Bonjour,

Voici l'ultime partie de cet os. Elle répondra à presque toutes vos questions en laissant peut être un peu de mystère...

Merci pour votre soutien et aussi merci à ma bêta pour son travail formidable.

RAR : Nami-chan : Vraiment tu sais ? Haha, la fin ne te surprendra donc pas tant que ça ;) Merci pour ta review !

Bonne lecture à tous !

OoOoO

Le phénomène se reproduisit encore : un réveil dans son lit ainsi qu'une sensation de s'enfoncer dans les limbes et déjà son corps se figeait. Le jeune étudiant ne savait pas ce qu'il lui arrivait, mais cela n'avait très vite plus d'importance : il était là. Comme à chaque fois, il l'observait, son même sourire en coin au bord des lèvres.

De suite son coeur s'affola. Sa respiration s'accéléra au point de presque bloquer son souffle. Draco était si beau, Harry n'aurait pas pu imaginer personne plus magnifique. Alors, victime du phénomène, le brun fit la même chose que d'habitude. Il scruta l'inconnu, l'observa dans chacun de ses gestes et attendit la suite. Son excitation physique était déjà bien présente, signe que l'ascendant du blond n'avait pas perdu de son impact au fur et à mesure de leurs rencontres.

Cependant, quelque chose avait véritablement changé. Bien caché, au plus profond du coeur du jeune immobilisé, il n'y avait plus la même dévotion. Depuis la fois où ils avaient enfin fait l'amour, il sentait que quelque chose s'était brisé. Bien plus que la présence de l'horloge sur le mur d'en face, cette scène l'avait ébranlé. Même si ce n'était pas la première fois qu'il avait eu peur en sa présence, durant ces instants là, cela avait été trop violent.

Véritable personne impuissante, il n'avait rien pu faire lorsque cela avait dérapé. Il en était ressorti choqué, meurtri. D'abord l'air effrayant du blond avant de se déshabiller, puis sa hâte en le faisant et enfin ses yeux satisfaits et la lueur de domination qui y avait régné lors de l'acte furent les éléments qui bousculèrent l'étudiant.

Malgré ce changement intérieur, Harry ne modifia en rien son comportement durant leurs entrevues. Son regard était toujours aussi quémandeur, son corps désireux et ses réveils aussi fréquents. Et pourtant, en lui, il avait décidé de trouver une solution. Pour la première fois depuis le début de cette aventure avec le blond, il décida d'agir.

Bien sûr, paralysé comme il l'était, ses marges de manoeuvres étaient moindres mais, en dehors de ces moments là, il y songeait. Durant de longues heures, il essayait de trouver un moyen afin de mieux comprendre le phénomène et son blond.

Et c'est lorsque ses réflexions se transformèrent en recherches que tout bascula. Le moyen le plus facile de se renseigner était bien sûr l'ordinateur et sa connexion internet. En quelques mots tapés sur le clavier, tout fut résolu.

Assis face à son bureau, Harry observa la page des liens. Le premier, le plus simple, offrait une explication claire et précise de ce qui s'appelait « Paralysie du Sommeil ». Le brun cliqua, les nerfs à vifs. Il sentait déjà que c'était cela... Le titre correspondait beaucoup trop à ce qui lui arrivait. Et cela ne manqua pas. Tout était détaillé : du trouble du sommeil au sujet sur le point de s'éveiller mais tout à fait conscient qui se trouve dans l'incapacité d'effectuer tout mouvement volontaire. Puis, plus loin dans le texte, la mention que le phénomène est accompagné d'hallucinations visuelles ains que des sensations d'oppression, de suffocation. Le brun n'aurait pas pu mieux décrire ce qui lui arrivait.

Les mains tremblantes, il continua de lire le texte et chercha une faille. Ce ne pouvait être aussi simple. Son expérience avec Draco ne pouvait se révéler n'être qu'une... hallucination. Il n'accepterait pas que son inconnu ne soit qu'un fantasme. Il trouva alors les facteurs favorisants : irrégularités du rythme de sommeil, stress, surmenage, prise de caféine...

Harry sentit qu'il s'étouffait. C'était beaucoup trop. Ses yeux le piquèrent tandis qu'il quittait la page pour ouvrir un autre lien. Il s'agissait d'un témoignage. Encore une fois, la description des faits était parfaite.

Dans un cri de rage, l'étudiant éjecta d'un geste de bras les feuilles de travail et la tasse pleine de café de la table. Le mug se fracassa sur le sol et écoula son liquide noir sur le papier blanc. Le brun, lui, ferma rapidement toutes les fenêtres de son ordinateur et claqua celui-ci avec violence. Il tenta ensuite de se lever, mais trébucha contre sa chaise. Il se retrouva alors sur le sol, le dos appuyé contre le bureau et la jambe endolorie par la chute. Mais il n'en avait cure. Il serra ses genoux contre son torse à l'aide de ses bras, entourant ceux-ci autour de lui.

Ses pleurs devenaient trop violents, tout comme le prochain cri qui menaçait de sortir de sa bouche. Il mordit alors fort son avant bras, cherchant à se calmer. Le sang coula sur celui-ci tandis qu'il gémissait tout de même.

