Une fois sorti de la chambre, Dumbledore se dirigea vers son bureau. Il ouvrit une armoire d'où il en sortit une pensine. Il y versa la fiole de sang et avec sa baguette, récita des formules d'anciennes magies oubliées de la plupart des gens. Le sang tourbillonna et le professeur jugea qu'il disposait d'une semaine avant que le sang puisse répondre à toutes ses questions.
Un rayon de soleil frappa le visage endormi de Laurianne. Elle ouvrit péniblement un œil, puis l'autre. Elle trouva étrange de se réveiller dans un lit, mais la journée de la veille lui revint à l'esprit. Elle s'étira paresseusement et profita encore quelques instants du confort d'un vrai lit. Cela semblait si loin comme souvenir. Le gargouillement de son estomac la fit sortir du lit et elle prit une douche, une vraie douche, avant de descendre déjeuner à la grande salle où Dumbledore l'attendait, un appétissant petit déjeuner sur la table. Elle lui dit bonjour et commença à manger.
- Je constate que tu avais très faim, et j'espère que tu as bien dormi. Comme je sais que tu dois aller aider Hagrid à préparer son cours, j'aimerais te donner quelques avertissements.
- D'accord. Mais je ne sais pas si le résultat sera vraiment mieux que s'il l'avait fait seul. Après tout, je n'ai jamais préparé de cours, et pour être honnête, je n'ai jamais été très bonne à l'école.
- Tout devrait bien se passer. Mais notre professeur de soins aux créatures magiques a une attirance particulière pour les bêtes qui peuvent parfois être dangereuses, ou du moins pas très appropriées pour montrer à des élèves. J'aimerais que tu t'assures que Hagrid fasse un choix éclairé des créatures que les étudiants auront à l'étude.
- Mais je ne connais aucune des créatures magiques dont il va me parler?
- Un truc facile, demande-lui de t'en parler. S'il est très enthousiaste, cela signifie que c'est dangereux. S'il la juge ennuyante, c'est qu'elle fera sûrement très bien l'affaire. À toi de le convaincre que tout ce qui est vivant dans la forêt est digne d'intérêt. Et fais attention si tu l'accompagnes pour la capture. Aragog n'est pas très sympathique avec les étrangers. Bon, je dois maintenant aller délivrer un message par hibou à tous mes professeurs. Je te souhaite une excellente journée.
Et sur ces paroles plus ou moins rassurantes, le professeur sorti de la salle, Laurianne à ses talons. Elle sortit du château et alla rejoindre Hagrid à sa maison, qui l'attendait avec un grand sourire. Après avoir discuté des heures et des heures autour de thé et de biscuits maison durs comme de la pierre, Hagrid et Laurianne étaient arrivés à faire une liste de créatures intéressantes, notamment les fées, les sirènes et les licornes, cette fois-ci plus axées sur les adultes. Laurianne écouta ensuite parler Hagrid de la vie du château. D'un certain Harry Potter, qui avait soi-disant sauvé le monde des sorciers au moins quatre fois, et de ses meilleurs amis, Ronald Weasley et Hermione Granger. Elle eu aussi droit à une rafale de nom sur les élèves dont elle entendrait sûrement parler : Drago Malefoy (il est méchant, lui), Cho Chang (Harry en est amoureux depuis si longtemps !), Ginny (la petite sœur de Ronald, qui est amoureuse de Harry). Hagrid était très bavard, et Laurianne sut en une journée tous les ragots de l'école. Elle passa une excellente journée, et au coucher du soleil, alors qu'elle mourrait de faim, Hagrid et elle étaient devenus de bons copains. Hagrid ayant décidé de manger au château, ils se dirigèrent tous les deux vers la grande salle, où des éclats de voix les attendaient.
- Enfin, Albus, ceci est totalement inadmissible! Une moldue, ici, dans l'enceinte de l'école! Mais que vont dire les parents, les élèves, le ministère?
