Salut à tous !
Aujourd'hui c'est dimanche et le dimanche, c'est le jour du chapitre en retard. Voilà. :D
Plus sérieusement, désolé de pas avoir publié vendredi comme prévu. Mais le prochain devrait arriver à l'heure lui. J'espère que l'attente valait la peine.
Vous avez plusieurs à avoir remarqué le tournant un peu particulier que prend cette histoire... Je dois dire, je suis un grand fan d'humour absurde. Bien maitrisé, je trouve ça génial. Alors, je suis pas sûr de bien le maitriser, mais en tout cas il y en a une petite dose dans cette histoire, et ce chapitre constitue l'arrivée en masse. On peut appeler ça du fantastique, si l'on veut... Après tout, on parle bien du monde un peu magique de Harry Potter.
Ne vous inquiétez toutefois pas, ça ne partira pas complètement en vrille non plus. :D Cette histoire reste fondamentalement ancrée dans un monde sans magie... Mais la Ligue des Ex Maléfiques est remplie de mystères... Tout comme les combats qui l'entourent !
Dans ce chapitre donc : Harry admet son obsession, on assiste au concert du groupe et au premier combat de la Ligue. C'est parti !
Ce chapitre est corrigée par la superbe, la mythique, la fantastique et sublime Mandala7338 et non, je ne suis pas encore à court de synonymes.
Chapitre 3
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Harry Potter versus Parvati Patil
― Faut que je te parle, Théo !
Harry avait eu du mal à retrouver le numéro de téléphone de son ami au travail, mais maintenant qu'il l'avait, il n'allait pas le laisser filer.
― Est-ce que c'est encore pour me demander les codes de triche de San Andréas ? Je te répète que je ne les connais pas ! Tu peux arrêter de m'appeler au boulot, Harry ? Je suis occupé.
― Non, raccroche pas ! Je suis sérieux, Théo, je… J'ai besoin de toi.
Il y eut un petit silence.
L'humeur de Harry s'était détériorée au fil de la matinée. Le stress du concert de ce soir avait été omniprésent pendant les premières heures de la répétition. Ron était sur les dents, Hermione ne disait presque rien – ce qui était très mauvais signe – et Harry restait silencieux tout en jouant de manière catastrophique. Il endurait les remontrances de ses partenaires sans piper mot et surtout il gardait les yeux fixés sur sa guitare basse.
Parmi toutes les choses qui le dérangeaient sur cette Terre, la présence de Ginny en cet instant fut la plus détestable. À l'instant où elle avait franchi la porte, elle lui était tombée dans les bras et lui avait roulé une énorme galoche, elle qui deux jours plus tôt refusait de lui tenir la main, gênée. D'un seul coup, toute la culpabilité que Harry aurait dû ressentir pendant la journée passée lui remonta en travers de la gorge. Il avait passé presque l'entièreté de son vendredi à penser à Draco Malfoy plutôt qu'à sa copine. Et au lieu d'affronter ses responsabilités, il préférait s'en cacher. Alors, il répondit aux longues questions de Ginny par de simples mots ou des grognements, il n'écouta pas les histoires de Envy et Malvin et fit tout pour éviter son regard.
Même le Jeune Colin restait plus silencieux que d'habitude. Il jouait sur sa Nintendo DS sans piper mot.
Alors qu'ils avaient prévu de prendre le déjeuner ensemble, Harry avait demandé un temps mort. Il avait besoin de rentrer chez lui et surtout de parler à Théo. Lui plus que quiconque le comprendrait.
Il était bientôt midi.
― On se retrouve à midi dix à Pizza Pizza ?
― Théo, je t'aime… soupira Harry avec un profond soulagement.
― C'est ça. T'es ma pute perso pour l'éternité, Harry.
Et il raccrocha.
Pizza Pizza était une chaîne canadienne de fast-junk-food qui proposait un choix indécent de pizza à la part. Elle s'était implantée en Angleterre en ouvrant son magasin londonien il y avait un peu plus de six mois et il était presque aussitôt devenu un lieu de rendez-vous incontournable pour les jeunes. Un peu comme un Starbucks qui ouvrirait en campagne.
Harry ne faisait pas exception. Il adorait ce restaurant et lui et ses amis venaient y manger régulièrement. Pourtant, cette fois, il n'était pas sûr d'avoir réellement envie d'être attablé là, sur cette frêle chaise en bois à se triturer les doigts nerveusement en attendant que Théo arrive. Il ne savait pas vraiment comment il allait bien pouvoir présenter les événements de la journée précédente à Théo et surtout comment il réagirait.
Il avait beaucoup réfléchi pendant la nuit passée. Et la matinée de répétition catastrophique où son esprit était resté obsédé par ce type ne fit que renforcer ses craintes. À elles venait s'ajouter l'énorme culpabilité qu'il ressentait envers Ginny. Avec un soupir, il parvint à la même conclusion pour la vingtième fois depuis hier soir : Draco Malfoy n'était pas prêt de sortir de son esprit. Pire encore, il pensait à ce garçon comme il avait pensé à L… À son ex, alors qu'il en tombait doucement amoureux.
Et cette pensée plus que tout le terrifiait.
Un charmant jeune homme brun s'assit soudainement face à lui. Il portait une très belle veste noire et semblait un peu anxieux.