Sa détresse était sans égale. Dans sa tête, il ne savait pas par où commencer. Tout d'abord, il y avait d'abord évidemment le fait que son Draco ne soit pas réel, mais il s'en voulait aussi de n'avoir pas cherché à comprendre plus tôt. Il s'était enlisé dans ce fantasme, dans cette irréalité. Il avait construit cela tout seul, de toutes pièces, avec l'aide de son imagination, négligeant tout le reste autour. Son subconscient avait pris le dessus sur son conscient.

Après une heure de pleurs et d'affolement, Harry réussit finalement à se calmer. Tout n'était toujours pas clair dans son esprit, mais au moins il était sûr d'une chose, il allait tout faire pour que cela s'arrête. Il devait y mettre fin avant qu'il ne soit trop tard.


Le soir venu, aucune solution ne lui était venue à l'esprit. Lorsque l'étudiant fondit sous sa douche à la recherche d'une réponse au milieu des gouttes d'eau, son problème était toujours entier. La chaleur de la cabine ne lui apporta rien de nouveau et il en sortit bredouille une demi heure plus tard. Puis, arrivé debout face à son miroir, Harry paniqua.

L'image que lui renvoyait la glace était disgracieuse. Ses sourcils noirs froncés formaient une ligne décousue. Cette dernière tranchait totalement avec la blancheur de sa peau et le bleu de ses cernes. L'unique couleur vive qui restait se trouvait dans ses yeux plissés. Le vert, bien que devenu terne, demeurait bien là. Il était à présent la seule preuve offerte par la glace comme quoi il était encore lui même.

Le jeune homme voulut vérifier cela et confirmer sa vision floue. Il se saisit de ses lunettes et les plaça sur son nez. L'image claire demeurait identique à la précédente. Il était toujours aussi pâle et possédait autant de plis d'inquiétude sur son visage.

Un tic nerveux agita le coin de son sourcil droit et sa mâchoire se serra. Il devait sortir de sa salle de bain, enfiler son pyjama et retourner dans sa chambre. Mais le lieu était à présent maudit dans son esprit. Il dut donc mettre toute sa volonté dans ses gestes, les ralentissant malgré tout au maximum.

Figé au seuil de l'endroit honni, Harry crispa ses doigts sur le chambranle de la porte. Il ne pouvait pas. Il fit donc demi tour et retourna dans la pièce d'eau. Dans une petite armoire, il dénicha des somnifères et en avala deux.

Lorsqu'il fut enfin dans ses draps et qu'il retira ses lunettes de ses yeux, il réalisa alors. Depuis le début, à chaque fois que Draco était présent, tout lui paraissait clair, comme s'il n'avait jamais eu le moindre problème de vue. Tout cela était donc vraiment faux, irréel et rêvé.

L'étudiant se tourna dans son lit et gémit d'impuissance. Comment avait-il pu se laisser aller aussi longtemps ? Il avait été si naïf.

Il ne trouva le sommeil que très tard dans la nuit. Ses nerfs toujours à fleur de peau l'empêchèrent de fermer l'oeil plus tôt malgré les médicaments, le faisant tourner inlassablement à la recherche d'une meilleure position dans son lit. Quand enfin il put s'endormir, ses rêves furent troublés, hantés par un homme blond et mouvementés.

Le lendemain matin, sa fatigue fut telle que lorsqu'il aperçut l'inconnu dans sa chambre, il ne redouta pas sa présence pendant un moment et fut simplement heureux de revoir celui qui était en vérité son fantasme.

Draco s'émerveilla de suite de son air béat au travers des cernes et des yeux exténués. L'homme à la chemise blanche ne vit rien de ces derniers. Il s'avança sur les draps, rejoignit l'étudiant immobilisé et l'embrassa derechef.

Le contact sensible et plaisant ne réveilla pas le brun. Ce dernier apprécia la texture doucereuse des lèvres qu'avait choisie son imagination et laissa la langue pénétrer dans sa bouche. Mais lorsqu'une main hasardeuse vint se poser sans hésitation sur son entrejambe, le choc fut violent.

Les paupières précédemment fermées se rouvrirent d'un seul coup et les poils du cou de Harry se hérissèrent. Celui-ci réalisait enfin. Il se rappelait de sa découverte de la veille. Un vent de panique l'agita de suite. Son souffle s'accéléra en un temps record et sa poitrine se contracta.

L'inconnu perçut sans mal le changement de comportement. Il se redressa, abandonna sa caresse, et questionna, l'air préoccupé :

- Qu'il y a-t-il, mon Harry ?

Son doigt agile vint effleurer la joue du jeune homme en dessous de lui. Le regard du brun fuyait cependant le sien. Ce dernier redoutait ce qu'il pouvait se passer si l'inconnu apprenait. Comment réagirait-il ? Malheureusement, Draco fut extrêmement patient. Son pouce se joignit à la caresse et dessina des cercles sur la pommette anguleuse.

- Dis moi...

Son souffle chatouilla la bouche de l'étudiant. Et celui-ci craqua. Il était paralysé, vulnérable, et dans l'impossibilité de faire le moindre autre mouvement. Il leva donc les yeux et plongea son regard vert dans celui gris de l'inconnu. Ils se fixèrent alors, durant un long moment. Harry dans l'attente et Draco dans l'interrogation. Finalement, le blond se recula. Sa main lâcha le visage du jeune immobilisé et il fronça les sourcils.

