Hello, hello !

Vous voyez, je n'avais pas menti :) Je suis de retour ce week-end, comme prévu (ahah, comme quoi, j'arrive à être dans les temps, parfois !). Je ne vous promets rien pour la prochaine fois, par contre, on ne sait jamais, je voudrais pas jouer avec le feu ou provoquer le destin x)

Merci, merci et encore merci pour vos reviews. Vous n'êtes pas extrêmement nombreuses mais c'est toujours un grand plaisir de lire vos réactions. J'ai toujours peur de vous décevoir alors, surtout, n'hésitez pas. Rassurer un auteur, c'est primordial et, vous pouvez me croire, je suis du genre vraiment, vraiment pas sûre de moi alors je me décourage vite si je n'ai pas de review car je me dis qu'après tout mes histoires ne doivent intéresser que moi ^^'...

Comme je l'avais dit à la fin de mon précédent chapitre, je vais conserver le POV Edward un petit moment. Pas pour toute la fic parce que j'ai bien quelques idées de quand pourrait me servir le POV Bella mais, en tout cas, le POV Edward devrait être plus présent. Je n'écris pas souvent du point de vue d'un garçon alors c'est aussi intéressant pour moi :)

Petites réponses aux reviews des non-inscrits :

fan2manga → Merci pour ta review. Contente que le couple Rose/Jazz te plaise. Même si... Même si. Ahah. Je ne peux pas en dire plus, tu le découvriras par toi-même :) J'ai bien gardé le POV Edward pour ce chapitre, en tout cas. J'espère que ça te plaira toujours.

dp → Moi ? Sadique ? Roh. Presque pas x)... Mais ça va pas vraiment s'arranger dans ce chapitre ___ un peu quand même, j'espère mais... Rah x) ma réputation ne va pas monter en flèche tout de suite, je sens.

helimoen → Et non, je ne me suis pas arrêtée d'écrire. J'ai juste tendance à... être un pauvre flemmarde et quand je peux enfin... bah flemmarder, ça dure un peu trop longtemps et je me laisse emporter et... je flemmarde encore plus... ^^'... Je suis inexcusable. Mais j'ai quand même eu une fin d'année chargée, pour me faire (à moitié) pardonner :)

BONNE LECTURE ! ^^'

/

/

/


J'étais complètement incapable de bouger, de réfléchir, de faire quoi que ce soit, en réalité... Le temps s'était comme figé et si je n'avais pu sentir mon sang battre à mes oreilles comme milles tambours de guerre, j'aurais bien cru être mort. A quelques centimètres des miens, deux grands yeux noisettes me fixaient sans faillir. Jamais je n'allais pouvoir m'en défaire. Ils étaient trop... beaux ? Non. Non, ce n'était pas une simple question d'esthétique. Ils étaient... renversants. Quel être au monde pouvait bien posséder un tel regard ?

Et ses lèvres sur les miennes. Tout aussi immobiles que les miennes mais, simplement, notre contact... Électrisant. Si je n'avais pas été complètement paralysé par cet arrêt brutal du temps, mon corps entier aurait frissonné de plaisir.

Mais ses yeux... Plus que ses lèvres sur les miennes – et le fait, il faut bien le dire, qu'elle soit totalement allongée sur moi, aussi figée que je ne l'étais – c'était eux qui m'empêchèrent, de longues secondes de me sortir de cette situation ô combien délici... DELICATE ! Oui, délicate.

« Aussi délicate que sa taille fine sous mes doigts... »

Woh ! Deux secondes ! A quoi je pensais, là ? Stop ! D'une, ça ne me ressemblait pas du tout. De deux, j'étais actuellement en pleine dépression post-rupture. Il était hors de question de me laisser aller à ce genre de pensées ! Depuis quand étais-je seulement capable de produire de telles pensées !

« Une minute, d'ici quelques secondes, si tu ne te dépêches pas de te détacher d'elle. »

Soit cette fille était capable de me faire perdre la tête. Soit cette histoire avec Rose m'atteignait bien plus encore que je ne l'aurais cru et... me faisait perdre la tête, de toute façon.

Je réalisais subitement que mes lunettes de soleil avaient valdingué je-ne-sais-où et que ma casquette n'était plus qu'un lointain souvenir et il m'apparut évident que cette fille devait m'avoir reconnu – ce qui expliquait sûrement son état catatonique – mais qu'en prime nous devions avoir alerté toute la rue avec cette spectaculaire chute. Bon sang, je pouvais encore gérer une fan mais toute une rue de groupies en furie, ça allait être beaucoup plus compliqué... Il fallait que je me sorte de là tout de suite avant que la situation ne dérape pour de bon.

« Eric va me tuer si je provoque un autre désastre médiatique aujourd'hui... Et je serais bon pour un tas d'interviews bidons pour arranger les choses tant bien que mal. » pestai-je intérieurement.