― Salut, Harry, dit-il avec un sourire qu'il voulait rassurant. Allez, raconte-moi tout.
― Euh… Tu préfères pas aller commander d'abord ?
Sans laisser le temps à son ami de répondre, il se leva. Théo, qui venait de s'asseoir, se releva en grommelant et le suivit jusqu'au comptoir. Là, ils prirent chacun un menu puis retournèrent s'installer à leur table.
Lorsqu'ils commencèrent à manger, pas un mot ne fut échangé. Harry sentait le regard interrogateur de Théo chercher le sien. Incapable de repousser plus longtemps l'inévitable discussion, il prit une profonde inspiration.
― J'ai un problème, Théo.
Il ne répondit rien mais le fixa droit dans les yeux en mâchonnant, l'invitant à préciser.
— Je crois que… je suis en train de tomber amoureux.
Celui-ci réagit au quart de tour, le ton pressé et la voix anxieuse.
― De Ginny ? Mec, t'es pas sérieux ! Attends, ne réponds pas. Je ne sais pas quelle serait la pire des deux réponses, admonesta Théo, visiblement inquiet.
― Hum… La réponse est non. Pas d'elle, répondit Harry sans laisser place au suspens.
― Oh… Et de qui, du coup ? Je la connais ?
― Tu ne le connais pas.
― Ah merde. Je me demande bien quand est-ce que tu aurais pu…
Théo s'interrompit d'un coup et observa Harry comme s'il venait de lui annoncer sa propre mort. Il lui rendit en échange un petit sourire désolé.
Alors Harry vit Théo bondir de sa chaise, le désigner du bout de sa part de pizza qu'il tenait toujours, les yeux ronds et une générale expression de stupeur sur le visage.
― TU SORS AVEC UN MEC ?
― Chuuuut, supplia Harry.
Du coin de l'œil, il vit plusieurs personnes se retourner vers eux. Mais cela ne sembla pas calmer Théo le moins du monde.
― Harry Potter sort avec un mec ? SÉRIEUSEMENT ?
Des gens ricanaient autour d'eux à présent. Harry sentait le rouge lui monter aux joues.
― Mec, sérieux, calme-toi ! Je ne sors pas avec lui, d'abord.
À son grand soulagement, Théo finit par se rasseoir, toujours en le défiant à l'aide d'une pizza poulet-crème-oignon-ananas. Il semblait incapable de défaire son regard de son visage tandis que son cerveau paraissait bloqué dans un inextricable problème.
Ils ne dirent rien pendant un moment.
― Bordel… Si j'avais su un seul instant que tu étais un canapé-lit…
― Un ? Un canapé-lit ?
― UN CONVERTIBLE, CRÉTIN !
Harry ne put s'empêcher de rigoler.
― Je dois rencontrer le mec qui a réussi ce tour de force que, même-moi, officiellement reconnu comme le plus talentueux des convertisseurs, je n'ai jamais réussi. Je l'élèverais au rang de Dieu de la Gay Pride !
Harry grimaça à cette idée. Il n'avait vraiment pas envie d'être mis en avant. Finalement, Théo sembla regagner son calme et redevenir sérieux.
― Tu sors avec ce type ?
― Je t'ai déjà dit que non… insista-t-il à mi-voix, l'air inquiet d'être entendu. Enfin, pas encore… Hier, je suis allé le voir chez Abercrombie, c'est tout. Il a accepté de venir au concert. C'est juste que… Il m'obsède… C'est incroyable, j'arrive pas à ne pas penser à lui. Je sais que c'est un mec. Je sais qu'il y a Ginny et pourtant… Ça me fait comme avec… Euh… Comme avec qui-tu-sais.
― Bordel, Harry ! Tu es à ce point un carnage ambulant ?
― Théo, tu veux bien arrêter de te payer ma face ? grinça Harry, passablement énervé. Je sais, OK ? Je le sais que c'est la merde. Je suis le premier que ça embête, figure-toi. Bordel, c'est pour ça que tu es là, enfin !
Le désespoir commençait à pointer dans sa voix.
― C'est nouveau pour moi, ça, je n'ai aucune idée de comment m'y prendre, ni de ce que je fais, pour être honnête. Je flippe comme jamais j'ai flippé de sortir avec quelqu'un, j'ai peur de faire n'importe quoi et tout foirer, j'ai une peur bleue de ce qui va se passer au lit, je me sens comme une merde vis-à-vis de Ginny qui ne lui arrive pas à la cheville, mais j'ai pas envie de la larguer parce qu'elle a l'air de vraiment m'adorer et alors que jusqu'à maintenant elle n'osait même pas me tenir la main dans la rue, ce matin elle s'est jetée sur moi devant tout le monde et m'a roulé un immonde patin, j'ai failli l'envoyer promener. Je suis obsédé par ce mec depuis trois jours, Théo, mais je n'ai aucune idée de ce qui m'attend. Je flippe, Théo, tu peux pas savoir…
Et juste comme cela, le silence retomba. Harry se sentait percé, sondé par le regard de Théo, difficilement soutenable. Il détourna les yeux. Alors, il entendit son ami prononcer simplement :
― Ah… La catastrophe est en bonne voie.
