Note de l'Auteure M : Ha ha, cette fois nous sommes à l'heure ! (ignore volontairement le fait que poster ce chapitre est une excellente excuse pour ne pas se remettre à travailler tout de suite)

W : Et merci à tous ceux qui suivent cette histoire et prennent le temps de laisser des reviews. A Sabine02 : Merci pour ton pardon :') Comme tu vois, on essaye de s'améliorer. On s'est bien amusées à décrire Alphonse en mode gaga. À inukag9 : Oui, chez Alphonse tout est tellement réglé que même nous on trouve ça flippant, alors que c'est nous qui avons écrit tout ça xD Pour ce qui est de chez Edward, le chapitre qui vient est, à notre avis, révélateur ^^ Donc sans plus attendre, on vous laisse avec la suite. Enjoy !


7h56


Après avoir entendu le réveil couiner non-stop depuis 7h30, Winry finit par se dire qu'il y avait quelque chose qui clochait et rassembla suffisamment de courage pour se redresser et regarder du côté de son mari, à qui la sonnerie était destinée. D'ordinaire, lui si paresseux se levait comme un ressort et s'empressait d'éteindre la machine infernale pour ne pas trop déranger sa femme, dont l'emploi du temps n'était pas aussi exigeant que le sien.

Mais voilà, ce matin-là, il n'y avait pas de mari à côté d'elle pour préserver ses heures de sommeil. C'était ce qui clochait.

Retraçant les événements de la nuit, elle conclut que son époux devait n'avoir pas voulu la redéranger et s'était exilé sur le canapé – il semblait ne pas savoir encore qu'elle pouvait continuer de dormir même si un train passait à côté d'elle à toute vapeur – ou bien avait tout simplement décidé de ne pas se recoucher, dans un de ces élans de masochisme qui le caractérisaient parfois.

Faisant elle-même cesser le braillement continu d'un coup de main expert, elle hésita une seconde ou deux avant de décider de se lever à son tour, sachant que si elle cherchait à se rendormir maintenant, elle serait nase jusqu'à la fin de la journée. Or, elle avait besoin d'être alerte pour les clients avec qui elle avait rendez-vous aujourd'hui, ainsi que pour les imprévus. Aussi commença-t-elle par s'asseoir avant de se dresser lentement sur ses deux jambes, sentant le poids de son ventre devant elle. Ça gigotait ferme, là-dedans.

Elle savait que ce n'était plus qu'une question de jours ou de semaines avant que la petite boule d'énergie ne se décide à sortir et ne vienne ajouter son grain de sel dans la vie chaotique de leur ''petite'' famille. Malgré cela, comme une grande partie de son travail s'effectuait chez elle et en position assise, elle avait refusé d'arrêter de travailler, malgré les inquiétudes de son mari. Elle avait simplement accepté de renoncer à se déplacer chez les gens en panne de cuisinière ou de lavabo pour les trois derniers mois, et elle trouvait alors que c'était déjà beaucoup. Plus maintenant, s'avouait-elle tandis qu'elle descendait avec précaution l'escalier, sa main fermement accrochée à la rampe. Ce n'était pas le moment de faire une chute stupide.

Passant devant le salon, elle entraperçut un tableau charmant, celui de son époux endormi sur le canapé avec deux de leurs enfants blottis contre lui : Gaël à son côté et Louise avec sa tête sur ses genoux. Sans les déranger, elle alla jusqu'à la cuisine où elle mit en route la machine à café, puis sortit une tasse d'un placard. En se retournant, elle vit l'horloge, qui indiquait huit heures moins une.

Et elle réalisa soudain.

En écho à sa pensée, un hurlement – ressemblant fort à un juron – se fit entendre, en provenance du salon, où Edward avait dû percevoir les bruits de pas de sa femme à travers le lourd rideau de sommeil qui abrutissait son esprit et s'était réveillé. L'instant d'après, elle l'entendait atteindre le sommet de l'escalier – qui par miracle ne s'était pas écroulé – en un vacarme du diable. Pour sa part, elle se rendit au salon où ses deux enfants encore à moitié endormis clignaient des yeux comme des chouettes, complètement désorientés. C'était compréhensible.

Décidant de s'occuper d'eux tandis qu'Edward se chargeait de Tristan et Alain – à ce moment précis, elle l'entendit ouvrir la porte de leur chambre avec un « Debout là-dedans ! On part dans cinq minutes ! On se dépêche ! » fracassant – elle les prit par la main pour pourvoir au plus important : les faire s'habiller.