Très rapidement, donc, je la repoussais – sans véritablement la ménager, je dois bien l'avouer – et m'empressais de regarder autour de moi mais, contrairement à ce que j'avais tout d'abord cru, la rue était pratiquement déserte et le peu de passants qui avaient assisté à la scène nous jetaient des regards exaspérés avant de poursuivre leur chemin.

Je ne pus m'empêcher de soupirer, véritablement soulagé.

J'avais de la chance, en dépit de la situation ; je n'étais pas tombé dans une rue pleine de groupies en furie... ou de paparazzi à l'affut. J'ignorais moi-même ce qui aurait été le pire.

« En soi, ne pas être reconnue du tout pour une pseudo-star n'est pas non plus la meilleure nouvelle du siècle » déplorai-je malgré tout, mon égo reprenant ses droits un court instant.

Ce métier aurait la peau du peu savoir-vivre qu'avaient eu tant de mal à m'inculquer mes parents si je continuais sur des considérations pareilles – et ce même si ma mère m'aurait sans doute contredit à la seconde à l'entente de telles pensées, elle qui avait toujours une propension inimaginable à considérer que ses enfants étaient les plus beaux joyaux que la terre ait pu porter.

-Je suis désolée ! Je suis vraiment désolée ! Pardon ! entendis-je alors que j'allais me relever.

J'étais encore complètement retourné par ce qui venait de se produire et, sans nul doute, un peu trop perdu pour faire ce qui aurait dû être fait – c'est-à-dire aider cette pauvre fille à se relever, lui demander si tout allait bien et, une fois passé la honte de l'instant, lui signer l'autographe qu'elle réclamerait à coup sûr.

Seulement, quand je reportai enfin mon attention sur elle, à l'entente de sa toute petite voix cassée, elle acheva de me rendre complètement...

...Abruti...

Et, croyez-moi, c'était exactement le mot.

Elle avait baissé la tête comme si elle souhaitait plus que tout pouvoir disparaître entre ses épaules. Ces dernières étaient courbées dans une bien piteuse posture, recouvertes par ses longs cheveux auburn, et elle ne cessait de tortiller ses mains en s'excusant encore et encore d'une voix brisée comme jamais je n'en avais encore entendu.

Ce n'était qu'une simple chute et je n'avais rien et, de toute évidence, elle non plus... je crois. Elle n'avait pas à se mettre dans un tel état, c'était beaucoup trop.

-Je ne regardais pas devant moi, je suis horriblement maladroite, je vous demande pardon, vraiment, je...

-Ce n'est rien, la coupai-je enfin.

Et elle ne pipa plus mot. Elle n'aurait pu en dire davantage ; elle éclata en sanglots à l'instant même où j'achevai ma pitoyable réplique et tout son corps fut alors violemment secoué de toute part. Elle semblait à deux doigts de se désarticuler complètement et je réalisais que je n'avais encore jamais vu une fille si... fragile... si démunie...

Il était impossible que cette simple chute ait pu provoquer une telle réaction.

Elle paraissait complètement désespérée. J'avançai lentement ma main dans sa direction, soudain obnubilé par l'idée de la serrer contre moi, de caresser ses cheveux, de la rassurer un tant soit peu...

Je ne la connaissais pas encore quelques minutes plus tôt et, pourtant, je ressentais le besoin de la protéger et de sécher ses larmes comme cela aurait pu être le cas avec Alice. Ça n'avait pourtant rien de comparable... Alice était ma sœur. Ma petite sœur. Je l'aimais tendrement et il était de mon devoir de grand-frère de la protéger. Quant à cette inconnue...

Tout-à-coup, heureusement, elle coupa court à mes réflexions et à tout acte bête de ma part car elle releva les yeux – me laissant découvrir son visage baigné de larmes – en s'exclamant quelque chose à propos d'un certain « magasin James&Victoria » et d'autres trucs incompréhensibles comme « trop tard » et « fermé à 19h », l'air complètement paniqué. Puis, tout aussi subitement, elle tenta de se relever et, très clairement, je pus entendre un horrible craquement venir de sa cheville avant qu'elle ne s'écroule à nouveau en poussant une plainte déchirante. J'eus tout juste le temps, avec l'aide de réflexes venus de je-ne-savais-trop-où, de la rattraper avant qu'elle ne s'écorche également les mains et les genoux en tombant de nouveau au sol. Elle poussa un autre cri puis gémit.

C'était une manie, ma parole...

-C'est pas vrai ! Votre cheville est sûrement brisée, laissai-je échapper alors qu'elle portait ses mains à sa bouche pour s'empêcher d'exprimer à nouveau sa douleur.

