Un chapitre 3, enfin! J'ai repris cette fanfic il y a un moment, mais j'ai tellement changé l'idée de départ - dont je ne me souvenais plus vraiment, à vrai dire - que j'étais réticente à la publier... Enfin bon, voilà le chapitre 3. J'espère qu'il sera à la hauteur de vos attentes.

Chapitre 3 Gallifreyenne

Le premier souvenir me revint, brutal et douloureux. J'avais huit ans. Les Grands, les membres du Conseil m'emmenèrent dans la nuit. Ma mère se tenait au loin. Elle n'avait pas le droit d'assister à la cérémonie. Par ailleurs, après l'initiation, je ne retournerais pas dans ma famille. Ma nouvelle vie commencerait à l'Académie.
« Gabryana, annonça l'un deux.
Je tressaillis en entendant mon prénom.
-Oui, répondis-je de ma voix enfantine.
-Tu t'apprêtes à entrer à l'Académie des Seigneurs du Temps.
-Oui.
-Pour cela, tu dois contempler le Vortex du temps à travers le schisme métamorphique modérateur.
-Oui.
-Avance-toi, Gabryana. »
Tremblante, non à cause de la peur mais d'impatience, je m'exécutai. C'était ma destinée. Tout allait se dérouler parfaitement.
Je m'approchai et contemplai la faille. Le Vortex. Le Temps en lui-même. Il me semblait qu'une porte, immense et massive, venait de s'ouvrir en moi. Je compris, soudainement. L'Univers. La Création. Tout, le Temps, l'Espace, toutes les choses qui existèrent et existeront, tout ce qui aurait pu être et tout ce qui ne sera pas.
C'est alors que je la ressentis. La douleur. L'impression d'être déchirée de l'intérieur. L'impression de me consumer, d'avoir au fond de mon être un brasier infernal, me dévorant toute entière.
J'aurais pu fléchir. J'aurais pu hurler, détourner les yeux, refuser ce fardeau, le fardeau de notre espèce. Cependant, je ne le pouvais pas. Une force pesante et invisible m'en empêchait. J'étais happée, enivrée par le Vortex. Il m'était impossible de m'en détacher. Je ne le voulais pas. J'avais l'impression d'appartenir à cette immensité, d'en être une infime part.
On m'avoua le lendemain que j'étais restée toute la nuit à contempler le Vortex, une nuit entière qui m'avait paru ne durer que quelques minutes. Je fis ensuite mes débuts à l'Académie. J'étais solitaire, en partie par choix, mais aussi parce que personne ne voulait se lier d'amitié avec moi. Il me semblait que tout le monde avait entendu parler des événements de la cérémonie. J'appris que la plupart des autres Seigneurs du Temps pensaient que j'étais l'objet d'une prophétie, simplement parce que j'avais supporté la vue du Vortex du temps. Apparemment, personne n'y était parvenu depuis Rassilon, notre Président. Tous pensaient que j'avais une destinée exceptionnelle, que j'étais celle qui renverserait Rassilon et restaurerait l'ordre sur Gallifrey, à une période où la décadence commençait à s'instaurer.

La vie sur Gallifrey me semblait impossible. J'avais l'impression d'étouffer. J'appris à piloter un TARDIS, dans l'espoir de pouvoir un jour m'en aller. Quitter la planète avant d'avoir deux cents ans était formellement interdit par le Conseil. J'attendais ce jour avec impatience, et m'en allai vivre dans les montagnes pendant un certain temps. Lorsque la Guerre du Temps éclata, je fus contrainte de revenir.
Je retrouvai ma mère. Elle était une femme talentueuse et puissante. Elle avait voyagé dans tout l'Univers aux côtés du Docteur. Je l'aurais terriblement enviée, si seulement nous n'avions pas tous l'esprit occupé à la Guerre. Personne encore n'envisageait l'idée d'une défaite. Seule ma mère y avait pensé. Elle était convaincue que cela se finirait par un bain de sang et la chute de Gallifrey, et elle refusait de l'accepter. Elle refusait également de me laisser périr avec mon peuple. Elle était convaincue que j'étais celle évoquée par la prophétie, et portait en elle la certitude que je pourrais sauver notre planète.
Elle m'enferma dans un corps créé par la science, et m'envoya sur Terre. Selon elle, il fallait que j'échappe aux pires moments de la Guerre, puis que je revienne pour reconstruire ce qu'il y aurait à reconstruire. Après tout, si j'étais vraiment cet « Ange » évoqué par la prophétie, je reviendrais pour sauver Gallifrey. Elle en était certaine. Et c'est ainsi que je me retrouvai dans le corps de Gabrielle Stivell.

