Disclamer: Je ne possède pas Harry Potter qui appartient entièrement à JK Rowling, cette histoire a uniquement pour but de distraire, je ne touche aucune rétribution quelle qu'elle soit.

Beta: Blues-moon.


- Tu as bien attaché le siège d'Harry, n'est-ce pas ? Demanda Héphaïstos, en s'attachant au volant de sa voiture.

D'un commun accord, où le châtain était assurément plus d'accord que Sévérus, ils avaient décidé de laisser tomber le vouvoiement, qu'un certain gardien d'immeuble trouvait bien trop solennel.

Le brun haussa un sourcil dubitatif à la question, avant de prendre une expression totalement outrée.

- Bien-sûr que j'ai bien attaché le bébé au siège, je ne suis pas idiot non plus !

Le jeune moldu soupira en levant les yeux au ciel : pourquoi fallait-il que son acolyte prenne systématiquement toute remarque, ou question, comme une agression personnelle ?
Prenant sur lui pour ne pas virer Sévérus de sa voiture à grands coups de pied pour le laisser se débrouiller seul (et sans moyen de locomotion !), il reprit calmement :

- Je n'ai pas demandé si Harry était attaché à son cosy, j'ai demandé si le cosy est bien attaché à la voiture ?

Il y eut un moment de flottement entre les deux jeunes adultes avant que le potionniste ne s'exclame, réellement surpris :

- Parce qu'il faut attacher le siège aussi ? Je pensais que juste attacher Harry dedans serait suffisant.

De désespoir, Héphaïstos laissa brutalement tomber sa tête sur le volant, déclenchant par la même occasion le klaxon sous le regard désapprobateur des passants.
Dont quelques occupants de l'immeuble...

- Bah ça va ! Pas la peine d'en faire tout un plat ! Se défendit le locataire, vexé. De toute façon je l'ai bien calé entre le carton qui contient tes haltères et ton sac de sport, il ne risquait pas de bouger.

Pendant un instant fugace, le concierge se demanda si son camarade plaisantait. Un coup d'œil à la banquette arrière lui fournit immédiatement la réponse: non, il était on ne peut plus sérieux.

- Oh, misère, si ce gosse survit à son premier mois cela relèvera du miracle... Se murmura-t-il à lui-même en regardant l'enfant avec compassion.


- Sévérus, soupira Héphaïstos après dix minutes de négociations, tu n'es plus un enfant. Tu es quelqu'un de sérieux et responsable, n'est-ce pas ? Alors tu vas entrer dans cette cabine et tu vas changer la couche de ton fils. Tout seul comme l'adulte que tu es.

Une jeune fille sortit à ce moment-là et sursauta en leur jetant un regard surpris.
Prise de doute, elle posa le regard sur la porte qu'elle venait de fermer : non, elle ne s'était pourtant pas trompée, le petit bonhomme blanc simplifié portait bien une robe.
Jetant un nouveau regard aux jeunes hommes qui se regardaient en chien de faïence, elle se demanda un instant s'il y avait une chance pour que ce soit des pervers pétris de mauvaises intentions envers la gente féminine et si, le cas échéant, il fallait qu'elle appelle un vigile à la rescousse.

Elle hésita quelques secondes, mais finalement, comme ni l'un ni l'autre ne lui firent une quelconque remarque, elle finit par s'éloigner sans rien dire.

- Mais... Ce sont des toilettes pour femmes...

Le châtain ferma les yeux et se pinça l'arête du nez en se forçant à respirer à fond avant de reprendre d'un ton calme et posé :

- Il n'y a pas de table à langer dans les toilettes pour hommes. C'est stupide, et un peu machiste aussi, mais c'est comme ça alors...

Le brun se balança d'un pied à l'autre, mal à l'aise.

- Je ne sais pas comment faire, si jamais je...

- Bien-sûr que si tu sais ! Je t'ai expliqué, tu as les explications écrites dans le sac et tu as regardé au moins dix fois la vidéo sur Youtube de cette femme qui te montre comment faire sur un baigneur. Tu peux le faire. Ok ?

Il n'attendit même pas la réponse (ou la nouvelle excuse) du jeune père et le poussa sans ménagement dans la cabine sous le regard effaré des passants.
Pour le coup, même son sourire de tombeur n'eut pas l'air de les rassurer...

Il ne s'écoula pas trois minutes, avant que la voix complètement paniquée de son camarade ne passe à travers la porte :

- Héphaïstos, viens m'aider ! Vite, vite ! J'ai vomi sur le bébé !