- Minerva a raison. Je ne saisis aucunement la raison pour laquelle vous avez accepté de garder cette fille ici.
- J'espère que vos raisons sont bonnes, Albus. Sinon, il faudra qu'elle quitte l'école. Imaginez le remous que cela va créer. Les partisans adeptes de vous-savez-qui seront ravis de savoir qu'il y a ici une jeune moldue. Le ministre n'attend qu'une bonne raison pour vous forcer à démissionner et vous lui offrez sur un plateau. À quoi avez-vous donc pensé?
- Je suis d'accord avec mes collègues, cette situation est inadmissible. Mais je suis certain que vous avez de bonnes raisons d'agir ainsi. Alors, commencez par vous expliquer et nous prendrons une décision en toute connaissance de cause.
- Mes amis, calmez-vous. En tant que directeurs et directrices de maisons, vous avez un pouvoir de décision aussi grand que le mieux. Et il est certain que vous aurez droit à des explications. Mais pour le moment, je vous propose de rencontrer Laurianne, qui attend derrière la porte en compagnie de Hagrid. Et comme moi, vous devez être affamés. Alors, prenons un bon repas. 1
Hagrid poussa donc la porte de la grande salle pour laisser passer Laurianne, qui était passablement intimidée par la situation. Il était évident que ces gens ne voulaient pas d'elle dans ce château. Curieusement, cela la troubla plus que lorsqu'elle avait compris que ses parents adoptifs ne voulaient plus d'elle. Elle se sentait chez elle dans cet endroit. La jeune fille finit par lever les yeux sur les quatre personnes qui l'observaient avec méfiance. Devant elle se tenait une femme d'âge mûr, à l'air pincé, un homme grand à l'air hostile, une femme rondelette qui semblait légèrement désemparée et un homme très petit, que Laurianne associa à un farfadet ou un lutin. Après quelques minutes de malaise, tout le monde s'assit autour de la table et mangea en silence. Laurianne picora un peu dans son assiette, puis, elle décida que c'en était trop, se leva et courut jusqu'à sa chambre pour ramasser le peu de bagages qu'elle avait et partir. Elle en avait assez de se sentir de trop partout. Elle vivrait ou mourrait dans la forêt, là où elle était certaine de ne déranger personne.
Dans la grande salle, tout le monde avait levé la tête au départ précipité de Laurianne, mal à l'aise. Dumbledore se dit qu'il était temps pour les explications.
- Hagrid, allez voir Laurianne et tâchez de tout faire pour l'empêcher de partir.
Une fois le demi-géant sorti de la pièce, le professeur Dumbledore regarda ses collègues d'un air grave.
- Laurianne doit rester ici. Firenze est venu me voir pour me parler de cette jeune fille, sans toutefois pouvoir me dire pourquoi elle est importante. Mais le fait ne change pas. Elle a réussi à pénétrer le domaine, malgré toutes les protections en place. Il y a quelque chose en elle qui n'est pas tout à fait moldu, et j'ai bien l'intention de découvrir ce que c'est. À vrai dire, j'ai déjà commencé mes recherches, et je vous en parlerai lorsque mes doutes se seront transformés en certitude. En attendant, je vous prierai d'aller lui faire vos excuses. Bien entendu, rien ne vous oblige à vous plier à ce que je dis, et si l'un d'entre vous décide de me dénoncer au ministère, je ne peux rien y faire. Mais faites-moi confiance, vous ne le regretterez pas.
Chacun prit la peine de réfléchir en silence, et le professeur Flitwick se leva en premier. Il se dirigea vers la porte et, avant de sortir de la grande salle, dit au professeur Dumbledore :
- J'espère que vous savez ce que vous faites.
1 Pour ceux qui n'auraient pas reconnu, ceux qui ont parlé sont Minerva McGonagall, Severus Rogue, Mme Chourave et Flitwick et finalement Dumbledore