J'ouvris les yeux avec difficulté, pour découvrir le visage du Docteur penché sur moi.
« Enfin réveillée ?
Il souriait. Je sentis une larme couler le long de ma joue, sans que je n'aie pu la retenir.
-Je me souviens, murmurai-je.
-Oh…
Il me prit dans ses bras. Un peu surprise au départ, je finis par me laisser aller et posai ma tête sur son épaule.
-Ma mère, continuai-je sur le même ton, s'appelait Romana.
-Tu es la fille de Romana ? articula-t-il avec difficulté.
Je me contentai d'acquiescer.
-Romanadvoratrelundar ?
-Oui, soufflai-je.
Il s'écarta légèrement, et plongea son regard dans le mien.
-Tu es Gabryana. L'enfant qui a observé le Vortex pendant une nuit entière. Tu es celle qui était destinée à renverser Rassilon. Tu es l'Ange. L'Ange de Gallifrey.
-Je ne suis rien de tout cela, Docteur. Si j'avais une destinée, elle n'a pas pu être accomplie. Gallifrey n'est plus. L'Oracle s'est trompée. Et de toute manière, je n'étais pas celle qu'annonçait la prophétie.
Il resta un instant sans rien dire, m'observant. Puis il saisit ma main et m'aida à me relever.
-Tu te trompes, Gabryana.
Son ton, son expression avaient changé.
-Tu ignores, je pense, qu'il n'y avait pas qu'une prophétie à ton sujet. Il y en avait plusieurs. Tu étais au cœur d'un grand nombre d'histoires. Peut-être que si tu n'as pas accompli ton destin sur Gallifrey, c'est parce que tu dois l'accomplir ici, avec moi.
-Nous verrons bien, Docteur. Mais je n'accorderais pas beaucoup d'importance aux prophéties faites sur une planète qui n'est plus, si j'étais toi. Je ne veux pas accomplir ce « grand destin » auquel tu sembles croire.
-Les prophéties sont importantes et intemporelles, répondit-il en secouant la tête. Si tu n'y crois pas, nous devrions aller consulter les Sibylles. Je suis sûr qu'elles sauront confirmer ce que je te dis.
Je le regardai un instant, puis me rassis dans la neige.
-Tu dois d'abord m'expliquer quelque chose, Docteur, dis-je en lui signifiant de s'asseoir face à moi.
-Oh… ça…
-Mhmh, fis-je en hochant la tête.
Il hésita un instant, cherchant ses mots.
-Tu n'as aucune idée des horreurs engendrées par la Guerre du Temps. L'Univers était au bord de l'implosion. Rassilon était prêt à appliquer l'Ultime Sanction.
-Qu'as-tu fait, Docteur ?
J'étais très calme, même si je me doutais que le rôle du Docteur dans le dénouement de cette Guerre n'était pas le plus reluisant. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Il avait suffisamment souffert.
-Je ne voyais pas d'autre solution, Gabryana. J'ai utilisé un verrou temporel.
J'encaissai la nouvelle sans un mot.
-Il n'y avait pas d'autre solution…
-Ne te justifie pas, l'arrêtai-je.
-Mais…
-Je ne t'en veux pas. Je tente simplement de réfléchir à ce que cela signifie. Il pourrait encore y avoir de l'espoir.
Le Docteur soupira.
-N'y pense même pas. Tu ne sais pas ce que Gallifrey est devenue. Notre peuple est rongé par la haine. Il est impossible de le sauver.
-Je ne comprends pas. Si, comme tu le crois, je suis destinée à sauver Gallifrey, comment est-ce possible, alors que notre peuple est perdu ?
-Allons consulter les Sibylles. C'est la meilleure chose que nous puissions faire.
Je me contentai d'acquiescer et suivis le Docteur vers le TARDIS. La raison première de notre présence en ces lieux me revint soudainement.
-Au fait, que se passait-il au monastère ?
Il sourit.
-Oh, juste une petite invasion Sontarienne. Ils tentaient de construire une armée pour envahir la Terre.
-Et tu les as arrêtés. Tu es doué, Docteur. Tu sembles à la hauteur des légendes.
-J'ai été aidé, tu sais.
Le mystérieux humain me revint en mémoire. Il me semblait si lointain, comme si je l'avais rencontré dans une autre vie (ce qui, après tout, était un peu le cas).
-Oui, je le sais. Qui était-ce ? Tu le connaissais ?
-Non, mais je pense qu'il venait du futur. De ton futur, plus exactement.
Je secouai la tête.
-Il me l'a dit. Mais c'est ridicule. Je n'irai nulle part sans toi. Je ne t'abandonnerai pas.
-C'est ce qu'ils ont tous dit…
Je ne sus quoi lui répondre. Une telle tristesse passa sur son visage, l'espace d'un court instant. Je posai ma main sur son épaule.
-Hé, je ne vois pas ce que je ferais sans toi, de toute manière. Nous sommes les deux derniers Seigneurs du Temps, Docteur. On ne nous séparera pas.
Nous échangeâmes un sourire. Après une courte hésitation, je déposai un baiser sur sa joue.
-Ta mère n'était pas aussi sentimentale, me fit-il remarquer avec un sourire.
-Je ne suis pas sentimentale, Docteur. Je n'ai que toi, et tu n'as que moi. Si je ne suis pas capable d'être là pour toi, notre cohabitation risque d'être mal barrée.
-C'est vrai. Tu as raison. Allons voir les Sibylles, répondit-il en me prenant par le bras.
Le voyage en TARDIS fut bref. A l'extérieur, je découvris un paysage à couper le souffle. Une cité à même la roche, une roche d'une rouge scintillant, formée d'arcades et de cavités. Un seul soleil, rouge lui aussi, brillait dans le ciel. Un grand désert de sable si blanc qu'il semblait être de la neige entourait la cité. Je n'avais entendu parler des Sibylles qu'à travers les légendes Gallifreyennes et l'enseignement reçu à l'Académie un peuple calme, exclusivement féminin, ancré dans ses croyances, un peuple ouvert avec la capacité de déchiffrer l'Univers presque aussi clairement que les Seigneurs du Temps. Les Sibylles étaient connues pour leurs prophéties qui s'avéraient très souvent justes. La légende disait qu'elles tiraient leur savoir d'un « puits de vérité » situé au centre de leur cité. Les Seigneurs du Temps suspectaient en réalité un schisme métamorphique similaire à celui situé sur Gallifrey, mais personne n'avait pu en prouver l'existence. Leur connaissance de l'Univers leur imposait une politique de non-interférence. Dans mon imagination, les Sibylles me rappelaient étrangement mon propre peuple.
-Nous sommes au cœur d'Andromède, murmurai-je.
Les Seigneurs du Temps avaient une conscience de l'espace-temps presque infaillible.
-Personne ne sait où Pythios est située. Les Sibylles ont choisi de dissimuler leur location et de vivre recluses, pour ne pas être constamment sollicitées. Comment se fait-il que tu le saches ?
Le Docteur sourit.
-L'Univers n'a plus beaucoup de secrets pour moi. A vrai dire, j'ai sauvé une Sibylle, il y a fort longtemps. Elle m'a indiqué où se trouvait Pythios, pour que je puisse l'y ramener.
J'étais plutôt impressionnée par tout ce que le Docteur avait accompli. Je me sentais comme une enfant, à ses côtés. Après tout, il avait sept cents ans de plus que moi.
-Allons-y, me dit-il avec un sourire.
Je lui pris le bras, et ensemble nous nous sommes avancés vers la cité. Au bout de quelques mètres seulement une Sibylle vint à notre rencontre.
Elle était vêtue d'une longue toge blanche, brodée de bleu ses cheveux blond platine tiraient vers le blanc et étaient sévèrement attachés en chignon, ses yeux étaient d'un bleu azur perçant, ses lèvres avaient une teinte violette. Elle avait la peau blanche, littéralement blanche, ce qui m'amena à penser que les Sibylles étaient des êtres dont l'organisme se passait de sang.
-Qui êtes-vous, voyageurs ? Nous n'avons pas l'habitude de recevoir des visiteurs.
-Je suis le Docteur, et mon amie vous est sûrement connue sous le nom de l'Ange. Nous souhaiterions consulter votre Doyenne. C'est au sujet d'une prophétie faite sur Gallifrey.
-Le Docteur... C'est vous qui avez sauvé Eurydice, lorsqu'elle fut enlevée par les Cybermen, non ? Vous serez toujours le bienvenu à Delphas. Quant à vous...
Elle tourna son regard vers moi d'une manière qui, inexplicablement, ne me rassurait pas.
-J'ai entendu parler de vous. Nous attendions votre venue, à vrai dire. Je vous en prie, suivez-moi.
J'échangeai un regard avec le Docteur, puis la Sibylle nous guida à travers la cité de Delphas. La cité semblait déserte, mais je me doutais que les Sibylles nous observaient à travers leurs fenêtres. Je sentais leurs regards curieux alors que nous progressions dans la rue. Notre guide nous laissa devant une trappe.
-Notre Doyenne se trouve là-dessous. J'ai bien peur de ne pouvoir vous accompagner plus loin. Vous devez trouver seuls ce que vous recherchez.
-Merci, murmurai-je.
Le Docteur se contenta d'incliner légèrement la tête.
-Reste sur tes gardes, Gaby, me souffla-t-il une fois la Sibylle partie. Il pourrait s'agir d'un piège.
-Pourquoi les Sibylles nous en voudraient-elles ?
-Je n'en ai pas la moindre idée. Mais sois prudente. Je vais descendre le premier.
J'acquiesçai. Le Docteur était bien mieux habitué à ce genre de situation que je ne l'étais.

