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Voici le troisième chapitre !

Je ne m'éterniserais pas en babillage cette fois.

Merci à Suzanne Collins pour ses personnages et merci à tous pour vos encouragements.


Huit clos


Mon cœur battait si fort que mon sang pulsait littéralement à mes oreilles. Je sentis son souffle contre mon cou bien avant que les mots ne franchissent ses lèvres.

_ Katniss…

Ma respiration se bloqua dans ma poitrine…

_ Je suis vraiment désolé.

…Puis l'air s'engouffra à nouveau.

Je ne sais pas à quoi je m'étais attendue mais pas ça. J'avais failli faire un arrêt cardiaque pour rien. Depuis quand, est-ce que je me mettais dans un état pareil? Aucun garçon ne m'avait jamais fait ressentir ça. Et pourquoi était-il désolé ? C'est lui qui était me venu me chercher, qui m'avait, entre guillemets, sauvé. J'ouvrais les yeux pour répliquer mais il était bien trop près de moi, son torse était trop près de moi. Il avait principalement dirigé le pommeau sur moi mais lui aussi était sous l'eau et à cette vue, je poussais un soupir bien trop proche du gémissement. Je le sentis se tendre puis se redresser bien vite. Nos regards se croisèrent et je ne sais pas ce qu'il lut dans le mien mais il m'offrit un pauvre sourire avant de reculer. J'eus froid malgré la chaleur de l'eau.

_ Je pense que ça va mieux maintenant, non ?

_ Oui, merci.

Ma voix était à peine audible, en tout cas pour moi. Il avait dû entendre quand même puisqu'il sorti de la cabine et attrapa une serviette avant de me la présenter.

_ Tiens ça. Je vais te trouver quelque chose à te mettre.

J'attrapais la serviette et il en passa une autre autour de sa taille avant de sortir de la salle de bain. Je fermais le robinet puis rapprochais la serviette de mon visage. Elle avait son odeur douce et boisée. Je la respirais à plein poumon quand il réapparut devant moi. Je réagis prestement et fis celle qui s'essuyait le visage, l'air de rien.

_ Je te les poses ici.

Il sourit et je lui souris à mon tour. Il ressorti en refermant la porte de la salle de bain derrière lui. Je sortais de la douche et m'essuyait vigoureusement. Il fallait que j'arrête de me faire des films, que je reprenne le contrôle de mon corps et de mon esprit. Un coup d'œil à mon reflet dans la glace m'aida à me calmer. Vu le nombre de mannequins que j'avais croisé depuis mon arrivée sur le campus, il ne risquait pas de s'enticher d'une fille comme moi. Mes cheveux bruns étaient trop longs et sans éclats. Ils n'étaient pas passés entre les mains d'un coiffeur digne de ce nom depuis mon entrée au lycée et c'est ma mère qui avait insisté ! Mes yeux trop grands, cernés de cils épais avaient une couleur non définie, une sorte de bleu-gris. Ils s'éclaircissaient quand j'étais heureuse et s'assombrissaient quand j'étais énervée. Autant dire que pour la plupart des gens de chez moi, j'avais les yeux gris. J'étais de taille moyenne, de poids moyens, je trouvais ma poitrine trop petite, mes hanches trop larges et même si j'étais sportive… Qui ça intéressait ? J'aimais ma bouche, un point pour moi. J'imaginais malgré moi ce que ce serait de poser mes lèvres sur celles de Peeta. Si elles étaient comme ses mains, elles seraient fermes et si elles étaient comme sa peau, elles seraient douces et chaudes. Trois coups frappés à la porte me ramenèrent au moment présent.

_ Les vêtements te conviennent ?

_ Oui, ça va. J'arrive !

Je dépliais les dits vêtements et découvrais un débardeur, un pull, un bas de jogging et une culotte. Bam ! C'était comme se prendre une gifle. Eh bien comme ça au moins c'était clair ! Est-ce que j'étais réellement en train d'enfiler la culotte de sa petite amie ? Mais est-ce que j'avais vraiment le choix, je n'allais pas sortir de là, nue sous son jogging ! J'enfilais le tout, enroulais mes cheveux dans la serviette et sortis de la salle de bain. Peeta aussi s'était changé, un sweat et le bas qui allait avec. Il n'était pas si terrible en fait. Il me sourit et mon rythme cardiaque s'envola. Ma mauvaise foi avait ses limites.

_ Ça va te bien. C'est un peu grand mais le temps que je lave tes affaires et les fasses sécher, ça ira.

