3. Monsieur Mellark tourna la tête à droite et à gauche avant de fermer la porte de l'arrière-boutique à double-tour. Peeta lui adressa un haussement de sourcil et son père se décida alors à s'expliquer :
_ Eh oui, fils, moi aussi j'aide notre chère Katniss à survivre !
_ Et maman est au courant ?
_ A ton avis ?
_ Vu cette trappe (il désigna ladite trappe du menton), je présume que non !
_ Ta mère fait un … une espèce de blocage avec les Everdeen … Enfin, surtout sur sa mère ... Tu sais bien, je te l'ai déjà raconté quand tu étais petit … (il semblait gêné)
_ Ah oui c'est vrai ! s'exclama en souriant Peeta, tu étais amoureux de sa mère ! (il se renfrogna) Et maman est jalouse des Everdeen pour ça ?! Mais … c'est stupide !
_ Oui … Bon, c'est comme ça ! Et donc, ta mère n'apprécie pas trop que je « commerce avec Katniss donc je le fais discrètement …
_ Quelle jolie façon de dire que tu le fais dans son dos !, railla Peeta.
_ Enfin, voilà à quoi sert cette trappe et comment nous arrivons à manger à peu près correctement sans que ta mère ne se mette dans tous ses états !
_ Et … Elle ne se doute de rien ?
_ Tu connais l'expression « faire l'autruche » ?
_ Oui.
_ Et bien, ta mère fait l'autruche, je suis sûre qu'au fond elle s'en doute mais elle ferme les yeux !
_ Comme beaucoup de monde au district 12 … , marmonna Peeta.
_ Les gens dorment mieux ainsi et les pacificateurs en font partie !
En ouvrant le sac, le visage de monsieur Mellark s'éclaira Il extirpa une partie de son butin pour le faire admirer à son fils :
_ Tu vois ça fiston !? (il lui tendit fièrement un écureuil, Peeta recula d'un pas, dégoûté devant la viande froide, mais son père ne remarqua rien) Quel travail d'artiste ! C'est pour ça que j'aime faire du troc avec cette jeune fille, un vrai travail d'orfèvre, elle l'a touché pile entre les deux yeux comme ça, la viande n'est pas gâté ! On va se régalé ! (il se passa la main sur le ventre)
_ Et tu vas dire quoi à maman ?, questionna Peeta.
_ Ne t'en fais pas trop pour ça va, répondit son père en remettant l'écureuil dans la besace. Allez, on remonte, on va déjà se prendre un de ces savons !
_ Et les fruits dans la trappe ?
_ C'est pour les gâteaux !
_ Mais, maman les voit ces gâteaux, elle ne demande pas d'où viennent ces fruits puisqu'elle ne peut pas les manger ?
_ Ta mère sait bien que nous vendrons ces gâteaux plus chers aux notables de la ville !
_ T'as vraiment réponse à tout, s'étonna Peeta.
_ Non, ça fait juste plus de vingt ans que je vis avec ta mère !, plaisanta son père.
Peeta ne goûta guère à la plaisanterie tant il avait subi de railleries de la part de sa mère. Mais son père semblait avoir comme des œillères quand il voulait en parler avec celui-ci. Ils fermèrent l'arrière-boutique et retournèrent vers le salon en silence. Inconsciemment, l'esprit de Peeta se remit à vagabonder vers celle qui hantait son esprit depuis ses cinq ans quand il fût ramené brutalement sur terre en entrant dans le salon.
_ Eh bien, tu lui montrais quoi, comment faire un glaçage grandeur nature sur toile ?!, ricana l'aîné en le poussant violemment vers le canapé où il se cogna le genou.
_ Qu'est-ce que vous fabriquiez ?! , soupçonna sa mère.
Peeta se releva en se frottant le genou et regarda son père qui restait calme et même goguenard.
_ Figurez-vous que nous sommes allez faire quelque course pour le dîner parce que, ce n'est pas pour critiquer ton repas de ce soir ma chérie (il l'enlaça tendrement et elle se radoucit aussitôt sous le regard interloqué de Peeta) mais manger pour la quatrième fois de la soupe aux herbes cette semaine, c'est assez je crois ! Qu'en pensez-vous mes fils ?(les deux plus grands explosèrent de rire)
_ Et avec quel argent vous avez fait ces courses ?, interrogea, soupçonneuse, madame Mellark en se dégageant de l'étreinte de son mari.
_ Mais ma chérie, continua le père de Peeta, j'ai des ressources insoupçonnés ! (il embrassa alors sa femme sur la joue en lui tendant le sac) Tiens, ragoût d'écureuil, ça te dirait ?
Peeta assista à la scène, émerveillé de voir à quel point son père pouvait radoucir sa mère en quelques paroles, mentir avec tellement de faciliter, savoir mettre sa mère dans sa poche en quelques gestes il l'enviait tellement pour ce talent et se demandait si un jour il arriverait à mettre des gens aussi facilement dans sa poche, juste grâce à la force de ses paroles. Sa mère sortit en bougonnant un peu et son père lui adressa un clin d'œil complice tout en se rasseyant dans son fauteuil d'un air ravi.