Dans le pauvre escalier, ils croisèrent son cher et tendre qui franchit les marches en presque un seul bond pour s'engouffrer dans la cuisine. Elle passa ensuite devant la chambre d'Alain et Tristan où les bruits d'une activité intense se faisait entendre, entrecoupés de râlements sur la façon que papa avait de les réveiller n'importe comment. Elle ne préférait pas imaginer le désordre qu'ils étaient en train de mettre en cherchant leurs vêtements.

La chambre de Gaël et Louise était plus rangée, seuls les draps jouaient à l'anarchie – alors qu'aucune des deux n'avait passé la nuit entière dans son lit – et quelques jouets à peine traînaient, comme d'habitude. En un clin d'oeil, elle avait rassemblé les affaires du jour et aidait Gaël à enfiler les siennes, tandis que Louise se débrouillait seule, pour une fois sans aucun accroc, comme si elle percevait le sérieux de la situation et savait que ce n'était pas le jour pour s'emmêler les cheveux dans la manche de son t-shirt. La jupe et les chaussettes ne posèrent aucun problème non plus, et elle se fit elle-même ses deux couettes toute seule tandis que Winry terminait de régler les sangles de la salopette de Gaël. Les cheveux courts de ce dernier reçurent à peine un coup de brosse et l'on ressortit s'occuper des chaussures.

Dans le couloir, Alain passa en courant, poursuivant un Tristan galopant en réclamant la brosse à cheveux, alors qu'il n'avait qu'une chaussure aux pieds. Il s'arrêta un instant en haut de l'escalier pour enfiler la deuxième avant de s'élancer avec un rugissement. Winry laissa Louise les suivre en vitesse, ce en quoi Gaël l'imita, tandis qu'elle-même descendait plus lentement après avoir pris une chemise d'Edward dans leur chambre, se disant que c'était encore moins le moment de tomber.

En bas régnait un joyeux désordre incroyablement bruyant dans l'entrée. Tristan avait récupéré la brosse et se coiffait avec suffisamment de vigueur pour s'arracher les cheveux. Alain se battait avec sa chaussure gauche dans laquelle son pied refusait de rentrer, tandis que Louise, déjà entièrement chaussée, le faisait bisquer – voyant qu'elle s'était si bien débrouillée toute seule, Winry se demanda pourquoi, en temps normal, c'était tout une histoire pour la préparer. Gaël, qui ne trouvait pas ses chaussures, était en bonne voie pour se mettre à pleurer.

Arrivant tel le justicier Mustang – et oui, il y avait des gens pour écrire une série pareille, que le ''héros'' devait sponsoriser en cachette, ce n'était pas possible autrement – Winry piocha dans le tas la paire de son petit dernier – qui bientôt serait avant-dernier – et les lui mit en hâte avec adresse.

Arriva alors Edward, qui bondit dans ses bottes – par chance, il dormait dans un pantalon avec lequel il pouvait sortir, vieille habitude tirée de ses pérégrinations – distribua deux tartines tordues à chacun des bambins surexcités, attrapa au vol la chemise que sa femme lui tendait par dessus les têtes blondes, s'assura que l'ensemble des dites têtes blondes avaient leur cartable, puis hissa le dernier, qui était plus lent à cause de ses plus petites jambes, sur ses épaules, avant de donner le signal du départ.

« Compagnie, marche ! » lança-t-il. Et il fut le premier à ne pas suivre son propre ordre, puisqu'il partit en courant, Gaël accroché précairement d'une main à ses cheveux, l'autre tenant ses bien-aimées tartines.

Les autres suivirent avec des cris de pirates se lançant à l'abordage, parfois avec une demi tranche de pain dans la bouche comme Tristan et Louise – Alain ayant déjà englouti les siennes – ce qui rendait leur cri d'autant plus inarticulé.

Une fois l'ouragan parti, Winry soupira et regarda le paysage désolé autour d'elle. Elle redressa le porte manteau et y accrocha les vêtements qui étaient tombés, ramassa la brosse que Tristan avait envoyé valdinguer pour la mettre sur la table qui recevait le courrier qu'on venait de chercher à la boîte, avant d'aller consulter l'horloge de la cuisine.

Les préparatifs avaient duré quatre minutes et une vingtaine de secondes. Nouveau record.

Elle ferma par contre les yeux sur le champ de bataille qu'était devenu la table durant la préparation éclair des tartines, ne manquant tout de même pas de remarquer un pot de confiture qui avait été plein entièrement vidé de son contenu. Tournant le dos à ce carnage informe, elle entreprit de faire le tour des chambres à la recherche de ce que les enfants n'avaient pas manqué d'oublier.


A suivre...

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