- Je ne comprends pas, murmura-t-il.

Il mit ensuite à nouveau son torse en avant et plaqua ses paumes sur le drap de chaque côté de la tête du brun.

- Que se passe-t-il ? Tu ne veux plus de moi ici ? Pourquoi ?

Harry ne répondit rien, il en était de toute manière incapable. Mais dans sa tête, ses pensées étaient en ébullition. Pourquoi Draco n'avait-il pas saisi ? Il comprenait toujours tout, ce qui était normal étant donné qu'il n'était en fait que le fruit de son esprit. Son subconscient était-il incapable de se désigner comme tel ?

Il étudia cependant les différentes réactions de l'inconnu. Après l'interrogation et l'incompréhension vint l'indifférence. Draco retrouva très vite son sourire. Ses mains voyagèrent à nouveau sur le corps du brun.

- Je suis sûr que tu es content que je sois là, je le suis moi même.

Puis sans laisser plus de temps à l'étudiant pour réfléchir, il lui vola encore un baiser et le débarrassa de son vêtement. Impuissant, Harry se laissa faire, se contentant de ressentir et d'observer. Bien vite, l'inconnu vainquit ses pensées. Il dévasta tout dans son esprit pour ne laisser la place qu'au plaisir incendiant. Comme à chaque fois, le brun jouit avec force, pris dans cette torpeur incontrôlable. Puis, lors de la redescente, il retrouva sa conscience et put à nouveau examiner les faits et gestes du blond.

Draco remit tout en place, il essuya leurs méfaits, rhabilla le jeune homme immobilisé et le recouvrit du drap, dessinant jusqu'au moindre pli du tissu pour que tout soit identique à son arrivée dans la pièce. Médusé, Harry était de plus en plus étonné par son comportement qui avait été si soumis et docile. Pas une seule fois, il n'avait remarqué que tout était pareil au départ comme à l'arrivée de l'inconnu.

Ce dernier ne vit rien de son manège. Il sourit, fier de lui, une fois son devoir terminé, et acheva leur rencontre d'un baiser tendre. Seulement alors il disparut et le brun put retrouver sa mobilité, jusqu'à la prochaine entrevue.


L'horloge fut bientôt démise de sa place. Gardienne du réel dans cette chambre depuis son arrivée, elle était à présent devenue inutile. Mais elle avait été une véritable constante, seul aspect de la pièce qui n'était pas rentré dans la pire des hallucinations.

C'était ainsi que Harry avait décidé de désigner Draco. L'inconnu qui était sûrement son fantasme le plus enfoui était désirable en tout point à ses yeux. Il représentait l'être le plus attrayant qu'il aurait voulu rencontrer dans la réalité et avec lequel il aurait souhaité partager une aventure concrète. Et ce rêve, il pouvait y goûter. Il avait cru le vivre pendant un long moment. C'était sans aucun doute la raison pour laquelle il avait tenu aussi longtemps dans l'ignorance. La tentation avait été trop grande. Mais maintenant, il savait. Il avait conscience que derrière ce voile de beauté et de plaisir, il n'y avait absolument rien.

Ainsi, l'inconnu était devenu pour lui la pire des hallucinations. Celle dont il avait conscience et qu'il voulait logiquement éradiquer mais que tout son être tentait tout de même de conserver puisqu'elle était le fantasme ultime.

L'étudiant décrocha avec remord l'horloge du mur. Il regrettait de ne pas l'avoir écoutée pendant tout ce temps. Tout en la gardant en main, il recula et buta contre son lit. Il s'assit alors sur les draps frais tout en maintenant son regard fixé sur l'objet. Une question qu'il s'était posée au réveil dernier lui revint à l'esprit. Pourquoi Draco n'avait-il pas saisi la teneur de son problème ? Lorsque l'étudiant s'était interrogé à propos de l'apparente inactivité des aiguilles et que cela l'avait perturbé durant leurs instants, le blond avait parfaitement compris quelle était la source du souci...

Harry laissa son torse retomber sur le matelas. Bien sûr. L'inconnu avait juste saisi qu'elle était la source du souci et non pourquoi elle l'était. C'était la raison pour laquelle ce matin, comme il n'avait pas pu rattacher le trouble du brun à un élément concret, il avait été impuissant. Tout ce que l'étudiant avait découvert la veille n'était resté que dans son conscient. Son subconscient n'avait pas eu accès à cela puisqu'il n'était pas rationnel. Draco ne pourrait donc jamais appréhender la vérité. Il ne resterait qu'une image sensible simplement aux émotions et sentiments de celui qui lui avait donné vie, Harry.

Cette réalité inquiéta le jeune homme. Cela signifiait que jamais ce ne serait l'inconnu qui mettrait fin à leurs séances. Son subconscient, maître uniquement de ses rêves les plus enfouis, ne se préoccuperait à aucun moment de ce que la raison imposait. Ce qui alarmait l'étudiant ne l'intéressait pas. Ce dernier devrait donc se battre contre lui même. Cela devrait être lui qui ferait cesser ce phénomène.