« Ça, c'est évident Cullen, pensai-je, acerbe, Elle a dû s'en rendre compte toute seule ! Elle a l'air incroyablement malchanceuse et maladroite et complètement désespérée mais elle n'est sûrement pas assez stupide pour ne pas s'apercevoir qu'elle vient de se casser la cheville ! »

Pourtant, bêtement, je poursuivis tout en l'aidant à s'asseoir aussi doucement que possible, un peu paniqué par ce qui était en train de se passer :

-V-Vous avez dû vous la tordre en tombant et, en essayant de vous lever, vous...

Mais je ne pus continuer ma phrase car je croisais son regard à cet instant. Elle se mordait presque les doigts pour ne pas crier et laisser échapper le moins de sanglots possibles. Ses joues étaient rougies par la gêne, la douleur et sûrement la force qu'elle devait déployer pour ne pas craquer devant moi. Sans trop savoir pourquoi, cela me ramena brutalement sur terre et je sortis aussitôt mon portable de ma poche pour appeler du secours puisque, de toute évidence, aucun passant n'avait encore eu cette brillante idée. Ils ne voyaient donc pas ce qui se passait ?

Tout en m'échinant à expliquer la situation à la femme des urgences à l'autre bout du fil, je regardais autour de moi mais, non seulement, tout le monde semblait se ficher éperdument de ce qui se passait mais, mieux encore, je pus aussi voir un groupe de gamins – d'une douzaine d'années, tout au plus – en rire clairement en passant près de nous. Instinctivement, je me rapprochais de la pauvre jeune fille qui se tenait à mes côtés.

-Les secours vont arriver dans peu de temps, tentai-je de la rassurer après avoir raccroché, Est-ce que... Est-ce que ça va aller ?

Elle avait à nouveau baissé les yeux, m'empêchant de voir son visage. J'ignorais quoi faire. Complètement. Je venais de m'enfuir d'un concert complètement absurde qui n'était autre que la plus grosse catastrophe de ma carrière jusqu'à présent, et, tout-à-coup, je me retrouvais dans cette rue, en compagnie de cette pauvre jeune fille blessée en partie par ma faute – après tout, je n'avais rien à faire dans cette rue à cet instant précis puisque j'aurais dû être en train d'annoncer officiellement mes foutues fiançailles ! – à ne même pas savoir quoi faire pour aider un tant soit peu car trop abruti par son étrange comportement, les sensations disproportionnées et incompréhensibles qu'elle éveillait en moi et, il me fallait bien l'avouer, ce malheureux baiser – qui n'en était même pas vraiment un – échangé malencontreusement lors de notre chute.

-Tout va bien passer, poursuivis-je, incertain et de plus en plus mal à l'aise.

-Vou-Vous n'êtes pas... obl-obligé de rester... ce-ce n'est rien... sanglota-t-elle sans oser relever les yeux.

-C'est en partie à cause de moi que vous vous êtes blessée, c'est la moindre des choses, rétorquai-je, éberlué par sa proposition, Je vous dois également des excuses, j'étais complètement ailleurs... Je ne regardais pas du tout où j'allais.

Existait-il vraiment des personnes qui l'auraient abandonné là, sans remords, malgré son état ? A en juger par le comportement des passants, l'idée ne me parut pas plus grotesque que ça...

-N-Non c'est m-ma faute... poursuivit-elle, J-je suis trop... maladroite... C'est m-ma faute... encore une fois...

-Je vous ai aussi percuté, m'échinai-je à protester, Si je n'avais pas eu la tête ailleurs, je vous aurais vu arriver sans mal et nous n'en serions pas là.

-J-Je porte la poisse... souffla-t-elle, la tête toujours plus basse.

-Mais enfin vous...

Je ne pus cependant pas contester davantage car l'ambulance déboucha au coin de la rue et je me relevais pour leur indiquer notre position. Ils s'arrêtèrent rapidement et deux hommes sortirent aussitôt du véhicule. L'un deux tenait une mallette de soin à la main et je m'écartais aussitôt qu'il s'accroupit près de la jeune fille pour qu'il puisse l'examiner tranquillement. Son collègue, lui, m'accosta et m'interrogea sur les faits. Je lui expliquais rapidement notre collision sans entrer dans les détails.

-Votre cheville est bien cassée, à l'évidence, diagnostiqua le premier ambulancier, Nous allons vous emmener aux urgences pour une radiographie. Quel âge avez-vous ? Peut-être voulez-vous prévenir vos parents ou...

Il se tourna vers moi avant de poursuivre :

-Votre petit ami souhaite peut-être vous accompagner ?

-Ah ! Oh ! Euh... Non, je-je ne suis pas son...

-Oh, excusez-moi, me coupa-t-il sans me laisser le temps de finir ma phrase.

