Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Square Enix et Disney.

Cette fic est écrite dans le cadre des Nuits du FoF, sur le thème "Disputer", en une heure.

J'étais. Beaucoup trop. Fatigué. Il était tard. Puis j'avais lu des listes d'insultes dans la journée pour améliorer ma culture (si, ça compte). Et je … Voilà. Bonne lecture ?


La dispute

« - On intervient, tu crois ?

- Nan laisse, ça fout un peu d'ambiance. »

Le problème avec le samedi soir, c'est l'ennui. Trop de gens pour aller faire une table ou reremplir les rayons, mais pas assez pour s'occuper vraiment. Trop de bruit pour penser tranquillement, pas suffisamment pour trouver ne serait-ce qu'un fragment de conversation intéressante à épier. Quelques minutes avant, Axel zieutait discrètement le carton qu'il avait rangé sous la table. Il l'aurait bien pointé, mais ladite table où il aurait pu poser les livres étaient envahie par les bouquins d'un vieux barbu excentrique.

« - Tafiole.

- Pédale.

- Tapette.

- Tarlouze. »

Le rouquin s'était alors mis à parier avec son camarade sur la durée de vie de sa tour de Pise, avant qu'Ils ne débarquent soudain.

« - Elle va me suivre longtemps la tantouze ?

- Elle t'emmerde la tantouze. »

Les deux même, blond et brun, pas plus haut que l'étagère des romans policiers. Minipouce – de ce si beau surnom qu'Axel compte bien lui garder – se fait engueuler par son magnifique petit copain, lequel semble s'être brusquement réveillé depuis leur dernière entrevue.

« - Pisse dans un avion, j'en aurai autant quelque chose à foutre. » Le noiraud lâche en matant les BDs près de l'entrée.

« - L'expression c'est « pisse dans un violon », tête de pine.

- Tu peux dire « bite » chaton, ça va pas t'tuer. »

Autour d'eux, les clients indisposés ouvrent de jolis yeux de merlans frits à l'entente du délicat vocabulaire. D'autres pouffent disgracieusement, et les quelques restants font mine de ne pas entendre.

« - Lâche mon frère.

- Toi lâche moi.

- Quand t'arrêteras de le voir. »

Les deux grands guignols devraient intervenir, très certainement.

« - Ecoute, j'lui passe dessus que ça te plaise ou non, c'est l'dernier à s'en plaindre. Alors lâche moins la grappe, maintenant. »

Mais le discours du blondin pique brusquement leur curiosité.

« - Il t'aime.

- Moi aussi.

- Non.

- Qu'est-ce t'en sais ?

- Toi tu penses qu'au cul.

- Bah j'aime bien l'sien, c'est pareil. »

L'air de rien, le brun tend le bras pour attraper un livre qui semble l'intéresser. Une des BDs tourné de face. Axel n'arrive pas à apercevoir la couverture, mais l'air parfaitement détaché du garçon l'étonne un peu. Dem a raison, il est quand même pas mal.

« - T'es dégueulasse.

- De la part du garage à bite du lycée …

- J't'emmerde.

- Utilise pas d'mot dont tu connais pas l'sens. »

Il la repose et s'éloigne pour regarder les bouquins posés sur la table. Les deux libraires se regardent un instant, chacun bien incapable de se motiver à aller arrêter les deux adolescents. Le spectacle est trop beau.

« - Lequel qu'a le dernier mot, pour toi ? » Dem demande en se laissant tomber dans le fauteuil à roulette.

- Le brun. Il a de la répartie.

- Il est toujours à moi, hein.

- Toujours, ça implique qu'il l'ait été un jour. »

Axel anticipe le coup de coude dans sa hanche. Il sourit.

« - Roxas mérite pas ça. »

Roxas ? Axel note le nom dans un coin de sa tête, juste à côté de la jolie tête blonde qu'il a aperçue la dernière fois.

« - Ton jumeau chéri sait très bien dans quoi il a foutu les pieds. » L'accusé se tourne finalement vers son poursuivant, agacé. « Donc tu vois la jolie porte juste là ? Bah tu l'ouvres et tu disparais de ma vue.

- Bien sûr. Tu quittes Rox avant ? »

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le blondin numéro deux est déterminé. Il a de la niaque le môme.

« - T'es con ou t'es con ?

- Toi-même. »

Minipouce bug devant l'inattendue répartie infantile de son interlocuteur.

« - Tu veux le faire chialer ton frangin, c'est ça ? Parce qu'il va pas sauter de joie si j'le largue, surtout si c'est à ta demande.

- Ca sera pire s'il reste trop longtemps avec toi. »

Long soupire du prétendu connard. Serait-il en train de faiblir.

« - Bah t'as qu'à le convaincre lui de pas rester avec moi.

- Déjà essayé.

- Et t'as cru que je serais plus facile à convaincre que lui ? P'tin, t'es plus naïf que Joseph mon gars.

- Joseph ?

- L'gars qu'a vraiment cru sa femme quand elle lui a dit qu'elle s'était faite engrosser par l'autre crétin là-haut. »

Axel rit malgré lui et se reprend bien vite en sentant la cliente d'en face le fusiller du regard. Il ne peut cependant effacer le large sourire bien trop enjoué qui décore ses lèvres. Cette soirée l'amuse beaucoup trop.

« - T'es sûr qu'on leur dit rien ? » Demyx finit par demander dans un élan de bon sens.

« - Nan, c'est trop beau.

- T'es un gamin quand même.

- Ose dire que ça t'amuse pas ?

- Ca m'amuse pas.

- Sérieux ?

- Non, c'était juste pour la blague. »

D'autres échanges toujours plus virulents fusent à coté, accompagnés du fleuron des insultes homophobes. L'enflammé se demande où ils ont pu chopper tout ce vocabulaire.

« - Quand même, ça va pas nous aider s'ils font se barrer les clients.

- Oh que si, ça va nous aider.

- C'est la fatigue qui te grille les connections dans l'cerveau, là ? »

Axel secoue la tête, un rictus chafouin au coin des lèvres.

« - A ton avis, si le p'tin blond réussi à convaincre l'autre, c'est qui qui gagne. »

Son collège le fixe sans comprendre, les sourcils froncés. Puis ses neurones se connectent miraculeusement.

« -Oh. »


Des avis ?