Harry releva les yeux et le vit souriant. Ses yeux riaient et pétillaient. Cela lui redonna envie de sourire pendant un instant.
― Tu sais, Harry, je connais cela parfaitement. Cette impression que tu ne contrôles plus rien. Laisse-moi deviner, tu as le sentiment que ton être agit sans ton aval. Qu'il te fait prendre des décisions que tu n'aurais jamais cru plausibles. Et qu'à cause de cela, tout ton monde va voler en éclat. Je vais essayer de te rassurer comme je le peux, sans te mentir. Si tu sors avec lui, ton monde va bel et bien voler en éclat. Mais tu découvriras vite que rien n'est aussi compliqué que tu peux le penser en cet instant. Si c'est un gars bien, s'il en vaut la peine, il supportera le fait que tu n'ailles pas bien pendant quelques jours. Et alors tu sortiras avec un mec super et tu sauras aussi heureux que tu pourrais l'être avec n'importe qui…
Harry laissa ses mots l'embaumer un instant. Venant de Théo, ils étaient une douce caresse rassurante. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher de penser au reste.
― Ou alors…
Il fut immédiatement épinglé par le regard de Théo. Il prit une longue inspiration.
― Ou alors je reste avec Ginny et tout continue comme avant.
Théo eut un petit rire sans joie.
― Harry, tu crois vraiment que tu as un avenir avec Ginny ?
Harry soupira longuement. Peut-être en avait-il un, mais face à l'idée complètement absurde et tellement tentante de sortir avec un mec aussi incroyable que Draco Malfoy, elle ne tenait absolument pas debout. Il n'y avait qu'à repenser à la manière dont il était parvenu à l'extraire totalement de ses pensées.
― C'est ce que je pensais, reprit Théo. Harry, tu vas me promettre de rompre le plus tôt possible avec Ginny. Je peux cautionner beaucoup de choses, mais l'idée que tu te comportes comme un connard m'est insupportable. Tu ne sortiras pas avec deux personnes à la fois, compris ?
L'angoisse remonta soudainement et resta bloquée, quelque part dans sa gorge.
― Mais… Mais… C'est dur ! se plaignit Harry avec une voix enfantine. Et je ne suis même pas sûr que Draco veut de moi !
― Harry, je ne plaisante pas.
Et effectivement, il semblait bien trop sérieux.
― OK, OK. Mais plus tard. Le concert est déjà une source suffisante de stress.
Son ami approuva d'un petit signe de tête. La discussion s'arrêta là. Ils parlèrent du boulot aliénant de Théo – il travaillait dans un centre de marketing par téléphone. Travailler le samedi, Harry trouvait cela indécent. Théo était bien mieux payé que lui, mais, tout de même… Le week-end ?
Bien vite, il dû retourner travailler. Avant qu'il ne parte, Harry lui demanda une dernière chose :
― Théo, je peux te demander de ne pas trop en parler ? J'aimerais garder ça pour moi.
― Tu me connais, répondit-il avec un sourire provocateur.
Il dégaina son téléphone portable.
― Qui est-ce que tu…
Harry fut immédiatement interrompu par son propre téléphone qui vibrait dans sa poche. C'était Hermione, il décrocha.
― TU SORS AVEC UN MEC ?
― Que… La… Non ! Comment tu sais d'abord ?
― Théo me l'a dit, qu'est-ce que tu crois.
― Mais quelle putain de commère !
― Tu me connais, répondit celui-ci en quittant Pizza Pizza avec un signe de la main.
― On est trop dans la merde !
Le Roundhouse était une magnifique salle de concert. Très grande, entièrement circulaire, sa programmation éclectique lui avait permis d'acquérir une renommée certaine dans le milieu de la culture underground. Cette grande salle de concert accueillait ce soir un concours prestigieux, si bien que près de mille personnes se pressaient pour assister à la battle entre les Awaken Zombies et…
― The Clashwaves ! On joue contre the Clashwaves !
Ron venait d'apprendre l'identité de leur opposant dans ce quart de finale.
― Rappelez-moi comment on a fait pour arriver jusqu'ici ? Contre des types comme ça ?
Ses craintes étaient totalement justifiées. The Clashwaves avait acquis une sacrée réputation dans le milieu londonien. Ils avaient l'habitude de jouer devant des foules énormes, alors qu'eux, quand ils dépassaient leurs deux spectateurs habituels – Colin et Ginny, depuis quelques temps – c'était pour jouer devant une cinquantaine de bouseux dans une salle des fêtes miteuses. Ron raconta même une anecdote selon laquelle ils avaient été capables de mettre KO tout leur public en une seule chanson lors d'un concert privé endiablé.
― Ils rockent à ce point-là, conclut-il.
Harry n'était pas convaincu et Hermione non plus.
― Bref : on va trop se faire éclater ! ajouta Ron avec désespoir.
― Leur batteuse est une fille. Je les déteste déjà, commenta Hermione.
― Relax, Ron ! C'est le public qui compte le plus et je suis sûr qu'on va être bon !
Hermione le regarda en levant un sourcil, puis elle ajouta :
― En tout cas, le mec du son ne votera pas pour nous. On vient de faire la balance et il nous déteste déjà.
