

-Sab' !

Il lui tendit la main mais pas pour l'aider à se relever. Plutôt pour le traîner dans les escaliers.

-Tu faisais quoi bon sang ?!

-Je cherchais ! J'ai pas entendu l'alarme tout de suite !

-Tu te fous de moi ?!

Mais il y réfléchirait sûrement plus tard. De la fumée commençait à s'infiltrer, on ne savait d'où, et la main crispée sur la chemise de Sabo, il l'entraîna sans ménagement à travers la pièce et dans l'escalier de secours jusqu'à retomber sur la rue où un certain nombre de personnes observait l'immeuble en attendant l'arrivée des pompiers. Il serra alors les épaules de son compagnon, les jointures blanchies.

-Tu n'as rien?!

-Je ….vais bien Ace. Ne t'affole pas autant …pour rien. Il ne s'est rien passé ...

Sans le laisser finir sa phrase le brun le serra brusquement dans ses bras. Assez brusquement pour le déséquilibrer. Il ne le vit pas écarquiller les yeux mais le perçut sûrement. Ça ne dura qu'une seconde mais il sentait ce faible organisme humain contre le sien, la matérialité de son existence lui fit du bien. Quand il le lâcha, détaillant son expression déboussolée il comprit une chose. Il ne savait pas si ce Sabo était « son » Sabo, s'il le serait jamais un jour, s'il pourrait recréer cette complicité, cette indéfectible tendresse silencieuse entre eux ou si son malaise partirait. Mais qui que soit cet homme à la cicatrice laide et déformante devant lui, il y tenait. Peu importe qu'ils n'aient pas de coup de foudre amical, il ne supporterait pas de perdre cet inconnu qui était devenu le sien.


Il avait commencé à rentrer à pied mais Marco l'avait récupéré à mi chemin tandis que la nuit tombait. Après la frayeur d'Ace et son étreinte, une gêne s'était installée entre les deux jeunes hommes. Après tout il ne s'était rien passé de grave pour eux. C'était sûrement cela le point le plus préoccupant. Une si grande peur pour un peu de fumée devant les yeux ...C'en était presque risible. Sabo n'avait pas attendu l'arrivée des pompiers, prétextant probablement quelque chose, il ne savait plus. Pour la première fois il réalisa combien la situation devait être étrange pour lui. Si pour le mécanicien il ne savait s'il était face à un nouvel homme ou à un frère, pour lui il ne s'agissait que d'un inconnu un peu trop familier.

En regardant la ville défiler, son colocataire poser le pied aux feux rouges, il ne pouvait pas s'empêcher de trembler un peu. Ce n'était qu'un peu de fumée. Il avait vu des massacres parfois. Les phares des voitures ressemblaient à de grosses lucioles malades.

Sabo n'était pas à ses côtés ce jour là. Il aurait sûrement aimé voir l'accident pour avoir la sensation d'avoir pu essayer quelque chose. Mais cette fois là aussi il avait sentit le manque physique de sa présence. Il ne serait matériellement plus jamais là. Il n'était pas mort, il avait disparu de tout endroit qu'Ace n'aurait jamais pu fouler. Et il avait pleuré ce manque, comme jamais il n'avait pleuré. Et à présent son fantôme venait le hanter, prêt à disparaître lui aussi, à tout moment. Il refoula ses pensées. Il savait que sinon il serrerait à nouveau la veste de son ami et il ne voulait pas instaurer cette habitude qui ne prouvait qu'à lui même sa propre faiblesse.


Le docteur était inquiet à propos de l'incendie. Il le confia à son jeune colocataire tandis qu'ils touillaient leurs ramens, assis par terre adossés à leur canapé.

-Le bar est pourtant en zone neutre. Ce ne doit pas être un groupe comme le nôtre qui l'a provoqué.

-Qui te dit qu'il a été provoqué ?

-Shakuyaku est prudente, yoy.

-La prudence ne fait pas tout …

-Cette histoire me semble louche Ace, j'en parlerai au paternel.

-St'u veux.

Il sépara ses baguettes et commença à manger par petits bouts. Il y eut un certain silence, pendant lequel il profita de la très légère brise passant par la fenêtre ouverte.

-Ca vient sûrement de là non ?

La voix de son aîné le fit sursauter.

-Hein ? De quoi ?

-Ce côté protecteur que tu as. J'ai toujours pensé que c'était dû à ton petit frangin dont tu nous rebats les oreilles mais je crois que la vraie origine, la première, c'est la mort de Sabo.

Il avait dit ça comme s'il parlait de la météo mais avec douceur.

-...arrête de faire ton sage sous la montagne toi.

-« Sous » la montagne ?

-...et arrête ta psychanalyse à deux balles. On a de la glace ?

La télévision, en bruit de fond, diffusait les images d'une femme masquée qui faisait on ne savait trop quoi. Le journaliste la réprimandait grandement. Forcément. C'était le seul moyen pour lui d'en parler. Si facile. Ace pensa vaguement que le gouvernement n'était pas infaillible.


Mes amis ...une review pour que dans le prochain chapitre Ace dévoile ses abdos ...(je n'ai aucun scrupule à vendre ce garçon)