Se souvenant des facteurs favorisants, le brun se précipita dans sa cuisine. Dans la poubelle, il jeta l'horloge ainsi que toutes ses réserves de caféine. Il alla ensuite chercher d'autres informations sur internet. Il apprit alors que la position allongée sur le dos favorisait la Paralysie du Sommeil. Puis, le soir arrivé, il s'imposa une séance de relaxation avant de s'endormir et se força trouver le sommeil sur le ventre.

Durant la nuit, il eut plusieurs prises de conscience et vit son corps se retourner à de nombreux moments afin de se retrouver face au plafond. Heureusement, à chaque fois, sa raison reprenait le contrôle sur lui et le ramenait sur le ventre.

Le lendemain matin, lorsque son réveil sonna, il se trouvait sur le côté. Mais il éteignit l'appareil puis se rendormit. Il était si fatigué. Ce fut son erreur. Il le comprit au moment où ses paupières se rouvrirent. Son corps était immobile, figé et raide. Debout au bout du lit, son fantasme le surplombait.

- Bonjour, mon Harry, sourit-il.

Celui-ci ferma les yeux en réponse. La réalité était inverse. Il s'agissait de son Draco. Bien vite, le blond se trouva au dessus de lui, à quatre pattes sur le matelas. De sa voix suave, il murmura :

- Tu m'as manqué, mon Harry.

Mais ce dernier refusait obstinément d'ouvrir les yeux. Le ton se raffermit donc.

- Pourquoi fais-tu cela ?

Le brun souleva enfin ses paupières, une lueur d'interrogation dans les yeux. Les sourcils de l'inconnu étaient froncés et son air sévère.

- Pourquoi fais-tu tout pour mettre fin à nos entrevues ? Je ne te plais plus ?

Sa main alla caresser le torse du jeune homme immobilisé.

- Non, reprit-il sans se départir de sa mine sérieuse. Tu as toujours les mêmes frissons qui traversent ta peau. Ton désir est donc intact. Que se pourrait-il se passer d'autre ?

Draco se recula, l'air de réfléchir. Une moue se dessina sur ses lèvres sensuelles, hypnotisant le propriétaires des lieux. Le blond s'en rendit vite compte et cela l'amusa. Ses yeux se plissèrent et il sortit sa langue de sa bouche afin d'attiser le désir de l'étudiant. La respiration de ce dernier s'affola alors. Et le sourire s'agrandit. Tout en mettant à nouveau son visage à la hauteur de celui du brun, l'inconnu remonta sa main jusqu'au cou de celui-ci. La poigne se fit ferme tandis qu'il chuchotait :

- Peu importe. Tu me désires autant que moi, à un degré que tu ne maîtrises pas. Je serai donc toujours là, quoique tu fasses.

Il ne se préoccupa plus ensuite du regard de Harry. Il se contenta de tourmenter les sens du jeune soumis jusqu'au paroxysme. Il exacerba les sensations avec une dextérité inhumaine afin qu'au final l'orgasme permette encore une fois au brun d'oublier toute autre chose que lui. La main resta sur la gorge tout du long, tel un point d'ancrage rappelant l'ascendant de l'un sur l'autre.


Malgré la faute commise le matin, l'avancée fut remarquée. Elle donna de l'espoir à l'étudiant. Ce réveil non immobilisé lorsque la sonnerie avait retenti était inespéré et plus que bienvenu. Il était la preuve que la méthode du sommeil sur le ventre et du réveil imposé fonctionnait.

Harry ne pensa qu'à cela de toute sa journée. Cette lueur inattendue illuminait l'avenir sombre du jeune homme. Durant les précédents jours, sa vision n'avait été que sombre et pessimiste. Il s'était senti véritablement pris dans un tourbillon infernal dont il n'avait pas vu le bout. Il avait failli désespérer et avait cru devoir abandonner la guerre contre son subconscient. A présent, il sentait qu'il avait une chance de s'en sortir. Il y croyait fortement.

Cela lui donna un regain d'envie pour sa vie réelle. Dans la soirée, tandis qu'il se décidait à rejoindre son bureau afin d'étudier, il s'y adonna avec conviction. Ce ne fut bien sûr pas comme avant. Le visage de Draco ne sortait toujours pas de son esprit, mais la maigre bataille qu'il avait gagnée ce matin-là venait le réconforter.

Plus tard, devant son dîner, il réfléchit à une façon d'agir pour la nuit prochaine. Tout en coupant sa viande avec vivacité, il se demanda comment ne pas commettre la même erreur. Il devait être sûr de ne pas éteindre le réveil alors qu'il serait comateux. L'idée lui vint alors de le faire sonner plusieurs fois durant la nuit. Ainsi, il serait plus sur le qui-vive à chaque éveil. Il en mettrait quatre. Un à minuit, un autre à deux heures, puis à quatre heures et enfin un à sept heures. Et chaque fois, il se forcerait à se lever et à se rendre dans la salle de bain afin d'être sûr ne pas faire la même faute.

Fier de ses résolutions, l'étudiant alla alors faire sa vaisselle. Dans sa nervosité, il s'entailla la main avec son couteau. Le liquide rouge coula dans le bac de l'évier, colorant l'eau mousseuse. La douleur le réveilla et le calma. Il mit ensuite sa main à sa bouche afin de stopper le saignement. Celui-ci cessa vite. Harry reprit donc sa vaisselle. Puis, il se rendit dans sa salle de bain et se doucha. Bien vite il se retrouva en pyjama, dans son lit, sur le ventre.