Ron eut un gémissement désespéré. Harry préféra ne plus rien dire. Sa fidèle Rickenbaker dans les mains, il jouait quelques accords distraitement, sans amplificateur. Le son grave que lui seul pouvait percevoir faisait résonner ses os à travers la guitare. Il trouvait cela rassurant. Il s'autorisa un regard autour de la loge.
D'une taille raisonnable, la petite pièce était équipée d'un canapé en cuir limé et rongé qui faisait face à une petite table en bois clair, un frigo vide pas branché ainsi que plusieurs tables de maquilleuse. Au mur, un écran diffusait une image de la scène. Les murs semblaient manquer leur revêtement. Ils étaient simplement constitués de béton grisâtre qu'on avait peint, tagué et signé au fil des années. Hermione, à côté de lui sur le canapé, tenait de sa main droite ses deux baguettes tout en tapotant en rythme sur l'accoudoir de sa main gauche. Ron faisait les cent pas. Ron faisait toujours les cent pas avant un concert. Harry trouvait cela fatiguant et l'ambiance peu agréable. Il posa sa guitare et se leva.
― Je vais me changer les idées. Au bar. Quelqu'un ?
― Prends-moi une bière, demanda Ron. Je n'ai pas envie de voir le monde qu'il y a.
― Moi, je viens, acquiesça Hermione en se levant.
Ils quittèrent la coulisse et se glissèrent dans la salle du Roundhouse. La vue de la foule massée là laissa Harry pantois. Jamais il n'avait vu autant de personnes réunies pour assister à un de ses concerts ! Hermione semblait tout aussi soufflée. Et la salle n'était pleine qu'au tiers.
Il eut soudain un large sourire et après un coup de coude, il désigna du doigt à Hermione un garçon blond, assis au bar avec un large verre dans la main.
― C'est lui ? demanda Hermione avec une réelle surprise.
― Ouaip !
― Il est vraiment bien foutu.
Harry lui lança un regard mi-fier, mi-jaloux. Soudain, elle lui posa une question terrible :
― Tu te souviens que tu as invité Ginny, aussi ?
Il sentit son estomac se remplir de plomb et tomber quelque part derrière son nombril. Il perdit immédiatement son sourire.
Harry Potter était véritablement, définitivement et officiellement un gros imbécile. Il avait invité Draco au concert sans même se souvenir que Ginny était là. Et maintenant, il allait devoir essayer de récupérer un verre au bar sans se faire remarquer par l'un des deux !
Hermione eut un petit rire moqueur.
― Vu la taille de tes yeux et ce long silence, je suppose que non.
― Hermione ! Hermione, sauve-moi ! Je peux absolument pas aller au bar !
Au même instant, un cri strident retentit dans la salle et Ginny lui sauta au cou. Elle l'embrassa avec force et en en mettant de partout. Quand il parvint à s'en libérer, Harry vit avec horreur que Draco les fixait avec un regard surpris.
― Euh, je… je…
Hermione soupira et partit vers le bar pendant que Harry se précipitait vers les coulisses et leur loge.
― Je suis trop con, bordel, je suis trop con ! se plaint-il une fois avachit dans le canapé, la tête dans les mains.
― Hein ?
Harry se résolut à ne rien dire. Ron Weasley ne devait pas savoir. Ginny était sa sœur et il n'assumait encore rien.
― Notre premier groupe, ce soir : The Clashwaves !
Il sursauta. Deux petites enceintes fixées au mur encadrait l'écran plat. On y entendait le son de la scène comme si on était dans la fosse et l'écran montrait que le maître de cérémonie et chauffeur de salle était sur la scène et commençait à introduire leurs adversaires.
― Oh putain, putain ! Bordel de putain de merde !
Harry se dit que Ron serait bien vite à court de juron à ce rythme-là. Hermione revint bientôt avec deux bières et un étrange verre d'un cocktail rouge vif et fumant, puis ils se dirigèrent ensemble vers la scène pour assister au concert de leur adversaire.
― Tu bois quoi, Hermione ?
― Je sais pas. Un cocktail maison. Ils appellent ça une « potion de force », j'ai voulu goûter.
Ils arrivèrent juste au bord de la scène, à droite. Le chanteur devait être un peu plus vieux que Ron, genre vingt-cinq ans. Il avait des cheveux courts et des yeux cernés marqués par son maquillage. Il apparaissait aussi mou qu'une miche de pain mouillée et parlait d'ailleurs au micro avec la même énergie.
La formation était exactement la même que la leur : un chanteur guitariste, une bassiste et une batteuse.
― Hello, je suis Clash et voici les Clashwaves ! Et cette première chanson s'appelle « La vie, cette salope ». Et ça fait comme ça…
Hermione avait une expression indescriptible sur le visage. Comme si elle venait de s'essuyer les mains avec un torchon sorti de la cuvette des toilettes. Ils jouèrent une dizaine d'accords à un rythme effréné, le chanteur cria quelque chose d'inaudible dans un micro saturé par l'explosion de sons incohérents et puis plus rien.
Dans le silence gêné qui suivit, on entendit quelqu'un hurler :
― C'EST UNE BLAGUE ?
Harry éclata de rire en reconnaissant la voix de Théo.
― OK, cette deuxième chanson est pour le mec qui vient de crier et elle s'appelle « On te hait, crève s'il te plaît. »
― COOL !