Ils la transportèrent jusque dans l'ambulance et je pus entendre la jeune fille expliquer qu'elle avait seize ans. Je ne pus m'empêcher de rougir. Bon sang, j'avais embrassé une adolescente de seize ans en pleine rue. Je vivais une véritable journée de fou.

Elle accepta ensuite que l'on prévienne ses parents tout en marmonnant quelque chose sur le « dérangement qu'elle allait encore causer ». Décidément, cette fille pensait être un nid à problèmes... Et, après tout, peut-être l'était-elle. Je n'en savais rien et je ne le saurais sans doute jamais.

-Vous n'avez pas été blessé dans la chute, monsieur ? s'enquit l'un des deux secouristes tandis que l'autre continuer d'interroger l'adolescente.

-Non, je vais bien.

-Isabella Swan, entendis-je.

Je levais les yeux en direction de l'arrière de l'ambulance. Isabella... Ou, peut-être... Bella ? Je ne pus m'empêcher de sourire bêtement. C'était joli. Comme une mélodie dans mon esprit.

Elle ne regardait toujours pas droit devant elle. Apparemment, garder la tête haute ne devait pas être son truc... Mais au vu des récents évènements et si elle était bien aussi maladroite et malchanceuse qu'elle disait et semblait l'être, je ne pouvais que comprendre son mal être. Ça devait être quelque chose, tout de même, si elle se mettait dans un tel état pour une simple chute. Cela dit, sa cheville cassée devait également lui faire suffisamment mal pour qu'elle n'ait vraiment pas envie de faire l'effort de regarder qui que ce soit...

-Bien nous allons y aller, annonça l'un des ambulanciers avant de s'apprêter à fermer les portes arrières du véhicule.

-Attendez ! s'écria pourtant la jeune fille qui, pour la première fois depuis... bon sang, depuis ce fichu baiser, leva les yeux vers moi et croisa mon regard, En-Encore désolée, vraiment...

Je passais une main dans ma tignasse et l'achevait sans doute pour de bon sans une pensée pour Alice et son travail tandis que les portes se refermaient devant moi, soustrayant Isabella à mon regard et, du même coup, rouvrait ce trou béant dans ma poitrine qu'elle avait, bien malgré elle, su refermé l'espace d'un instant en accaparant toute mon attention...

-C'était une adolescente, 'Lice, soupirai-je.

Raconter cette histoire à ma sœur avait été une erreur monumentale. Evidemment.

J'étais rentré à l'hôtel, finalement. Je n'avais pas pu me résoudre à poursuivre ma balade improvisée très longtemps après ma rencontre avec Isabella. Je n'avais plus le cœur à ça et je tenais à savoir comment se serait passée l'après-midi d'Alice avec Jasper. Alors que j'avais repris ma route après la bousculade, j'avais soudain craint qu'il n'avoue lui-même ce qui s'était produit avec Rosalie. Ma sœur savait être très persuasive et je savais que Jasper ne lui résistait qu'en de trop rares occasions. Mais il n'avait rien dit et Alice était rentrée à l'hôtel avec un grand sourire, visiblement enchantée de son après-midi.

J'attendais au bar de l'hôtel quand ils étaient arrivés, riant aux éclats tous les deux. Ma sœur tenait fermement son bras, comme toujours, et lui se passait une main dans les cheveux, l'air gêné. Elle devait encore le taquiner au sujet de ses sentiments... Et lui agissait comme si rien ne s'était produit. Exactement comme il l'avait toujours fait. Je bus un longue gorgée de vodka et fermai un court instant les yeux. Quand je les rouvris, je croisais le regard de mon meilleur ami qui s'empressa de regarder ailleurs. Ainsi donc, le message – ou plus exactement, la chanson – était bien passée... J'étais au courant de tout et il le savait. Il devait en être de même pour Rose. Je pouvais donc sûrement considérer notre rupture comme effective, j'imagine. Je préférais nous épargner un échange téléphonique ou, pis encore, une rencontre afin de clarifier cet état de fait et elle devait sûrement penser de même puisqu'elle n'avait pas chercher à me joindre. Même si, tout bien considéré, elle n'avait jamais eu pour habitude de m'appeler bien souvent, pour une fille amoureuse...

-C'est peut-être un signe ! reprit Alice, me sortant de mes pensées.

Je souris tristement.

Un signe, hein...

Nous étions montés dans ma chambre dès que ma sœur m'avait surpris un verre à la main au bar. Elle avait tenu à rester avec moi cette nuit pour veiller à ce que je ne fasse pas de bêtise bien que je lui eus affirmer milles fois que tout allait bien – ou pas encore suffisamment mal pour que je songe à sombrer dans un comas éthylique. Là, j'avais eu la bonne idée de lui expliquer ce qui s'était passé après mon départ de la salle de concert et depuis elle ne m'avait plus lâché une seconde avec cette histoire. Depuis la salle de bain, alors que j'étais assis dans le canapé devant la télévision de la chambre, elle me criait ses théories et ses idées farfelues avec son entrain habituel. Et moi, bêtement, j'alimentais son délire en lui répondant sans cesse. C'était sans doute toujours mieux que d'évoquer un certain autre sujet...