Une fois le réveil mis en état de marche, le jeune homme croisa ses bras sous son oreiller et utilisa ce dernier pour caler sa tête. Il prit ensuite une grande respiration et essaya de se relaxer. La nuit allait bien se passer. Il devait juste rester vigilant.

Finalement, il s'endormit. Il ne rêva pratiquement pas et ne bougea que peu. Sa fatigue était telle que son sommeil fut de plomb. A minuit, l'appareil sonna, réglé. Harry peina alors pour se lever et se trainer jusqu'à la salle d'eau. Face à son miroir, éclairé simplement par une lumière peu évasée mais forte, il se trouva alors plus pâle que jamais. Ne s'attardant pas sur ce point, il but un verre d'eau et retourna se coucher.

Le deuxième son insupportable fut plus difficile que la première fois à écouter. L'étudiant sentait ses muscles se plaindre à chaque mouvement et il dut se tenir au lavabo pour rester debout.

Il réussit cependant à se réveiller une troisième fois. Il tint jusqu'au bout et se rendit à nouveau dans la salle de bain. Cette fois-ci, il s'épargna sa vision dans le miroir et ne fixa que le sol et l'eau qui coulait dans le lavabo. Lorsqu'il fut face à son lit pour la quatrième fois de la soirée, il se laissa littéralement retomber sur son matelas et plongea son visage dans l'oreiller. Il n'avait plus qu'un réveil à endurer.

Quand sept heures arriva, la sonnerie se fit encore entendre et fut éteinte avec force. Mais le jeune homme se mit debout et se coula directement sous l'eau chaude. Ce fut uniquement à la fin de sa douche, lorsqu'il s'observa dans sa glace et qu'il aperçut ses profondes cernes, que Harry comprit qu'il avait réussi.

Pris d'une énergie folle, il courut jusqu'à sa chambre et ouvrit en grand les rideaux. Dehors la lumière était vive, le soleil était levé. Un grand sourire s'afficha alors sur les lèvres de l'étudiant. Il s'agissait de la première fois depuis plusieurs mois qu'il pouvait profiter d'un beau matin sans la présence de l'inconnu. Le brun ouvrit en grand les fenêtres et respira l'air frais à plein poumons. Sa fatigue ne se fit ensuite plus ressentir. Il s'imaginait vainqueur.

Après avoir pris un copieux petit déjeuner, il quitta son appartement et se rendit à ses cours, ayant l'impression d'être en forme.

En fin d'après midi, lorsqu'il rentra à nouveau. Une partie de sa gaité était partie. Plus que jamais, Draco avait occupé ses pensées à chaque seconde de la journée. Sa bonne humeur matinale n'avait réussi à cacher sa fatigue que quelques heures puis ses paupières s'étaient faites lourdes et ses membres avaient semblé soudain peser de nombreuses tonnes. Sa concentration s'en était alors allée, tout comme son sourire.

A bout de force, Harry se rendit à son bureau avec peine. Il n'était plus motivé. Malgré tout, une pile énorme de devoirs l'attendait. Il sortit donc une feuille et entama son travail. Lentement, celle-ci se noircit. Cependant, le stylo ralentissait et la puissance de la lumière diminuait.

L'ambiance changea à ce moment là. L'étudiant se retrouva tout d'un coup maintenu contre un mur. Une main était sur sa nuque et une autre sur ses reins. Le coeur du brun choqué s'accéléra et une frayeur violente le saisit. Derrière lui se trouvait Draco. Même s'il ne pouvait tourner sa tête, le brun entendit son ricanement. Puis, les doigts sur sa nuque descendirent sur son dos et une bouche les remplaça.

Harry se retrouvait à nouveau immobile. Mais la situation n'avait rien d'habituel. L'inconnu ne cherchait pas à satisfaire le plaisir de l'homme qu'il avait entre ses mains mais plutôt le sien. Des grognements s'échappèrent de sa bouche tandis qu'il collait son bassin aux fesses de l'étudiant. Il s'y frotta puis s'écarta légèrement afin de retirer le bas de ce dernier.

Le brun était excité. Il sentait son bas ventre s'alourdir tandis qu'il se faisait pénétrer. Une peur innommable rongeait sa poitrine et le jeune homme savait que cela ne faisait qu'exacerber ses sensations.

Une énième fois impuissant, il subit donc les coups de butoir violents du blond. Celui-ci ne tarda pas à parler ensuite. Il cria l'appartenance du brun à lui et plaçait au milieu de ces promesses des jurons. L'orgasme ne fut pas un long à venir et, à son tour, Harry hurla.

Cela provoqua la fin de tout. L'étudiant fut à nouveau assis face à son bureau, les yeux grands ouverts mais une marque de feuille sur la joue. Il avait rêvé. Prenant conscience de cet état de fait, le brun se leva d'un seul coup en faisant basculer sa chaise. Ce n'était pas possible. Draco n'allait-il donc jamais le lâcher ?