Harry rit de plus belle. Même Ron sembla retrouver le sourire l'espace d'un instant. Hermione demeurait impassible, elle grogna.
― C'est ça, l'avenir de l'underground londonien ? Ça pue.
Le concert se poursuivit ainsi, alternant chansons endiablées, rythmes effrénés et créations originales, à l'instar de leur toute première. Et, il fallait bien le reconnaître, les Clashwaves étaient réellement talentueux. Plus leur concert avançait, plus Harry se rendait compte que les premières chansons n'avaient été que de la pure provocation et relevaient donc d'un certain génie.
Ils semblaient en tout cas avoir conquis le public.
― Cette dernière chanson s'appelle « We hate you, go to Hell ».
Et alors le groupe s'engagea dans une explosion de sons saturés, frappés, grattés. Il y avait des cris, des battements, des hurlements et sans doute du sang aussi.
― Ils ne sont pas sérieux ?
Ce son n'avait aucun sens. On ne comprenait même plus les paroles ni même l'utilité de cette étrange musique. Il n'y avait pas de rythme, pas de clef, aucune tonalité et la mélodie était à peine discernable sous le matraquage que subissait les caisses de la batterie.
― Ils ne peuvent pas être sérieux !
Les guitares se turent pour faire place à un solo de percussion démentiel. Les tambours frappés produisaient une cacophonie semblable à celle d'un champ de bataille particulièrement violent.
― Si elle pète une caisse avant mon tour, je l'éclate, grogna Hermione.
Et soudain, un dernier coup de cymbale et puis plus rien.
― Merci.
Harry était persuadé avoir aperçu de la fumée au-dessus des guitares. Le peu d'applaudissements étaient couverts par un rire hilare qu'il identifia bien facilement. Tout le public dans la fosse semblait catatonique, comme s'ils n'étaient pas sûrs que le concert venait bien de se terminer. Théo, au milieu et visiblement saoul, se tordait de rire. Harry aperçut alors le Jeune Colin et Ginny parmi la foule.
― Je vous avais dit qu'ils étaient incroyables, fit Ron triomphalement.
Harry sentit le stress l'emporter sur lui. Il saisit Ron par le col et grogna rageusement :
― C'est notre public, crétin ! C'est notre public qu'ils ont légumisé avec leur musique de l'enfer !
Cinq minutes plus tard, ledit public commençait à reprendre ses esprits tandis que les Awaken Zombies s'installaient en silence et le trac au ventre. Harry brancha sa fidèle Rickenbaker à l'amplificateur et balaya la salle des yeux.
Le Roundhouse portait bien son nom. C'était un gigantesque bâtiment parfaitement circulaire avec un toit en forme de chapiteau. La salle de concert était très simplement conçue, avec une scène face à une large fosse, des sièges dont la plupart avait été retirés pour laisser de la place aux spectateurs et dans le coin, le bar servait bières, sodas et alcools forts. La seule particularité venait des deux gros arbres plantés dans des carrés de terre fertile au fond de la salle, face aux deux extrémités de la scène.
Dans la fosse, au milieu de la foule, Il aperçut Ginny aux côtés du Jeune Colin. Au loin, autour d'une petite table de bar, étaient Théo toujours riant et visiblement en train de faire connaissance avec Draco.
Harry ne sut pas s'il devait se sentir serein ou jaloux. Du coin de l'œil, il vit que Ron était beaucoup trop pâle, voire même un peu verdâtre.
― On est mal.
― Respire, Ron Weasley, conseilla Harry avec sagesse.
C'est alors qu'au loin, il vit avec une horreur certaine que Ginny était tout à fait éveillée, qu'elle était remontée au bar et qu'elle parlait avec Draco. De lui, visiblement, puisqu'elle n'arrêtait pas de le désigner du doigt. Et que Théo ne riait plus du tout mais tirait au contraire une tronche du diable en lui faisant signe de commencer à jouer, par pitié.
― Ron ! Faut qu'on y aille ! Faut qu'on joue et maintenant !
― Mec, je ne suis pas prêt, c'est horrible, on va se rétamer…
― HERMIONE !
Elle leva ses baguettes.
― ON EST LES AWAKEN ZOMBIES ET ON EST LÀ POUR SE TAPER LES MORTS QU'ON VA RÉVEILLER ! UN, DEUX, TROIS, QUATRE !
Et alors, comme un seul homme, ils se mirent à jouer. Tout le stress disparut en un instant du cœur de Harry et voyant les mimiques de Ron sur scène, lui aussi avait oublié sa peur.
Harry trouva qu'ils étaient grandioses. Ses doigts volaient sur les cordes, pinçaient, grattaient et pressaient sans même qu'il eut besoin d'y réfléchir. Alors il put en profiter pour travailler son jeu de scène et s'en donna à cœur joie, voire même un peu trop. Il enchaîna mimiques de star, positions caricaturales et accords frénétiques. Il profita aussi un peu de ce qui l'entourait. Ron jouait des mains, des pieds sur sa pédale, battait le rythme par ses mouvements et chantait dans le micro comme un vrai rocker. Il ne pouvait pas voir Hermione, derrière lui, mais il sentait dans les basses frappées et le son bien plus puissant qu'à l'accoutumée de ses caisses qu'elle s'en donnait à cœur joie. En un instant, les riffs déchaînés et les cordes saturées réveillèrent tout le public.