- Hop, on s'arrête là ! S'exclama le châtain en arrivant au rayon puériculture. Alors tu voulais acheter une poussette c'est ça ?

- Oui, je n'en peux déjà plus de porter cette nacelle à bout de bras et je...

Il se stoppa en pleine phrase quand son regard se posa sur une étiquette.

- Trois cent quinze livres, c'est une blague ? S'écria-t-il en regardant les autres modèles. Deux cent quarante-six, trois cent soixante-neuf, oh mon dieu : quatre cent cinquante !? Mais c'est du vol !

- Chut ! Mais arrête de crier bon sang ! Tout le monde nous regarde !

En effet toutes les personnes présentes dans ce rayon (à savoir un jeune couple, une femme enceinte et une vieille dame) s'étaient retournées au cri du sorcier et leur jetaient maintenant un regard à la limite du scandalisé.

- Mais je n'ai pas les moyens, moi... soupira le brun un ton en dessous.

- On va trouver une solution... le rassura son ami en posant une main compatissante sur son épaule.

Suite à ce geste, la grand-mère du rayon reposa, avec une force impressionnante pour son âge, l'objet qu'elle tenait en main avant de passer devant eux avec un regard noir.

- Quand on n'a pas les moyens, on ne fait pas d'enfant ! leur lança-t-elle avec aigreur.

- Si vous connaissiez le prix des préservatifs, vous sauriez qu'il faut être milliardaire pour ne pas faire de gosse avec une inconnue ! Lui hurla Héphaïstos, à la grande horreur de son camarade.

Le monde sorcier, et par voie de conséquence Sévérus, était très pudique à ce sujet. Personne ne parlait jamais de "reproduction". C'était un sujet extrêmement tabou. D'ailleurs, la mode moldu était d'une indécence extrême aux yeux des sangs purs, et nombreux en étaient venus à jeter un sort d'aveuglement temporaire de leur marmaille quand, par malheur, ils devaient venir dans ce monde qu'ils qualifiaient de débauché. Même pour le potionniste, qui avait pourtant vécu son enfance chez les moldus, il était bien plus facile de parler de magie noire que de sexe.
Alors, entendre le châtain parler haut et fort de ce moyen de contraception si..."manuel", avait entraîné chez lui une gêne mémorable et l'avait fait rougir de la tête aux pieds en moins d'une seconde.

- C'était bien la peine de me faire la morale ! S'exclama-t-il, les joues écrevisse. Maintenant, c'est toi, que tout le monde regarde !

C'était le moins que l'on pouvait dire, la plupart des clients s'étaient tus et retournés vers eux, même le fromager en tête de gondole s'était figé le bras dans le vide, sa cliente les regardant bouche bée.

Le jeune homme s'excusa à mi-voix et tout le monde reprit le cours de son quotidien pendant que le brun continuait à masquer sa honte tout en cherchant son bonheur.

- Cent quatre-vingt-quinze livres, soupira le moldu après trente minutes de recherche, c'est la moins chère...

Sévérus grimaça en poussant un soupir : comment pouvait-il expliquer à son camarade qu'il avait presque vidé son compte la veille, pour acheter des ingrédients de potions de première qualité, et qu'il avait, à présent, à peine de quoi acheter à manger jusqu'à la fin du mois. Et on était le onze !

- Excusez-moi messieurs, fini par les interrompre un vendeur, mais j'ai entendu votre conversation par mégarde et je me demandais : pourquoi n'achèteriez-vous pas un porte-bébé ? J'ai des écharpes de portage à moins de trente livres.

- Euh, je ne suis pas sûr... marmonna le brun. Ce n'est pas vraiment mon truc...

Il n'osait pas vraiment avouer au commercial qu'il ne s'imaginait pas du tout avec un bébé koala greffé sur le torse.

- Oui, je comprends, on n'a pas tous la fibre paternelle innée. Moi-même j'ai eu du mal au début, je n'osais pas dire à ma femme que je trouver que ça "faisait fille" de porter notre fils comme ça, rit-il. Pourtant je suis pour la parité ! Mais vous allez voir : ça va vite devenir comme une prolongation de vous-même, hyper confortable pour le petit et pour vous aussi.

Au final, ce n'est pas tant les explications convaincues du vendeur, que le prix beaucoup plus abordable qui incita le sorcier à adopter ce moyen de transport.
Étrangement, le nouage de l'écharpe n'était pas si compliqué, si l'on exceptait les deux premières fois où il s'était presque auto momifié sous les rires gentiment moqueurs des deux autres hommes, et Harry avait l'air d'apprécier grandement ce nouveau moyen de locomotion. Tellement d'ailleurs, que ce petit bébé si discret en temps normal avait bruyamment manifesté son désaccord quand Sévérus avait tenté de l'extraire de l'écharpe pour le remettre dans son couffin.