Harry n'en pouvait plus, il ne pouvait plus supporter que son corps désire à ce point un homme inexistant. Criant sa rage, il traversa la pièce et se rendit dans sa cuisine. Il fit tomber tout ce qui se trouvait sur le plan de table en continuant à hurler. La situation devenait intolérable. Il frappa ensuite son poing contre un mur. La douleur de sa main se propagea alors jusqu'a son avant bras. Mais le brun n'en eut cure. Il recommença donc tout en jurant.

Puis, les larmes menacèrent de couler. L'étudiant sentait de profonds sanglots remonter de sa poitrine. Il crispa cependant ses dents et s'empêcha de succomber. Il ne pleurerait pas encore. Ce soir, il allait se coucher sur le ventre et mettre son réveil à une heure normale. Il ne devait pas plus s'épuiser. La nuit dernière avait déjà été éprouvante.


A la lueur des premiers rayons de soleil matinaux, Harry se réveilla. Il ouvrit ses paupières sans entendre la moindre sonnerie. Il ne s'affola cependant pas. Il se trouvait sur le ventre. Il poussa donc un profond soupir, heureux d'avoir échappé encore une fois à l'inconnu.

Mais alors qu'il allait effectuer un mouvement afin de se lever, la sensation si redoutée recommença. Son corps devint lourd, son esprit brumeux et ses membres se firent insoulevables. Avec horreur, l'étudiant comprit que le phénomène se reproduisait de nouveau. Il ne comprit pas. Comment cela pouvait-il arriver ? Il ne se trouvait pourtant pas sur le dos.

Derrière lui, Draco siffla, acide.

- Tu es choqué de me voir là ? Etonné ?

Harry sentit un poids alourdir le matelas, le blond s'avançait vers lui.

- Ce n'était pas prévu, n'est ce pas ? continua ce dernier.

Son souffle caressa ensuite la nuque du brun. Il mordilla la peau avant de reprendre.

- Tu as tout fait pour que je ne vienne pas la nuit dernière. Tu as cru pouvoir m'évincer, mais je suis là. Toutes tes tentatives sont vaines.

L'inconnu semblait vraiment en colère. Sa voix était glaciale et ses gestes plus calculés que jamais.

- Mais ne t'inquiète pas. Ta nouvelle petite idée pour m'échapper m'arrange bien.

Sa bouche descendit le long de l'échine du jeune homme immobilisé, léchant et embrassant tout sur son passage. Une de ses mains se posa ensuite sur le bas du dos puis glissa bien plus bas. Elle caressa la courbe du corps avec lenteur. Harry comprit de suite l'intention de son fantasme et s'en alarma. Son rêve se concrétisait. Encore une fois, son subconscient sortait vainqueur.

Son bas de pyjama fut vite retiré et Draco commença à le préparer. Contrairement à son songe, il semblait cette fois-ci vouloir que le moment soit partagé. Mais l'étudiant ne le souhaitait pas. Que ce soit fait lentement et dans la douceur rendait l'action bien pire pour lui. Il aurait voulu que ce soit rapide, sans tendresse. Au mieux, il aurait espéré ne pas prendre de plaisir du tout. Il savait bien sûr que cela était impossible. Il n'aimerait plus ces traitements que le jour où l'inconnu ne serait plus là.

Cette fois-ci, il ne put retenir ses larmes. Silencieuses, elles coulèrent sur ses joues, hors de vue du blond. Mais comme toujours, ce dernier connaissait le moindre de ses sentiments. Il se redressa donc et vint caler sa tête dans le cou du brun.

- Pourquoi, mon Harry ? Pourquoi es-tu si triste alors que je m'efforce de te donner le plus de plaisir possible ?

Muet, l'étudiant ne répondit pas. Il pressa juste très fort ses paupières tandis Draco le pénétrait. Il n'y eut pas de douleur bien sûr, il s'agissait d'une hallucination. Cette constatation redoubla le flot d'eau salée sur son visage. Mais l'inconnu commença à bouger. Lentement d'abord puis de plus en plus rapidement.

Et ce fut le blanc. Il n'y eut plus de chagrin, de peur ou de crainte. Il n'y avait plus le blond qui le brûlait de l'intérieur à chaque passage. L'incendie se propagea de ses reins au reste de son corps, emportant au passage la moindre de ses pensées conscientes.

Plus tard, lorsque Draco partit, Harry resta un long moment allongé sur le ventre. D'abord à bout de souffle puis après avec la respiration sereine, il analysa et chercha une solution. N'en trouvant aucune, il se traina finalement jusqu'à sa salle de bain et fit couler de l'eau très froide. Il se glissa ensuite contre le marbre et se roula en boule contre celui-ci. Ce ne fut que lorsqu'il entendit ses dents claquer qu'il daigna en sortir.


A bout de force, l'étudiant termina avec peine son dîner. Il se rendait à présent compte qu'il était devenu le pantin de son subconscient. Même aux moments où Draco n'était pas là, celui-ci maîtrisait ses envies au point de guider certains de ses actes. Lorsqu'il ne dirigeait pas tout, il influençait le reste.

Cette fois-ci, Harry ne quittait même plus son appartement. Il savait qu'il le devrait, sa raison le poussait à voir le monde extérieur, à fuir ce lieu hanté par le blond. Mais il n'en avait plus l'énergie. Sa volonté n'était plus suffisante pour contrecarrer son subconscient.