Ginny hurlait et dansait telle une harpie en furie. Elle semblait à deux doigts de s'évanouir. Et comme l'onde d'un galet dans l'eau, à elle seule, elle entraîna le public qui se mit à danser, taper des mains, des pieds et rendre aux Awaken Zombies toute l'énergie qu'ils dégageaient. Théo et Draco, toujours au bar, avaient été rejoints par le Jeune Colin qui récupérait toujours. Ils semblaient parler avec vivacité de Ginny et ils ricanaient, ce qui amena Harry à penser qu'ils se moquaient un peu d'elle. Avec une pointe de dégoût envers lui-même, il sentit tout de même qu'il en tirait une certaine satisfaction.
Harry se sentait habité par une énergie sortie des enfers. Il se donnait à fond et le public leur rendait chaque note au centuple. Le Roundhouse était le dôme d'une ambiance indescriptible. Cette expérience était incroyable.
Soudain, le toit de la salle explosa dans un nuage de poussière et de gravats.
― MONSIEUR POTTER !
Harry et tous les autres sursautèrent, mais, constatant que le public dansait toujours, ils se reprirent bien vite. Une personne émergea soudainement du nuage de poussière blanche causé par l'explosion et atterrit sur le sol dans une pose théâtrale apparemment répétée. C'était une fille, visiblement d'origine indienne et passablement énervée.
― Merde, c'est quoi ça, murmura Harry pour lui-même.
― HARRY, hurla quelqu'un depuis la salle. FAIS GAFFE ! C'EST CETTE FILLE, LÀ !
― OUAIS, MERCI THÉO, TU M'AIDES C'EST UN RÉGAL !
Cette fille, comme il disait, venait de passer à travers le toit comme s'il n'était fait que de carton. Et à présent, elle le pointait du doigt et se mit à crier d'une manière trop travaillée pour être naturelle :
― Considère notre combat… commencé !
La chanson était terminée et Harry vit du coin de l'œil que Ron le fixait, l'air de demander ce qu'ils devaient faire et qui était cette diablesse. Il haussa les épaules en retour, sincèrement désemparé. Personne ne voulait que leur concert si bien commencé avorte ainsi.
La fille s'élança alors vers lui en hurlant et son pied tendu le frappa en plein milieu du torse, ce qui le coucha à terre presque deux mètres au loin de son micro.
― BORDEL !
― Tu es pitoyable, Harry Potter.
Ça faisait mal. Genre, vraiment mal. Hermione, toujours assis sur son tabouret, se pencha vers lui et murmura :
― Harry, merde. Le concert !
Il se releva alors et parvint ce coup-ci à esquiver le pied de cette fille. Et cette fois, Harry eut le temps de se préparer. Bas sur ses appuis, il vit venir l'uppercut presque trop facilement. D'une main, il repoussa le poignet droit de la fille, la tira à lui et de l'autre il attrapa son cou et l'enserra du creux de son bras. Ainsi immobilisée, il put demander :
― Bordel de merde, tu es qui, espèce de morue ?
Sa voix amplifiée parvenait au public par le micro de Hermione et une salve d'applaudissements et de « oooh » provocateurs y répondit.
La fille se dégagea de son emprise d'un coup de coude vicieux et, d'un bond en arrière, sauta au milieu du public qui forma un cercle parfait autour d'elle.
Au loin, Harry vit que Théo observait toute la scène en plissant des yeux, soudainement moins hilare tandis que Draco se tenait la tête, dans une expression indescriptible. Il semblait partagé par l'horreur, la honte et aussi la colère.
À nouveau, cette fille le pointa du doigt.
― N'as-tu pas lu mon mail ? Celui où j'expliquais toute la situation ?
Harry se sentit profondément agacé par sa voix trop travaillée et stridente.
― Euh… Je l'ai survolé. Et supprimé.
Théo se frappa le front, dépassé par l'incapacité de son ami à dire ce qu'il fallait.
― Tu vas payer ton insolence ! cria-t-elle. Je suis Parvati Patil, je suis la première ex maléfique de Draco Malfoy et membre de la Ligue des Ex Maléfiques ! Et tu ne sortiras pas avec ce mec, tant que j'aurais mon mot à dire !
― Draco ? TU ES SORTI AVEC CETTE TRUIE ?
Harry constata que le blond semblait toujours complètement horrifié et énervé par ce qui se passait devant ses yeux. Le public entier se tourna vers lui, attendant visiblement une réponse. Quelqu'un alluma même un projecteur braqué droit sur lui. Il soupira.
― C'était en cinquième et c'était ridicule ! On s'est embrassé une fois et on est resté ensemble une semaine.
Harry n'en revenait toujours pas.
― TU ES VRAIMENT SORTI AVEC ÇA ?
Soudainement, avec un cri de rage, Parvati Patil lui adressa un coup de poing traître en pleine face qui le fit reculer de plusieurs pas. Harry sentit alors l'incompréhension mêlée au stress du moment se transformer en une panique folle.
― Théo ! Je fais quoi ?
― COMBATS !
― Une fille ?
Avec un « Yaaaaaaah » sauvage, elle se jeta poing en avant sur lui, ce qu'il put éviter facilement en se jetant à terre.