-Je ne la connais ni d'Eve ni d'Adam et, bon sang, Alice, elle a ton âge ! répétai-je à nouveau, zappant d'une chaine à une autre dans l'espoir de trouver un programme susceptible d'accrocher suffisamment mon attention pour me faire oublier les divagations de ma frangine.

-Non, elle a seize ans, protesta-t-elle aussitôt, Elle est plus âgée que moi d'un an.

Je roulais des yeux, amusé malgré moi par son enthousiasme. Un an de plus, songeai-je, effectivement, ça allait tout changer. Et puis, changer quoi, de toute façon ? Je n'avais aucune envie de me plonger dans une nouvelle relation et je ne connaissais rien de cette jeune fille – de cette adolescente ! J'avais vingt ans. Quatre ans de plus ! Je ne pouvais décemment pas penser une seconde à une fille de l'âge de ma petite sœur. A une mineur ! Demain, si Alice se décidait à passer enfin outre cette histoire de fou, elle me serait sans doute sortie de la tête et je ne penserai plus jamais à elle.

-Tu te rends compte qu'elle ne t'a même pas reconnu ! l'entendis-je se moquer, Pour une star, ça doit être vexant !

-Il faut croire que j'ai encore du chemin à parcourir avant d'égaler un certain M. Jackson.

-C'est plutôt génial, en fait ! Ça veut dire qu'elle te prend pour un garçon comme les autres ! poursuivit-elle.

-Je suis un garçon comme les autres, 'Lice, soupirai-je, las.

-Non, pas vraiment, non, me contredit-elle à nouveau tandis que je grimaçais un instant en me retrouvant face à un gros plan de fourmilière sur une chaine documentaire, Tu as déjà prouvé que tu étais plus intelligent que la moyenne et plus talentueux également ! Sans compter que tu es un incorrigible romantique et un protecteur idéal. Tu devrais t'essayer à l'équitation. Je suis sûre que tu aurais de l'allure sur un fier destrier blanc ! En fait, tu pourrais être le prince charmant pour beaucoup de filles.

-Quel dommage que tu sois ma sœur, n'est-ce pas ? plaisantai-je.

-Pouah ! Tu n'es pas du tout mon genre et tu fais pâle figure à côté de mon Jasper !

Je préférais ne pas relever. Si mon meilleur ami avait davantage l'allure d'un « prince charmant » que moi, alors je préférais rester à jamais au pallier du dessous, quitte à prétexter une phobie soudaine des hauteurs et y perdre en charisme (car, le prince charmant de ces demoiselles devait n'avoir peur de rien, perfection oblige, si j'avais bien compris le principe, non ?).

-J'ai toujours su que tu préférais les brunes ! rêvassa finalement ma sœur en sortant enfin de la salle d'eau, enroulée dans une serviette immense.

Et, bien sûr, aussitôt, mon esprit imagina Rose et sa longue chevelure blonde.

Et, bien sûr, à cet instant, je trouvais une chaine qui faisait le résumer du « concert » chaotique donné aujourd'hui, s'interrogeant sur mon état.

Et, bien sûr, Rose apparut pour y donner son point de...

Une seconde ! Rose ?

-Rosalie ? Qu'est-ce qu'elle fait à la télé ? remarqua également ma sœur, arrivée à mes côtés, au même instant.

Poussé par une curiosité sûrement malsaine, je montai le son et la voix de ma petite-amie emplit la chambre, provoquant chez moi une vague de frissons dont je n'étais même plus sûr qu'ils soient de plaisir ou de rage. Peut-être même était-ce simplement ma douleur qui ressurgissait enfin. J'allais devenir dingue à la garder en moi trop longtemps. Il faudrait que je trouve cinq minutes pour pleurer un bon coup (NdA: On aimerait toutes que ce soit si simple...).

« Edward n'est pas et ne deviendra jamais un drogué, expliquait-elle paisiblement de sa voix suave, Et il n'a pas plus de chance de devenir une de ces star imbue de leur personne, hautaine et froide. Il n'est ni fou, ni dépressif, ni sur le point de prendre la grosse tête. Il est trop bien entouré pour cela. Il est trop bien, lui-même, pour cela. (Mon cœur eut des ratés mais je me repris rapidement, songeant à nouveau à ce qu'elle avait fait...) S'il a écrit cette chanson, c'est qu'il devait avoir de bonnes raisons de le faire. C'est qu'elle correspondait à quelque chose qu'il avait envie de dire. »

-Mais, enfin, qu'est-ce qu'elle fait là ? s'enquit une nouvelle fois ma sœur, Personne n'est censé la connaître. Tu étais au courant de ça ?