Alors il subissait. Il n'avait l'impression de survivre que pour vivre ces moments avec l'inconnu. Bien sûr, même s'il savait qu'il avait perdu la bataille, le peu de lucidité qui lui restait essayait encore. Il mettait toujours son réveil à des heures infernales. Des fois, cela fonctionnait, d'autres, non. Le brun avait conscience que ce n'était que précaire cependant. Ces moments où il se forçait à se lever en pleine nuit rajoutaient à sa fatigue. Il en devenait de plus en plus fragile. Mais, il ne voulait pas abandonner, cela signifierait pour lui la fin de sa raison.

Une fois son assiette finie, l'étudiant se leva. Il la posa ensuite sur l'évier et se dirigea vers sa chambre, sans un regard pour le bureau rempli de devoirs. Une fois dans ses draps, il programma son réveil, posa celui-ci non loin de lui avant de se laisser retomber sur l'oreiller. Il ne prit pas la peine de s'installer sur le ventre. Même ainsi Draco venait. Alors, il ferma simplement les yeux et s'endormit.

A minuit, l'horrible sonnerie le sortit de son sommeil salvateur car sans rêve. Les membres tremblants, il se traina jusqu'à sa salle de bain, but comme à son habitude puis retourna se coucher.

Après un temps qui lui parut extrêmement court, il se réveilla à nouveau. Le soleil dehors commençait à se lever. Harry put le voir, il se trouvait sur le dos. Il ferma cependant à nouveau ses paupières. Il avait senti la présence de Draco dans la pièce.

- Tu m'ignores aujourd'hui ? l'agressa presque celui-ci.

Le matelas bougea, signe que l'inconnu le rejoignait sur le lit. Une main se saisit ensuite de son visage et le blond siffla :

- Regarde moi.

Le brun n'obéit pas. Ses yeux restèrent hermétiquement clos.

- Alors c'est ainsi ? Maintenant que tu ne veux plus me voir, tu n'oses même plus me regarder ? Peut être as-tu honte de vouloir gâcher ce que nous vivons ?

Les ongles de Draco s'enfoncèrent dans ses joues.

- Non, se corrigea-t-il. Tu n'as pas honte, c'est ce que tu souhaites. Tu crois que c'est le mieux pour toi... que je parte. Mais je ne m'en irai pas, Harry, pas sans toi...

Ce fut la dernière parole que prononça l'inconnu durant toute cette rencontre. Par la suite, il fit comme si de rien n'était. Il embrassa le brun, le couvrit de caresses et l'amena à la jouissance sans la moindre difficulté. Il lui accorda même un câlin, à la fin, comme lors de leurs premiers instants. L'étudiant sentit son coeur fondre à ce moment là. Draco était si tendre avec lui. Son subconscient l'avait trop bien choisi.

Lorsqu'enfin l'inconnu partit, Harry bougea ses membres fébriles et se roula en boule. La tendresse s'en était allée avec lui, ne laissant place qu'à l'amertume. Même si tout son corps était à bout de nerfs, que sa poitrine se compressait de douleur, ses yeux restèrent secs. Il avait pris la décision de ne plus jamais pleurer.

Bien après, il arriva enfin à se mettre debout. Lourd, il alla jusqu'à sa cuisine, obéissant à son ventre qui grondait. Il sortit de son placard un vieux morceau de pain rassis. A cause de sa dureté, il ne réussit pas à en découper un morceau avec ses mains. Il se saisit donc de sa planche de bois ainsi que d'un grand couteau. Mais alors qu'il tentait d'en couper un morceau, son geste maladroit dérapa, entrainant la planche et le pain à terre. Harry se laissa alors lui aussi tomber au sol. Il déposa le couteau qu'il avait gardé en main par terre et voulut prendre le pain et la planche.

Ses mouvements se figèrent alors. Ses yeux s'étaient fixés sur la lame tranchante. Que se passerait-il s'il réussissait à poignarder Draco ? Il pourrait glisser le couteau sous son oreiller, le cacher jusqu'à l'arrivée de l'inconnu, puis lui planter en plein coeur. Cette idée le bouleversa mais il n'en tint pas compte. Le blond n'était pas réel.

L'étudiant observa ensuite sa main tremblante à terre. Il ne réussirait pas bien sûr. Ses membres resteraient immobiles, comme à leur habitude. Sa paralysie l'empêcherait de faire quoique ce soit et même s'il tentait de mettre toute sa volonté dans ce geste désespéré, il se savait de toute manière trop fatigué et fragile pour y arriver.

Harry ferma les yeux, l'idée était irréalisable. Il se redressa donc, ramassant tout, et passa à autre chose.


Le lendemain matin, il n'y eut pas de place pour le réveil. S'il sonna aux alentours de minuit, l'étudient ne l'entendit pas. Son sommeil profond se prolongea jusqu'à tard dans la matinée au point que le soleil inondait la totalité de la pièce au moment où il ouvrit enfin ses yeux.

Alors que son état comateux ne lui permit que de s'adapter à son environnement de façon lente, le phénomène traditionnel se manifesta selon un schéma identique aux fois précédentes. Inéluctablement, son corps devint lourd, son esprit bascula dans la brume et il sentit qu'il s'enfonçait dans ses draps. Sa mobilité disparut alors et seules ses paupières répondirent à ses ordres.

