Salut tout le monde.
Désolée du long long loooonnnnnng temps d'attente pour cette histoire, j'ai eu quelques soucis avec l'écriture. Je ne savais pas quoi dire et puis j'ai su. Et puis ça ne me plaisait plus et puis j'ai réécris. Et puis c'était encore plus nul. Et puis finalement, je voulais plus dire ça.
Et puis, et puis, et puis... J'ai attendu un peu trop longtemps, je crois.
Bref.
J'espère que vous apprécierez autant que j'aime (malgré tout) l'écrire !
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Chapitre 2 : I'll worship like a dog at the shrine of your lies
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Et puis un jour, ce fut trop. Un jour, ça te fit trébucher.
Ca fit mal, pas vrai ? Tu t'es retourné contre le vent, contre cette tempête qui tambourinait dans tes poumons. Tu as essayé de résister à cette tornade qui t'écrasait les côtes, qui te coupait le souffle et te faisait suffoquer. Tu as voulu supplier, prier, tu n'as pu que frapper. Feuler. Crier contre cette bourrasque qui t'as arraché au sol, projeté en l'air, battu comme un fétu de paille au vent. T'aurais pu te laisser aller, tu sais ? Draco, t'aurais pu laisser passer, endurer et attendre une éclaircie.
Mais voyons non ! Un Malfoy ne se laisse pas faire ! Un Malfoy, ça crie, ça hurle, ça se bat ! Alors, tu as mordu. De rage, de désespoir et quand tu as fait ça, tu l'as réveillé. Il s'est retourné contre toi, bête féroce suante de rage, fauve putride aux crocs étincelants et il t'a labouré.
Tu l'as embrasé et il s'est déchainé. Il t'a projeté au sol, martelé contre la pierre, fracassé même ! Et il t'a laissé à moitié mort, étouffant dans ton sang et tes larmes. Quand il eut fini de toi, tu n'étais même pas sûr d'être encore humain mais bordel, tu en redemandais ! Allez... ! Frappe-moi ! Massacre-moi ! Regarde ! Je suis là ! TUE-MOI.
Parce que c'était ça, pas vrai ? Le visage balayé par son haleine putride, ses griffes qui ripaient sur tes côtes, t'étais vivant. Putain, t'étais vivant alors que tu caressais la mort du bout des doigts ! C'était grisant. T'en redemandais, pire qu'un toxico et t'étais pitoyable.
Il t'a méprisé pour ça. Tu le sais, ça t'était assené en pleine tête dès que tu voyais son iris. Ouais, exactement le même que d'habitude, plus froid encore, glacé et terne comme la pierre. Tellement délavé qu'il te paraissait presque blanc. Il te faisait peur cet oeil, pas vrai ? Il te semblait rougeoyer parfois, battre d'un sang pourri, charriant ordures et puanteurs. Mais putain, paradoxalement, qu'est ce que tu aimais cette pupille pulsant sourdement ! Il te captait, t'emprisonnait au sol et son mépris s'infiltrait en toi, maculait toutes tes veines et putain, si t'avais pu hurler, tu l'aurais fait. Encore, encore, encore !
C'était méprisable. Tu étais méprisable. Mais dans ce genre de moments, tu n'étais même plus toi même.
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Draco se réveilla ce matin là, la tête encore vibrante d'une tempête mal maitrisée, des éclats multicolores plein la rétine. C'était souvent la même chose à chaque réveil, cette migraine qui lui fracassait le crâne lui était familière. Un peu trop peut-être ? Oui, sans doute.
Mais pour autant, si c'était comme d'habitude, quelque chose changeait. La nausée ne lui arrachait plus la gorge. Il ne tremblait plus de dégoût au souvenir de ses rêves et ça, ça le plongeait dans l'angoisse et ça lui faisait boire la tasse. Parce que cela voulait dire que ses rêves devenaient normaux, en quelque sorte. Et quand ses rêves deviendront acceptables, ça voudra dire que ses désirs le seront aussi.
Et ça, il s'y refusait ! Un Malefoy ne... Un Malefoy ne se laisse pas ainsi submerger, il tient tête ! Un Malefoy ne se laisse pas couler dans ce qui lui parait inacceptable. Il fallait qu'il y ait toujours ce diffus dégoût quand l'autre le touchait, il fallait que le crépuscule le trouve toujours à s'arracher la peau sous la douche. Sinon, ça voudrait dire qu'il s'habituait, ou pire même, qu'il aimait ça.
Quel déshonneur putain ! Mais on ne lutte pas contre ce qui parait implacable, on ne lutte pas contre ce qui est inévitable. Draco se sentait tomber dans un piège mortel, pris dans les mailles d'un sourire enjôleur et de cheveux incandescents. Et peut_être même qu'un jour, il en redemandera...
Et puis, ce jour là, il y eut la lettre. Un coup de poing à l'estomac, une gifle en pleine tête, une violence qui manqua de l'étrangler. Le serpentard s'en souvient bien de ce matin là. La lettre lui tomba dans l'estomac et lui asséna un coup fatal. Il s'en souvient, du papier épais, de l'odeur de neuf, de l'encre verte et de la signature de son père. Merlin. Il n'y avait pourtant pas grand chose à dire de cette lettre, elle n'était composée que d'une poignée de mots succincts mais Merlin tout puissant, elle manqua de le tuer.