-Eric... murmurai-je, malgré moi.

-Comment veux-tu qu'il l'utilise maintenant que vous n'allez plus vous fiancer ?

-Je n'en sais rien !

Je m'étais levé d'un bond et avait claqué la télécommande à terre, faisant sursauter ma sœur. Tremblant réellement de rage, cette fois, j'allais m'asseoir sur la table basse, plus proche de la télévision que ne l'était le canapé. Alice, elle, n'osa plus rien ajouter, se contentant de rester derrière moi et, j'imagine, d'écouter elle aussi ce qu'allait bien pouvoir raconter Rosalie.

« Mais ne pensez-vous pas que cette chanson puisse nuire à sa carrière ?

-Allons bon ! ricana Rose, aussi sûre d'elle qu'elle l'était toujours, Cette chanson était superbe, à mon sens. L'une des meilleures qu'il ait jamais écrites. Même si elle s'éloigne de son registre habituel, je suis certaine qu'elle saura toucher son public.

-Il ne vous a donc pas déçu ?

-Absolument pas... souffla-t-elle, mystérieuse, Au contraire. »

Ça n'avait aucun sens. J'avais la certitude que Rose avait parfaitement compris que cette chanson lui était destinée et, pourtant, elle agissait là comme si je lui avais fait une douce déclaration. Sans être un cri de haine, cette chanson reflétait pourtant tout le mal qu'elle avait pu me faire !

Cette attitude me mit les nerfs en pelote pour de bon...

« Si l'on en croit nos téléspectateurs, qui peuvent réagir en direct à cette émission via notre site internet, je le rappelle, la rumeur raconte déjà que vous n'êtes pas seulement une bonne amie d'Edward, s'enquit à nouveau la journaliste. »

Cette pauvre femme semblait un peu gênée. Rosalie ne semblait jamais très commode pour quiconque la rencontrait pour la première fois. Il fallait être fou comme je l'étais pour tomber amoureux d'une fille à l'air si glacial. Aussi, quand ma petite-amie – il faudrait vraiment que je pense à lui trouver un autre définitif – reprit la parole, nous pûmes presque la voir grimacer de crainte.

« Je ne vous parlerai pas des détails de la vie privée d'Edward, expliqua calmement Rose, S'il a un jour une petite-amie qu'il souhaite faire connaître, il le fera. En attendant, ça ne regarde que lui et ceux qui lui sont proches.

-Vous êtes, malgré tout, dans la confidence ?

-Effectivement. Mais je pourrais tout aussi bien ne pas l'être. Le cœur d'Edward est un bien très difficile à atteindre et que très peu de personne peuvent se vanter de posséder... ne serait-ce qu'en partie. En dehors des membres de sa famille qu'il chérit par dessus tout, je ne suis pas sûre qu'il l'ait un jour offert à quelqu'un mais je ne pense pas non plus qu'il en soit véritablement conscient lui-même. Je peux me tromper... Edward est un mystère, après tout, non ? C'est ce qui ressort le plus souvent de ses interventions publiques... »

-Ca ne rime à rien, cette interview... laissa échapper Alice, à voix basse, plus pour elle que pour moi.

Je ne comprenais pas, moi non plus, quel était l'intérêt de tout cela. Rose venait à la télé pour prendre ma défense ? Pour seulement parler de moi ? C'était absurde, même de la part d'Eric, en admettant qu'il soit bien derrière tout cela, encore une fois. S'il y avait bien une personne sur cette terre à qui je n'aurais jamais demandé de faire ma « pub », c'était bien elle et ce n'était pas seulement une question d'égo. C'aurait d'abord été une question de respect pour elle puisque j'avais toujours trouvé que ce genre d'intervention parfaitement ridicule (je n'étais pas un paquet de lessive et elle n'avait pas à être la courge chargée de faire marcher les ventes) mais, dans le même ordre d'idée, je préférais répondre moi-même aux questions qui me concernaient et me mettre moi-même en valeur, par mes propres moyens et mes propres qualités. De plus, ça ne ressemblait pas à Rose. Rose ne parlait que d'elle-même. Rose ne s'intéressait, en grande partie, qu'à elle-même... et aux personnes qui ne s'intéresser en grande partie qu'à elle.

Seulement voilà, je ne commençais à réaliser cet état de fait que maintenant. Après trois de relation foireuse ayant abouti à cette foutue coucherie avec mon meilleur pote.

« Mais vous n'êtes pas seulement une amie d'Edward, vous êtes également une artiste en devenir et, en dépit de votre attachement pour lui, vous êtes ici ce soir pour nous présenter votre tout premier album ! »

-Quoi ?