La trappe donnait sur un long escalier en pierre s'enfonçant sous terre, si profondément que, de l'extérieur, nous n'en voyions pas la fin. Mon compagnon s'y engagea, et je lui emboîtai le pas. Cette descente qui semblait interminable déboucha sur une vaste salle, pavée de longues pierres d'un gris brut. Au centre de la pièce, entourée d'encens et de bougies, se trouvait une Sibylle, qui ressemblait en tout point à celle qui nous avait amené là, à l'exception qu'elle portait une toge d'un rouge profond. Elle inhala la fumée qui s'échappait d'un des encensoirs, puis posa le regard sur nous.
-Prenez place, voyageurs. J'attendais votre venue. Les astres ont parlé, les astres ont dévoilé votre arrivée. Prenez place.
J'échangeai un regard assez sceptique avec le Docteur, qui hocha la tête pour m'affirmer que notre meilleure option était de faire confiance à la Doyenne. Il s'assit en tailleur face à elle, et je l'imitai.
-Vous êtes le Docteur. La Tempête.
Il hocha la tête.
-Et vous... Vous êtes l'Ange de Gallifrey, même si le doute a envahi votre esprit. Donnez-moi votre main.
Je m'exécutai. La main de la Doyenne était glacée.
-Un grand avenir vous attend, annonça-t-elle en tenant le bout de mes doigts dans sa main. Ensemble, vous pouvez apporter le chaos ou restaurer l'équilibre dans l'Univers. Vous pouvez réparer les torts qui ont été commis. Votre union peut reconstruire ailleurs ce que la Guerre a détruit ici. La porte s'ouvrira bientôt et vous pourrez bâtir un nouvel empire. Telle est la mission de l'Ange de Gallifrey.
Je retirai ma main soudainement.
-Rentrons, dis-je au Docteur. Nous en avons assez entendu.
-Il y a plus, annonça la Sibylle.
Le Docteur me fit signe d'attendre et d'écouter.
-Un troisième voyageur vous rejoindra dans votre quête. Il pourra vous mener au dernier survivant, mais il faudra vous méfier des apparences.