Il passa à côté de moi et je l'entendis s'affairer dans la salle d'eau. J'étais debout au milieu de sa chambre et comme je n'osais pas m'asseoir, je me permis de regarder un peu autour de moi.

Il avait fermé les volets, essuyer les traces d'eau dues à notre passage et le faible éclairage donnait une ambiance particulière à la pièce, presque romantique. Sa chambre était de la même taille que celle de Madge mais au lieu d'un deuxième lit, il y avait un coin cuisine. Tout était propre et rangé mis à part quelques feuilles éparses sur son bureau, des crayons et des tubes de peintures. Ça m'intrigua et j'avançais ma main pour attraper une feuille. Je laissais mes doigts caresser le bureau puis soulevais une feuille. Je m'étais attendue à voir un dessin ou quelque chose comme ça mais non, il n'y avait que des taches vertes. Toutes sortes de verts… comme s'il cherchait à obtenir quelques choses et en dessous de chaque vert, des annotations chiffrées. Ça n'avait ni queue, ni tête pour moi, même si certains verts étaient très jolis. J'adorais le vert. Je reposais la feuille et mon regard accrocha une photo au mur. Une fille me regardait et mon cœur se serra dans ma poitrine, ça ne pouvait qu'être que sa petite amie.

Elle était belle, paraissait un peu plus jeune que moi mais avec un teint aussi parfait, ses grands yeux bleus et sa magnifique chevelure blonde, on devait souvent lui donner quelques années de moins. Moi, ma mère me disait sans cesse que mon air sérieux me ferait vieillir avant l'âge. Mais nous savions toutes les deux d'où il me venait alors quand elle me surprenait les traits tendus, elle se penchait vers moi et posait un baiser sur mon front jusqu'à ce que je me déride. Puis elle me caressait la joue en disant : « Là, c'est mieux mon petit canard ». Je soupirais et me rapprochais de la photo. J'avais beau chercher, ils ne se ressemblaient pas du tout, ça me coûtait même de l'admettre mais il n'y avait que de l'amour et de la gentillesse dans le regard de cette fille. Le photographe avait su capter l'instant précis où elle avait relevé la tête vers lui, son regard avait croisé l'objectif et elle avait souri, radieuse.

Je me reculais pour échapper à ce trop-plein d'amour et je me cognais à Peeta, debout derrière moi. Lui aussi regardait la photo. L'intensité de son regard et son sourire valaient tous les discours, c'était lui qui avait pris cette photo, ça ne faisait aucun doute. Mal à l'aise, je me détournais à la recherche de mon sac. Il fallait que j'appelle ma mère. Elle avait peut-être entendu parlé de cette tempête et devait être morte d'inquiétude pour moi.

Me voyant tourner dans tous les sens, Peeta se rapprocha de moi, posa ses mains sur mes épaules au passage et attrapa mon sac à mes pieds. Je lui soufflais un merci et fouilla dedans à la recherche de mon portable. Ah mais non ! Il devait être éteint maintenant. Et en effet, il l'était. J'étais dépitée et je ne sais pas pourquoi, à deux doigts de craquer. En une fraction de secondes, j'eus l'impression que toute la misère du monde me tombait sur les épaules. Il ne s'agissait que d'un portable pourtant, merde !

J'aurais voulu ne jamais avoir mis les pieds dans ce campus, ne jamais avoir rencontré Madge, ne jamais avoir croisé Peeta et bien sûr ne jamais avoir été prise dans cette tempête qui me coinçait maintenant entre quatre murs avec lui. J'avais l'impression qu'on me mettait sous le nez tout ce que je n'aurais jamais : des études universitaires, des amis qui s'inquiéteraient pour moi et quelqu'un capable de provoquer chez moi toute une foule de désirs et de sentiments qui dépassaient de loin tout ce que j'avais pu connaitre jusqu'alors. Ce fut plus fort que moi et mes yeux s'embuèrent. Je me détournais de Peeta rapidement mais c'était trop tard.

_ Katniss ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

Il était obligé d'être si gentil ?! C'était la première fois que je pleurais depuis des lustres et il avait fallu que ce soit devant lui. Je ne savais même pas pourquoi je pleurais !

_ Katniss.

Ses bras venaient de se refermer sur moi, je le sentais contre mon dos et ça me repris. Cette envie de me fondre dans son étreinte, de fermer les yeux, de m'abandonner et ressentir chaque pulsation de son cœur, jusqu'au moindre mouvement de ses muscles. Tout ce que j'avais ressenti dans la cafétéria, me submergea à nouveau. Je ne voulais pas pleurer, j'étais forte, je l'avais toujours été, ce n'était pas un mec et quelques gouttes de pluie qui allaient avoir raison de moi. J'essuyais mes yeux et me détachais de lui pour lui faire face.