C'était idiot, il n'aurait pas du réagir ainsi pour quelques nouvelles, aussi mauvaises soient-elles. Mais ça... Non Dieu, il ne s'y attendait pas. Il aurait voulu hurler mais un Malefoy se tient. Un Malefoy se contient. Alors, il ne perdit pas un mot, pas un geste, pas un souffle.
Pourtant, Zabini le vit. Il vit les pupilles se contracter, les mâchoires frémir, oh l'espace d'une seconde même pas ! C'était infime pourtant c'était inhabituel. Il posa son journal, étudia son camarade et osa parler.
"Des nouvelles ?"
Draco ne prit pas même la peine de répondre. Il employait déjà toute son énergie à chasser ses yeux de ce fichu bout de papier et quand il y parvint, il ne put que se grimer d'un rictus de façade.
"Aucune."
Même à lui, sa voix lui paraissait rouée et rouillée. Clairement, il avait du s'arracher cet unique mot de la gorge et l'exercice ne semblait pas plaisant. Le regard vivace de Blaine heurta celui de son acolyte, froid et terne comme la mort. Il y eut un silence.
De toute façon, il n'y avait rien à dire, rien à expliquer. Draco se leva, sans un mot. Il se retourna et ses yeux acérés croisèrent ceux, pour une fois placides, de Weasley.
Et il quitta la Grande Salle.
"On se voit en Potions ?"
La question résonnait encore que Draco avait disparu.
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Ron ne s'attendait pas à cela. Quand il sortit de la salle, il ne vit que la silhouette de Draco au loin mais ça lui suffit pour savoir que le serpent étranglait de rage. Dans ce genre de moments là, une morsure est si vite arrivée... Mais un lion se fiche du venin du reptile. Alors le rouquin rejoignit le serpentard et avant même que Draco ne se mette à l'insulter et à le frapper, il l'embrassa de force.
En plein milieu du couloir.
Ce n'était pas normal, pas acceptable et Draco n'aurait jamais du l'accepter ! Et pourtant ce jour là, il ne résista pas. On le projeta contre la pierre, on lui marqua les hanches au point d'y faire des bleus, mais bordel il ne résista pas. Il se jeta à l'encontre de ses lèvres, planta ses crocs dans sa chair si profondément qu'il le fit saigner, il lui dévora le cou, le torse, le corps tout entier. Il était pure vice, il se distordait et se déformait mais pour une fois, il ne se soumettait pas.
Et ça, Ron le sentit dès qu'il posa les mains sur lui, sous lui, partout. Ils livrèrent dans ce couloir la plus âpre des batailles qu'ils n'avaient jamais menées et c'est pure chance que personne ne les surprit au sol, se tordant, frappant, serrant, mordant, haletants. Oh bien sûr, Harry aurait pu partir à la recherche de son meilleur ami, Zabini aurait pu se questionner mais quelle importance !
Ce qui était important, c'était leurs coeurs qui battaient trop vite, la sueur qui coulait sur la peau, cette peau qu'ils échauffaient, qu'ils marquaient, qu'ils possédaient. Ce qui était important, c'était le sang qui coulait, qui les aveuglait et les maculait. Ce qui était important enfin, c'était leurs sexes qui se frottaient, leurs corps qui tremblaient et leurs souffles qui se perdaient.
Alors, ils baisèrent. A même le plancher, ils s'arrachèrent la peau contre la pierre, ils affolèrent leurs sens et ils frappèrent, aussi. Le sol, l'autre, eux même peut-être. Ils n'étaient plus humains. Pas des bêtes non plus mais pire, bien pire. Quel pitoyable spectacle, ils offraient...
Mais ils étaient eux. Enfin eux. Ils se défoulèrent ce jour là, ils se déchirèrent et merlin, ce que ce fut libérateur ! Enfin ! Draco se pliait au dessus de lui, grognait et gémissait et à chacun de ses mouvements, des goûtes de sang et de sueur s'écrasaient contre le torse du rouquin; le spectacle lui coupait le souffle ! On raconte ensuite que Ron aurait léché tous les sillons que traçait l'hémoglobine sur la peau d'albâtre et que Draco aurait soupiré en sentant sa langue fouiller dans les replis de son épiderme écorchée.
On ne sait pas trop comment tout cela a pu finir mais, c'est sûr, ça se finit. Ça se finit quand les jambes de Malefoy manquèrent de se dérober sous lui et que Weasley sentit son coeur s'emballer si vite qu'il n'arrivait plus à respirer. Le serpentard se laissa échouer à côté de Ron, tout le corps si douloureux qu'un seul effleurement lui aurait arraché un cri.
C'était pure chance que personne ne vint dans ce couloir, ce jour là, à croire qu'une divinité malsaine les avait épiés et protégés tout du long. Mais c'était fini, le charme était rompu alors Draco finit par se relever, grimaçant. Il s'échappa, sans même un regard en arrière.
Cette fois-ci, c'était dit : Draco ne se soumettrait plus. Parce qu'il y avait la lettre, parce qu'il y avait son lignage, Malefoy ne se laisserait plus aller. Et Ron non plus. Le bras de fer venait de débuter.
Et ce soir là, quand le blond rentra dans son dortoir, il ne pensa même pas à se doucher.
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Bon.
Voilà pour ce petit chapitre un peu compliqué à écrire !
J'ai essayé de donner une évolution à Draco aujourd'hui, j'espère que vous l'avez sentie. Please. Pretty please.
Bon, c'est comme d'hab, les reviews me permettent de m'améliorer alors n'hésitez pas !
Merci d'avoir lu, merci de lire,
Passez une bonne soirée.