-C'est assez, annonçai-je. Merci infiniment pour ces informations, mais nous devons nous en aller.
Mon compagnon me lança un regard surpris. En réalité, mon malaise grandissait. Je ne voulais pas être au cœur du destin de l'Univers. Je n'étais pas prête à accepter ces responsabilités. Ainsi, il était impossible que je sois l'Ange. Je pris la main du Docteur et me levai, l'obligeant à faire de même. La Doyenne des Sibylles se contenta de nous adresser un regard malsain.
-Oh, j'ai bien peur que vous ne puissiez partir.
-Je vous demande pardon ?
Nous avions parlé au même moment.
-Il ne vous sera pas si aisé de quitter Pythios. Voyez-vous, mes sœurs et moi-même avons attendu ce moment impatiemment. L'Ange de Gallifrey, enfin parmi nous. C'est une opportunité que nous ne pouvons pas laisser passer. Vous seule avez le pouvoir d'alimenter notre puits de vérité. Nos pouvoirs faiblissent, vous savez. Suivez-moi.
J'échangeai un regard avec le Docteur, en tâchant de rester calme.
-Tu peux partir. C'est moi qu'elle veut. Je vais tenter de comprendre à quoi exactement je suis censée leur servir, et je tâcherai de m'en sortir. Va-t-en, je ne veux pas te mettre en danger.
A ma grande surprise, il sourit, et posa son bras sur mon épaule.