_ Excuses moi, je… je dois être fatiguée, ce n'est rien.

Il me regarda longuement en prenant mon visage dans ses mains. Il me sourit puis effaça les traces de mes larmes du bout de ses doigts avant de relâcher mon visage pour se tourner vers son bureau. C'était moins deux ! Encore quelques secondes et ...

J'hasardais une question pour ne pas rester focaliser sur ce moment.

_ Est-ce que tu sais combien de temps ça doit encore durer, là dehors?

_ Hum, ils nous ont annoncé de très fortes rafales jusqu'à 20h environ puis ça devrait s'atténuer petit à petit. Demain matin, tu verras, on aura tous l'impression d'avoir fait un mauvais rêve. Je te raccompagnerais à ta résidence avant la reprise des cours pour que tu puisses avoir assez de temps pour te préparer.

Il se tourna vers moi et me lança son chargeur que j'attrapais au vol, par simple réflexe parce que là, mon cerveau tournait à plein régime. J'allais passer toute la nuit avec lui ! Ici ! Seuls dans sa chambre ? Quelqu'un voulait ma mort ou quoi ? J'avisais le lit une place et poussais un soupir, cette nuit allait être nerveusement épuisante. Peeta souleva un sourcil et ajouta simplement :

_ Inutile de dire à tes parents que tu es coincée, pour toute la nuit, dans la chambre d'un mec que tu connais à peine et qui n'a qu'un lit une place.

Il me fit un clin d'œil et alla vers son coin cuisine. Il sortit une casserole, un plat du frigo et je m'asseyais au bord au lit pour appeler ma mère. Je soufflais pour calmer les battements de mon cœur, chaque chose en son temps. Je pianotais son numéro et attendis que la communication passe.

_ Allô ?!

_ Maman, c'est moi.

_ Katniss ! Non mais ce n'est pas possible ça ! Mais à quoi est-ce tu penses ? C'est seulement maintenant que tu appelles ? J'entends parler de tempête, ton téléphone est coupé et rien depuis des heures. Je n'arrivais pas non plus à remettre la main sur le numéro de cette fille qui allait t'héberger pour le weekend. Même Gale m'a appelé !

Je me redressais d'un coup.

_ Gale ?

Je jetais un œil à Peeta mais il ne semblait pas avoir réagi.

_ Oui Gale ! Qu'est-ce qu'il y a ? Vous vous êtes encore disputé ? Vous n'arrêtez jamais tous les deux ?

_ C'est compliqué Maman.

_ Ah oui, en quoi ?

On partageait tout avec ma mère, tout sauf les histoires de cœurs. C'était un accord tacite entre nous mais elle avait du mal en ce qui concernait Gale. Gale était le fils de sa meilleure amie, la seule qui ne l'avait pas jugé quand mon père s'était fait la malle. Je m'étais très naturellement bien entendu avec lui, il était comme moi, avare de paroles et de gestes superflus. Mais nos deux tempéraments ne collait pas toujours, ils arrivaient qu'il y ait des étincelles. De ce fait nous nous disputions souvent et nous rabibochions toujours sauf cette fois. On ne se parlait plus depuis le weekend dernier et il savait très bien pourquoi. Ma mère, elle, n'avait pas besoin de le savoir, j'arriverais à gérer ça seule.

_ Laisses tomber maman, ce n'est pas le plus important. Tu n'auras qu'à lui dire que tu m'as au téléphone.

_ Alors là non ! Tu es assez grande pour l'appeler toi- même.

_ Ok, ok, c'est bon je vais l'appeler. En tout cas, ne t'inquiète pas pour moi. Je suis sur le campus et tout va bien. Je n'avais plus de batterie et je n'avais pas mon chargeur avec moi. Je t'expliquerais quand je serais de retour.

_ Katniss, tu es tout ce que j'ai. Prends soin de toi, s'il te plait.

_ Je te le promets. Mon portable est en charge maintenant donc appelle-moi si tu veux. De mon côté, je t'enverrais un message avant d'aller me coucher et demain matin. Ça te vas ?

_ Ok. Je t'aime.

_ Moi aussi.

Je souri et coupais la communication. Je reliais ensuite mon portable au chargeur de Peeta avant de le brancher à la prise secteur près de son lit. L'écran s'alluma mais je préférais attendre un peu avant de m'en servir. J'appellerais Gale mais pas tout de suite.