Dans un coin de la pièce, l'inconnu aux cheveux clairs le regardait de son air narquois. Un sourire aux lèvres, il se mut ensuite en silence. Insensible aux lueurs d'alerte qui se mirent à briller dans les prunelles du jeune homme allongé, il le rejoignit, posant un genou puis l'autre sur le matelas. Puis, il aperçut les yeux du brun qui se fermaient en se crispant, il poussa alors un profond soupir.

- Pourquoi devons-nous en arriver là, mon Harry ?

Le ton résigné de Draco interloqua celui-ci. Son coeur s'emballa mais il n'ouvrit pas les paupières pour autant, les gardant résolument closes et plissées. Une main se déposa ensuite sur sa poitrine, là où son appareil vital battait fort, et s'y installa. Elle enserra le pectoral et y plongea ses ongles. La douleur fit monter les larmes aux yeux de l'étudiant. Tout près de son oreille, on souffla ensuite :

- Tu sens, n'est ce pas, mon Harry ? Tu le sens que je suis là, que je ne vais pas m'en aller.

Cette fois-ci, ce dernier entrouvrit ses yeux. Il voulait constater quelle émotion se reflétait dans les yeux gris. Il y lut de la douleur et de la peur. Un tic nerveux agita le coin de sourcil droit du blond et la mâchoire de ce dernier se serra. La poitrine de l'étudiant se compressa et son souffle s'accéléra. Il s'agissait de son tic à lui. Il se l'était vu faire plusieurs fois devant le miroir.

La main sur son torse se serra plus encore, Draco voulait son attention.

- La moindre fibre de ton corps désire le mien, fit ce dernier d'un ton languissant. Tu m'aimes plus que tu ne peux le maîtriser.

Les doigts de l'inconnu parcoururent la totalité de sa peau nue d'une caresse légère. Ils butèrent ensuite à la lisière du bas de pyjama avant de s'engouffrer à l'intérieur.

- Mon dieu, oui, tu me veux...

Harry essaya de rester le plus impassible possible. Ses yeux se contentèrent de scruter les gestes et réactions de son fantasme. Les traits de ce dernier abandonnèrent vite la peur pour laisser place à la détermination. La main sur le membre dur s'activa, éveillant les sens et réduisant les pensées du brun. L'inconnu reprit alors la parole :

- Mais tu veux quand même me voir partir, tu souhaites que je parte définitivement.

L'étudiant ne l'écouta qu'à moitié, totalement engourdi par le plaisir qui le traversait.

- Cependant, si je dois partir, je ne m'en irai pas seul...

Sous Draco, les yeux du brun s'étaient voilés, l'orgasme n'était pas loin. Ce dernier sentit néanmoins le blond se pencher et son bras se glisser sous l'oreiller. Il n'y prêta pas attention, il souhaitait jouir, il voulait plus que tout que la fin de la rencontre arrive.

Seulement, lorsque l'inconnu se redressa, la vision qu'il lui offrit coupa court à tout désir. D'un coup sec, son plaisir disparut.

Au dessus de lui, les yeux fous, Draco empoignait un couteau, le tenant en l'air juste au niveau de la poitrine du brun. Il parla ensuite d'une voix calme, résignée.

- Non, je ne m'en irai pas seul, mon Harry. Tu partiras avec moi.

Le coeur affolé de celui-ci eut à peine le temps de s'accélérer avant que la lame ne se fiche en lui. Une douleur insoutenable traversa alors l'étudiant. Sa vision devint blanche et il cria fort. Une toux le prit ensuite. Le goût du sang envahit sa bouche.

Lorsqu'il put à nouveau voir, Harry chercha Draco de toute part. Mais ce dernier s'en était allé. Son regard tomba alors sur le couteau. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur lorsqu'il vit ses propres doigts enroulés autour du manche. Il tenta à nouveau de crier mais sa gorge obstruée l'en empêcha. Il eut à peine le temps de réaliser qu'il pouvait à nouveau bouger ses membres que sa vision devint noire. Libéré, il sombra dans les limbes.

Fin

OoOoO

Bon, voilà, c'est la fin. J'espère que cette conclusion vous plait, pour moi elle était inévitable.

Si vous cherchez sur internet, vous trouverez que la Paralysie du Sommeil existe vraiment et que ces phénomènes sont réels. Bien sûr, j'ai romancé, je ne pense pas qu'une imagination puisse inventer un personnage de façon aussi constante, mais c'est de là que vient mon idée de base.

Comme je vous l'ai dit au départ, j'ai commencé ce récit début juin et je ne l'ai achevé que fin août, il a été pour moi une sorte de défouloir pendant l'été, j'ai vraiment apprécié l'écrire. Pour la première fois depuis mes débuts, j'ai travaillé quasiment chaque ligne et me suis penchée sur chaque situation, contexte,... Un vrai travail en soi donc. J'espère que cela se ressent et que tout est au final bien ficelé.

Même si ce n'est pas le cas, cela me ferait vraiment plaisir d'avoir votre avis, un retour est toujours important.

Alors, merci pour votre lecture et... Une review ? :)