-Je ne t'abandonnerai pas. Jamais.
Il se tourna vers la Sibylle.
-Qu'arrivera-t-il si nous refusons ? Après tout, nous sommes deux contre une.
Un sourire inquiétant se dessina sur les lèvres de la Doyenne.
-Vous n'avez pas envie de le découvrir.
-Suivons-la, murmura le Docteur en me prenant la main.
Elle nous guida à travers plusieurs couloirs sombres, s'enfonçant encore plus profondément sous terre. Enfin, nous arrivâmes dans une pièce sombre, simplement illuminé par ce qui ressemblait à un puits, duquel s'échappait une lueur bleutée.
-Vous vous trouvez devant le puits de vérité, annonça la Sibylle. La source de notre pouvoir.
Je jetai un regard rapide.
-Il s'agit d'un schisme métamorphique, mais il se referme... Je ne vois pas comment vous aider. Nous n'avons pas la technologie nécessaire pour le maintenir ouvert.
-Oh, vous n'aurez pas besoin de technologie. Vous avez en vous la puissance nécessaire.
J'échangeai un regard avec le Docteur.

-Que voulez-vous dire ? demanda mon compagnon.

-L'Ange de Gallifrey possède en elle l'énergie spatio-temporelle. Elle a la connaissance de toutes les choses de l'Univers. Nous devons la sacrifier pour garder notre puissance.
-Vous vous trompez, dis-je en perdant mon sang-froid. Et en plus d'avoir tort, vous êtes complètement folle. »
Son sourire machiavélique s'agrandit. Elle claqua des doigts, et deux Sibylles surgies du fond de la salle tâchèrent de m'immobiliser. En lançant un regard de détresse au Docteur, je vis qu'il subissait le même sort. Toute tentative de fuite était impensable. Les Sibylles me forcèrent à avancer vers le puits. J'étais debout, au bord, et vis directement le Vortex du Temps. Je me souviens avoir jeté un regard au Docteur. Il semblait désespéré. Je sentis une larme couler sur ma joue, et la pression des Sibylles sur mon dos, me forçant à sauter.

Après cela, tout devint noir.