Je m'étais levé sans réfléchir. Alice avait porté ses mains à sa bouche.

L'image changea alors, montrant une scène improvisée en plein dans ce studio-télé. Rosalie se leva et quitta la présentatrice de ce show pour se poster derrière un micro au moment même où un guitariste et...

-Jazz ! Jazz à la batterie ! C'est Jasper ! s'écria aussitôt ma sœur.

-Impossible... balbutiai-je, Depuis quand... Rose ne voulait jamais chanter... Elle disait... Elle disait toujours qu'elle chantait faux... Et Jasper n'a...

-Il n'a jamais dit qu'il savait jouer de la batterie, termina Alice en se postant à côté de moi, Où est enregistrée cette émission ? Jazz était ici il y a encore quelques heures...

Ma sœur continua de poser des questions mais je ne l'écoutais plus. Mes yeux étaient rivés sur l'écran et je ne pouvais m'en détâcher. Rose allait chanter... Elle allait présenter son premier album et mon meilleur ami était son batteur. Bon sang, quand avaient-ils bien pu enregistrer un album ? Quand avaient-ils pu monter une telle histoire ? Quand s'étaient-ils retrouvés pour me cacher une chose pareille ? Quand ! J'étais toujours avec l'un ou l'autre et quand ça n'était pas le cas, ils se trouvaient toujours avec quelqu'un de mon entourage !

« Ce morceau s'appelle You Picked Me. » (

La musique débuta sur ces simples paroles de Rose et je ne fus même pas capable de détacher mes yeux de l'écran. J'aurais dû. J'aurais vraiment dû. Je ne voulais pas l'entendre chanter. Je ne voulais déjà plus l'entendre chanter et ce même si ça allait être une première.

Malheureusement, à nouveau, sa voix emplit rapidement toute la chambre, bercée par un son très doux. Une musique aussi douce qu'elle-même m'avait semblait l'être durant trois ans... Une musique discrète pour simplement accompagner sa voix complètement hypnotique, à la fois incroyablement suave et légèrement rauque.

« One two three, (Un deux trois)
Counting out the signs we see
(Je compte les panneaux que nous voyons)
The tall buildings
(Les hauts immeubles)
Fading in the distance
(S'effacent avec la distance)
Only dots on a map
(Se sont seulement des points sur une carte)
Four five six
(Quatre Cinq Six)
The two of us a perfect fit
(Nous deux allons parfaitement bien ensemble)
You're all mine all mine
(Tu es tout à moi, tout à moi) »

Sans m'en apercevoir, je me rassis sur la table basse, complètement perdu. Elle chantait ces mots si naturellement, fixant la caméra face à elle et me donnant l'impression qu'elle ne regardait que moi, comme ce devrait être le cas pour tous les téléspectateurs qui la voyaient à cet instant. Elle était incroyable. Plus belle qu'elle ne l'avait jamais été. Épanouie comme elle ne m'avait jamais semblé l'être.

Mon cœur se serra et, à la même seconde, l'image de Rosalie devant moi disparut, laissant, à sa place, mon reflet défait dans l'écran noir. Je me tournai immédiatement vers Alice. Elle braquait la télécommande vers le téléviseur, l'air furieuse. Je me levai aussitôt pour la lui prendre des mains mais elle se soustrayait sans mal avant de s'éloigner de plusieurs pas sans me lâcher du regard.

-Je ne te la donnerai pas, me prévint-elle.

-Laisse-moi regarder cette émission, ordonnai-je, glacial.

-Pourquoi ? Tu n'as pas vu la tête que tu faisais ! Tu avais l'air si... démuni.

Sa voix craqua et elle détourna les yeux une fraction de seconde. Je profitai de ce laps de temps pour fondre sur elle et tenter de lui prendre une nouvelle fois la télécommande mais elle s'échappa une fois encore alors que j'allais m'en emparer. J'eus tout juste le temps d'attraper son poignet avant qu'elle ne court à l'autre bout de la chambre.

-Lâche-moi ! cria-t-elle, Lâche-moi, je te dis ! EDWARD, TU ME FAIS MAL !

Mais je ne lâchais pas. Je refusais de lâcher. Je n'étais même plus en mesure de réaliser que je la blessais. Je voulais seulement voir encore le visage de Rose sur cette foutue télévision !

Alors, sans que je n'aie même le temps d'esquisser un mouvement de recul, Alice m'envoya sa main libre, armée de la télécommande, en pleine figure. Automatiquement, ma prise se desserra autour de son poignet et je reculais de plusieurs pas. Je heurtai la commode, derrière moi et la lampe de chevet s'écrasa au sol dans un bruit de verre brisé. Sans même m'en préoccuper, je me laisser tomber à genoux au milieu des débris et baissais les yeux.

-Ed-Edward... sanglota bientôt ma sœur.