― Je ne frappe pas les filles ! Sauf avec une fleur.
― Mon pied est la rose sur ta tombe, connard !
Et elle attaqua de nouveau, un coup de pied balayé au sol particulièrement vicieux qui obligea Harry à une acrobatie pour esquiver.
― Pouce !
Il posa sa guitare basse dans son socle et leva le pouce, puis il fixa des yeux Ron, qui semblait vaguement énervé de ne plus être au centre de l'attention. Ils échangèrent un regard, un signe de tête et Ron cria dans le micro :
― La prochaine chanson s'appelle « Flagada Jones ! »
― UN, DEUX, TROIS, QUATRE !
Harry se sentit un peu vexé que la musique, même sans sa guitare basse, reste très agréable à entendre. Mais la mélodie qu'il adorait entendre et encore plus jouer l'encouragea. Il évita deux coups de poings supplémentaires.
― FRAPPE, HARRY !
― Mais puisque je ne frappe pas les filles !
Cela ne sembla pas déranger Parvati Patil le moins du monde. Harry avait de la chance : elle semblait aussi mal combattre qu'un méchant de film indien. S'il n'avait pas abhorré l'idée même de taper une fille, il aurait pu la vaincre plutôt facilement.
Mais il ne la frapperait pas. Il devait ruser. Il évita un nouveau coup, puis un autre. Cette fille se battait avec un acharnement sans nom et une violence sortie tout droit des enfers. Le rythme effréné des coups qu'il devait éviter mêlés à la musique diaboliquement entraînante de ses amis l'empêchaient de réfléchir. Il ne frappait pas les filles, d'accord, mais comment mettre KO quelqu'un sans le frapper ?
― HARRY !
Il reconnut une fois de plus la voix de Théo mais, malheureusement, le court instant d'inattention où il le chercha des yeux lui valut un magistral uppercut dans le menton. La puissance du coup le fit voler par-dessus le rebord de la scène, droit dans le public. Il tomba au sol sur le dos dans un craquement sourd.
― Aïe, putain…
Les larmes lui montèrent aux yeux, mais il n'eut pas le temps de pleurer sur son sort. Parvati Patil sauta depuis le front de scène dans un salto avant complètement surjoué et inutile pour atterrir précisément là où, une demi-seconde plus tôt, se trouvait l'entrejambe de Harry.
― Espèce de vieille pute vicieuse !
Alors, il put enfin voir au loin Théo lever un verre contenant un liquide rouge vif et fumant. La fameuse « potion de force » du Roundhouse.
― AVEC UNE FLEUR MEC !
Et soudain, Harry comprit. Il se leva, adressa un superbe bras d'honneur à Parvati Patil puis courut vers Théo, qui lui tendit la boisson. Il l'avala d'une traite et sentit un grisant sentiment d'invincibilité – l'alcool sans doute – lui parcourir les veines tel un frisson chaleureux. Comme il l'avait prévu, la fille l'avait suivi mais en prenant son temps, en marchant avec une vanité même pas masquée.
― Alors, Harry Potter ? Tu bois à ma santé ?
― Ouais. Goûte. Ça accompagne très bien le thon.
Harry sauta sur le côté pour éviter le pied tendu qui l'attaquait puis d'une roulade tout aussi théâtrale que les mimiques de son adversaire, il arriva à côté d'un des deux arbres de la salle de concert. Pendant ce temps, Théo, buvant une gorgée de bière, laissa son pied tendu en travers du chemin de Parvati Patil. Leur plan fonctionna à merveille puisqu'elle s'étala de tout son long.
Alors, grâce au breuvage miraculeux, Harry déracina l'arbre comme on cueillait une rose et fit face à Parvati Patil avec un regard terrible.
― Je ne frappe pas les filles. Encore moins quand elles sont à terre. SAUF AVEC UNE FLEUR, SALOPE !
Et il lui abaissa le chêne en plein à travers la tête avec un hurlement sauvage. Parvati Patil n'eut même pas le temps de crier et quand l'arbre s'abattit sur elle, elle explosa simplement en une myriade de petites pièces qui retombèrent au sol avec un son clinquant qui se répercuta contre les murs du Roundhouse dans le silence le plus complet.
La chanson était terminée. Et, soudainement, toute la salle explosa en applaudissements, cris et sifflets. Le spectacle avait visiblement été à la hauteur de leurs attentes.
Harry ramassait les petites pièces.
― Putain, y a même pas assez pour payer le bus de retour…
― … Et le règlement stipulant expressément qu'il est interdit d'être mauvais, chiant ou assommant, les Clashwaves sont disqualifiés pour leur chanson définitivement assommante. LA VICTOIRE POUR LES AWAKEN ZOMBIES !
Il y eut une nouvelle salve d'applaudissements. Sur la scène, Harry vit Ron lever les bras en signe de victoire et Hermione applaudir avec, chose rarissime, le sourire.
― Merci, Théo. Tu m'as sauvé la vie, je crois.
― Pas de problème. Mais j'en connais un qui te doit des explications. Et estime-toi heureux que Ginny n'ait pas relevé le fait que tu te battes pour lui. Harry, on se retrouve au Local !
― Ouais, je… Merci, vieux.