_ Ta mère est rassurée ?

Je sursautais presque en entendant la voix de Peeta. Il était toujours de dos en train de nous préparer quelque chose.

_ Oui, merci.

_ Tu peux appeler ton petit-ami si tu veux, ça ne me dérange pas.

_ Non, je l'appellerais plus tard.

Il redressa la tête juste un instant avant de revenir à ce qu'il faisait et je me rendis compte de mon erreur.

_ Non, attends. Gale, Gale n'est pas mon petit-ami. Il l'a été mais il ne l'est plus.

Je regardais son dos, tendue.

_ Ok. Ça ne me regarde pas de toute façon.

Il attrapa deux assiettes et les remplis avant de revenir vers moi et de m'en proposer une.

_ C'est prêt, tu veux manger ?

_ Oui, merci.

Je l'attrapais en tachant de capter son regard mais il était fuyant. L'odeur qui se dégageait de l'assiette me chatouilla le nez.

_ Ça sent rudement bon, qu'est-ce que c'est ?

Il me tendit une fourchette puis tira une chaise pour s'asseoir en face de moi.

_ Un poulet aux épices et des petits légumes. Ne m'en demandes pas plus c'est ma sœur qui l'a fait. Elle me fait toujours des plats qu'elle congèle ensuite. Je dois être un des rares étudiants de ce campus à avoir investi dans un mini congélo. Mais je dois avouer que je suis trop nul en cuisine.

Il sourit à cette dernière assertion et je fis comme lui. Moi, aussi j'étais nulle en cuisine.

_ Tu as une sœur ?

_ Oui, ma sœur.

Il fit un signe de la tête en direction du mur et je restais la bouche ouverte.

_ Elle s'appelle Primerose, elle a un an de moins que moi.

Sa sœur ! Inutile de vous dire qu'une mini Katniss était en train de danser la samba dans ma tête en ce moment-même. Par contre la vraie, celle assise devant lui, eu beaucoup de mal à enchaîner.

_ Je… oui… ta sœur ? Vous ne vous ressemblez pas trop.

J'avais dit ça sans réfléchir. Ce n'était vraiment pas malin. Il allait peut-être croire que j'insinuais des trucs. Son sourire s'agrandit et je me sentis mieux.

_ Ah, ah ! Oui c'est normal nous n'avons aucun lien de parenté. Elle a perdu ses parents dans un accident de la route quand elle était bébé et moi, on m'a retiré à ma famille. Nous avons grandi dans la même famille d'accueil mais pour moi, elle est ma sœur.

Il n'y avait que du bonheur dans sa façon d'en parler mais je me trouvais quand mal à l'aise d'avoir cru que c'était sa petite-amie et de n'avoir pas imaginé un instant que ça vie aussi avait pu être compliquée.

_ Je, je suis désolée.

Il me regarda à nouveau avec ce sourire tendre qu'il avait parfois et je sentis des papillons dans mon ventre.

_ Non, ne t'inquiète pas, ça va maintenant. On a eu de la chance. On a manqué de rien, on nous a soutenu, protégé, aimé, repris quand il le fallait. Si je suis là, aujourd'hui c'est grâce aux eux et grâce à elle.

Cette conviction dans ce regard. Il n'avait besoin que de peu de personnes pour avancer et elles étaient là. Je comprenais ce sentiment plus que tout autre.

_ Je comprends. J'ai… je n'ai plus que ma mère. Mon père nous a laissé tomber mais on a été là, l'une pour l'autre. Elle est tout ce dont j'ai besoin… enfin presque.

« Presque » parce que, ce que je ressentais en sa présence, c'était si poignant. Je n'étais pas sûr de réussir à pouvoir faire sans à partir de maintenant. Nous nous regardions toujours et il posa son assiette sur sa table de chevet. Il y avait à peine touché. Puis il fit pareil avec la mienne tout en s'asseyant près de moi. Mon cœur se mit à battre comme un dément quand il me chuchota :

_ Je crois que je vois ce que tu veux dire.

Mes yeux s'agrandirent et je me penchais vers lui sans réfléchir. Il attrapa ma nuque et accompagna mon mouvement. Sa main chaude pressa mon visage contre le sien et nos lèvres se trouvèrent. Elles étaient douces, chaudes et fermes.


Ça vous a plus ? J'ai eu beaucoup de mal pour ce chapitre. Ça s'est senti ? :-(