Une goutte de liquide chaud glissa le long de ma joue. Je pleurais ? Je portais ma main à mon visage et imprégné le bout de mes doigts de ce liquide pour le porter à mon regard.

Rouge. Rouge sang. Je saignais.

Alice s'approcha de moi précautionneusement, appelant à nouveau mon nom mais j'avais complètement occulté sa présence.

-Elle ne m'a jamais aimé... murmurai-je, Elle n'a jamais été aussi épanouie que sur cette scène... Je ne l'ai jamais vu aussi... heureuse...

-Ce n'est pas vrai, Edward, ne dis pas ça... souffla ma sœur, Tu as été parfait avec elle et elle le sait... Je suis sûre qu'elle a été très heureuse... Et si tu l'aimes encore si fort, je suis sûre que vous pourrez vous retrouv...

-Non ! NON ! Plus jamais, tu m'entends ! Plus jamais je ne pourrai... ne serait-ce que la... la serrer contre moi sans penser... à ce qu'elle a fait...

-Qu'est-ce qu'elle t'a fait, Edward ?

Je relevai les yeux lentement vers ma sœur, accroupie face à moi, loin des bouts de verre qui jonchaient le sol autour de moi. J'étais comme dans une bulle, loin d'elle. Ce verre ne faisait que la matérialiser mais même sans cela, elle n'aurait osé m'approcher, j'en avais la certitude. Je n'avais jamais agi de cette façon devant elle. Jamais. Elle n'avait jamais vu cette part de moi. J'avais toujours été le grand frère le plus parfait qui soit. Nous avions toujours été proches et, en une seule soirée, j'avais été à deux doigts de la frapper et, pour la première fois, je l'avais fait pleurer, je l'avais blessée, je l'avais effrayé... Bon sang, je me dégoutais littéralement !

-Il faut... Il faut que je sorte, affirmai-je tout-à-coup.

Je me relevai rapidement et elle tenta de s'interposer, complètement paniquée.

-Tu saignes, tu ne peux pas sortir comme ça !

Je la regardai d'abord sans comprendre puis reportai ma main à mon arcade.

-Je dois sortir... Je dois sortir de cette chambre avant de faire une bêtise, Alice. L-Laisse-moi faire...

Elle me fixa longuement, très inquiète, mais finit par céder.

-Nettoie... Nettoie au moins un peu ton visage avant de sortir... Et... Et p-promets-moi de revenir avant demain matin... souffla-t-elle, vaincue.

-Non, murmurai-je, Ce sera ton grand-frère qui reviendra. Je te le promets.

Je n'osai pas la prendre dans mes bras après tout ce que j'avais fait. Nous nous dévisageâmes un moment puis je m'engouffrai dans la salle de bain pour passer mon visage sous l'eau. Je ne pouvais pas être trop profondément ouvert étant donné la force d'Alice et la plaie arrêterait de saigner d'elle-même. Une blessure à l'arcade était simplement un peu plus abondante qu'une autre, de ce point de vue. Je m'emparai malgré tout de la bande de gaze qui trainait dans la boite de premier secours de la chambre, en coupai un bout d'une bonne longueur que je pliai pour obtenir une certaine épaisseur et je scotchai le tout à la va-vite avec du sparadrap. C'était précaire mais j'aurais tout le temps de me préoccuper de mon apparence plus tard. Après avoir marché. Longtemps.


/

/

/

Voilà, voilà :)

A suivre ! x)

Bon, Edward va sûrement vous avoir un peu déçues pour le coup... Je suis désolée mais le pauvre choux est un peu sous le coup d'une dépression post-rupture, comme il le dit si bien, n'est-ce pas. J'espère que la rencontre avec Bella ne vous a pas fait déchanter. Non, ça ne va pas être le coup de foudre, non, non !... Je suis bien trop sadique pour ça, mouarf mouarf mouarf :P Je leur réserve plein de bonnes choses d'abord, à ces deux-là. Ce serait trop simple, sinon. Mais, au moins, elle a été à son goût... un peu... non ? ^^' C'est plutôt avec elle que je n'ai pas été très sympa, sur ce coup x)...

Petit sondage : Que pensez-vous de la relation frère/soeur d'Edward et Alice, jusqu'à présent ? Je prends plaisir à écrire des scènes avec ces deux là. J'espère que vous appréciez également.

La prochaine fois, je vous promets une scène un peu... « meilleure », si je puis dire, entre Edward et Bella. Et le début des « vraies » péripéties x)

Oh ! Et d'ici un ou deux chapitres, je vous ferez sûrement une playlist afin que vous puissiez retrouver rapidement les chansons utilisées dans la fic :) en espérant ne pas faire de trop mauvais choix musicaux TT...

N'oubliez pas de laisser votre petite review avant de partir :)