- Je peux vous payer maintenant ? Demanda le brun en replaçant l'enfant contre son torse. Mes tympans ne survivront pas sinon, et aussi étrange que cela puisse paraître : j'y tiens.

Le vendeur eut la grâce d'accepter sans problème et enleva l'antivol dès que l'argent fut encaissé.
Le bébé de nouveau calme, les deux jeunes hommes purent continuer leurs emplettes. Le jeune père frôla de peu la crise de panique à la vision de toutes les boites de lait (mais pourquoi tant de choix ?!), mais finalement ils ne s'en sortirent pas trop mal pour deux novices en la matière.

Seulement, quand ils retournèrent à la voiture, le potionniste sentit une sensation des plus étrange sur son torse qui le fit se figer immédiatement. Les premières secondes, il crut qu'il s'était trompé, mais la réalité le frappa de plus belle et il se sentit mourir de honte.

- Sévérus ? Qu'est qui se passe ? demanda Héphaïstos en voyant les joues rouges de son camarade.

- Je...enfin Harry...il...il me tète...

Le châtain baissa les yeux pour voir une tache humide s'étendre autour du téton droit de son acolyte.

- Oh...

Il avait violemment envie de rire fasse à la gêne manifeste du brun, mais prenait sur lui pour ne pas céder à la tentation. S'il s'esclaffait maintenant, il était sûr d'horriblement vexer son camarade et Dieu sait qu'il avait la rancune tenace.

- Ne t'inquiète pas, c'est juste instinctif. On va rentrer vite fait et lui donner à manger.

Le sorcier soupira avant d'abdiquer pour commencer à ranger les denrées dans le coffre : si on lui avait dit il y a une semaine qu'il serait dans cette situation extrêmement embarrassante, il aurait ri comme jamais.

Maintenant, il avait tout, sauf envie de rire...


- Le bain est prêt ? demanda le jeune gardien en entrant dans la salle de bain.

Sévérus acquiesça tout en commençant à déshabiller le nourrisson.

- Tu as vérifié la température de l'eau ?

- Oui, répondit le brun en enlevant la couche avec appréhension. Elle est à quarante...

Héphaïstos lui jeta un regard blasé en soupirant :

- Tu as conscience que Harry est un bébé que l'on veut laver et pas un homard que l'on veut manger pour dîner ce soir ?

- Tu insinues que la température est trop élevée, c'est cela ?

- Non, je n'insinue rien, répondit le châtain en rajoutant de l'eau froide, je l'affirme !

Ils attendirent en silence pendant quelques minutes avant que le thermomètre ne descende à trente-sept degrés.

- Est-ce qu'il faut vraiment le faire ? Questionna le sorcier, désespéré.

Son camarade le regarda avec des yeux ronds avant de s'exclamer :

- Bien-sûr que oui enfin ! Tu n'imagines pas qu'il va se laver tout seul ! De plus, dois-je vraiment te rappeler que tu lui as vomi dessus ?!

- Ce n'était pas ma faute : je n'étais pas préparé à ça...

- A quoi t'attendais-tu, franchement ?

Le potionniste haussa les épaules avant de plonger délicatement le bébé dans l'eau.
Les premières minutes, il avait tout à la fois peur que l'enfant lui glisse des mains et peur de le serrer trop fort, mais il finit par se détendre assez pour apprécier ce petit moment partagé avec le nouveau-né.

Il ne comprenait pas comment Harry pouvait être si menu : James était grand, carré d'épaule et musclé. De plus, Lily n'était pas grosse, mais avait des formes généreuses et mesurait presque un mètre soixante-dix. On pouvait s'attendre à ce que ce couple mette au monde de grands bébés costaux, braillant à tout va et désirant être aussi remarqué que leurs parents. Et pourtant Harry était là, discret, presque silencieux, nageant des vêtements taille naissance et l'air aussi fragile que du cristal.

- Est-ce qu'il est prématuré ? Finis par demander le châtain.

- Je ne sais pas, sa mère ne m'a rien dit. Si c'était le cas, ils l'auraient gardé plus longtemps à la maternité, non ?

- Hum, oui surement. Il doit avoir hérité sa corpulence de toi alors ! ajouta Héphaïstos dans l'espoir de détendre l'atmosphère.

Il ne comprit pas le rire dubitatif, et un peu amer, qui franchit les lèvres de son camarade à ce moment-là.