Harry se demandait de plus en plus souvent, ces derniers temps, comment il pourrait vivre sans un ami aussi précieux. Il avait le corps endolori mais malgré tout, il était heureux, juste parce qu'il allait retrouver ce gars ce soir.
Il vit alors Draco qui l'observait depuis un coin sombre de la salle. Il alla à sa rencontre.
― Euh, désolé de ne pas être venu plus tôt… Tu… Tu as aimé ?
Harry se gifla mentalement. Il était capable d'une répartie assassine lorsque c'était lui-même qu'il devait tuer. Draco tirait une gueule d'enterrement, visiblement peu amusé par le spectacle qu'avait offert son ex-petite-amie.
― Pas vraiment, grogna-t-il. Mais vous jouez bien.
― Euh… Merci…
― Viens, on rentre. Je te payerai ce qu'il manque pour le bus.
Il le tira par le bras en dehors de la salle mais Harry s'arracha à sa prise.
― Attends, je… Je dois récupérer ma guitare. Et dire au revoir.
― Dépêche.
Harry rejoignit à grands pas la coulisse et en profita pour dire au revoir au Jeune Colin et Ginny. À celle-ci, il proposa de se voir le lendemain, 14 heures. Il parvint même à éviter son baiser, prétextant devoir récupérer sa guitare d'urgence. Il n'arrivait pas à se défaire de ce sentiment de culpabilité honteuse qui l'envahissait. Ginny ne pouvait pas se douter qu'il voulait la voir pour la laisser tomber et non s'embrasser et se rouler joyeusement dans l'herbe fraîche… Tout comme elle ne pouvait pas se douter qu'il préférait partir ce soir avec un mec rencontré quelques jours plus tôt plutôt que de rester avec elle.
Dans la loge, Hermione lui sauta au cou dans une étreinte joyeuse, Ron les rejoignit bien vite. Ensemble, ils fêtèrent et burent à leur victoire, tout en se donnant rendez-vous pour débriefer le lendemain. Harry leur faussa compagnie rapidement, cependant, toujours attendu par Draco.
Sa Rickenbaker dans sa housse, sur l'épaule et habillé de sa parka, il rejoignit Draco sur le parking. Il était plus de minuit. Il vit avec soulagement que le blond semblait un peu plus souriant désormais. Ils s'assirent côte à côte dans le bus.
― Vous jouez vraiment bien. Votre concert était cool. Désolé de ne pas avoir su l'apprécier.
Harry inspira profondément.
― Oui, euh… Justement, à ce propos. C'était quoi ce bordel ?
Draco se prit à nouveau le visage dans les mains.
― Écoute, je ne veux vraiment pas en parler… Mais je pense que si tu dois sortir avec moi, tu vas devoir vaincre mes neuf ex maléfiques.
― Tes neuf… Quoi ?
Il soupira encore.
― Mes neuf ex maléfiques. Je… Je ne pensais pas devoir te faire subir ça, je suis désolé.
― Oh, merveilleux…
Il y eut un silence. Draco semblait être vraiment embarrassé par toute cette histoire, alors Harry n'insista pas. Il préféra revenir sur une petite phrase qu'il avait mise de côté dans sa tête.
― Alors, ça veut dire qu'on sort ensemble ?
Draco releva immédiatement la tête, avec un petit sourire léger.
― J'ai dit ça ? Hé, je crois bien que oui.
― Cool. Ça veut dire que je peux t'embrasser quand je veux ?
Le sourire de Draco s'agrandit encore.
― Ouais.
Harry passa son bras par-dessus les épaules de Draco et posa sur ses lèvres un baiser aussi doux qu'il en était capable. Il savait qu'il avait besoin d'être réconfortant.
C'était un moment un peu étrange. Comme si le bon sens de Harry s'était endormi pour laisser place nette à ses simples envies. Il avait l'impression d'être un gosse en plein caprice et il se sentait aussi piteux qu'un adolescent qui demandait à une fille si elle voulait bien sortir avec lui.
Mais ce baiser, c'était le couronnement de tout. C'était son obsession qui prenait vie, qui tapait des poings dans sa poitrine et s'offrait à lui de la plus douce des manières. C'était une pichenette dans le premier domino. Les autres tomberaient, et à cet instant, personne ne savait ce qui en résulterait. Personne ne savait comment ni quand tomberaient les derniers.
Harry, au plus profond de lui, pria pour que rien n'explose comme il le craignait. Car maintenant que ses lèvres caressaient celles de ce garçon, maintenant qu'il l'avait embrassé, il sut qu'il ne pourrait plus s'en passer. Rien au monde ne pouvait être meilleur que ce qu'il ressentait en cet instant. Et quand il se recula d'à peine quelques centimètres, Draco murmura :
― Je crois que je vais m'y habituer…
Merci de m'avoir lu ! J'espère que ça vous a plu.
Merci une fois encore à ceux d'entre vous qui ont laissé un petit commentaire, c'est un réel plaisir. N'hésitez pas à continuer voire commencer ! Ma bêta et moi avons mis un sacré boulot dans cette histoire, c'est génial d'entendre ce que vous en pensez ! :)
Le prochain chapitre devrait arriver la semaine prochaine, vendredi cette fois, mais je promets rien. Hésitez pas à mettre l'histoire en follow pour ne rien manquer !
Cheers,
Vince.
